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À 94 ans, John Williams a signé la musique du nouveau film de Steven Spielberg, Disclosure Day, en salle depuis ce mercredi. Une trentième collaboration entre le compositeur et le réalisateur depuis 1974.
Sur les 37 films réalisés par Steven Spieberg depuis 52 ans, John Williams en a composé trente bandes-originales. Le fruit de leur dernière collaboration est à découvrir depuis ce mercredi sur les grands écrans dans Disclosure Day.
Ce film marque le retour du grand réalisateur américain à la science-fiction plus de 40 ans après la sortie de Rencontres du troisième type et E.T., l’extra-terrestre, deux films dont John Williams avait déjà signé la musique.
Pour Disclosure Day, John Williams, 94 ans, a abandonné les thèmes grandioses qu’il a souvent composés pour les films qui lui ont notamment valu cinq Oscars. Le compositeur a cette fois-ci préféré composer une musique qui soutient plus subtilement le récit.
John Williams a confié qu’il avait souhaité écrire une musique qui s’accorde avec l’importance donnée par le film à la tension, à l’atmosphère et à la révélation progressive, plutôt qu’au spectacle. « Cette fois-ci, je vais composer une musique non pas pour guider le film, mais pour l’accompagner et lui donner un léger coup de pouce », a-t-il déclaré.
Ill est vrai que le film, qui met en vedette Emily Blunt, Josh O’Connor et Colin Firth, fait le lien entre l’émerveillement à grand spectacle, la marque de fabrique de Steven Spiellberg, et des thèmes humanistes et ancrés dans la réalité, notamment l’empathie.
D’où le recours à une bande-originale minimaliste et discrète. « La partition de Disclosure Day est probablement la plus sobre que John ait composée pour l’une de nos collaborations (…) C’est comme s’il accompagnait le film en retrait, le faisant progresser », a déclaré Steven Spielberg.
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Durant la campagne de promotion du film, Steven Spielberg a multiplié les hommages à John Williams, confiant que « Composer une musique est généralement la dernière étape de notre travail et je dis toujours que la récompense après avoir terminé un film c’est d’écouter une nouvelle partition de John Williams (…) C’est le maestro de la musique de film d’aujourd’hui mais il aurait pu rivaliser avec les grands compositeurs des années 30, 40, 50 et 60 », ajoutant : « Si je parviens à émouvoir le public, c’est la musique de John qui fait couler les larmes ».
La bande originale de Disclosure Day a fait l’objet d’un double coffret (Waxwork Records) comprenant les 16 morceaux utilisés dans le film.
Écoutez « Le choix cinéma » de Samuel Blumenfeld consacré au film de Steven Spielberg ce mercredi dans le Journal de 8H00 de Radio Classique
Philippe Gault
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Son livre est en tête des ventes. L’écrivain Boualem Sansal, qui publie La Légende aux éditions Grasset, était l’invité de la matinale de Radio Classique ce mercredi. Libéré des geôles algériennes en novembre dernier, il est revenu sur sa vie en détention, mais aussi sur l’atmosphère politique en France, dénonçant un risque de « fascisation » de la société.
Votre livre est en tête des ventes. Êtes-vous surpris par ce succès et par l’intérêt des lecteurs ?
BOUALEM SANSAL — Je vais de surprise en surprise depuis ma libération. Je ne m’attendais pas à un tel accueil de la part des Français — c’est formidable. Ils m’ont pris en sympathie dès mon arrivée, je le constate chaque jour.
Ils m’arrêtent dans la rue, ils m’embrassent, on fait des selfies, c’est formidable. Et ils semblent attendre quelque chose de moi. Je ne sais pas trop quoi. Peut-être ce que j’ai raconté dans mon livre, La Légende, ou peut-être autre chose. Cela dénote d’une immense inquiétude en France, d’un besoin de quelque chose, des actions immédiates ou des actions plus globales. Les deux, évidemment.
Vous évoquez l’affaire Lyhanna, qui place la justice française au cœur des critiques et de la colère. Quel jugement portez-vous sur ce pays qui remet en cause sa justice — vous qui décrivez, au début de votre livre, une justice expéditive, politique et kafkaïenne ?
B.S. — J’ai l’impression que la justice rame à contresens par rapport aux attentes de la société. La société française, depuis de nombreuses années, a besoin qu’on lui fournisse des grilles de lecture du monde, de la clarté dans l’action politique, de la continuité. Or, tout le système part dans tous les sens, c’est très désordonné, et cela inquiète énormément la population.
Un peuple inquiet peut aller dans des directions très surprenantes, et il faut faire très attention. Une fascisation de la société est toujours possible lorsque l’inquiétude touche aux fondamentaux. Et là, les fondamentaux sont touchés.
Cette fascisation vous inquiète ? D’autant que certains intellectuels, observateurs politiques ou commentateurs vous reprochent, disons les choses, d’être une icône d’une certaine droite, voire d’une droite extrême.
B.S. — Peu importe.
Cela vous choque, cela vous chagrine ?
B.S. — Non, cela ne me choque pas, je comprends très bien. Quand les gens sont dans le désarroi, ils ont besoin de définitions rapides. Et les premiers à avoir parlé, c’est peut-être cette gauche qui me talonne depuis ma libération et qui m’a immédiatement présenté comme représentant de l’extrême droite.
Non — moi, je suis moi. Quand on me pose la question « êtes-vous de droite ? », je réponds : je suis Boualem Sansal. Je peux être, sur tel sujet, plutôt favorable au Rassemblement national, et sur tel autre, presque proche de LFI — pourquoi pas ?
Tiens, vous parlez de LFI. Quand LFI évoque une « nouvelle France » ou le concept de créolisation, est-ce quelque chose qui vous parle — vous qui êtes si attaché à la France et à sa langue ?
B.S. — Oui, ça me parle, dans le sens où LFI s’exprime comme un nouveau prophète : « J’ai la vérité, c’est moi. » La société se pose des questions de fond, elle cherche, c’est normal, c’est l’histoire de l’humanité, on cherche du sens, et le sens varie d’un individu à l’autre, d’un jour à l’autre.
Mais que, dans ces situations, des gens se posent en prophètes, c’est un retour du religieux par l’idéologie. Et ce qu’on observe depuis une trentaine d’années, c’est que l’islam s’installe en France et commence à dicter le sens.
Ça vous inquiète ?
B.S. — Ça me terrifie. Parce que nous avons vécu ça en Algérie, on l’a vécu un peu partout, on le vit aujourd’hui en Iran : des enturbannés décident que voilà, il faut croire de cette manière, vivre de cette manière, et mourir de cette manière. Et la France est sur ce chemin depuis quelques années : de concession en concession, l’idéologie islamiste avance. Elle devient pourvoyeuse de sens, là où autrefois c’étaient les religions au sens large. Aujourd’hui, c’est l’islamisme qui remplit ce rôle.
Vous dites dans le livre que la littérature est une façon d’éviter les questions que soulève la religion, celles qui nous dépassent. Vous écrivez : « Je suis entré en littérature parce que la religion me dépasse. » Et vous citez d’ailleurs la Bible.
B.S. — Tout homme cherche à comprendre et utilise les instruments dont il dispose. Moi, au départ, je suis scientifique, j’ai utilisé les mathématiques. Est-ce que les mathématiques peuvent expliquer le monde ? Oui, dans beaucoup de domaines, absolument. C’est un sens prouvé, expérimenté, indiscutable.
Et puis on se dit : peut-être pas les sciences dures, mais l’économie ? Quand l’économie se dérègle, elle crée des divisions au sein de la société — chômeurs, travailleurs, capitalistes, pauvres — des acteurs en contradiction, en lutte : la lutte des classes. Oui, bon, ça explique beaucoup. Mais quand on avance davantage, l’économie n’explique pas la justice, ni les mathématiques. Alors il y a autre chose : l’idéologie. Et il n’y a rien de plus idéologique que la littérature.
Qu’est-ce que la littérature explique, alors ? Est-elle là pour expliquer ou pour dénoncer l’injustice ?
B.S. — Surtout pas expliquer — ce serait dénoncer ceux qui se prétendent pourvoyeurs de sens pour prendre leur place. Non, la littérature n’a pas à faire cela. Son rôle, c’est de mettre courageusement et clairement le débat sur la table.
La société ne peut fonctionner que sur des débats bien lissés, pour veiller à sa stabilité et à sa sécurité. Mais il faut aussi des francs-tireurs pour aller au-delà. Ce sont les philosophes, et ce sont aussi les écrivains. Moi, je mets les choses sur la table. Si j’ai tort, dites-le-moi. Si vous pensez autrement, discutons-en, c’est ce que je vous propose.
Vous écrivez : « Je me suis obligé à penser à la littérature. C’est mon bâton d’aveugle, quand ça grogne dans ma tête, mon talon d’Achille — on m’achèterait avec un bon livre. Je pensais à sa fragilité, à sa puissance, à son malentendu historique avec le pouvoir. La littérature me manquait, j’avais besoin d’elle pour comprendre et me comprendre, et comprendre les personnages du roman qui s’écrivait contre moi. »
Vous avez dit en sortant de prison que vous n’aviez pas écrit en prison — et en fait, vous avez composé avec d’autres prisonniers ?
B.S. — Pas écrire à proprement parler — composer des poèmes. On inventait des poèmes, on se mettait en cercle, comme dans les tribus autour du feu au bivouac. On discutait, on se racontait des histoires, on faisait beaucoup de politique, parce qu’on est des prisonniers et que notre première idée, c’est la liberté. On se posait des questions : le système va-t-il tomber ? On faisait des hypothèses sur la stabilité du régime. Et puis on composait des poèmes, on jouait — on rigolait aussi en prison.
Est-ce que vous avez parlé du président algérien Abdelmadjid Tebboune et des relations franco-algériennes avec vos codétenus ?
B.S. — Tous les jours. Entre nous, oui, mais en faisant attention, parce que parmi les prisonniers, il y a ce qu’on appelle des « moutons », des gens placés là pour écouter et rapporter à la direction.
Boualem Sansal, les relations franco-algériennes semblent se réchauffer. Faites-vous ce constat, ou pensez-vous que c’est un jeu de dupes ? La France doit-elle être ferme, intraitable, ou la méthode douce peut-elle fonctionner ?
B.S. — Un État est très fragile : il ne peut pas faire de concessions sur les fondamentaux. Sur les détails, oui, il n’y a pas de souci. Mais sur les fondamentaux, non.
Faut-il accueillir Tebboune à Paris ?
B.S. — Pour moi, non. Tebboune n’a aucune légitimité. Qu’il commence par se faire légitimer dans son propre pays avant de venir dans un pays démocratique. Qu’est-ce qu’il peut apporter à la France ? Rien. Cela fait deux ans qu’il lui fait la guerre, avec des insultes matin et soir. Est-ce crédible de le recevoir et de discuter avec lui après deux années d’insultes et de crachats ? Non. Si j’étais Macron, je le renverrais à ses problèmes internes, qu’il doit régler avant tout autre chose.
Boualem Sansal, certains disent que ce livre aurait dû être mieux relu, mieux édité — et on en revient au débat qui a conduit au départ d’Olivier Nora de chez Grasset et à toute cette polémique. Le livre correspond-il exactement à ce que vous vouliez, malgré une ou deux coquilles ou un anachronisme ?
B.S. — J’ai écrit cela en moins de quarante jours. Quand j’ai commencé à écrire, il y avait une certaine urgence. J’avais besoin de me raconter. J’en aurai peut-être encore besoin. Je ferai peut-être une suite, pourquoi pas. On ne guérit pas de ces choses-là simplement parce qu’on est sorti. Il faut se reconstituer, se reconstruire, digérer une année d’humiliation. La prison est très humiliante — le juge vous traite comme un chien, le gardien, l’administration. On a besoin de se reconstruire, on a besoin de parler.
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Vous écrivez que les régimes algérien et les dictatures en général se méfient des écrivains parce qu’on voit derrière eux des réseaux, des complots.
B.S. — Toute l’administration algérienne enquête encore sur moi en ce moment, ça continue.
Comment est-ce que vous le savez ?
B.S. — Je le lis sur les réseaux sociaux, et j’ai des amis là-bas qui me donnent la température. C’est comme ici en France — il y a des gens qui voient toute l’extrême droite derrière moi. On me sort Bolloré matin et soir. Mais qu’ils aillent le dire à Bolloré ! Je suis en relation avec une maison d’édition, je ne suis pas en lien avec ses actionnaires.
Avez-vous eu le sentiment d’être une prise de guerre, une fois rentré en France après avoir été otage du régime algérien ?
B.S. — C’est normal dans la politique : c’est l’art d’utiliser ce qu’on a sous la main. Il y a probablement des gens qui se sont dit que c’était intéressant de récupérer ce bonhomme. Mais c’est toujours à votre insu — la manipulation n’est pas évidente quand on a affaire à des manipulateurs intelligents.
Certains viennent avec leurs gros sabots, on voit bien la récupération. D’autres sont très habiles. Est-ce que je suis suffisamment vigilant ? Je ne sais pas, mais je fais attention. Mon franc-parler et mon caractère un peu emporté font que je me retrouve parfois dans des situations un peu gênées aux entournures. J’essaie de m’en dépatouiller comme je peux.
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Les 13, 14 et 15 juin 2026 se tiendra la première édition des Nuits Etoilées, le festival du Ritz Paris, dans le Grand Jardin de l’hôtel légendaire.
Imaginé par le directeur artistique Frédéric Fontan, ce festival inédit et ambitieux réunira opéra, danse et musique orchestrale dans une scénographie immersive en plein air. Dans le Grand Jardin, conçu comme un théâtre de bosquets en hommage à César Ritz et aux jardins de Versailles, les artistes évolueront au plus près du public. La marraine de cette première édition sera la danseuse Étoile de l’Opéra national de Paris, Roxane Stojanov.
Chaque soir, trois cents spectateurs privilégiés vivront une expérience Ritz Paris inédite, pensée comme une création à part entière, suspendue et hors du temps. Accueillis autour de petits fours accompagnés de champagne, mélomanes et balletomanes se laisseront transporter à travers trois univers, trois atmosphères, et surtout trois hommages vibrants à l’âme du Ritz Paris.
Roxane Stojanov, Axelle Saint-Cirel, Bruno de Sá, Tamara Bounazou, Maia Makhateli, Claire de Monteil, Quentin Desgeorges, Mathieu Ganio, Agnès Letestu, Loup Marcault-Derouard, Florent Melac, Alice Renavand et Andrea Sarri illumineront la capitale pour trois soirées uniques.
La direction musicale du quatuor et du piano qui accompagneront les artistes chorégraphiques et lyriques a été confiée à Aymeric Gracia, musicien reconnu se produisant régulièrement avec l’Opéra national de Paris et arrangeur pour le ballet.
À l’issue de cette parenthèse enchantée, chaque spectacteur repartira avec un cadeau, un souvenir spécialement imaginé par le Ritz Paris. Une délicate attention à l’image de l’hôtel mythique.
Pour en savoir plus : https://www.ritzparis.com/fr/univers-ritz/les-nuits-etoilees-le-festival-du-ritz-paris
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Les deux grandes institutions ont été conventionnées « Théâtre lyrique d’intérêt national » fin mai par le ministère de la Culture. Le réseau bénéficiant de ce label compte désormais six établissements considérés comme maisons d’opéra de référence et d’avenir.
Pour bénéficier de l’attribution par le ministère de la Culture du label de « Théâtre lyrique d’intérêt national » (TLIN), les institutions concernées doivent répondre à trois engagements fondamentaux :
Trois critères essentiels qui caractérisent l’action et les projets artistiques menés depuis des années par le Grand Théâtre de Tours et Angers-Nantes Opéra qui, grâce à ce conventionnement, ont rejoint fin mai les opéras de Dijon, Lille, Limoges et Rennes au sein du réseau des Théâtres lyriques d’intérêt national. Un regroupement qui, selon le ministère, « contribue, aux côtés des Opéras nationaux en région, pleinement à la diversité et à la vitalité du paysage lyrique français ».
Pour Angers-Nantes Opéra, cette reconnaissance « vient saluer un long travail de directions successives et des partenaires publics pour le rayonnement de cette maison d’opéra, de l’art lyrique et de la musique dans toute sa diversité de répertoire, qu’ils soient de patrimoine ou de création. Elle vient également encourager le travail engagé par la directrice générale et artistique, Alexandra Lacroix (entrée en fonction en janvier dernier, ndlr) et ses équipes, en faveur de la mise en œuvre d’un projet artistique et culturel innovant pour l’ouverture vers tous les publics ».
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Concernant le Grand Théâtre de Tours, dirigé depuis 2020 par Laurent Campellone, le ministère de la Culture a mis en avant «son engagement renforcé en faveur de l’accessibilité et de la proximité avec les publics, ainsi que pour son ancrage territorial et sa démarche écologique. Ces orientations font du Grand Théâtre de Tours un acteur clé de la vie culturelle de son territoire, tout en répondant aux attentes d’un secteur en constante évolution ».
Le statut TLIN formalise l’engagement de l’État sur une période de cinq ans renouvelable, offrant ainsi une meilleure visibilité budgétaire et un cadre de dialogue renforcé avec les pouvoirs publics. Autant de leviers qui facilitent les coopérations, les coproductions, la circulation des artistes et des spectacles et renforcent le rayonnement territorial et national.
Philippe Gault
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Quand musique et science s’unissent pour rendre l’émotion musicale accessible à tous, personnes sourdes et entendantes ! L’Institut reConnect, l’Institut Pasteur et l’Orchestre de chambre de Paris ont lancé « Ludwig’s Resonance », un projet inédit qui mêle création artistique, recherche scientifique et innovation sociale autour de l’accessibilité musicale.
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Ils sont 13 musiciens face à une vingtaine de personnes malentendantes équipées de prothèses auditives ou d’implants. Beethoven résonne dans la salle, puis chacun partage ses impressions. Pour Laurence, 77 ans, cet atelier est une redécouverte. Depuis des années, la musique était devenue difficile à écouter.
« C’est très pénible, parce que j’entends des sons très brouillés, c’est presque une musique de supermarché quoi, tout se mélange. Donc finalement, j’écoute plus de musique et je ne vais plus au concert. C’est une grosse frustration. »
À chaque essai, chercheurs et musiciens recueillent les réactions des participants avec comme objectif : créer une œuvre adaptée à leur handicap.
Paul Avan, directeur scientifique de l’Institut Reconnect explique que « Les cordes ont tendance à être assez agressives pour les appareils auditifs. C’est un travail de fourmi. Chaque extrait est différent : Beethoven, Mozart, Poulenc. On a le privilège d’avoir une compositrice pour nous. »
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Cette compositrice, Aline Gorisse, suit avec attention le travail en cours : « La première chose que j’aime demander, c’est s’il y a eu des gênes particulières. »
« Est-ce qu’ils ont bien pu entendre les jeux rythmiques ? Est-ce qu’ils ont pu entendre les changements d’accords ? En fonction de tous ces retours-là, moi ensuite, j’écris une pièce. Donc on peut jouer sur les modes de jeu, les timbres, sur les nuances et sur le placement. »
Une création sur-mesure qui sera présentée l’an prochain au Théâtre des Champs-Élysées.
Rémi Pfister
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A l’approche de la nouvelle édition du Verbier Festival, Hervé Boissière, co-directeur général de la manifestation sera, ce mardi 9 juin à 20h, l’invité du Journal du Classique.
C’est l’un des plus importants festivals de l’été où se pressent les grands musiciens de la planète et où se dévoilent de nouveaux talents. La 33ème édition du Verbier festival se tiendra du 16 juillet au 2 août. Nous en évoquerons les moments forts ce soir avec Hervé Boissière, qui en assure la direction générale aux côtés de son fondateur Martin Engstroem.
Il sera également question des perspectives de développement du festival qui se décline désormais également l’hiver en Chine et poursuit la publication de prestigieux enregistrements d’archives. Sans oublier la nouvelle salle, permanente, confiée à l’architecte japonais Kengo Kuma et qui devrait voir le jour en 2031.
Laure Mézan
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Pour la deuxième édition de son projet Cantare amantis est, organisée durant le festival de Ravenne, Riccardo Muti a réuni plus de 3500 choristes. Durant deux jours, le grand maestro italien a prodigué ses conseils et dirigé des chanteuses et chanteurs venus de toute l’Italie.
En 2025, pour la première édition de son programme Cantare amantis est (Chanter est le propre de celui qui aime), Riccardo Muti avait réuni 3 116 choristes au Palazzo Mauro De André de Ravenne. Cetta année, les 1er et 2 juin, ils étaient exactement 3 546 choristes venus de toute l’Italie, à nouveau mobilisés pour participer à la masterclasse animée par le chef d’orchestre italien dans le cadre de la 37e édition du festival de Ravenne qui se déroule jusqu’au 11 juillet.
Parmi ces chanteuses et chanteurs, 696 choristes individuels, 116 voix d’enfants et plus de 2700 issus de chorales professionnelles et amateurs venus de toute l’Italie pour les recommandations dispensées par Riccardo Muti, accompagné au piano par Davide Cavalli et par la soprano Maria Grazia Schiavo, sur la voix et l’interprétation.
À l’occasion de ces deux journées, cette chorale géante a eu l’honneur d’être dirigée par le maestro dans des œuvres de Giuseppe Verdi, Vincenzo Bellini, Arrigo Boito mais également WA Mozart dans l’Ave Verum Corpus dédié aux jeunes victimes de la tragédie de Crans Montana (L’incendie du bar Le Constellation qui a fait 41 morts en janvier 2026).
« C’est une musique inspirée par Dieu pour Mozart. Vous avez été brillants », a déclaré Riccardo Muti aux 3 546 choristes. « Nous l’enverrons au pape Léon XIV ».
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Créé en 2025 par Riccardo Muti, le programme Cantare amantis est offre une opportunité unique à des chœurs et chanteurs de toute l’Italie, de tous âges, niveaux et expérience, d’étudier, d’échanger et de chanter gratuitement, pendant deux jours à raison de cinq heures par jour, avec le maestro italien.
La thématique de l’édition 2026 se voulait « une prière commune, transcendant les croyances religieuses, laïques et les nationalités, pour adresser au monde un message de paix et d’opposition à toutes les guerres ».
Rassembler et sensibiliser autour de la musique sont désormais les missions auxquelles Riccardo Muti, 84 ans, a décidé de se consacrer. Ainsi cet été, pendant la tournée qu’effectuera l’Orchestre Giovanile Luigi Cherubini, le chef d’orchestre italien accueillera 500 étudiant(e)s de conservatoires âgé(e)s de 14 à 33 ans et originaires de Toscane, de Campanie et des Pouilles.
Les jeunes gens partageront le quotidien des musiciens de la formation fondée en 2004 par Riccardo Muti, et participeront aux trois concerts programmés à Pompéi, Lucques et Ostuni fin juillet.
Philippe Gault
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À seulement 65 ans, la pianiste roumaine Clara Haskil s’éteint dans des circonstances tragiques le 7 décembre 1960 à Bruxelles. Surnommée « Clarissima » par ses proches, cette virtuose du piano a connu une carrière hors du commun, marquée par des hauts et des bas, entre reconnaissance tardive et épreuves douloureuses.
Clara Haskil est née le 7 janvier 1895 à Bucarest dans une famille de commerçants passionnés de musique. Sa mère joue régulièrement sur le Bösendorfer du salon. Clara est la cadette de trois sœurs : Lili, l’aînée, sera professeur de piano ; Jeanne, la benjamine, sera l’un des premiers violons de l’Orchestre National de la Radio Française. Quant à la petite Clara, elle porte le prénom d’une tante pianiste confirmée, morte à seulement 20 ans.
Très vite, elle révèle ses dons pour la musique — autant pour le piano que pour le violon, instrument qu’elle devra abandonner à cause de sa scoliose. En avril 1902, un oncle maternel, fasciné par son talent, persuade sa sœur de lui confier l’enfant pour l’emmener à Vienne, afin qu’elle y suive une formation plus poussée. Clara quitte le foyer familial — elle n’a que 7 ans — et commence une vie itinérante sous la tutelle de cet oncle célibataire endurci et austère. Il lui donne certes une éducation remarquable et veille sur sa santé fragile, mais la rigueur qu’il fait régner va priver Clara d’enfance. On pourrait dire que cette jeune fille n’aura pas eu de jeunesse.
Clara Haskil est juive et roumaine. Dès janvier 1940, ses enregistrements sont interdits dans la France occupée. Elle parvient à passer en zone libre grâce à l’aide de la princesse de Polignac, dont on ne dira jamais assez le rôle joué auprès de tant de musiciens. Le chef Désiré-Émile Inghelbrecht la fait officiellement figurer parmi les membres de l’Orchestre National — un prétexte destiné à la protéger.
Assignée à résidence à Cannes, elle est recueillie en 1941 par la comtesse Pastré, dans sa propriété de Montredon, près de Marseille, où elle donne de petits concerts privés. Mais des maux de tête terribles signalent alors une tumeur affectant le nerf optique, qui nécessite une trépanation. L’opération a lieu avec succès le 29 mai 1942, sous anesthésie locale. Pendant l’intervention, on la voit pianotant sur la table d’opération.
Elle se remet si bien qu’elle donne un concert de résurrection dès le 25 août. Mais la guerre la rattrape : elle est bientôt prise dans une rafle, et ne doit sa libération qu’à une nouvelle intervention de Lili Pastré. Une chaîne d’amitiés lui permet alors de rejoindre la Suisse juste au moment de la fermeture des frontières. Elle ne rentrera à Paris qu’en octobre 1946.
La fragilité physique de Clara Haskil est un fil rouge douloureux qui traverse toute son existence. Enfant, une scoliose l’amène à abandonner le violon et la conduit à suivre un traitement à Berck-sur-Mer pendant les quatre terribles années de la Première Guerre mondiale — son corps comprimé dans un corset de plâtre, des souffrances terribles à endurer. C’est grâce à la bienveillance du docteur Calvé qu’elle peut continuer à jouer un peu de piano à partir de 1917, avec un corset allégé en celluloïd.
Ce corps voûté par la scoliose contraste de façon saisissante avec la grandeur de ses mains — d’une envergure inhabituelle pour une pianiste —, qui lui permettent de maîtriser des œuvres aussi exigeantes que le 2e Concerto pour piano de Rachmaninov, son premier grand cheval de bataille.
En 1957, alors qu’elle est au faîte de sa reconnaissance, une congestion pulmonaire la terrasse à l’hôtel Cayré, boulevard Raspail à Paris, où sa chambre est reconvertie en chambre d’hôpital. Elle tient malgré tout à honorer un concert prévu au Théâtre des Champs-Élysées, au profit de l’œuvre de son ami le professeur Hamburger. Elle y frôle l’infarctus : « J’ai cru mourir en scène. Si ça n’avait pas été au profit d’une œuvre médicale, j’aurais vraiment abandonné à l’entracte. »
Le paradoxe de Clara Haskil est là, entier : elle n’est véritablement reconnue que dans les quinze dernières années de sa vie. Pourtant, dès 1923, le critique lausannois Charles Koëlla écrit : « Elle réunit toutes les qualités qui font le grand musicien, plus une qui est unique et aussi mystérieuse que rare : le génie. » Mais ce génie met du temps à s’imposer, en partie parce que Clara refuse de céder aux effets de mode qui vont à l’encontre de son approche naturelle et fluide, de son respect absolu de la partition. « Je joue ce qui est écrit, et c’est tout », dit-elle.
Sa discographie peut donner l’impression qu’elle est une spécialiste quasi exclusive de Mozart, Beethoven, Schubert et Schumann. Son répertoire est en réalité bien plus large, comme en témoigne cette anecdote : en 1937, à Paris, elle ne dispose que de huit jours pour préparer le 2e Concerto pour piano de Brahms — une œuvre qu’elle n’a jamais abordée. Elle l’assimile en deux jours, le joue par cœur de façon éblouissante, et s’attire dans la foulée une bonne vingtaine d’engagements.
Sa véritable renaissance arrive après-guerre grâce aux succès de concerts aux Pays-Bas, puis avec le Festival de Prades en 1950, où Pablo Casals l’invite à célébrer le tricentenaire de Bach. Elle écrit le 28 juin : « Les semaines à Prades m’ont presque rendue malade à force d’être émouvantes. Ce fut d’une beauté inimaginable. Il faut les avoir vécues pour savoir à quel point l’atmosphère de tout ce festival a été une chose unique. » C’est là qu’elle rencontre le violoniste belge Arthur Grumiaux : coup de foudre musical. Leur duo devient rapidement la référence pour les sonates pour violon et piano de Mozart et de Beethoven. En 1957, elle est nommée chevalier de la Légion d’honneur. Son voisin de Vevey, Charlie Chaplin, résume à sa façon : « J’ai rencontré trois génies dans ma vie : le professeur Einstein, sir Winston Churchill et Clara Haskil. »
Le 1er décembre 1960, Clara Haskil retrouve Arthur Grumiaux pour un récital aux Champs-Élysées. Le silence et le recueillement dans la salle relèvent de l’extase, malgré une salle archicomble — avant que n’éclate l’orage d’une ovation frénétique.
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Le 6, elle prend le train pour Bruxelles, où Grumiaux l’attend pour un nouveau récital prévu le lendemain. Ce récital n’aura pas lieu. À sa descente du train, à la gare du Midi, Clara Haskil chute dans les grands escaliers. Sa tête heurte une marche de béton ; elle perd connaissance. Une opération de la dernière chance est tentée, en vain. Clara Haskil s’éteint aux premières heures du 7 décembre 1960. Elle avait 65 ans.
Le chef Ferenc Fricsay, l’un de ses partenaires privilégiés, lui rend cet hommage : « Avec la mort de Clara Haskil, nous sommes devenus plus pauvres — mais notre existence a été enrichie par sa vie. »
Franck Ferrand
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Dans son livre Les maîtres chanteurs du IIIe Reich, paru aux éditions Perrin en avril, l’enseignante et historienne Isabelle Mity propose un éclairage inédit sur la bande-son du national-socialisme, un régime qui instrumentalisa la musique pour en faire un outil d’éducation, de conquête, de contrôle, de séduction, mais aussi de déshumanisation.
Sous-titré « Musiques et musiciens sous le nazisme », le passionnant ouvrage écrit par Isabelle Mity, enseignante, historienne et collaboratrice du magazine Historia, autrice en 2022 du livre Les actrices du IIIe Reich. Splendeurs et misères des icônes du Hollywood nazi, explore une funeste période au cours de laquelle le régime totalitaire allemand fit de la musique une arme de distraction massive mais également un outil de propagande à travers son instrumentalisation idéologique.
À travers 336 pages, le livre propose à la fois le panorama des compositeurs et des répertoires prisés par un régime qui, parallèlement, fustige et met à l’index la Entartete Muzik (musique dégénérée), notamment celle des artistes juifs. Une véritable stratégie politique orchestrée par Joseph Goebbels, le ministre de l’Éducation du peuple et de la Propagande du IIIe Reich nommé par Adolf Hitler.
Le livre d’Isabelle Mity est divisé en trois grandes parties. La première, intitulée « Au tempo des nazis », revient notamment sur le lien étroit qu’entretenait Hitler avec la musique et principalement sa passion, dès son plus jeune âge, avec l’œuvre de Richard Wagner mais aussi son rejet pour les musiciens d’origine juive ou ceux, comme Johannes Brahms, qu’il qualifia de « phénomène de salon porté aux nues par la Juiverie ».
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Dans cette première partie, sont également décrites la manière dont la propagande nazie a fait passer la musique d’un outil de séduction à une arme de conquête et les liaisons équivoques entretenues par le régime nazi avec de grands noms de la musique allemande comme le compositeur Richard Strauss et le chef d’orchestre Wilhelm Furtwängler, considérés par certains comme des « laquais du Reich ».
Dans la deuxième partie du livre, « La guerre en musique », Isabelle Mity explique comment la musique imposée (ou supportée) par le régime nazi pendant la seconde guerre mondiale a envahi le monde entier notamment grâce à sa diffusion à la radio.
Des marches militaires aux musiques de films de propagande en passant par de grands « tubes » comme Lili Marleen et La Paloma mais aussi, paradoxalement, le jazz et le swing dont Goebbels se servit pour tenter de prendre les alliés à leur propre jeu en en diffusant « avec des paroles en anglais mais avec des paroles susceptibles de troubler l’ennemi ».
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Le dernier chapitre, intitulé « À la mort, à la vie », touche le lecteur au plus profond de son cœur et de son âme car il s’attache à montrer combien ma musique était présente dans les camps de concentration et d’extermination.
D’abord des hymnes nazis diffusés par des haut-parleurs pour déshumaniser et humilier les prisonniers puis de la musique jouée par des orchestres composés de détenu(e)s afin de distraire et « maintenir le moral » des soldats allemands, sachant, comme l’explique Isabelle Mity, que « savoir jouer d’un instrument ou être un musicien professionnel a considérablement augmenté les chances de survie d’un certain nombre de déportés ».
En conclusion de son livre, Isabelle Mity évoque les traces indélébiles que cette période a laissée dans la vie musicale de l’après-guerre tant en Europe qu’Outre-Atlantique où ont émigré un grand nombre de musiciens souvent d’origine juive comme le compositeur autrichien Erich Wolfgang Korngold qui déclara à son arrivée à Hollywood en 1934 « Je crois que Mendelssohn survivra à Hitler ».
Un exemplaire des Maîtres chanteurs du IIIe Reich sera mis en jeu la semaine prochaine dans le jeu du Compositeur mystère que propose Pauline Lambert dans son émission « Changez d’air » sur Radio Classique du lundi au vendredi de 9H30 à 12H00.
Philippe Gault
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KPMG vous invite à écouter l’interview de Frédéric Coirier, PDG de Poujoulat, belle ETI basée à Saint-Symphorien (Deux-Sèvres) et par ailleurs co-président du METI.
Résultat pour les industriels et les collectivités : des solutions de chauffage et de ventilation alternatives aux énergies fossiles (gaz et fioul notamment), qui permettent d’optimiser l’efficacité énergétique des bâtiments, à des coûts qui restent relativement stables.
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