À quelques jours du vote de confiance sur la dette et le budget 2026, le MEDEF a organisé sa 7ème édition la REF (Rencontre des Entrepreneurs de France). L’organisation patronale a affiché sa volonté de relancer l’investissement, de restaurer la compétitivité, et de replacer les entrepreneurs au cœur du projet national. Invité de la matinale, le président du MEDEF, Patrick Martin, juge essentiel de faire peser les chefs d’entreprises sur les choix budgétaires à venir.
« Nous sommes entrés dans le jeu décisif de ce match permanent face à l’urgence des défis » : c’est ainsi que Patrick Martin, président du Medef, a ouvert la Rencontre des Entrepreneurs de France (REF). Baptisée cette année Jeu Décisif, la rencontre s’est déroulée dans un contexte particulier : à moins d’une semaine du vote de confiance à l’Assemblée nationale pour le gouvernement de François Bayrou. Un vote qui pourrait remettre en question l’adoption de la loi Finances d’ici la fin de l’année, laquelle prévoit un objectif ambitieux de réduction du déficit public à 5,4%.
Patrick Martin a fait part de son inquiétude face à cette situation, se disant : « abasourdi quand je vois que le débat politique est très picrocholin, court-termiste, et qu’il ne prend pas suffisamment en compte la réalité des choses. »
Lors d’un débat de clôture de l’université d’été du MEDEF, les représentants politiques de divers horizons – Gabriel Attal, Jordan Bardella, Manuel Bompard, Fabien Roussel ou encore Marine Tondelier – ont exposé leurs points de vue, témoignant de divergences dans leur perception de la situation : « Alors ce n’est pas un parti pris pour ma part, mais c’est plutôt Gabriel Attal, Bruno Retailleau et, dans une certaine mesure, Jordan Bardella qui se sont montrés les plus conscients des périls qu’on rencontre et surtout de ce qui se passe dans le reste du monde. Je veux dire par là que, dans leur couloir, certains n’ont même pas fait référence aux Etats-Unis, au prix de l’énergie, au durcissement de la concurrence incroyable. »
Le MEDEF : l’engagement des chefs d’entreprise comme réponse au malaise démocratique
Un sondage exclusif Odoxa révèle un profond malaise : 79% des Français estiment que le débat public est dysfonctionnel, car trop conflictuel, manipulé ou inefficace. Face à ce constat, 70% souhaitent que les entreprises prennent davantage la parole. Un appel entendu par le patron du MEDEF, qui juge « qu’il est aujourd’hui nécessaire que les chefs d’entreprises s’impliquent plus et c’est même notre responsabilité d’aller plus loin. »
Patrick Martin s’appuie sur un atout majeur : « notre cote de confiance par nos concitoyens s’élève à 63% et elle n’a jamais été aussi élevée. » Selon lui, cette confiance s’explique par la qualité du dialogue social au sein des entreprises : « On a une très bonne qualité de dialogue social. Certes, on a des désaccords profonds avec les organisations syndicales, mais on se parle respectueusement et on essaie de construire des accords. Et ça, c’est tellement contrasté par rapport à ce qu’on observe sur le champ politique ».
Fort de cette légitimité, le MEDEF se dit prêt à peser dans les décisions politiques : « Si maintenant les choses n’évoluent pas dans le sens que l’on souhaite, c’est-à-dire dans l’intérêt du pays, on est capable d’être plus radicaux, et ce sur le champ politique s’il le faut. »
L’économie relancée par le MEDEF ?
Au début du mois de juillet 2025, le Sénat a publié un rapport concernant les aides publiques versées aux entreprises. Selon l’étude, elles s’élèveraient à 211 milliards d’euros sur l’an 2023. Pourtant, Patrick Martin révèle que cette donnée serait fausse : « c’est un chiffre totalement boursouflé. Et cette somme n’est pas un cadeau, mais bien une compensation pour les entreprises françaises qui sont les plus taxées du monde. »
D’après lui, taxer davantage les entreprises ne ferait qu’empirer la situation : « L’équation est simple : les entreprises financent 60% des retraites. Si on les affaiblit en augmentant les impôts, comme en témoigne la disparition de 66 000 entreprises l’an dernier, on met en péril le financement même des retraites. »
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Patrick a annoncé avoir mis en place, depuis plusieurs mois, un groupe de Think Tank réunissant une centaine de chefs d’entreprise et d’économistes emblématiques. Ils comptent très prochainement révéler 36 propositions issues de ces discussions pour redessiner l’économie française.
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