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Guy de Maupassant n’a pas seulement raconté les femmes : il en a fait le cœur battant de son œuvre. De Boule de Suif aux maisons closes de La Maison Tellier en passant par les guinguettes de bord de Seine, retour sur une obsession aussi littéraire que brûlante.
Avant même que la gloire ne le rattrape, Guy de Maupassant jouit d’une réputation qui précède ses manuscrits. Le jeune homme se présente bien : beau, fort, on le voit ramer sur la Seine avec une puissance qui force l’admiration. Fonctionnaire au ministère de la Marine — un emploi qu’il déteste cordialement —, il fréquente les guinguettes des alentours de la capitale, à Chatou, à Argenteuil, en bord de Seine, en pleine époque impressionniste.
C’est dans ce décor que se nouent toutes les aventures d’un jour que l’écrivain recyclera à l’envi dans ses nouvelles. Ses conquêtes se comptent par centaines : Maupassant avouera lui-même plus de 300 liaisons vers 1885, année de la parution de Bel-Ami. « Bel-Ami, c’est moi », dit-il en souriant. Ce beau séducteur, Georges Duroy, qui grimpe les échelons de la société parisienne sur les épaules des femmes qu’il charme puis abandonne, est un portrait incontestable de son auteur.
On raconte qu’un soir, dans un bordel parisien, Maupassant fait la démonstration de ses capacités devant ses amis : il passe avec six femmes, l’une après l’autre, sous les yeux ébahis de l’assistance. Maupassant ne fait pas les choses à moitié.
La démesure est telle que Flaubert se permet de rappeler son jeune élève à l’ordre, dans une formule restée célèbre : « Il faut, entendez-vous, jeune homme, il faut travailler plus que cela. J’arrive à vous soupçonner d’être légèrement caleux . Trop de putains, trop de canotage, trop d’exercice. Oui, monsieur, vous êtes né pour faire des vers, et bien faites-en ! Tout le reste est vain, à commencer par vos plaisirs et votre santé. Foutez-vous cela dans la boule ! »
Depuis le Premier Empire, les maisons closes existent dans un cadre administratif bien établi. Dans la période qui va de la fin du Second Empire à la Belle Époque, la prostitution est à la fois réglementée et officielle, avec ces fameuses « maisons de tolérance », plus communément appelées bordels, un terme qui remonte, dit-on, aux maisons du bord de l’eau du Moyen Âge.
Dans les milieux distingués, on dit simplement « les maisons », sans préciser davantage. Le régime est placé sous contrôle préfectoral : les femmes sont inscrites sur des registres et soumises à des visites médicales régulières. C’est un monde qui a ses codes, sa hiérarchie et ses habitués.
Maupassant en fait partie, et il y accompagne parfois Flaubert lui-même, fin connaisseur du sujet — ce dernier ayant parcouru les bordels d’Égypte avec la même curiosité ethnographique qu’il avait mise à visiter les temples de ce pays lointain. Pour Maupassant, fréquenter ces établissements n’a rien de scandaleux : c’est un acte quotidien, pas plus choquant qu’aller au café. « Je suis né avec tous les instincts et les sens de l’homme primitif, tempérés par des raisonnements et des émotions de civilisé », écrit-il dans Amour, en 1886.
La démesure a un prix. Le 2 mars 1877, le jeune fonctionnaire de 27 ans écrit à son ami Robert Pinchon une lettre dans laquelle il annonce, avec une fierté déconcertante, qu’il vient de découvrir qu’il est atteint de la syphilis :
« Mon cher la Toque, tu ne devineras jamais la merveilleuse découverte que mon médecin vient de faire en moi. […] Il m’a répondu : La vérole. J’avoue que je ne m’y attendais pas. […] J’ai la vérole, enfin, la vraie, pas la méprisable chaude-pisse, pas l’ecclésiastique cristalline, pas les bourgeoises crêtes-de-coq ou les légumineux choux-fleurs, non, non, la grande vérole, celle dont est mort François Iᵉʳ ! La vérole majestueuse et simple. Alléluia ! J’ai la vérole, par conséquent, je n’ai plus peur de l’attraper. »
Le traitement prescrit, mercure et iodure de potassium, ne l’empêchera pas de continuer à fréquenter assidûment les établissements de plaisir.
Dans cette même période, Guy de Maupassant avoue une pratique d’une cruauté glaçante : contaminer sciemment les prostituées qu’il fréquente, leur révéler sa maladie après l’acte, et jouir de leur effroi. « Je baise les putains des rues, les roulures des bornes, et après les avoir baisées, je leur dis : « J’ai la vérole ». Elles ont peur et moi, je ris. » Un aveu qui tranche avec l’image humaniste qu’il projette dans son œuvre littéraire, où les prostituées sont précisément celles à qui il accorde le plus de dignité.
Il y a une contradiction saisissante chez Maupassant : dans la vie, il traite les filles de joie avec une brutalité cynique ; dans ses textes, il en fait les figures les plus dignes, les plus humaines. Dans Boule de suif (1880), une prostituée rouennaise est la seule à faire preuve d’un vrai patriotisme face à l’occupant prussien, avant d’être trahie par les « honnêtes gens » qui l’ont poussée à se sacrifier et qui l’ignorent ostensiblement une fois leur délivrance obtenue.
Dans La Maison Tellier (1881), les pensionnaires d’une maison close normande, invitées à une première communion, sont saisies d’une émotion authentique qui finit par faire verser des larmes aux hommes les plus secs. La leçon est constante : l’hypocrisie est du côté de ceux qui se croient respectables. C’est la morale que Maupassant tire de sa longue fréquentation des maisons closes.
Entre la lettre à Pinchon de 1877 et la clinique du docteur Blanche, il y a encore une décennie de gloire et d’écriture frénétique. Mais la syphilis ronge inexorablement sa santé et son cerveau. Dans ses dernières années, Maupassant absorbe des quantités croissantes de médicaments — l’odeur d’éther imprègne son environnement. Il cherche un apaisement en mer, à bord de son yacht qu’il a lui-même baptisé Bel-Ami, mais la mer ne le guérit pas.
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En 1887, il publie Le Horla, récit halluciné d’une conscience qui se perd, poursuivie par une créature invisible, témoignage bouleversant de son effroi devant la dissolution de soi. Dans la nuit du 1er au 2 janvier 1892, il tente de se suicider. Il est interné à la clinique du docteur Blanche, à Passy. Il y mourra le 6 juillet 1893, à l’âge de 42 ans, dans un état de démence très avancé.
Franck Ferrand
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Emiliano Gonzalez-Toro et l’Ensemble I Gemelli à l’opéra d’Avignon, Don Giovanni à l’Opéra de Dijon et La Symphonie n°3 “Héroïque” de Beethoven à Marseille : découvrez la sélection Radio Classique des rendez-vous à ne pas manquer dans les prochains jours.
Le ténor Emiliano Gonzalez-Toro et son ensemble I Gemelli sont les invités du prochain concert de Musique baroque en Avignon. Ils donneront leur programme Canto Al Sole, un voyage à travers la musique italienne du XVIIe siècle avec des œuvres de Claudio Monteverdi et de Giulio Caccini ainsi que plusieurs autres de leurs contemporains dont la contribution à cette période musicale a été essentielle.
Don Giovanni de Wolfgang Amadeus Mozart est à l’affiche de l’Opéra de Dijon pour quatre représentations. Il s’agit de la reprise de la production créée à l’Opéra national du Capitole en novembre dernier, dans la mise en scène d’Agnès Jaoui. Dario Solari chante le rôle-titre, Alejandro Balinas Vieites celui de Leporello, Karine Deshayes Donna Elvira et Marianne Croux Donna Anna. L’Orchestre Dijon Bourgogne et le Chœur de l’Opéra de Dijon sont dirigés par Katharina Müllner.
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Jean-Michel Dhuez
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John F. Kennedy a la réputation d’un séducteur avide et malotru, au risque de graves scandales. Mais cela a-t-il toujours été le cas ? Un amour de jeunesse avec la star d’Hollywood Gene Tierney, inoubliable dans Laura d’Otto Preminger, laisse des indices du contraire…
En 1945, John F. Kennedy a 28 ans. Auréolé de ses exploits militaires dans la guerre du Pacifique, dont il porte encore physiquement les séquelles, il est de passage sur la côte ouest et se voit proposer une visite des plateaux de la Fox. Svelte, avec cet air aimablement taquin qui trahit un séducteur déjà expérimenté, il est placé, en tant qu’invité de marque, tout près de la caméra sur le tournage de Dragonwyck (Le Château du dragon en français), un drame psychologique confié à un réalisateur alors débutant : Joseph Mankiewicz.
C’est là qu’il aperçoit Gene Tierney, 25 ans, l’une des plus grandes stars du studio, réputée être l’une des plus belles femmes du monde. Le choc est immédiat, et réciproque. L’actrice le racontera dans ses mémoires :
« Le réalisateur cria : « Gene, tournez lentement et regardez droit dans l’objectif. » Je me retourne et mon regard plonge dans les plus beaux yeux bleus qu’il m’ait été donné de voir sur un visage d’homme. Il était là, debout à côté de la caméra. Il m’a souri et je réagis exactement comme réagissent les héroïnes des romans d’amour. Mon cœur se mit à battre la chamade. »
Les deux jeunes gens se recroiseront lors d’une soirée mondaine hollywoodienne et, dès lors, leur relation dépasse rapidement l’attraction physique des débuts. Ils se découvrent des points communs essentiels : leurs origines irlandaises, une éducation extrêmement soignée, et surtout des drames intimes qui les rapprochent avec une sincérité rare.
À cette époque, Gene traverse des épreuves douloureuses. Deux ans plus tôt, elle a donné naissance à une petite fille, Daria, lourdement handicapée. Son mariage avec le grand styliste Oleg Cassini s’est dégradé jusqu’à leur séparation. Alors qu’elle s’apprête à prendre la difficile décision de placer Daria dans une institution spécialisée, John lui confie à son tour un drame familial. Elle écrira :
« John comprit. Il me parla de sa sœur Rosemary, anormale de naissance, que sa famille avait toujours chérie et protégée. Pour lui, ce sujet était délicat. Chez les Kennedy, on ne se complaisait pas dans les misères. »
Bientôt, la relation s’épanouit sur la côte Est, loin d’Hollywood. Comme le rapporte Olivier Rajchman dans Le Siècle des stars, 40 portraits d’icônes hollywoodiennes, Kennedy « présente l’actrice à sa famille, si dure et si unie, avant de l’entraîner, amant tendre et avide de publicité, au Versailles à New York pour un concert d’Édith Piaf ».
À l’approche de la trentaine, les ambitions politiques de John Kennedy se précisent. En 1946, il prépare son élection à la Chambre des représentants, avec en tête, déjà, l’idée de briguer un jour la présidence des États-Unis. Il lui faut alors en finir avec sa vie de célibataire, et Gene, avec sa célébrité et sa distinction, pourrait faire la fiancée idéale.
Mais pour le clan Kennedy, l’actrice est loin d’être la candidate parfaite : elle n’a pas reçu l’éducation catholique des Kennedy, elle est protestante. Et surtout, elle est encore mariée à Oleg Cassini. Avoir une épouse divorcée pourrait se révéler désastreux auprès des électeurs dans cette Amérique puritaine. Les réticences sont tout aussi vives du côté de la famille de Gene. Sa mère et son frère accueillent poliment John, mais n’apprécient guère l’idée de la voir fréquenter cette étoile montante du camp démocrate, d’autant que chez les Tierney, on est plutôt républicain. Catholique de surcroît ? Décidément non. Ils sentent par ailleurs que les intentions de John sont, à long terme, plus lisibles politiquement que sentimentalement.
La rupture survient en 1947, dans un restaurant new-yorkais, exprimée avec une délicatesse toute relative. Alors qu’ils attendent des amis, John aborde le sujet directement : « Je ne pourrai jamais vous épouser. » Leurs convives arrivent aussitôt, interrompant l’échange. Gene, bouleversée, attend le moment propice pour lui répondre avec la même clarté, au moment de son départ :
« Vint le moment pour John de reprendre l’avion pour Washington. Je ne fis pas un geste lorsqu’il s’éloigna de la table, me contentant d’un faible « Adieu, John. » Il s’arrêta, rebroussa chemin et dit avec un sourire de travers : « Qu’est-ce que vous voulez dire ? On croirait un adieu définitif. » — « Mais c’est un adieu définitif. » Nous échangeâmes un long regard pendant un moment qui dura une éternité. »
Pendant que se dessine et s’effrite la relation avec JFK, un autre homme entre en scène. À la mi-1946, Gene tourne Le Fil du rasoir, un film ambitieux, aux côtés de Tyrone Power, acteur aujourd’hui un peu oublié, mais à l’époque véritable sex-symbol adulé. Lui aussi sort d’un mariage qui s’effondre, et il est clair qu’il est sensible au charme de Gene. À côté de l’imprévisible John F. Kennedy, il représenterait un choix beaucoup plus sûr, plus solide.
Le soir de la présentation new-yorkaise du film, Tyrone Power glisse à Gene qu’il souhaite lui parler seul à seul. Rendez-vous accepté. Sa mère et sa sœur s’éclipsent discrètement à son arrivée. Mais Gene met rapidement les choses au clair :
« Vous savez, Tyrone, je monte à Cape Cod demain pour rendre visite à des amis de ma mère. J’espère pouvoir profiter de l’occasion pour voir John Kennedy. » Il y eut un silence gêné. J’ouvris les mains, paumes en l’air, et dis : « Je crois que tout est dit. » Il hocha la tête. « Amusez-vous bien », dit-il, et il partit tranquillement, sans colère.
Et Gene de conclure : « Je ne pouvais pas tomber amoureuse de Tyrone Power après ma rencontre avec John Kennedy. »
La rupture consommée, Gene s’en tient à sa décision et ne cherche pas à revoir John, dont elle suit par la presse l’ascension politique. Au début des années 1950, elle retombe sur lui lors d’un voyage en Europe : il lui fait des avances, elle les refuse. Elle ne sera pas Madame Kennedy.
Les années suivantes sont difficiles pour l’actrice : une tentative infructueuse de renouer avec son premier mari, une longue histoire avec le prince Ali Khan, et surtout une grave maladie mentale qui l’éloigne durablement des plateaux. Elle s’en sort avec courage, épaulée par celui qui deviendra son second mari, le riche homme d’affaires Howard Lee.
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En 1962, à l’occasion de la sortie de Tempête à Washington — film politique d’Otto Preminger dans lequel elle joue —, Gene est invitée à une réception à la Maison-Blanche. Elle se retrouve par le hasard des places assise à côté du président. L’échange, empreint de nostalgie, est leur dernière rencontre. Elle lui parle du bonheur trouvé auprès de son nouveau mari. L’année suivante, John Kennedy est assassiné à Dallas.
Dans l’histoire amoureuse d’un président qui accumule les scandales et les rumeurs, son attachement de jeunesse pour Gene Tierney détonne par sa sincérité. Il n’aura pas épousé l’actrice, mais on peut raisonnablement supposer qu’il en fut, au moins un peu, désolé.
Franck Ferrand
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C’est à Monaco, à l’Auditorium Rainier III, que Radio Classique vous convie pour ce concert que l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo a donné le 8 mars dernier sous la direction de Christian Zacharias.
Au programme la suite d’orchestre Pelléas et Mélisande de Gabriel Fauré, le Concerto pour piano de Francis Poulenc joué par Momo Kodama et deux œuvres de Franz Schubert : les Six danses allemandes dans l’orchestration d’Anton Weber et la Symphonie n°6. Ce concert sera présenté par Jean-Michel Dhuez. Vous pourrez l’écouter en qualité numérique à Monaco et dans de nombreuses villes de France grâce au DAB+
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Radio Classique à la Cathédrale Saint-Louis des Invalides pour un concert de l’ensemble Les Accents dirigés par Thibault Noally ce samedi à 20 heures.
Dans le cadre des concerts de la Saison Musicale des Invalides soutenus par le CIC, Radio Classique vous propose de vivre ce samedi le concert Eclats baroques donné le 19 mars dernier par l’ensemble Les Accents dirigé du violon par Thibault Noally.
Une soirée consacrée à des œuvres de jeunesse de Georg Friedrich Haendel : l’Ouverture HWV 336, la cantate Donna che in ciel chantée par la mezzo-soprano Juliette Mey et le Dixit Dominus interprété par la soprano Marlène Assayag, Juliette Mey, le contre-ténor Lidor Ram Mesika, le ténor Valerio Contaldo et la basse Adrien Fournaison. Cette soirée sera présentée par Jean-Michel Dhuez. Vous pourrez l’écouter en qualité numérique dans de nombreuses villes de France grâce au DAB+.
Pour toutes informations sur la saison musicale des Invalides : musee-armee.fr
Avec le soutien du CIC : cic.fr
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A l’occasion de la publication de son premier album, Marc André sera, ce vendredi 17 avril à 20h, l’invité du Journal du Classique.
Il est l’un des premiers contrebassistes à se lancer dans une carrière exclusive de soliste. Marc André est en train de relever un sacré défi : mettre son instrument sur le devant de la scène en déployant ses capacités lyriques mais aussi sa douceur et sa tendresse. Son premier album, « Mirage » sorti chez Warner est ainsi empreint de nostalgie et témoigne d’une grande subtilité. Car si la contrebasse est imposante, elle ne doit pas, pour autant, être uniquement associée à la lourdeur d’un éléphant comme l’a fait Saint-Saëns dans son Carnaval des animaux.
Le jeune musicien nous racontera ce soir sa démarche, lui qui a toujours cherché à faire chanter la contrebasse et a fait rajouter une cinquième corde à son instrument pour lui donner davantage de clarté et élargir sa tessiture. C’est ainsi qu’il aborde dans cet album, à travers la transcription, un répertoire particulièrement varié, de Gluck à Piazzolla, en passant par Dvorak, Schumann, Debussy ou encore la musique de film.
Marc André sera en concert le 12 juin au Festival de Saint-Denis en compagnie du guitariste Gabriel Bianco.
Laure Mézan
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Les 50 ans de l’Ensemble Intercontemporain avec Pierre Bleuse
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Une douzaine de personnes sont citées dans le cadre d’une enquête sur des soupçons de malversations dans la gestion du Teatro San Carlo. Parmi les personnalités faisant l’objet d’investigations, le ténor allemand Jonas Kaufmann et l’ex-surintendant de l’institution napolitaine Stéphane Lissner.
Depuis le début de la semaine, le Teatro San Carlo de Naples fait l’objet d’une enquête menée par La Guardia di Finanza. La police financière italienne, mandatée par le parquet de Naples, enquête sur des infractions présumées relevées dans la gestion de l’ancienne direction de l’institution italienne, portant notamment sur des détournements de fonds publics et de faux contrats. Cette enquête s’intéresse à des faits relevés durant la période pendant laquelle le Teatro San Carlo était dirigé par Stéphane Lissner.
L’enquête porte sur deux volets distincts. Le premier, pour un éventuel conflit d’intérêt dans la nomination en 2023 du metteur en scène Michele Sorrento Mangini, fils de l’ancienne directrice de la Fondation San Carlo Emmanuela Spedaliere, pour développer des initiatives promues par l’Officine San Carlo, centre de création artistique dépendant du Teatro San Carlo. Les enquêteurs ont relevé des mouvements bancaires, virements périodiques, parfois d’un montant considérable, effectués par Emmanuela Spedaliere en faveur de son fils.
L’autre volet, plus médiatique, de cette enquête implique une douzaine de personnalités importantes liées artistiquement ou administrativement au Teatro San Carlo dont, pour certaines, les téléphones portables ont été saisis. Il leur est reproché d’avoir autorisé ou d’avoir été rémunérées pour leur participation à des masterclasses et des séminaires qui n’auraient jamais eu lieu.
Parmi elles de grands noms de la scène lyrique tels que le grand ténor Jonas Kaufmann, les sopranos Sondra Radvanovsky et Asmik Grigorian ou le metteur en scène polonais Krzysztof Warlikowski. Selon les enquêteurs, des paiements d’un montant total de 212 000 euros auraient été versés aux artistes visés.
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Dans un message, publié sur ses comptes Facebook et Instagram, Jonas Kaufmann a tenu à mettre les choses au point. Le chanteur allemand y précise : « Je suis au courant depuis quelque temps de certaines rumeurs concernant une enquête au Teatro San Carlo. Il me semble normal que l’utilisation des fonds publics soit examinée avec soin. Dans ce cas précis, je suis plutôt surpris de voir mon nom associé à une enquête. Je tiens simplement à préciser que j’ai rempli scrupuleusement mes obligations contractuelles ». De son côté, Sondra Radvanovsky se dit « choquée, offensée et consternée » par ce qui a été écrit à son sujet. « Ces affirmations sont fausses et ne reflètent en rien la manière dont je me suis comportée tout au long de ma carrière, y compris mon travail à Naples », assure la chanteuse canadienne.
Concernant Stéphane Lissner, surintendant du Teatro San Carlo de 2019 à 2025, qui aurait signé plusieurs documents et contrats concernés par cette enquête, il apparaît que sa signature électronique aurait pu être utilisée frauduleusement à son insu.
Philippe Gault
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Frédéric Stolar, Directeur Général d’Altaroc, revient sur les fondamentaux du Private Equity, qui consiste à investir dans des entreprises non cotées afin d’accompagner leur développement. Longtemps réservée aux investisseurs institutionnels, cette classe d’actifs joue un rôle majeur dans le financement des PME et des ETI.
Investir dans le Private Equity présente un risque de perte en capital et d’illiquidité. Private Equity – capital investissement.
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Radio Classique met à l’honneur la prochaine saison de la Philharmonie et de l’Orchestre de Paris. Une saison particulièrement dense avec plus de 400 concerts annoncés, qui fait la part belle aux grandes formations internationales, aux chefs les plus en vue et aux grands solistes de la scène actuelle. Une saison également marquée par le prochain départ de Klaus Mäkelä, figure majeure de ces dernières années à la tête de l’Orchestre de Paris.
Au cœur de cette programmation justement, l’Orchestre de Paris continue de façonner l’identité musicale du lieu, entre grandes pages du répertoire et projets plus contemporains.
Cette nouvelle saison s’articule autour de cycles, de portraits d’artistes et de thématiques fortes, avec une attention particulière portée à la création d’aujourd’hui, mais aussi à l’ouverture vers d’autres esthétiques — du jazz aux musiques du monde.
Cliquez ici pour découvrir la brochure de la saison 2026-2027
Avec le soutien d’Eurogroup
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A l’occasion de notre journée spéciale consacrée à la Philharmonie de Paris, Pierre Bleuse sera, ce jeudi 16 avril à 20h, l’invité du Journal du Classique.
La nouvelle saison de la Philharmonie de Paris, tout juste dévoilée, sera marquée notamment par les célébrations du cinquantième anniversaire de l’Ensemble intercontemporain. Cette formation, fondée par Pierre Boulez, réunit 31 musiciens de très haut niveau, capables de s’exprimer aussi bien en soliste qu’en tant que chambriste. Elle compte parmi les plus prestigieuses phalanges internationales, entièrement dédiée à la musique d’aujourd’hui et donc largement tournée vers la création.
Pierre Bleuse en est le directeur musical depuis trois ans. Il nous éclairera ce soir sur les célébrations de cet anniversaire, sachant que le public est invité à choisir le programme du premier de ces concerts, qui se tiendra le 19 septembre prochain à la Philharmonie. Un formulaire de vote, avec une liste d’œuvres à choisir est disponible, jusqu’au 18 avril, sur le site de la Philharmonie de Paris.
Laure Mézan
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