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Benjamin Millepied investit les Folies Bergère à Paris pour trois spectacles qui mêlent danse classique, danse contemporaine et chanson française. Ce paysage musical, qui va des années 50 à nos jours, célèbre notamment Barbara, une artiste que le danseur et chorégraphe admire depuis toujours. Invité de Radio Classique ce jeudi, il a présenté ces projets chers à son cœur, et s’est livré sur son rapport à la danse, qui, par son universalité, n’a pas besoin d’être « dépoussiérée ».
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Retrouvez à l’antenne Nikolaj Szeps-Znaider, directeur musical de l’Orchestre national de Lyon, Pierre Thibout, pianiste solo de l’Orchestre national de Lyon, Nicolas Droin, directeur général et Laurent Joyeux, délégué artistique.
Découvrez toute la programmation 2026-2027 de l’Auditorium-Orchestre national de Lyon et réservez vos concerts sur auditorium-lyon.com
L’Auditorium-Orchestre national de Lyon offre une programmation musicale variée permettant à chacun de trouver son chemin vers l’émotion et la découverte : concerts symphoniques, récitals, musique baroque, ciné-concerts, jeune public, jazz, chanson, rap et musiques du monde, etc.
Nikolaj Szeps-Znaider entame sa septième saison en tant que directeur musical de l’Orchestre national de Lyon. La saison 2026-2027 est celle des œuvres colossales pour le chef danois avec entre autres la Turangalila-Symphonie de Messiaen, les grandes symphonies de Brahms, de Chostakovitch, Sibelius ou Mahler. Continuant l’exploration des opéras en version de concert, il livrera sa version d’Elektra de Richard Strauss. Enfin, il posera sa baguette à plusieurs occasions pour prendre son violon et jouer aux côtés des musiciens de l’ONL ou de solistes invités
La saison 2026-2027 sera tchèque avec une invitation au fil des mois à explorer la richesse foisonnante de ce répertoire. Du baroque à nos jours, du symphonique avec l’Orchestre national de Lyon (Janáček, Martinů, Mahler, etc.) au merveilleux dessin animé tchèque pour les petits, La Petite Taupe, osez la découverte de nouveaux territoires.
Parallèlement, Beethoven sera célébré pour le 200e anniversaire de sa mort. Au programme : des œuvres symphoniques (symphonie Pastorale, concerto pour violon, etc.) de la musique de chambre avec des pépites telles que le quatuor l’Archiduc, la sonate pour violon et piano n°4, etc. Et en juin 2027, l’intégrale de ses quatuors à cordes interprétée par le Quatuor Belcea.
L’orgue monumental Cavaillé-Coll de la grande salle de l’Auditorium de Lyon tient une place majeure dans la saison à venir avec trente-huit concerts et quatorze organistes invités : ciné-concerts avec improvisation à l’orgue (Le Mécano de la « General » de et avec Buster Keaton, Salomé de Charles Bryant, etc.), ciné-concerts pour le jeune public (La Petite Taupe, Les Trois Brigands et autres contes, etc.), récitals, concerts avec les musiciens de l’ONL en grande ou petite formation, etc.
Le jazz, les musiques actuelles ou du monde ont toujours une place de choix dans la programmation de l’Auditorium-Orchestre national de Lyon. La diversité des artistes accueillis la saison prochaine en témoigne encore une fois : deux artistes viennent chanter avec l’Orchestre national de Lyon, Philippe Katerine puis, un peu plus tard dans la saison, Melody Gardot. Et plusieurs artistes et ensembles invités viennent prendre possession de la scène de l’Auditorium : l’Orchestre arabo-andalou du Maroc, Tigran Hamasyan, Chilly Gonzales et La Rumeur, l’Orchestre national de jazz, Rosemary Standley et Dom La Nena avec Birds on a Wire, etc.
Pour la seconde saison, Le Concert d’Astrée et sa cheffe Emmanuelle Haïm, artistes associés, seront à retrouver dans deux programmes bien différents à l’Auditorium de Lyon : Le Messie de Händel et Amazones avec Véronique Gens. L’ensemble français Pygmalion et l’ensemble tchèque Collegium 1704 avec Collegium Vocale 1704 complèteront cette petite saison vocale.
À découvrir également les récitals, les ciné-concerts (Vertigo de Hitchcock, Azur et Asmar de Michel Ocelot, Interstellar de Christophe Nolan, Là-Haut, etc.), les productions spécialement conçues et dédiées au jeune public ainsi qu’une riche saison de musique de chambre jouée par les musiciennes et musiciens de l’Orchestre national de Lyon.
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A l’occasion de la publication de leur album dédié à Pomponio Nenna, Aude-Marie Piloz et Francisco Manalich, membres de l’ensemble Comet Musicke seront, ce mercredi 3 juin à 20h, les invités du Journal du Classique.
Pomponio Nenna fait partie de ces compositeurs oubliés dont on redécouvre la musique avec délice. Il fit carrière à Naples et fut, au XVIème siècle, l’un des grands représentants du madrigal italien aux côtés de Carlo Gesualdo. Son œuvre est d’une beauté, d’une volupté er d’une force émotionnelle saisissantes comme on peut le constater à l’écouter de ce nouvel album de l’ensemble Comet Musicke sorti sous le label Ricercar.
Francisco Manalich, le directeur artistique de l’ensemble et la gambiste Aude-Marie Piloz nous éclaireront ce soir sur l’art de Pomponio Nenna dont ils ont enregistré le premier livre de madrigaux. Un recueil composé en 1582 pour le fils de son protecteur Fabrizio Carafa… qui mourra peu de temps après assassiné par Gesualdo.
Laure Mézan
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Un quatrième round de négociations s’est ouvert à Washington pour un cessez-le-feu entre Israël et le Liban, dans un contexte de reprise de l’escalade militaire entre les Etats-Unis et l’Iran, et alors qu’Israël poursuit ses frappes sur le Hezbollah au sud du Liban. Donald Trump est pour l’instant parvenu à convaincre Benjamin Netanyahu de ne pas bombarder Beyrouth — un message apparemment reçu, même si, au Liban, la méfiance reste de mise. Figure de la vie politique libanaise depuis cinquante ans, Walid Joumblatt s’est confié à Radio Classique.
Walid Joumblatt vient de publier ses mémoires : Un destin au Levant aux éditions Stock.
Les États-Unis semblent reprendre la main sur les négociations de cessez-le-feu au Liban. Est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle pour le Liban ?
WALID JOUMBLATT : Je ne vois pas vraiment comment ils « reprennent la main ». Ils interviennent simplement pour calmer le jeu effroyable d’Israël, qui a détruit une grande partie du Sud et menaçait de nouveau de bombarder Beyrouth. Ils ont temporisé, mais on ne sait ni pour quand ni quelle est leur véritable politique.
Donald Trump aurait déclaré à Benyamin Netanyahou : « Tu es fou, tout le monde te hait maintenant. » Est-il possible que le président américain lâche son allié israélien, ou du moins lui force la main pour arrêter la guerre ?
WJ : Je ne peux pas le confirmer. Ce que je sais, c’est que Donald Trump émet vingt-cinq à cinquante déclarations par jour, parfois contradictoires. Mais sa ligne directrice reste invariable : le soutien à Netanyahou, qui mène au Sud-Liban une politique qui rappelle celle de Gaza. Pas davantage.
Y a-t-il un risque que le Sud-Liban devienne comme Gaza ?
WJ : Il y a déjà cinquante villages totalement rasés — plus une seule habitation n’y existe. Une ligne de destruction s’étend du Sud-Liban jusqu’au Golan. Le parallèle avec Gaza est troublant, mais il est réel.
Vous écrivez dans votre livre qu’ « il n’y aura pas de paix israélienne, car la stabilité n’est pas l’objectif d’Israël. L’État hébreu ne pourrait survivre qu’avec des voisins faibles et divisés ». Quel est selon vous le but d’Israël au Liban ?
WJ : Sous prétexte d’attaquer le Hezbollah et de contrer l’Iran — car derrière le Hezbollah, il y a l’Iran —, on assiste à une destruction systématique du Sud-Liban, d’une partie de la banlieue sud de Beyrouth et de villages dans la Bekaa. Où s’arrêtera cette aventure meurtrière ? Je l’ignore. Quant à la Palestine, l’espoir d’un État palestinien sur une partie de la Cisjordanie disparaît lentement. Les colonies avancent partout. Il reste peut-être encore une zone autour de Ramallah, mais je ne vois plus d’horizon pour cet État palestinien, ni pour une paix au Proche-Orient.
WJ : Si le Sud-Liban devient comme Gaza, la question du retour des populations serait-elle, elle aussi, une cause perdue ?
Ce n’est pas une question de cause perdue. Nous recommençons aujourd’hui ce que nous avons vécu lors de la première invasion massive d’Israël au Liban en 1978. De 1978 à 2000, il a fallu près de vingt-deux ans pour libérer le Sud. Et nous voilà repartis. Les destructions, à l’époque, n’étaient pas aussi massives qu’aujourd’hui.
Une nouvelle occupation de vingt ans est-elle envisageable en 2026 ?
WJ : Tout est possible. Qui peut arrêter Israël ? Qui peut arrêter cette aventure militaro-politique ? On parle encore, dans certains cercles, du « Grand Israël ». Qu’on définisse donc où s’arrêtent ses frontières — car dès sa création, Israël n’avait pas de frontières clairement établies.
Quel est, selon vous, le meilleur et le pire scénario d’un cessez-le-feu ? Craignez-vous une paix à tout prix ?
WJ : Une paix à tout prix est impossible. On ne peut pas imposer une paix. Il faut d’abord que le territoire du Sud-Liban soit libéré, que les Nations Unies, avec l’armée libanaise, puissent le contrôler et en assurer la sécurité. Et il faut qu’Israël amorce son retrait. En ont-ils la conviction ? Je ne le crois pas.
Dans votre livre, vous écrivez : « Depuis 1977, je n’ai connu que des conflits, j’ai l’impression de vivre une guerre sans fin. » Craignez-vous le retour du démon de la partition confessionnelle, voire d’une guerre civile au Liban ?
WJ : Je ne vois pas de guerre civile au Liban. Ce que je vois, c’est qu’Israël pousse vers le nord la majorité des chiites du pays, ce qui peut générer des tensions confessionnelles et sociales. Mais si l’on prend les mesures nécessaires — créer de nouveaux centres d’hébergement, faire pression sur la communauté internationale pour qu’Israël se retire —, les habitants du Sud retrouveront leur élan naturel : celui de retourner sur leurs terres, quel qu’en soit le prix.
Le pays est épuisé. Il a besoin de soutiens matériels, d’approvisionnements de la part de la communauté internationale. L’État libanais doit également avoir conscience qu’il s’agit d’un effort de longue durée. Même si je suis favorable aux négociations en cours, la solution n’est pas pour demain.
Qui défend le Liban aujourd’hui ? La France en fait-elle suffisamment ?
WJ : Heureusement qu’il y a encore la France et le président Macron, qui demeurent solidaires du pays. Mais la France a été écartée des négociations par la politique de Donald Trump, qui entend mener ces dossiers seul — sans que l’on sache réellement ce qu’il veut.
Quel avenir pour le Hezbollah au Liban ?
WJ : Ce parti fait partie du tissu social libanais. On ne peut pas dire que le Hezbollah est étranger aux chiites : il en est issu. Le problème, c’est qu’il est téléguidé par l’Iran. Et tout chiite qui voit son village détruit, son Sud natal occupé, ne peut que s’engager dans la résistance. C’est pourquoi le retrait israélien est la condition première pour normaliser la situation.
Peut-il déposer les armes ? Oui — mais uniquement s’il n’y a plus d’occupation. On ne peut pas demander à une résistance de désarmer sous occupation. Cela me rappelle la France : après la Libération, la Résistance a déposé les armes avec l’accord du général de Gaulle. Avant cela, personne n’aurait pu le lui demander.
Vous écrivez, à propos de l’automne 2024 : « Nous faisions semblant de ne pas avoir peur, de simuler une vie normale. » Est-ce encore votre sentiment aujourd’hui à Beyrouth ?
WJ : C’est partout pareil. Il faut tenir — mais ce n’est pas facile quand on entend des déflagrations, quand on voit des immeubles entiers s’effondrer. À cela s’ajoute une guerre psychologique permanente : les drones qui nous harcèlent chaque jour. On a l’impression que le drone est dans la chambre, dans le salon. Chaque Libanais vit avec ça.
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Il faut tenir. On n’a pas d’autre choix. Certains partent, émigrent. Mais il faut poursuivre la lutte, consolider l’unité politique, améliorer et créer de nouveaux centres d’hébergement. C’est une question qui engage la société civile, le gouvernement et les institutions internationales de soutien. Jusqu’à présent, cela fonctionne plus ou moins — mais il faut anticiper la durée, car ce conflit sera très long.
WJ : Très long ? Vous vous projetez sur quelle échéance ?
Je vous rappelle qu’Israël a envahi le Liban en 1978 et n’en est parti qu’en 2000, après vingt-deux ans. J’espère que nous n’en sommes pas là. Mais l’expérience nous a appris que les invasions israéliennes s’inscrivent dans la durée. Et avec ce gouvernement, cela risque de durer encore plus longtemps.
Il faut tenir, il faut survivre. Nous sommes l’ancienne génération — nous allons disparaître. C’est à la nouvelle de tenir. Ce n’est pas facile, mais le peuple libanais, et les gens du Sud en premier, a traversé des épreuves très dures. Celle-ci est encore plus dure. Mais nous tiendrons.
Laurie-Anne Toulemont
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Le Chœur Régional Vittoria d’Île-de-France a été dissout le 29 mai lors d’une assemblée générale extraordinaire. L’institution chorale francilienne réunit une soixantaine de choristes amateurs de très haut niveau depuis sa création en 1987 par Michel Piquemal, avec le soutien de la région.
Samedi à la Collégiale Notre-Dame de Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines, le Chœur Régional Vittoria d’Île-de-France a donné son dernier concert. Le Requiem de WA Mozart était programmé, comme un triste symbole après la dissolution prononcée la veille lors d’une assemblée générale extraordinaire.
La mobilisation de ses membres et des nombreux signataires de la pétition en ligne « Le Chœur VITTORIA continuera à battre » lancée fin mai n’a malheureusement pas réussi à inverser la vapeur.
Cette dissolution a été suggérée par la présidente du chœur, Florence Portelli, également vice-Présidente Culture de la Région Île-de-France qui subventionne la formation et a été à l’initiative de sa création il y a 38 ans par le chef de chœur et chef d’orchestre Michel Piquemal qui en assure toujours la direction.
Selon Florence Portelli, le rapport de gestion de l’exercice 2025 a fait notamment apparaître « plusieurs dysfonctionnements significatifs, des zones d’ombre, des fragilités alarmantes… », d’où la proposition de dissoudre « une structure qui, malheureusement, ne répond plus aux attentes de la Région ».
Ces irrégularités administratives et comptables sont considérées pourtant comme « mineures » par les membres du chœur, qui disent éprouver un sentiment d’injustice et d’incompréhension d’autant que la subvention annuelle (300.000 euros) pour 2026 avait bien été renouvelée en janvier dernier.
Plusieurs d’entre eux se sont exprimés dans une lettre ouverte publiée sur Facebook, reprochant notamment à leur présidente de ne s’être jamais rendue à « aucun de nos concerts », et sa distance par rapport à la formation. « Plus d’indifférence serait difficile à concevoir. Le Chœur Régional ne vous intéresse pas et ne vous concerne pas » est-il écrit en conclusion de cette lettre ouverte.
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La Région Île-de-France a indiqué qu’une liquidatrice a été nommée et précise que « les choristes sont libres de poursuivre leur activité en se constituant en association autonome. Ils pourront dans ce cadre, sous réserve de remplir l’intégralité des critères d’éligibilité, demander des subventions aux acteurs publics ».
Depuis 1987, la soixantaine de choristes amateurs qui constituent le Chœur régional Vittoria d’Île-de-France, issus de toute la région francilienne, sont sélectionnés sur leurs qualités vocales mais aussi sur leurs motivations : à raison de deux répétitions hebdomadaires, de productions parfois lourdes et d’une riche programmation d’où ressortent des œuvres souvent peu pratiquées.
Philippe Gault
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A l’occasion de sa venue cet été aux Chorégies d’Orange, Ludovic Tézier sera, ce mardi 2 juin à 20h, l’invité du Journal du Classique.
C’est une scène extraordinaire où il a vécu quelques moments forts de sa carrière. Ludovic Tézier sera de retour, le 4 juillet, au Théâtre antique d’Orange, pour une version de concert de La Traviata de Verdi, aux côtés de Jessica Pratt, Eléonore Pancrazi ou encore Javier Camarena et sous la direction de Paolo Arrivabeni. Une soirée qui s’annonce comme l’un des moments forts de la nouvelle édition des Chorégies d’Orange.
Le baryton reviendra ce soir à notre micro sur ses liens avec les chorégies où il a laissé tant de grands souvenirs. Il y fut Escamillo dans Carmen de Bizet, Marcello dans La Bohème de Puccini et y chantera cet été l’un de ses rôles fétiches, celui de Giorgio Germont, un personnage auquel il sait donner tant de profondeur et d’humanité.
Laure Mézan
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Le magasin de musique Paul Beuscher, emblématique adresse parisienne fermée en novembre, rouvre ce mardi avec un nouveau concept entre vente d’instruments, studios, atelier de lutherie et espace de coworking, a indiqué sa nouvelle direction.
« C’est une maison de la musique, un endroit où vous pouvez autant acheter, découvrir, rencontrer que réparer », a déclaré Céline Gaillard, directrice générale et associée de cette nouvelle version de Paul Beuscher. L’enseigne, reprise par un investisseur spécialisé dans les cosmétiques et l’habillement, conserve son emplacement historique au 27 -29 boulevard Beaumarchais, près de la place de la Bastille.
En novembre dernier, suite à une mise en liquidation judiciaire, l’institution avait pourtant annoncé sa fermeture définitive et tiré le rideau après 175 ans d’existence, pendant lesquels ont défilé des générations de mélomanes et des stars, comme Jimi Hendrix et Edith Piaf. Il y a un mois, avait même été organisée une grande braderie qui proposait jusqu’à 50% de réduction sur une sélection d’instruments et de matériel de l’enseigne.
Créée par un luthier et spécialisée au départ dans l’accordéon, l’enseigne Paul Beuscher avait su évoluer avec son temps, avant de subir la concurrence des plateformes en ligne et leurs instruments à bas coût. L’annonce de sa fermeture avait suscité un vif émoi dans la sphère musicale.
Désormais, elle se décline en plusieurs espaces sur une totalité d’environ 2.000 m2, grâce à l’aménagement d’une vaste partie auparavant dédiée au stockage.
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Le lieu propose toujours de la vente d’instruments, dont des guitares, flûtes et pianos, des partitions ou encore une sélection de vinyles, mais ouvre également un atelier de lutherie collaboratif, à disposition des clients, a expliqué Céline Gaillard.
Une publication partagée par Paul Beuscher (@paul.beuscher)
Une petite salle de concert d’environ 70 places pourra accueillir une programmation régulière, de même que des studios et plateaux de répétition installés au sous-sol, prévus pour être opérationnels à l’automne, a complété cette musicienne de formation.
En parallèle, l’adresse s’est dotée d’un espace de coworking afin de mélanger différents univers professionnels et musicaux.
Philippe Gault (avec AFP)
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Cet été, vivez un festival d’émotions…
Du 19 juin au 18 juillet, les Chorégies d’Orange vous proposent une saison riche, pour tous les publics, portée par l’excellence de ses artistes.
Un récital exceptionnel de Nadine Sierra consacré aux plus belles pages de l’opéra, le chef d’œuvre de Verdi La Traviata, Philippe Katerine accompagné par un orchestre symphonique, la magie du célèbre conte Cendrillon revisité par les Ballets de Monte-Carlo, ou encore un grand concert cinéma avec Renaud Capuçon… dans le cadre majestueux du Théâtre antique d’Orange.
Informations et réservations sur choregies.fr
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Le spiritisme est né aux États-Unis dans les années 1850. Cette vogue se répand comme une traînée de poudre : on saurait désormais communiquer avec les esprits par-delà la mort. Ces affirmations suscitent d’abord quelques ricanements et des haussements d’épaules. La plupart des gens restent incrédules, mais certains se montrent très intéressés et curieux.
En cette époque de positivisme scientifique, le phénomène prend même les allures d’un défi lancé aux matérialistes de tout poil. L’Académie des Sciences elle-même va s’intéresser à la question. Et surtout, dans certains milieux élégants, le spiritisme devient une mode qui enflamme le Paris du Second Empire. On fait tourner les tables.
C’est la nouvelle activité en vogue après les grands dîners. On éteint les lampes à huile, on s’installe autour d’une table ronde, et l’on commence à interroger les esprits. On convoque des personnages du passé ou des êtres aimés, auxquels on demande de faire des révélations depuis l’au-delà.
Mais quelle est l’étincelle qui a déclenché tout cela ? Il faut remonter à quelques années plus tôt, dans une bourgade américaine située non loin du lac Ontario : Hydesville. C’est là que vit la famille Fox. John et Margaret Fox habitent avec leurs deux filles cadettes, aux longs cheveux sombres : Maggie, 14 ans, et Kate, dite aussi Cathy, de trois ans sa cadette. Le pavillon de la famille est réputé dans le voisinage pour abriter quelques fantômes, et des bruits bizarres — grincements, craquements inexpliqués — s’y font de plus en plus entendre.
En ce soir du 31 mars 1848, les époux Fox sont affolés par un fracas que rien ne semble pouvoir expliquer rationnellement. Ils décident d’appeler une voisine à témoin. Voici ce que raconte l’historienne Viviane Perret :
« Margaret conduisit sa voisine au premier étage. Là, dans la chambre que partageaient les deux filles avec leurs parents, elle aperçut, à la faible lumière d’une chandelle, les enfants serrées l’une contre l’autre, l’air terrorisé. Margaret Fox ordonna alors à haute voix à l’esprit frappeur d’exécuter le nombre exact de coups qu’elle lui demanderait, ce qu’il s’empressa obligeamment de faire, ainsi que de répondre correctement, toujours avec des sons secs et audibles, aux questions que Margaret lui posa sur l’âge de sa voisine. »
Un dialogue étonnant est en train de se nouer au sein même du domicile des Fox avec une entité tout à fait inattendue.
L’affaire se sait rapidement. D’autres habitants d’Hydesville viennent constater le phénomène. On convient avec l’esprit d’un code : un coup signifie oui, deux coups signifient non. Et il y a beaucoup à dire, car l’entité se désigne comme un certain Charles Haynes, un simple colporteur qui affirme avoir été assassiné par un ancien habitant de la maison et enterré dans le sous-sol de la bâtisse.
« Cherchez mon cadavre et vous le trouverez », aurait dit ce Charles Haynes depuis l’au-delà. Les habitants d’Hydesville, fascinés, se munissent de pelles et se mettent à creuser. Voici ce que rapporte l’historien Yvon Castellan :
« On creusa dans le sous-sol et on trouva de la chaux, du charbon, des débris de vaisselle, une petite touffe de cheveux et quelques os où l’on crut reconnaître un fragment de crâne, sans que les Fox crussent devoir poursuivre leurs recherches d’identification ou même avertir la justice. »
Aux yeux de beaucoup, les dires de Charles Haynes semblent ainsi corroborés. Des habitants évoquent opportunément des souvenirs plus ou moins vagues qui vont dans le sens de la tragédie du colporteur. Les Fox cessent d’être des voisins ordinaires : ils sont désormais de petites célébrités. Rapidement, des séances publiques sont organisées par la famille. Le spiritisme devient un commerce, et les sœurs Fox entreprennent une véritable tournée dans toute leur région.
Le phénomène prend de l’ampleur. En 1854, selon Yvon Castellan, pas moins de trois millions de personnes s’adonnent déjà au spiritisme à travers les États-Unis. Le phénomène traverse rapidement l’Atlantique. Les sœurs d’Hydesville sont assez vite dépassées par le mouvement qu’elles ont lancé mais qu’elles ne sont plus en mesure de maîtriser.
Les années passant, les trois sœurs suivent des destinées bien différentes. Leah, la plus âgée, déjà mère d’une fille d’une précédente union, se remarie, devient veuve une seconde fois, et finit par abandonner définitivement son activité de médium. Maggie vit une histoire d’amour malheureuse avec un célèbre aventurier du Grand Nord qui meurt jeune, et ne s’en remet pas vraiment. Quant à Kate, elle part vivre en Europe, se marie, a des enfants, et pratique le spiritisme de façon de moins en moins assidue.
Au fil du temps, les relations entre les trois sœurs deviennent complexes. Elles vivent de plus en plus éloignées les unes des autres. La presse, toujours à l’affût, ne perd pas une miette de leurs disputes et de leurs difficultés. Comme le rapporte Viviane Perret, les journalistes évoquent dans leurs colonnes leurs problèmes d’alcool, peut-être de drogue, et la distance que Kate prend avec l’éducation de ses enfants. Le cercle des spiritualistes lui-même déplore leur attitude, estimant qu’elles nuisent au mouvement.
En septembre 1888, quarante ans exactement après les premiers phénomènes, Maggie s’épanche dans le New York Herald. Kate, de son côté, ne prend pas de gants. Elles révèlent qu’il s’agit de « la plus grande duperie du siècle ».
Les deux sœurs proposent des démonstrations publiques à l’Académie de musique de New York, le 21 octobre 1888 — séance payante, naturellement. Devant un public ébahi, Maggie fait craquer ses orteils, déclenchant le fameux fracas habituel des séances. Elle affirme qu’au départ, tout cela n’était qu’une farce destinée à faire peur à leur mère. Mais la plaisanterie avait si bien fonctionné qu’elle avait pris des proportions imprévues — et, disons-le, financièrement très enrichissantes.
Les trois sœurs s’éteignent toutes au début des années 1890.
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Une dizaine d’années après la mort des sœurs Fox, au début du XXe siècle, près de soixante ans après les premières manifestations, des travaux sont entrepris à proximité de la maison d’Hydesville. En creusant dans le sous-sol de l’ancien pavillon des Fox, on découvre un corps complètement décomposé. Et juste à côté de lui : une petite caisse métallique. Exactement le genre de caisse que les colporteurs possédaient…
Franck Ferrand
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Scène inédite à Sydney quand un spectateur s’est proposé, au milieu d’un ciné-concert, pour remplacer le claviériste de l’orchestre tombé subitement malade. Le jeune étudiant et professeur de musique s’est fort bien acquitté de ce challenge, félicité par les musiciens de l’orchestre et applaudi par le public.
Samedi soir au théâtre Darling Harbour de l’ICC était proposé un ciné-concert autour du film La La Land. L’orchestre, dirigé par Justin Hurwitz, le compositeur multi récompensé (2 Oscars, 2 Golden Globes et 1 Grammy Award) pour la bande-originale de la comédie musicale de Damien Chazelle, jouait la musique du film pendant que les images étaient diffusées sur écran géant. Tout se passait bien jusqu’à l’entracte qui a duré… 40 minutes.
Une très longue interruption due au souci de santé soudain dont le claviériste de l’orchestre a été victime. Justin Hurwitz a expliqué aux journalistes de la version australienne du Guardian qu’il a, dans un premier temps, demandé si un des autres musiciens de l’orchestre pouvait pallier ce forfait inattendu ou connaissait un autre claviériste disponible sur place.
Mais le temps était compté et le public s’impatientait. Justin Hurwitz est alors revenu sur scène et a demandé si quelqu’un dans la salle disposait des compétences pour assurer ce remplacement.
Le compositeur et chef d’orchestre a pris beaucoup de précautions lorsqu’il a fait cette demande incongrue au public précisant: « Il faut être sûr de soi, savoir déchiffrer la partition en la découvrant, être capable de jouer des arrangements que vous n’avez jamais joués auparavant … »
C’est alors que Sterling Nasa, 21 ans, étudiant en sciences politiques à l’université de Sydney, qui joue du piano et de l’orgue, et donne des cours de cornemuse, s’est porté volontaire sous les applaudissements des autres spectateurs.
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Le courageux jeune homme, s’est ainsi retrouvé sur scène au cœur de l’orchestre, assis devant le clavier d’un synthé pour interpréter des morceaux d’un de ses compositeurs préférés mais dont il découvrait les partitions. Justin Hurwitz n’a pas caché qu’il était, malgré tout, peu rassuré par cette initiative. « J’étais vraiment en panique. Mais dès qu’il a commencé à jouer, j’ai été impressionné », a-t-il reconnu.
Le compositeur a avoué qu’il était surtout inquiet pour le solo qu’interprète John Legend dans le film mais que Sterling Nasa a parfaitement exécuté, avouant néanmoins « Quand je l’ai vu sur la partition et je me suis dit: oh, je ne sais pas si je vais être capable de la déchiffrer du premier coup. J’ai alors pris une petite liberté créative et décidé d’improviser, ce qui, je pense, s’est avéré être un bon choix ».
University student improvises synthesizer solo to save La La Land concert in Sydney
Sterling Nasa, a 21-year-old University of Sydney student, stepped in as keyboardist during La La Land in Concert at ICC Darling Harbour on Saturday after the orchestra’s regular pianist fell… pic.twitter.com/JvAgTgLvF2
— NewsTongue (@NewsTongueX) June 1, 2026
Une initiative qui lui a valu une ovation de la part du public et les félicitations des autres membres de l’orchestre et de Justin Hurwitz qui a confié : « Être capable de jouer un solo vraiment génial dans la bonne tonalité, dans le bon rythme, sur le champ et sans répétition, c’était remarquable ! ».
Philippe Gault
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Cet article « Y a-t-il un pianiste dans la salle ? » À Sydney, un spectateur sauve un ciné-concert autour du film La La Land est apparu en premier sur Radio Classique.
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