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Après des mois de remous en interne comme dans le milieu culturel en Italie, le couperet est tombé. La direction du Teatro La Fenice a décidé de rompre avec Beatrice Venezi appelée à prendre le poste de directrice musicale de l’institution vénitienne en septembre. De récentes déclarations de la cheffe d’orchestre italienne dans la presse argentine sont à l’origine de cette décision.
Depuis l’annonce, en septembre 2025, de la nomination de Beatrice Venezi au poste de directrice musicale du Teatro La Fenice à Venise, la contestation au sein de l’institution et dans le secteur artistique italien, n’avait cessé de s’amplifier. Au-delà de sa proximité avec Georgia Meloni et de Nicola Colabianchi, le surintendant de La Fenice, ses compétences en tant que cheffe d’orchestre étaient également mises en cause.
Pourtant, le conseil d’administration de La Fenice, présidé par le maire de Venise Luigi Brugnaro, avait entériné cette nomination le mois dernier malgré des déclarations publiques de la cheffe d’orchestre de 36 ans qui avaient relancé le débat. Beatrice Venezi avait notamment qualifié La Fenice de « théâtre à la gestion anarchique », et ajouté, dans le quotidien argentin La Nación, que ses détracteurs avaient peur de la nouveauté et que les abonnés de La Fenice avaient tous plus de 80 ans.
Et ce sont de nouvelles déclarations de Beatrice Venezi au même journal argentin, alors qu’elle dirigeait la semaine dernière au Teatro Colon de Buenos Aires des représentations de Pagliacci de Leoncavallo et Cavalleria Rusticana de Mascagni, qui ont définitivement scellé son sort. La maestra y mettait en cause, entre autres, ce qu’elle estime être un système en vigueur à La Fenice où, selon elle : « Dans cet orchestre, les postes se transmettent pratiquement de père en fils (…) Voilà la différence. Moi je ne viens pas d’une famille de musiciens ».
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Des propos immédiatement commentés par le surintendant Nicola Colabianchi qui a déclaré : « Je ne partage ni sur le fond ni sur la forme les opinions exprimées qui sont incompatibles avec les principes de la Fondation et avec la protection et le respect dus aux membres de l’orchestre ». Le ministre de la Culture italien, Alessandro Giuli, qui avait pourtant lui aussi soutenu la nomination de Beatrice Venezi, a pris acte de la décision de La Fenice “Dans l’espoir que ce choix élimine les malentendus, les tensions et les instrumentalisations de toutes sortes dans l’intérêt du théâtre et de la ville de Venise ».
L’annonce de la rupture avec la cheffe italienne pendant l’entracte de la représentation de Lohengrin de Richard Wagner ce dimanche à Venise a provoqué un tonnerre d’applaudissements de la part du public de La Fenice.
Philippe Gault
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L’origine des mots est parfois surprenante, et cache même parfois un sens complètement inattendu. C’est le cas d’obèse, mais aussi « rien », et « torrent », dont nous explorons aujourd’hui l’étymologie.
Le mot « obèse » offre une première surprise. Initialement, son sens n’avait rien à voir avec sa signification actuelle. Issu du latin obesus, il désignait une personne maigre, décharnée, soit l’exact opposé de son sens moderne. Il a ensuite pris le sens, de manière inattendue, de « bien nourri » par assimilation avec le verbe latin edere, qui signifie manger, dont le supin (la forme nominale) est esum.
Ce sont souvent les supins des verbes latins qui donnent naissance aux mots français. Au fil du temps, le sens du terme obesus s’est renforcé, évoluant vers « trop bien nourri », pour finalement aboutir à notre « obèse » contemporain.
Autre exemple frappant, le mot « rien » dont l’étymologie est à l’opposé de son sens actuel. Il provient du mot latin res, ou plus précisément de sa forme à l’accusatif, rem. Le mot res signifie « la chose », comme on le retrouve dans l’expression res publica qui signifie étymologiquement « la chose publique », et qui a donné la République. Finalement, le mot rem est venu désigner non pas la chose, mais son absence, c’est-à-dire le « rien ».
Le mot « torrent » est également à rapprocher, de manière étonnante, de « torride ». Le substantif latin torrens dérive du verbe torrere, signifiant « sécher », puis « brûler » et « rôtir ». On retrouve d’ailleurs cette racine dans le verbe « torréfier ». Cette étymologie s’explique : un torrent est un cours d’eau qui peut s’assécher, mais qui, lors de pluies brutales, peut devenir impétueux. Il est ainsi plus aisé de comprendre pourquoi « torrent » et « torride » partagent une étymologie commune, tous deux venant de torrere signifiant « assécher ».
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Enfin, terminons avec deux paires de mots aux étymologies communes : « orteil » et « article », d’une part, et « adulte » et « adolescent », d’autre part. Les mots « orteil » et « article » proviennent du latin articulus, qui signifie « articulation » ou « jointure ».
Quant à « adulte » et « adolescent », ils dérivent du verbe latin adolescere, qui signifie « grandir ». La distinction entre ces deux derniers mots est grammaticale : « adolescent » vient du participe présent adolescens, signifiant « grandissant », tandis que « adulte » est issu du participe passé adultus, signifiant « grandi ».
Karine Dijoud
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Chef d’orchestre émérite et pianiste de concert, Jean-Bernard Pommier est mort à l’âge de 81 ans le jeudi 23 avril près de Béziers, sa ville natale. En 1962 à Moscou, il fut, à 17 ans, le plus jeune finaliste du prestigieux concours international Tchaïkovski.
C’est un grand artiste à la longue et riche carrière éclectique qui nous a quittés des suites d’une longue maladie ce jeudi à l’âge de 81 ans dans une clinique de Boujan-sur-Libron, près de Cazouls-lès-Béziers (Hérault) où il résidait dans sa région natale chérie. Pianiste-concertiste et chef d’orchestre, Jean-Bernard Pommier fut également directeur du Théâtre des Franciscains à Béziers où il avait succédé à Jérôme Savary en 2011 et où il avait fait revivre la musique classique.
Né à Béziers le 17 août 1944, Jean-Bernard Pommier commença par l’étude du piano chez lui auprès de la pianiste russe Mina Kosloff avant de rejoindre le Conservatoire de Paris où il étudia le piano avec Pierre Sancan et Yves Nat et la direction d’orchestre avec Eugène Bigot. Dès l’âge de dix ans il se produit en concert et se fait remarqué dans le milieu de la musique en remportant le Concours des Jeunesses musicales de Berlin en 1960, puis, à 17 ans à Moscou, il est le plus jeune finaliste au Concours international Tchaïkovski (Premier Diplôme d’Honneur et les félicitations du jury).
Pendant une vingtaine d’années Jean-Bernard Pommier privilégia sa carrière de pianiste concertiste. Il joua avec les plus grands orchestres de l’époque et sous la direction de chefs d’orchestres renommés tels que Herbert von Karajan, Pierre Boulez ou encore Daniel Barenboim avec lequel il a interprété l’intégrale des concertos de Ludwig van Beethoven, accompagné de l’Orchestre de Paris.
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C’est au débit des années 80 que Jean-Bernard Pommier débuta comme chef d’orchestre. Une deuxième carrière qui l’amena à diriger de grandes formation à travers le monder parmi lesquelles l’Orchestre National du Capitole de Toulouse, l’Orchestre de Paris, l’Orchestre National de France, le Philharmonia Orchestra de Londres ou encore l’Orchestre Symphonique de San Francisco. Il fut également directeur artistique de l’Orchestre Symphonique Royal (GB) et de l’Orchestra Filarmonica de Turin. De 2006 à 2008, il fut directeur artistique du festival de Menton.
Jean-Bernard Pommier était marié à la grande violoniste russe Olga Martinova avec laquelle il s’est souvent produit en concert. Ses obsèques seront célébrées le lundi 27 avril à 15h en la cathédrale Saint-Nazaire de Béziers.
Philippe Gault
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Le Concerto champêtre pour clavecin de Poulenc par Bertrand Cuiller et l’Orchestre national Montpellier Occitanie dirigé par Lucie Legay, Otello de Verdi au Théâtre du Capitole de Toulouse et Nemanja Radumovic dans le Concerto pour violon n°2 de Prokofiev à la Philharmonie de Paris : découvrez la sélection Radio Classique des rendez-vous à ne pas manquer dans les prochains jours
L’Orchestre national Montpellier Occitanie invite Lucie Legay. Au programme, Les Biches, suite et le rare Concerto champêtre pour clavecin de Francis Poulenc joué par Bertrand Cuiller, ainsi que la Symphonie en si bémol majeur d’Ernest Chausson.
Dernière chance, ce dimanche, de voir Otello de Verdi dans la reprise de la mise en scène de Nicolas Joël. Michael Fabiano chante le rôle-titre, Adriana Gonzalez celui de Desdemona, Nikoloz Lagvilava celui de Iago et Julien Dran Cassio. Le Chœur et la Maîtrise de l’Opéra national du Capitole et l’Orchestre national du Capitole sont dirigés par Carlo Montanaro.
Le Belgian national orchestra dirigé par Antony Hermus invite Nemaja Radulovic. Il interprétera le Concerto pour violon n°2 de Sergueï Prokofiev. Au programme également, la Symphonie n° 5 de Prokofiev et l’Ouverture de Rouslan et Ludmilla de Mikhaïl Glinka.
Jean-Michel Dhuez
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La création du Festival de Bayreuth par Richard Wagner en 1876 est un évènement unique dans l’histoire de l’art et de la musique. Criblé de dettes quelques années plus tôt, le compositeur a pu compter sur Louis II de Bavière et ses largesses.
Le 1er novembre 1853 marque le début de la composition du Ring, une sorte de grand mouvement créateur, un délire qui s’empare du compositeur pendant plusieurs semaines. L’Or du Rhin esquissé, la Walkyrie suit, sous la protection de sa chère amie Mathilde Wesendonck. « Bénie soit Mathilde », écrit-il sur la partition, avec une plume qu’elle lui a offerte, et qui est en or. Pendant ce temps, celui qui finance Wagner, c’est justement le mari de Mathilde, Otto.
Wagner vit très au-dessus de ses moyens et accumule les dettes. Sa vie commune avec sa femme est devenue un enfer. Mina sait tout de sa liaison avec Mathilde, désormais. Elle apprend à son perroquet à répéter : « Wagner est un vilain mari ! »
A 51 ans, il est séparé de sa femme, et fuit ses créanciers. Tout devient très compliqué, jusqu’à ce jour de mai 1864 où le secrétaire de cabinet du nouveau roi de Bavière Louis II le retrouve dans son hôtel de Stuttgart pour lui annoncer que « Sa Majesté Louis II, par affection pour l’art de Wagner, est décidé à le garder pour toujours auprès de lui en ami et à le soustraire à toutes les injures du sort ».
C’est ce qu’on pourrait appeler — la comparaison peut paraître triviale — gagner au loto. Au moment où Wagner est à bout et ne voit plus comment s’en sortir, l’un des hommes les plus riches d’Europe, le roi de Bavière en personne, lui dit qu’il sera son ami, qu’il n’aura plus de problème d’argent et qu’il peut oublier les questions matérielles.
Wagner se laisse faire et répond de façon très affectueuse au jeune roi. Est-il sincère ? Probablement, du moins en partie : Louis II est un garçon sympathique, dont on peut facilement devenir l’ami. Mais Wagner pense surtout à celle qui devient sa maîtresse dès 1864 : Cosima, fille de Liszt et épouse de Hans von Bülow, lui-même l’un des plus ardents wagnériens qui soit.
En 1865, Tristan und Isolde est créé avec un succès absolument extraordinaire. Mais les dépenses occasionnées par Wagner, auxquelles s’ajoute ce ménage à trois, lui attirent rapidement de nombreuses inimitiés. Les Bavarois ne sont guère satisfaits de voir Louis II financer ce qu’ils perçoivent comme un panier percé composant une musique incompréhensible. Le roi est finalement contraint d’éloigner Wagner, qui se résigne, part pour la Suisse, mais conserve néanmoins la rente royale. C’est justement grâce à cette rente qu’il s’installe dans une villa sur une presqu’île au sud de Lucerne : Tribschen. C’est là que Cosima le rejoint avec ses enfants, dont deux de ses quatre filles, Eva et Isolde, sont de Wagner. C’est là aussi qu’il reprend son travail et ressort des tiroirs, douze ans après, le projet du Ring.
Le 25 août 1869, des nouvelles alarmantes arrivent de Munich : le roi a ordonné la création de L’Or du Rhin, las d’attendre la version définitive que Wagner lui avait promise. La répétition générale est un désastre. Les décors et costumes sont jugés défaillants. Wagner, horrifié, tente de faire reporter la première. Louis II entre en fureur. Tout se dégrade entre Richard et son royal protecteur. Wagner hésite même à poursuivre le Crépuscule des Dieux, de peur que le roi ne s’en empare et n’en fasse n’importe quoi.
En juin 1870, le roi impose de la même façon la création de La Walkyrie, mais cette fois, c’est un succès immense. Wagner estime néanmoins qu’on s’est moqué de lui. Il n’y a pour lui qu’une seule solution viable, celle qu’il avait en tête depuis le début : créer son propre festival, être le seul maître à bord, pour ne plus jamais laisser quiconque s’emparer de ses œuvres pour les défigurer.
Quand il referme la partition de Siegfried, en 1871, il refuse de l’envoyer au roi. Avec Cosima, il part pour Bayreuth, cette petite ville de Franconie qu’il connaît depuis sa jeunesse, et dont il estime que l’atmosphère est exactement celle qui convient au déploiement de ses drames. Le conseil municipal lui offre un terrain sur la colline. Wagner va y concevoir un théâtre d’un genre nouveau — la résurgence, dans le monde moderne, des principes antiques — financé cette fois par souscription, lancée dans toute l’Europe auprès de ses admirateurs.
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Le roi de Bavière, lui, s’est retiré dans son château de Neuschwanstein, outré de l’attitude de Wagner à son égard. Wagner conserve pourtant la rente royale — et continuera d’en bénéficier jusqu’à la construction de Bayreuth.
Le 12 août 1876, l’Empereur d’Allemagne Guillaume Ier arrive par train pour assister au festival et dit à Wagner : « Je ne croyais pas que vous y parviendriez. » Et le 13 août 1876, c’est la première. Des réussites, des échecs, mais surtout, pour Wagner, l’accomplissement.
Franck Ferrand
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Il existe de très nombreux mystères sur la mort de Mozart, des théories les plus sérieuses aux plus invraisemblables. Mais quel est le véritable récit de ses dernières heures ?
En 1791, la France est en pleine Révolution et l’Autriche observe la situation avec inquiétude. Dans une maison de la rue Rauhensteingasse, aujourd’hui disparue, Mozart est assis devant son pianoforte. Il a 35 ans, un visage encore relativement juvénile, et des yeux bleu-gris dans lesquels brille un éclat très particulier. Mais c’est un génie fatigué. Il vient de créer devant toute la cour sa Flûte enchantée (Die Zauberflöte), travail harassant qu’il a mené avec Emanuel Schikaneder.
Le nouvel empereur Léopold II n’est pas un grand admirateur de Mozart, contrairement à son prédécesseur Joseph II, qui en était un inconditionnel. Mozart a perdu une grande partie des faveurs dont il jouissait à la cour. Sa situation financière s’est considérablement dégradée.
L’épouse de Mozart depuis huit ans s’appelle Constance, née Weber, elle a 29 ans. Elle allaite le petit dernier de la famille, le jeune Franz, âgé de trois mois. L’aîné, Karl, cinq ans, a été placé en pension à la campagne. C’est Constance qui gère le foyer. Les domestiques ont dû être congédiés, faute d’argent.
Les lettres que Mozart lui adresse révèlent tendresse, humour et une intimité joyeuse et enfantine, reflet fidèle de sa personnalité espiègle. Mais cette légèreté appartient désormais au passé : Wolfgang traverse une période sombre, et Constance veille sur lui avec une inquiétude croissante.
Un soir, Mozart ouvre lui-même la porte. il n’y a plus de domestique. Sur le palier se tient un homme de grande taille, mince, habillé entièrement en noir. Il se présente comme l’émissaire d’un homme riche et puissant souhaitant commander au compositeur une œuvre pour les défunts : un Requiem, une messe des morts.
Le commanditaire entend rester anonyme. En gage de bonne foi, l’émissaire remet sur-le-champ 25 ducats d’or, une somme considérable pour un foyer en difficulté financière. Mozart accepte sans hésiter. Constance évoquera plus tard, dans ses mémoires, cet homme tout de noir vêtu qui reviendra à plusieurs reprises s’enquérir de l’avancement de la composition, alimentant ainsi bien des théories.
Le mystère sera finalement levé : le commanditaire s’appelait Franz von Walsegg, jeune comte de 28 ans, déjà veuf. Il souhaitait dédier ce Requiem à sa jeune femme disparue. Coutumier du fait, il commandait des œuvres à différents compositeurs pour ensuite se les approprier et les jouer en société. Constance refusera de respecter les termes du contrat : elle organisera ses propres représentations au bénéfice de sa famille, et l’on verra l’Empereur en personne assister au Requiem, celui de Mozart, et non de Walsegg.
Mozart consacre désormais ses journées entières à cette composition. Il dîne et soupe dans son cabinet de travail, entouré de partitions. Son biographe Alexandre Oulibicheff témoigne : « Payé d’avance et stimulé par le désir qu’il nourrissait depuis longtemps de composer en ce genre, il travailla jour et nuit au Requiem avec une ardeur infatigable, avec un intérêt qu’aucun de ses ouvrages ne lui avait inspiré jusqu’alors, et que les progrès de son mal ne purent refroidir un moment. Ses efforts croissaient avec sa faiblesse, et chaque jour les accidents devenaient plus fréquents et plus graves. »
Constance, alarmée par ces symptômes autant que par la sombre mélancolie qui envahit progressivement son mari, tente de le distraire. Un jour, elle le convainc de sortir se promener au Prater. Assis sur un banc du parc, Mozart lui confie son trouble : pourquoi cet homme était-il vêtu de noir ? Pourquoi lui avoir commandé un Requiem ? Et si cet émissaire avait été envoyé par le ciel ? Et si Mozart composait sa propre messe des morts ? Constance écarte ces pensées, lui enjoignant de se ménager. De retour à l’appartement, il se remet immédiatement au travail.
La fièvre s’installe, tenace et maline, transformant cet homme de 35 ans en un vieillard épuisé. S’y ajoutent des vomissements et des douleurs abdominales — tous les symptômes d’une infection rénale aiguë. Le médecin, le docteur Closset, lui recommande le repos et l’éloignement de ses partitions. Mozart l’écoute poliment, puis n’en tient aucun compte.
Aux alentours du 20 novembre, il passe une première journée entièrement alité. Le lendemain, il ne se lève pas davantage. Sa belle-sœur Sophie Weber multiplie les visites et prend parfois le petit Franz chez elle pour permettre à Constance de souffler. C’est Sophie qui nous a laissé le témoignage le plus saisissant de ces derniers jours.
Elle confectionne avec Constance une veste de nuit que Mozart peut enfiler par le devant car il ne peut plus se retourner dans son lit, tant il est gonflé. Le 3 décembre, Mozart tente d’organiser dans sa chambre une répétition du Requiem avec ses amis. Trop faible pour tenir, il fond en larmes lorsque Benedikt Schack et Franz Xaver Gerl entonnent le Lacrimosa.
Le 4 décembre, Sophie arrive dans l’après-midi et trouve Constance au bord du désespoir : « Hier soir, il était si malade que je pensais qu’il ne serait pas en vie ce matin. Reste avec moi, car s’il a encore un mauvais jour, il mourra ce soir. » Mozart appelle Sophie à son chevet : « Ah, chère Sophie, comme je suis heureux que tu sois là. Vous devez rester ce soir et me voir mourir. » À toutes ses tentatives de le rassurer, il répond : « J’ai déjà le goût de la mort sur la langue. »
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En début de soirée, Mozart fait venir son élève Franz Xaver Süssmayr, 25 ans, pour lui transmettre ses indications et lui permettre d’achever le Requiem. Entouré de ses proches, il aurait demandé à ses amis d’entonner les premières pages de l’œuvre inachevée. Le médecin arrive vers 22h30 et applique des compresses froides sur le front brûlant du malade — un remède malheureusement inadapté. Vers 23h, Mozart perd connaissance. À 1 heure du matin, le 5 décembre 1791, sa tête se penche contre le mur. Wolfgang Amadeus Mozart a cessé de respirer.
La nouvelle fait le tour de Vienne dès le lundi matin, avant de se répandre à travers toute l’Europe. Les funérailles, marquées par le froid, la pluie et les restrictions imposées par un décret municipal visant à endiguer une épidémie, réuniront bien peu de monde, laissant à la postérité l’image, sans doute exagérée, d’un corbillard suivi d’un seul petit chien dans les rues de Vienne.
Franck Ferrand
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A l’occasion de la publication de leur nouvel album, Manon Galy et Jorge Gonzalez Buajasan seront, ce vendredi 24 avril à 20h, les invités du Journal du Classique.
Après un premier album en duo placé sous le signe de la musique française, la violoniste Manon Galy et le pianiste Jorge Gonzalez Buajasan nous convient vers des contrées nordiques. Le programme de leur nouvel enregistrement, sorti chez Aparté, réunit de célèbres sonates de Brahms et de Grieg ainsi q’une rare œuvre de jeunesse, pleine de fraicheur, de Mendelssohn. Mais aussi de délicieuse miniatures signées Dvorak, Fibich et Sibelius.
Les deux musiciens se confieront ce soir sur l’esprit de cet album, gorgé de romantisme, de tendresse et de poésie. « Ce programme nous plonge dans un profond voyage introspectif. Il est un peu comme un miroir qu’on tourne vers soi, ravivant souvenirs et émotions enfouies, révélant fragilités et failles pas tout à fait refermées » nous disent-ils.
Manon Galy et Jorge Gonzalez Buajasan donneront ce programme en concert le 28 mai au Conservatoire Rachmaninov de Paris.
Laure Mézan
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C’est avec l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg dirigé par Aziz Shokhakimov que Radio Classique vous donne rendez-vous pour ce Grand Concert du dimanche soir.
Au programme, le Tombeau de Couperin de Maurice Ravel, le Concerto pour violoncelle d’Edward Elgar joué par la jeune violoncelliste russe Anastasia Kobekina et la Symphonie n°4 de Piotr Tchaïkovski.
Ce concert enregistré le 10 avril dernier au Palais de la Musique et des Congrès de Strasbourg sera présenté par Jean-Michel Dhuez. Vous pourrez l’écouter en qualité numérique à Strasbourg et dans de nombreuses autres villes de France grâce au DAB+.
Jean-Michel Dhuez
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C’est avec l’Orchestre national Montpellier Occitanie dirigé par Roderick Cok que Radio Classique vous donne rendez-vous pour ce Grand Concert du samedi soir.
Au programme, la Symphonie n°4 de Ludwig van Beethoven, Honey and Rue d’André Previn avec la soprano Golda Schultz et Le Chevalier à la rose, suite de Richard Strauss.
Ce concert enregistré le 13 mars dernier au Corum sera présenté par Laure Mézan. Vous pourrez l’écouter en qualité numérique à Montpellier et dans de nombreuses autres villes de France grâce au DAB+.
Jean-Michel Dhuez
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Le chef d’orchestre vénézuélien Rafael Payare est reconduit pour cinq ans au poste de directeur musical et artistique de l’Orchestre Symphonique de Montréal. Nommé initialement en 2022, il dirigera la grande formation canadienne au moins jusqu’en 2032.
En 2022, Rafael Payare avait succédé à Kent Nagano en tant que directeur musical de l’Orchestre Symphonique de Montréal (OSM). Ce premier mandat devait s’achever l’an prochain mais la direction de la grande institution québécoise a annoncé cette semaine le renouvellement du contrat du maestro vénézuélien pour une durée de cinq ans.
Une nomination assortie d’une promotion puisque Rafael Payare portera désormais le titre de directeur musical et artistique de l’OSM. Un changement de titre de qui, selon le communiqué de la direction de l’orchestre, « témoigne de sa volonté de s’impliquer dans le futur de l’OSM au-delà de la programmation et de sa présence sur le podium (…) Avec l’Orchestre, à Montréal comme en tournée, il incarne l’excellence québécoise et canadienne en musique classique ».
Pour Mélanie La Couture, présidente et cheffe de la direction de l’Orchestre Symphonique de Montréal, « C’est un bonheur de voir la relation entre Rafael et l’Orchestre se poursuivre ainsi (…) Son style de direction, à la fois rigoureux et éclatant, témoigne de son respect profond pour les membres de l’Orchestre. Par sa vision artistique, il sait guider l’Orchestre vers de nouveaux sommets. Par son implication dans la communauté, il contribue à dynamiser le visage de l’OSM et le rendre plus accessible et ouvert ».
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Pour sa part, le maestro vénézuélien de 46 ans, issu du programme d’éducation El Sistema, a confié : « L’amour et la complicité avec les musiciennes et musiciens de l’Orchestre tout comme l’accueil chaleureux que je reçois de la communauté montréalaise me rendent comblé de poursuivre cette belle relation avec l’OSM (…) L’OSM et moi, on est vraiment amoureux. Quand on est amoureux, on doit maintenir la relation ».
Selon les termes de son nouveau contrat, Rafel Payare s’engage, jusqu’à la fin de la saison 2031-2032, à consacrer de 14 à 16 semaines par année à l’OSM. Une charge de travail qu’il devra concilier avec ses autres engagements, notamment avec le San Diego Symphony dont il est le directeur musical depuis sept ans.
Philippe Gault
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