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L’ex-danseuse étoile Claude Bessy, est morte ce jeudi à l’âge de 93 ans. Directrice de l’École de danse de l’Opéra de Paris pendant plus de 30 ans, elle aura révolutionné l’enseignement, propulsant les « petits rats » à un niveau d’excellence inégalé.
Née le 21 octobre 1932 à Paris, Claude Bessy, de son vrai nom Claude Durand, entre à neuf ans au Théâtre national de l’Opéra. Elle passe les années de guerre au Palais Garnier, qui abritait encore l’École de danse (transférée en 1987 à Nanterre). En 1946, elle est engagée dans le corps de ballet de la compagnie. L’année d’après, elle est remarquée par l’immense chorégraphe George Balanchine, qui lui confie son premier rôle dans Sérénade de Piotr Ilitch Tchaïkovski .
L’ancienne danseuse se produira dans les années 50 et 60 avec l’Opéra sur les scènes du monde entier. Beauté blonde, physique atypique car grande pour ses partenaires, elle s’irritait du surnom qu’on lui donnait, « Bardot de la danse ». « J’en avais marre de n’entendre parler que de mon physique. Un jour, j’ai dit à l’un des directeurs: « Si ça continue comme ça, je quitte l’Opéra pour les Folies-Bergère. Je m’emmerderai moins et je gagnerai plus d’argent », avait-elle déclaré à L’Express en 2004.
Claude Bessy doit sa formation artistique à Serge Lifar, grand seigneur de la danse française, dont elle crée ou interprète les principaux ballets: Cinéma, Les mirages, les Noces fantastiques. En 1956, c’est lui qui la nomme danseuse étoile. Trois ans plus tôt, Gene Kelly, l’ayant vue sur la scène de l’Opéra, lui propose une audition en vue de son prochain film, Invitation à la danse. Elle décline le contrat de la MGM, ne souhaitant pas devenir comme Leslie Caron, qui avait abandonné sa carrière de danseuse pour Hollywood.
Victime d’un très grave accident de voiture en 1967, Claude Bessy remonte sur scène huit mois plus tard, notamment dans le Boléro de Maurice Ravel chorégraphie par de Maurice Béjart. Elle est nommée directrice du Ballet de l’Opéra en 1970 puis, deux ans plus tard, directrice de l’Ecole de Danse. C’est durant son mandat (1972-2004) qu’ont été formées les plus grandes étoiles françaises du XXe siècle, comme Patrick Dupond, Sylvie Guillem, Marie-Claude Pietragalla ou encore Laurent Hilaire.
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Claude Bessy change profondément l’enseignement au sein de l’institution créée par Louis XIV. Elle instaure le travail à mi-temps (danse le matin, études générales l’après-midi) et ajoute à l’enseignement du classique des cours de danse de caractère, de folklore, de mime et de jazz. La fin de sa carrière de directrice est entachée d’accusations liées à sa méthode de travail. En 2002, un rapport établi à la demande de syndicats de l’Opéra fait l’effet d’une bombe: il met en cause « le déni de douleur », des « atteintes à la dignité » et une « discipline de terreur psychologique » à l’École.
Claude Bessy se dira « écœurée » par ces accusations. « Moi, j’ai été élevée à la baguette. Aujourd’hui, quand tu fais une connerie, il n’y a plus de sanctions. Autrefois, on entrait en danse comme en religion. Je vois bien que les enfants d’aujourd’hui ont du mal à accepter l’effort »,affirmera-t-elle encore.
C’est avec une profonde tristesse que l’Opéra de Paris a appris la disparition de Claude Bessy le 23 avril 2026. D’abord danseuse Étoile puis directrice de l’École de Danse pendant plus de trente ans. 1/2 pic.twitter.com/mmXR7GIfhx
— Opéra de Paris (@operadeparis) April 23, 2026
Deux fois divorcée, bardée de décorations et de prix français et internationaux, Claude Bessy a été également chorégraphe, actrice dans plusieurs films de danse et autrice de livres comme Danseuse Etoile ou La Danse et l’Enfant.
Philippe Gault (avec AFP)
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Considéré comme l’une des plus grands chefs d’orchestre américains, Michael Tilson Thomas, atteint d’un cancer du cerveau depuis 2021, est mort le 22 avril à l’âge de 81 ans. Il était devenu une véritable icône de la ville de San Francisco dont il dirigea l’Orchestre Symphonique pendant 25 ans.
Il y a juste un an, le 28 avril 2025, Michael Tilson Thomas avait été invité à diriger le San Francisco Symphony, l’orchestre dont il fut le directeur musical de 1995 à 2020, mais le cancer du cerveau contre lequel il luttait depuis quatre ans et sa décision de réduire considérablement ses activités publiques avaient transformé cette soirée en concert d’adieu à l’orchestre californien et à la scène alors qu’il avait dirigé à Miami quelques semaines auparavant, déjà très affaibli, le New World Symphony, la formation qu’il avait créée en 1987 en Floride.
Au début de l’année 2025, MTT, comme il était surnommé, avait annoncé que la tumeur au cerveau, un glioblastome, dont il était atteint avait récidivé, l’obligeant à limiter ses apparitions publiques. Le maestro américain avait indiqué qu’il devait suivre un protocole de soins très lourd et qu’il comptait passer plus de temps avec son mari Joshua Mark Robison décédé en février dernier. C’est dans leur propriété de Bolinas, entouré de ses proches, que Michael Tilson Thomas s’est éteint ce mercredi.
Né en décembre 1944 à Los Angeles dans une famille d’artistes, Michael Tilson Thomas étudia la direction d’orchestre et la composition avec Ingolf Dahl à l’Université de Californie du Sud et eut le privilège de travailler avec d’immenses compositeurs tels qu’Igor Stravinsky et Aaron Copland. Il se fit connaître au grand public lorsqu’il prit la direction, au pied levé, de l’Orchestre symphonique de Boston faisant preuve à seulement 25 ans d’une grande maîtrise.
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Après avoir occupé les fonctions de directeur musical de l’Orchestre philharmonique de Buffalo à partir de 1971 puis de chef invité principal de l’Orchestre philharmonique de Los Angeles et de chef principal de l’Orchestre symphonique de Londres, MTT fut nommé à la tête l’Orchestre symphonique de San Francisco qu’il dirigea et propulsa dans la cour des plus grandes formations américaines de 1995 à 2020. L’orchestre californien qui lui dédiera les représentations de la 9e Symphonie de Ludwig van Beethoven les 18, 20 et 21 juin.
Une publication partagée par Gautiercapucon (@gautiercapucon)
Sur son compte Instagram, Gautier Capuçon a écrit qu’il avait pu dire adieu samedi dernier à Michael Tilson Thomas qui a rejoint son mari Josh avec lequel « il est maintenant réuni pour l’éternité ».
Philippe Gault
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A l’occasion de la nouvelle production de l’Opéra de Nice, Stefano Poda et Thomas Bettinger seront, ce jeudi 23 avril à 20h, les invités du Journal du Classique.
Après avoir donné la création française de Satygraha de Philip Glass la saison dernière, l’Opéra de Nice continue d’élargir nos horizons en mettant à l’honneur un ouvrage rare de Puccini, Le Villi. Il s’agit du tout premier opéra du compositeur italien évoquant le destin tragique d’un couple d’amoureux, Roberto et Anna, confrontés à la trahison, l’abandon, la mort et la punition, avec une touche de fantastique. Son titre fait référence à ces créatures de la forêt qui représentent les esprits de jeunes femmes mortes de chagrin.
Nous nous glisserons ce soir dans les coulisses de l’Opéra de Nice, à l’occasion d’une répétition, en compagnie de Stefano Poda qui a signé la mise en scène de ce spectacle et du ténor Thomas Bettinger, grand interprète de Puccini, qui fait ici ses débuts dans le rôle de Roberto.
Une production à découvrir du 24 au 30 avril sous la direction de Valerio Galli, avec également Vanessa Goikoetxea et Armando Noguera ainsi que la grande comédienne italienne Monica Guerritore dans le rôle de la narratrice.
Laure Mézan
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Simplification industrielle, tensions budgétaires, déjeuner avec Jordan Bardella, crise en Asie de l’Ouest, ou encore diplomatie économique avec l’Algérie… Patrick Martin, président du Medef, était l’invité de la matinale et n’a pas esquivé les sujets qui fâchent, défendant avec constance la voix des entreprises à l’approche d’une échéance présidentielle qu’il entend peser.
Emmanuel Macron a lancé hier un grand plan de simplification pour des projets industriels stratégiques, 150 projets, 71 milliards d’euros d’investissement, un modèle calqué sur celui de Notre-Dame de Paris. Il était temps ?
PATRICK MARTIN : Je dois préciser que je m’étais moi-même rendu sur le site du projet de mine de lithium d’Imerys, dans l’Allier, dès novembre 2023. Je suis évidemment aligné sur ce qu’a pu dire le président de la République. On a eu Notre-Dame, on a eu les Jeux olympiques, on avait eu antérieurement Euro Disney et même Toyota à Valenciennes. C’est très bien, mais plutôt que de créer des exceptions à de mauvaises lois, ce serait encore mieux de remettre à plat ces lois pour aller dans le sens de la simplification.
Il y a cependant un progrès. Il va falloir que notre pays gère ses contradictions, parce que ceux qui disent « il faut gagner en souveraineté, il faut électrifier les usages » ne sont pas les derniers à se mettre en travers de tous les projets industriels ou d’infrastructures. Donc c’est bien que le président de la République ait fait ça, mais attaquons le mal à la racine.
Le chef de l’État applique le concept des Journées du patrimoine aux entreprises, avec des portes ouvertes les 30 et 31 mai prochains, avant le sommet Choose France. Vous allez jouer le jeu ?
P.M. : Je ne veux pas attribuer au Medef une prescience particulière, mais nous le faisons depuis des années. Les journées du patrimoine industriel, notamment en Saône-et-Loire, existent depuis quatre ou cinq ans déjà, avec des visites d’usines, y compris d’anciennes usines désaffectées qui, pour beaucoup, renaissent dans un territoire très industriel qui le redevient.
Les retours que vous avez au sein du Medef : les entreprises sont partantes pour ce principe ?
P.M. : Bien sûr qu’elles sont partantes. Cela s’inscrit dans une démarche très volontariste à destination du grand public, des jeunes en particulier. Quand les entreprises ouvrent leurs portes, on a beaucoup de jeunes, beaucoup de familles qui viennent. Cela confirme que l’entreprise a une très bonne image, une meilleure image qu’elle n’a jamais eue dans le pays, et qu’il y a une volonté de l’opinion publique, des jeunes en particulier, de s’informer pour s’orienter vers des métiers qui ont un avenir, et Dieu sait s’il y en a, notamment dans l’industrie.
Le message d’hier, c’était aussi une main tendue aux entreprises. Est-ce que l’exécutif a des choses à se faire pardonner ?
P.M. : On n’est pas dans cette logique, mais on a eu quelques frustrations lourdes, notamment dans le cadre du vote du budget 2026. Je pense évidemment à la fiscalité, et singulièrement au fait que, contrairement aux engagements pris, les impôts de production, qui disqualifient largement notre économie et notre industrie par rapport à des concurrents, y compris européens, n’avaient pas été réduits. Nous mesurons la complexité et la dangerosité de l’équation budgétaire de l’État. On veut construire avec ce gouvernement, mais quelques alertes commencent à s’allumer.
Sur le dossier du 1er mai, sur les ruptures conventionnelles, est-ce que le gouvernement a brouillé le message en coupant la poire en deux ?
P.M. : Il ne faut pas tout mélanger. La non-transcription dans la loi de l’accord signé avec les syndicats sur l’assurance chômage, c’est un accident de procédure. Sur le 1er mai, c’est un peu plus lourd : on ne peut pas dire d’un côté « il faut travailler plus », et c’est une évidence dans notre pays, et de l’autre reculer sur les retraites et reculer sur le 1er mai. C’est d’abord une question de symbolique, et pour les professions directement concernées, c’est très perturbant.
Les prix du carburant flambent, les approvisionnements ralentissent après bientôt deux mois de guerre au Moyen-Orient. Comment ressentez-vous cette crise au sein du Medef ?
P.M. : Elle se propage. Des secteurs ont été très directement impactés et pris en compte par le gouvernement, qui va élargir les dispositifs d’aide. Nous sommes très conscients de l’état des finances publiques et il faut être attentif à ce qu’elles ne dérivent pas davantage.
Mais au-delà des métiers directement concernés par le prix de l’énergie, il y a des effets domino sur les taux d’intérêt, sur l’inflation, et sur un nombre croissant de produits dérivés du pétrole, les engrais, l’hélium, et bien d’autres. C’est une situation très préoccupante, dont on ne sait pas combien de temps elle va durer ni quelle ampleur elle prendra. Raison de plus pour remobiliser le tissu productif français.
Et je terminerai en disant que nous avons lancé, en perspective de la présidentielle, une grande consultation auprès de tous les chefs d’entreprise français. Tous les chefs d’entreprise doivent répondre à cette enquête sur medef.com, cela prend cinq minutes.
Les instances dirigeantes du Medef mènent une série d’entretiens avec des leaders politiques… Édouard Philippe, Marine Tondelier aujourd’hui. Mais le déjeuner qui a attiré toute l’attention cette semaine, c’est le tête-à-tête avec Jordan Bardella. Comprenez-vous la controverse qu’il a suscitée ?
P.M. : D’abord, tout cela se fait au grand jour. Le principe de ces déjeuners, dont celui avec M. Bardella, avait été acté à l’unanimité par les instances du Medef. On n’avance pas masqué. Ensuite, nous traitons tous nos interlocuteurs, tous les chefs de partis, sur un pied d’égalité.
Ceux qui nous stigmatisent, et ils sont ultra-minoritaires, au motif qu’on aurait rencontré le Rassemblement national ne sont pas les derniers à lui parler eux-mêmes, que ce soit dans le cadre d’auditions à l’Assemblée nationale. Ce n’est pas le Medef qui a porté le Rassemblement national à 35 %, et peut-être plus, du corps électoral.
Ce parti est reconnu, nous sommes en démocratie, le Medef est strictement respectueux des règles et des lois. On le reçoit. Est-ce que c’est un signal ? En aucun cas.
Le RN prône la simplification administrative et la baisse de la fiscalité, est-ce que ça va dans le bon sens pour le Medef ? Et qu’est-ce qui s’est dit pendant ce déjeuner ?
P.M. : Nous nous sommes fixé une règle, dont nous avons d’ailleurs informé nos invités : ne rien dire de ces échanges. C’est la meilleure manière d’avoir de la sincérité et de l’authenticité dans les discussions. La campagne présidentielle va s’enclencher, et le jour venu, sur la base de programmes qui auront évolué d’ici là, le Medef dira de quel côté penche son cœur et sa raison.
Certains participants ont jugé Jordan Bardella solide, plus que Marine Le Pen, voire malléable. Que signifie ce mot, « malléable » ?
P.M. : Je ne sais pas qui a tenu ces commentaires. Les propos anonymes qu’on prête à tel ou tel me laissent très dubitatif et très prudent. Je ne commente pas des commentaires dont je ne connais pas l’origine.
Le Medef compte peser dans la prochaine présidentielle. Vous serez « extrêmement vocal », disiez-vous. Jusqu’où peut aller cette contribution, jusqu’à adouber un candidat ?
P.M. : N’inversons pas les rôles. Nous allons exprimer un certain nombre de propositions et d’analyses dès la fin du printemps. Je m’exprimerai à l’occasion de notre REF au mois d’août, à Roland-Garros, et on verra comment les candidats se positionnent par rapport à nos analyses et nos propositions.
Ce qui m’importe, c’est qu’on reparle d’économie et d’emploi. On parle beaucoup de ces déjeuners entre le Medef et tel responsable politique, mais très peu de la fermeture de l’usine Stellantis de Poissy, qui est une expression cruelle d’une forme de déclin de l’industrie européenne. Ce sont là les vrais sujets. Le marché de l’emploi s’est retourné, les perspectives d’embauche sont en baisse de 6,5 % selon France Travail, le nombre de faillites est à un record historique. Les sommes versées aux salariés d’entreprises en procédure collective ont augmenté de 23 % sur le premier trimestre. C’est de cela dont il faut parler.
Vous partez ce soir pour Alger, à l’invitation du CREA, l’équivalent algérien du Medef. L’objectif, c’est de redémarrer la coopération entre la France et l’Algérie. Comment allez-vous resserrer ces liens ?
P.M. : Nous croyons beaucoup à la diplomatie économique, moins grandiloquente que la diplomatie étatique, mais tout aussi efficace. Le Medef avait par exemple contribué au dégel de la relation avec le Maroc en 2024. S’agissant de l’Algérie, on sait qu’il y a un froid. Si le monde des affaires peut contribuer à détendre les relations, car l’Algérie est un partenaire important pour la France, économiquement et géographiquement, nous y aurons notre part.
Quels secteurs sont concernés par l’implantation des entreprises françaises en Algérie ?
P.M. : Plusieurs milliers d’entreprises sont implantées en Algérie : dans l’énergie, l’automobile, l’agroalimentaire. Et réciproquement, des entreprises algériennes sont présentes en France. C’est un pays proche, doté de réserves très importantes en hydrocarbures. La relation avec la Chine se tend, celle avec l’administration Trump également. Il est donc indispensable de travailler avec le plus grand nombre de pays, surtout quand ils sont en proximité géographique et culturelle.
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La diplomatie économique, c’est parfois plus efficace que la diplomatie politique ?
P.M. : Non, chacun est à sa place. Mais nous, entrepreneurs, n’avons pas les mêmes contraintes, y compris calendaires. Nous avons un sens du temps long. Et oui, développer les relations commerciales et économiques, c’est une manière d’apaiser le monde.
L’Élysée est tenu au courant de ces déplacements ? Vous avez carte blanche ?
P.M. : Je me garderai bien de parler de sujets à proprement parler diplomatiques et politiques, je n’en ai ni la capacité ni la légitimité. Mais de manière indirecte, parler d’affaires et contribuer à une détente dans la relation commerciale, pendant que d’autres pays, l’Italie notamment, sont très présents en Algérie, c’est dans l’intérêt des entreprises françaises, de leurs salariés, et du bien commun. Le Medef jouera son rôle pour renouer avec une relation plus apaisée.
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On a appris la disparition mi-avril du metteur en scène Pierre Strosser à l’âge de 82 ans. Ses créations ont marqué les plus grandes maisons d’opéra de France et de Suisse jusqu’à la fin des années 2000.
« J’ai la tristesse de vous faire part du décès de mon père Pierre Strosser , metteur en scène d’opéra, le 16 avril 2026, à l’âge de 82 ans ». C’est dans un message sur Facebook que le pianiste Emmanuel Strosser a annoncé le week-end dernier le décès de son père. Pendant plus de trente ans le metteur alsacien aura marqué l’histoire de l’opéra en France.
Né le 25 mai 1943 à Saint-Louis, dans le Haut-Rhin, Pierre Strosser a été formé au Théâtre national de Strasbourg. Passionné de musique, il intègre l’Opéra du Rhin dont il devint directeur de la scène et se voit confier en 1974 la mise en scène de L’Infedelta delusa. C’est cette création de l’œuvre de Joseph Haydn qui lance une carrière qui l’amena à travailler pour les plus grandes institutions françaises avant de terminer son parcours au Grand Théâtre de Genève.
Distingué par le Prix de la critique en 1983 pour la mise en scène de La Clémence de Titus de Wolfgang Amadeus Mozart, à l’Opéra de Lyon, Pierre Strosser se distingua également au festival lyrique d’Aix-en-Provence, à Montpellier mais aussi à Paris où il met en scène Wozzeck d’Alban Berg et surtout au Châtelet où Stéphane Lissner lui confia le Ring de Richard Wagner puis la création de 60e Parallèle de Philippe Manoury en 1997.
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Sur son site, Alain Perroux, le directeur de l’Opéra National du Rhin rend hommage à « cet amateur de whisky, fumeur de pipe invétéré qui devenait rapidement passionné (…) un homme singulier, consumé par un feu intérieur d’une rare vigueur qui donnait un sens concret au mot intensité ». Le Grand Théâtre de Genève auquel Pierre Strasser avait réservé ses dernières mises en scène dans les années 2000, cite ses propos accordés au journal Le Temps : « Il y a des formes, comme l’opéra, qui donnent une liberté de communication plus grande que les mots. Les mots et la musique ne sont qu’une façon détournée d’exprimer ce qu’on n’est pas capable de dire, du tréfonds de soi ».
La ministre de la Cullture, Catherine Pégard, a rappelé que « Originaire d’Alsace, Pierre Strosser avait gardé avec sa région natale et avec la ville de Strasbourg un lien particulier et intime qui allait guider sa vie et sa carrière ».
C’est d’ailleurs dans sa résidence de Liepvre dans le Val d’Argent (Haut-Rhin), où il vivait en toute discrétion depuis son retrait de la vie publique, que Pierre Strosser s’est éteint.
Philippe Gault
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Ces petites explosions verbales qui fusent lorsqu’on est surpris ou contrarié ont un nom savant : les interjections. Ce terme lui-même est porteur de sens, puisqu’il vient du latin iacere, qui signifie « jeter », et du préfixe inter, « entre ». Une interjection est donc un mot jeté entre les autres, de façon soudaine et parfois incontrôlable.
« Zut » est apparu au XVIII᷾ siècle. Les linguistes n’ont pas établi de consensus sur son origine. Certains y voient une déformation de sus, une interjection d’encouragement ; d’autres pensent qu’il imite simplement un son bref et claqué, comme un bouchon qui saute. Ce dont on est certain, c’est qu’il s’est imposé comme substitut à des jurons bien plus grossiers.
« Fichtre » appartient à ce que les linguistes appellent un juron euphémique : un juron qui atténue la rudesse des propos. Apparu au XVII᷾ siècle, il est issu d’une déformation volontaire d’un blasphème que l’on n’osait plus prononcer. C’est exactement le même mécanisme que pour « parbleu », déformation de « par Dieu ».
« Saperlipopette » est une interjection construite par accumulation. On y retrouve « sapristi », lui aussi évoqué dans la tradition des jurons déguisés — notamment associé au capitaine Haddock —, et qui constitue un blasphème masqué pour remplacer « sacré Christ ».
La langue y a simplement ajouté des syllabes aux sonorités amusantes, amplifiant l’effet comique sans alourdir le propos.
Cette expression révèle un mécanisme différent : la contamination phonétique. « Bon sang » est lui-même une euphémisation de « bon sang de Dieu ».
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Karine Dijoud
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Selon plusieurs médias locaux et autrichiens, la célèbre soprano hongroise Andrea Rost, qui a fait campagne pour le nouveau premier ministre Péter Magyar, est favorite pour devenir la nouvelle ministre de la Culture de son pays natal.
Péter Magyar, qui va succéder à Viktor Orbán au poste de premier ministre de Hongrie après la victoire de son parti aux élections législatives le 12 avril, a promis de constituer son premier gouvernement d’ici le mois de mai. Selon la presse locale et autrichienne, l’ex-chanteuse lyrique réputée Andrea Rost part favorite pour être nommée ministre de la culture.
Engagée en politique depuis 2024, au sein du parti Tisza du nouveau chef du gouvernement hongrois, la soprano de 63 ans, native de Budapest, s’est surtout fait connaître dans les plus grandes salles d’Opera du monde. La cantatrice, qui dit avoir été inspirée dans son enfance par Maria Callas, a été révélée au public en 1989. S’en est suivie une longue carrière dans les plus grands rôles du répertoire qu’elle a interprétés avec virtuosité notamment à Salzbourg, à Vienne, à la Scala de Milan, au Met Opera de New York ou encore à l’Opéra de Paris dans les années 90.
En 2024, Andrea Rost a créé une académie qui porte son nom à Budapest où elle forme de jeunes artistes lyriques avec pour objectif de « les accompagner en début de carrière de manière polyvalente ».
Si elle est nommée, la cantatrice hongroise ne sera pas la première personnalité de la musique classique à être en charge de ce portefeuille ministériel dans le monde. En Grèce, le célèbre compositeur Mikis Theodorakis, mondialement connu pour la musique du film Zorba le Grec, fut ministre, sans portefeuille, mais en charge notamment de la culture, de 1990 à 1992.
Le pianiste et compositeur Josè Antonio Abreu, fondateur à Caracas du programme d’éducation musicale El Sistema, occupa brièvement le poste de ministre de la culture du Vénézuéla en 1983.
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En France, Marcel Landowski, compositeur renommé et administrateur de plusieurs institutions musicales, n’a jamais dirigé le ministère de la rue de Valois mais l’influence qu’il eut en tant que Directeur de la musique (nommé par André Malraux en 1966) fit de lui une sorte de secrétaire d’État à la Culture officieux jusqu’au milieu des années 70.
N’oublions pas, dans un autre registre musical, le grand chanteur, compositeur et guitariste Gilberto Gil, figure majeure du mouvement culturel Tropicália, qui occupa le poste de ministre de la Culture du Brésil de 2003 à 2008.
Philippe Gault
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A l’occasion de la nouvelle édition du Festival de Printemps des Arts Florissants, Paul Agnew et Madeleine Prunel seront, ce mercredi 22 avril à 20h, les invités du Journal du Classique.
Se tiendra ce week-end, du 24 au 26 avril, la nouvelle édition du Festival de Printemps des Arts Florissants dans quelques églises de Vendée, sous la direction artistique de Paul Agnew. Une programmation dédiée cette année à Alessandro et Domenico Scarlatti dont quelques grandes œuvres sacrées seront jouées aux côtés de pages d’autres compositeurs italiens du début du 18ème siècle. L’occasion également d’apprécier leurs pièces pour clavier dont Béatrice Martin présentera un florilège.
Paul Agnew nous parlera de ce festival mais aussi de la nouvelle promotion du Jardin des Voix, l’académie de jeunes chanteurs des arts Florissants, qui vient d’être dévoilée. Parmi ces lauréats : la soprano Madeleine Prunel qui sera également à notre micro.
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Enfin, nous découvrirons le tout nouvel album de Paul Agnew avec les Arts florissants. Le troisième volume d’un cycle dédié à Bach publié par Harmonia Mundi, consacré aux œuvres composées à Köthen.
Laure Mézan
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Le contre-ténor français Philippe Jaroussky devrait se produire avec son ensemble baroque Artaserse, pour cinq dates aux États-Unis et au Canada à partir du samedi 25 avril. Malheureusement, un problème de visa l’a contraint d’annuler cette tournée nord-américaine.
« Chers amoureux de la musique baroque de Boston, San Diego, Seattle, Vancouver et Québec, c’est avec le cœur lourd que je vous annonce l’annulation de ma tournée nord-américaine « Gelosia ! » avec mon cher ensemble Artaserse en raison de problèmes de visa de travail. Nous ferons bien sûr tout notre possible pour la reporter ! Merci de votre compréhension et de votre soutien ! ». C’est par ce message que Philippe Jaroussky a annoncé sur les réseaux sociaux l’annulation des concerts qu’il devait donner aux États-Unis et au Canada.
Cette mini-tournée de cinq dates devait l’emmener, accompagné par l’ensemble baroque Artaserse qu’il a fondé en 2002, aux États-Unis, dans le cadre du festival Early Music, à Cambridge (Boston) le 25 avril puis à San Diego le 28 et à Seattle le 30, avant de rejoindre le Canada pour deux concerts à Vancouver le 1er mai et à Québec le 4. Les cinq salles ont indiqué sur leur site internet que « Malgré les efforts considérables déployés par les organisateurs, nous n’avons pas pu résoudre le problème de visa de Philippe. Nous collaborons avec son équipe pour trouver de nouvelles dates ».
Lors de cette tournée, Philippe Jaroussky et sa formation devaient interpréter les morceaux de leur album Gelosia ! (Jalousie), sorti chez Erato – Warner Classics en 2025, pour célébrer les 25 ans de carrière du contre-ténor. Un disque consacré aux grands airs du répertoire baroque, principalement italien, avec des airs d’Alessandro Scarlatti, Antonio Vivaldi, Nicola Porpora et Baldassare Galuppi mais qui comporte également six compositions de Georg Friedrich Haendel.
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Philippe Jaroussky n’est pas le premier musicien classique victime de ces problèmes administratifs et du renforcement des formalités d’immigration aux Etats-Unis. Ce fut le cas notamment pour l’Orchestre Philharmonique National Tchèque de Moravie contraint d’annuler un concert dans l’Illinois l’an dernier. Le violoniste allemand Christian Tetzlaff a même décidé de ne plus aller jouer aux Etats-Unis pour protester contre la politique migratoire imposée par l’administration Trump. Sans compter certaines formations, comme l’Orchestre de chambre du Wisconsin, obligées de se passer de leurs membres étrangers.
Ces contraintes administratives avec les Etats-Unis ne touchent pas que des artistes classiques. Dernièrement c’est Julien Doré qui a dû annuler, là aussi en raison d’un problème de délivrance de visas, une tournée nord-américaine de cinq dates en avril/mai. Le chanteur français s’était dit « dégoûté », par la lourdeur de ces démarches.
Philippe Gault
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A l’occasion de notre journée spéciale consacrée à La Vague Classique, Gérald Laïk-Lerda et Philippe Jaroussky seront, ce mardi 21 avril à 20h, les invités du Journal du Classique.
La Vague Classique déferlera du 23 mai au 20 septembre à Six-Fours-les-Plages ! Un festival qui s’étend sur quatre mois et réunit quelques-unes des plus grandes étoiles de la musique, parmi lesquelles Renaud et Gautier Capuçon, Bruce Liu, Nikolaï Luganski, Vanessa Wagner, Patricia Petitbon, Jean-Christophe Spinosi… ainsi que des talents en devenir. Gérald Laïk-Lerda son directeur artistique nous éclairera sur la programmation de cette édition placée sous le signe de l’éclectisme et de l’accessibilité, s’adressant à un très large public et se déployant dans quelques lieux emblématiques de la ville.
C’est Philippe Jaroussky qui donnera le coup d’envoi des festivités le 23 mai à la Maison du cygne avec ses complices de l’ensemble Artaserse, autour d’un programme dédié à Monteverdi, Frescobaldi ou encore Caccini. Le contre-ténor et chef sera, lui aussi, à notre micro pour présenter ce concert et nous raconter ses liens avec le festival. Un festival qui accueille, en outre, de jeunes talents issus de l’Académie Jaroussky tels la violoniste Iris Scialom et le pianiste Antonin Bonnet.
Laure Mézan
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