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Le 30e prix Pelléas – Radio Classique – Les Deux Magots a été décerné à Christian Wasselin pour son livre Alban Berg. Une biographie fantastique, paru aux éditions Le Condottiere.
Il y avait du beau monde ce mardi au célèbre café Les Deux Magots à l’occasion de la remise de ce prix littéraire qui distingue chaque année depuis 1997 un ouvrage « aux plus belles qualités littéraires consacré à la musique ». Cette 30e édition du prix Pelléas – Radio Classique – Les Deux Magots a récompensé Christian Wasselin pour son livre consacré à Alban Berg à travers une « biographie fantastique ».
Si l’an dernier le prix avait été attribué à Dominique Fernandez pour son ouvrage consacré au mystère Prokofiev, cette année il récompense un musicologue averti, grand spécialiste d’Hector Berlioz, mais qui, pour son nouveau livre, s’est penché sur la vie d’Alban Berg, mondialement célébré pour ses lieder et, surtout, pour ses deux œuvres majeures, Wozzeck et Lulu.
Cette « biographie fantastique », au fil de 450 pages, nous plonge dans l’univers du grand compositeur autrichien à travers un récit qui mêle rigueur factuelle et imagination littéraire. Y sont évoquées autant la vie personnelle du musicien que son œuvre et ses références, dans le contexte effervescent de la Vienne du début du XXe siècle mais aussi du déclin de l’empire austro-hongrois.
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Dans cette biographie originale, Christian Wasselin mêle rigueur documentaire et formes fictionnelles, entre conte, dialogue et reportage, en faisant intervenir des figures imaginaires autant que réelles, notamment ses passions amoureuses et ses proches musiciens comme Gustav Mahler, Anton Webern et surtout Arnold Schoenberg. Il en résulte un récit hybride, tissé de correspondances et porté par une atmosphère presque fantastique. Sans oublier les références à cette guêpe dont une piqure fut fatale à Alban Berg et qu’on retrouve dès la couverture du livre.
Christian Wasselin, 67 ans, partage son œuvre entre littérature et musicographie. Auteur de nombreux ouvrages consacrés à la musique, il a notamment écrit sur Hector Berlioz, auquel il a consacré plusieurs livres, mais aussi sur Mahler, Schumann et Beethoven, ainsi que sur des figures littéraires comme Nerval et Beaumarchais. Également romancier, on lui doit aussi le livret de l’opéra de Gérard Condé Les Orages désirés (2009). Il collabore régulièrement à Opéra Magazine, Scènes Magazine et au site Webtheatre.
Philippe Gault
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On les imagine cloîtrés entre quatre murs, plume à la main, noircissant des partitions à longueur de journée… Pourtant, les plus grands compositeurs de l’histoire avaient aussi des passions et des hobbies qui les emmenaient bien loin de la musique. Le sport, la cuisine, l’astrologie ou encore l’agriculture, leurs vies cachent des trésors d’humanité et de curiosité.
Wolfgang Amadeus Mozart était un passionné de billard, au point de posséder sa propre table, acquise pour environ 300 florins, une somme équivalente à environ 6 500€ aujourd’hui.
Il jouait régulièrement avec des amis, dont le ténor irlandais Michael Kelly, et n’hésitait pas à jouer seul en l’absence de partenaire. Dans une lettre à son épouse Constanze, datée de 1791, il mentionne lui-même ses parties de billard, se désignant à la troisième personne avec une pointe d’humour caractéristique.
Ce qui est fascinant, c’est que le billard semblait stimuler sa créativité : il lui arrivait de s’interrompre en pleine partie pour griffonner des idées musicales sur un cahier posé à côté de la table.
À sa mort, l’inventaire de sa succession mentionne sans équivoque « une table de billard, cinq billes et douze queues »… témoignage tangible d’une passion sincère et durable. Certains historiens suggèrent même que les enjeux financiers liés à ses parties de billard auraient contribué à ses difficultés économiques récurrentes.
On imagine difficilement le sévère Brahms se perdre dans les bois, et pourtant… Le compositeur était un grand marcheur, passant des heures dans la nature pour y puiser son inspiration. Entre 1865 et 1874, il séjournait régulièrement à Baden-Baden (Lichtental), et c’est lors de ses promenades matinales dans les forêts environnantes que lui est venue l’idée de son célèbre Trio pour cor, violon et piano op. 40.
Il le confia à son ami et collègue Albert Dietrich, directeur de l’orchestre d’Oldenbourg : « Un matin, je marchais, et au moment où j’arrivais là, le soleil se mit à briller entre les troncs des arbres. L’idée du trio me vint à l’esprit avec son premier thème. »
On connaît Rachmaninov pour ses concertos vertigineux et sa maîtrise du clavier. On sait moins qu’il était aussi un passionné d’agriculture. Dès 1890, il séjournait régulièrement à Ivanovka, un vaste domaine situé au sud-est de Moscou, propriété de la famille Satin, sa famille par alliance. Là, il s’impliquait pleinement dans la gestion du domaine : inventaire des bêtes, entretien des machines, supervision des cultures…
Cette passion n’était pas sans racines, puisqu’il est né dans une famille de propriétaires terriens. Rachmaninov avait grandi dans le calme de la steppe russe. La Révolution de 1917 l’a contraint à quitter Ivanovka définitivement et à s’exiler aux États-Unis, laissant derrière lui ce domaine tant aimé.
Mais Rachmaninov n’était pas homme à se contenter d’une seule passion. Sur les routes, il se transformait en pilote intrépide, adorant les belles voitures et la vitesse, allant selon son épouse Natalia jusqu’aux limites de ses bolides.
Il établissait lui-même un parallèle saisissant entre conduite et direction d’orchestre : « Lorsque je dirige un orchestre, j’éprouve la même sensation que lorsque je conduis ma voiture, un calme intérieur qui me donne une complète maîtrise de moi-même. » Un homme de terre et de vitesse, donc, dont la sensibilité embrassait tout autant les grands espaces de la steppe russe que le rugissement des moteurs.
Dmitri Chostakovitch était un fervent passionné de football, supporter acharné du FC Zenit de Leningrad. Il contribuait à des articles dans des journaux sportifs et tenait des livres de statistiques sur les équipes de sa ville natale. Arbitre qualifié, il connaissait le jeu dans ses moindres détails.
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Il rêvait de composer un hymne au football, vœu qu’il exauça avec le ballet L’Âge d’or, dont l’argument met en scène une équipe soviétique découvrant le monde capitaliste. En dehors du terrain, il aimait aussi le poker, avec moins de succès puisqu’il aurait perdu son grand piano de concert en 1930 !
Giacomo Puccini était un homme de passions multiples. Installé à Torre del Lago au bord d’un lac, il embarquait régulièrement dans son canot à moteur pour chasser les canards et autres volatiles. Mais sa passion la plus dévorante était sans doute l’automobile. Il possédait de nombreuses voitures et était réputé comme un fin connaisseur en mécanique et carrosserie.
Cette passion a failli lui coûter la vie lors d’un dramatique accident dans la nuit du 25 février 1903 : sa voiture dévala un talus et se retrouva sur un terrain en friche. Puccini a été retrouvé inconscient, coincé sous le véhicule, la jambe brisée. Une fracture du tibia qui lui laissa un pied boiteux jusqu’à la fin de ses jours. Cela ne l’empêcha pourtant pas de continuer à sillonner les routes italiennes et européennes.
Prokofiev était un joueur d’échecs redoutable, étudiant les stratégies avec une rigueur de grand maître. En 1937, il disputa un match officiel en dix parties contre le violoniste David Oistrakh, au Club des Maîtres de l’Art à Moscou, devant des arbitres officiels et un public nombreux. Le perdant s’engageait à donner un concert pour les membres du club.
Contre toute attente, Prokofiev s’inclina après sept parties disputées, et non Oistrakh, comme la légende populaire le laisse parfois entendre.
On croit souvent que la suite orchestrale Les Planètes de Gustav Holst est une œuvre d’inspiration astronomique… C’est en réalité sa passion pour l’astrologie qui est à l’origine de ce chef-d’œuvre. Holst s’était plongé dans les écrits d’Alan Leo, grand maître de l’astrologie britannique, et confessait lui-même : « En règle générale, j’étudie uniquement les choses qui m’évoquent la musique… récemment, j’ai découvert l’astrologie et le caractère de chaque planète m’a suggéré des motifs. »
Composées à partir de 1914, ses sept planètes (Mars le guerrier, Vénus pacifique, Jupiter joyeux, Saturne vieillissant, Neptune le mystique) ne sont pas des portraits astronomiques mais bien des archétypes astrologiques, allant de la force brute à la grâce céleste.
Le grand Jean-Philippe Rameau, père de l’opéra français et auteur des Indes Galantes, cachait une passion peu commune pour les mathématiques et la théorie musicale. En 1722, il publia son Traité de l’Harmonie réduit à ses principes naturels, s’appuyant sur les travaux du physicien Joseph Sauveur et sur la philosophie de Descartes.
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Il y démontra que derrière chaque son se cachent des combinaisons naturelles, qu’il nomma « accord parfait », régies par des lois universelles. Une véritable révolution intellectuelle qui renversa l’idée selon laquelle la mélodie était au cœur de la musique, au profit de l’harmonie comme principe fondateur. Cette quête théorique l’occupa jusqu’à sa mort en 1764.
Félix Mendelssohn était non seulement un prodige de la musique, mais également un aquarelliste de talent. Ses voyages à travers l’Europe étaient autant d’occasions de croquer des paysages avec une précision technique éblouissante : les chutes du Rhin, les rives de Montreux et de Lucerne, ou encore la majestueuse Jungfrau.
En 1838, lors d’un séjour en Suisse, il confiait à son ami Karl Klingemann : « Je n’ai pas composé un seul morceau de musique, mais j’ai plutôt dessiné des jours entiers jusqu’à ce que mes doigts et mes yeux me fassent mal. » Ses aquarelles sont aujourd’hui visibles à la Mendelssohn-Haus de Leipzig et sur ce site.
On connaît Gershwin pour sa Rhapsody in Blue, mais on sait moins qu’il était également un peintre de talent. La peinture lui offrait des moments de solitude bienvenus, loin de la frénésie de sa carrière. Il réalisa plusieurs portraits et autoportraits, dont un célèbre portrait d’Arnold Schoenberg, réalisé vers 1934, et conservé dans les archives Gershwin à la Library of Congress.
Gioachino Rossini n’est pas seulement l’auteur du Barbier de Séville, il est aussi l’un des plus grands gastronomes de l’histoire de la musique. La célèbre recette du Tournedos Rossini lui est traditionnellement attribuée.
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Durant sa retraite à Paris, entre 1857 et 1868, il composa ses fameux Péchés de vieillesse, un recueil de pièces pour piano et voix dont les titres témoignent avec humour de sa passion culinaire : Les Radis, Les Anchois, Les Cornichons, Le Beurre, Ouf ! Les petits pois ou encore Hachis romantique. Rossini organisait lui-même des dîners fastueux chez lui, lors desquels il interprétait ces pièces en personne, régalant ses convives autant par la table que par la musique.
Daphnée Cataldo
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Le chanteur lyrique Paata Burchuladze, arrêté en octobre 2025 après une manifestation contre le régime géorgien, a été condamné à sept ans de prison par un tribunal de Tbilissi. Le Royal Opera House de Londres et le Théâtre de la Monnaie de Bruxelles appellent à sa libération.
Activiste engagé dans la lutte contre le régime géorgien au sein du parti « Avenue Rustaveli » qu’il a fondé à la fin de sa carrière sur scène en 2016 , Paata Burchuladze a été interpellé au début du mois d’octobre à la suite d’une manifestation qui avait dégénéré à Tbilissi. Depuis, le chanteur de 71 ans était détenu en prison. La semaine dernière il a été condamné à sept ans de prison.
Avec 9 autres personnes inculpées, Paata Burchuladze était jugé pour s’être rendu coupable de « tentative de coup d’État ». À l’issue de l’audience des prévenus au tribunal municipal de Tbilissi, Paata Burchuladze a été inculpé pour « tentative de prise de contrôle ou de blocage d’installations stratégiques et particulièrement importantes, commise en groupe », d’« organisation et direction de violences collectives » et d’« incitation à modifier l’ordre constitutionnel de la Géorgie par la violence ».
The court issued verdicts in the October 4 case.
Those arrested on charges of organizing: Paata Burchuladze, Murtaz Zodelava, Irakli Nadiradze, Paata Manjgaladze, and Lasha Beridze were each sentenced to seven years in prison.
1/ pic.twitter.com/BzMgovtphq
— PUBLIKA (@Publika_ge) May 7, 2026
Après le prononcé du jugement, Paata Burchuladze a déclaré qu’il n’avait « rien à justifier » et restait convaincu d’être « dans la bonne voie car La Géorgie ne se rendra jamais. Le peuple est sage et patriote », mais a estimé que cette condamnation était équivalente à la perpétuité compte tenu de son âge.
Le Royal Opera House de Londres où le chanteur géorgien s’est souvent produit depuis 1984 n’a pas tardé à réagir. Dans un courrier, Peter Katona, le directeur de casting de l’institution de Covent Garden, a alerté le Premier ministre britannique sur le fait que « Les accusations portées contre M. Burchuladze sont entièrement fabriquées de toutes pièces et illégales. Il est persécuté uniquement en raison de sa position critique à l’égard du régime en place ».
Keir Starmer n’a pas répondu, mais, selon The Guardian, le ministère des Affaires étrangères a déclaré qu’il suivait de près l’évolution de la situation.
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À Bruxelles, Christina Scheppelmann, directrice artistique générale du théâtre royal de la Monnaie, a elle aussi interpellé le premier ministre belge pour lui signifier qu’Il est évident que « Paata Burchuladze ne peut bénéficier d’un procès équitable. Comme d’autres détenus politiques, ses droits fondamentaux sont bafoués et il est puni à titre d’exemple pour dissuader quiconque oserait s’opposer au régime ».
Philippe Gault
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A l’occasion de notre journée spéciale consacrée au Festival de Saint-Denis, Nicolas Candoni et Jérémie Rhorer seront, ce mardi 12 mai à 20h, les invités du Journal du Classique.
Cette 58ème édition du Festival de Saint-Denis sera la deuxième de son directeur Nicolas Candoni, mais surtout la première dont il signe la programmation. Il nous éclairera ainsi ce soir sur sa démarche, sa fidélité à l’esprit et la tradition du festival et ses nouveaux projets. Un festival qui rayonnera du 28 mai au 23 juin entre La Basilique où résonneront quelques grandes œuvres symphoniques ou sacrées et le pavillon d’honneur de la Légion d’honneur où se donneront des concerts plus intimes.
Jérémie Rhorer nous racontera, quant à lui, son histoire avec le festival où il reviendra le 16 juin pour diriger la Messe en ut mineur de Mozart. Il sera à la tête de son Cercle de l’harmonie, du chœur de l’orchestre de Paris et d’un beau plateau de solistes réunissant Amina Edris, Adèle Charvet, Sahy Ratia et Guilhem Worms.
Laure Mézan
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Considérée comme une des plus grandes chanteuses lyriques britanniques, Dame Felicity Lott a annoncé lors d’une émission de radio être atteinte depuis un an d’un cancer en phase terminale.
Cruelle ironie du sort, c’est il y a un an alors qu’elle participait à l’organisation d’une vente caritative au profit d’un centre de soins palliatifs que Felicity Lott a appris qu’elle était atteinte d’un cancer en phase terminale. Maladie qu’elle a révélée ce week-end dans une émission de la BBC, quelques jours après avoir fêté le 8 mai ses 79 ans.
Comme toujours, avec humour, la grande soprano anglaise a déclaré : « C’est assez ironique, en fait, car ‘ignorais que j’étais malade quand j’ai contacté la formidable responsable de la collecte de fonds… Je pensais qu’on pourrait peut-être vendre certaines de mes robes aux enchères au profit de cet établissement médical. Et puis, incroyable, c’est moi qui me suis retrouvée admise en soins palliatifs ».
Anoblie en 1996 par la reine Elisabeth II, Felicity Lott, née en 1947 à Cheltenham (Gloucestershire), fit ses débuts en 1974 à l’English National Opera dans Tolomeo de Georg Friedrich Haendel après des études en France, au conservatoire de Grenoble, et à la Royal Academy of Music de Londres où elle obtint un premier prix.
Spécialiste des grands rôles du répertoire de Richard Strauss, la cantatrice s’est aussi fait remarquer dans ses interprétations d’opéras de compositeurs français tels que Jacques Offenbach, Hector Berlioz, Charles Gounod ou encore Emmanuel Chabrier grâce à sa parfaite maîtrise de la langue française.
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La France qu’elle visite régulièrement, pour se produire dans les plus grandes salles parisiennes comme l’Opéra de Paris, le Théâtre des Champs-Élysées, l’Opéra-Comique… mais également pour y acheter ses robes de scène. Une histoire d’amour avec la France qui lui a valu d’être élevée au rang de chevalier des Arts et des Lettres en 1990 et de chevalier de la Légion d’honneur en 2001.
Interrogée sur son état de santé actuel, Felicity Lott a confié que le traitement à base de stéroïdes qu’elle suit lui donne « une énergie comme jamais ».
La cantatrice compte bien participer en octobre prochain à la vente caritative où seront mises aux enchères quelques pièces de sa garde-robe, notamment des modèles signés Givenchy et Bruce Oldfield, et a conclu : « Je suis tellement heureuse en ce moment. Je ne veux pas qu’on me plaigne parce que je m’amuse comme une folle. Je ne comprends pas, car je ne suis pas en bonne santé ».
Philippe Gault
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Commencez votre été en musique avec les plus grands chefs-d’œuvre du répertoire classique ! Radio Classique fait son grand retour Avenue Montaigne, accompagnée avec excellence par l’Orchestre national d’Île-de-France. Jean-Michel Dhuez vous guidera tout au long de ces deux concerts festifs, entouré de solistes de renom.
Découvrez en avant-première les surprises que vous réserve cette « folle soirée », sa programmation brillante, sans oublier les artistes invités qui sublimeront ce rendez-vous incontournable !
Toute la journée, les animateurs de Radio Classique et les artistes partagent à l’antenne leurs coups de cœur sur la programmation des concerts : un avant-goût du festival d’émotions qui vous attend au Théâtre des Champs-Elysées.
9h : Les Grands Dossiers de l’Histoire – spécial Verdi. Franck Ferrand nous fait découvrir la vie et l’œuvre du compositeur à l’occasion de la Folle Soirée de l’Opéra.
10h : Intervention de Vannina Santoni, soprano soliste, en fin de flash info.
12h : Intervention de Karine Deshayes, mezzo-soprano soliste, en fin de flash info.
14h : Intervention de Julien Dran, ténor soliste, en fin de flash info.
16h : Intervention de Paul Gay, baryton-basse soliste, en fin de flash info.
18h : Intervention de Victor Jacob, chef d’orchestre, en fin de flash info.
Toutes ces interventions seront bientôt disponibles à la réécoute.
Rendez-vous également toute la semaine dans l’émission Changez d’Air à partir de 9h30 avec Pauline Lambert, pour tenter de remporter deux places pour assister à la Folle Soirée de l’Opéra, avec le jeu du Compositeur Mystère !
Réservez dès maintenant vos places
L’Orchestre national d’Île-de-France
Victor Jacob | Direction
Vannina Santoni | Soprano
Karine Deshayes | Mezzo-soprano
Julien Dran | Ténor
Paul Gay | Baryton-basse
Jean-Michel Dhuez | Présentation
Giuseppe Verdi (1813-1901)
Charles Gounod (1818-1893)
Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
Vincenzo Bellini (1801-1835)
Charles Gounod (1818-1893)
Jules Massenet (1842-1912)
Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
Giuseppe Verdi (1813-1901)
Alfredo Catalani (1854-1893)
Gioacchino Rossini (1792-1868)
Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
Charles Gounod (1818-1893)
Informations et réservations
Cet article La Folle Soirée de l’Opéra vous dévoile ses secrets lundi 18 mai sur Radio Classique ! est apparu en premier sur Radio Classique.
Du 28 mai au 23 juin, le Festival de Saint-Denis déploiera 31 concerts à Saint-Denis, invitant de grands interprètes internationaux tout comme de jeunes artistes prometteurs dans la Basilique cathédrale Saint-Denis ou à la Maison d’éducation de la Légion d’honneur. Conçu pour les familles, les amateurs éclairés ou encore les curieux désireux de découvrir la musique sous toutes ses formes, le Festival propose des concerts symphoniques ou des récitals dans des lieux emblématiques de Saint-Denis.
Cette année, la voix, dans toute sa richesse et sa diversité, est au cœur de l’édition 2026. Du récital lyrique à la musique sacrée, du chant a cappella à la voix parlée, la programmation célèbre ce langage universel, capable de traverser le temps, l’histoire et les frontières. Artistes français et internationaux invitent le public à des expériences musicales où la voix dialogue avec les lieux, révélant leur acoustique singulière et leur puissance patrimoniale. Parmi les temps forts :
Également, le Festival propose une programmation pensée pour le jeune public, afin de faire découvrir la musique aux enfants et à leurs familles avec des concerts et spectacles pour tous les âges dans la Basilique et à la Légion d’honneur.
Programmation complète & billetterie : https://festival-saint-denis.com/ • 01 48 13 06 07
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De Rudyard Kipling, on ne retient souvent que Le Livre de la jungle, adapté au cinéma par Walt Disney en 1967. Pourtant, la vie de l’écrivain britannique, qui a vécu en Inde, aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne ne se résume pas à cet unique chef-d’œuvre. On oublie parfois qu’il a reçu le Prix Nobel de Littérature ! Voici 5 choses à savoir sur cet écrivain au parcours parfois passé sous silence.
Rudyard Kipling n’a passé que peu de temps en Inde, mais il y a vécu sa petite enfance, puis les années de jeunesse qui ont suivi l’adolescence. Il n’est pas surprenant qu’il en ait fait le cadre de ses plus mémorables récits.
Né à Bombay en 1865, il est arraché à une existence choyée dès l’âge de 6 ans pour recevoir l’éducation des jeunes gens de la bonne société en Angleterre. C’était l’usage chez les Anglo-Indiens, qui envoyaient leurs enfants faire leurs études en Angleterre, pour des raisons de climat et d’insuffisance des établissements d’enseignement sur place. Les onze ans de séparation qui suivirent ont profondément marqué l’écrivain, et l’écho s’en retrouve dans ses nouvelles et ses romans.
Il faudra attendre ses 17 ans pour qu’il retourne aux Indes, cette fois en tant que journaliste à la Gazette civile et militaire de Lahore, la ville de sa famille. Il devient ensuite rédacteur en chef adjoint du Pionnier d’Allahabad, poste qu’il occupe jusqu’à son retour en Europe en 1888. Six années durant lesquelles il accumule expériences, impressions et connaissances sur cet univers qui alimentera toute son inspiration. C’est son père — artiste devenu conservateur du musée de Lahore — qui l’avait initié au folklore, à la vie des animaux et à la nature.
L’imaginaire collectif du Livre de la jungle a été largement façonné par le célèbre dessin animé de Walt Disney, sorti en 1967, le 19e classique d’animation du maître américain, et le dernier qu’il supervisa de son vivant. Or ce film prend de grandes libertés avec l’œuvre de Kipling. Les ordres de Walt Disney aux scénaristes étaient sans ambiguïté : il ne fallait surtout pas lire le roman original, pour éviter de tomber dans le piège d’un scénario sombre et réaliste, et conserver la magie propre aux productions Disney.
On ne retient donc que les grandes lignes de l’histoire, et les personnages diffèrent profondément de ceux décrits par Kipling. Selon Philippe Jaudel, maître d’œuvre du volume des œuvres de Kipling dans La Pléiade : « Le dessin animé des productions Disney n’a guère de rapport, sinon quelques situations ludiques ou parodiques, avec les textes de Kipling. Bagheera, menton en galoche, tient de la caricature de l’officier britannique, du pasteur victorien et du père affectueux. Baloo danse le swing d’un pas pesant et les Bandar-log jouent du jazz. Shere Khan, le tigre, n’est point tué. »
L’idée du Livre de la jungle, quant à elle, est née dans une maisonnette du Vermont que Kipling appelait Bliss Cottage (la villa du bonheur parfait). C’est là, durant l’hiver 1892, qu’il raconte avoir laissé venir à lui l’inspiration, comme par écriture automatique : « L’idée, une fois précisée dans ma tête, la plume fait le reste. Et je n’ai qu’à la regarder commencer à écrire les histoires sur Mowgli et les animaux qui allaient constituer Le Livre de la jungle. »
Kipling atteint le sommet de la gloire dans la première décennie du XXe siècle. En 1907, il reçoit le prix Nobel de littérature. Le jury de Stockholm salue alors « la puissance d’observation, l’originalité d’invention, la vigueur des idées et le remarquable talent narratif qui caractérisent les œuvres de cet écrivain mondialement célèbre ». Il est le premier anglophone à recevoir cette distinction.
Sa réputation ne s’arrête pas là. Lord Balfour lui remet, quatre ans plus tard, la médaille d’or de la Société royale de littérature — une distinction qu’il n’avait que peu de prédécesseurs à avoir reçue : Walter Scott, George Meredith et Thomas Hardy.
Derrière la gloire littéraire se cache une existence douloureuse. Kipling perd d’abord son fils John en 1915, lors de la Première Guerre mondiale. Âgé de seulement 17 ans, le jeune homme — élève médiocre, recalé à la Marine royale pour une vue déficiente — avait rejoint le régiment des Irish Guards. Il trouve la mort au front, lors de la bataille de Loos-en-Gohelle, où tombent 20 000 soldats britanniques. Une hécatombe.
Mais la tragédie avait déjà frappé auparavant : l’aînée de ses filles, Joséphine, née dans la même maisonnette du Vermont où l’idée du Livre de la jungle avait germé, est morte aux États-Unis durant l’hiver 1899. Dans son autobiographie publiée en 1937, Quelque chose de moi-même, Kipling dresse un bilan courageux et clairvoyant d’une existence que ces deux deuils ont profondément marquée.
Kipling s’éteint le 18 janvier 1936, des suites d’une hémorragie causée par un ulcère à l’estomac, quelques semaines seulement après avoir célébré son 70e anniversaire. Les articles nécrologiques saluent le grand écrivain… mais deux jours plus tard, c’est au tour du roi George V de mourir. Le souverain éclipse aussitôt Kipling dans toute la presse.
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Une ironie cruelle, d’autant que les deux hommes entretenaient des liens étroits : en 1922, c’est Kipling lui-même qui avait suggéré la visite du roi en France et en Belgique pour se recueillir sur les sépultures des soldats britanniques de la Grande Guerre, et c’est lui qui avait rédigé les discours prononcés par le souverain lors de ce voyage.
Ses cendres sont finalement déposées dans le Coin des Poètes de l’abbaye de Westminster, à Londres. À tout seigneur, tout honneur.
Franck Ferrand
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Installée depuis 1960 en plein cœur de Londres, la célèbre enseigne Travis & Emerys, considérée comme une des meilleures librairies spécialisées dans la musique classique du monde, va fermer ses portes le 21 mai.
Après la fermeture du magasin Paul Beuscher à Paris l’an dernier et la menace qui pèse toujours sur la Musikhaus Doblinger de Vienne, c’est une nouvelle capitale européenne qui va perdre un établissement mythique spécialisé dans la musique. Le 21 mai, la librairie Travis & Emery va en effet fermer les portes de sa boutique de Cecil Court, située à quelques pas du logement où séjourna la famille Mozart en 1764 près de l’église de St Martin-in-the-Fields.
Sur les réseaux sociaux, le gérant de la maison Travis & Emery ne donne pas les raisons de cette décision mais indique « les larmes aux yeux » les horaires d’ouverture de la librairie pour les deux dernières semaines avant sa fermeture définitive « après 65 heureuses années ». Il précise également que les ventes se poursuivront en ligne (sur la plateforme ABE) et, avec optimisme, que « des moments passionnants se profilent à l’horizon », laissant entrevoir une poursuite de l’activité, sans en préciser la forme.
La librairie Travis & Emery, considérée par le Financial Times en 2024 comme « La meilleure boutique de musique classique au monde », a été fondée en 1960 par Valérie Travis, fille d’un spécialiste du renseignement militaire britannique, et son mari Walter Emery, organiste réputé et spécialiste de JS Bach. À la mort de sa tante en 1998, Giles Sandeman-Allen, corniste amateur, hérita de la librairie dont il est toujours le responsable.
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Outre une quantité de partitions, d’ouvrages musicologiques, de livrets d’opéra et d’éditions anciennes, la vénérable librairie londonienne regorge d’ouvrages et de documents très rares. Elle a vendu notamment une page du carnet de croquis de Ludwig van Beethoven sur lequel le compositeur avait noté le mouvement lent de son Quatuor à cordes n° 9 composé en 1806, à la demande de l’ambassadeur russe à Vienne ou encore une édition marbrée des Canzonettas de Joseph Haydn sur laquelle figure sa signature.
Very sorry to hear that Travis & Emery are on the move. They’ve been such a part of life in Cecil Court for so long. pic.twitter.com/VhdEfu7tZe
— Margaret Jones (@Benregis1) May 4, 2026
Même si ces dernières années Travis & Emery réalisait la part la plus importante de ses ventes grâce au commerce en ligne, la boutique était toujours très fréquentée par des musiciens professionnels, chercheurs, chefs d’orchestre et autres collectionneurs. Une présence « physique » que regrettera certainement Charlie, jeune chef de chœur et gérant du magasin, qui se souvient encore de ce jour de la Saint-Valentin où il a vendu à un client qui cherchait un cadeau pour sa femme, un livre dédicacé par Benjamin Britten et son compagnon, le célèbre ténor anglais Peter Pears.
Philippe Gault
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