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  • Le bel canto à la française avec Sabine Devieilhe et Léo Vermot-Desroches

    A l’occasion de la nouvelle production de Lucie de Lammermoor à l’Opéra-Comique, Sabine Devieilhe et Léo Vermot-Desroches seront, ce mercredi 29 avril à 20h, les invités du Journal du Classique.

     

    C’est l’adaptation française de l’opéra Lucia di Lammermoor de Donizetti que l‘Opéra-Comique a choisi de présente. Une version réalisée par le compositeur pour le public parisien de l’époque moins souvent donnée que l’originale en italien, témoignant, en plus de la traduction, de quelques réaménagements du livret. L’œuvre d’une grande force dramatique, inspirée d’un roman de Walter Scott, met en scène une femme amoureuse, fragile et tourmentée, évoluant dans un monde masculin, qui finira par sombrer dans la folie.

    Lucie, femme tourmentée dans un monde d’hommes

    Sabine Devieilhe et Léo Vermot-Desroches qui font leurs débuts dans les rôles de Lucie et d’Edgar, nous raconteront ce soir leur perception de cette partition et de ce bel canto à la française.

    Une production mise en scène par Evgeny Titov et dirigée par Speranza Scappucci à découvrir du 30 avril au 10 mai.

    Laure Mézan

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    L’Orchestre national de Lyon prolonge le mandat de Nikolaj Szeps-Znaider jusqu’à 2029

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  • L’Orchestre national de Lyon prolonge le mandat de Nikolaj Szeps-Znaider jusqu’à 2029

    Nikolaj Szeps-Znaider a annoncé que son mandat de directeur musical de L’Orchestre national de Lyon (ONL) est prolongé pour deux ans. Le chef d’orchestre et violoniste israélo-danois reste donc à la tête de la formation lyonnaise au moins jusqu’en 2029.

    C’est Nikolaj Szeps-Znaider lui-même qui a confirmé, juste avant le Don Giovanni de WA Mozart qu’il a dirigé la semaine dernière à l’Auditorium, qu’il est reconduit en tant que directeur musical de l’Orchestre National de Lyon jusqu’en 2029. Un troisième mandat pour le chef d’orchestre danois, à la tête de la formation lyonnaise depuis 2020, que la mairie de Lyon devrait officialiser dans les jours qui viennent.

    Une bonne nouvelle que Nikolaj Szeps-Znaider fêtera avec le public lyonnais les 11 et 13 juin prochain à l’occasion du prochain concert qu’il dirigera avec l’ONL. Concert de clôture de la saison qui sera consacré à deux pièces majeures d’un de ses compositeurs préférés, Richard Strauss : Ainsi parlait Zarathoustra et Till l’espiègle, ainsi qu’au Concerto pour piano n°3 de Ludwig van Beethoven qu’interprétera le pianiste norvégien Leif ve Andsnes.

    Le football et les fromages de la région, les autres passions de Nikolaj Szeps-Znaider

    Après avoir clos la saison actuelle, Nikolaj Szeps-Znaider ouvrira la prochaine à l’Auditorium en dirigeant la monumentale Turangalîla-Symphonie d’Olivier Messiaen le 17 septembre. Le reste de la programmation de la saison 2026-2027 doit être dévoilé officiellement le mercredi 20 mai par Nicolas Droin, directeur général de l’Auditorium-Orchestre national de Lyon et toute son équipe, avec la participation musicale du pianiste Pierre Thibout et de l’organiste japonaise Haru Shionoya.

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    Il y a quelques jours, sur WhatsApp, Nikolaj Szeps-Znaider se confiait avec une grande sincérité à La Tribune de Lyon. Dans cet entretien express, le maestro et toujours violoniste avouait qu’il rêve de diriger avec l’ONL Le Chevalier à la Rose de Richard Strauss « Sans doute l’œuvre qui me procure le plus de joie lorsque je la dirige et je peux y revenir sans cesse avec le même plaisir ». Dans un autre registre plus intime, on découvre aussi qu’en grand gourmand il aime faire ses courses dans les Halles de la ville et que le Saint-Marcellin et le picodon sont ses fromages préférés.

    Sans oublier le football, son autre passion pour laquelle il serait prêt à aller au bout du monde et même au-delà. « Franchement, même s’il y avait un match de foot sur la lune, je me poserai la question d’y assister ! ».

    Philippe Gault

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  • Saison 2026-2027 de l’Opéra de Paris : les 7 spectacles incontournables à réserver avant qu’il ne soit trop tard

    Si les abonnements pour la prochaine saison de l’Opéra de Paris sont désormais ouverts, les réservations de spectacles seront possibles autour du 26 mai, et mieux vaut ne pas traîner. Alors autant avoir ses priorités bien en tête avant de se lancer. Et des priorités, la saison 26/27 n’en manque pas : Roméo et Juliette signé Thomas Jolly, le grand festival Wagner pour les 150 ans du Ring, les adieux à la scène de Dorothée Gilbert, la création mondiale tirée du roman de Pierre Lemaitre, ou encore l’hommage à Joséphine Baker.

    Ce millésime revêt une dimension toute particulière : il s’agit de la dernière saison entière dans les deux maisons avant de grands travaux de rénovation. Le Palais Garnier fermera sa scène de mi-2027 à mi-2029, l’Opéra Bastille à partir de 2030. Un chantier de 450 millions d’euros qui modernisera les deux sites. Autant de raisons de ne rien rater cette année.

    1 – Thomas Jolly met en scène Roméo et Juliette de Gounod

    La musique de Charles Gounod, en 1867, a su capturer toute la fièvre amoureuse de la pièce de Shakespeare, autour de deux familles ennemies, une passion impossible et une fin tragique. Composé dans le sillage du triomphe de Faust et créé en pleine Exposition universelle, cet opéra avait immédiatement conquis le public avec ses quatre grands duos d’amour, sa valse enivrante et sa partition débordante de désir.

    Pour cette nouvelle production, c’est Thomas Jolly qui prend les rênes de la mise en scène, le même qui avait enflammé la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris en 2024. Fin connaisseur de Shakespeare, il choisit de réintroduire un élément souvent oublié de la pièce originale : l’épidémie de peste qui ravage Vérone. Un choix dramatique fort, qui donne aux personnages une urgence nouvelle : vivre et aimer avant qu’il ne soit trop tard.

    2 – Le Ring de Wagner, un festival pour les 150 ans d’un monument

    C’est l’événement lyrique de la décennie, peut-être de la génération. À l’occasion du 150e anniversaire de la création de la Tétralogie à Bayreuth en 1876, l’Opéra national de Paris consacre une partie entière de sa saison à L’Anneau du Nibelung de Richard Wagner, dite « le Ring », l’une des œuvres les plus ambitieuses de toute l’histoire de la musique.

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    Quatre opéras monumentaux : L’Or du Rhin, La Walkyrie, Siegfried et Le Crépuscule des dieux. Des dieux, des géants, des nains, un anneau maudit et la fin d’un monde, le Ring est à l’opéra ce que la saga est au cinéma, en plus vertigineux. Le quatrième volet, Le Crépuscule des dieux, sera présenté en octobre à l’Opéra Bastille, avant un festival réunissant les quatre productions en novembre, sur deux fois une semaine. Des conférences et une exposition viendront accompagner ce moment d’exception. Un rendez-vous historique, à la hauteur de l’œuvre.

     

    3 – Les adieux bouleversants de Dorothée Gilbert dans L’Histoire de Manon

    « Manon est une jeune fille de seize ans, belle, qui aime la vie et qui ne sait résister au plaisir qui passe. Elle est charmante, mais amorale. » C’est par ces mots que le chorégraphe Kenneth MacMillan décrivait lui-même l’héroïne de son ballet, librement inspiré du roman de l’Abbé Prévost. Depuis sa création en 1974 au Royal Opera House de Londres, cette fresque tragique s’est imposée comme l’un des grands classiques du répertoire chorégraphique mondial. Elle entre au répertoire de l’Opéra de Paris en 1990 et n’a pas pris une ride.

    Crédit : Svetlana Loboff / Opéra national de Paris

     

    L’histoire suit Manon, jeune femme tiraillée entre l’amour sincère de Des Grieux et l’attrait des richesses, des salons dorés de Paris jusqu’aux marécages de Louisiane. Les décors somptueux de Nicholas Georgiadis incarnent visuellement ce déchirement permanent. C’est dans ce cadre exceptionnel, au Palais Garnier, que la danseuse Étoile Dorothée Gilbert fera ses adieux à la scène en octobre prochain. Un moment d’histoire, à ne manquer sous aucun prétexte.

    4 – Miroir de nos peines de Pierre Lemaitre adapté pour l’opéra, en création mondiale

    Louise, serveuse dans un café parisien. Raoul, déserteur sans foi ni loi. Gabriel, professeur intègre rattrapé par les événements. Et Désiré, personnage insaisissable qui se réinvente en porte-parole officiel, chanteur des rues ou homme d’Église selon les besoins. Qu’ont-ils en commun ? La France de 1940, la Drôle de guerre et la débâcle, vécue de l’intérieur, dans toute sa confusion et sa brutalité.

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    Le compositeur Hèctor Parra s’empare du roman Miroir de nos peines de Pierre Lemaitre, (prix Goncourt en 2013 pour Au revoir là-haut), pour en faire une création mondiale, commande exclusive de l’Opéra national de Paris. Sa musique mêle habilement les codes de l’opéra contemporain à ceux de la chanson réaliste des années trente, dans le même registre qu’Edith Piaf ou Fréhel, pour coller au plus près de l’atmosphère de l’époque. La metteuse en scène Mariame Clément ancre le tout dans un cadre réaliste et choral, qui résonne étrangement avec notre présent.

    5 – Pour les 120 ans de la naissance de Joséphine Baker, un spectacle signé Peter Sellars

    On croit la connaître, mais Joséphine Baker était infiniment plus complexe que l’image que l’histoire a longtemps retenue d’elle. Résistante, militante des droits civiques, mère adoptive de douze enfants de nationalités différentes qu’elle appelait sa « tribu arc-en-ciel » : cette femme a mené plusieurs vies en une seule, avant d’entrer au Panthéon en 2021.

    Crédit : Ruth Walz

     

     

    À l’occasion du 120e anniversaire de sa naissance, l’Opéra de Paris lui consacre un spectacle singulier, mis en scène par Peter Sellars, figure incontournable du théâtre musical contemporain. Loin de la biographie illustrée, Perle noire plonge dans son monde intérieur, dans ce qui se cachait derrière le sourire. Le compositeur Tyshawn Sorey signe une partition jazzy et habitée, qu’il dirige lui-même sur scène. Une ouverture de saison au Palais Garnier qui promet d’être mémorable.

    6 – Pulsations, une soirée de danse entre icônes et création

    Une soirée, trois œuvres, une seule certitude : on ne repart pas indemne. Pulsations réunit des pièces qui interrogent le temps, le corps et la disparition, portées par la musique enveloppante de Max Richter.

    Au programme : une toute nouvelle création de Lucinda Childs, figure majeure de la danse américaine contemporaine, qui retrouve le Ballet de l’Opéra de Paris 42 ans après sa dernière collaboration avec la maison. À ses côtés, Schmetterling  (« papillon » en allemand) du duo Sol León et Paul Lightfoot, une pièce sur le deuil et l’impermanence, s’ouvrant sur une scène saisissante entre un fils et sa mère mourante. Et enfin, Lamentation (1930), solo culte de la pionnière de la danse moderne Martha Graham : assise sur un banc, la danseuse se débat dans un long tube de tissu, comme si le chagrin lui-même prenait possession de son corps. Trois œuvres d’une intensité rare.

    7 – Don Giovanni de Mozart, le séducteur éternel

    Qui est vraiment Don Giovanni ? Libertin sans foi ni loi, ou figure tragique d’un homme que rien ne peut arrêter, pas même la mort ? Depuis sa création à Prague en 1787, l’opéra de Mozart, écrit en quelques semaines avec son fidèle librettiste Lorenzo Da Ponte, n’a jamais cessé de fasciner et de résister à toute interprétation définitive. C’est précisément ce mystère qui en fait l’un des chefs-d’œuvre absolus du répertoire lyrique : drôle et sombre, léger et terrifiant, tout à la fois.

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    Pour cette production, la metteuse en scène Louisa Proske, qui fait ses débuts à l’Opéra national de Paris, choisit de situer l’action dans un grand hôtel, terrain de jeu idéal pour un séducteur qui transgresse toutes les règles sociales. Un cadre contemporain qui rend l’œuvre immédiatement lisible, sans trahir une seule note de Mozart.

    L’Opéra de Paris s’engage depuis longtemps à rendre ses spectacles accessibles au plus grand nombre. Les moins de 28 ans peuvent accéder à des avant-premières à 10 € sur une sélection de productions, une occasion en or pour découvrir l’opéra ou le ballet dans les meilleures conditions. Des places à tarif réduit, à partir de 25 € ou 35 € selon les spectacles, sont également disponibles aux guichets, 30 minutes avant le lever de rideau, pour les jeunes, les demandeurs d’emploi et certains seniors.

    Daphnée Cataldo

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  • Joseph Swensen reconduit jusqu’à 2030 à la tête de l’Orchestre national Bordeaux-Aquitaine

    Directeur musical de l’Orchestre national Bordeaux-Aquitaine (ONBA) depuis 2024, le chef d’orchestre, violoniste et compositeur américain Joseph Swensen voit son mandat prolongé pour trois ans à compter de la saison 2027/2028.

    Emmanuel Hondré a annoncé la reconduction de Joseph Swensen à la direction musicale de la formation girondine pour 3 ans jusqu’à 2030. Pour le directeur général de l’Opéra National de Bordeaux-Aquitaine, cette prolongation récompense deux ans de collaboration « particulièrement remarquée » avec l’ONBA. Deux années pendant lesquelles « Joseph a su donner un nouvel élan au travail musical de l’orchestre : un travail fait d’exigence et de confiance mutuelle. Le résultat se traduit d’ailleurs par des concerts vraiment exceptionnels où s’épanouissent inspiration et liberté ».

    Outre les nombreux concerts dirigés depuis 2024 à Bordeaux par le chef d’orchestre américain de 65 ans, son premier mandat a été marqué par l’enregistrement de trois disques avec l’ONBA: Beethoven Hymne à la joie, Wagner Ring Odyssey, et sa création Saga Trilogy. 2 autres albums sont d’ores et déjà annoncés pour cette année : Hafiz/Shéhérazade, enregistré lors du concert donné à Bordeaux le 23 avril et Tableaux d’une exposition, l’œuvre de Modeste Moussorgski, qui sortira en septembre.

    « Je vis des moments précieux avec le public bordelais »

    Suite à cette annonce, Joseph Swensen a tenu avant tout à remercier le public bordelais « qui m’a si vite adopté », ajoutant: « Je vis des moments avec ce public qui sont des moments précieux, qui nous rappellent que la musique est une langue universelle qui nous unit. Que ce soit dans l’auditorium ou dans la rue, cette universalité de la musique nous permet de de nous connecter, au plus profond de nous-même. J’ai eu la chance de partager durant ces 3 années des moments incroyables qui ont surement contribué à créer ce lien puissant ».

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    En parallèle avec son travail à la tête de l’ONBA, Joseph Swensen poursuit une intense activité de compositeur et orchestrateur. Son oeuvre la plus récente enregistrée avec l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine, Saga Trilogy (sortie en octobre 2025), est un ensemble de trois concertos pour violoncelle, alto (ou clarinette) et contrebasse composée pendant le confinement, et qui explore la condition humaine et sa relation avec l’espace et le temps.

    Pédagogue recherché, Joseph Swensen a été professeur invité de direction d’orchestre, violon et musique de chambre au Conservatoire Royal d’Ecosse de Glasgow et à la Jacob MusicSchool de l’université d’Indiana aux États-Unis. À Bordeaux, il participe aux actions de médiation de l’ONB notamment au travers de rencontres avec les enfants du programme Démos.

    Philippe Gault

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  • La fratrie Tchalik nous dévoile toute la richesse de la musique de chambre de Reynaldo Hahn

    A l’occasion de la publication de leur nouvel album dédié à Reynaldo Hahn, Louise et Dania Tchalik seront, ce mardi 28 avril à 20h, les invités du Journal du Classique.

     

    Les musiciens de la fratrie Tchalik poursuivent leur exploration de l’œuvre de Reynaldo Hahn, un compositeur connu pour ses mélodies et ses opérettes mais dont la musique de chambre est rarement jouée. Et pourtant elle compte bien des chefs d’œuvre et témoigne de cet art, d’une grande profondeur, fait de poésie, de sensualité et d’élégance. Au programme de ce nouvel album, sorti sous le label Alkonost, un florilège de pièces en solo, duo, trio et quatuor, pour certaine inédites au disque, qui couvrent toute la vie créatrice de Reynaldo Hahn.

    Louise et Dania Tchalik en concert le 30 mai à l’Hôtel de Conny à Moulins

    Deux membres de la fratrie Tchalik, Louise et Dania, respectivement violoniste et pianiste, nous apporteront leur éclairage sur ce programme qu’ils donneront en concert le 30 mai à l’Hôtel de Conny à Moulins. Le quatuor Tchalik se produira également le 11 mai au Collège des Bernardins dans des oeuvres de Mozart.

    Laure Mézan

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  • « L’IA vous protège de ce que vous n’avez pas envie de savoir, et vous isole », affirme Bruno Patino

    L’IA nous prend en charge et choisit pour nous… à quel prix ? Le président d’Arte France, auteur du livre Le temps de l’obsolescence humaine, répond à David Abiker

     

     

    Votre essai paru chez Grasset s’intitule Le Temps de l’obsolescence humaine. Qu’entendez-vous par là ? Habituellement, on parle de l’obsolescence programmée d’une machine à laver.

    BRUNO PATINO : C’est à la fois un hommage et une référence à Günther Anders, qui avait écrit L’Obsolescence de l’homme il y a presque 60 ans, et qui se posait la question de l’impact de la technique sur la nature humaine. Il y a cette référence, et le jeu de mots avec l’obsolescence programmée. Ce qui m’a intéressé, comme toujours, c’est l’impact des technologies sur nos vies.

    Nous sommes dans un moment paradoxal : d’un côté, un discours qui proclame soit le dépassement de l’homme, soit sa fin, avec cette fameuse intelligence artificielle générale ou super-intelligence artificielle ; de l’autre, on ne voit pas que nos vies changent déjà, parce qu’on commence à adopter ces nouveaux « amis », ces agents d’intelligence artificielle. Des millions de personnes en adoptent chaque jour pour de très nombreuses tâches quotidiennes, et cet accompagnement général est en train de modifier notre rapport non seulement au monde, mais aux autres.

    Vous dites ça après avoir écrit La Presse sans Gutenberg, puis un livre sur La Civilisation du poisson rouge, où vous expliquiez qu’on était dans l’instantanéité, pris par les réseaux sociaux. Quand vous dites qu’on s’accoutume à coexister avec ces intelligences artificielles, est-ce que nous changeons anthropologiquement ?

    B.P. : En tout cas, nos comportements changent. Cela fait presque 25 ans que j’écris sur l’impact de la révolution numérique sur nos vies. Dans ce livre, j’essaie de synthétiser et de proposer des clés de compréhension pour l’ensemble de cette révolution numérique — une période vraiment post-Gutenberg, qui modifie énormément de choses, à la fois par la mise en relation et l’interconnexion de tous les êtres, de tous les objets, de tous les savoirs et de toutes les productions humaines, et par l’irruption de l’économie de la donnée, qui nous fragmente en permanence et commence à modifier l’économie, la société et la politique.

    Bruno Patino : « Avoir en permanence l’IA comme compagnon change notre rapport aux autres et au monde »

    On a vu se déployer plusieurs étapes depuis 25 ans. Une première ère, que j’appelle l’ère de l’accès, où l’interconnexion était la base première. Puis, avec l’invention du smartphone, une connexion permanente et une période de propagation, avec une très forte accélération et amplification des messages qui ont fortement modifié l’espace public. La Civilisation du poisson rouge, écrit il y a presque 8 ans, témoignait de ça — cette modification terrible de l’espace public, et l’accroissement de notre dépendance aux écrans.

    Avec les intelligences artificielles aujourd’hui, cet accompagnement permanent va faire qu’il est difficile de penser que dialoguer avec des machines qui nous guident, nous proposent, nous réconfortent, et nous suggèrent des choses — que ce soit dans une carrière professionnelle, une tâche à accomplir, gérer une rupture amoureuse, gérer un deuil, une crise existentielle. Ce dialogue permanent, cette imbrication, le fait d’avoir en permanence ce compagnon-là change forcément notre rapport aux autres et au monde.

    Je vais m’adresser au président d’Arte France, qui dirige une chaîne à vocation culturelle affirmée. Vous venez de décrire le programme idéal de l’individu : être confronté à des machines qui lui envoient les informations qu’il souhaite, les chansons qu’il souhaite, qui inventent quasiment pour lui des séries dont il a rêvé. Vous faites une télévision pour tous, vous essayez de créer un référentiel commun — c’est le rôle d’une télévision, a fortiori financée en partie sur fonds publics. Que va devenir la télévision si vous nous décrivez ça ?

    B.P. : Vous êtes au cœur du sujet. Vous dites que c’est la machine idéale, mais est-ce vraiment la machine humainement idéale ? C’est toute la question. Elle est idéale parce que, grâce à l’économie de la donnée, elle n’apporte que les réponses faites pour vous. D’une façon ou d’une autre — c’est ce que j’appelle l’économie de la relation —, elle va vous protéger comme un cocon de ce que vous n’avez pas envie de voir, de penser, de savoir.

    « L’IA devait nous rassembler, et petit à petit, elle créée une forme de solitude »

    Il y a un côté positif, on peut dire que ça guidera la façon de s’informer, de se cultiver, de se divertir. Mais en vous enrobant d’une seconde peau par rapport au monde, elle va en fait vous isoler. C’est le paradoxe central de cette révolution numérique : on avait quelque chose qui devait nous rassembler, et petit à petit, ça crée une forme de solitude. Certains chercheurs appellent ça « l’épidémie de solitude ». La raison est simple : à partir du moment où tous les services sont fondés sur vos données individuelles, tout se formate pour vous, se paramètre pour vous, et donc ça fragmente tout.

    On a eu un exemple avec l’information via Facebook : à force de liker des contenus informationnels, l’algorithme nous en propose d’autres qui leur ressemblent. Et c’est ce qui va arriver à notre consommation musicale. Vous dites dans le livre qu’aujourd’hui une très grande partie des plateformes musicales diffuse des musiques sans auteur, sans compositeur, dont les créateurs sont des intelligences artificielles. Ce sera pareil pour des films d’animation, des courts-métrages, voire des longs-métrages ?

    B.P. : On peut l’imaginer. Nous sommes pour le moment dans le moment de la pré-bascule : cette production est quasiment majoritaire, mais l’écoute ne l’est pas encore, loin s’en faut. Ce que vous dites est central, et j’essaie de l’expliquer dans le livre. Les réseaux sociaux nous ont mis dans des « bulles de filtre » — c’est Eli Pariser qui avait popularisé la notion. Une bulle de filtre, c’est se retrouver dans une micro-communauté avec des gens qui pensent soit radicalement comme soi, soit, et on l’oublie souvent, radicalement à l’opposé. Cela a donné naissance à un débat fracturé et polarisé.

    Un agent d’intelligence artificielle, lui, va vous faire dialoguer avec vous-même : l’agent, surtout ceux qui ont désormais de la mémoire et avec lesquels on peut entretenir des conversations de très longue durée, va être une version de vous-même qui discute avec vous-même. La bulle devient alors une bulle de miroir.

    Il y a en ce moment un procès aux États-Unis qui oppose Elon Musk à Sam Altman, deux acteurs géants et décisifs de l’intelligence artificielle. L’enjeu, notamment, c’est la question : qui doit contrôler l’intelligence artificielle, et au profit de qui ? Avez-vous une réponse ?

    B.P. : J’essaie de finir le livre avec un plaidoyer pour un univers numérique humaniste, parce que je ne crois pas au déterminisme technologique. La triple question qui se pose est : premièrement, la gouvernance des intelligences artificielles, c’est une question politique absolument centrale pour les années à venir. En tirant le fil, on arrive à la problématique de la propriété des données : bien privé, bien commun ou bien public ? Et en tirant encore le fil, on arrive à la question de la responsabilité.

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    On aurait tort de voir en ces machines de simples outils sans système de responsabilité. Je plaide dans le livre pour une responsabilité imputative, c’est-à-dire commencer à redéfinir la notion de responsabilité imbriquée entre celui qui utilise la machine et la machine qui lui répond.

    Bruno Patino, vous avez exercé des responsabilités dans l’audiovisuel public, à la radio comme à la télévision. Quand on regarde les premières conclusions de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, on dirait qu’elle a fait l’impasse sur l’essentiel : l’avenir de la télévision.

    B.P. : La question centrale pour l’audiovisuel public ou pour tous ces médias, c’est celle que vous avez mentionnée : il nous faut des outils qui rassemblent dans un moment de fragmentation générale. Créer du commun — s’accorder sur une réalité factuelle commune, se demander si on vit tous dans le même monde et essayer d’avoir des représentations compatibles de cette réalité —, c’est là l’enjeu fondamental.

    Qu’est-ce qu’on sanctuarise dans l’audiovisuel public ?

    B.P. : Un principe d’organisation non-marchand. C’est ça qu’on doit sanctuariser : avoir des outils qui informent, qui cultivent et qui divertissent, et qui n’obéissent pas à un principe marchand, mais au principe politique, au sens noble du terme, d’essayer de créer du commun. Le paradoxe, c’est qu’évidemment une radio, une télévision peuvent apparaître technologiquement dépassées aujourd’hui. Il faut adapter les outils et la façon de rassembler à l’univers numérique. Mais la mission centrale, créer du commun sur des principes non-marchands, s’il y a un moment où il ne faut pas l’abandonner, c’est bien maintenant.

     

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  • Erik Satie et Suzanne Valadon : leur rupture a inspiré au compositeur Les Vexations, une œuvre au parfum surréaliste

    On sait peu de choses de la vie sentimentale d’Erik Satie. Ce que l’on sait, c’est qu’il eut une idylle avec Suzanne Valadon, qui dura de janvier à juin 1893, six mois à peine.

     

    Suzanne Valadon est petite, mince, sourit peu, que ce soit sur les photographies conservées d’elle ou sur les toiles qu’elle a inspirées en tant que modèle. Elle séduit Erik Satie, mais c’est sans compter sur un trait fondamental de sa personnalité : Suzanne est libre, et elle le revendique haut et fort.

    Suzarre Valadon et Maurice Utrillo, Apéritif à Montmartre / Wikimedia commons

     

    Une exigence que Satie supporte mal. Dans une lettre adressée à son frère Conrad en juin 1893, il confesse avec humilité : « Je viens de rompre définitivement avec Suzanne. J’aurai bien du mal à reprendre possession de moi-même. Aimant cette petite comme je l’aimais depuis ton départ, elle avait su me prendre en entier. Le temps fera ce que je ne puis faire en ce moment. »

    Les Vexations de Satie, un même motif répété 840 fois de suite

    Satie s’expliquera sur sa situation de célibataire dans une autre lettre, adressée cette fois à la femme de son frère Conrad, vingt ans plus tard : « Vous vouliez savoir pourquoi je ne me suis pas marié ? La peur d’être horriblement cocu, tout simplement. Je suis un homme que les femmes ne comprennent pas. »

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    La rupture avec Suzanne Valadon allait engendrer une œuvre au titre on ne peut plus explicite : Les Vexations. Le principe en est radical — il faut répéter le même motif avec obstination 840 fois de suite, pour une exécution intégrale devant s’effectuer en vingt-quatre heures. Une démarche qui préfigure, avec une décennie d’avance, les audaces du surréalisme.

    Franck Ferrand

     

     

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  • Guerre au Moyen-Orient : L’Arabie Saoudite renonce à l’accord qui devait rapporter 200 millions de dollars au Met Opera

    Confronté à une très grave crise financière en raison du conflit au Moyen-Orient, l’Arabie Saoudite a décidé de se retirer de l’accord qu’elle devait signer avec le Metropolitan Opera. Ce contrat d’échange avec le royaume saoudien devait rapporter près de 200 millions de dollars à l’institution new-yorkaise

    En janvier, Peter Gelb admettait qu’il y avait « certaines inquiétudes » autour de l’accord de principe que le Met Opera avait conclu en septembre avec L’Arabie Saoudite. Au terme de cet accord, en échange de prestations du Met Opera données chaque hiver pendant cinq ans à l’Opéra Royal de Diriyah à Riyad, à partir de 2028, et de formation sur place de professionnels du secteur lyrique, le royaume saoudien s’engageait à soutenir financièrement le Met pendant huit ans. Le chiffre de 200 millions de dollars de subventions était évoqué.

    Le conflit armé engagé depuis le mois de mars au Moyen-Orient n’a fait que confirmer le pressentiment du directeur général du Met Opera qui a indiqué la semaine dernière que les responsables saoudiens, lors d’une visioconférence, ont invoqué les dommages causés à l’économie du pays par la guerre en Iran et le blocus du pétrole transitant par le détroit d’Ormuz pour dénoncer cet accord. « Ils ne réalisent que les projets essentiels et l’accord avec le Met ne fait pas partie de ce qui est essentiel », a déclaré Peter Gelb au New York Times.

    Peter Gelb souhaite conclure un accord similaire avec d’autres pays

    Même si les conséquences de l’abandon de cet arrangement restent relatives par rapport aux pertes humaines et aux répercussions économiques provoquées par le conflit, cette décision est un sacré coup dur pour le Met Opera confronté à d’importantes difficultés financières depuis quelques années. Selon le New York Times, le Met fait notamment face à un déficit de 30 millions de dollars qu’il doit combler d’ici la fin de l’exercice budgétaire, fin juillet, et potentiellement à des déficits bien plus importants dans les années à venir.

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    Outre la mise en vente des deux fresques de Marc Chagall qui ornent ses murs du hall du Lincoln Center le projet, la vente des droits de dénomination du Metropolitan Opera House, la direction du Met a pourtant  engagé un plan de réduction drastique de ses dépenses (diminution des rémunérations des plus hauts salaires, suppression de postes, allègement de la programmation…). Par ailleurs, Peter Gelb a annoncé qu’il va tenter de conclure un accord similaire à celui qui a échoué avec l’Arabie Saoudite avec d’autres pays, sans toutefois préciser lesquels.

    Saudi Arabia has just backed out on a deal to provide $200M in much-needed funding to @MetOpera.

    The reason: Because of the war’s impact on the Saudi economy, they are pulling back on funding commitments.

    This is a terrible blow to one of our nation’s great cultural pillars.…

    — Mark D. Levine (@MarkLevineNYC) April 23, 2026

    La culture n’est pas le seul secteur victime collatérale du conflit au Moyen-Orient. Il y a deux semaines, le fonds souverain saoudien a fait part de son intention de retirer son soutien à LIV Golf, le circuit de golf parallèle lancé il y a quatre ans pour concurrencer le PGA Tour.

    À l’heure actuelle, le contrat de coopération culturelle signé entre l’Arabie Saoudite et la Philharmonie de Paris en septembre 2025 n’est pas remis en cause.

    Philippe Gault

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  • Grâce à sa production annuelle de 60 000 tonnes de maïs à popcorn, l’ETI Nataïs régale près d’un consommateur sur deux en Europe

    KPMG vous invite à écouter l’interview de Célia Ehmann, Membre du CODIR et représentante de la deuxième génération de Nataïs, belle ETI basée à Bézéril (Gers) depuis près de 40 ans.

    Cette belle ETI produit chaque année près de 60 000 tonnes de maïs à popcorn, et représente à elle seule près de 40% du marché européen. Depuis près de 40 ans, cette entreprise familiale, fondée par Michael Ehmann, transforme également l’agriculture de son territoire, en accompagnant économiquement et techniquement leurs agriculteurs partenaires dans la mise en place de pratiques vertueuses, comme les couverts végétaux.

    Les couverts végétaux sont une pratique clé de l’agro-écologie. Elle consiste à couvrir en permanence les sols avec des légumineuses (féveroles, phacélies, sorgho par exemple) plantées avant le maïs à popcorn. L’impact de cette pratique ? 3 co-bénéfices : pour le climat, puisqu’elle favorise la séquestration de carbone atmosphérique ; pour les sols, dont elle contribue à restaurer la fertilité naturelle ; enfin, pour la biodiversité, qu’elle permet de développer en offrant nourriture et abri aux organismes vivants !

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  • Le Trio Zarathoustra, l’un des ensembles les plus brillants de la nouvelle génération

    A l’occasion de la publication de leur nouvel album, les musiciens du trio Zarathoustra seront, ce lundi 27 avril à 20h, les invités du Journal du Classique.

     

    C’est à Friedrich Nietzsche que les musiciens du Trio Zarathoustra ont choisi de se référer à travers le nom de leur ensemble. Des musiciens dont l’engagement artistique témoigne d’une grande profondeur. C’est ainsi que leur nouvel album, sorti sous le label Discover grâce au soutien du festival d’Auvers-sur-Oise, met à l’honneur des œuvres d’une intense force dramatique.

    Ce programme inclut également le bref quatuor de jeunesse de Gustav Mahler et une création d’Elise Bertrand

    Construit autour des deux trios de Dimitri Chostakovitch, ce programme inclut également le bref quatuor de jeunesse de Gustav Mahler et une création d’Elise Bertrand. Nous passerons un petit moment ce soir avec les trois membres du trio : le pianiste Théotime Gillot, le violoniste Thomas Briant et le violoncelliste Eliott Leridon. Ils nous éclaireront sur ce programme, sur leur démarche artistique et leurs projets à venir.

    Laure Mézan

    Retrouvez le journal du classique du lundi au vendredi à 20h

     

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