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Or


Créé en 1976 sur les rives du Lac Léman par Antoine Riboud, le festival a connu quelques moments clés : nouvel élan avec l’arrivée de Mstislav Rostropovitch en 1985 ; ouverture en 1993 d’une salle d’exception avec La Grange au Lac ; nouveau directeur artistique depuis 2023 en la personne de Renaud Capuçon, dans la perspective de l’élaboration des Mélèzes ; et aujourd’hui, un autre tournant majeur en cette année du cinquantenaire de l’évènement, avec l’ouverture d’un nouvel écrin notamment dédié à la musique de chambre, La Source Vive, construite sous l’impulsion de sa Fondatrice, Aline Foriel-Destezet.
Du 24 juin au 5 juillet 2026, les Rencontres Musicales d’Évian proposeront une édition historique à double titre : le festival de musique classique célèbrera ses 50 ans et inaugurera, lors du concert d’ouverture, La Source Vive, la nouvelle salle de concert qui a pris place aux côtés de La Grange au Lac. Pour la première fois, la programmation se déploiera dans ces deux lieux, marquant une nouvelle étape de la vie du festival et offrant au public une expérience encore plus riche.
La programmation suivra cette année les traces de Johannes Brahms en explorant l’intégrale de sa musique de chambre. En présenter l’entièreté n’exige pas moins de onze concerts et une équipe de trente-six chambristes, intergénérationnelle et modulable au gré des oeuvres : Yo-Yo Ma, Yannick Nézet-Seguin, Barbara Hannigan, Yuja Wang, András Schiff… seront présents aux côtés de jeunes talents.
La nouvelle salle de La Source Vive en est bien sûr l’écrin idéal, mais l’historique Grange au Lac n’est pas pour autant délaissée : dans l’une comme dans l’autre, le festival invite à partager de belles complicités artistiques, et de belles (re)découvertes.
Pour patienter jusqu’à l’inauguration de La Source Vive, La Grange au Lac a donné depuis février 2026 une série de concerts intitulée « En attendant les Mélèzes ». Les Mélèzes, nom de ce grand projet qui mêlera toute l’année, dans les deux salles à la fois si différentes et parfaitement complémentaires, grand répertoire symphonique, projets musicaux intimes, résidences de jeunes artistes et initiatives allant au-delà de la musique, vers la danse, le théâtre et la littérature, avec en fil conducteur le goût de l’exigence et du partage pour et avec toutes les générations d’artistes et de spectateurs.
La saison des Mélèzes a été pensée autour de temps forts récurrents, comme autant de repères familiers pour le public et les artistes. Conçue dans une recherche d’équilibre entre les arts, les esthétiques et les sensibilités, elle s’inscrit dans un esprit d’accueil et d’ouverture, tissant de nombreux partenariats avec des institutions et des artistes de tout premier plan.
Cette pluralité trouve aujourd’hui son expression dans une direction artistique collégiale, où Renaud Capuçon signe la programmation des Rencontres Musicales d’Évian, et contribue, avec Alexandre Hémardinquer, délégué général des Mélèzes à construire les autres temps forts de la saison des Mélèzes, tandis que Stéphane Portet apporte son expertise au volet jazz. Une configuration ouverte, appelée à s’enrichir au fil du temps de collaborations ponctuelles, pour faire vivre la diversité des arts vivants à Évian.
PROGRAMME :
JOHANNES BRAHMS – Sonate pour violon et piano n°3 en ré mineur, op. 108
PLATEAU ARTISTIQUE :
María Dueñas, violon
PROGRAMME :
JOHANNES BRAHMS – Sonate pour alto et piano n°2 en mi bémol majeur op. 120 n°2
PLATEAU ARTISTIQUE :
Timothy Ridout, alto
PROGRAMME :
CHOSTAKOVITCH – Ouverture festive op. 96
Arrangements de Peter Lawrence, sauf l’Ouverture de Guillaume Tell (Matthias Höfs)
PLATEAU ARTISTIQUE :
Tugan Sokhiev, direction
Plus d’informations sur www.lesmelezes-evian.com/fr
Cet article Les Rencontres Musicales d’Évian ont 50 ans ! Radio Classique leur dédie son antenne pour une Journée Spéciale, ce jeudi 25 juin. est apparu en premier sur Radio Classique.
Richelieu n’est pas né tout-puissant. Avant l’Éminence rouge, il y eut le cadet de petite noblesse poitevine, promis aux armes puis jeté dans l’Église pour sauver l’évêché familial. Retour sur la jeunesse du célèbre cardinal.
Ecoutez l’épisode des Grands dossiers de l’Histoire en intégralité :
En 1631, le cardinal de Richelieu est au faîte de sa puissance. En moins de dix ans, l’Éminence rouge, collaborateur direct du roi Louis XIII, a contenu les grands seigneurs, vaincu les protestants à La Rochelle, reconstitué une marine, développé le commerce, démantelé les places de sûreté, et travaillé sans relâche à la consolidation d’un État qui devient tentaculaire. En récompense de ces éminents services, le roi a décidé d’ériger sa terre — la terre de Richelieu — en duché-pairie.
C’est précisément à ce moment que le cardinal, soucieux d’asseoir définitivement sa position, commande au géographe du roi une histoire généalogique de la maison du Plessis de Richelieu. Le généalogiste choisi s’appelle André Du Chesne, et le résultat ne le déçoit pas : la famille, selon cette étude, serait censée descendre, par les femmes, d’un frère du roi Louis VI le Gros, personnage central de la dynastie capétienne. De quoi satisfaire pleinement le cardinal.
Pourtant, dans les antichambres et les couloirs ombreux de la cour de France, les adversaires du cardinal — qui sont fort nombreux — prétendent que ses origines seraient en vérité bien moins nobles qu’il ne le laisse entendre. Certains ricanent ouvertement. Un nom circule en particulier, murmuré dans les antichambres du Louvre : Genouillac.
Ce Genouillac était un apothicaire du Poitou, dont la fille aurait été la maîtresse d’un personnage considérable, Pierre d’Amboise, évêque de Poitiers. De cette liaison serait issue une descendance qui, profitant du déclin d’une branche ancienne des Du Plessis, aurait racheté des terres rattachées à ce nom et l’aurait ainsi adopté à son compte. Autant dire que l’affaire est nettement moins flatteuse pour le cardinal.
Politiquement, on cherche donc à atteindre le cardinal en remettant en cause ses origines. Car avant le cardinal, avant le duc et pair de France, il y a eu un enfant né dans une noblesse respectable — mais pas assez haute pour le mettre à l’abri des rumeurs. Ce sera, on le comprend, un problème persistant pour lui.
Armand Jean du Plessis naît le 9 septembre, dans une famille de la noblesse poitevine. La France vit alors sous le règne d’Henri III, dans un climat de guerre civile dont la famille est directement partie prenante : le Poitou n’a cessé d’être le théâtre des guerres de Religion. « Ces tragédies qui se sont jouées sur le théâtre de la France » a écrit Richelieu, et elles expliquent peut-être aussi sa répulsion pour la violence gratuite. C’est lui, notamment, qui interdira les duels en France.
Son père, François du Plessis, seigneur de Richelieu, avait été élevé par Henri III à la dignité de grand prévôt de France, c’est-à-dire qu’il avait la charge de la police dans la maison royale. C’est à cette faveur que la famille doit l’essentiel de son prestige. En récompense de ses services, ce grand prévôt avait reçu la charge — un bénéfice, comme on disait alors, à l’époque où les abbayes sont mises en commende — des revenus de l’évêché de Luçon.
Mais François meurt prématurément en 1590, laissant derrière lui cinq enfants et de lourdes dettes. Armand n’a pas encore cinq ans. La répartition des destins s’organise alors naturellement : Henri, l’aîné, portera les armes et le nom ; Alphonse sera l’homme d’Église, héritier de l’évêché de Luçon ; quant à Armand Jean, cadet, sa voie semble toute tracée — ce sera la carrière des armes. À neuf ans, on l’envoie au collège de Navarre à Paris, puis il passe par l’académie équestre de Pluvinel. Antoine de Pluvinel est l’homme qui a inventé l’art équestre moderne : c’est là que l’on forme les gentilshommes au métier du cheval, mais aussi à l’escrime, à la danse et aux arts du corps.
La voie d’Armand Jean semblait donc tracée. Mais rien ne va se passer comme prévu.
En 1605, une nouvelle stupéfiante se répand dans la famille : Alphonse, celui qui devait reprendre l’évêché familial et devenir évêque de Luçon, décide de renoncer à toute responsabilité, y compris épiscopale, pour se faire moine et entrer à la Grande Chartreuse. Il n’a aucune intention de devenir un prince de l’Église ; il veut être un serviteur de Dieu dans le silence d’un monastère.
La famille, elle, n’a pas l’intention de perdre l’évêché de Luçon — qui constitue l’essentiel de ses revenus. Il n’y a donc pas le choix : on se tourne vers Armand Jean, qui a désormais dix-sept ans, excellent cavalier, excellent escrimeur.
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Le voilà renvoyé au collège de Navarre, mais cette fois pour étudier la théologie. Il ne sera pas militaire : il sera prélat, évêque de Luçon. Il brûle les étapes en quatre ans, gravissant tous les grades, universitaires et religieux, à un rythme vertigineux : ordinations mineures, sous-diaconat, puis consécration épiscopale en 1606, à 21 ans. C’est cinq ans en dessous de l’âge canonique requis — 26 ans étant la norme —, mais la famille a su faire jouer ses relations et obtenir une dispense à Rome. Il est officiellement sacré évêque le 17 avril 1607, à 22 ans.
C’est donc en s’appuyant, non pas sur ses capacités militaires, mais sur son rôle d’homme d’église que plus tard, Richelieu gravira les échelons, jusqu’au prestigieux titre de cardinal, ouvrant la voie à son accession au pouvoir.
Franck Ferrand
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Dans le palmarès de l’édition 2026 du concours Opus Klassik, qui récompense les artistes et orchestres dont les enregistrements ont marqué la saison, trois représentants français ont été honorés : la violoniste Esther Abrami ; le claveciniste Jean Rondeau et le Quatuor Ébène.
Comme l’an dernier, trois représentants français ont été distingués dans le grand concours allemand Opus Klassik cette année. Esther Abrami, également collaboratrice de Radio Classique, s’est ainsi imposée dans la catégorie « Classique sans limite ». La jeune violoniste aixoise de 29 ans est récompensée pour son album Women (Sony Music), enregistré avec l’Orchestre symphonique de la radio de Vienne (ORF), dans lequel elle rend hommage à 14 compositrices.
Dans la catégorie «Instrument solo », le prix a été attribué au claveciniste Jean Rondeau pour son intégrale de l’œuvre pour clavecin de Louis Couperin (oncle de François) enregistrée pour le label Erato. Formé au Conservatoire de Paris (CNSMDP) et distingué aux Victoires de la musique classique en 2015, le jeune musicien parisien est également compositeur de musique de film.
Dans cette catégorie, le violoniste allemand Frank Peter Zimmermann a également été récompensé pour son enregistrement consacré à des œuvres de Béla Bartók et Karol Szymanowski.
Le Quatuor Ébène, déjà sacré en 2021, a été récompensé cette année dans la catégorie « Orchestre/Ensemble de l’année » pour sa participation, avec le quatuor britannique Belcea, à un enregistrement des octuors de Felix Mendelssohn et Georges Enesco (Erato), que les deux formations ont joués fin 2025 et début 2026 lors d’une grande tournée européenne.
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Parmi les autres lauréats dans les 30 catégories primées, quelques-uns des plus grands noms de la scène classique actuelle comme Andris Nelsons, le maestro letton désigné « Chef d’orchestre de l’année », le jeune pianiste prodige Yunchan Lim dans la catégorie « Instrumentiste de l’année » pour son enregistrement des Variations Goldberg ou encore Joyce DiDonato et Michael Spyres dans la catégorie « Enregistrement d’opéra de l’année » pour un album consacré à Didon et Énée d’Henry Purcell.
À noter dans le palmarès 2026 du concours Opus Klassik, la présence inédite d’un père et de son fils. Le violoniste allemand Christian Tetzlaff, désigné « Instrumentiste de l’année » pour son enregistrement d’œuvres de Thomas Adès et Edward Elgar, voit en effet son fils Simon, jeune violoncelliste prometteur, récompensé dans la catégorie « Jeune talent » pour un album consacré à Sibélius, Kodaly et Ysaÿe.
La cérémonie de remise des prix Opus Klassik 2026 aura lieu au Konzerthaus de Berlin le week-end des 10 et 11 octobre.
Philippe Gault
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Radio Classique vous propose de vivre ou de revivre le concert d’ouverture des Rencontres Musicales d’Evian qui a eu lieu le mercredi 24 juin à La Source Vive.
Au programme, deux œuvres de Johannes Brahms : la Sonate pour violon et piano n°3 par Maria Dueñas et Denis Kozhukhin, ainsi que le Quatuor pour piano et cordes n°3 par Renaud Capuçon, Timothy Ridout, Yo-Yo Ma et Emanuel Ax.
Ce concert sera présenté par Laure Mézan. Vous pourrez l’écouter en qualité numérique dans de nombreuses villes de France grâce au DAB+.
Jean-Michel Dhuez
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Ce dimanche, lors d’un vol entre Paris et Barcelone, les passagers de la compagnie aérienne espagnole Vueling ont pu célébrer la Fête de la Musique. Deux membres de l’équipage et deux musiciens leur ont offert un récital céleste très apprécié.
Alors qu’en France un grand nombre de spectacles organisés pour la Fête de la Musique ont dû être annulés dimanche 21 juin end raison de la canicule, les passagers d’un vol de la compagnie aérienne espagnole low-cost Vueling, reliant Paris-Orly à Barcelone, ont eu droit à une représentation musicale dans une ambiance climatisée et à 10.000 mètres d’altitude.
Une performance musicale exécutée par deux membres du personnel navigant commercial de la compagnie, Amelia et Alba, accompagnées par deux musiciens, un guitariste et un clarinettiste. Ensemble, ils ont revisité plusieurs classiques internationaux et français, faisant de ce trajet entre la France et l’Espagne un moment unique et chaleureux, placé sous le signe du partage et de l’émotion.
En choisissant la liaison Paris-Orly/Barcelone pour cette performance musicale, Vueling a souhaité rendre hommage à deux villes particulièrement attachées à la culture, à la création artistique et à la musique. Une initiative qui s’inscrit dans la volonté du transporteur de « célébrer les liens culturels qui unissent les destinations de son réseau tout en mettant en lumière les talents qui composent ses équipes ».
À travers cette expérience inédite, la compagnie aérienne espagnole a offert à ses passagers une manière originale de célébrer la Fête de la Musique tout en voyageant.
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« Cette expérience a été très particulière pour moi, car elle m’a permis de réunir trois éléments qui font partie de ma vie : la musique, l’aviation et la France (…) Les avions relient bien plus que des villes : ils rapprochent des personnes, des cultures et des émotions », a déclaré Alba Ponte, l’une des deux chanteuses, membre du personnel navigant commercial.
Fête de la Musique : Vueling transforme un vol Paris-Barcelone en scène éphémère https://t.co/nUcdCW7Zxb @vueling pic.twitter.com/aXkJF8fcOB
— Ce Que Pensent Les (@CQPLH) June 24, 2026
Philippe Gault
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A l’occasion de la fin de son mandat de directeur musical de l’Opéra de Rouen Normandie, Ben Glassberg sera, ce mercredi 24 juin à 20h, l’invité du Journal du Classique.
C’est une aventure de six ans qui se termine pour Ben Glassberg, après deux mandats à la direction musicale de l’Opéra de Rouen. A cette occasion, le chef britannique dirigera deux concerts de gala à la tête de ses musiciens, vendredi et samedi au Théâtre des Arts. Il sera entouré de quelques grands solistes qui l’ont rejoint ces dernières années que la scène rouennaise : le guitariste Thibaut Garcia, le pianiste Benjamin Grosvenor, le baryton Huw Montague Rendall et la soprano Sally Matthews.
Ben Glassberg nous racontera ce soir quelques-uns des moments forts vécus sur la scène comme dans la fosse de l’Opéra de Rouen. Il reviendra ainsi sur ces six années intenses, constructives mais aussi bouleversantes puisque son aventure fut interrompue par une grave dépression qui l’a tenu, plusieurs mois, éloigné de la vie musicale. Et il se confiera sur la façon dont, après ces épreuves, il appréhende aujourd’hui on métier de chef d’orchestre.
Laure Mézan
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Alors que la délégation des droits des femmes au Sénat vient de sortir ce mercredi un rapport sur la montée du masculinisme dans nos sociétés, le paléoanthropologue Pascal Picq, auteur de l’Anthropologie des violences faites aux femmes au XXIe siècle paru chez Odile Jacob et invité de la matinale de Radio Classique, explique que si les femmes commencent progressivement à reprendre leurs droits, cette avancée reste à nuancer lorsque l’on voit le nombre de violences faites aux femmes et aux enfants quotidiennement.
Face à la canicule, estimez-vous que Sapiens va faire comme il a toujours fait, s’adapter ?
PASCAL PICQ : Il va falloir, on n’a pas le choix. Maintenant, ce qu’il faut considérer, c’est que l’adaptation d’une espèce se fait à l’échelle de toutes les populations. La question est donc de savoir quelle partie de la population va « bien » s’adapter par rapport aux autres.
Depuis 2007, la situation est nouvelle puisque la majorité de la population humaine est urbanisée. C’est donc au niveau de l’habitat privé que ça se complique. On a hérité d’un aménagement de l’habitat construit dans l’urgence des années 50-60, qui n’est plus du tout adapté.
Avez-vous en tête des périodes de l’histoire humaine où nous avons dû affronter des transitions ou des bouleversements climatiques aussi rapides et aussi violents qu’aujourd’hui et auxquels nous nous sommes adaptés ?
P.P. : Oui. C’est très peu connu mais en 1815-1816, il y a eu un épisode volcanique terrifiant lors duquel les cendres volcaniques sont montées dans la stratosphère. On a appelé cet épisode « l’année sans été », ou « l’année des mendiants », et il a bloqué l’avancée de la révolution industrielle.
C’était la première crise financière dans l’histoire de l’humanité, notamment aux États-Unis. Et jusqu’à cette époque, c’étaient les congrégations religieuses qui s’occupaient des pauvres. Avec cette crise, les États ont commencé à s’impliquer.
Maintenant, le Gulf Stream, ce courant océanique, frémit avec le réchauffement climatique. Mais s’il ralentissait, cela pourrait provoquer un refroidissement, comme ce qui s’est passé 6 000 ans av. JC. Les agricultures commençaient au Proche-Orient ; une sécheresse a forcé les agriculteurs à migrer, et c’est ainsi que l’agriculture est arrivée en Europe, sur des échelles de quelques siècles. On a toujours su s’adapter, mais la migration va devenir un enjeu considérable.
Dans ces périodes bouleversées par le climat ou la montée des risques, l’humanité a-t-elle toujours protégée les plus fragiles de la même façon ? S’est-elle toujours préoccupée des femmes et des enfants en premier, en exposant les hommes aux risques physiques ? Ou y a-t-il eu des périodes où l’on faisait peu de cas des femmes, des enfants, et des personnes âgées ?
P.P. : Cela dépend beaucoup des sociétés. Il y a un très beau film ancien, La Ballade de Narayama, où des personnes âgées, pour ne pas être une charge pour leur communauté, décident de partir mourir sur une montagne. Aujourd’hui, nos sociétés tiennent compte des personnes âgées, donc c’est très bien.
Concernant les enfants, il faut distinguer les types de sociétés auxquelles on a affaire. Que les sociétés soient patrilocales, sociétés dans lesquelles les hommes restent toute leur vie dans leur milieu social, ou matrilocales, où ce sont les femmes qui restent entre elles, il y a toujours une tendance à ce que les hommes se chargent des relations extérieures : échanges, commerce, conflits, protection.
Globalement, oui, il y a une tendance à protéger son territoire et sa société, mais aujourd’hui, au sein de nos sociétés, les femmes et les enfants ne sont pas très bien protégés.
Vous avez choisi de traiter dans votre livre un sujet d’actualité, les violences faites aux femmes au XXIe siècle. Pensez-vous que l’on est à une rupture anthropologique, où les sociétés modernes industrialisées ont oublié le respect dû aux femmes et ne sont pas plus avancées que les temps anciens ?
P.P. : C’est très difficile à savoir pour les temps anciens. Aujourd’hui, les femmes et les hommes ont les moyens de dénoncer les harcèlements, les coercitions et les violences, depuis MeToo.
Ça peut surprendre de parler d’anthropologie au XXIe siècle, mais nous sommes des héritiers de ce qu’on appelle la modernité. Or, depuis la Renaissance, en Occident du moins, il y a eu une volonté politique, dominée par les hommes, d’écarter les femmes de la cité. Aujourd’hui, les femmes sont en train de reconquérir à la fois la vie dans la cité et dans le monde du travail.
Je décris cette reconquête dans mon livre, mais les femmes subissent encore des violences dans trois domaines. D’abord, la vie privée : 2/3 des féminicides ont lieu dans ce cadre, qui devrait être le lieu de la sécurité, par des hommes intimes. Ensuite, il y a le déplacement dans l’espace public : le matin, des femmes allant au travail peuvent faire l’objet d’harcèlement, de la part d’inconnus. Et enfin, le lieu de travail, avec des hommes connus mais non intimes, ce qui est un phénomène complètement nouveau.
On a tendance à penser que ce sont des individus qui ont « déraillé », qui se sont mis à être violents et sexistes. Or il y a une particularité de la société Homo sapiens par rapport aux autres espèces : chez les mammifères, la violence des mâles envers les femelles est très rare. Les chimpanzés ne sont pas très tendres avec les femelles, mais il n’y a jamais de viol, jamais de meurtre.
À l’inverse, la violence envers les femmes est très présente chez les Homos sapiens. C’est donc une caractéristique de notre espèce. Qu’est-ce qui fait que ça déraille ainsi ? C’est une question d’anthropologie, pas une question de délinquance individuelle.
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Il y a un deuxième sujet d’actualité : la sécurité des enfants. Nous sommes dans des sociétés qui avaient décrété que l’enfant était roi, et on s’aperçoit qu’il est aujourd’hui très difficile pour certaines familles de refaire confiance aux systèmes de garde d’enfants, à cause des scandales du périscolaire. On le voit avec l’affaire Lyhanna qui révèle une justice qui déraille. L’anthropologue peut-il aussi regarder cela ou bien sommes-nous face à un déraillement des politiques publiques ?
P.P. : Il y a évidemment des insuffisances des politiques publiques. Mais il y a quelque chose de plus profond : nos sociétés dites modernes ont tué la vie communautaire. C’est l’invention de la vie privée. Dans les villages d’autrefois, sans les idéaliser, il y avait tout un regard collectif.
Il y a une dérive aujourd’hui chez trop d’hommes qui ne sont pas capable de réguler leur rapport aux autres, notamment dans les images mentales que la société a sur leur supposé « rôle ». C’est une question anthropologique et un véritable problème. Il y a une crise réelle de ce que doit être aujourd’hui un homme par rapport aux femmes et aux enfants. Ce qui est très troublant dans les enquêtes que j’ai consultées, c’est que les femmes subissent souvent davantage de violence en fin de grossesse ou juste après la naissance. D’un point de vue darwinien, c’est absolument incompréhensible.
J’ai donc écrit ce livre pour dire : il y a des aspects violents, criminels, et il faut répondre collectivement à cela, et on en est très loin. Pour vous donner un exemple concret : il y a un débat aujourd’hui sur la mise en place d’une loi contre les violences sexuelles et sexistes, qui coûterait deux milliards d’euros. Mais l’inaction face à ces violences coûte au moins dix fois plus.
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Au carrefour métaphysique du ciel et de la terre, au croisement des continents et de leurs civilisations, au cœur même du Moyen-Orient, l’Egypte est un gage d’éternité qui ne trahit jamais sa promesse.
L’occasion vous est fournie d’en explorer la profondeur grâce à un voyage exceptionnel avec Intermèdes et Radio Classique. Il vous permettra tout autant de remonter aux sources d’une culture fascinante, en découvrant comment l’immense héritage des pharaons est remis en valeur, et de mesurer l’importance stratégique de ce pays qui poursuit son chemin vers la modernité. Du nouveau Grand Musée égyptien du Caire aux réalisations grandioses de notre temps, cette nouvelle expédition d’Egypte ne peut que ravir tous les amateurs d’histoire et les passionnés de géopolitique.
Christian Makarian animera deux conférences durant le voyage :
Il saura également vous faire partager sa grande connaissance du pays et de la région, en vous livrant une analyse à chaud, au plus près de la réalité d’un pays qui est un acteur clé grâce à sa position stratégique autour du canal de Suez, son poids démographique et son rôle historique dans le monde arabe. Il vous expliquera comment le pays cherche à préserver sa stabilité intérieure tout en renforçant ses alliances régionales et internationales, notamment avec les États du Golfe, les États-Unis, la Russie et la Chine.
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Brahms aime mettre en lumière la beauté singulière et la poésie intimiste des tessitures graves. Ici, hommage au cor et à l’alto. Le premier, évocateur des forêts de légendes chères aux romantiques et teinté du lien fort du compositeur à la nature, a inspiré un trio atypique, qui invite à goûter toutes les qualités du jeu de Stefan Dohr, cor solo des Berliner Philharmoniker. L’alto de Thimothy Ridout, dans l’ultime opus chambriste, est une voix alternative à la clarinette, proposée par le compositeur. Pour accompagner ces timbres de prédilection, le piano, dont Brahms était virtuose, se partage entre trois interprètes d’exception. La première sonate de l’opus 120 est à découvrir dans la version originelle le 4 juillet.
Thimothy Ridout | alto
Guillaume Bellom | piano
BRAHMS – Sonate pour alto et piano n°2 en mi bémol majeur, op.120 n°2
____________
Renaud Capuçon | violon
Emanuel Ax | piano
BRAHMS – Sonate pour violon et piano n°1 en sol majeur, op. 78
____________
Stefan Dohr | cor
Renaud Capuçon | violon
Denis Kozhukhin | piano
BRAHMS – Trio pour piano, violon et cor en mi bémol majeur, op. 40
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La formule envahit le monde professionnel : « je vous partage ce document ». Cette erreur de syntaxe s’accompagne souvent d’autres formules fautives. Penchons-nous sur les courriels en entreprise : les expressions à éviter, et les maladresses à corriger.
Commençons par la tournure la plus horripilante : « je vous partage ». On l’entend de plus en plus, absolument partout, et pas seulement dans les courriels.
Pourtant, la construction correcte du verbe partager est « je partage avec vous ». Dire « je vous partage un document » ou « je te partage » est totalement fautif. Les choses évolueront peut-être, compte tenu de l’usage de plus en plus fréquent de cette tournure, mais pour l’instant, elle constitue une erreur de syntaxe.
« Je reviens vers vous » est un anglicisme calqué sur la formule anglaise I’ll get back to you. Employée telle quelle, cette expression laisse entendre que l’on effectue un véritable déplacement physique — ce qui n’est guère pratique dans un courriel. On lui préférera simplement : « Je reprends contact avec vous. »
Cette formule peut sembler sympathique, voire rassurante, puisqu’elle exprime quelque chose de positif. Mais elle signifie simplement : « Nous vous rappellerons. » Autant le dire clairement : Nous vous rappellerons ou Nous vous appellerons sans faute — c’est plus direct et tout aussi efficace.
De manière générale, il vaut mieux éviter les formulations négatives, car le cerveau a tendance à les occulter. Si l’on dit ne pensez pas à une grenouille rose, c’est précisément à cela que l’on pense.
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De même, « n’hésitez pas à me contacter » produit l’effet inverse de celui recherché : les gens vont hésiter. On lui préférera des formulations positives et directes, telles que : « Vous pouvez me contacter » ou « Il vous est possible de me contacter. »
Karine Dijoud
Retrouvez la chronique Et si on parlait français ?
Comment disait-on « omelette » au 16e siècle ? Epatez vos interlocuteurs avec ces mots anciens
Langue française : Attention, ces expressions qu’on utilise tous les jours ne signifient pas ce qu’on pense
Langue française : Doit-on écrire « les yeux grand ouverts » ou « les yeux grands ouverts » ?
Pourquoi Astérix et Obélix sont vos alliés pour éviter ces deux fautes courantes sur le genre des mots
Cet article Langue française : « Je vous partage », une tournure à éviter ! Améliorez vos échanges avec ces expressions élégantes est apparu en premier sur Radio Classique.
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