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A l’occasion de notre dernière émission spéciale consacrée au festival Musique & Vin au Clos-Vougeot, Ida Derbesse et Fiona Robson, membres du quatuor Magenta seront, ce mardi 23 juin à 20h, les invitées du Journal du classique.
Dans le cadre de son soutien aux talents émérgents, le festival Musique & Vin au Clos Vougeot fait construire, chaque année, de nouveaux instruments pour les confier à de jeunes musiciens. Et c’est un quatuor entier qui vient d’enrichir le fonds instrumental du festival, deux violons, un alto et un violoncelle construits à partir du bois d’un même arbre par le luthier Peter Greiner.
Les musiciennes du quatuor Magenta sont les heureuses bénéficiaires de ces instruments. Ida Derbesse et Fiona Robson, violoniste et violoncelliste du quatuor, nous parleront ce soir de leurs nouveaux compagnons avec lesquels elles se produisent ce soir en concert, en l’Abbaye de Saint-Vivant. Elles partageront la scène avec l’altiste Jean Sautereau et le violoncelliste Gautier Capuçon.
Laure Mézan
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« Un geste inapproprié » : John Eliot Gardiner vivement critiqué en Allemagne, le chef d’orchestre plaide le malentendu
Philopéra, un nouvel orchestre symphonique, auto-géré et indépendant, avec les musiciens de l’Opéra de Pari
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Le chef d’orchestre anglais fait de nouveau l’objet de critiques après un geste déplacé qu’il aurait eu à l’égard d’une membre de la Bachfest de Leipzig. Il y a trois ans, Sir John Eliot Gardiner avait déjà provoqué la polémique après avoir molesté un chanteur lors du festival Berlioz.
Selon la presse allemande qui rapporte l’incident, à l’issue d’un concert présenté pendant le Bachfest de Leipzig mardi 16 juin, une employée de l’organisation est montée sur scène pour remettre à Sir John Eliot Gardiner un parchemin, comme le veut la tradition du festival. Mais, à la surprise générale, le maestro anglais a saisi le document et aurait tenté de le glisser dans le décolleté de cette personne.
Un geste inapproprié pour l’employée impliquée, qui a décidé de porter plainte, et pour les responsables du festival qui ont déclaré dans un communiqué : « Dès que nous avons appris l’incident, nous avons parlé avec la personne concernée et un accompagnement psychologique lui a été proposé. Le chef d’orchestre lui a présenté ses excuses et a reconnu son comportement inapproprié ».
Les organisateurs ont, par ailleurs, indiqué qu’ils entendaient mener une enquête approfondie sur l’incident et qu’ils vont mettre en place un nouveau programme de sensibilisation et de protection.
Sir John Eliot Gardiner a rapidement réagi et a tenu à exposer sa version des faits. « Alors que les musiciens recevaient une ovation, je fus complètement surpris par une tape sur l’épaule. N’étant pas prévenu de ce cérémonial, j’ai simplement tenté de lui rendre le parchemin. Ses mains étaient prises, alors je l’ai glissé derrière son collier », a-t-il indiqué.
« Je suis absolument convaincu qu’il s’agit d’un regrettable malentendu (…) Quand on m’a fait remarquer que la personne qui m’avait abordée était bouleversée par ce qui s’était passé, j’ai demandé à la rencontrer pour m’excuser ».
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Un incident, semble-t-il mineur et sans arrière-pensée, mais qui intervient trois ans après des faits bien plus graves, survenus lors du festival Berlioz à La Côte-Saint-André (Isère) en août 2023. Ce jour-là, à l’issue d’un concert qu’il dirigeait, Le chef d’orchestre anglais avait pris à partie puis frappé violemment au visage un chanteur à qui il reprochait d’avoir quitté la scène du mauvais côté.
Le scandale provoqué par cet épisode pathétique avait conduit Sir John Eliot Gardiner, 83 ans, à mettre entre parenthèses ses activités publiques pendant plus d’un an. Après avoir démissionné de la direction du Monteverdi Choir and Orchestras, la formation qu’il avait fondée et qu’il dirigeait depuis 1964, le maestro avait entamé un parcours de suivi psychologique puis s’était relancé fin 2024 à la tête du Constellation Choir & Orchestra, sa nouvelle formation avec laquelle il s’est produit la semaine dernière à Leipzig.
Philippe Gault
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En pleine épisode caniculaire, se pose aussi la question de la croissance. Comment l’adapter à ces nouvelles températures qui diminuent la productivité ? L’économiste Christian de Perthuis, économiste et auteur de Carbone fossile, carbone vivant — Vers une nouvelle économie du climat, a insisté ce matin au micro de David Abiker sur la nécessité de repenser notre modèle de croissance afin de le rendre durable et adapté aux effets du réchauffement climatique.
Que vous inspire cette canicule qu’on qualifie de précoce alors qu’elle correspond exactement au scénario annoncé par les climatologues ?
CHRISTIAN DE PERTHUIS : Il y a trois aspects dans cette canicule. Le premier, c’est qu’il s’agit d’une canicule d’une intensité très élevée, qui a deux éléments de comparaison : celle de 2003 et celle de 2019, qui étaient jusqu’à présent les deux principaux événements répertoriés par Météo France en termes de canicule.
Le deuxième volet, c’est évidemment la date. On s’était mis dans la tête que les canicules intervenaient en juillet ou en août — celle de 2003, c’était en août. Là, c’est à la mi-juin, et elle a été précédé d’un épisode de vague de chaleur en mai. On n’a pas du tout anticipé qu’une canicule puisse survenir à ce moment-là.
L’exemple typique, c’est ce sentiment d’étonnement face au fait que les écoles ne soient pas adaptées. Mais justement jusqu’à présent, on s’était dit que les canicules tombaient pendant les vacances scolaires, donc on n’était donc pas du tout préparé à un tel événement à cette période de l’année.
Et le troisième volet, c’est la durée de cette canicule. Ce qui est inquiétant, c’est que Météo France indique que le pic, demain ou après-demain, atteindra des niveaux très élevés, 42°C, ce qui est à la limite de ce que peuvent supporter beaucoup d’organismes vivants. Météo France n’a pour l’instant donné aucune indication sur la fin de cet épisode alors que les canicules sont d’autant plus dévastatrices qu’elles durent longtemps.
Il y a donc un choc traumatique ?
C.P. : Oui. Ce qu’il faut espérer, c’est que ce choc débouche sur une accélération de l’action climatique, tant sur le plan de l’adaptation que de l’atténuation.
Après 2003, un plan d’action contre les canicules avait été mis en place, les alertes météo que nous connaissons aujourd’hui ont été créées par Météo France dans ce contexte.
On ne connaît pas encore exactement l’ampleur de ce choc, puisqu’on ne sait pas quand il va se terminer, mais on voit déjà qu’il va bousculer beaucoup de choses.
L’exemple des écoles est révélateur : il y a environ 70 000 établissements scolaires en France, et plus de la moitié d’entre eux ne sont pas adaptés au volet « résilience » face au réchauffement climatique. On fait comme si on découvrait la situation. Pourtant, tous les travaux des climatologues et les rapports successifs du GIEC l’annonçaient depuis vingt ans : le réchauffement global moyen ne veut pas dire grand-chose en soi.
Ce qui compte, c’est comment il se traduit par des événements extrêmes. Les canicules sont par exemple directement liées au réchauffement climatique — les pics de chaleur ont toujours existé, mais leur intensité est désormais beaucoup plus élevée. Pour la canicule actuelle, on estime qu’elle est supérieure de 2 à 4 °C à la normale.
Longtemps, l’atténuation a été le cheval de bataille des écologistes et d’une certaine gauche, tandis que l’adaptation était celui d’une certaine droite, pragmatique et libérale. Sommes-nous en train de sortir de ce clivage politique ?
C.P. : C’est une façon de voir les choses que je nuancerai : les économistes ont leur part de responsabilité. Ils ont longtemps pensé — et j’ai moi-même participé à ce mouvement — que mettre trop l’accent sur l’adaptation risquerait de faire oublier l’atténuation.
L’atténuation consiste à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à accroître la capacité d’absorption du CO2 par les puits de carbone ; l’adaptation consiste à s’adapter aux impacts du réchauffement climatique. Dans l’esprit de nombreux économistes, dans les années 2000, il fallait tout miser sur l’atténuation pour éviter d’aboutir à une situation à laquelle on ne pourrait plus s’adapter.
La question de fond est que tant qu’on augmente le stock de gaz à effet de serre, le réchauffement anthropique [celui dont l’homme est responsable] augmente. Il représente 95% du réchauffement qu’on observe. Si on ne fournit pas un effort énorme sur l’atténuation, on ira vers des situations où l’adaptation deviendra extraordinairement coûteuse, voire impossible.
On a mal anticipé le degré d’impact d’un réchauffement climatique à 1,5°C. On avait aussi pensé que ce seuil de 1,5 °C serait atteint un peu plus tard. Mais c’est du passé. Ce choc de la canicule aujourd’hui nous montre qu’il n’y a plus aucun sens à vouloir séparer les actions d’adaptation des actions d’atténuation. L’action climatique doit miser sur la complémentarité entre ces deux leviers.
On le voit très clairement sur toute une partie de l’activité qui est liée à l’impact du réchauffement sur la vie. Par exemple, dans le secteur agricole : les vaches produisent beaucoup moins de lait par forte chaleur. Il va donc falloir repenser les conduites d’élevage pour rendre les troupeaux plus résilients en période de réchauffement climatique.
Autre exemple : la façon dont on cultive les céréales aujourd’hui émet des gaz à effet de serre, notamment par l’usage massif d’engrais azotés, et n’est pas résiliente face aux impacts du réchauffement climatique. Les rendements du blé en France sont stagnants depuis vingt-cinq ans. Il va donc falloir recourir à d’autres méthodes à base d’agroécologie pour rendre nos systèmes de production plus résilients et pour limiter les émissions de l’agriculture tout en accroissant la capacité de stockage des systèmes agricoles.
Donc la complémentarité entre adaptation et atténuation est essentielle. Il ne faudrait pas qu’au titre de l’adaptation, on finisse par oublier l’atténuation, car on irait droit dans le mur.
Il y a quelques jours, la Banque de France et l’INSEE ont révisé leurs prévisions de croissance. On reste accrochés à la nostalgie des taux de croissance des Trente Glorieuses. Quel modèle de croissance envisager dans ce contexte de réchauffement climatique ? Faut-il renoncer à la croissance ou la repenser ?
C.P. : Il faut la repenser, clairement. Le modèle de croissance passé, notamment celui des Trente Glorieuses, fondé sur un élargissement élevé du capital et sur un usage intensif des énergies fossiles, est derrière nous. Et par ailleurs, cette croissance économique était également liée à une croissance démographique. Aujourd’hui, on a une perspective totalement différente.
D’une part il n’y a plus de perspective de croissance démographique vu l’évolution de la natalité. D’autre part, si l’on veut une croissance durable, il faut sortir les énergies fossiles du système énergétique.
Cela est très contraignant : il ne s’agit pas seulement d’ajouter de nouvelles sources d’énergie décarbonée, il faut aussi retirer tous les équipements industriels ou de services qui servent à produire de l’énergie fossile ou qui en ont besoin pour fonctionner. Sur les quinze dernières années, il y a un très fort ralentissement de l’usage de l’énergie fossile en Europe.
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A-t-on quand même quelques raisons de ne pas désespérer ?
C.P. : Bien évidemment. La principale, c’est que construire un autre modèle de croissance — pas un modèle de décroissance — fondé sur d’autres énergies et sur un autre rapport au vivant, c’est fondamentalement porteur d’espoir. Ce nouveau modèle de croissance produira peut-être moins de biens et services au sens du PIB, mais il créera beaucoup d’autres bénéfices pour la société : des bénéfices sanitaires, humains, sociaux.
Si le choc de la canicule amène les bonnes réactions — une meilleure complémentarité entre adaptation et atténuation, une meilleure prise en compte des facteurs d’équité, essentiels pour que la transition soit non seulement acceptable mais désirable —, alors nous irons vers une société bien meilleure à vivre que celle dans laquelle nous sommes.
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Un nouvel orchestre symphonique indépendant et autogéré, composé d’une centaine de musiciens de l’orchestre de l’Opéra national de Paris (OnP), « réunis par le désir de jouer davantage de répertoire symphonique dans un cadre artistique libre », a été créé. Son concert inaugural, sous la direction de Daniel Harding, aura lieu le 6 septembre au Palais Garnier.
L’idée de ce nouvel orchestre symphonique, baptisé Philopéra, est née d’une envie profonde et partagée par ses musiciens : monter sur scène pour jouer des œuvres du répertoire symphonique et chambriste. L’association a été officiellement créée en décembre 2024, avec l’accord de l’Opéra national de Paris. Dès sa création, 116 musiciens sur les 174 de l’OnP ont rejoint spontanément le projet.
Ils continueront par ailleurs leur activité au sein de l’orchestre de l’Opéra de Paris, avec lequel ils accompagnent opéras et ballets depuis la fosse d’orchestre des deux salles, Palais Garnier et Opéra Bastille, tout au long de l’année. Pas de directeur artistique ni musical à la tête de Philopera, ce sont ses musiciens qui choisiront les chefs invités et les œuvres interprétées. Une première en France.
À l’instar des trois autres ensembles issus de grands orchestres d’opéra, ayant également un statut associatif, qui existent déjà en Europe au Wiener Philharmoniker, à la Filarmonica Della Scala et au Bayerisches Staatsorchester, Philopéra repose donc sur un modèle rare : un orchestre auto-géré, indépendant et porté par ses musiciens avec pour mot d’ordre : « cultiver la joie du collectif ».
La formation vise la présentation de concerts symphoniques en France et en Europe. Il prévoit aussi de la musique de chambre, du duo au sextuor « dans des lieux de culture, des festivals et des espaces insolites », avec des programmes conçus sur mesure pour chaque lieu afin d’offrir au public une expérience musicale au plus près des interprètes.
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Des concerts distincts de la programmation de l’Opéra de Paris dans des lieux d’exception, en partenariat « avec les institutions qui les préservent ». Une attention particulière sera apportée à la défense du répertoire français rare ou oublié. Des masterclasses, des projets pédagogiques et des concerts adaptés à des publics éloignés de la musique classique seront également organisés.
Pour son premier concert, le dimanche 6 septembre au Palais Garnier, l’orchestre Philopéra sera dirigé par le chef d’orchestre britannique Daniel Harding et interprétera la Symphonie n°3 de Franz Schubert et la Symphonie n°1, « Titan », de Gustav Mahler.
Philippe Gault (avec AFP)
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A Marc Bloch, la Patrie reconnaissante… Ce soir à partir de 21h, les cénotaphes (les cercueils vides remplis d’objets symboliques) de Marc Bloch et de son épouse Simone Vidal vont remonter la rue Soufflot avant d’entrer au Panthéon. Pour sa 6ème panthéonisation, Emmanuel Macron honore un intellectuel, historien spécialiste du Moyen-âge, mais aussi un résistant et soldat des deux guerres mondiales.
Suzette Bloch se présente comme l’une des gardiennes de la mémoire familiale : « Je suis extrêmement émue, c’est une 2e vie pour lui », confie-t-elle. Suzette est la fille de Louis, le troisième enfant de Marc et Simone Bloch.
« Mon père parlait jamais de ses parents. C’était une génération de taiseux. [Avec] cette panthéonisation dans laquelle je me suis beaucoup investie, finalement, j’ai retrouvé une certaine intimité avec ces disparus ».
Historien reconnu et ancien poilu, Marc Bloch a 53 ans lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate. Il n’est pas mobilisable, pourtant il part combattre, puis rejoint la résistance. Arrêté et torturé par la Gestapo, il est fusillé près de Lyon le 16 juin 1944. Très malade, son épouse meurt peu après.
« Nous n’avons pas récupéré le corps de ma grand-mère, elle a été hospitalisée d’urgence dans un hôpital lyonnais, elle était entrée sous un faux nom puisque juive », explique Suzette Bloch
Ce seront donc des cénotaphes qui entreront au Panthéon. Suzette Bloch a demandé à ce que soit absente de la cérémonie l’extrême-droite sous toutes ses formes.
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« Il n’avait foi qu’en une seule chose, la République. Il dit dans son testament : ‘je me revendique juif uniquement dans le cas où je me trouve face à un antisémite.' »
Laurie-Anne Toulemont
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KPMG vous invite à écouter l’interview de Fabien Gilot, Cofondateur de Unit Group, belle entreprise basée à Ramonville-Saint-Agne (Haute-Garonne).
Unit Group accompagne COMEX, CODIR et collaborateurs des ETI sur un suivi biologique holistique : hygiène de vie, qualité du sommeil, hydratation, alimentation. Avec un objectif : fidéliser les talents tout en en attirant de nouveaux, avec des solutions mesurables et concrètes pour les dirigeants d’ETI.
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Alors que la France suffoque sous la chaleur, son économie ne se porte pas mieux. L’épisode caniculaire risque d’entraîner une baisse de la croissance des pays européens, et notamment de la France, qui pourrait perdre 210 milliard d’euros de PIB d’ici à 2030 selon une récente étude d’Allianz Trade.
Pour la deuxième fois en quelques semaines, nous traversons un épisode caniculaire de forte ampleur et de longue durée. Ce ne sont plus quelques jours à plus de 30 degrés, mais une décade entière sous des températures flirtant avec les 40 degrés.
Un stress thermique éprouvant non seulement pour la santé de la population, mais aussi — et c’est nouveau — pour celle de l’économie. On ne parle plus seulement de quelques retards de train ou d’un déficit de sommeil, mais d’un véritable coup d’arrêt, hors congés estivaux.
Comme souvent face à un nouveau phénomène, des économistes ont cherché à en modéliser l’impact. Et les conclusions des experts de l’assureur Allianz n’ont rien de rassurant, si ces canicules à répétition devaient devenir la norme.
Concrètement, la croissance des grands pays européens pourrait être amputée de 5 à 7 % d’ici à 2030 — et l’addition pourrait être encore plus lourde pour la France. La perte de PIB pourrait y atteindre 210 milliards d’euros sur la période, soit quasiment le double de ce que cela coûterait à l’Allemagne.
Deux raisons principales expliquent ce malus français. D’abord, c’est chez nous que la hausse des températures est la plus sensible. Le Sud de l’Europe y est habitué, le Nord encore un peu préservé.
Or, il existe un effet de seuil à partir de 30 degrés : au-delà de ce niveau, la productivité a tendance à décrocher. Selon les calculs d’Allianz, la production horaire diminuerait de 1,10 € pour chaque degré supplémentaire jusqu’à 35 degrés, et davantage encore au-delà — ce qui pèse évidemment sur l’activité et donc sur la création de richesse des entreprises.
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Le second facteur tient à la structure de notre économie. Les services et l’agriculture, plus exposés aux variations climatiques que l’industrie, y occupent une place plus importante qu’ailleurs.
De quoi peser au total sur les rentrées fiscales et creuser le déficit, alors que les dépenses publiques, elles, augmentent pour financer les soins de santé, les dispositifs d’urgence ou encore la rénovation des infrastructures inadaptées à un climat aussi chaud.
François Vidal
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Le danseur de l’Opéra national de Paris (OnP), Thomas Docquir, 28 ans, a été nommé étoile dimanche à l’issue d’une représentation à l’Opéra Bastille. C’est le premier danseur belge élevé au grade suprême de la compagnie.
Né le 14 février 1998 à Sambreville, en Wallonie, Thomas Docquir a commencé la danse à l’âge de huit ans à l’Académie de danse Dinant sur les bords de la Meuse. Il est entré à l’École de danse de l’Opéra national de Paris en 2010 et a été engagé en 2015 dans la compagnie où il a gravi sans faux pas les différents échelons : Coryphée en 2016, Sujet en 2020 et Premier danseur en 2024.
« Et c’est donc sur proposition de José Martinez, directeur de la Danse, que j’ai l’immense plaisir de nommer M. Thomas Docquir Danseur Étoile » pic.twitter.com/LZVZxc3Rpe
— Opéra de Paris (@operadeparis) June 21, 2026
Ce dimanche soir, il interprétait le rôle de Solor dans La Bayadère, dans la version de Rudolf Noureev, aux côtés des étoiles Dorothée Gilbert et Roxane Stojanov. C’est à l’issue de la représentation que, sur proposition de José Martinez, Directeur de la Danse et Alexander Neef, Directeur de l’Opéra national de Paris, Thomas Docquir a été nommé danseur Étoile. Son nom s’ajoute à la liste des six danseurs étoiles actuellement en activité à l’OnP.
Cette distinction, la première pour un danseur belge, ravit les médias locaux qui en ont bien besoin alors que leur équipe nationale n’est toujours pas qualifiée pour les 16es de finale de la Coupe du Monde de football après ses deux matches nuls.
L’agence de presse Belga rappelle que Thomas Docquir avait été élu « Wallon de l’année » en 2025, tandis que L’Officiel Belgium parle d’un « moment de légende » et d’une accession « romanesque ».
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La journaliste du site internet belge justifie son commentaire élogieux par le fait que Thomas Docquir interprétait le rôle de Solor après avoir été appelé à remplacer au pied levé Hugo Marchand. Pour Géraldine Verheyen : « Dans un art où la préparation est minutée et où rien n’est laissé au hasard, cette ascension fulgurante rappelle que les grandes carrières naissent parfois dans l’imprévu ».
Thomas Docquir se produira à nouveau dans ce rôle, avec Sae Eun Park (Nikiya) et Inès McIntosh (Gamzatti) comme partenaires, ce mardi à 19h30 sur la scène de l’Opéra Bastille.
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Alors que l’historien et résistant Marc Bloch rentre ce mardi 23 juin au Panthéon, l’historienne et autrice de La Double Mort de Marc Bloch, Alya Aglan invitée au micro de la matinale de Radio Classique revient sur l’histoire de cette figure de la résistance. S’il est celui qui a « sauvé l’honneur des historiens » par son engagement, il a aussi réfléchi sur la Seconde guerre mondiale et les causes de la défaite française en 1940.
Que représente pour l’historienne que vous êtes cette reconnaissance nationale ?
ALYA AGLAN : Je pense que son entrée au Panthéon est motivée par sa résistance. Il y a eu très peu d’intellectuels qui ont résisté jusqu’à en perdre la vie. On pense à Jean Cavaillès, le philosophe des mathématiques, auquel il est d’ailleurs un peu associé dans le souvenir de cet engagement. Je pense que Marc Bloch a sauvé l’honneur des historiens.
Et des universitaires en général.
A.A. : Aussi, puisque l’université sous Vichy a quand même été l’endroit où l’on a installé une chaire de « raciologie » et une chaire d’antisémitisme.
Il y a eu très peu de protestations quand tous les professeurs juifs ont été interdits d’enseignement — sauf quelques exemptés, dont Marc Bloch —, quand on a installé des quotas pour les étudiants juifs. Une sorte d’infamie que l’université a évidemment partagée.
Qu’est-ce qui fait la spécificité de cet historien ? On l’a surtout retenu pour L’Étrange Défaite, qui est devenu chez nous une sorte d’essai divinatoire où l’on pense pouvoir tout étudier sur le déclin français. On oublie de fait que Marc Bloch a d’abord été un historien de l’époque médiévale.
A.A. : Oui, mais lui-même récusait un peu ses spécialités par époque. Il est surtout le fondateur des Annales avec Lucien Febvre, et aujourd’hui encore, les historiens marchent beaucoup dans leurs traces, avec l’idée qu’on décloisonne, qu’on n’est pas historien seulement du national, ni d’une seule époque. Il a certes beaucoup écrit sur les sociétés médiévales, sur les rois thaumaturges.
Que les contemporanéistes lisent et relisent L’Étrange Défaite aujourd’hui, c’est tout à fait compréhensible, mais il faut bien dire que ce n’est qu’un point de vue, la défaite a bien d’autres causes.
Dans L’Étrange Défaite, il s’intéresse au ramollissement moral de l’état-major. Il explique que d’une certaine façon on s’était préparé d’avance à la défaite. C’est peut-être ce qui rend le livre si exceptionnel.
A.A. : Il fait un peu le même constat que Renan après la défaite contre la Prusse en 1870. Il cherche les causes profondes d’une défaite qui est militaire et politique — il ne traite pas tellement le volet politique.
Il comprend cela comme une défaite intellectuelle et morale. Il dit qu’on n’a pas su penser cette guerre, qu’on l’a pensée par rapport aux autres guerres, c’est-à-dire qu’on a rejoué 14-18, voire 1870. Il y aurait eu une sorte d’impréparation morale.
Et au-delà de cela, il dit que c’est une société qui n’a pas su penser tout court — pas seulement penser la guerre. Il a parlé de la paresse intellectuelle, d’un système d’éducation qui met l’accent sur le bachotage et pas sur l’esprit critique qu’on devrait inculquer aux étudiants.
Qu’est-ce qu’on va dire de Marc Bloch demain ? Qu’est-ce que vous aimeriez entendre dans la bouche du chef de l’État ?
A.A. : Il faudrait dire que la citoyenneté est une et indivisible. Le parcours de Marc Bloch nous incite à penser qu’à l’époque où l’État français s’installe à Vichy, le premier réflexe a été de trier entre les citoyens : ceux qui ont été dénaturalisés, ceux qui ont été déchus de la nationalité, comme de Gaulle et les Français libres, ceux qui se sont vus désignés comme juifs et donc exclus de la communauté nationale. C’est ça qu’il faudrait absolument promettre de ne plus jamais faire.
Je pense qu’il est important que le président de la République le réaffirme. Marc Bloch ne se reconnaissait pas dans ce qu’il appelait ses « co-statufiés » — il ne voulait pas dire ses coreligionnaires, parce qu’il ne mettait pas en avant sa religion juive. Il était avant tout républicain et historien.
Et d’ailleurs, il a fondé l’École des Annales avec Lucien Febvre pour lutter contre les mauvais historiens, qui sont aussi de mauvais citoyens et de mauvais Européens.
Il refusait une citoyenneté à deux vitesses.
A.A. : Oui, ou à trois ou à quatre vitesses. Je pense que c’est le sens profond du geste de la panthéonisation : au-delà de l’hommage personnel qui lui est rendu, c’est faire entrer au Panthéon tous ces co-statufiés, tous ces résistants martyrisés par les nazis, avec l’aide de l’État français.
Vous parlez de la « double mort » de Marc Bloch parce qu’il a été assassiné non seulement par les Allemands dix jours après le débarquement de Normandie, le 16 juin 1944, mais vous dites aussi qu’il a été assassiné à petit feu par les institutions de Vichy et le statut des Juifs ?
A.A. : Bien sûr, puisque dès que vous êtes désigné comme juif, vous n’avez plus les mêmes droits que les autres. Il a été exempté de l’interdiction d’enseigner, mais quand même persécuté.
Toute la législation antisémite, c’est plus de mille lois et décrets, auxquels il faut ajouter les ordonnances allemandes. Tout cela visait à rendre la vie impossible. Sa famille et lui ont souffert de ça.
Et d’autre part, il a retrouvé dans la clandestinité le rôle d’intellectuel que la cité lui avait refusé. Le geste est donc très important : c’est une réparation, un hommage, mais aussi un vrai message à faire passer.
On panthéonise des résistants très différents — Jean Moulin, Manouchian l’année dernière, Marc Bloch. Ce sont à chaque fois des nuances de la résistance. À quelle résistance a-t-on affaire ici ?
A.A. : La résistance de Marc Bloch, c’est ce qu’on appelle la résistance intellectuelle, qui consiste à préparer et à penser l’avenir : quelle société, quelle République, quel type d’enseignement ? Il intègre des cénacles de professeurs et d’experts qui réfléchissent ensemble dans des publications clandestines, comme les Cahiers politiques du Comité général d’études. C’est donc une sorte de laboratoire d’idées.
En parallèle, il prend du galon dans l’organisation de l’unification des mouvements de la zone sud, c’est-à-dire de Libération-Sud, Franc-Tireur et Combat, les trois principaux mouvements qui vont s’unir dans les Mouvements unis de la Résistance (MUR). Il a des responsabilités régionales très importantes. C’est pourquoi, quand il est arrêté, la presse collaborationniste et nazie annonce qu’on a arrêté « le chef terroriste communiste juif de toute la résistance de la zone sud ». En désignant une arrestation d’un si gros calibre, on désigne toute la résistance comme inspirée par les juifs et les communistes — c’est un permis de tuer. C’est en ce sens une troisième mise à mort.
Il a été historien, résistant, juif pratiquant — mais était-il inspiré par sa pratique religieuse ?
A.A. : Sa cérémonie de mariage a eu lieu à la synagogue, mais je ne pense pas qu’il était pratiquant, et lui-même ne revendiquait pas cette pratique. Il disait : « Je suis français avant tout. »
Il était très choqué par l’exclusion que signifiaient les lois antisémites, et surtout par l’Union générale des Israélites de France, à laquelle tous les Juifs étaient censés appartenir de manière obligatoire. Il a d’ailleurs, avec d’autres, protesté publiquement contre cette communauté créée à la demande des Allemands pour spolier et persécuter les juifs.
L’Étrange Défaite est utilisé aujourd’hui pour alimenter le déclinisme ou expliquer que la France va s’effondrer — ce qui revient à sortir un écrit historique de son contexte. Vous avez dit qu’il y décrit une faillite morale des élites.
A.A. : Il n’est pas décliniste. C’est un texte écrit à chaud à l’été 1940, publié de manière posthume. On peut imaginer que, s’il avait survécu à la guerre, il l’aurait sans doute remanié.
Il est accablé parce que sa génération, qui a connu 14-18, les tranchées et la mort industrielle des soldats, n’a pas réussi à « tuer la guerre ». Il dit que c’est le retour de l’inutilité de la guerre. Il le vit profondément comme un échec non pas de la Troisième République, mais de la société française.
L’héroïsme guerrier s’est perdu dans les tranchées de 14-18, et qu’il n’y a plus d’héroïsme à faire la guerre en 1939, encore moins en 1940.
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Il y a de Gaulle.
A.A. : Il y a de Gaulle, mais qui est une tête brûlée, totalement isolé, totalement inconnu. À l’été 40, de Gaulle pouvait faire une dépression, parce que personne ne l’a rallié, aucune grande figure de la Troisième République. Il avait quand même René Cassin et quelques autres, mais il pensait avoir beaucoup plus de monde autour de lui, et il a dû se battre pour que son fameux discours du 18 juin soit diffusé.
Demain, en fin de journée, vous allez assister à cette panthéonisation. Vous avez travaillé sur cette période pendant des années, vous connaissez ce personnage par cœur. Ce sera aussi un moment de recueillement. À quoi allez-vous penser ?
A.A. : Je vais penser au fait qu’on doit tourner une page où il y a eu tant d’injustices, tant de malheurs, tant de martyrs. Il y a une forme d’injustice à abattre un grand intellectuel dans un champ et à abandonner son corps avec vingt-neuf autres. La République doit dire : plus jamais ça.
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A l’occasion de notre nouvelle émission spéciale consacrée au festival Musique & Vin au Clos Vougeot, Gautier Capuçon ainsi que les vignerons Pierre-Jean Vila et Jean-Luc Vitoux seront, ce lundi 22 juin à 20h, les invités du journal du classique.
Après deux soirées au sein des Hospices de Beaune, c’est au Château du Clos de Vougeot que nous avons installé notre studio, jusqu’à mardi alors que se tient la 18ème édition du festival Musique & Vin.
A notre micro ce soir : le violoncelliste Gautier Capuçon qui en est l’un des conseillers artistiques ainsi que deux représentants de grands crus bourguignons : Pierre-Jean Vila, du domaine Albert Morot et Jean-Luc Vitoux du domaine de la Commaraine.
Avec eux, nous évoquerons les liens si forts qui unissent le monde de la musique et celui du vin. Car musiciens et vignerons ont bien des valeurs en commun, que ce soit celle du partage ou de la transmission, et font vivre, chacun à leur façon, notre riche patrimoine.
Laure Mézan
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