
Sign up to save your podcasts
Or


Une étude génétique révolutionnaire publiée dans la revue Nature vient de réécrire l’histoire de la chute de l’Empire romain.
L’histoire fait des progrès grâce aux technologies. Cette étude n’utilise ni textes anciens, ni fouilles archéologiques classiques, mais de l’ADN extrait de squelettes — plus de 200 individus enterrés dans des cimetières de Bavière entre 450 et 700 après Jésus-Christ.
Les chercheurs de l’Université de Mayence ont séquencé leur génome et reconstitué des arbres généalogiques complets. Leur conclusion bouscule le récit que nous avons appris : les Barbares n’auraient pas déferlé sur Rome comme une vague de conquérants. Il n’y aurait pas eu d’invasion massive, ni de grand remplacement brutal de population.
Ce que cet ADN révèle, c’est quelque chose de plus subtil, de plus progressif : des familles d’origine nordique vivaient sur le territoire romain depuis quatre ou cinq générations au moment de la chute de l’Empire, et se considéraient probablement elles-mêmes comme des familles romaines.
L’étude montre qu’après 470, quelque chose de fascinant s’est produit. Des individus aux ascendances nordiques et des individus aux ascendances méditerranéennes ont commencé à se marier entre eux. Ce brassage génétique est précisément à l’origine de la diversité génétique de l’Europe moderne.
En d’autres termes, nous serions les enfants non pas d’une rupture violente, mais d’une lente fusion. Cette étude permet d’enterrer les images romantiques de grands peuples traversant l’Europe, détruisant Rome et remplaçant violemment les Romains.
A lire aussi
L’archéologue Percy et la cité de « Z », un explorateur porté disparu dans la jungle amazonienne
Cela nous dit que l’identité européenne s’est construite dans un moment de grande fragilité politique. Lorsque l’État s’est effondré, lorsque les institutions ont disparu, les hommes et les femmes ne se sont pas tous affrontés — ou en tout cas, bien moins qu’on ne le pensait. Ils s’étaient déjà commencé à se mélanger avant. Si l’on voulait céder aux bons sentiments, on dirait qu’ils ont fait l’amour tout autant que la guerre — et c’est ce que la génétique nous révèle aujourd’hui.
Nicolas Bouzou
Retrouvez toute l’actualité Société
« L’IA vous protège de ce que vous n’avez pas envie de savoir, et vous isole », affirme Bruno Patino
« Un néoconservateur accepte la démocratie, le néoréactionnaire veut rétablir un ordre ancien » analyse Arnaud Miranda
Mort de Quentin Deranque: « les anti fascistes proclamés se comportent comme d’authentiques fascistes » estime Aquilino Morelle
« La criminalité en France est très importante, mais ce n’est pas un système mafieux » estime la magistrate Vanessa Perrée
Cet article Quand l’ADN révèle la véritable histoire de la chute de l’Empire romain est apparu en premier sur Radio Classique.
A l’occasion de la publication leur nouvel album, le hautboïste Gabriel Pidoux et le pianiste Jorge Gonzalez Buajasan seront, ce mercredi 20 mai à 20h, les invités du Journal du Classique.
Après un premier album commun aux accents plutôt romantiques, Gabriel Pidoux et Jorge Gonzalez Buajasan nous invitent à un nouveau voyage au cœur du répertoire français du XXème siècle. Ce programme, publié par le label Oktav Records, met à l’honneur des compositeurs qui ont contribué au renouveau du hautbois en France. Ils nous offrent ainsi leurs lectures des sonates de Saint-Saëns, Poulenc et Dutilleux complétées par deux trios pour hautbois, basson et piano enregistrés avec la bassoniste Marie Boichard.
Les deux musiciens nous éclaireront sur ce programme et sur leurs projets respectifs eux qui sillonneront cet été la France des festivals avec différents partenaires, dont les musiciens d’un tout nouvel ensemble, Le Chapitre, fondé par Gabriel Pidoux.
Laure Mézan
Retrouvez le journal du classique du lundi au vendredi à 20h
Retrouvez l’actualité du Classique
« Nous sommes amis depuis longtemps » : le compositeur Hans Zimmer surprend la chanteuse Raye en concert
Playmobil crée une figurine à l’effigie de Richard Wagner pour les 150 ans du festival de Bayreuth
Opéra-Comique : La prochaine saison se jouera hors les murs à Paris et en région
San Francisco : Très fatigué, Herbert Blomstedt, le doyen des chefs d’orchestre, annule plusieurs concerts
Cet article Gabriel Pidoux et Jorge Gonzalez Buajasan célèbrent le répertoire pour hautbois et piano français du XXème siècle est apparu en premier sur Radio Classique.
En concert à Los Angeles, la chanteuse anglaise Raye, dont le nouvel album mêle tonalités pop et classiques, a eu la surprise de voir monter sur scène et l’accompagner Hans Zimmer, compositeur d’une de ses chansons.
Alors qu’elle allait entamer la chanson Click Clack Symphony lors d’un de ses deux concerts mi-mai à Los Angeles, la chanteuse anglaise Raye ne s’attendait pas à voir monter sur scène pour l’accompagner au clavier le compositeur de cette chanson : Hans Zimmer lui-même.
Alors qu’elle parlait au public du Greek Theatre, elle a regardé sur le côté et s’est exclamée « Vous plaisantez » en voyant le grand compositeur de musique de film monter sur la scène.
Raye s’est alors précipitée dans les bras du musicien allemand avant de s’exclamer : « Je viens de lui casser le dos… Mesdames et messieurs, s’il vous plaît, faites du bruit pour Hans Zimmer ». Une surprise bien orchestrée, comme l’a révélé Hans Zimmer dans un message sur son compte Instagram. « Nous l’avons fait ! Elle avait demandé à tout le monde si j’allais venir voir le spectacle. (Même son père était de la partie et lui a dit que je n’étais pas là.) C’était une grande surprise ! », a-t-il écrit, ajoutant : « Nous sommes amis depuis très longtemps… dire que je l’adore est un euphémisme ».
Née à Londres en 1997 d’une mère suisso-ghanéenne et d’un père britannique, Raye, de son vrai nom Rachel Agatha Keen, est une auteure-compositrice-interprète, influencée par des genres très différents comme le jazz, la pop, le gospel et la soul, qui écrit et compose également pour de grandes stars de la scène actuelle telles que Beyoncé ou John Legend. En septembre 2023, c’est accompagnée d’un orchestre symphonique et d’une chorale gospel qu’elle avait conquis le public du Royal Albert Hall.
A lire aussi
Hans Zimmer compare l’ordinateur à un instrument de musique « qui a besoin de pratique au même titre que le piano ou le violon »
Pour son nouvel album This Music May Contain Hope sorti en mars dernier et rapidement classé n°1 en Grande-Bretagne, la chanteuse aux pieds nus et à la voix de mezzo-soprano a tenu à lui donner une touche beaucoup plus classique.
L’album, conçu comme un opéra, est ainsi structuré autour des quatre saisons et évoque non seulement Antonio Vivaldi mais également Erik Satie, Frédéric Chopin et Johannes Brahms dont les notes résonnent grâce aux musiciens du London Symphony Orchestra (LSO). Sans oublier le morceau composé par Hans Zimmer.
Hans Zimmer commented on Raye’s latest post on Instagram:
“We did it! We completely surprised RAYE! She asked everybody if I was going to come see the show. (Even her dad was in on it and told her I wasn’t around.) It was a major surprise!
RAYE is one of the truly great… pic.twitter.com/HmzvkZ548n
— RAYE Updates (@RayeUpdate) May 15, 2026
Actuellement en concert à Londres, Raye sera cet été l’une des têtes d’affiche de l’édition du 60e anniversaire du Montreux Jazz Festival et va bientôt faire ses débuts d’actrice dans Lineage, le nouveau long métrage du réalisateur français Yann Demange aux côtés d’Isabelle Huppert.
Philippe Gault
Retrouvez l’actualité du Classique
Playmobil crée une figurine à l’effigie de Richard Wagner pour les 150 ans du festival de Bayreuth
Opéra-Comique : La prochaine saison se jouera hors les murs à Paris et en région
San Francisco : Très fatigué, Herbert Blomstedt, le doyen des chefs d’orchestre, annule plusieurs concerts
Concours Reine Elisabeth : La violoncelliste française Clara Dietlin figure parmi les 12 finalistes
Cet article « Nous sommes amis depuis longtemps » : le compositeur Hans Zimmer surprend la chanteuse Raye en concert est apparu en premier sur Radio Classique.
Après Wolfgang Amadeus Mozart et Jean-Sébastien Bach, c’est au tour de Richard Wagner d’avoir droit à sa figurine Playmobil. La firme allemande a réalisé ce modèle à l’occasion du 150e anniversaire du festival de Bayreuth.
Annoncée le 18 mai, la figurine Playmobil dédiée à Richard Wagner représente le grand compositeur allemand vêtu d’un costume noir, sur une chemise rouge, avec des volants blancs aux poignets et son béret caractéristique. Parmi les accessoires qui l’accompagnent dans sa boîte, une baguette de chef d’orchestre et un pupitre sur lequel figure une partition.
C’est la ville de Bayreuth qui est à l’origine de cette commande originale à Geobra-Brandstätter, la firme allemande qui fabrique depuis 1974 les célèbres figurines tant appréciées par les enfants du monde entier. Une initiative imaginée dans le cadre des célébrations du 150e anniversaire du festival de Bayreuth créé par Richard Wagner en 1876.
Selon Andreas Zippel, le maire de la cité bavaroise : « La figurine est une magnifique pièce de collection et, en même temps, un ambassadeur original pour l’anniversaire de notre festival ».
Le grand public pourra découvrir cette figurine le 23 mai, au lendemain du 213e anniversaire de la naissance de Richard Wagner et de celui de la pose de la première pierre du Festspielhaus en 1872. 150 figurines seront alors distribuées gratuitement sur la Richard-Wagner-Straße lors du festival de rue RiWa, à condition de participer à des jeux de devinette ou à une Roue de la fortune.
Cette initiative s’inscrit également dans un autre projet mettant en scène le compositeur allemand, initié en 2025. Ainsi, dans certaines rues de Bayreuth, plusieurs feux de circulation affichent déjà sa silhouette en marche, une baguette de chef d’orchestre à la main.
A lire aussi
Bayreuth : Mais qui a volé les statuettes de Wagner ?
Richard Wagner rejoint deux autres immenses compositeurs dans la galaxie Playmobil. En 2019, c’est Jean-Sébastien Bach qui, le premier, a eu droit à sa figurine en plastique. Il s’agissait d’une édition spéciale (“Sonderfigur”) liée à la région allemande de Thuringe où le musicien a vécu et travaillé une grande partie de sa vie. Quelques mois plus tard, à l’initiative du Mozarteum de Salzbourg, Playmobil dévoila une figurine à l’effigie de Wolfgang Amadeus Mozart en train de jouer du violon.
À noter que le nom de Franz Liszt, décédé à Bayreuth en 1886, avait également été proposé pour inspirer une figurine Playmobil mais n’a pas été retenu. Ce n’est certainement que partie remise.
Philippe Gault
Retrouvez l’actualité du Classique
Opéra-Comique : La prochaine saison se jouera hors les murs à Paris et en région
San Francisco : Très fatigué, Herbert Blomstedt, le doyen des chefs d’orchestre, annule plusieurs concerts
Concours Reine Elisabeth : La violoncelliste française Clara Dietlin figure parmi les 12 finalistes
La grande soprano britannique Felicity Lott est décédée à l’âge de 79 ans
Cet article Playmobil crée une figurine à l’effigie de Richard Wagner pour les 150 ans du festival de Bayreuth est apparu en premier sur Radio Classique.
A l’occasion de la publication de son album « Melodies in a bottle » et du grand week-end dédié au marimba de la Philharmonie de Paris, Vassilena Serafimova sera, ce mardi 19 mai à 20h, l’invitée du Journal du Classique.
Vassilena Serafimova est l’une des plus grandes ambassadrices du marimba, instrument qu’elle a largement contribué à populariser ces dernières années. La Philharmonie de Paris lui a donné carte blanche le temps d’un week-end (du 29 au 31 mai). C’est ainsi qu’elle imaginé une grande fête à laquelle s’associeront des artistes de différents horizons : un chœur de chanteuses bulgares, l’artiste électro Chloé Thévenin, le pianiste Thomas Enhco ou encore le quatuor Ardeo.
C’est avec les musiciennes du quatuor Ardeo qu’elle vient justement s’illustrer au disque, sous le label La Dolce Volta. Un album au programme éclectique – de Jean Cras à Gershwin en passant par Debussy, Satie et Vivaldi – à l’image de cette musicienne curieuse et désireuse de mettre en avant les multiples possibilités expressives de son instrument.
Laure Mézan
Retrouvez le journal du classique du lundi au vendredi à 20h
Retrouvez l’actualité du Classique
Opéra-Comique : La prochaine saison se jouera hors les murs à Paris et en région
San Francisco : Très fatigué, Herbert Blomstedt, le doyen des chefs d’orchestre, annule plusieurs concerts
Concours Reine Elisabeth : La violoncelliste française Clara Dietlin figure parmi les 12 finalistes
La grande soprano britannique Felicity Lott est décédée à l’âge de 79 ans
Cet article Le marimba aux multiples expressions de Vassilena Serafimova est apparu en premier sur Radio Classique.
Représentations au Grand Palais, dans un lycée parisien, ou dans plusieurs théâtres en région : la prochaine saison de l’Opéra-Comique se déroulera en bonne partie hors les murs, en raison de la fermeture prévue de l’établissement pour d’importants travaux de rénovation.
L’Opéra-Comique l’une des principales scènes lyriques parisiennes et lieu de naissance d’opéras commeCarmen de Georges Bizet, classé au titre des monuments historiques en 1977, avait déjà fait l’objet de rénovations entre 2015 et 2017. Il doit cette fois-ci, pendant une saison, moderniser sa cage de scène (dessous de scène, plateau et cintres, situés au-dessus). Il s’agit, entre autres, d’automatiser la machinerie des cintres, laquelle fonctionne aujourd’hui encore par cordages et contrepoids.
L’accès à la fosse d’orchestre va aussi être repensé pour la rendre accessible aux personnes à mobilité réduite. Le coût des travaux – 7 millions d’euros – est financé par le ministère de la Culture. Du fait de la fermeture, « nous avons décidé d’aller explorer des lieux singuliers dans lesquels on ne fait pas forcément de la musique ou de l’opéra », ont déclaré Louis Langrée, directeur du théâtre, et Anne-Sophie Brandalise, directrice adjointe, à l’occasion de la présentation de la saison 2026-2027.
La fabuleuse histoire de l’Opéra-Comique, un spectacle de Léo Cohen-Paperman et Emilien Diard-Detoeuf, retraçant l’histoire de cette salle et de ce genre – un art tricentenaire mêlant morceaux chantés au théâtre parlé – sera joué dans 16 villes de France, dont Poitiers, Albi, Agen, Cherbourg, Besançon, Compiègne, entre janvier et mai. Zaïde ou le Chemin de lumière, d’après WA Mozart, créé en 2025 au Festival de Salzbourg avec Raphaël Pichon à la baguette et des dialogues de Wajdi Mouawad sera donné dans le hall Eiffel du lycée Carnot à Paris.
A lire aussi
Opéra-Comique : Louis Langrée reconduit et d’importants travaux salle Favart annoncés
Heaven & Hell, une création mondiale commandée au compositeur contemporain Pascal Dusapin sera pour sa part accueillie au Grand Palais, « un lieu impossible pour y faire de la musique en raison de la réverbération du son », a expliqué Louis Langrée, « sauf si le compositeur écrit pour ce lieu », ce qui est le cas, après plusieurs tests acoustiques.
Philippe Gault (avec AFP)
Retrouvez l’actualité du Classique
San Francisco : Très fatigué, Herbert Blomstedt, le doyen des chefs d’orchestre, annule plusieurs concerts
Concours Reine Elisabeth : La violoncelliste française Clara Dietlin figure parmi les 12 finalistes
La grande soprano britannique Felicity Lott est décédée à l’âge de 79 ans
Eurovision 2026 : Pourquoi la musique classique sera particulièrement à l’honneur de cette 70ème édition
Cet article Opéra-Comique : La prochaine saison se jouera hors les murs à Paris et en région est apparu en premier sur Radio Classique.
Quand sa fille Anne vint au monde, Charles de Gaulle écrivit à son ami Lucien Nachin son espoir de la voir vivre jusqu’à l’an 2000. Qui pouvait alors imaginer que cette enfant fragile ne connaîtrait que vingt trop brèves années ; et qui pouvait imaginer qu’elle marquerait si profondément son père, jusqu’à révéler chez le futur Général une tendresse inattendue et bouleversante.
En janvier 1928, à Trèves, le chef de bataillon Charles de Gaulle, alors âgé de 37 ans, commande le 19ème bataillon de chasseurs. Il est au faîte d’une carrière prometteuse. Marié à Yvonne, il est déjà père de deux enfants, Philippe et Élisabeth. Le 1er janvier 1928, au terme d’une grossesse sans problème, Yvonne accouche de leur troisième enfant, Anne.
Charles, que l’on connaît assez taiseux, est tout joyeux de cette naissance et l’annonce à son ami le colonel Lucien Nachin. Il écrit : « Je vous annonce mon colonel, la naissance de mon troisième enfant et de ma deuxième fille, survenue le 1er janvier. Nous l’appelons Anne. Elle verra peut-être l’an 2000 et la grande peur qui se déchaînera sans doute dans le monde à ce moment-là. Elle verra les nouveaux riches devenir pauvres et les anciens riches recouvrer leur fortune à la faveur des bouleversements. Elle verra les socialistes passer doucement à l’état de réactionnaire. Elle verra la France victorieuse une fois de plus, manquer la rive gauche du Rhin et peut-être son arrière-petit-fils tiendra-t-il garnison dans Trèves. »
C’est extraordinaire de voir que même dans un événement aussi personnel, intime et familial, le général de Gaulle fait de la géopolitique en prospective.
Dans les mois qui suivent sa naissance, la petite Anne présente un certain nombre de comportements qui intriguent ou qui inquiètent ses parents : des réflexes un peu lents, elle a du mal à tenir convenablement sa tête, elle n’arrive pas à suivre quoi que ce soit avec attention et elle dort beaucoup. Tout cela inquiète beaucoup la famille et on consulte des médecins.
Le verdict tombe : Anne est trisomique. C’est un choc immense. Charles et Yvonne de Gaulle vont devoir absorber non seulement la douleur mais l’incertitude et sans doute une forme de culpabilité. Ni la famille de Gaulle, ni la famille Vendroux (la famille d’Yvonne) ne compte d’antécédents dans ce domaine.
Le 6 février 1948, la petite Anne de Gaulle, atteinte de trisomie 21, s’éteint à seulement 20 ans dans les bras de son père, à La Boisserie.
— isabelle (@roux_isabelle) April 20, 2026
Ce choix sans appel va nécessiter une réorganisation de la vie chez les de Gaulle. Charles va se révéler un homme un peu différent, un père que ni Philippe ni Élisabeth ne connaissaient véritablement. Ce père que ces deux aînés pouvaient percevoir comme distant et intransigeant, très peu porté aux démonstrations d’affection, va avec Anne se montrer d’une douceur inattendue.
On le voit la cajoler, lui raconter des histoires, essayer de lui mettre des objets entre les doigts, de lui faire battre les mains. Le colonel de Gaulle n’est pas très doué pour le chant, mais il lui chante des petites comptines. Comme Anne semble avoir l’oreille musicale, il lui fait écouter des disques pour enfants sur un petit phonographe. Philippe de Gaulle témoignera plus tard : « Il pensait qu’elle devait plus ou moins confusément se rendre compte qu’elle n’était pas comme les autres. Avec constance, il voulait lui montrer qu’on ne la rejetait pas, qu’elle ressemblait à son frère et à sa grande sœur. »
Au début des années 1930, Charles et Yvonne de Gaulle décident d’abandonner les longues vacances en famille élargie sur la Côte d’Opale et les déplacements qui deviennent de plus en plus difficiles pour Anne. Ils comprennent qu’il lui faut du calme, de l’espace. Il faut aussi pour ses parents un lieu où elle puisse vivre sans être exposée aux regards. Charles et Yvonne vont donc chercher une maison, un abri à la campagne, à l’écart du bruit et de la ville. Après des recherches un peu longues, une annonce publiée dans L’Écho de Paris les amène en Haute-Marne, à Colombey les Deux Églises, où ils vont découvrir cette grande bâtisse qui s’appelle La Boisserie, avec ses murs et sa végétation. C’est un coup de cœur immédiat.
Lorsqu’en 1937, Charles est affecté à Metz, il trouve toujours le moyen de préserver des instants avec elle. Le directeur du jardin botanique de la ville racontera plus tard que tous les soirs, quand le temps s’y prêtait, Charles de Gaulle faisait ouvrir pour la fillette les grilles du jardin, abandonné par les promeneurs à partir de 19h. Et jusqu’à ce que l’ombre gagne les grands espaces verts, il était là avec sa petite fille à goûter, loin de la foule traumatisante et loin du bruit, des moments de paix et des moments d’amour, qu’elle lui rendait au décuple.
Selon la gouvernante de l’enfant, « Anne avait un amour fou pour son père. Lorsque celui-ci mettait son habit militaire, elle pressentait son départ et manifestait sa contrariété et sa tristesse. » Dans la fin des années 30, l’Europe marche à la guerre. De Gaulle en est très conscient et se prépare à entrer sur la grande scène de l’histoire. Mais dans l’intimité de sa vie de famille, Anne le ramène à ce qu’il y a de plus humble, de plus désarmant : l’amour d’une petite fille innocente.
Le premier jour de l’année 1948, Anne fête ses 20 ans. Ce 20e anniversaire sera son dernier, car quelques jours plus tard, elle tombe malade. On pense à une angine dans un premier temps, mais on se rend vite compte que c’est plus grave. Le 6 février, un spécialiste arrive de Troyes et établit son diagnostic : bronchopneumonie double. Malgré les soins, Anne ne cesse de s’affaiblir et ses parents sont obligés de se préparer au pire.
À la nuit tombée, l’abbé Ruaux, le curé du village, est prévenu en hâte. Il arrive à La Boisserie pour administrer l’extrême onction à la jeune malade. Il est arrivé juste à temps, puisque vers 22h30, Anne expire dans les bras de ses parents. Évidemment, Charles et Yvonne savaient que leur fille était vulnérable, que sa vie serait limitée. Mais comment se préparer à un événement aussi tragique ?
Depuis 20 ans, Anne n’avait jamais quitté le foyer. Elle avait suivi ses parents au Liban, en Grande-Bretagne, en Algérie et elle était revenue avec eux en France. Il n’avait jamais été question de l’éloigner. Et cette présence si constante et si particulière va beaucoup manquer d’un seul coup dans la maison de Colombey. L’abbé Ruaux va retrouver un général complètement brisé, incapable de décider.
A lire aussi
La Grande guerre du capitaine de Gaulle : dès la Première guerre mondiale, il s’est distingué par son esprit combatif
Voici ce que lui confie de Gaulle : « Je suis un homme anéanti. Vous déciderez de tout, du jour et de l’heure. Je voudrais un enterrement comme on en fait à Colombey. » Les obsèques ont lieu le 9 février dans l’église de Colombey. Les parents restent dignes, mais au cimetière, au moment de la mise en terre, la douleur se relâche. De Gaulle murmure à son fils : « Puisse-t-elle nous protéger du haut du ciel. »
Devant la tombe blanche de Colombey, il a trouvé des mots qui sont des mots de douleur et d’espérance : « Maintenant, elle est comme les autres. »
Franck Ferrand
Retrouvez Le meilleur des Grands Dossiers de l’Histoire
Kipling et Le Livre de la jungle : Différences avec Disney, tragédies, Prix Nobel… portrait de l’écrivain en 5 anecdotes méconnues
Victor Hugo au cœur d’un scandale : Au sommet de la gloire, l’écrivain a failli tout perdre à cause d’une liaison secrète
Erik Satie et Suzanne Valadon : leur rupture a inspiré au compositeur Les Vexations, une œuvre au parfum surréaliste
Maupassant et les maisons closes : Portrait de l’écrivain insatiable en 7 anecdotes surprenantes
Cet article Charles de Gaulle : comment le handicap de sa fille Anne a bouleversé sa vie, et révélé sa tendresse de père est apparu en premier sur Radio Classique.
À 98 ans, le chef d’orchestre suédois Herbert Blomstedt a eu beaucoup de mal à terminer la direction d’une représentation donnée vendredi avec l’orchestre Symphonique de San Francisco. Hospitalisé à la suite de ce concert, le doyen des chefs d’orchestre a été contraint de renoncer aux deux représentations qu’il devait diriger ce week-end.
Fin avril dernier, Herbert Blomstedt avait enchanté le public allemand lorsqu’il avait dirigé le Berliner Philharmoniker pour trois représentations de la Symphonie n° 7 d’Anton Bruckner. Une performance que le doyen des chefs d’orchestre, à 98 ans comptait rééditer la semaine dernière en Californie, cette fois-ci pour la Symphonie n° 9 du compositeur autrichien, à la tête de l’Orchestre Symphonique de San Francisco.
Malheureusement, rien ne s’est passé comme prévu. Arrivé très fatigué après une autre série de concert à Detroit début mai, le maestro suédois a dû être hospitalisé en milieu de semaine et n’a donc pas pu participer aux premières répétitions avec l’orchestre dont il fut le directeur musical de 1985 à 1995, avant Michael Tilson Thomas. Malgré tout, Herbert Blomstedt a tenu à diriger vendredi la première des trois représentations programmées.
Selon les témoignages des spectateurs du Davies Symphony Hall, et des observateurs, notamment le critique du San Francisco Chronicle, la prestation du chef d’orchestre suédois ne fut qu’un long calvaire qui a fait craindre le pire. Arrivé en fauteuil roulant, visiblement très affaibli, Herbert Blomstedt dut être installé au podium sur un banc de piano par trois assistants. Si sa direction, toujours sans baguette, a semblé précise en début de concert, il a perdu progressivement le contrôle de ses mouvements.
C’est au cours du troisième mouvement que la situation est devenue vraiment inquiétante. Le maestro s’est affaissé peu à peu sur son côté droit faisant craindre une chute que des membres du personnel de l’orchestre ont permis d’éviter en le redressant pour l’installer plus confortablement sur un autre fauteuil, plus adapté. Un effort, qui selon les témoins, lui arracha un cri de douleur. Herbert Blomstedt a pu malgré tout terminer la direction du concert.
A lire aussi
Le doyen des compositeurs, György Kurtag, fête ses 100 ans avec un nouvel opéra
Malgré ce sursaut, l’état de santé du chef suédois l’a contraint à déclarer forfait pour les représentations de samedi et dimanche qu’a dirigées David Robertson, le chef d’orchestre américain bien connu du public français puisqu’il a assuré la direction musicale de l’Ensemble intercontemporain à Paris et de l’Orchestre national de Lyon.
New from Symphony: Conductor Herbert Blomstedt Withdraws from San Francisco Symphony Engagement After Struggling Through Concert https://t.co/PvRwWzP5gX
— League of American Orchestras (@OrchLeague) May 18, 2026
À ce jour aucune communication n’a été publiée concernant l’état de santé d’Herbert Blomstedt attendu fin mai chez lui à Stockholm pour diriger la Symphonie n° 9 de Gustave Mahler lors de deux concerts à la tête de l’orchestre symphonique de la radio suédoise.
Philippe Gault
Retrouvez l’actualité du Classique
Concours Reine Elisabeth : La violoncelliste française Clara Dietlin figure parmi les 12 finalistes
La grande soprano britannique Felicity Lott est décédée à l’âge de 79 ans
Eurovision 2026 : Pourquoi la musique classique sera particulièrement à l’honneur de cette 70ème édition
Le Prix Pelléas – Radio Classique – Les Deux Magots 2026 décerné à Christian Wasselin pour sa biographie d’Alban Berg
Cet article San Francisco : Très fatigué, Herbert Blomstedt, le doyen des chefs d’orchestre, annule plusieurs concerts est apparu en premier sur Radio Classique.
KPMG vous invite à écouter l’interview de Vianney Descheemaeker, Fondateur et Président de Cerland Group, belle ETI basée à Wambrechies (Nord) depuis sa création en 1999 et spécialisée dans les produits d’aménagement extérieur en bois vendus dans toute l’Europe.
Cet article Grâce à son engagement pour la gestion durable des forêts, l’ETI Cerland nous permet d’aménager nos jardins avec du bois européen labellisé est apparu en premier sur Radio Classique.
A l’occasion de la publication de son premier album, la harpiste Mélanie Laurent sera, ce lundi 18 mai à 20h, l’invitée du Journal du Classique.
Pour son premier album, sorti sous le label Indésens, Mélanie Laurent a choisi de faire référence au pastel, « matière poudreuse et volatile qui a donné son nom aux teintes douces » nous dit-elle. Car son instrument, la harpe, nous renvoie à un univers évanescent, à l’élégance, la douceur et la sensualité, comme on peut le percevoir à l’écoute des pièces du répertoire français réunies ici.
Mélanie Laurent nous éclairera sur ce programme et sur sa vie de musicienne au sein de l’orchestre philharmonique de Strasbourg dont elle est harpe solo. Elle retrouvera ses collègues en concert le 21 mai au Palais de la musique et des Congrès de Strasbourg, sous la direction d’Aziz Shokhakimov, puis le 28 mai pour la présentation de la nouvelle saison de l’orchestre.
Laure Mézan
Retrouvez le journal du classique du lundi au vendredi à 20h
Retrouvez l’actualité du Classique
Concours Reine Elisabeth : La violoncelliste française Clara Dietlin figure parmi les 12 finalistes
La grande soprano britannique Felicity Lott est décédée à l’âge de 79 ans
Eurovision 2026 : Pourquoi la musique classique sera particulièrement à l’honneur de cette 70ème édition
Le Prix Pelléas – Radio Classique – Les Deux Magots 2026 décerné à Christian Wasselin pour sa biographie d’Alban Berg
Cet article Mélanie Laurent, harpe solo de l’Orchestre philharmonique de Strasbourg, nous présente son premier album est apparu en premier sur Radio Classique.
From the publisher's feed