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L’Orchestre National de France (ONF) a attribué à Riccardo Muti le titre honorifique de Chef émérite. Une distinction symbolique qui rend hommage au maestro italien pour « son engagement exceptionnel et sa fidélité qui témoignent du lien unique qui l’unit à la formation du groupe Radio France » depuis plus de 45 ans.
Le premier concert de Riccardo Muti à la tête de l’Orchestre National de France a eu lieu le 11 mars 1980, au Théâtre des Champs-Élysées, dans un programme qui mêlait WA Mozart, Manuel de Falla et Robert Schumann. S’en sont suivis, pendant près de 40 ans, des dizaines de représentations de l’orchestre parisien dirigées par le grand chef d’orchestre italien jusqu’au dernier sous sa baguette donné à la Philharmonie de Paris et consacré au Requiem de Giuseppe Verdi en octobre 2024.
Une longue histoire d’amour également avec le Festival de Saint-Denis où il fit ses débuts à la tête de l’ONF en juin 1982, déjà autour du Requiem de Verdi, une œuvre fétiche qu’il y dirigea à nouveau en juin 2009. C’est également dans la basilique des rois de France que Riccardo Muti dirigea un autre requiem, celui en ut mineur de Luigi Cherubini en 2010, à l’occasion du 250e anniversaire du compositeur florentin, l’un des préférés du maestro napolitain.
Et c’est un autre anniversaire symbolique, les 80 ans de l’Orchestre National de France que Riccardo Muti a célébré à la tête de la formation en mars 2014 au Théâtre des Champs-Élysées encore et toujours. Un concert pour lequel il avait choisi de programmer l’ouverture de Guillaume Tell de Gioachino Rossini, le Poème de l’amour et de la mer d’Ernest Chausson et la Symphonie n° 3 d’Alexandre Scriabine.
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Pour la direction de l’ONF « cette relation profonde a marqué des générations de musiciens et continue de les inspirer aujourd’hui. Elle fait de Riccardo Muti, immense figure de la direction d’orchestre, bien davantage qu’un chef invité: un modèle pour les générations futures et, à bien des égards, une figure solaire pour les musiciens ».
Les fidèles du Théâtre des Champs-Élysées et de l’Orchestre National de France retrouveront Riccardo Muti les 4 et 6 mars 2027 pour diriger deux concerts consacrés à Attila, l’opéra de Giuseppe Verdi donné en version concert, chanté notamment par le baryton-basse azerbaïdjanais Maharram Huseynov et la soprano russe Lidia Fridman
Philippe Gault
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Du troisième quatuor avec piano, entamé dès 1856 puis remis sur le métier pendant vingt ans, jusqu’à l’ultime sonate pour violon et piano, oeuvre de maturité datée du dernier séjour du compositeur dans sa retraite suisse du lac de Thoune, le concert d’ouverture a aussi inauguré une série de rendez-vous brahmsiens avec un somptueux plateau artistique, intergénérationnel et inspiré, à retrouver enrichi sous diverses configurations tout au long du festival.
María Duenas | violon
Denis Kozhuzhin | piano
BRAHMS – Sonate pour violon et piano n°3 en ré mineur, op. 108
____________
Renaud Capuçon | violon
Thimothy Ridout | alto
Yo-Yo Ma | violoncelle
Emanuel Ax | piano
BRAHMS – Quatuor pour piano et cordes n°3 en ut mineur, op. 60
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Cette chronique a été inspirée par des auditeurs, qui ont envoyé des cris de détresse en citant trois tournures fautives particulièrement répandues : si j’aurais su, après qu’il ait dit, et demain, je viendrais (avec un s de trop). Ces trois erreurs ont toutes un point commun : une confusion entre les temps et les modes. Tâchons de remettre les pendules à l’heure, ou, si l’on ose la formule, de faire concorder les temps.
C’est la plus répandue, et probablement la plus ancienne. Après un si hypothétique, le conditionnel est formellement exclu — c’est une règle absolue. La forme correcte est « si j’avais su », à l’imparfait de l’indicatif.
La tentation de recourir au conditionnel s’explique : elle correspond à la forme latine, et la logique apparente de la construction peut induire en erreur. Mais la règle ne souffre aucune exception.
Cette faute est particulièrement instructive, car elle s’explique par un raisonnement analogique. On dit bien « avant que je parte » avec le subjonctif, parce que avant que introduit quelque chose d’incertain, d’hypothétique. Par analogie, on est tenté de dire « après qu’il soit parti », mais c’est incorrect.
Après que introduit un fait accompli, certain et réel : il appelle donc l’indicatif. La forme correcte est « après qu’il est parti » ou « après qu’il fut parti ».
Cette contamination est si forte qu’on l’entend désormais partout. Pour ne plus se tromper, il suffit de remplacer après que par « une fois que » : « une fois que vous aurez écouté cette chronique, vous ne commettrez plus cette erreur ». Cela donne, en restituant la locution : « après que vous aurez écouté ».
« Demain, je viendrais » — avec un s — ne se remarque pas à l’oral, mais saute aux yeux à l’écrit. Le futur exprime une certitude : « Je viendrai demain » est une promesse. Le conditionnel exprime une hypothèse : « Je viendrais si tu m’invitais. » Confondre les deux, c’est promettre ce qu’on ne fait que supposer, ou supposer ce qu’on affirme. Il vaut mieux ne pas s’y tromper.
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Pour s’y retrouver, une astuce simple : changer de personne. « Demain, nous viendrons » indique une affirmation. Ce sera donc le futur. « Demain, nous viendrions bien » signale une condition, et donc le conditionnel.
Et n’oublions pas cette règle mnémotechnique : les si n’aiment pas les rais.
Karine Dijoud
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Le chef d’orchestre italien Antonello Manacorda sera le nouveau directeur artistique et musical de l’orchestre Les Siècles à partir de la saison 2027-2028 pour un contrat initial de trois ans. À ce poste, il succède à François-Xavier Roth, écarté depuis deux ans, après avoir été mis en cause pour des faits de harcèlement sexuel.
Antonello Manacorda, 56 ans, a été élu directeur musical à l’unanimité par les 75 musiciens de l’orchestre Les Siècles. L’ensemble revendique d’être le seul au monde à jouer des répertoires multiples, du baroque au contemporain, avec les instruments de l’époque de l’œuvre. Son nouveau chef italien, réputé pour lui-même être sensible à l’interprétation des œuvres selon les pratiques et intentions de leur époque, entend « poursuivre sur cette voie qui a fait la renommée internationale de l’orchestre, tout en y apportant ses propres orientations », selon un communiqué.
À la tête de la formation, Antonello Manacorda succède à François-Xavier Roth qui l’avait fondée et la dirigeait depuis 2003. Le chef d’orchestre français en a été écarté depuis la mi-2024 après des révélations dans la presse d’accusations de faits de harcèlement sexuel et les conclusions d’une enquête interne. Depuis, la direction musicale des Siècles est assurée par des chefs invités.
Également mis à l’écart par l’orchestre du Gürzenich de Cologne, François-Xavier Roth se consacre désormais exclusivement à son activité avec l’orchestre symphonique de la SWR de Stuttgart dont il est le chef principal et directeur artistique depuis 2025.
Né en 1970 à Turin, Antonello Manacorda a débuté sa carrière de musicien comme premier violon du Gustav Mahler Jugendorchester, dirigé à l’époque par Claudio Abbado avant de fonder le Mahler Chamber Orchestra.
C’est en 2001 qu’il se lance dans la direction d’orchestre sur recommandation de Sir Simon Rattle. Directeur artistique et musical de la Kammerakademie Potsdam de 2010 à 2025, il y a réalisé de nombreux enregistrements très remarqués, notamment d’œuvres de Franz Schubert, Felix Mendelssohn, Ludwig van Beethoven ainsi que des trois dernières symphonies de Wolfgang Amadeus Mozart.
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Concernant ses projets avec sa nouvelle formation, Antonello Manacorda souhaite « inscrire les saisons à venir dans un contexte franco-allemand, voire européen (…) La question est de savoir notamment comment sonne la musique symphonique germanique et le classicisme viennois aujourd’hui, au XXIe siècle ? Comment notre connaissance approfondie de l’époque de leur création et nos esprits modernes, soumis à la vitesse, modifient-ils la lecture et le rendu de ces œuvres ? Une phalange comme Les Siècles est pratiquement destinée à aborder ces problématiques ».
La première saison d’Antonello Manacorda en tant que directeur s’ouvrira sur une nouvelle production de Thaïs de Jules Massenet au Théâtre des Champs-Élysées, lieu de résidence des Siècles avec l’Atelier lyrique de Tourcoing. Avant cela, et dès la saison prochaine, le maestro italien dirigera Les Siècles pour un programme autour de La Mer de Claude Debussy donné à Munich et Hambourg en décembre 2026.
Philippe Gault (avec AFP)
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Pour notre deuxième émission spéciale depuis les Hospices de Beaune, nous accueillerons de jeunes musiciens soutenus par le festival Musique & vin au Clos Vougeot. Rendez-vous ce dimanche 21 juin à 20h avec Lauranne Oliva, Jason Moon et Daniel Strebulaev.
Ils ont participé au concert de lancement du festival et se confieront ce soir à notre micro. La soprano Lauranne Oliva est déjà bien connue du public français.
Elle vient de triompher dans La Calisto de Cavalli au Théâtre des Champs-Elysées et fera ses débuts cet été à Salzbourg. Le violoniste américain Jason Moon est issu de la Coldburn School de Los Angeles où il étudie auprès de Martin Beaver. Il a été membre de l’orchestre des jeunes de l’orchestre symphonique de San Francisco, en tant que violon solo, et a fondé le trio Caspar.
Quant au pianiste Daniel Strebulaeev, il est aussi, depuis son plus jeune âge, compositeur. De grands orchestre le sollicitent déjà, à l’instar du Santa Cruz Symphony qui lui a commandé une œuvre pour l’ouverture de sa saison en septembre 2026.
Laure Mézan
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Premier rendez-vous ce soir depuis le festival Musique & Vin au Clos Vougeot. Dans notre studio installé au sein des Hospices de Beaune, nous accueillerons, ce samedi 20 juin à 20h, Bernard Hervet, Aubert de Villaine, Guillaume Koch et Jean-Yves Thibaudet.
C’est à Beaune, dans le cadre exceptionnel des Hospices, que débute chaque année le festival Musique & Vin au Clos Vougeot. Guillaume Koch, le directeur des lieux nous éclairera sur ce joyau du patrimoine de Bourgogne tandis que Bernard Hervet et Aubert de Villaine, les deux fondateurs du festival, nous présenteront sa nouvelle édition. Elle se tiendra cette année du 20 au 26 juin et rayonnera entre le château du clos de Vougeot et quelques autres domaines enchanteurs.
Également à notre micro : le pianiste Jean-Yves Thibaudet, l’un des conseillers artistiques de la manifestation dont on connait les liens très forts avec la région. Il partagera un concert lundi soir avec la soprano Hera Park.
Laure Mézan
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Musique & Vin au Clos Vougeot, la Symphonie n°4 de Tchaïkovski à Marseille et les Rencontres Musicales d’Evian : découvrez la sélection Radio Classique des rendez-vous à ne pas manquer dans les prochains jours.
Le festival Musique & Vin au Clos Vougeot célèbre sa 18e édition. Parmi les rendez-vous proposés jusqu’au 28 juin, figure le concert que donneront ce mercredi Gautier Capuçon et Sir Andras Schiff. Au programme : la Sonate pour viole de gambe n° 3 en sol mineur BWV 1029 de Jean-Sébastien Bach et la Sonate pour violoncelle et piano de Claude Debussy.
L’Orchestre Philharmonique de Marseille invite le jeune chef allemand Jakob Lehmann. Au programme : L’Ouverture de Der Freischütz de Carl Maria von Weber, les Variations sur un thème rococo avec la violoncelliste Miriam Prandi et la Symphonie n°4 de Piotr Tchaïkovsky.
Les Rencontres Musicales d’Evian fêtent leurs 50 ans. Le concert d’ouverture sera donné ce mercredi avec Renaud Capuçon, Maria Dueñas, Timothy Ridout, Yo-Yo Ma, Emanuel Ax et Denis Kozhukhin. Au programme deux œuvres de Johannes Brahms : la Sonate pour violon et piano n°3 et le Quatuor pour piano et cordes n°3. Ce concert sera diffusé sur Radio Classique le jeudi 25 juin à 20h30.
Jean-Michel Dhuez
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Après son coup d’État manqué à Munich, en novembre 1923, Hitler est condamné à cinq années de prison. Ce passage carcéral contribue à forger son image de martyr et devient, finalement, un véritable atout dans son ascension politique.
Le 1er avril 1924, le tribunal de Munich rend son verdict : Adolf Hitler et une quarantaine de partisans du NSDAP sont jugés pour avoir participé, quelques mois plus tôt, à une tentative de coup d’État dans cette même ville — un putsch calqué sur la marche sur Rome de Mussolini d’octobre 1922, mais qui s’était soldé par un échec cuisant. Arrêté deux jours après les faits, en pyjama, dans la résidence d’un ami à la campagne bavaroise, Hitler comparaît désormais devant ses juges.
En théorie, il risque gros : l’affaire a fait une vingtaine de morts, dont quatre policiers, s’est accompagnée de vols, de prises d’otages et de destructions de locaux. Qui plus est, Hitler n’est même pas citoyen allemand, puisqu’il est autrichien, et aurait pu être expulsé du territoire. En pratique, la République de Weimar se montre d’une indulgence stupéfiante envers ses ennemis. Une partie des accusés est acquittée d’emblée. Hitler, lui, écope de cinq ans d’emprisonnement, la peine minimale prévue par le code, avec la perspective non dissimulée d’aménagements.
Lors du procès, Hitler prend la parole chaque fois qu’il le souhaite, déroule ses discours politiques sans jamais être interrompu, et va jusqu’à exiger le remplacement d’un greffier dont il désapprouve le travail. Ce qui aurait dû être un procès pour putschiste devient, de fait, une tribune.
Hitler et ses compagnons sont conduits à la forteresse de Landsberg, dans le sud-ouest de la Bavière. Il connaît bien cet établissement pénitentiaire moderne, construit une douzaine d’années plus tôt, car il y a séjourné deux ans auparavant, pendant un mois, à la suite d’une rixe politique à Munich.
Le régime qui les y attend n’a rien de celui d’un détenu ordinaire. L’historien Ian Kershaw, dans sa célèbre biographie d’Adolf Hitler, le décrit ainsi :
« De la fenêtre de sa grande chambre, confortablement meublée au premier étage, il avait vue sur la campagne. Dans sa culotte de peau, il pouvait se détendre en lisant le journal dans un fauteuil en osier, tournant le dos à une couronne de lauriers que lui avaient offerte ses admirateurs. Il pouvait aussi s’asseoir à son grand bureau pour trier les monceaux de courrier qu’il recevait. Ses geôliers le traitaient avec le plus grand respect. Certains lui donnaient discrètement du « Heil Hitler » et lui accordaient tous les privilèges possibles. Les cadeaux, les fleurs, les lettres de soutien affluaient. Les visiteurs se bousculaient, trop nombreux pour qu’il pût tous les recevoir — plus de 500 avant qu’il ne se décidât à imposer des restrictions. »
Le 23 avril, la presse relaie une manifestation organisée en l’honneur de son 35e anniversaire : 3 000 personnes réunies pour célébrer l’homme qui avait, disait-on, « allumé la flamme de la libération et de la conscience du peuple allemand ».
Jusqu’alors, Hitler n’était guère qu’un agitateur local, un exalté bénéficiant du soutien des milieux nationalistes bavarois. Le procès et l’emprisonnement changent radicalement la donne.
La presse nationale relaie les débats, les discours, l’image du prisonnier politique. Hitler se constitue une stature à l’échelle de toute l’Allemagne. À Landsberg, il peut marcher librement dans le jardin de la prison, recevoir toutes sortes d’ouvrages : les mémoires de Bismarck, les travaux de Nietzsche, les souvenirs de généraux allemands.
Il se laisse photographier en costume traditionnel bavarois, culotte de peau et bretelles brodées, dans une mise en scène dont l’ironie n’échappe à personne : un homme condamné pour tentative meurtrière de coup d’État posant comme un paisible notable provincial.
Il s’entretient librement avec ses amis politiques, réfléchit aux leçons du putsch manqué et médite sa stratégie. La prison lui offre, paradoxalement, le recul qui lui avait jusqu’alors fait défaut. Hitler dira lui-même, plus tard, que Landsberg aura été pour lui « une université aux frais de l’État ».
C’est à Landsberg que naît Mein Kampf. Avant son procès, Hitler avait rédigé un mémoire au titre évocateur — Quatre années de combat contre les mensonges, la sottise et la lâcheté — où il dénonçait la trahison des gouvernants allemands, à commencer par les socialistes de 1918 qui avaient, selon lui, enfoncé le « coup de poignard dans le dos » ayant conduit à la chute du IIe Reich. Ce texte lui sert de point de départ.
Selon un témoignage, l’idée du livre serait venue des détenus du rez-de-chaussée, moins bien logés que ceux du premier étage, qui s’étaient lassés d’entendre Hitler pérorer chaque jour. Pour échapper à ses discours, ils lui auraient suggéré de coucher ses pensées par écrit, et auraient ainsi pu reprendre tranquillement leurs parties de cartes.
Qu’importe l’anecdote : Hitler ne s’isolera pas pour écrire en solitaire. Il convoque ses compagnons — son chauffeur Emil Maurice, le fidèle Rudolf Hess — et leur dicte, marchant de long en large, reprenant ses phrases, développant ses obsessions, tandis que les autres transcrivent sous sa dictée.
À la veille de Noël 1924, soit neuf mois seulement après sa condamnation à cinq ans de prison, un télégramme arrive à la forteresse : Adolf Hitler doit être remis en liberté conditionnelle. La décision n’a pas été sans résistances : dans les coulisses du ministère public, une véritable bataille a opposé ceux qui voulaient le maintenir incarcéré à ceux qui plaidaient pour sa libération anticipée.
Le directeur de la prison, fervent admirateur du détenu, a pesé de tout son poids dans la balance. Dans un courrier à sa hiérarchie, il le décrit comme un « prisonnier modèle », convaincu « qu’un État ne saurait exister sans un ordre interne ferme et un gouvernement à poigne ». C’est lui qui, d’une voix chevrotante selon les témoins, annonce à Hitler sa libération conditionnelle.
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Le personnel de la prison se rassemble pour lui faire des adieux émus. Hitler quitte Landsberg avec une serviette contenant un manuscrit de 391 pages dactylographiées, auquel il a choisi son titre définitif quelques semaines plus tôt : Mon combat — Mein Kampf, en allemand.
Franck Ferrand
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A l’occasion de la publication de leur album « Elégance » chez Harmonia Mundi, Juliette Hurel et Isabelle Moretti seront, ce vendredi 19 juin à 20h, les invitées du Journal du classique.
Elégance, c’est le titre de ce bel album réunissant la flûtiste Juliette Hurel et la harpiste Isabelle Moretti. Elégance, le parfait qualificatif pour décrire ce programme raffiné et voluptueux, réunissant des pièces de musique française du tournant du XXème siècle. Les deux musiciennes ont choisi des œuvres originales comme des transcriptions de pages orchestrales ou de pièces pour piano.
Juliette Hurel et Isabelle Moretti seront à notre micro ce soir pour nous raconter leur belle complicité et nous éclairer sur ce programme aux accents oniriques. Il met à l’honneur des œuvres célèbres signées Debussy, Bizet ou encore Fauré comme des pages plus confidentielles mais absolument irrésistibles à l’instar de la Suite en duo de Jean Cras et de la valse mélancolique de Clémence de Grandval.
Laure Mézan
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Un cahier de composition de Wolfgang Amadeus Mozart, manuscrit autographe comprenant sept pièces pour harpe et flûte, a été retrouvé par un conservateur de la Bibliothèque nationale de France (BnF) à Paris. Ces morceaux inédits seront joués pour la première fois ce dimanche lors de la Fête de la musique.
C’est une rare découverte : un cahier de composition de WA Mozart, sept pièces pour flûte et harpe et des leçons qu’il donnait à la duchesse de Guînes, a été retrouvé grâce à la persévérance d’un conservateur de la Bibliothèque nationale de France. Son trésor : un manuscrit autographe de Wolfgang Amadeus Mozart, une « découverte majeure reconnue par les spécialistes » selon l’institution. « J’étais loin de me douter de ce que j’allais trouver », confie François-Pierre Goy, conservateur au département de la musique de la BnF.
Ce cahier recèle une douzaine de leçons de composition, des exercices donnés quotidiennement, de mai à juillet 1778, par le compositeur autrichien à Marie-Louise-Philippine de Bonnières de Guînes, excellente harpiste, fille du duc de Guînes, lui-même flûtiste renommé, explique François-Pierre Goy.
Ses quarante-quatre pages comprennent également sept pièces pour flûte et harpe, dont la dernière est inachevée. Cette découverte renseigne « sur le jeune professeur Mozart, en dialogue avec son élève », la duchesse de Guînes, qui était sa première élève connue dans la composition, relève Gilles Pécout, président de la BnF.
Début février, François-Pierre Goy, qui a un goût particulier pour les manuscrits anonymes, ces « mal-aimés », ouvre ce petit cahier « qui ne paie pas de mine », sans titre, parmi une vingtaine d’autres qu’il a l’intention d’examiner avant son départ prochain à la retraite, raconte-t-il. « Il se trouve que dans les semaines précédentes, j’avais eu à regarder des manuscrits pédagogiques de Mozart ».
Parcourant les notes et les portées, certains éléments « caractéristiques » de l’écriture l’interrogent: d’abord ces accolades – symbole graphique qui regroupe plusieurs lignes de portées sur une partition – comportant deux traits obliques.
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Puis « les clés de sol assez arrondies un peu inclinées vers l’avant » ou encore « la clé de fa » faite dans le sens inverse de la façon de la représenter en France. « Est-ce que ça ne pourrait pas être lui ? », se demande alors François-Pierre Goy. Des comparaisons avec d’autres autographes numérisés, le papier utilisé, français, ou encore le fait que le cahier comporte les mêmes estampilles qu’une copie française du Concerto pour flûte et harpe de Mozart commandé par le duc de Guînes, vont dans le sens de son intuition.
L’avis d’une musicologue puis l’expertise fin avril du Mozarteum de Salzbourg, ville natale du musicien, viendront confirmer l’authenticité du document et de son origine.
Ce manuscrit fait partie de deux paquets de musique confisqués au domicile du duc de Guînes en 1794 lors de la Révolution française, entrés dans les années suivantes à la Bibliothèque, selon la BnF.
Pour les musiciens harpistes et flûtistes, qui ont « assez peu de répertoire » à leur disposition, c’est une découverte « inespérée », relève Mathias Auclair. « Et miraculeusement, arrivent sept nouveaux morceaux à jouer ! ».
Les pièces exhumées seront jouées pour la première fois ce dimanche à la BnF, à l’occasion de la Fête de la musique, interprétées par deux musiciens de l’Orchestre philharmonique de Radio France, Mathilde Calderini (flûte) et Nicolas Tulliez (harpe), devant un public d’invités qui pourront découvrir, en avant-première le manuscrit original avant qu’il soit présenté dans le musée de la Bibliothèque.
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