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À l’occasion de la parution simultanée des Dictionnaire amoureux d’Israël et Nouveau Dictionnaire amoureux de la Palestine aux Editions Plon, Radio Classique a réalisé un entretien avec chaque auteur.
Elie Barnavi dévoile dans son Dictionnaire amoureux d’Israël une véritable mosaïque de trajectoires humaines. Il explore la singularité d’une terre où l’hébreu, longtemps resté le souffle des livres sacrés, est redevenu le parler des rues. L’ancien ambassadeur s’éloigne des certitudes pour interroger les paradoxes d’un petit pays, terre d’innovation, marqué par ses relations changeantes avec le monde et ses figures historiques. Des partitions de musique classique aux souvenirs diplomatiques, ce récit dessine les contours d’une identité constamment en mouvement.
Laure Dautriche s’est entretenue avec Elie Barnavi.
Laure Dautriche : Bonjour Elie Barnavi. Vous êtes historien, ancien diplomate, ambassadeur d’Israël en France de 2000 à 2002 et vous êtes l’auteur de ce Dictionnaire amoureux d’Israël. Vous écrivez dès la première page que vous êtes un « défenseur des libertés » et que vous prônez la solution à deux états, Israël et Palestine. C’est un livre personnel, à la fois politique, géographique, poétique. Est-ce que vous diriez qu’Israël est un pays qu’on ne connaît pas si bien, même s’il est très présent aujourd’hui sur la scène internationale ?
Elie Barnavi : Oui, je suis convaincu de cela. On ne connaît aucun pays autre que le sien. Israël ne fait pas exception. Il se trouve qu’Israël est au cœur de l’actualité, sans arrêt. Et donc cet écart entre ce que l’on croit savoir et ce que l’on sait peut être gênant pour ceux qui y vivent, pour ceux qui y habitent. Je tenais à faire passer un certain nombre de choses qui me tiennent à cœur, que ce soient des choses positives que je trouve belles, que je trouve formidable, ou que ce soient au contraire des choses très négatives parce que tout n’est pas amour dans ce Dictionnaire amoureux.
L.D : Votre Dictionnaire amoureux d’Israël contient de très belles pages sur la langue. Il a été difficile, écrivez-vous, d’imposer l’hébreu comme langue dominante. Au début du XXe siècle, on parlait soit Yiddish (judéo-allemand), ou Latino (judéo-espagnol), ou encore judéo-arabe. Adopter l’hébreu a été un défi ?
E.B : Oui, un combat même. C’était l’un des combats majeurs du sionisme. Les sionistes avaient compris que sans langue nationale forte capable d’unifier tous les membres du peuple juif, le projet national juif n’avait aucune chance d’aboutir. C’est intéressant d’ailleurs parce que Eliézer Ben-Yehoudah, l’homme qui est considéré comme le père de l’hébreu national moderne, il est venu à Paris étudier la médecine et c’est là qu’il a compris l’importe de la langue de la culture comme ciment national. Et à son retour, avant même la création de l’État d’Israël, il impose l’hébreu avec une bande de jeunes enthousiastes qui lui prêtent main forte. Ensemble, ils imposent l’hébreu de manière presque violente, c’est-à-dire qu’ils accostent les gens dans les rues, ils imposent aux organismes publics l’emploi de l’hébreu. C’est une espèce d’autodiscipline et qui a fonctionné extraordinairement. En fait, c’est le seul exemple de langue non pas morte mais « endormie », et qui a été ressuscitée de cette manière, et qui est devenue un idiome aussi naturel que l’est le français en France actuellement.
Cela s’est fait en l’espace d’une génération. C’est assez extraordinaire la rapidité avec laquelle ça s’est fait. Et ça s’est fait parce qu’il y avait quand même une longue préparation. L’hébreu était une langue d’écriture, de prière et aussi de communication intellectuelle à partir du XIXe siècle et donc cela existait. Il a fallu le transformer en idiome parlé de tous les jours et, ça, c’est une autre affaire.
L.D : Vous racontez aussi comment Israël est devenu un pays d’innovation, a le « culte de l’innovation », alors que c’est un tout petit pays de 10 millions d’habitants, pauvre en ressources naturelles et à moitié désertique. Comment cela a-t-il été possible ?
E.B : Israël est un pays de gens inquiets, remuants, curieux. C’est l’un des côtés les plus attachants de ce pays. C’est un pays de haut niveau, et cela a été voulu d’emblée. Avant même la création de l’État en 1948, on avait deux universités. Cela signifie que, avant même de bâtir les outils de la puissance de cet État, on a bâti les outils de son indépendance intellectuelle et on a formé des gens à l’excellence. Et puis vous avez l’armée, l’armée qui était l’incubateur d’excellence technologique. Ici se trouvent tous les ingrédients pour former ce qu’on appelle une start-up nation. Et ça a été l’une des grandes réussites d’Israël.
Il y a un « caractère national » en Israël. Par exemple, les erreurs et les échecs à nos yeux permettent d’apprendre. On est aussi moins rigide, moins autoritaire que dans d’autres pays. L’Israélien supporte assez mal la discipline rigide. Et il y a un esprit égalitaire entre les gens qui a profondément imprégné l’esprit national israélien.
L.D : Vous évoquez aussi plusieurs grandes figures juives comme Sigmund Freud ou encore à la lettre E de votre dictionnaire Albert Einstein, à qui il a été proposé en 1925 de devenir président de l’État d’Israël. Pourquoi lui ?
E.B : Parce qu’il était le scientifique le plus célèbre de l’époque, parce qu’il était sympathique à la cause sioniste, parce qu’on le savait soucieux de l’avenir de cet état et parce qu’on s’est dit que ce serait un surcroît de prestige pour ce pays si Einstein acceptait de devenir président. Bien qu’ému par la proposition qui lui est faite, Einstein refuse, expliquant qu’il ne connaît bien que la science et le « monde des objets », qu’il n’est pas à l’aise avec le « monde des hommes ». Mais ce qui est amusant, c’est que les gens qui lui proposent cela, dont l’un des fondateurs de l’état, David Ben Gourion, sont très angoissés à l’idée qu’il accepte, parce qu’ils se demandent bien ce qu’on ferait d’un personnage aussi indépendant qu’Einstein et qui, par ailleurs, ne connaît pas la langue nationale. C’était en fait une fausse bonne idée et quand Einstein a refusé, comme on pouvait s’y attendre, je pense que tout le monde a eu un soupir de soulagement.
L.D : Vous expliquez que dans les relations internationales d’Israël, la France est un cas unique qui a eu des périodes de passion, d’amitié, de désamour. Pourquoi ?
E.B : Oui, la France est un cas unique. Avec aucun autre pays on a eu cette relation, sauf peut-être avec les États-Unis, mais c’était plus tardivement et, on le voit aujourd’hui, avec beaucoup de malentendus. Avec la France, Israël a vécu une lune de miel. Cette relation a été bâtie à la fois sur le souvenir de la Seconde Guerre mondiale, de la résistance au nazisme, de la proximité des partis au pouvoir, puisque la France et Israël étaient gouvernés par des partis d’obédience social-démocrate, mais aussi sur les malentendus puisque la France, dans les années 1950, était dans une relation plus tendue avec les Arabes, avec l’Afrique du Nord, avec l’Egypte de Nasser. Donc c’est aussi une alliance qui était à la fois nourrie par le sentiment, par la proximité idéologique, mais aussi par beaucoup d’intérêts communs.
Mais cette relation était tellement forte, tellement exceptionnelle qu’elle ne pouvait pas durer, évidemment. Lorsque le Général de Gaulle est devenu président de la République en 1958, les relations avec Israël se sont refroidies. Alors la France, à la mesure même de l’amitié qu’elle nous portait, nous a semblé une puissance presque hostile. Et ça a duré comme ça jusqu’à l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand. Le Général de Gaulle est l’un des premiers à prendre ses distances avec Israël.
L.D : Vous parlez aussi de musique traditionnelle et de musique classique, en particulier de Bronislaw Huberman, violoniste juif polonais et virtuose, qui a fui l’Allemagne nazie en 1936 et qui fonde à l’époque à Tel-Aviv l’Orchestre symphonique de Palestine, qui accueille des centaines de musiciens réfugiés de l’Allemagne nazie. Il sauve par là des centaines de musiciens juifs…
E.B : Oui, absolument. Et en même temps, il s’offre les moyens de créer un orchestre philharmonique de classe internationale d’emblée. Et d’ailleurs c’est assez émouvant parce qu’en 1936, le premier chef d’orchestre que Huberman invite pour diriger le concert d’ouverture est Arturo Toscanini parce qu’il a entendu que c’était un antifasciste notoire. Ainsi, il trouve là le moyen d’à la fois s’offrir des débuts prestigieux et de signaler l’admiration et l’amour qu’il porte à Toscanini. En 1948, cet orchestre deviendra l’Orchestre philharmonique d’Israël. Plusieurs musiciens de cet orchestre créent des formations de chambre. D’autres orchestres symphoniques suivront, notamment l’orchestre de Kol Israel, la radio nationale, futur Orchestre symphonique de Jérusalem. Et si l’Opéra d’Israël, fondé en 1948, vivote péniblement, le Nouvel Opéra d’Israël, créé en 1985, est une scène de qualité.
L.D : Merci Elie Barnavi, votre Dictionnaire amoureux d’Israël paraît aux éditions Plon. Et la semaine prochaine, nous recevrons Elias Sanbar, qui publie le Nouveau Dictionnaire amoureux de la Palestine.
Découvrez bientôt l’entretien de Laure Dautriche avec Elias Sanbar, auteur du Nouveau Dictionnaire amoureux de la Palestine
Le Dictionnaire amoureux d’Israël par Elie Barnavi | Editions PLON
Le Nouveau Dictionnaire amoureux de la Palestine par Elias Sanbar | Editions PLON
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Le Concerto pour piano de Grieg par Javier Perianes à Monaco, la suite de l’intégrale Rachmaninov par l’Orchestre Appassionato à la Seine Musicale et L’Or du Rhin à l’Opéra de Marseille : découvrez la sélection Radio Classique des rendez-vous à ne pas manquer dans les prochains jours
L’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo invite Javier Perianes. Sous la direction de Yutaka Sado il interprétera le Concerto pour piano d’Edvard Grieg. Au programme également, L’Apprenti sorcier de Paul Dukas et la Symphonie n°5 de Piotr Ilitch Tchaïkovski.
Mathieu Herzog et l’Orchestre Appassionato poursuivent leur intégrale de la musque symphonique de Rachmaninov. Au programme de ce deuxième concert : la Symphonie n°3, la Vocalise et le Concerto pour piano n°2 par Nikita Mndoyants.
Du 5 mai au 13 mai : L’Or du Rhin à l’Opéra de Marseille
L’Or du Rhin de Richard Wagner est à l’affiche de l’Opéra de Marseille pour quatre représentations, dans une nouvelle production. Alexandre Duhamel chante Wotan, Zoltan Nagy Alberich et Marion Lebègue Fricka. L’Orchestre de l’Opéra de Marseille est dirigé par Michele Spotti. La mise en scène est de Charles Roubaud.
Jean-Michel Dhuez
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A l’occasion de la production de La Calisto de Franceso Cavalli au Théâtre des Champs-Elysées, Lauranne Oliva et Paul-Antoine Bénos Djian seront, ce vendredi 1er mai à 20h, les invités du Journal du Classique.
Créé au festival d’art Lyrique d’Aix-en-Provence l’été dernier, cette production de la Calisto de Cavalli mise en scène par Jetske Mijnssen et dirigée par Sébastien Daucé sera présentée les 4 et 6 mai au Théâtre des Champs-Elysées puis les 20 et 21 mai au Théâtre de Caen. Un spectacle qui avait déjà été repris, notamment à l’Opéra de Rennes, qui a connu un vif succès, enchanté de nombreux spectateurs et vient de faire l’objet d’une publication discographique.
La soprano Lauranne Oliva qui incarne le rôle-titre et le contre-ténor Paul-Antoine Bénos-Djian qui chante le rôle d’Endimione ont été de toutes les représentations. Ils nous raconteront ce soir l’esprit de ce spectacle, véritable opéra de troupe, et les spécificités du langage de Cavalli dont La Calisto est l’un des grands chefs d’œuvre.
Laure Mézan
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Mort à 33 ans, Vincenzo Bellini laisse une dizaine d’opéras qui incarnent l’idéal du bel canto romantique. Derrière la fortune rencontrée par Norma, inscrit au programme des grandes scènes internationales, il y a une vie plus complexe qu’on imagine.
La vie sentimentale de Bellini demeure une énigme. Sa première relation amoureuse avec Maddalena Fumaroli, une jeune élève à qui il donnait des cours, se solde tragiquement par la mort prématurée de celle-ci.
Par la suite, si Giuditta Turina reste la seule véritable passion qu’on lui connaisse, c’est surtout son amitié avec son condisciple du conservatoire, Francesco Florimo, qui a le plus nourri les spéculations. Une amitié à laquelle il restera fidèle au-delà de la mort. Jean-Philippe Thiellay, dans sa biographie de Bellini, résume ainsi la question : « Bellini était plus doué pour l’amitié masculine que pour l’amour, et peut-être simplement pour les relations avec les femmes. On a glosé sur les ambiguïtés qui ont pu exister entre Florimo, ultra-misogyne, et Bellini. Le caractère inabouti de ses relations féminines entretient le doute, guère plus. »
La carrière de Bellini est d’une rapidité stupéfiante. À 26 ans à peine, il débarque à Milan, accueilli par le compositeur Mercadante, et signe dès mai 1827 un contrat avec la Scala pour Le Pirate, dont la création en octobre de la même année constitue son premier triomphe. S’enchaînent alors Zaira, L’Étrangère, Les Capulet et les Montaigu, et Bellini devient le compositeur le mieux payé du début du XIXe siècle.
Milan, Venise, Londres et Paris se disputent ses œuvres. Les plus grandes sopranos — la Pasta, la Grisi — et les plus grands ténors, comme Rubini, se pressent à ses créations. Gaetano Donizetti lui-même, après avoir assisté à la première de Norma, déclare : « Je serais très content de l’avoir composée et je mettrais volontiers mon nom sur cette musique. » Quant au jeune Richard Wagner, qui dirige Norma à Riga en 1837 à l’âge de 24 ans, il salue « la veine mélodique la plus abondante, jointe à la plus profonde réalité, à la passion intérieure. »
Quant à la signature mélodique inoubliable de Bellini, elle séduira jusqu’à Frédéric Chopin, admiratif de « son sens absolu du legato, la pureté de la ligne et la morbidezza », terme italien trompeur, car il signifie souplesse et richesse des couleurs.
Le soir du 26 décembre 1831, la création de Norma à la Scala se solde par un scandale. Alors que le public s’attendait à un succès, l’assistance rejette l’œuvre — à l’image de ce qui adviendra plus tard avec Carmen ou La Traviata.
Bellini, le cœur brisé, écrit à son ami Florimo : « Fiasco, fiasco, solenne fiasco. Peux-tu le croire ? Ils étaient déterminés à donner à ma pauvre Norma la même fin qu’à la druidesse. » Il s’y console néanmoins en rappelant que « les Romains ont aussi sifflé L’Olimpiade du divin Pergolèse ».
La vindicte d’une partie du public est en réalité très certainement le fruit d’une cabale organisée par des concurrents jaloux d’une réussite jugée trop rapide, doublée d’une rivalité entre la Scala et le Teatro Carcano, où Bellini avait justement créé La Somnambule en mars de la même année.
Une partie du public a également été déroutée par la gravité d’une musique se situant à la jonction du néoclassicisme et d’un romantisme encore naissant. Dès la quatrième représentation, la tendance s’inverse : Bellini est rappelé sur scène à plusieurs reprises, et l’opéra reste à l’affiche pour une trentaine de représentations.
Après l’échec retentissant de Beatrice di Tenda à la Fenice en mars 1833, Bellini quitte l’Italie pour Paris — comme un acteur qui partirait aujourd’hui à Hollywood. Son français est approximatif, mais son charme fait merveille : il se lie avec Hugo, Musset, Sand, Dumas père, Heine et Michelet. En janvier 1835, Les Puritains, créés au Théâtre-Italien, sont un triomphe. Balzac écrit à Madame Hanska : « Oh ! Les Puritains, la seule musique à mettre au côté de celle de Rossini. »
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Bellini, que la vie parisienne épuise, accepte alors l’hospitalité d’un couple de mécènes et s’installe au 19 bis de la rampe du pont de Neuilly à Puteaux, dans ce qui est aujourd’hui le quartier Bellini de la Défense. C’est là qu’il contracte la dysenterie galopante qui l’emporte à seulement 33 ans.
Sa mort brutale plonge le monde artistique dans la stupeur au point que certains évoquent un possible empoisonnement. Le professeur Pierre Brunel, auteur d’un Bellini publié chez Fayard, résume ainsi son héritage : « Ce n’est pas seulement de nous plaire ou de nous toucher, mais de nous donner accès, par la grâce de ces moments exceptionnels où tout semble suspendu, à un au-delà du temps. »
Franck Ferrand
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Radio Classique vous propose de revivre le concert que l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg a donné le 27 mars dernier au Palais de la Musique et des Congrès sous la direction de la cheffe bulgare Delyana Lazarova.
Au programme : l’Ouverture n°2 d’Emilie Mayer, le Concerto pour violoncelle de Robert Schumann par Steven Isserlis et la Symphonie n°2 de Brahms.
Ce concert sera présenté par Laure Mézan. Vous pourrez l’écouter en qualité numérique à Strasbourg et dans de nombreuses autres villes de France grâce au DAB+.
Jean-Michel Dhuez
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« L’Orchestre fait son cinéma, un voyage musical en Italie », tel était le titre de ce concert donné le 16 avril dernier à la Cathédrale Saint-Louis des Invalides dans le cadre des concerts de la saison musicale des Invalides soutenus par le CIC Le programme était consacré aux musiques de film italienne, autour de Nino Rota et d’Ennio Morricone.
Vous pourrez notamment entendre les musiques du Guépard de Visconti, d’Il était une fois en Amérique, et d’Il était une fois dans l’Ouest de Sergio Leone ainsi que celles du Parrain de Coppola et de Huit et demi de Fellini. Elles seront interprétées par l’Odysee Symphony Orchestra dirigé par Yvan Cassar avec la chanteuse Neïma Naouri, la violoniste Eva Zavaro, la flûtiste Jeanne Gollut, la violoncelliste Julie Sevilla-Frayse, le trompettiste Clément Saunier, le mandoliniste Roman Rondepierre et le pianiste Nathanaël Gouin.
Ce concert sera présenté par Jean-Michel Dhuez. Vous pourrez l’écouter en qualité numérique dans de nombreuses villes de France grâce au DAB+.
Jean-Michel Dhuez
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A l’occasion de la nouvelle édition de son festival, Les Folies musicales, Olivier Py sera, ce jeudi 30 avril à 20h, l’invité du Journal du Classique.
Un vent de folie soufflera sur le théâtre du Châtelet du 6 au 11 mai à l’occasion de la deuxième édition de ce festival imaginé par Olivier Py, le directeur de la maison. Une manifestation qui se déploiera dans les différents espaces du théâtre à laquelle participeront des artistes connus et appréciés pour leur créativité, leur audace et leur capacité à bousculer les codes.
Parmi eux : Julien Masmondet et ses Apaches, Rosemary Standley et l’ensemble Contraste, Nicolas Stavy avec le comédien Robin Renucci, la gambiste Lucile Boulanger, le pianiste Francesco Tristano ou encore quelques figures de l’électro ainsi que les musiciens de l’orchestre de chambre de Paris qui feront dialoguer musique classique occidentale et musique classique indienne.
Olivier Py nous éclairera ce soir sur l’esprit de ce festival ainsi que sur les temps forts de la prochaine saison du châtelet qui vient d’être dévoilée.
Laure Mézan
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Zubin Mehta a fêté ses 90 ans le 29 avril au Maggio Musicale de Florence. À l’occasion de cet anniversaire symbolique, de grandes institutions à travers le monde invitent le maestro indien à diriger des concerts en son hommage.
On se rappelle qu’à la fin 2019 Zubin Mehta avait annoncé qu’en raison de problèmes de santé et compte-tenu de son âge (83 ans à l’époque) il comptait mettre fin à sa carrière. Et pourtant, un peu plus de six ans plus tard, c’est à la baguette, sur scène qu’il célèbre ses 90 ans à la tête de grandes formations qui ont marqué son parcours exceptionnel et qui tiennent à lui rendre hommage.
Des célébrations qui ont commencé en janvier en Inde, dans sa ville natale de Bombay, où Zubin Mehta a dirigé, lors de deux représentations, le Philharmonique de Belgrade. Ce mercredi, jour de son 90e anniversaire, sous les yeux de ses amis Daniel Barenboim et Plácido Domingo, le maestro a dirigé la 9e Symphonie de Ludwig van Beethoven au Teatro Maggio Musicale de Florence, l’institution florentine dans laquelle une salle porte son nom et dont il a été le directeur musical pendant 32 ans (1985-2017).
Dimanche 3 mai, c’est l’Opéra d’État de Berlin qui célébrera l’anniversaire de Zubin Mehta. Le chef d’orchestre indien y dirigera à 19h00 la Symphonie n° 40 de WA Mozart et la Symphonie n° 1 de Gustav Mahler. On le retrouvera le samedi 30 mai à la tête du Bayerische Staatsoper qu’il dirigera dans la Symphonie n° 3 De Mahler. Un moment très attendu à Munich, puisque Zubin Mehta fut de 1993 à 2006 le directeur musical du Staatsoper qu’il dirigea à l’occasion de près de 440 représentations.
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Au printemps 2027, pour clore cette année anniversaire, Gustavo Dudamel, le nouveau directeur musical du Philharmonique de New York, a invité Zubin Mehta à se produire pour sept concerts de gala. Du 8 au 13 avril il dirigera la Symphonie n° 4 d’Anton Bruckner et le Concerto pour piano n° 24 de WA Mozart qu’interprétera Yefim Bronfman. Ensuite, jusqu’au 17 avril, le maestro indien conduira trois représentations consacrées à la Symphonie n° 7 d’ Antonín Dvořák et au Concerto pour violon de Jean Sibelius que jouera Clara-Jumi Kang.
Our Conductor Emeritus, Zubin Mehta, turns 90 today. Please join us in celebrating his career with the LA Phil and beyond by saying “Happy Birthday!” pic.twitter.com/3F6fl0goiG
— Hollywood Bowl (@HollywoodBowl) April 29, 2026
Philippe Gault
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François Heisbourg, est conseiller principal pour l’Europe à l’IISS et conseiller spécial à la Fondation pour la Recherche Stratégique. Il publie L’Europe face aux prédateurs, aux éditions Odile Jacob.
Comparée à ses adversaires, l’Europe a des atouts décisifs : le géopoliticien François Heisbourg nous l’explique au micro de David Abiker
C’est peut-être l’annonce la plus importante de cette crise du moment entre la guerre en Ukraine et le blocus du détroit d’Ormuz. Il s’agit d’une sortie du chancelier allemand à laquelle a répondu Donald Trump, qui annonce une réduction du nombre de soldats américains stationnés en Allemagne. Sommes-nous là dans un vrai tournant de l’après-Deuxième Guerre mondiale ?
FRANÇOIS HEISBOURG — La réponse courte, c’est oui. Monsieur Trump est un homme auquel on est habitué à voir dire le matin le contraire de ce qu’il dira l’après-midi. Mais il y a quelques sujets sur lesquels il fait preuve d’une constance dans la durée : sa vision de l’Europe, sa vision des alliances, qui sont pour lui des arnaques. L’OTAN est une arnaque que les Européens ont imposée aux Américains. Ça fait 40 ans qu’il tient le même langage, depuis qu’il s’exprime par écrit ou à l’oral sur les questions de politique étrangère et de sécurité — il n’a pas varié d’un pouce.
Ce qu’il a dit hier en rebond aux propos de Monsieur Merz, il fallait s’y attendre. Ce n’est pas en soi une surprise. Cela signifie clairement que les Européens vont devoir se prendre en charge en matière de défense de façon beaucoup plus importante, pour ne pas dire exclusive, dans les années qui viennent, face à une Russie qui reprend du muscle dans la guerre en Ukraine, et face aux prédateurs de façon générale. Les Américains ne seront plus là pour nous tenir la main.
Faisons un détour par le détroit d’Ormuz, puisque c’est le sujet de votre livre. Ce détroit va être bloqué longtemps : c’est ce que promet Donald Trump, qui estime que le blocage est plus intéressant stratégiquement que les bombardements.
F.H. — Il a dit le contraire le matin même, alors qu’il se faisait mettre en scène sur le thème « Monsieur Gentil, c’est fini », sur fond de paysage où éclataient les bombes dans tous les sens. Il n’agira peut-être pas en fonction de cette déclaration. Mais les marchés, eux — et c’est très intéressant —, ont réagi très vite.
Le prix du pétrole a augmenté de 8 % hier, puis encore de 8 % entre hier soir et ce matin. On est passé, en moins de deux jours, de 110 dollars à 126 dollars le baril. La crise énergétique commence. Les marchés ont cessé de se caler sur l’espoir des déclarations lénifiantes de Trump sur le thème « la guerre est presque finie, tout ça sera réglé dans les jours qui viennent ». Les marchés ignoraient en fait la rupture des flux pétroliers. Le pétrole aurait dû monter à 130 ou 140 dollars le mois dernier. Il ne l’a pas fait parce que les marchés vivaient non pas dans la réalité, mais dans l’espoir. Là, ils ont cessé de vivre dans l’espoir : ils disent le vrai, ils sont redevenus authentiques et sincères.
C’est-à-dire qu’ils ont arrêté d’écouter Trump.
F.H. — Tout à fait. Puisque le prix du pétrole est mondial, il est le même partout, cela affecte tout le monde. Même les pays exportateurs en sont affectés. Cela signifie que tous les gouvernements sont désormais placés devant ce que j’appellerai une vraie crise énergétique, et non plus dans les prolégomènes [longs préliminaires NDR] qu’on avait connus, par exemple en France, où l’on a crié avant d’avoir mal au cours des semaines précédentes. Là, on entre dans le dur.
Vous qui êtes spécialiste de géopolitique. Pensez-vous que ces marchés financiers puissent être aujourd’hui un contre-pouvoir géopolitique ?
F.H. — Ils sont un pouvoir, bien entendu. Un pouvoir notamment parce qu’ils déterminent les conditions dans lesquelles se déploie l’économie mondiale, ce qui affecte la vie quotidienne des uns et des autres, mais aussi parce que les responsables politiques leur prêtent attention.
Le président Trump est notamment très sensible aux signaux lancés par les marchés. Dans mon livre, j’explique ce qui peut paraître un peu lunaire : que l’Europe a quelque part commencé à se bâtir au Groenland.
Quand Donald Trump a menacé de l’annexer.
F.H. — Voilà. Les Européens, fort intelligemment et fort efficacement, ont joué sur plusieurs leviers. On a déployé quelques centaines de soldats européens, dont des soldats français — c’était utile, ça fait réfléchir au Congrès américain. Mais surtout, on a fait peur aux marchés.
Les marchés se sont rendu compte que les Européens risquaient de déclencher une vraie guerre commerciale. Et là, Donald Trump a viré sur l’aile en 24 heures, parce qu’à la télévision américaine, vous avez souvent en bas de l’écran les indices boursiers.
Quand Trump parlait d’envahir le Groenland, ça partait dans le rouge vif. Et le lendemain matin, à Davos, il a dit : « Finalement, je ne vais pas avaler le Groenland » — et ça repartait dans le vert. Les marchés avaient parlé. Les Européens avaient eu l’intelligence de les mettre à leur service.
Est-ce que les Européens ont enregistré ce changement ? Sont-ils désormais conscients qu’ils peuvent mettre le pied dans certaines portes et qu’ils ne sont pas condamnés à être les spectateurs effrayés de l’abandon américain ?
F.H. — Ce que je tente d’expliquer dans mon livre, c’est qu’on a beaucoup plus d’atouts qu’on ne le croit.
Le premier, c’est celui que vous venez d’évoquer : nous savons effectivement mettre le pied dans la porte. Le déficit américain — les Américains vivent dans un état de déficit à côté duquel celui de la France est une douce plaisanterie — est notamment financé parce que les capitaux européens s’investissent aux États-Unis. Si ces capitaux ne sont plus au rendez-vous, ça se sent et ça se voit très vite.
Mais il y a un autre aspect : nous avons beaucoup de mal à intégrer le fait que nous gagnons des batailles. Prenons la France. Pendant 40 ans, elle a expliqué qu’un jour les Américains ne seraient plus là pour défendre l’Europe. Elle a plaidé pour l’autonomie stratégique de l’Europe. Cette bataille-là, nous l’avons gagnée. Il n’est plus besoin d’expliquer, même aux Polonais, même aux Baltes, même en Allemagne, qu’il faudra tenter de vivre sans les Américains. Et pourtant, en France, nous avons beaucoup de mal à intégrer que c’est réel — que nous devons, nous, tirer la conclusion de cette victoire conceptuelle.
L’Allemagne a tiré cette conséquence et augmente vraiment son budget de défense, en grand. En France, les crédits militaires ont augmenté sur le papier bien plus qu’ils ne l’ont fait en termes de commandes passées à l’industrie de défense et de dépenses effectives pour les armées. Cela va peut-être changer avec la nouvelle loi de programmation militaire qui sera débattue au Parlement dans les jours qui viennent — et c’est une très bonne chose. Mais nous avons du mal à montrer que nous agissons à la hauteur de cette victoire conceptuelle.
Est-ce lié à une crise de l’État ? On voit que l’Allemagne arrive à dégager une ligne politique et à s’y tenir, malgré les écueils : une situation politique complexe, la montée des populismes, un chancelier élu sans triomphe, une crise économique profonde, des problèmes migratoires. La France, elle, connaît une crise de l’État qui l’empêche d’accompagner l’Europe dans sa politique de puissance.
F.H. — C’est tout à fait exact. Mais il est vrai aussi que, contrairement à l’Allemagne, la France connaît une vraie crise des dépenses publiques. Il est moins facile de dégager des crédits quand on est lourdement endetté.
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L’Allemagne a su, pendant les années de la crise de l’euro, garder ses finances publiques en ordre. Elle dispose donc de marges de manœuvre que nous n’avons pas. Mais vous avez raison : le cœur, c’est la crise de l’État. L’Allemagne, malgré ses raideurs politiques, un gouvernement de coalition divisé, élu sur la base d’une proportionnelle qui n’est pas propice à la décision. Les gens qui réclament la proportionnelle en France devraient regarder comment ça se passe dans les pays où elle est la règle, comme aux Pays-Bas ou en Allemagne, où il est très difficile de dégager de la décision politique.
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Marc Minkowski a été nommé directeur musical du Boston Baroque. Le maestro français succède à Martin Pearlman, le fondateur, il y a plus de cinquante ans, du premier orchestre permanent jouant sur instruments anciens en Amérique du Nord.
Agité depuis des semaines par l’éviction prochaine d’Andris Nelsons de l’Orchestre Symphonique de Boston, le milieu musical de la capitale du Massachusetts peut enfin se réjouir avec l’annonce cette semaine de la nomination de Marc Minkowski en tant que directeur musical du Boston Baroque. À ce poste il succède au claveciniste et chef d’orchestre Martin Pearlman qui a fondé et dirigeait depuis 1973 cette formation renommée (ex-Banchetto Musicale jusqu’à 1992).
Une nomination légitime pour Marc Minkowski, né d’une mère américaine et, surtout, grand spécialiste de la musique baroque qu’il a tant pratiquée avec Les Musiciens du Louvre, l’orchestre qu’il a créé et qu’il dirige depuis 1982. Un ensemble basé à Grenoble dont les musiciens jouent eux-aussi sur des instruments d’époque. Le chef d’orchestre de 63 ans a dirigé le Boston Baroque pour la première fois lors du concert du nouvel an 2026.
Dans un entretien au journal The Boston Globe Marc Minkowski avoue « Longtemps, j’ai rêvé d’être plus présent aux Etats-Unis. Quand cette proposition m’a été faite, j’ai été plus qu’heureux de pouvoir changer ma vie pour être aussi présent que possible pour ce projet. Le talent artistique de l’ensemble, son style unique et sa renommée internationale (…) Je me réjouis de travailler avec ces musiciens accomplis et de partager ce répertoire exceptionnel avec le public bostonien ».
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Marc Minkowski, qui s’est engagé à diriger de trois à cinq concerts par saison dans le Massachusetts, débutera celle de 2026-2027 par une représentation des Saisons (Die Jahreszeiten) de Joseph Haydn le 20 septembre. Outre ce concert d’ouverture, l’ancien directeur de l’Opéra national de Bordeaux (2016 à 2021), dirigera le Boston Baroque à l’occasion du concert du Nouvel An consacré au répertoire de Ludwig van Beethoven et lors d’une soirée autour du Stabat Mater de Jean-Baptiste Pergolèse au printemps 2027.
La direction du Boston Baroque a également annoncé que le maestro florentin Filippo Ciabatti, assistant de Martin Pearlman de 2023 à 2025, rejoindra l’équipe au poste nouvellement créé de chef d’orchestre invité principal.
Philippe Gault
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