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A l’occasion de la publication de son album « Melodies in a bottle » et du grand week-end dédié au marimba de la Philharmonie de Paris, Vassilena Serafimova sera, ce mardi 19 mai à 20h, l’invitée du Journal du Classique.
Vassilena Serafimova est l’une des plus grandes ambassadrices du marimba, instrument qu’elle a largement contribué à populariser ces dernières années. La Philharmonie de Paris lui a donné carte blanche le temps d’un week-end (du 29 au 31 mai). C’est ainsi qu’elle imaginé une grande fête à laquelle s’associeront des artistes de différents horizons : un chœur de chanteuses bulgares, l’artiste électro Chloé Thévenin, le pianiste Thomas Enhco ou encore le quatuor Ardeo.
C’est avec les musiciennes du quatuor Ardeo qu’elle vient justement s’illustrer au disque, sous le label La Dolce Volta. Un album au programme éclectique – de Jean Cras à Gershwin en passant par Debussy, Satie et Vivaldi – à l’image de cette musicienne curieuse et désireuse de mettre en avant les multiples possibilités expressives de son instrument.
Laure Mézan
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Représentations au Grand Palais, dans un lycée parisien, ou dans plusieurs théâtres en région : la prochaine saison de l’Opéra-Comique se déroulera en bonne partie hors les murs, en raison de la fermeture prévue de l’établissement pour d’importants travaux de rénovation.
L’Opéra-Comique l’une des principales scènes lyriques parisiennes et lieu de naissance d’opéras commeCarmen de Georges Bizet, classé au titre des monuments historiques en 1977, avait déjà fait l’objet de rénovations entre 2015 et 2017. Il doit cette fois-ci, pendant une saison, moderniser sa cage de scène (dessous de scène, plateau et cintres, situés au-dessus). Il s’agit, entre autres, d’automatiser la machinerie des cintres, laquelle fonctionne aujourd’hui encore par cordages et contrepoids.
L’accès à la fosse d’orchestre va aussi être repensé pour la rendre accessible aux personnes à mobilité réduite. Le coût des travaux – 7 millions d’euros – est financé par le ministère de la Culture. Du fait de la fermeture, « nous avons décidé d’aller explorer des lieux singuliers dans lesquels on ne fait pas forcément de la musique ou de l’opéra », ont déclaré Louis Langrée, directeur du théâtre, et Anne-Sophie Brandalise, directrice adjointe, à l’occasion de la présentation de la saison 2026-2027.
La fabuleuse histoire de l’Opéra-Comique, un spectacle de Léo Cohen-Paperman et Emilien Diard-Detoeuf, retraçant l’histoire de cette salle et de ce genre – un art tricentenaire mêlant morceaux chantés au théâtre parlé – sera joué dans 16 villes de France, dont Poitiers, Albi, Agen, Cherbourg, Besançon, Compiègne, entre janvier et mai. Zaïde ou le Chemin de lumière, d’après WA Mozart, créé en 2025 au Festival de Salzbourg avec Raphaël Pichon à la baguette et des dialogues de Wajdi Mouawad sera donné dans le hall Eiffel du lycée Carnot à Paris.
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Heaven & Hell, une création mondiale commandée au compositeur contemporain Pascal Dusapin sera pour sa part accueillie au Grand Palais, « un lieu impossible pour y faire de la musique en raison de la réverbération du son », a expliqué Louis Langrée, « sauf si le compositeur écrit pour ce lieu », ce qui est le cas, après plusieurs tests acoustiques.
Philippe Gault (avec AFP)
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Quand sa fille Anne vint au monde, Charles de Gaulle écrivit à son ami Lucien Nachin son espoir de la voir vivre jusqu’à l’an 2000. Qui pouvait alors imaginer que cette enfant fragile ne connaîtrait que vingt trop brèves années ; et qui pouvait imaginer qu’elle marquerait si profondément son père, jusqu’à révéler chez le futur Général une tendresse inattendue et bouleversante.
En janvier 1928, à Trèves, le chef de bataillon Charles de Gaulle, alors âgé de 37 ans, commande le 19ème bataillon de chasseurs. Il est au faîte d’une carrière prometteuse. Marié à Yvonne, il est déjà père de deux enfants, Philippe et Élisabeth. Le 1er janvier 1928, au terme d’une grossesse sans problème, Yvonne accouche de leur troisième enfant, Anne.
Charles, que l’on connaît assez taiseux, est tout joyeux de cette naissance et l’annonce à son ami le colonel Lucien Nachin. Il écrit : « Je vous annonce mon colonel, la naissance de mon troisième enfant et de ma deuxième fille, survenue le 1er janvier. Nous l’appelons Anne. Elle verra peut-être l’an 2000 et la grande peur qui se déchaînera sans doute dans le monde à ce moment-là. Elle verra les nouveaux riches devenir pauvres et les anciens riches recouvrer leur fortune à la faveur des bouleversements. Elle verra les socialistes passer doucement à l’état de réactionnaire. Elle verra la France victorieuse une fois de plus, manquer la rive gauche du Rhin et peut-être son arrière-petit-fils tiendra-t-il garnison dans Trèves. »
C’est extraordinaire de voir que même dans un événement aussi personnel, intime et familial, le général de Gaulle fait de la géopolitique en prospective.
Dans les mois qui suivent sa naissance, la petite Anne présente un certain nombre de comportements qui intriguent ou qui inquiètent ses parents : des réflexes un peu lents, elle a du mal à tenir convenablement sa tête, elle n’arrive pas à suivre quoi que ce soit avec attention et elle dort beaucoup. Tout cela inquiète beaucoup la famille et on consulte des médecins.
Le verdict tombe : Anne est trisomique. C’est un choc immense. Charles et Yvonne de Gaulle vont devoir absorber non seulement la douleur mais l’incertitude et sans doute une forme de culpabilité. Ni la famille de Gaulle, ni la famille Vendroux (la famille d’Yvonne) ne compte d’antécédents dans ce domaine.
Le 6 février 1948, la petite Anne de Gaulle, atteinte de trisomie 21, s’éteint à seulement 20 ans dans les bras de son père, à La Boisserie.
— isabelle (@roux_isabelle) April 20, 2026
Ce choix sans appel va nécessiter une réorganisation de la vie chez les de Gaulle. Charles va se révéler un homme un peu différent, un père que ni Philippe ni Élisabeth ne connaissaient véritablement. Ce père que ces deux aînés pouvaient percevoir comme distant et intransigeant, très peu porté aux démonstrations d’affection, va avec Anne se montrer d’une douceur inattendue.
On le voit la cajoler, lui raconter des histoires, essayer de lui mettre des objets entre les doigts, de lui faire battre les mains. Le colonel de Gaulle n’est pas très doué pour le chant, mais il lui chante des petites comptines. Comme Anne semble avoir l’oreille musicale, il lui fait écouter des disques pour enfants sur un petit phonographe. Philippe de Gaulle témoignera plus tard : « Il pensait qu’elle devait plus ou moins confusément se rendre compte qu’elle n’était pas comme les autres. Avec constance, il voulait lui montrer qu’on ne la rejetait pas, qu’elle ressemblait à son frère et à sa grande sœur. »
Au début des années 1930, Charles et Yvonne de Gaulle décident d’abandonner les longues vacances en famille élargie sur la Côte d’Opale et les déplacements qui deviennent de plus en plus difficiles pour Anne. Ils comprennent qu’il lui faut du calme, de l’espace. Il faut aussi pour ses parents un lieu où elle puisse vivre sans être exposée aux regards. Charles et Yvonne vont donc chercher une maison, un abri à la campagne, à l’écart du bruit et de la ville. Après des recherches un peu longues, une annonce publiée dans L’Écho de Paris les amène en Haute-Marne, à Colombey les Deux Églises, où ils vont découvrir cette grande bâtisse qui s’appelle La Boisserie, avec ses murs et sa végétation. C’est un coup de cœur immédiat.
Lorsqu’en 1937, Charles est affecté à Metz, il trouve toujours le moyen de préserver des instants avec elle. Le directeur du jardin botanique de la ville racontera plus tard que tous les soirs, quand le temps s’y prêtait, Charles de Gaulle faisait ouvrir pour la fillette les grilles du jardin, abandonné par les promeneurs à partir de 19h. Et jusqu’à ce que l’ombre gagne les grands espaces verts, il était là avec sa petite fille à goûter, loin de la foule traumatisante et loin du bruit, des moments de paix et des moments d’amour, qu’elle lui rendait au décuple.
Selon la gouvernante de l’enfant, « Anne avait un amour fou pour son père. Lorsque celui-ci mettait son habit militaire, elle pressentait son départ et manifestait sa contrariété et sa tristesse. » Dans la fin des années 30, l’Europe marche à la guerre. De Gaulle en est très conscient et se prépare à entrer sur la grande scène de l’histoire. Mais dans l’intimité de sa vie de famille, Anne le ramène à ce qu’il y a de plus humble, de plus désarmant : l’amour d’une petite fille innocente.
Le premier jour de l’année 1948, Anne fête ses 20 ans. Ce 20e anniversaire sera son dernier, car quelques jours plus tard, elle tombe malade. On pense à une angine dans un premier temps, mais on se rend vite compte que c’est plus grave. Le 6 février, un spécialiste arrive de Troyes et établit son diagnostic : bronchopneumonie double. Malgré les soins, Anne ne cesse de s’affaiblir et ses parents sont obligés de se préparer au pire.
À la nuit tombée, l’abbé Ruaux, le curé du village, est prévenu en hâte. Il arrive à La Boisserie pour administrer l’extrême onction à la jeune malade. Il est arrivé juste à temps, puisque vers 22h30, Anne expire dans les bras de ses parents. Évidemment, Charles et Yvonne savaient que leur fille était vulnérable, que sa vie serait limitée. Mais comment se préparer à un événement aussi tragique ?
Depuis 20 ans, Anne n’avait jamais quitté le foyer. Elle avait suivi ses parents au Liban, en Grande-Bretagne, en Algérie et elle était revenue avec eux en France. Il n’avait jamais été question de l’éloigner. Et cette présence si constante et si particulière va beaucoup manquer d’un seul coup dans la maison de Colombey. L’abbé Ruaux va retrouver un général complètement brisé, incapable de décider.
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Voici ce que lui confie de Gaulle : « Je suis un homme anéanti. Vous déciderez de tout, du jour et de l’heure. Je voudrais un enterrement comme on en fait à Colombey. » Les obsèques ont lieu le 9 février dans l’église de Colombey. Les parents restent dignes, mais au cimetière, au moment de la mise en terre, la douleur se relâche. De Gaulle murmure à son fils : « Puisse-t-elle nous protéger du haut du ciel. »
Devant la tombe blanche de Colombey, il a trouvé des mots qui sont des mots de douleur et d’espérance : « Maintenant, elle est comme les autres. »
Franck Ferrand
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À 98 ans, le chef d’orchestre suédois Herbert Blomstedt a eu beaucoup de mal à terminer la direction d’une représentation donnée vendredi avec l’orchestre Symphonique de San Francisco. Hospitalisé à la suite de ce concert, le doyen des chefs d’orchestre a été contraint de renoncer aux deux représentations qu’il devait diriger ce week-end.
Fin avril dernier, Herbert Blomstedt avait enchanté le public allemand lorsqu’il avait dirigé le Berliner Philharmoniker pour trois représentations de la Symphonie n° 7 d’Anton Bruckner. Une performance que le doyen des chefs d’orchestre, à 98 ans comptait rééditer la semaine dernière en Californie, cette fois-ci pour la Symphonie n° 9 du compositeur autrichien, à la tête de l’Orchestre Symphonique de San Francisco.
Malheureusement, rien ne s’est passé comme prévu. Arrivé très fatigué après une autre série de concert à Detroit début mai, le maestro suédois a dû être hospitalisé en milieu de semaine et n’a donc pas pu participer aux premières répétitions avec l’orchestre dont il fut le directeur musical de 1985 à 1995, avant Michael Tilson Thomas. Malgré tout, Herbert Blomstedt a tenu à diriger vendredi la première des trois représentations programmées.
Selon les témoignages des spectateurs du Davies Symphony Hall, et des observateurs, notamment le critique du San Francisco Chronicle, la prestation du chef d’orchestre suédois ne fut qu’un long calvaire qui a fait craindre le pire. Arrivé en fauteuil roulant, visiblement très affaibli, Herbert Blomstedt dut être installé au podium sur un banc de piano par trois assistants. Si sa direction, toujours sans baguette, a semblé précise en début de concert, il a perdu progressivement le contrôle de ses mouvements.
C’est au cours du troisième mouvement que la situation est devenue vraiment inquiétante. Le maestro s’est affaissé peu à peu sur son côté droit faisant craindre une chute que des membres du personnel de l’orchestre ont permis d’éviter en le redressant pour l’installer plus confortablement sur un autre fauteuil, plus adapté. Un effort, qui selon les témoins, lui arracha un cri de douleur. Herbert Blomstedt a pu malgré tout terminer la direction du concert.
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Malgré ce sursaut, l’état de santé du chef suédois l’a contraint à déclarer forfait pour les représentations de samedi et dimanche qu’a dirigées David Robertson, le chef d’orchestre américain bien connu du public français puisqu’il a assuré la direction musicale de l’Ensemble intercontemporain à Paris et de l’Orchestre national de Lyon.
New from Symphony: Conductor Herbert Blomstedt Withdraws from San Francisco Symphony Engagement After Struggling Through Concert https://t.co/PvRwWzP5gX
— League of American Orchestras (@OrchLeague) May 18, 2026
À ce jour aucune communication n’a été publiée concernant l’état de santé d’Herbert Blomstedt attendu fin mai chez lui à Stockholm pour diriger la Symphonie n° 9 de Gustave Mahler lors de deux concerts à la tête de l’orchestre symphonique de la radio suédoise.
Philippe Gault
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KPMG vous invite à écouter l’interview de Vianney Descheemaeker, Fondateur et Président de Cerland Group, belle ETI basée à Wambrechies (Nord) depuis sa création en 1999 et spécialisée dans les produits d’aménagement extérieur en bois vendus dans toute l’Europe.
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A l’occasion de la publication de son premier album, la harpiste Mélanie Laurent sera, ce lundi 18 mai à 20h, l’invitée du Journal du Classique.
Pour son premier album, sorti sous le label Indésens, Mélanie Laurent a choisi de faire référence au pastel, « matière poudreuse et volatile qui a donné son nom aux teintes douces » nous dit-elle. Car son instrument, la harpe, nous renvoie à un univers évanescent, à l’élégance, la douceur et la sensualité, comme on peut le percevoir à l’écoute des pièces du répertoire français réunies ici.
Mélanie Laurent nous éclairera sur ce programme et sur sa vie de musicienne au sein de l’orchestre philharmonique de Strasbourg dont elle est harpe solo. Elle retrouvera ses collègues en concert le 21 mai au Palais de la musique et des Congrès de Strasbourg, sous la direction d’Aziz Shokhakimov, puis le 28 mai pour la présentation de la nouvelle saison de l’orchestre.
Laure Mézan
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Les épreuves finales du Concours Reine Elisabeth se dérouleront la semaine prochaine à Bruxelles. Après deux tours éliminatoires, douze concurrents ont été retenus pour participer aux ultimes auditions. Parmi eux la jeune violoncelliste française Clara Dietlin.
Des 64 candidats initialement sélectionnés pour participer aux épreuves finales de l’édition 2026 du Concours Reine Elisabeth, consacrée au violoncelle, il n’en reste que 12, retenus après les deux tours éliminatoires qui se sont déroulés depuis le 4 mai à Bruxelles. 3 femmes et 9 garçons, représentant onze nations (USA, Canada, Corée du Sud, Japon, France, Espagne, Allemagne, Pologne, Ouzbékistan, Italie et Russie x 2).
Malgré l’élimination de Gabriel Guinier au premier tour et de Léo Ispir au second, la délégation française garde toutes ses chances pour la victoire finale grâce à la qualification de la jeune Francilienne Clara Dietlin pour les auditions finales qui se dérouleront la semaine prochaine du 25 au 30 mai dans la Salle Henry Le Bœuf au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles.
Formée au conservatoire de Boulogne-Billancourt dans la classe de Jean Ferry, la jeune violoncelliste de 25 ans, issue d’une famille de musiciens, a poursuivi ses études au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris. À seulement 20 ans, elle a intégré sur concours l’orchestre de l’Opéra de Paris où elle a occupé le poste de second violoncelle solo avant d’être admise en 2024 en tant qu’Artiste en résidence à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth, dans la classe de Gary Hoffman et Jeroen Reuling.
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Pour le tour final, les 12 candidats retenus seront auditionnés à raison de deux par soirée. Accompagnés par le Belgian National Orchestra sous la direction d’Antony Hermus, ils interpréteront chacun(e) un concerto de leur choix et l’œuvre inédite imposée de la compositrice chinoise Fang Man, Four Odes to the Tidings of Flowers. Les candidats ont reçu la partition de cette œuvre ce lundi et n’ont donc qu’une semaine pour l’étudier, sans aide extérieure.
Clara Dietlin sera auditionnée mercredi 27 mai et a sélectionné, comme œuvre de son choix, un extrait de la Symphonie concertante op. 125 de Serge Prokofiev qu’elle interprétera sur le violoncelle du luthier génois Bernardo Calcagni fabriqué en 1743, prêté par la fondation Vivo D’Arte.
Philippe Gault
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150 nouveaux mots font leur entrée dans la nouvelle édition du Petit Robert 2027, parue en mai 2026. Le dictionnaire, qui fête cette année ses 60 ans, compte désormais 110 000 mots et expressions. Ces nouveaux termes racontent quelque chose de notre époque : le dictionnaire joue, en quelque sorte, le rôle d’un miroir.
Parmi les entrées les plus surprenantes figure le mot narchomicide. Terme récent, ce mot-valise particulièrement bien trouvé a rapidement été adopté par les médias. Il a été créé en 2023 par la procureure de la République de Marseille, Dominique Laurens.
Il désigne les meurtres liés au trafic de drogue, et se compose du préfixe narco (la drogue) et du mot homicide (meurtre d’un être humain). L’expression « règlement de comptes », jusqu’alors en usage, ne rendait pas justice aux victimes collatérales qui n’ont rien à voir avec les gangs.
Le verbe marrainer existait de façon très isolée au début du XXe siècle. Il revient aujourd’hui pour désigner le soutien accordé par une femme à un projet ou à une cause. Il vient compléter le verbe parrainer, neutre dans l’usage mais masculin dans la forme. Marrainer rend ainsi le genre visible : il s’agit d’une féminisation fonctionnelle et logique. Puisque l’on parle de la marraine d’une association, il est naturel qu’elle la marraine.
Gavé est un adverbe familier employé dans le Sud-Ouest, qui signifie « beaucoup » ou « très ». Exemple : gavé bonne, cette chocolatine. Il sort de ses frontières girondines pour conquérir les jeunes générations à l’échelle nationale.
Le verbe matrixé, lui, évoque le film culte Matrix, dans lequel le personnage de Neo prend conscience qu’il vit dans un monde virtuel — la Matrice — où les humains sont contrôlés par des machines.
Être matrixé, c’est donc être manipulé ou conditionné, par les réseaux sociaux par exemple. Par extension, le mot peut également désigner le fait de faire une impression profonde sur quelqu’un.
Enfin, impossible de ne pas mentionner bouiner : ce verbe régional, qui signifie « vaquer à ses occupations », fait également son entrée dans le dictionnaire. Loin d’être un néologisme ou de l’argot moderne, il nous vient de nos belles provinces — une preuve supplémentaire que le Petit Robert puise dans toute la richesse et la diversité de la langue française.
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L’édition 2027 accueille également aquafaba, texturé, bibimbap ou encore espèce parapluie — autant de termes que l’on peut découvrir dans le Petit Robert 2027 ou sur le nouvel assistant linguistique Dis-moi Robert. Ce dernier propose d’ailleurs un jeu ludique : Quel mot est né en même temps que vous ? Il suffit d’y entrer son année de naissance pour découvrir les mots apparus la même année.
Karine Dijoud
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On oublie souvent que l’Union européenne est un des plus grands marchés de consommation au monde, et donc un partenaire économique incontournable, notamment pour la Chine. C’est ce qu’a rappelé ce matin sur Radio Classique Emmanuel Lincot, directeur de recherche à IRIS et codirecteur du programme Asie-Pacifique, auteur du livre Chine-Inde, la guerre des mondes aux éditions du Cerf.
Quels enseignements tirez-vous de la visite de Donald Trump, qui n’a désormais pas de plus grand ami que Xi Jinping — lequel a parlé de « stabilité constructive et stratégique » dans sa relation avec les États-Unis ?
EMMANUEL LINCOT : Donald Trump se paye de mots. En définitive, c’est une défaite sur le plan commercial pour lui : il n’a vendu sur le papier que 200 Boeing, et Elon Musk, qui faisait partie de la délégation, n’a manifestement rien signé avec les Chinois. Échec commercial donc, et victoire symbolique pour Xi Jinping, incontestablement.
On peut aussi paraphraser Clausewitz, « la guerre est la continuité de la diplomatie par d’autres moyens ». Trump va être conforté dans l’idée que la Chine ne fera rien en sa faveur au Moyen-Orient. Il va donc, aux côtés de Netanyahou, poursuivre le conflit contre les Iraniens.
Si Trump n’a rien gagné à aller en Chine, pourquoi Xi Jinping l’a-t-il reçu ?
E.L. Il l’a reçu parce qu’il y a des dossiers particulièrement importants, et surtout c’est une question de « face », comme disent les Chinois. Pour Xi Jinping, il s’agit de donner des gages à son opinion nationale. Même en dictature, il a besoin d’une légitimité populaire. De ce point de vue, mission réussie : tout indique que les chemins mènent à Pékin. Poutine y va, Macron y est allé, Trump la semaine dernière. Grande victoire symbolique : tout le monde fait le kowtow, c’est-à-dire se prosterner devant l’empereur de Chine.
Comment avez-vous interprété l’avertissement de Xi sur Taïwan, au-delà des amabilités prodiguées à Trump ?
E.L. C’est, selon moi, un aveu de faiblesse de l’administration chinoise. Les Chinois sont très chatouilleux sur la question taïwanaise — c’est leur ligne rouge absolue, une question de souveraineté. Mais rappeler cela avec autant de fermeté et de radicalité trahissait une nervosité certaine.
On sait par ailleurs que l’armée chinoise est constamment purgée de ses plus hauts généraux depuis des mois, notamment He Weidong, qui n’était autre que le responsable des affaires taïwanaises. Il y a manifestement un problème, et une résistance au sein même du régime contre Xi Jinping.
Pourquoi ces purges militaires ? Les militaires ont des positions particulières sur Taïwan ?
E.L. Cela signifie qu’il n’y a pas de consensus entre l’armée et le Parti. Et que la légitimité de Xi Jinping, quoi qu’en dise la propagande communiste, est régulièrement mise à mal.
J’en viens à la visite de Vladimir Poutine, qui sera demain et mercredi à Pékin, sa deuxième visite en deux ans. La dernière fois, on avait retenu cette discussion hors micro sur la longévité et l’immortalité avec Xi. Qu’espère Poutine de cette visite ?
E.L. Poutine est l’obligé de Xi Jinping, il en a besoin. La Russie est désormais vassalisée par rapport à la Chine, la relation est de plus en plus asymétrique. Mais dans le même temps, la Chine a besoin de la Russie pour faire contrepoids aux États-Unis et surtout pour préparer l’après : il va y avoir de plus en plus de turbulences avec Washington, donc il faut sécuriser les approvisionnements énergétiques.
D’où la visite de Poutine, mais aussi la nécessité d’ouvrir un troisième corridor — le corridor médian — qui traverse l’Asie centrale, le Caucase, la Turquie, et rejoint l’Union européenne, premier partenaire commercial de la Chine. Cette sécurisation incombe en principe à la Russie. La Chine pratique une diplomatie toute gaullienne : souveraineté avant tout, ne s’aliéner aucun partenaire.
La Chine a-t-elle quelque chose à faire des conflits qui nous préoccupent, en Iran, au Moyen-Orient, et en Ukraine ?
E.L. La Chine a tout intérêt à ce que ces conflits perdurent, car ils affaiblissent les Européens et les Américains. Elle continue de nourrir et de financer ces guerres indirectement. On le sait notamment par un article du New York Times : la Chine continue d’envoyer des composants électroniques nécessaires à la fabrication de drones iraniens, utilisés tantôt par la Russie, tantôt contre l’armée américaine. Nous assistons à une guerre indirecte.
Trump, Poutine, Macron l’année dernière… La Chine est la puissance mondiale la plus courtisée. Diriez-vous que c’est aujourd’hui la première puissance mondiale ?
E.L. Non, certainement pas. Dans bien des domaines, les retards de la puissance chinoise restent considérables. Il ne faut pas oublier que plus de la moitié de la population chinoise vit en dessous du seuil de pauvreté. Les défis sont immenses. Et le pouvoir de Xi Jinping est fondamentalement contesté — à voix basse, évidemment — mais ces purges à répétition montrent que la vie politique en Chine n’est pas un long fleuve tranquille.
Vous placez parmi les manifestations de cette contestation la disparition d’hommes d’affaires trop prospères, le limogeage de hauts gradés… Qu’est-ce qui est finalement reproché à Xi ? D’avoir trop de pouvoir, de s’être nommé dirigeant à vie ?
E.L. Tout cela à la fois. Mais aussi des indicateurs économiques dans le rouge : la croissance annoncée à 5 % doit être revue à la baisse, la spéculation immobilière est très importante, le chômage des jeunes atteint 20 % dans les grandes villes, et la COVID-19 a détruit une partie du tissu économique. Les choses ne vont pas si bien que cela. Et ce que contestent certains militaires, c’est la trop grande proximité avec la Russie et une radicalité excessive à l’encontre des États-Unis. Tous ne partagent pas ces choix.
Comment l’Europe peut-elle se positionner vis-à-vis de la Chine ? Certains estiment que, les États-Unis n’étant plus un partenaire fiable, il faudrait se rapprocher de Pékin dans une logique gaullienne. Est-ce votre avis ?
E.L. La Chine en a besoin, et c’est là un atout pour les Européens. On sous-estime la puissance économique de l’Union européenne, qui est l’un des premiers marchés de consommateurs au monde. Fort de cela, l’Europe a des leviers considérables. Je pense qu’il faut effectivement faire un choix d’équilibre : rappeler que notre alliance avec les États-Unis est de plus en plus fragile, sans pour autant se rapprocher de manière irréversible de la Chine, ni de l’Inde. Il faut revenir à des choix gaulliens de souveraineté.
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La Chine a besoin de l’Europe, et pourtant elle nous inonde de ses produits à bas prix — les voitures électriques en sont l’exemple type, 10 000 ou 20 000 euros moins chères que leurs équivalents européens. Pour quelqu’un qui a besoin de nous, elle ne nous ménage guère.
E.L. C’est certain. Mais nous ne sommes pas suffisamment fermes avec qui que ce soit — pas même avec Trump, qui a cru, tout comme Macron, pouvoir nouer une relation spéciale avec Xi Jinping. On ne peut pas entretenir une relation particulière avec des communistes de type stalinien, qui sont dangereux et qui cherchent à terme à nous asservir.
Alors quelle relation faut-il nouer avec eux ?
E.L. Une relation à la fois distanciée et suffisamment ferme pour se faire respecter. Les Européens, et les Français tout particulièrement, ont besoin de se faire respecter.
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La grande soprano britannique Dame Felicity Lott, très appréciée au Royaume-Uni et en France, son pays de cœur, est décédée vendredi à l’âge de 79 ans. Quelques jours avant son décès, la cantatrice avait révélé qu’elle souffrait d’un cancer « en phase terminale ».
Il y a une semaine, dans une interview pour la radio, Felicity Lott avait révélé le cancer qui lui avait été diagnostiqué un an plus tôt et qu’elle se savait condamnée à brève échéance mais, dans cet entretien à la BBC, la chanteuse anglaise confiait espérer participer, en octobre, à une vente caritative au profit d‘établissements… de soins palliatifs.
Son merveilleux vœux ne se réalisera malheureusement pas. La maladie l’a emportée trop vite. « Felicity Lott a vécu sa maladie avec une grande dignité et une totale acceptation. Elle est restée jusqu’au bout d’une élégance et d’un chic tout à fait caractéristiques », a déclaré son agente, Sue Spence.
Le Royal Ballet and Opera de Londres a salué « l’une des plus grandes sopranos de son époque, célébrée dans le monde entier pour la grâce (…) et la beauté pure de sa voix », qui avait conservé son « authenticité et une autodérision » toute britannique. L’Opéra de Paris (OnP), avec lequel elle fit ses adieux à la scène en 2024 à Bastille, a également rendu hommage à celle qui « entretenait avec la France une relation profondément affective », après avoir passé un an comme assistante d’anglais dans un lycée près de Grenoble avant d’entrer à la Royal Academy à Londres.
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« C’est là qu’elle s’inscrit au Conservatoire de Grenoble et rencontre la professeure Elisabeth Maximovic, qui décèle chez elle un talent rare et l’encourage à devenir chanteuse », est-il indiqué. « Felicity Lott porta le répertoire français (notamment celui de Francis Poulenc, ndlr) avec une diction incomparable, une sensibilité unique et un amour sincère de la culture française qui lui valurent, tout au long de sa carrière, l’admiration fidèle du public français », selon l’OnP.
Philippe Gault (avec AFP)
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