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French Touch, tel était le titre de ce concert donné le 21 juin dernier à la Cathédrale Saint-Louis des Invalides, dans le cadre des concerts de la Saison Musicale des Invalides soutenus par le CIC.
L’accordéoniste Félicien Brut, le contrebassiste Jean-Baptiste Carlier et le Quatuor Arod en étaient les invités, pour un programme mêlant musique classique et musique populaire.
C’est ainsi qu’ils ont interprété la chanson Vesoul de Jacques Brel, La Petite Suite française de Richard Galliano, Un Américain à Paris de Georges Gershwin, la Rhapsodie hongroise n°2 de Franz Liszt, D’un Matin de Printemps de Lili Boulanger, La Valse des Lilas de Michel Legrand et la Suite Musette de Thibault Perrine.
Ce concert sera présenté par Jean-Michel Dhuez. Vous pourrez l’écouter en qualité numérique à Paris et dans de nombreuses villes de France grâce au DAB+.
Avec le musée de l’Armée aux Invalides : musee-armee.fr et son grand partenaire le CIC : cic.fr
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A la faveur de l’annexion sauvage par le IIIe Reich des trois départements d’Alsace et de Moselle, 130 000 jeunes gens se sont retrouvés incorporés de force et condamnés à se battre sous les couleurs nazies.
Le 11 novembre 1953, un tribunal militaire de Bordeaux condamnait à mort un Alsacien volontaire et infligeait des peines de prison et de travaux forcés à 13 de ses camarades incorporés de force, tous jugés pour leur participation au massacre d’Oradour-sur-Glane. L’indignation fut immense dans les trois départements d’Alsace et de Moselle : ces hommes, que l’on désignait comme coupables, auraient dû être reconnus comme victimes d’un crime de guerre — l’incorporation de force étant explicitement condamnée par les conventions internationales.
Dix jours après le verdict, les condamnés furent amnistiés. Mais cette décision, aussi maladroite que tardive, a durablement instillé dans de nombreuses familles alsaciennes ce que les historiens appellent une rupture mémorielle, bien au-delà des seules personnes jugées.
En France, ce sont environ 100 000 Alsaciens et 30 000 Lorrains qui furent enrôlés de force dans les unités de la Wehrmacht, puis, vers la fin de la guerre, dans celles de la Waffen-SS. Ils furent envoyés sur tous les fronts : à l’Est, en Russie et en Pologne, mais aussi en Yougoslavie, en Scandinavie, en Italie, et même en France.
Ce phénomène dépasse largement les seules frontières françaises : à l’échelle du continent européen, ce sont près de 600 000 personnes qui furent incorporées de force dans les armées du Reich. Parmi elles, plusieurs centaines de milliers venaient de Pologne — les contingents les plus importants —, suivis de 90 000 Slovènes, 10 200 Luxembourgeois et 8 500 Belges.
Face à l’incorporation forcée, trois issues s’offraient à ceux qui refusaient de se soumettre. Comme le résume l’historien Jean-Laurent Vonau : « Soit quitter l’Alsace et la Moselle au plus vite, soit être déclaré inapte au service armé, ou bien gagner du temps en espérant une capitulation rapide de l’Allemagne. »
Fuir les territoires annexés était illégal et périlleux : il fallait connaître une filière de passeurs et ne pas avoir de famille, car les nazis tenaient les proches pour responsables des agissements des recrues. Se faire déclarer inapte fut une voie empruntée par beaucoup, grâce à la complicité de médecins bienveillants diagnostiquant des pathologies difficiles à contester. Certains allèrent jusqu’à s’automutiler — au risque d’être jugés et condamnés à mort en conseil de guerre.
Quant aux réfractaires purs, ils étaient accueillis au camp de redressement de Schirmeck par cinquante coups de schlague avant d’être versés dans des régiments disciplinaires, dont beaucoup ne revinrent jamais. Malgré tout, entre 30 000 et 40 000 incorporés de force parvinrent à déserter, privant ainsi Hitler et ses généraux de l’équivalent de près de quatre divisions.
Envoyés sur tous les théâtres d’opérations, les incorporés de force connurent des destins tragiques. Sur le front de l’Est notamment, l’Armée rouge diffusa des tracts en direction des soldats alsaciens et mosellans pour les inciter à déserter — ce qui n’empêcha pas les Soviétiques de les interner comme les autres lors de la capture de régiments allemands entiers. Plus de 1 500 d’entre eux se retrouvèrent ainsi dans l’enfer blanc du camp de Tambov.
Après la guerre, une immense majorité des survivants choisit le silence. Comme l’écrit Daniel Fischer dans Historia : « Les blessures physiques et psychologiques laissées par la guerre furent souvent pansées dans le silence, nourrissant chez beaucoup d’Alsaciens et de Mosellans le sentiment d’être durablement incompris, voire soupçonnés d’indignité nationale. Ce regard extérieur semblait parfois rejouer à leurs yeux l’abandon par la France des départements annexés en 1940, sentiment que des indemnisations tardives ne corrigèrent qu’imparfaitement. » Il faudra attendre 1981 pour qu’une première indemnisation soit versée par la République fédérale d’Allemagne.
Moins connue encore, la situation des 15 000 jeunes femmes incorporées de force, révélée tardivement en 2001 par l’ouvrage de Nina Barbier, Malgré elles. Dès mai 1941, les Alsaciennes et Mosellanes âgées de 17 à 25 ans furent assujetties au service du travail obligatoire du Reich, le RAD (Reichsarbeitsdienst), sous une direction nazie stricte.
Comme le décrit Marie-Jeanne Caminade dans Historia : « Après le RAD, elles passent devant le conseil de révision — une épreuve souvent vécue comme humiliante, car elles défilent en sous-vêtements devant des officiers de l’armée allemande. Puis elles sont affectées au service auxiliaire de guerre pour une durée de six mois à un an. Certaines travaillent à l’arrière, dans des usines de munitions, comme poinçonneuses dans les transports en commun des grandes villes allemandes, ou comme secrétaires d’état-major, traductrices, cantinières. Environ 5 000 autres intègrent les unités paramilitaires de la Luftwaffe. »
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Leur mission — protéger le territoire du Reich au péril de leur vie — était aussi paradoxale qu’intenable. Après la guerre, elles subirent une occultation encore plus profonde que leurs homologues masculins, et leurs ayants droit durent attendre 2008 pour obtenir réparation de l’Allemagne.
Franck Ferrand
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Cette année, le Grand Prix suisse de la musique a été décerné à Nadja Räss une des plus grandes chanteuses de yodel, une technique de chant folklorique associée aux régions alpines de la Suisse, de l’Autriche et du sud de l’Allemagne.
Après la violoncelliste argentine Sol Gabetta distinguée en 2024 et la pianiste-compositrice vaudoise Sylvie Courvoisier l’an dernier, l’Office fédéral de la Culture a décerné le Grand Prix suisse de la musique 2026 (doté de 100.000 franc suisses) à Nadja Räss. Cette chanteuse est aussi coach vocale spécialisée dans le yodel, chant typique des régions alpines, à l’origine utilisé par les bergers et bergères pour appeler leurs troupeaux et communiquer d’une vallée à l’autre.
Le yodel, inscrit en 2025 par l’UNESCO sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, est une technique vocale qui consiste à utiliser différents registres vocaux, tels que la voix de poitrine et la voix de tête, pour créer des mélodies avec des syllabes dépourvues de sens au lieu de mots.
Les syllabes choisies sont souvent déterminées par les dialectes locaux. En l’occurrence principalement ceux des régions alpines de la Suisse, de l’Autriche et du sud de l’Allemagne (Bavière).
Née en 1979 à Schwitz, près de Lucerne, Nadja Räss est l’une des voix les plus influentes du yodel suisse. Issue d’une famille profondément ancrée dans la musique folklorique, elle a su, dès son plus jeune âge, qu’elle voulait devenir yodleuse.
Une passion et un talent qui l’ont amenée à se produire notamment avec l’Orchestre symphonique de Saint-Gall et l’Orchestre suisse, et à intégrer en 2018 la Haute École spécialisée de Lucerne dont elle dirige le département de musique folklorique.
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Distinguée en 2025 de la Clé de violon d’or, la plus haute distinction de la musique folklorique suisse, Nadja Räss chantera une adaptation des Quatre Saisons d’Antonio Vivaldi avec l’Orchestre suisse le dimanche 14 juin à l’occasion de la fête de la musique d’Andermatt (canton d’Uri).
Die grossartige Jodlerin Nadja Räss erhält den Grand Prix Musik – eine Ehrung und ein Ansporn, noch tiefer in die eigene Stimme einzutauchen. Mit 47 Jahren gewinnt sie den Preis für ihr Lebenswerk. Bravo Nadja!
Gemeinsam jodeln, hier Bahnhofhalle Zürich pic.twitter.com/f98elDo3Kl
— D a r a Pelz I (@DaraPelz) June 4, 2026
Parmi les autres primés par le Grand Prix suisse de la musique 2026, la violoniste Esther Hoppe, lauréate en 2022 du Concours International Mozart de Salzbourg, la ville autrichienne où elle enseigne le violon à l’Université Mozarteum. Son enregistrement intégral des œuvres pour violon seul de J.S. Bach en 2022 (label Claves) a été salué par la critique internationale.
Philippe Gault
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La grâce présidentielle pour Christophe Gleizes, c’est la seule issue qu’espèrent les proches du journaliste sportif, condamné en Algérie à 7 ans de prison pour « apologie du terrorisme » et incarcéré depuis près d’un an. Maxime Gleizes, le frère de Christophe Gleizes s’est confié à Radio Classique.
Les avocats de Christophe Gleizes ont appris ce mercredi que les voies de recours judiciaires étaient officiellement closes. Le journaliste a renoncé à se pourvoir en cassation en n’espérant qu’une chose : qu’Abdelmadjid Tebboune lui accorde la grâce.
Et pour pousser le président algérien à ce geste, les soutiens de Christophe Gleizes ont une tribune de choix : la coupe du monde de football qui démarre le 11 juin aux Etats-Unis.
Maxime Gleizes, son frère, confie qu’« Il y a des bruits de couloir importants qui nous disent que il y a des bonnes chances qu’il soit gracié avant la Coupe du monde, ou au moins cette année. C’est la première fois où en fait toutes les planètes sont alignées. Il y a un vrai réchauffement quand même entre la France et l’Algérie.
On espère que cette Coupe du monde, que le foot, encore une fois, pourra sauver mon frère. Et s’il ne sort pas avant la Coupe du monde, on devra rentrer dans un autre chapitre, une mobilisation internationale, parce que là justement, là, on était en conférence avec l’ensemble des journalistes aux États-Unis.
La Coupe du monde est l’un des événements les plus regardés au monde. S’il n’est pas libéré avant le 11 juin, avant chaque match de l’Algérie, avant chaque match de la France, la question de mon frère sera quand même posée sur la table. La FIFA installera des écharpes, sa photo, un siège vide, ce sont des symboles assez puissants. On espère qu’on n’en arrivera pas là. On croise les doigts. »
Propos recueillis par Laurie-Anne Toulemont
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A l’occasion notre journée spéciale consacrée à l’Orchestre National de Lyon, Nikolaj Szeps-Znaider sera, ce jeudi 4 juin à 20h, l’invité du Journal du Classique.
Coup de projecteur ce soir sur la prochaine saison de l’Orchestre National de Lyon, la septième de son directeur musical Nikolaj Szeps-Znaider. Une saison qu’il a choisi d’ouvrir avec une œuvre puissante et monumentale, La Turangalîla-Symphonie d’Olivier Messiaen, véritable « chant d’amour » mais aussi « Hymne à la noie, surhumaine, débordante, aveuglante et démesurée » pour reprendre les propos du compositeur.
Nikolaj Szeps-Znaider nous éclairera ce soir sur les temps forts de cette saison qui sera également placée sous le signe de Mahler, son compositeur fétiche, mais aussi Strauss, dont il dirigera l’opéra Elektra en version de concert, Rachmaninov, Sibelius et le répertoire tchèque qu’il a choisi de mettre à l’honneur.
Laure Mézan
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Le conseil d’administration de New World Symphony (NWS) a annoncé la prolongation du contrat du directeur artistique Stéphane Denève jusqu’à la saison 2031-32. Le chef d’orchestre français dirige depuis 2022 cette institution américaine qui accueille et forme de jeunes musiciens boursiers à Miami.
« Diriger artistiquement le New World Symphony est une source inépuisable de joie, d’inspiration et d’espoir. Cette institution extraordinaire ne se contente pas de former la prochaine génération de musiciens, elle redéfinit aussi ce qu’un orchestre peut être et représenter à notre époque », a déclaré Stéphane Denève en réaction à l’annonce de la prolongation de son contrat de directeur artistique pour un mandat de cinq ans.
Le chef d’orchestre français de 54 ans, avait succédé à ce poste à Michael Tilson Thomas, co-fondateur de la NWS Academy en 1987. Le maestro américain récemment disparu à qui Stéphane Denève a tenu à rendre hommage. « Ensemble, nous continuerons à faire vivre l’héritage remarquable de Michael Tilson Thomas, à promouvoir l’excellence, la curiosité et la joie de vivre qu’il y a insufflé, et à explorer de nouvelles façons de connecter, de créer et de partager la musique avec le monde », a-t-il confié.
Depuis 39 ans, la New World Symphony America’s Orchestral Academy a formé et accompagné plus de 1300 jeunes musiciens boursiers originaire du monde entier. Chaque année, l’académie accueille sur le superbe site du New World Center, conçu par l’architecte Frank Gehry à Miami Beach (Floride), une trentaine de jeunes musiciens pour un cycle de formation de trois ans.
Ils y sont plongés dans un l’univers professionnel de la musique orchestrale à travers un large éventail de répertoires, et bénéficient d’un mentorat personnalisé de chefs d’orchestre de premier plan, de solistes et de professeurs invités.
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Des musiciens à Miami
Né à Tourcoing (Nord) en novembre 1971, Stéphane Denève, diplômé du Conservatoire de Paris (CNSMD) en direction d’orchestre, débuta en tant qu’assistant de Sir Georg Solti avec l’Orchestre de Paris dans les années 90. Il a été par la suite chef invité principal de l’Orchestre de Philadelphie, directeur musical de l’Orchestre philharmonique de Bruxelles, chef d’orchestre de l’Orchestre symphonique de la radio de Stuttgart (SWR) et directeur musical de l’Orchestre national royal d’Écosse.
Outre son poste à Miami, Stéphane Denève est actuellement directeur musical de l’Orchestre symphonique de Saint-Louis et chef invité principal de l’Orchestre philharmonique de la radio néerlandaise.
Parmi les temps forts de la saison 2026-2027 au NWS, Stéphane Denève dirigera ses jeunes élèves dans la 9e Symphonie de Ludwig van Beethoven donnée pour la première fois en octobre au New World Center. Première également en février 2027 pour la Symphonie n°1 « Titan » de Gustav Mahler.
Philippe Gault
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Benjamin Millepied investit les Folies Bergère à Paris pour trois spectacles qui mêlent danse classique, danse contemporaine et chanson française. Ce paysage musical, qui va des années 50 à nos jours, célèbre notamment Barbara, une artiste que le danseur et chorégraphe admire depuis toujours. Invité de Radio Classique ce jeudi, il a présenté ces projets chers à son cœur, et s’est livré sur son rapport à la danse, qui, par son universalité, n’a pas besoin d’être « dépoussiérée ».
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Retrouvez à l’antenne Nikolaj Szeps-Znaider, directeur musical de l’Orchestre national de Lyon, Pierre Thibout, pianiste solo de l’Orchestre national de Lyon, Nicolas Droin, directeur général et Laurent Joyeux, délégué artistique.
Découvrez toute la programmation 2026-2027 de l’Auditorium-Orchestre national de Lyon et réservez vos concerts sur auditorium-lyon.com
L’Auditorium-Orchestre national de Lyon offre une programmation musicale variée permettant à chacun de trouver son chemin vers l’émotion et la découverte : concerts symphoniques, récitals, musique baroque, ciné-concerts, jeune public, jazz, chanson, rap et musiques du monde, etc.
Nikolaj Szeps-Znaider entame sa septième saison en tant que directeur musical de l’Orchestre national de Lyon. La saison 2026-2027 est celle des œuvres colossales pour le chef danois avec entre autres la Turangalila-Symphonie de Messiaen, les grandes symphonies de Brahms, de Chostakovitch, Sibelius ou Mahler. Continuant l’exploration des opéras en version de concert, il livrera sa version d’Elektra de Richard Strauss. Enfin, il posera sa baguette à plusieurs occasions pour prendre son violon et jouer aux côtés des musiciens de l’ONL ou de solistes invités
La saison 2026-2027 sera tchèque avec une invitation au fil des mois à explorer la richesse foisonnante de ce répertoire. Du baroque à nos jours, du symphonique avec l’Orchestre national de Lyon (Janáček, Martinů, Mahler, etc.) au merveilleux dessin animé tchèque pour les petits, La Petite Taupe, osez la découverte de nouveaux territoires.
Parallèlement, Beethoven sera célébré pour le 200e anniversaire de sa mort. Au programme : des œuvres symphoniques (symphonie Pastorale, concerto pour violon, etc.) de la musique de chambre avec des pépites telles que le quatuor l’Archiduc, la sonate pour violon et piano n°4, etc. Et en juin 2027, l’intégrale de ses quatuors à cordes interprétée par le Quatuor Belcea.
L’orgue monumental Cavaillé-Coll de la grande salle de l’Auditorium de Lyon tient une place majeure dans la saison à venir avec trente-huit concerts et quatorze organistes invités : ciné-concerts avec improvisation à l’orgue (Le Mécano de la « General » de et avec Buster Keaton, Salomé de Charles Bryant, etc.), ciné-concerts pour le jeune public (La Petite Taupe, Les Trois Brigands et autres contes, etc.), récitals, concerts avec les musiciens de l’ONL en grande ou petite formation, etc.
Le jazz, les musiques actuelles ou du monde ont toujours une place de choix dans la programmation de l’Auditorium-Orchestre national de Lyon. La diversité des artistes accueillis la saison prochaine en témoigne encore une fois : deux artistes viennent chanter avec l’Orchestre national de Lyon, Philippe Katerine puis, un peu plus tard dans la saison, Melody Gardot. Et plusieurs artistes et ensembles invités viennent prendre possession de la scène de l’Auditorium : l’Orchestre arabo-andalou du Maroc, Tigran Hamasyan, Chilly Gonzales et La Rumeur, l’Orchestre national de jazz, Rosemary Standley et Dom La Nena avec Birds on a Wire, etc.
Pour la seconde saison, Le Concert d’Astrée et sa cheffe Emmanuelle Haïm, artistes associés, seront à retrouver dans deux programmes bien différents à l’Auditorium de Lyon : Le Messie de Händel et Amazones avec Véronique Gens. L’ensemble français Pygmalion et l’ensemble tchèque Collegium 1704 avec Collegium Vocale 1704 complèteront cette petite saison vocale.
À découvrir également les récitals, les ciné-concerts (Vertigo de Hitchcock, Azur et Asmar de Michel Ocelot, Interstellar de Christophe Nolan, Là-Haut, etc.), les productions spécialement conçues et dédiées au jeune public ainsi qu’une riche saison de musique de chambre jouée par les musiciennes et musiciens de l’Orchestre national de Lyon.
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A l’occasion de la publication de leur album dédié à Pomponio Nenna, Aude-Marie Piloz et Francisco Manalich, membres de l’ensemble Comet Musicke seront, ce mercredi 3 juin à 20h, les invités du Journal du Classique.
Pomponio Nenna fait partie de ces compositeurs oubliés dont on redécouvre la musique avec délice. Il fit carrière à Naples et fut, au XVIème siècle, l’un des grands représentants du madrigal italien aux côtés de Carlo Gesualdo. Son œuvre est d’une beauté, d’une volupté er d’une force émotionnelle saisissantes comme on peut le constater à l’écouter de ce nouvel album de l’ensemble Comet Musicke sorti sous le label Ricercar.
Francisco Manalich, le directeur artistique de l’ensemble et la gambiste Aude-Marie Piloz nous éclaireront ce soir sur l’art de Pomponio Nenna dont ils ont enregistré le premier livre de madrigaux. Un recueil composé en 1582 pour le fils de son protecteur Fabrizio Carafa… qui mourra peu de temps après assassiné par Gesualdo.
Laure Mézan
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Un quatrième round de négociations s’est ouvert à Washington pour un cessez-le-feu entre Israël et le Liban, dans un contexte de reprise de l’escalade militaire entre les Etats-Unis et l’Iran, et alors qu’Israël poursuit ses frappes sur le Hezbollah au sud du Liban. Donald Trump est pour l’instant parvenu à convaincre Benjamin Netanyahu de ne pas bombarder Beyrouth — un message apparemment reçu, même si, au Liban, la méfiance reste de mise. Figure de la vie politique libanaise depuis cinquante ans, Walid Joumblatt s’est confié à Radio Classique.
Walid Joumblatt vient de publier ses mémoires : Un destin au Levant aux éditions Stock.
Les États-Unis semblent reprendre la main sur les négociations de cessez-le-feu au Liban. Est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle pour le Liban ?
WALID JOUMBLATT : Je ne vois pas vraiment comment ils « reprennent la main ». Ils interviennent simplement pour calmer le jeu effroyable d’Israël, qui a détruit une grande partie du Sud et menaçait de nouveau de bombarder Beyrouth. Ils ont temporisé, mais on ne sait ni pour quand ni quelle est leur véritable politique.
Donald Trump aurait déclaré à Benyamin Netanyahou : « Tu es fou, tout le monde te hait maintenant. » Est-il possible que le président américain lâche son allié israélien, ou du moins lui force la main pour arrêter la guerre ?
WJ : Je ne peux pas le confirmer. Ce que je sais, c’est que Donald Trump émet vingt-cinq à cinquante déclarations par jour, parfois contradictoires. Mais sa ligne directrice reste invariable : le soutien à Netanyahou, qui mène au Sud-Liban une politique qui rappelle celle de Gaza. Pas davantage.
Y a-t-il un risque que le Sud-Liban devienne comme Gaza ?
WJ : Il y a déjà cinquante villages totalement rasés — plus une seule habitation n’y existe. Une ligne de destruction s’étend du Sud-Liban jusqu’au Golan. Le parallèle avec Gaza est troublant, mais il est réel.
Vous écrivez dans votre livre qu’ « il n’y aura pas de paix israélienne, car la stabilité n’est pas l’objectif d’Israël. L’État hébreu ne pourrait survivre qu’avec des voisins faibles et divisés ». Quel est selon vous le but d’Israël au Liban ?
WJ : Sous prétexte d’attaquer le Hezbollah et de contrer l’Iran — car derrière le Hezbollah, il y a l’Iran —, on assiste à une destruction systématique du Sud-Liban, d’une partie de la banlieue sud de Beyrouth et de villages dans la Bekaa. Où s’arrêtera cette aventure meurtrière ? Je l’ignore. Quant à la Palestine, l’espoir d’un État palestinien sur une partie de la Cisjordanie disparaît lentement. Les colonies avancent partout. Il reste peut-être encore une zone autour de Ramallah, mais je ne vois plus d’horizon pour cet État palestinien, ni pour une paix au Proche-Orient.
WJ : Si le Sud-Liban devient comme Gaza, la question du retour des populations serait-elle, elle aussi, une cause perdue ?
Ce n’est pas une question de cause perdue. Nous recommençons aujourd’hui ce que nous avons vécu lors de la première invasion massive d’Israël au Liban en 1978. De 1978 à 2000, il a fallu près de vingt-deux ans pour libérer le Sud. Et nous voilà repartis. Les destructions, à l’époque, n’étaient pas aussi massives qu’aujourd’hui.
Une nouvelle occupation de vingt ans est-elle envisageable en 2026 ?
WJ : Tout est possible. Qui peut arrêter Israël ? Qui peut arrêter cette aventure militaro-politique ? On parle encore, dans certains cercles, du « Grand Israël ». Qu’on définisse donc où s’arrêtent ses frontières — car dès sa création, Israël n’avait pas de frontières clairement établies.
Quel est, selon vous, le meilleur et le pire scénario d’un cessez-le-feu ? Craignez-vous une paix à tout prix ?
WJ : Une paix à tout prix est impossible. On ne peut pas imposer une paix. Il faut d’abord que le territoire du Sud-Liban soit libéré, que les Nations Unies, avec l’armée libanaise, puissent le contrôler et en assurer la sécurité. Et il faut qu’Israël amorce son retrait. En ont-ils la conviction ? Je ne le crois pas.
Dans votre livre, vous écrivez : « Depuis 1977, je n’ai connu que des conflits, j’ai l’impression de vivre une guerre sans fin. » Craignez-vous le retour du démon de la partition confessionnelle, voire d’une guerre civile au Liban ?
WJ : Je ne vois pas de guerre civile au Liban. Ce que je vois, c’est qu’Israël pousse vers le nord la majorité des chiites du pays, ce qui peut générer des tensions confessionnelles et sociales. Mais si l’on prend les mesures nécessaires — créer de nouveaux centres d’hébergement, faire pression sur la communauté internationale pour qu’Israël se retire —, les habitants du Sud retrouveront leur élan naturel : celui de retourner sur leurs terres, quel qu’en soit le prix.
Le pays est épuisé. Il a besoin de soutiens matériels, d’approvisionnements de la part de la communauté internationale. L’État libanais doit également avoir conscience qu’il s’agit d’un effort de longue durée. Même si je suis favorable aux négociations en cours, la solution n’est pas pour demain.
Qui défend le Liban aujourd’hui ? La France en fait-elle suffisamment ?
WJ : Heureusement qu’il y a encore la France et le président Macron, qui demeurent solidaires du pays. Mais la France a été écartée des négociations par la politique de Donald Trump, qui entend mener ces dossiers seul — sans que l’on sache réellement ce qu’il veut.
Quel avenir pour le Hezbollah au Liban ?
WJ : Ce parti fait partie du tissu social libanais. On ne peut pas dire que le Hezbollah est étranger aux chiites : il en est issu. Le problème, c’est qu’il est téléguidé par l’Iran. Et tout chiite qui voit son village détruit, son Sud natal occupé, ne peut que s’engager dans la résistance. C’est pourquoi le retrait israélien est la condition première pour normaliser la situation.
Peut-il déposer les armes ? Oui — mais uniquement s’il n’y a plus d’occupation. On ne peut pas demander à une résistance de désarmer sous occupation. Cela me rappelle la France : après la Libération, la Résistance a déposé les armes avec l’accord du général de Gaulle. Avant cela, personne n’aurait pu le lui demander.
Vous écrivez, à propos de l’automne 2024 : « Nous faisions semblant de ne pas avoir peur, de simuler une vie normale. » Est-ce encore votre sentiment aujourd’hui à Beyrouth ?
WJ : C’est partout pareil. Il faut tenir — mais ce n’est pas facile quand on entend des déflagrations, quand on voit des immeubles entiers s’effondrer. À cela s’ajoute une guerre psychologique permanente : les drones qui nous harcèlent chaque jour. On a l’impression que le drone est dans la chambre, dans le salon. Chaque Libanais vit avec ça.
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Il faut tenir. On n’a pas d’autre choix. Certains partent, émigrent. Mais il faut poursuivre la lutte, consolider l’unité politique, améliorer et créer de nouveaux centres d’hébergement. C’est une question qui engage la société civile, le gouvernement et les institutions internationales de soutien. Jusqu’à présent, cela fonctionne plus ou moins — mais il faut anticiper la durée, car ce conflit sera très long.
WJ : Très long ? Vous vous projetez sur quelle échéance ?
Je vous rappelle qu’Israël a envahi le Liban en 1978 et n’en est parti qu’en 2000, après vingt-deux ans. J’espère que nous n’en sommes pas là. Mais l’expérience nous a appris que les invasions israéliennes s’inscrivent dans la durée. Et avec ce gouvernement, cela risque de durer encore plus longtemps.
Il faut tenir, il faut survivre. Nous sommes l’ancienne génération — nous allons disparaître. C’est à la nouvelle de tenir. Ce n’est pas facile, mais le peuple libanais, et les gens du Sud en premier, a traversé des épreuves très dures. Celle-ci est encore plus dure. Mais nous tiendrons.
Laurie-Anne Toulemont
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Cet article Guerre au Liban : « Le pays est épuisé, il a besoin de soutien » assure Walid Joumblatt, figure politique du pays depuis 50 ans est apparu en premier sur Radio Classique.
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