Les années Giscard, ce sont celles des boîtes Tupperware, du skateboard, du Rubik’s Cube, du théâtre du Splendid, d’Alain Delon, de Louis de Funès, de Michel Platini, du commandant Cousteau, mais aussi de Michel Foucault et Roland Barthes. Après les chocs pétroliers, alors que le pays digère mai 68, la technocratie s’impose, les idées généreuses modifient le regard des familles sur le statut des femmes, l’apprentissage, le rôle du travail. Un souffle de modernité redessine une société figée dans le modèle gaullien.
C’était un président très jeune : il a 48 ans au moment de son élection, et vient de griller la politesse à Jacques Chaban-Delmas. Valéry Giscard d’Estaing est élu de justesse, presque par erreur, face au candidat unique de la gauche, un vieux briscard, François Mitterrand. Ce nouveau président au drôle de prénom, au nom à rallonge, dont les vieilles familles raillent la particule et dont le peuple moque le ton, fait l’unanimité sur son intelligence, qu’on prétend surnaturelle, et sur sa modernité.
Est-ce qu’après tout, il n’a pas été marqué à jamais par sa rencontre avec le président Kennedy ? Giscard, comme tout le monde, se met à l’appeler, et va faire souffler sur le pays un vent de renouveau : il veut regarder la France au fond des yeux, s’invite à dîner chez les braves gens et prétend convaincre et rassembler deux Français sur trois.
Une politique tournée vers l’Europe
Cet homme politique gauchement décontracté, se montre volontiers torse nu ou en pull à col roulé, se rend à pied à son investiture et ne dédaigne pas de jouer de l’accordéon.
Valéry Giscard d’Estaing à Courchevel /BONNOTTE JEAN PIERRE/SIPA
Ce président, en rupture avec ses devanciers, se met au coin du feu pour parler à ses contemporains et leur propose de s’intéresser davantage au statut des femmes, au statut des jeunes, à celui des personnes handicapées, tout en mettant, sur le plan international, le cap sur l’Europe, de l’amitié franco-allemande au serpent monétaire.
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Il a incarné cette fonction avec beaucoup d’allure, disons-le. Valéry Giscard d’Estaing n’est pas seulement l’homme qui a fait ralentir le rythme de La Marseillaise, il restera ce président qui, de bout en bout, aura dominé la situation, avec, ne l’oublions pas à l’époque, un budget à l’équilibre.
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