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  • Corine de Bilbao, présidente de Microsoft : « La France est un écosystème vibrant pour l’intelligence artificielle »

    Alors que la 10e édition de VivaTech bat son plein, la question de la souveraineté technologique de la France, et plus largement de l’Union européenne, se trouve au centre des discussions. Si l’Union européenne a la réputation d’être en retard sur les États-Unis, Corine de Bilbao, directrice générale en France du groupe Microsoft, affirme ce matin dans les Voix de l’économie que la tech reste un grand écosystème dans lequel la France occupe une position de premier plan, malgré ses failles dans la cybersécurité.

     

    80% des produits et des services numériques utilisés en Europe proviennent de l’étranger, notamment des géants de la tech américaine. Est-ce que l’Union européenne a raison de s’inquiéter en matière de souveraineté et de sécurité pour les entreprises ?

    CORINE DE BILBAO : C’est une préoccupation qui a grandi depuis quelques mois. Il ne faut pas oublier que Microsoft France est une entreprise au siège américain, mais c’est une entreprise globale. Ça fait 43 ans qu’on est en France, on fait travailler un très gros écosystème français, 10 500 partenaires. Et au-delà des 2 000 salariés de Microsoft en France, on fait travailler 80 000 personnes en France. Donc on fait partie d’un écosystème.

    Les préoccupations sont évidemment légitimes, mais aucune chaîne de valeur aujourd’hui n’est complètement indépendante. Dans une chaîne de valeur comme la tech, vous avez les chips, les data centers, vous avez les couches de software. Il y a des préoccupations auxquelles on répond, comme la résidence des données.

    On a fait des annonces pour mettre en place des conditions légales, contractuelles, mais aussi techniques, avec notamment un cloud souverain qui est une entreprise complètement indépendante de Microsoft, Bleu, qui est à 50% Capgemini et Orange. On a renforcé notre réponse aux préoccupations de souveraineté.

    La Commission européenne veut investir 200 milliards d’euros pour développer notre souveraineté technologique. Est-ce que ça vous inquiète ? Dans quelle mesure est-ce que ça pourrait constituer une barrière aux produits Microsoft en Europe ?

    C.B. : Si on souhaite que l’intelligence artificielle puisse pénétrer l’ensemble des couches de la société et avoir une valeur partagée, il y a intérêt à ce qu’il y ait un écosystème vibrant en Europe aussi. On est ravi de voir qu’une entreprise comme Mistral se développe, on l’a aujourd’hui intégré dans nos modèles. Microsoft, c’est une plateforme ouverte avec 11 000 modèles, dont Mistral.

    On a fait des annonces aussi avec lui dans notre Copilot Studio pour la création agentique. Je pense que c’est souhaitable qu’il y ait une concurrence et un écosystème dynamique parce qu’il faut qu’il y ait de la valeur partagée dans l’ensemble économique, mais aussi dans le secteur public, les petites entreprises. C’est comme ça qu’on va pouvoir aussi regagner de la compétitivité en France.

    Corine de Bilbao : dans le secteur de l’IA, la France « a des chercheurs, des scientifiques »

    Microsoft est présent au salon VivaTech qui se déroule jusqu’à samedi. On y parle beaucoup d’intelligence artificielle. La France est le 5e pays mondial en matière d’adoption de l’intelligence artificielle. Pratiquement un Français sur 2 en âge de travailler utiliser des outils d’IA générative. Les États-Unis sont très loin derrière, ça n’était pas forcément très intuitif. Vous qui êtes à la tête d’une entreprise américaine en France, comment est-ce que les Américains nous perçoivent ?

    C.B. : La France est perçue comme un pays très innovant, très exigeant, où il y a beaucoup d’acteurs. C’est un écosystème vibrant pour l’intelligence artificielle. On a des grands énergéticiens et il faut de l’énergie renouvelable. On a des chercheurs, des scientifiques.

    Je dirais peut-être que c’est en France où c’est parfois plus difficile en termes de déploiement. Le déploiement à l’échelle est peut-être un petit peu plus complexe. Mais globalement c’est l’image innovante avec quand même, parfois, des obstacles en termes de réglementation.

    Comment est-ce que Microsoft se développe avec l’intelligence artificielle ? Est-ce que l’IA, à votre avis, représente une menace pour les éditeurs de logiciels et pour leurs modèles de tarification par abonnement ? Certains parlent de « SaaSpocalypse ». Saas est un acronyme, Software as a Service. C’est un abonnement qu’on paye tous les mois ou tous les ans.

    C.B. : Les entreprises doivent se transformer, sinon elles auront plus de difficultés. Les clients veulent aujourd’hui, au-delà d’une base de données, de la valeur créée. C’est là que les agents entrent en action, pour pouvoir créer de la valeur, changer et améliorer des processus. Donc il y a de la place pour le Saas, mais nous aussi avons des softwares dans lesquels on a intégré l’intelligence artificielle pour justement améliorer des processus et créer de la valeur.

    Est-ce que l’intelligence artificielle, selon vous, va entraîner une fracture mondiale ? Les États-Unis, par exemple, ont refusé de partager avec les pays étrangers les derniers modèles d’intelligence d’Anthropic, notamment celui qui permet de détecter des failles de sécurité informatique. On nous parle de l’équivalent d’une arme nucléaire, mais sur le terrain numérique.

    C.B. : Nous faisons en sorte que l’ensemble des modèles soient accessibles à tous les pays. C’est pour ça qu’on est une plateforme ouverte avec 11 000 modèles. Dans les modèles de premier niveau, il y a OpenAI, Anthropic, Mistral. L’écosystème ouvert est effectivement important parce qu’il faut laisser la possibilité à nos clients de pouvoir choisir en toute sécurité.

    « La sécurité est une vraie préoccupation pour les entreprises »

    Il faut s’assurer que ces modèles soient sécurisés et puissent permettre aux clients de travailler dans des conditions acceptables.

    La France est le 2e pays mondial en matière de fuite de données. Est-ce que vous avez l’impression que l’État français et les entreprises n’investissent pas suffisamment en matière de cybersécurité ?

    C.B. : La première chose que mes clients veulent, c’est la résilience des opérations, s’assurer que leurs opérations fonctionnent. Après, c’est effectivement la cybersécurité. Un rapport de Surfshark dit que dans les 3 derniers mois, 23 millions de comptes en France ont connu des failles de sécurité, ce qui est quand même assez grave.

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    La sécurité est une vraie préoccupation pour les entreprises. Et ensuite, il y a la souveraineté avec la résidence des données. Je pense qu’il y a encore beaucoup de choses à faire et qu’il faut s’appuyer sur des infrastructures solides et l’écosystème global. Aujourd’hui, c’est une de nos premières préoccupations d’offrir à nos clients une plateforme sécurisée.

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  • Mozart, franc-maçon et catholique : quelle était la véritable foi du compositeur viennois ?

    Catholique d’adoption et franc-maçon de cœur, opposé aux valeurs aristocratiques de son temps, Mozart apparaît comme un homme des Lumières attaché à l’idée d’un Dieu d’amour.

    À quoi croyait Mozart ? Lorsque l’on feuillette sa correspondance et que l’on se plonge dans la vie du personnage, on se demande quelle foi l’animait réellement.

    On est évidemment catholique chez les Mozart, comme chez tous les Salzbourgeois. Et au siècle des Lumières, il est possible d’être simultanément catholique et franc-maçon — c’est d’ailleurs ce que revendiquent encore aujourd’hui un certain nombre de catholiques appartenant à une loge. Encore faut-il être, selon les francs-maçons eux-mêmes, un catholique suffisamment éclairé pour y prétendre.

    Mozart : à la mort de sa mère, des lettres donnent des indices sur sa foi

    Deux lettres éclairent de façon saisissante les croyances de Mozart. Le 3 juillet 1778, à Paris, sa mère vient à mourir. La scène est effroyable : Wolfgang se retrouve seul dans sa chambre à veiller une mère qui n’a pas survécu aux rigueurs du voyage.

    Il lui faut alors annoncer la nouvelle à son père. Il rédige deux lettres : la première, adressée à Léopold, cherche à le préparer psychologiquement en lui décrivant l’état de santé de sa mère comme extrêmement grave. La seconde est destinée à l’abbé Bullinger, ami intime de la famille, à qui il confie la mission de préparer le père à la vérité.

    Dans cette première lettre à son père — où il aborde également d’autres sujets, dont la mort de Voltaire, survenue peu de temps auparavant —, Mozart écrit : « Maintenant, je vous donne une nouvelle que vous connaissez peut-être déjà : savoir que cette athée et grande crapule de Voltaire est crevée comme un chien, pour ainsi dire comme une bête. Voilà sa récompense. » Ces mots laissent entendre que Mozart n’éprouvait guère de tendresse à l’égard des athées.

    « Je sais que Dieu ordonne tout pour notre mieux » écrit Mozart

    Dans la seconde lettre, adressée à l’abbé Bullinger, Mozart révèle toute la vérité sur les circonstances de la mort de sa mère et cherche, dit-il, son réconfort dans la soumission à la volonté de Dieu. Il écrit : « Je me console, quoi qu’il advienne, parce que je sais que Dieu ordonne tout pour notre mieux, si arbitraire que cela nous paraisse » — précision d’une importance capitale —, « car Dieu le veut ainsi. Car je crois, et je ne me laisserai pas dissuader, qu’aucun docteur, aucun homme, aucun malheur, aucun hasard ne peut donner la vie à l’homme ou la reprendre, mais Dieu seul. » Voilà le fond de la pensée de Mozart.

    Une sérénité qu’il ne conservera pourtant pas lorsqu’il devra affronter sa propre mort imminente. Car on sait que, se voyant partir, il est en proie aux regrets, à la frustration et à une peur diffuse qui peut faire songer à de la paranoïa.

    Un réseau maçonnique au cœur de Vienne

    Un certain nombre des amis de Mozart sont également francs-maçons. Parmi eux, le grand Joseph Haydn, bien entendu, mais aussi des membres éminents du gouvernement, comme Joseph von Sonnenfels, artisan d’importantes réformes juridiques, ou encore Gottfried van Swieten, directeur de la commission de l’Éducation, qui recevait chaque dimanche matin chez lui les musiciens les plus célèbres de Vienne.

    Un personnage se détache tout particulièrement dans ce cercle maçonnique : le minéralogiste Ignaz von Born, grand scientifique de l’époque, dont la figure a inspiré le personnage de Sarastro dans La Flûte enchantée — ce grand prêtre sage et lumineux qui incarne la totalité du sens du monde.

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    Le 14 décembre 1784, Mozart est admis à la loge de la Bienfaisance. Il a vingt-huit ans. C’est l’aboutissement d’un parcours initiatique qui avait commencé six ans plus tôt à Mannheim.

    Comme l’écrit Ève Ruggieri dans son Dictionnaire amoureux de Mozart (Plon) : « ‘Mon bonheur commence maintenant’ : à travers ce cri, Mozart concrétise sa libération, mais aussi sa décision de mettre en pratique ses idées en rejoignant un milieu dans lequel l’homme se sent aimé et le musicien compris. 

    En cette seconde moitié du XVIIIe siècle, tous ceux qui avaient trouvé dans le travail des encyclopédistes des réponses aux questions que les différents cultes ne leur apportaient pas toujours, tous ceux qui avaient rêvé d’un monde plus juste et plus solidaire et cherchaient à apprivoiser l’idée de la mort, ne pouvaient qu’être attirés par cette doctrine où se côtoyaient aristocratie, finance, armée et culture. »

    Au-delà des idéaux, l’appartenance de Mozart à la franc-maçonnerie répond aussi à un besoin profond de sociabilité et d’échange. C’est pour lui un moyen de se fondre dans la haute société viennoise, rendue peut-être un peu plus perméable par le libéralisme relatif du règne de Joseph II.

    1787, l’année des deuils pour Mozart

    L’année 1787 est marquée pour Mozart par une série de deuils. Le plus douloureux est la mort de son père : Léopold Mozart s’éteint à Salzbourg à l’âge de soixante-huit ans. Deux amis intimes disparaissent également cette année-là. Mozart vit tout cela comme un arrachement, même s’il considère sans doute la mort comme la fin naturelle de l’existence, en conformité avec la doctrine maçonnique et sans contradiction avec sa foi catholique originelle.

    La maladie s’insinue bientôt dans sa vie, et la malchance avec elle. Le public viennois, semble-t-il, se détourne peu à peu de lui. La mode Mozart, qui avait tout emporté et faisait résonner la moindre soirée de salon de ses œuvres, paraît s’essouffler. Les opéras italiens du compositeur ne rencontrent plus la faveur qu’il leur aurait souhaitée. Il donne de moins en moins de concerts, conserve à peine quelques élèves, et des deux cents souscripteurs qui assistaient jadis à ses académies musicales, il ne lui reste plus qu’un seul fidèle : le baron van Swieten.

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    Mozart en a assez de Vienne, où l’atmosphère est devenue pesante. La Révolution française tient toutes les capitales européennes en haleine, et Vienne n’échappe pas à cette tension. Les cafés, ces lieux de conversation charmants où les Viennois s’adonnaient volontiers au Plaudern — l’art de la causerie — sont devenus des endroits mornes et silencieux. Les francs-maçons, soupçonnés d’être des ferments révolutionnaires, éveillent la méfiance. On n’a aucunement envie que se passe à Vienne ce qui se déroule à Paris. Beaucoup se retirent alors de la franc-maçonnerie.

    Le successeur de Joseph II, Léopold II, se révèle un souverain autrement plus rigide, bien décidé à ce que la révolution ne s’exporte pas jusqu’à lui.

    La dernière cantate de Mozart

    À trois semaines de sa mort, Mozart dirige sa ultime cantate maçonnique, Laut verkünde unsre Freude (K. 623), achevée le 15 novembre 1791 et créée le 17 ou 18 novembre pour l’inauguration des nouveaux locaux de sa loge, Zur neugekrönten Hoffnung (L’Espérance nouvellement couronnée). L’œuvre avait été terminée deux jours avant sa dernière représentation publique.

    Conformément au rituel maçonnique, Mozart fut inhumé revêtu du manteau noir à capuche des francs-maçons — un détail qui a bien sûr inspiré nombre de metteurs en scène de La Flûte enchantée, opéra littéralement imprégné de pensée maçonnique.

    Franck Ferrand

     

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  • Le Festival de Bayreuth annule une conférence sur l’antisémitisme de Wagner pour « des raisons de sécurité »

    Prétextant de potentiels problèmes de sécurité, le Festival de Bayreuth a décidé d’annuler une conférence, consacrée à « l’antisémitisme de Richard Wagner », que devait animer Michel Friedman au début de l’édition de l’édition 2026. L’avocat et intellectuel juif allemand estime que cette annulation est « absurde et anti-démocratique ».

    Alors que le Festival de Bayreuth va célébrer du 24 juillet au 26 août le 150e anniversaire de sa création, une polémique assombrit le début du grand événement estival bavarois. Le dimanche 26 juillet était annoncée une conférence « Voix réduites au silence »,  portant sur un thème particulièrement sensible, celui de l’antisémitisme présumé de Richard Wagner et de son héritage controversé à Bayreuth.

    Ce colloque devait se tenir au Festspielhaus quelques heures avant la première, dans le même lieu, des neufs représentations de Rienzi que dirigera Nathalie Stutzmann.

    Une programmation pas vraiment fortuite puisque l’opéra le plus populaire du compositeur allemand de son vivant était, selon la légende, une des œuvres lyriques préférées d’Adolf Hitler. Il l’aurait découverte à 15 ans lors d’une représentation à Graz et possédait une partition offerte par la famille Wagner pour ses cinquante ans en 1939. Le héros de Rienzi aurait inspiré le futur chancelier puis führer, et la thématique décider de son destin politique.

    Michel Friedman : « Cette annulation pour des raisons de sécurité c’est se suicider dans une démocratie »

    Mi-juin, la direction du Festival de Bayreuth a annoncé l’annulation de cette conférence car, selon Heinz-Dieter Sense, le directeur général par intérim du festival : « il est impossible de maintenir le niveau de sécurité maximal au Festspielhaus deux fois de suite.

    Le temps entre la fin de la conférence du matin et le début de la représentation de l’après-midi est trop court (…) Compte tenu de la situation mondiale actuelle, tout le monde est extrêmement prudent ».

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    Une décision et son argumentation qui révoltent l’intervenant principal de cette conférence Michel Friedmann.

    Selon l’avocat et intellectuel, très impliqué dans des institutions juives allemandes et européennes, « la gravité de l’affrontement avec l’antisémite Wagner est rendue absurde par cette annulation. Annuler cet événement pour des raisons de sécurité c’est se suicider dans une démocratie ».

    Mangelt es den Bayreuther Festspielen an Ernsthaftigkeit in der Auseinandersetzung mit Richard Wagners Antisemitismus? Nach der Absage seines Vortrags erhebt Michel Friedman jedenfalls diesen Vorwurf. https://t.co/AV3KyecNKT

    — Frankfurter Allgemeine (@faznet) June 17, 2026

    Cette annulation est très commentée dans la presse allemande, notamment parce que la directrice du festival Katharina Wagner avait déclaré que cette édition 2026 devait célébrer le 150e anniversaire de l’événement estival bavarois mais aussi « jeter un regard critique sur notre histoire. L’occasion à la fois d’honorer les réalisations artistiques et d’aborder ouvertement les chapitres problématiques de notre passé ».

    Philippe Gault

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  • Prix du pétrole : Pourquoi l’industrie française a mieux résisté que prévu, alors qu’on lui promettait le pire

    Alors que les institutions françaises sont pessimistes sur la croissance 2026 et la révisent à la baisse, les chiffres témoignent d’un rebond de la production hexagonale ainsi que d’une réduction des émissions de CO2, de quoi nuancer les positions alarmistes.

     

    La croissance a été révisée par l’Insee à 0,7% seulement, avec un chômage en hausse et une « panne sèche » de la consommation. Tout cela complique encore l’équation budgétaire du gouvernement.

    La France échappe à la récession

    Pour autant, ce qui est tout aussi frappant, c’est la belle résistance de l’industrie tricolore, à qui l’on promettait le pire avec l’envolée des prix du pétrole. En réalité, c’est presque le contraire : la hausse de la production industrielle devrait permettre un petit rebond de la croissance au deuxième trimestre, la France échappant ainsi à la récession grâce à l’aéronautique et l’industrie navale qui « caracolent », écrit l’Insee, avec une production en hausse de 20% sur un an au printemps.

    D’une manière plus inattendue, les raffineries et surtout la chimie reprennent des parts de marché aux pays du Golfe, avec des usines qui tournent à plein régime. Plus globalement, les industriels [français] bénéficient d’un léger avantage à l’export, grâce à une inflation inférieure à la moyenne européenne.

    La hausse de la production industrielle s’accompagne en outre d’une baisse des émissions de CO2

    Et c’est en réalité assez logique : l’industrie se décarbone grâce à de nouveaux procédés. L’intensité énergétique de la production a baissé de 35% depuis 1990. Elle subit donc moins l’impact des chocs pétroliers. Surtout avec une électricité elle-même décarbonée.

    Résultat : la production manufacturière devrait grimper de plus de 1% cette année selon l’Insee, tout en réduisant ses émissions de plus de 1% également.

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    Alors attention, tout cela reste insuffisant. De nombreux secteurs, comme l’automobile, subissent de plein fouet la vague des importations chinoises. Cela montre cependant que la politique de l’offre donne des résultats, et qu’il ne faut surtout pas la détricoter, mais au contraire la compléter. Ça tombe bien, les dirigeants européens doivent se pencher ce soir et demain sur des outils plus efficaces contre la concurrence jugée déloyale.

    Etienne Lefebvre

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  • Le festival de La Chaise-Dieu fête ses 60 ans en convoquant les souvenirs et en se tournant vers l’avenir

    A l’occasion de notre journée spéciale consacrée au festival de La Chaise-Dieu, Boris Blanco, son directeur, et Simon-Pierre Bestion seront, ce jeudi 18 juin à 20h, les invités du Journal du Classique.

    Le festival de La Chaise-Dieu fêtera ses soixante ans cet été. Un anniversaire que Boris Blanco, le directeur de la manifestation, a voulu à la fois placer sous le signe du souvenir et tourner vers le futur. C’est ainsi qu’un hommage sera rendu au grand pianiste György Cziffra, son fondateur, et qu’une œuvre commandée à Eric Montalbetti sera donnée en création mondiale.

    Une édition entre héritage et nouveauté

    Boris Blanco nous éclairera ce soir sur cette édition anniversaire qui se tiendra du 18 au 30 août, en compagnie de Simon-Pierre Bestion. Le chef de la compagnie La Tempête y donnera sa version des Vêpres de Monteverdi le 24 août. Tandis que vient de sortir, chez Alpha, un nouvel album de La Tempête intitulé Bomba Flamenca, conçu comme une reconstitution des funérailles de Charles Quint.

    Laure Mézan

    Retrouvez le journal du classique du lundi au vendredi à 20h

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  • Baisse de la natalité : l’immigration peut atténuer « en partie » ses effets néfastes sur l’économie, explique le président du COR Gilbert Cette

    Le 13e rapport du COR (Conseil d’Orientation des Retraites) remis la semaine dernière tire la sonnette d’alarme sur le système de retraite actuel et le déficit des dépenses publiques. Son président Gilbert Cette, spécialiste de la productivité et du marché du travail, invité de la matinale de Radio Classique, insiste sur la nécessité d’augmenter le taux d’emploi et d’utiliser l’immigration pour pallier – du moins en partie – un solde naturel qui pourrait sans cela devenir négatif.

     

    La croissance, dont les prévisions viennent d’être revues à la baisse par l’Insee et la Banque de France, permet aujourd’hui d’aborder l’équilibre de notre système de retraite par répartition. Ces révisions changent-elles la nature de notre problème avec les retraites ?

    GILBERT CETTE : Les prévisions officielles étaient de 0,9 % de croissance pour l’année 2026. L’Insee dit qu’on fera plutôt 0,7 % et la Banque de France dit 0,5 %.

    Ces révisions à la baisse rendent plus complexe l’équation des finances publiques dans tous ses compartiments, que ce soit la retraite, la santé, l’école. Ils vont tous avoir des problèmes de financement plus difficiles qu’avec une croissance plus forte. Donc on doit s’interroger sur les retraites et plus globalement sur notre déficit public, notre dette publique et la soutenabilité de ces dernières.

    La question démographique est au centre de ce treizième rapport du Conseil d’Orientation des Retraites (COR) que vous présidez. Dans quelle mesure la baisse de la natalité bouleverse-t-elle les équilibres que l’on croyait acquis ?

    G.C. : Oui, le COR mobilise pour ses projections économiques les prévisions démographiques réalisées par l’Insee et revues tous les 5 ans. Et la révision faite par l’Insee bouleverse complètement les perspectives prévues concernant la natalité, mais aussi l’immigration.

    Sur la natalité, nos précédents rapports, basés donc en termes d’hypothèses sur ce qui nous était proposé par l’Insee, anticipaient un taux de fécondité de 1,8 enfants par femme sur les prochaines décennies. Nous sommes passés à 1,45 enfants par femme.

    Gilbert Cette : « L’augmentation des taux d’emploi pourra en partie combler le déficit démographique engendré par la baisse des naissances. »

    Le choc introduit dans nos prévisions aboutit à des perspectives de croissance dans une vingtaine d’années, quand les bébés auront grandi et auront l’âge de travailler. Ces révisions bouleversent les perspectives de croissance et l’équation des finances publiques, que ce soit dans le domaine des retraites comme dans tous les autres domaines.

    Moins de croissance, ça veut dire moins de bases fiscales, moins de TVA, moins d’impôts sur le revenu, moins d’impôts sur les sociétés, moins de ressources pour les finances publiques pour financer ses dépenses, école, santé, défense, culture, retraite.

    Mao Zedong disait : « une bouche, c’est deux bras. » Là, vous êtes en train de nous dire : un bébé, c’est un cotisant. Et donc moins de bébés, moins de cotisants. On va avoir un vrai problème qui va s’accentuer.  

    G.C. : Un problème qui va émerger de façon très forte dans une vingtaine d’années. Mais ce problème peut être en partie atténué par deux éléments.

    Le premier, c’est l’immigration. L’hypothèse d’immigration de l’Insee pour ses projections démographiques a été révisée d’une manière fondamentale : nous passons d’un solde migratoire de 70 000 personnes par an à 150 000 personnes par an.

    Ça veut dire que le solde naturel, c’est-à-dire les naissances auxquelles on enlève les décès de la population en France, qui était déjà négatif l’an passé, n’est pas négatif grâce à l’immigration. On décale d’une dizaine d’années la baisse de la population liée à la baisse des naissances. L’immigration est un apport fondamental.

    Dans tous les pays qui nous entourent, l’immigration est considérée comme un levier fondamental pour pallier en partie, et en partie seulement, à la baisse démographique.

    L’autre levier, c’est le taux d’emploi. Et là, en France, nous en avons sous le pied. L’augmentation des taux d’emploi pourra en partie aussi combler le déficit démographique engendré par la baisse des naissances.

    Retraites : « On va vers du mieux. Peut-être que ces adaptations se font trop doucement »

    Quand vous parlez du taux d’emploi, c’est la capacité de la France à mettre au travail des seniors qu’on met à la porte très facilement, et des jeunes qui sont toujours tenus à l’écart du marché du travail. Ce n’est pas de faire travailler les gens plus longtemps ?

    G.C. : C’est les deux. Chez les seniors et la population âgée de 60 à 64 ans, le taux d’emploi en France est de 47 %, quand il est de 73% en Allemagne et de 75 % aux Pays-Bas. Les seniors restent davantage en emploi dans ces pays.

    Ce qu’il faut évoquer, c’est ce pacte « diabolique » passé entre les organisations syndicales et l’État, des dispositifs sociaux pour mettre à la porte les gens plus tôt.

    G.C. : Nous avons organisé au COR, en mars 2024, une séance plénière sur les séparations concernant les seniors, et on a constaté que de multiples dispositifs pouvaient constituer des incitations facilitant la sortie du marché du travail des seniors. Il faut se pencher là-dessus.

    Je ne mets pas en cause le COR, mais ça fait 35 ans que ça dure. Ça a commencé avec la désindustrialisation des bassins d’emploi dans des régions où on préférait fermer une usine plutôt que de la maintenir ouverte. Et ça arrangeait tout le monde.

    G.C. : Il faut quand même se féliciter, quand on regarde dans le rétroviseur, du fait que des dispositifs massifs, comme des préretraites subventionnées par l’État, aient connu une baisse énorme et aient quasiment disparu en France. On va vers du mieux. Peut-être que ces adaptations se font trop doucement.

    La démographie, la croissance ou le niveau de l’emploi, qu’est-ce qui vous préoccupe le plus aujourd’hui ?

    G.C. : Ces trois éléments sont indissociables. La démographie est un élément fondamental qui donne le la sur les perspectives à long terme.

    Les taux d’emploi sont une variable d’action plus facile parce que changer le taux de natalité, c’est bien beau. Quand on regarde l’ensemble des pays qui nous entourent, les politiques cherchant à augmenter le taux de natalité se sont très souvent soldées par des échecs.

    Même les suppressions d’impôts de Viktor Orbán en Hongrie n’ont pas marché.

    G.C. : Ça a été un feu de paille très onéreux pour les finances publiques hongroises. Donc il faut se pencher sur ces questions de baisse de la natalité pour voir comment on pourrait donner davantage le désir d’avoir des enfants à nos jeunes.

    Mais à côté de cet élément fondamental, structurant à long terme pour la croissance, les pouvoirs publics peuvent, par les politiques économiques déployées, faciliter l’augmentation des taux d’emploi, la quantité de travail, et réduire le choc que constitue pour nos économies la baisse démographique.

    Vous situez ce choc en 2050 ?

    G.C. : Le choc démographique lié à la baisse de natalité aura des effets qui se concrétiseront effectivement à partir du milieu des années 40. Le taux de fécondité était à 2 en 2010. 2010, ce n’est pas si loin. L’an dernier, on était à 1,55. La perspective pour l’Insee est de 1,45, et certains disent que c’est encore optimiste parce que c’est au-dessus de ce qu’on observe dans beaucoup de pays qui nous entourent.

    Gilbert Cette : « dans le petit club des pays riches, la France est un pays plutôt pauvre »

    Est-ce notre système de retraite est trop généreux si on prend en considération la richesse par habitant ? Si on compare avec les pays voisins, on s’aperçoit qu’ils ont des systèmes de retraite moins généreux que les nôtres, mais avec un PIB par habitant plus élevé. En clair, nos voisins travaillent plus et sont moins généreux en termes de retraite. La France fait l’inverse.

    G.C. : Nous montrons dans le dernier rapport du COR que les dépenses de retraite par habitant sont en France comparables à ce qu’on observe en Allemagne, aux Pays-Bas, dans les pays nordiques et scandinaves. Nous avons un modèle social de pays riche, parmi les pays riches.

    Le problème, c’est que dans le petit club des pays riches, la France est un pays plutôt pauvre. Notre produit intérieur brut par habitant est inférieur à celui de l’Allemagne de 15 %, est inférieur à celui des Pays-Bas de 20 à 25 %. Nous sommes un pays riche pour notre modèle social, mais qui n’a pas les moyens en quelque sorte d’un pays riche.

    Et nous avons par conséquent des difficultés pour financer toute l’intégralité de notre modèle social. Quelle est la solution ? Est-ce que c’est de réduire l’ambition de notre modèle social ? C’est une voie avancée par certains, mais l’autre voie à privilégier, c’est de devenir un pays riche parmi les pays riches.

    Qui travaille plus et plus longtemps.

    G.C. : Voilà, c’est l’augmentation, entre autres, de nos taux d’emploi. Parce que ce qui nous distingue par rapport aux pays nordiques, scandinaves, à l’Allemagne, aux Pays-Bas — et on le montre dans notre rapport du COR —, c’est que comme on travaille moins, on n’est pas un pays riche comparable aux autres pays riches. On est plus pauvres qu’eux.

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    Gilbert Cette, je vous annonce une chose : je suis candidat à l’élection présidentielle, vous êtes mon conseiller. J’aimerais sensibiliser les Français, leur dire que je vais changer la situation et réformer. Je sais que si je dis certaines choses, je ne serai pas élu. Comment formuler ces choses quand on est candidat à l’élection présidentielle pour que les Français entendent la vérité, à savoir qu’ils devront travailler plus longtemps ?

    G.C. : Écoutez, il ne revient pas au COR et à son président, évidemment, de jouer le rôle du conseiller d’un candidat à la présidentielle. Néanmoins, ils peuvent s’inspirer du rapport du COR pour façonner un petit peu leur discours et leurs propositions.

    Dès la synthèse du rapport, on montre que lorsqu’on pense au financement des retraites comme des dépenses sociales, il y a différentes solutions qui se présentent. On peut prélever davantage sur les ménages, sur les entreprises, on peut baisser les retraites. Ces trois voies sont récessives, elles renforcent les difficultés budgétaires de l’État.

    En revanche, l’allongement de l’âge est expansionniste. Ça fait plus de PIB et ça facilite le financement de notre modèle social. C’est clairement montré dans le rapport du COR et j’espère que ça inspirera les candidats à la prochaine présidentielle.

     

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  • G7 à Évian : En coulisse, un concert au casting prestigieux réunissant notamment Yo-Yo Ma et Renaud Capuçon

    Le sommet international du G7 qui a réuni cette semaine les dirigeants des plus grandes puissances mondiales à Évian s’est ouvert en musique. Les participants ont été accueillis au son de chansons représentatives de leur pays respectif et ils ont même eu droit à un mini-récital donné par un quatuor prestigieux.

    Avec au menu notamment la guerre au Moyen-Orient et le conflit en Ukraine, le sommet diplomatique du G7 qui s’est tenu à Évian du 15 au 17 juin s’annonçait particulièrement dense et tendu . Quoi de mieux pour détendre l’atmosphère qu’un accueil en musique dans le magnifique cadre des bords du lac Léman ?

    Welcome @POTUS. pic.twitter.com/hZZnWDLSHA

    — Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) June 15, 2026

    C’est ainsi que les participants ont tous été accueilli par le couple présidentiel français au son de chansons représentatives de leur pays respectif. Ainsi la cheffe du gouvernement italien Georgia Meloni a eu droit au tube des années 80 Felicita, chanté par Al Bano et Romina Power. Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a lui été reçu sur Lieblingsmensch de l’artiste germano-marocaine Namika.

    Clin d’œil à l’entente cordiale franco-canadienne pour l’accueil du premier ministre Mark Carney accompagné par la chanson J‘irai où tu iras de Céline Dion signée Jean-Jacques Goldman.

    Donald Trump accueilli sur une musique tirée d’un jeu vidéo

    Autre allusion symbolique pour la réception du 1er ministre britannique Keir Starmer qui a eu droit au thème du film Le Monde ne suffit pas, 19e opus de la saga James Bond.

    Invité très attendu, le président américain Donald Trump a été accueilli sur une musique tirée du jeu vidéo GTA, Love Is a Long Road, de Tom Petty tandis que La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, Antonio Costa, ont eu droit à la plus solennelle Ode à la joie tirée de Symphonie nᵒ 9 de Ludwig van Beethoven, mais remixée façon métal.

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    Mais c’est sur des notes beaucoup plus classiques que s’est ouverte cette conférence diplomatique déterminante. Un quatuor improvisé, de très haut niveau, réunissant la pianiste Beatrice Rana, le violoncelliste Yo-Yo Ma, l’altiste Timothy Ridout et le violoniste Renaud Capuçon a offert un mini-récital aux délégations présentes.

    Au programme : le Quatuor pour piano et cordes n° 1 de Johannes Brahms, des extraits des bandes-originales de La Liste de Schindler (John Williams) et de Mission (Ennio Morricone) et la chanson Hallelujah de Leonard Cohen. Une représentation qui a été donnée dans la salle de La Source Vive, un des espaces qui accueillera, du 24 juin au 5 juillet les Rencontres Musicales d’Évian dont Radio Classique est le partenaire.

    En revanche, le concert annoncé ce mercredi à la Chapelle Royale de Versailles à l’occasion du dîner célébrant le 250e anniversaire de l’amitié franco-américaine, en présence de Donald Trump, a été annulé en raison de problèmes d’agenda.

    Philippe Gault

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  • 60e anniversaire pour le Festival de La Chaise-Dieu
    60 ans d’excellence musicale

    Après le succès retentissant de la 59e édition — plus de 23 000 spectateurs accueillis, un taux de remplissage proche de 90 %, et des concerts restés dans toutes les mémoires — le Festival de La Chaise-Dieu se tourne avec confiance et enthousiasme vers cette nouvelle édition, convaincu que la musique continue de rassembler, que de jeunes artistes passionnants émergent partout et méritent d’être entendus, et que La Chaise-Dieu demeure un écrin incomparable pour s’abandonner à Monteverdi, Bach ou Mahler. Si un anniversaire invite naturellement au souvenir en revisitant ces soixante premières années — ce que nous ferons notamment à travers un cycle de concerts consacré à l’immense György Cziffra, fondateur du Festival — il doit aussi être l’occasion de regarder vers l’avenir. Pour célébrer cet anniversaire, nous vous proposons une véritable fête de la musique : 35 concerts et près de 30 événements en libre accès, réunissant de grands orchestres (Budapest Festival Orchestra, l’Orchestre de l’Opéra national de Paris, l’Orchestre symphonique national de Lettonie…), des chefs de premier plan (Iván Fischer, Daniele Rustioni, Leonardo García-Alarcón, Andris Poga…) ainsi que des ensembles et solistes d’exception (Cappella Mediterranea, Les Talens Lyriques, Renaud Capuçon, Bertrand Chamayou, Sergey Khachatryan ou encore Saehyun Kim).

    www.chaise-dieu.com

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  • Et si la langue française avait déjà colonisé l’anglais ? Ces mots surprenants qui appartiennent à la langue de Molière

    On entend souvent que l’anglais envahit le français. Mais attention aux apparences. Prenons une phrase célèbre que des générations de Français ont apprise dans leur manuel Assimil : My tailor is rich. Cette phrase est, en réalité, à moitié française.

     

     

    Bernard Cerquiglini explique dans son livre La langue anglaise n’existe pas que le mot tailor, c’est notre tailleur. L’adjectif rich, c’est bien sûr notre riche. Deux mots français camouflés — ou plutôt réfugiés — sous une orthographe anglaise.

    Et ils ne sont pas les seuls à avoir trouvé refuge dans la langue de Shakespeare. Bernard Cerquiglini recense plus de 80 000 termes anglais d’origine française, soit l’équivalent d’un petit Larousse entier. Journey (voyage) c’est notre journée. Flower, notre fleur. River, notre rivière. On croit lire de l’anglais, on lit du français avec un accent.

    Le français est la langue du pouvoir en Angleterre pendant 3 siècles

    Pourtant, l’anglais et le français sont aujourd’hui deux langues bien distinctes. Pour comprendre leur parenté, il faut remonter à 1066 et à la conquête normande de l’Angleterre. Pendant près de trois siècles, le français est la langue du pouvoir, de la cour, de la justice et de la culture en Angleterre. Les mots français s’installent, et quand l’anglais reprend ses droits, il les conserve, légèrement modifiés.

    Cela s’entend encore dans l’anglais d’aujourd’hui. Un membre de l’Oulipo, Daniel Levin Becker, a même collecté des phrases anglaises presque entièrement composées de mots d’origine française. En voici une : The judge in her robes regarded me with an air of reproach.

    On y reconnaît sans peine : juge, robe, regard, air et reproche. Georges Clemenceau l’avait résumé avec son humour habituel : « L’anglais, c’est du français mal prononcé. »

    La langue anglaise est composée à 29 % de mots d’origine française

    Les chiffres, donnés par Bernard Cerquiglini, sont éloquents. La langue anglaise est composée à 29 % de mots d’origine française et à 29 % de mots d’origine latine — soit 58 % de mots de souche latine ou romane —, tandis que les mots d’origine germanique ne représentent que 26 % du vocabulaire.

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    Et l’aventure continue jusque dans les expressions les plus inattendues. Le mot anglais coin — qui désigne une pièce de monnaie — vient du français. À l’origine, le coin désignait la pièce métallique servant à frapper les monnaies. Les Anglais l’ont adopté, et le mot est resté.

    Décidément, la langue française a colonisé l’anglais bien avant que l’anglais ne songe à envahir le français.

    Karine Dijoud

     

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  • La Française Fanny Robilliard nommée première violon solo de l’Orchestre Symphonique de la radio suédoise

    C’est une nouvelle étape dans sa carrière que franchit la violoniste française Fanny Robilliard nommée première violon solo de l’Orchestre symphonique de la radio suédoise. Une fonction qu’elle partagera avec la violoniste suédoise Malin Broman qui occupe le poste depuis 2008.

    Cela faisait une dizaine d’années que le Sveriges Radios Symfoniorkester, la plus grande formation suédoise, cherchait à pourvoir le poste de première violon solo adjointe pour soulager l’emploi du temps de la titulaire unique du poste Malin Broman. À l’issue d’une procédure de recrutement incluant des concours, auditions et essais, qui a duré près d’un an et demi, le poste a finalement été attribué à la violoniste française Fanny Robilliard.

    Un poste, selon le directeur de l’institution Josef Beltzkoff, « essentiel à la direction artistique et au leadership de l’orchestre, et le fait de le pourvoir maintenant, après plusieurs années de vacance, représente une avancée importante et très positive pour l’organisation ». Pour la chambriste passionnée, longtemps membre du Trio Karenine, « C’est un nouveau chapitre qui s’ouvre à un poste qui offre un très grand espace artistique et dont ils attendent beaucoup ».

    Fanny Robilliard cheffe d’orchestre ? « Pourquoi pas, mais ce n’est pas ma priorité »

    Formée initialement au conservatoire de Lyon, Fanny Robilliard, 39 ans, a poursuivi ses études musicales à l’Université de musique et de théâtre de Munich et à l’Université des arts de Berlin. 

    Elle a été membre de l’Orchestre symphonique de la radio bavaroise, de l’Académie Karajan de l’Orchestre philharmonique de Berlin avant de se produire notamment comme violon solo invitée avec l’Orchestre symphonique de la radio finlandaise, l’Orchestre de la Suisse romande, l’Orchestre de chambre de Paris et aussi avec le prestigieux Philharmonique de Berlin.

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    Les responsabilités inhérentes à ce nouveau poste à Stockholm, auquel Fanny Robilliard consacrera une centaine de jours par saison, lui permettront de s’investir dans la programmation musicale de l’orchestre auprès d’Andrés Orozco-Estrada, le chef d’orchestre colombien qui a succédé à Daniel Harding à la direction musicale, et de sa collègue Malin Broman.

    De quoi lui donner envie de se lancer un jour dans la direction d’orchestre ? « Pourquoi pas » répond-t-elle « mais ce n’est pas ma priorité ».

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    L’objectif prioritaire de Fanny Robilliard est surtout de réussir ses débuts de titulaire dans l’orchestre suédois pour l’ouverture de la saison 2026-2027, les 3 et 4 septembre, lors de concerts consacrés à des œuvres de Benjamin Britten, Edward Elgar, Serge Rachmaninov et Ethel Smyth sous la direction de Maxim Emelyanychev.

    Philippe Gault

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