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Dans les années 90, le mot cool était dans toutes les bouches. C’était un Graal : réussir à être cool, à faire des choses cool. Réussir un examen, c’était cool. Avoir une soirée réjouissante en perspective, on savait que ce serait cool. Ce mot anglais, synonyme de liberté et d’attitude décontractée, a longtemps régné en maître dans le langage des jeunes.
Apparu en français aux alentours de 1970, l’adjectif cool signifie littéralement « frais ». Il est d’abord propre aux musiciens de jazz. Le saxophoniste Charlie Parker intitule l’un de ses morceaux Cool Blues — « blues frais » — par opposition au registre hot, le « chaud ».
Le trompettiste Miles Davis s’approprie à son tour le terme et lui associe une notion de style détendu. Le mot s’invite progressivement, au cœur des années 1970, dans le langage des jeunes de l’époque.
Dans les années 1990, cool devient l’adjectif favori des jeunes Français. Son sens se dilue et s’élargit : il se fait synonyme de bon, d’agréable, remplaçant des termes comme sympa ou chouette. On entend alors fréquemment c’est trop cool, où le trop vient remplacer le très : une tournure hyperbolique caractéristique de l’époque.
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Aujourd’hui, cool s’est presque effacé du vocabulaire courant. Il surgit encore spontanément chez ceux qui l’employaient dans leur jeunesse, mais les nouvelles générations lui préfèrent d’autres formules : c’est incroyable pour marquer l’enthousiasme, ou c’est une dinguerie chez les plus jeunes. Une évolution qui rappelle que le langage, lui, n’est jamais vraiment cool, il est surtout vivant.
Karine Dijoud
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Les déclarations de Timothée Chalamet dénigrant l’opéra et le ballet ont eu un effet inattendu. Un mois et demi après les propos très commentés de l’acteur franco-américain, le Royal Ballet and Opera de Londres a ainsi vu ses ventes de billets augmenter considérablement et son public rajeunir.
Fin février, dans un entretien croisé avec son collègue Matthew McConaughey, Timothée Chalamet avait déclaré : « Je ne veux pas travailler dans le ballet ou l’opéra, ou dans des trucs où c’est genre: Hey, continuez à faire tourner ça, même si plus personne n’en a rien à faire. Avec tout le respect que je dois aux gens du ballet et de l’opéra ».
Des propos qui avaient suscité de nombreuses réactions dans le monde de la musique. La plupart avec humour sur les réseaux sociaux comme l’ont fait le Staatsoper de Vienne, la Scala de Milan, le Bayerische Staatsoper, l’Opéra de Paris ou encore le Met Opera par la voix de son directeur musical Yannick-Nézet Séguin.
L’acteur avait même été raillé par l’animateur des Oscars lors de la cérémonie hollywoodienne et moqué par des personnalités du cinéma telles que Jamie Lee Curtis, Whoopi Goldberg, Steven Spielberg ou Juliette Binoche.
Mais la plus belle réaction est certainement celle du public du Royal Ballet and Opera de Londres qui a décidé de faire mentir la sentence de Timothée Chalamet et se mobilise en nombre pour assister aux spectacles proposés par l’institution anglaise.
Le mois dernier déjà l’acteur avait été sifflé à la fin d’une représentation donnée à Covent Garden. Dans la foulée le Royal Ballet and Opera a publié un message-vidéo qui disait : “Regarde ce qu’on fait mon pote ! Si tu veux changer d’avis nos portes sont ouvertes ». Une publication vue plus de 2,5 millions de fois et surtout, depuis, les ventes de billets ont connu une hausse spectaculaire.
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Dans une interview au Times, Alex Beard, le directeur général du Royal Ballet and Opera explique : « Il me semblait important de ne pas répondre de manière condescendante à Timothée Chalamet. Nous lui avons simplement suggéré de venir voir ce que nous faisions (…) Par exemple, le fait que la majorité de notre public a entre 20 et 30 ans », et de conclure : « La réaction du public a été tout simplement fantastique. Merci, Timmy ! ».
Every night at the Royal Opera House, thousands of people gather for ballet and opera. For the music. For the storytelling. For the sheer magic of live performance. If you’d like to reconsider, @tchalamet, our doors are open. #TheRoyalBallet #TheRoyalOpera #RoyalBalletAndOpera
♬ original sound – Royal Ballet and Opera – Royal Ballet and Opera
Reste à savoir si Timothée Chalamet répondra à l’invitation du Royal Ballet and Opera lors d’un prochain séjour à Londres ou alors à celle d’Andrea Bocelli qui a invité publiquement l’acteur à assister à un de ses concerts. « Je suis convaincu qu’un artiste sensible comme Timothée découvrira peut-être un jour que l’opéra et la danse puisent à la même source », estime le ténor italien.
Philippe Gault
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A l’occasion de la publication de son enregistrement des Suites françaises de Bach, Cédric Pescia sera, ce mercredi 15 avril à 20h, l’invité du Journal du Classique.
Les Suites françaises comptent parmi les pièces les plus touchantes de Jean-Sébastien Bach. « C’est une musique de l’intime, pour laquelle, en tant qu’interprète, on doit donner beaucoup de soi. » confie Cédric Pescia dans le livret de ce double album sorti chez La Dolce Volta. Il faut dire que le pianiste, qui avait déjà enregistré de grands cycles comme l’Art de la fugue, les Variations Goldberg ou le Clavier bien tempéré, a toujours témoigné d’une approche très personnelle de la musique de Bach.
Il nous éclairera ce soir sur l’esprit de ces suites françaises, composées pour être jouées dans un cadre familial, dont il sait admirablement faire ressortir la dimension humaine. « On perçoit ici l’humilité d’un compositeur plus soucieux d’émouvoir ses proches que de mettre en avant son génie contrapuntique. » nous dit-il.
Cédric Pescia jouera ces six suites en concert le jeudi 16 avril à la salle Cortot. Et il partagera la scène de la Cité bleue à Genève avec Omar Porras, du 4 au 6 mai, pour un concert lecture autour de Bach et de la Bible.
Laure Mézan
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Un opéra baroque oublié, dédié à Louis XIV et écrit par une compositrice italienne méconnue, Antonia Bembo, va être présenté fin mai/début juin à l’Opéra Bastille. Une première en Europe pour une œuvre dont le seul manuscrit connu a été récemment exhumé à la Bibliothèque nationale de France (BnF).
On parle déjà de consentement dans l’opéra Ercole amante (Hercule amoureux). Hercule tombe amoureux de Iole, la jeune fille que son fils Hyllus souhaite épouser. Iole refuse, et deux déesses viennent prêter leur concours aux différents protagonistes. L’opéra a été composé en 1707 par Antonia Bembo, une musicienne formée par Francesco Cavalli, qui a fui Venise et son mari violent pour se réfugier à la cour de Louis XIV.
La Britannique Netia Jones, qui signe la mise en scène de cette production, y a trouvé des résonances contemporaines. « Rien n’est plus moderne qu’une histoire de consentement », remarque-t-elle.
L’opéra, dans lequel chanteront notamment le baryton-basse Andreas Wolf, les soprano Julie Fuchs et Ana Vieira Leite, le ténor Alasdair Kent et le Chœur de chambre de Namur, sera joué du 28 mai au 14 juin à l’Opéra Bastille. À cette occasion, à la tête de son ensemble Cappella Mediterranea, Leonardo García Alarcón fera son retour à l’Opéra de Paris, huit ans après y avoir dirigé avec succès Les Indes Galantes de Jean-Philippe Rameau.
La Bibliothèque nationale de France possède un manuscrit de cette œuvre, qui est certes une copie de l’original, mais « s’avère être la seule source musicale connue de l’œuvre », indique Mathias Auclair, directeur du département musique de la Bibliothèque nationale de France. Pendant deux siècles, le manuscrit « est passé dans différentes collections privées où manifestement il a été peu vu. Puis il « a été acquis par la BnF en 1935 auprès d’un antiquaire parisien », précise-t-il.
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Il faut attendre la thèse d’une musicologue américaine dans les années 1990 pour que la compositrice soit mise en lumière et certaines de ses pièces de musique de chambre jouées.
« L’existence d’Ercule amante est par la suite connue dans le milieu de la musique baroque, sans que la partition le soit », explique Leonardo García Alarcón. « En découvrant le document, je me suis dit qu’une pièce absolument extraordinaire, écrite par une compositrice italienne, jamais mise en scène, devait pouvoir ressusciter aujourd’hui », se remémore-t-il.
Philippe Gault (avec AFP)
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Ces biographies sont bien plus que de simples livres : ce sont des œuvres à part entière, fruit de plusieurs décennies de recherche, qui font autorité dans le monde de la musicologie et constituent la référence absolue sur chacun des musiciens qu’elles portraiturent. Pour les lecteurs qui souhaitent aller au-delà de la découverte et plonger véritablement dans la vie et l’œuvre des plus grands compositeurs, ces sommes sont tout simplement irremplaçables.
Christoph Wolff, musicologue allemand et l’un des plus grands experts mondiaux de Bach, signe ici la biographie de référence absolue sur le compositeur de Leipzig. Rigoureuse, complète et étonnamment accessible, cette œuvre a été finaliste du Prix Pulitzer de la biographie en 2001, une distinction rarissime pour un ouvrage de cette catégorie, et a remporté la même année l’Otto Kinkeldey Award de l’American Musicological Society, récompensant le meilleur ouvrage de musicologie de l’année.
Le titre lui-même, The Learned Musician, soit « le musicien érudit », dit quelque chose d’essentiel sur la vision de Bach par Christoph Wolff : un artisan intellectuel, un chercheur infatigable qui a assimilé et synthétisé toute la musique de son temps pour mieux la transcender. Un incontournable pour quiconque souhaite comprendre en profondeur l’homme et l’œuvre.
Disponible sur Amazon en anglais
Ce monument de la littérature mozartienne en langue française reste, des décennies après sa publication, la référence absolue en français sur Mozart. À la fois biographie, histoire de l’œuvre et synthèse de la création musicale, cet ouvrage colossal offre une vision totale du génie de Salzbourg, de ses premières compositions enfantines jusqu’à son Requiem inachevé.
Brigitte et Jean Massin y font preuve d’un savoir et d’un engagement rares, portés par un amour profond et lucide pour leur sujet. Brigitte Massin s’est par ailleurs vue décerner le Prix Alfred-Verdaguer de l’Académie française en 1978 pour son ouvrage sur Franz Schubert, preuve d’une carrière musicologique d’une exceptionnelle richesse. La lecture indispensable pour les passionnés.
Couronnée par les prix les plus prestigieux de la littérature musicale et biographique britannique, aussi bien pour son premier que pour son second volume, cette biographie en deux volumes est considérée comme l’œuvre définitive sur Hector Berlioz.
David Cairns y restitue avec brio la vie haute en couleur du compositeur français : ses passions dévorantes, son romantisme débridé, ses triomphes à l’étranger et ses désillusions en France, ainsi que sa solitude croissante dans les dernières années. Un travail titanesque au service d’un génie trop longtemps méconnu dans son propre pays.
Saluée par la presse internationale pour sa rigueur, sa richesse documentaire et son accessibilité remarquable, cette trilogie est la biographie la plus complète jamais consacrée au virtuose hongrois. Alan Walker y retrace avec maestria la trajectoire fulgurante de Franz Liszt, pianiste prodige qui déchaînait des foules dans toute l’Europe, compositeur visionnaire inventeur du poème symphonique, pédagogue généreux et personnage romantique par excellence, entre amours scandaleuses et conversion aux ordres mineurs de l’Église catholique.
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Fruit de plus de trente ans de recherche et d’archives, cet ouvrage colossal est un monument de la littérature musicale dont la richesse et la précision n’ont jamais été égalées.
L’une des premières grandes biographies de Liszt, rédigée avec élégance par l’écrivain suisse Guy de Pourtalès. Un siècle après sa première publication, cet ouvrage reste une référence classique pour comprendre la trajectoire fulgurante de cet artiste hors norme.
Son style littéraire soigné et sa narration fluide en font une parfaite lecture combinée à la trilogie d’Alan Walker, et sa récente réédition par les Éditions Rue Laplace en 2024 témoigne de sa valeur durable, cent ans après sa parution.
Henry-Louis de La Grange a consacré plusieurs décennies à cette biographie monumentale de Gustav Mahler : plus de quarante ans de recherche dans les archives de l’Europe entière, des correspondances inédites, une connaissance de l’œuvre et de l’époque qui n’a jamais été égalée… La communauté musicale internationale l’a reconnu à travers de nombreuses distinctions : le Grand Prix de la Critique en 1984, la distinction de Commandeur des Arts et des Lettres en 1993, et le Charles Flint Kellogg Award in Arts and Letters du Bard College en 2002.
Le résultat est unanimement reconnu comme la référence ultime sur le compositeur autrichien : une somme vertigineuse qui retrace ses années de formation à Vienne, sa carrière de chef d’orchestre à Budapest, Hambourg et Vienne, sa relation complexe avec Alma Schindler, ses crises spirituelles, et sa mort à 50 ans, laissant sa Dixième Symphonie inachevée. Disponible en trois volumes ou dans une version synthétique en un seul tome pour les lecteurs moins initiés.
Daphnée Cataldo
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Le Louvre rend hommage à deux maîtres inégalés de la sculpture : Michel-Ange et Rodin et invite 8 danseurs du Ballet de l’Opéra de Paris pour deux soirées exceptionnelles sous la pyramide du Louvre. Les danseurs danseront sous la pyramide ! Cet hommage à la beauté des corps se déroulera vendredi 18 et samedi 19 avril. Pour l’occasion : l’Opéra de Paris va présenter une création inédite : Supercorps.
Les danseurs portent une combinaison quadrillée, très proche du corps. C’est comme si la pyramide du Louvre se reflétait sur eux. Yvon Demol, chorégraphe, a voulu « quelque chose de très épuré, qui mette le corps en avant ». C’est dans les œuvres de Michel-Ange et de Rodin, loin d’être immobiles selon lui, qu’il a puisé son inspiration : « On peut deviner d’où vient le mouvement, où il va. » Dans le duo, il n’y a délibérément aucune pause. Même lorsque les corps semblent s’arrêter, un mouvement infime persiste toujours.
Les deux danseurs, Antoine Kirscher et Hohyun Kang, ont presque la même corpulence, le muscle fin. Sous la pyramide, leurs corps se mêlent, au plus près des spectateurs, disposés à la manière d’un amphithéâtre. « Il faut que chaque spectateur, où qu’il soit assis, puisse profiter du duo », souligne le chorégraphe. Sortir la danse de son écrin habituel est, à ses yeux, une source d’inspiration supplémentaire.
Pour accompagner cette création, Yvon Demol a choisi l’Allegretto de la 7e Symphonie de Beethoven. « J’avais ce morceau qui me trottait dans la tête. Il y a un côté royal, je trouve, et en même temps beaucoup de douceur. On peut faire le lien avec le travail de Rodin et de Michel-Ange : des classiques que tout le monde connaît, mais qui restent des sources d’inspiration sans fin encore aujourd’hui. »
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Le spectacle se conclut sur un porté majestueux : la danseuse tient en équilibre quelques secondes sur la nuque de son partenaire, comme une sculpture.
Victoire Faure
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A l’occasion de la publication de son album « Archipel » Aline Piboule sera, ce mardi 14 avril à 20h, l’invitée du Journal du Classique.
C’est l’univers marin qu’Aline Piboule célèbre dans son nouvel album sorti chez Harmonia Mundi. La pianiste a choisi d’associer deux compositeurs qui ont su merveilleusement traduire au clavier les scintillements, les jeux de lumières comme les déferlements de l’océan. Ce programme est ainsi conçu autour d’une fascinante transcription pour piano du triptyque La Mer de Debussy réalisée par Yann Ollivo associée à des pages plus rares de John Ireland, évoquant les îles de Jersey et de Guernesey.
Aline Piboule se confiera ce soir sur le défi que représente cette transcription pour seulement deux mains du chef d’œuvre orchestral de Debussy et elle nous éclairera sur l’anglais John Ireland dont le langage, aux accents impressionnistes, n’est pas sans évoquer celui du compositeur français.
Laure Mézan
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L’Opéra-Comique, la prestigieuse école de musique Juilliard School et la Villa Albertine ont annoncé un accord de partenariat avec pour objectif des échanges culturels franco-américains dans le domaine de la musique classique. Le programme démarrera en mai prochain avec des master classes publiques organisées Salle Favart.
Depuis cette année, à l’initiative de Louis Langrée, le chef d’orchestre et directeur de l’Opéra-Comique, a été créé le Campus Favart qui réunit l’Académie et la Maîtrise Populaire de l’institution parisienne. C’est dans ce cadre qu’a été initié un programme d’échanges avec la célèbre école de musique Juilliard School de New York et la Villa Albertine, institution de l’Ambassade de France aux Etats-Unis qui a pour mission de renforcer les liens entre les États-Unis, la France et le monde francophone par la culture et l’éducation.
Soutenu par le Fonds AXA pour le Progrès Humain, ce premier programme d’échange international du Campus Favart, axé sur le chant, proposera cette année et l’an prochain des master-classes, des séances de coaching et des concerts conjoints à New York et à Paris à des chanteurs issus de l’Académie de l’Opéra-Comique et du Marcus Institute for Vocal Arts de la Juilliard School.
En mai prochain se tiendront à l’Opéra-Comique les deux premières master-classes de ce programme. La première, animée le lundi 4 mai par Brian Zeger, célèbre pianiste américain et directeur artistique du département de chant à la Juilliard School, réunira Thaïs Raï-Westphal (soprano), Flore Royer (mezzo-soprano) et Flore-Elise Capelier (pianiste cheffe de chant), toutes trois artistes de l’Académie de l’Opéra-Comique.
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Le lendemain, ce sont trois étudiants de la Juilliard School : Fantine Douilly (soprano), Nathan Romporti (ténor) et Giancarlo Llerena (pianiste chef de chant) qui auront la chance de bénéficier de l’expérience et des conseils de Louis Langrée. Ces deux master-classes, d’une durée d’une heure, sont accessibles au public moyennant 5 euros et gratuitement pour les étudiants.
À 20h00, en clôture de cette première journée d’échanges, l’Académie de l’Opéra-Comique partagera la scène avec des étudiants de la Juilliard School pour un premier récital consacré à des œuvres notamment de Jules Massenet, Maurice Ravel ou encore Charles Ives et Samuel Barber. En deuxième partie, le jeune et renommée soprano française Julie Roset se produira, accompagnée de sa fidèle pianiste Susan Manoff et d’artistes de l’Académie de l’Opéra-Comique.
En mars 2027, une nouvelle session d’échanges de deux semaines est annoncée, du 7 au 13 mars à Paris et du 22 au 26 mars à New York.
Philippe Gault
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L’argot n’est pas une fantaisie contemporaine : il est documenté, étudié, et ses racines plongent bien plus loin qu’on ne le croit. Petit tour d’horizon de ces mots qu’on pense récents, mais qui étaient déjà utilisés il y a plusieurs siècles.
Prenons le mot « daron ». On le croirait né récemment, tant il est employé aujourd’hui, pourtant on le trouve déjà au XIXe siècle. Dans le Dictionnaire de la langue verte (1866) d’Alfred Delvau, daron désigne le maître, le patron, puis le père. Le mot circulait dans l’argot parisien bien avant d’atterrir dans les cours de collège et de lycée. Son origine n’est pas clairement établie : certains linguistes le font remonter au mot provençal daroun. Nos adolescents parleraient donc comme dans les faubourgs du Second Empire.
Autre exemple : lascar, qui a connu un regain d’intérêt avant d’être à nouveau en perte de vitesse. Le terme vient du persan lashkar, signifiant « armée ». Il est passé par le portugais lascarim, désignant des soldats ou des marins indiens employés par les puissances coloniales. Au XIXe siècle, en français, il évolue vers le sens de « gaillard rusé », parfois « filou », et s’invite dans la littérature populaire ainsi que dans les récits maritimes.
Le mot maille, lui, est encore plus ancien. Au Moyen Âge, la maille désigne une très petite unité monétaire. Issu du latin medalia — « pièce de métal » —, il apparaît en ancien français dès le XIIe siècle. L’expression avoir maille à partir désigne alors littéralement le fait d’avoir un différend avec quelqu’un sur un sujet de peu d’importance. Aux XXe et XXIe siècles, le mot a retrouvé son sens monétaire : avoir de la maille signifie avoir de l’argent. Ces différentes acceptions sont documentées dans le Dictionnaire de la langue française d’Émile Littré, qui en retrace les sens anciens avec un scrupule quasi archéologique.
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Il est donc possible de suivre à la trace l’évolution de l’argot. La discipline a même ses grands historiens : en 1901, Lazare Sainéan publie L’Argot ancien et moderne, une étude monumentale dans laquelle il démontre que l’argot fonctionne par métaphore, déplacement et recyclage, précisément ce qui est arrivé aux mots daron, lascar ou maille.
Loin d’être vulgaire ou appauvri, l’argot constitue un véritable laboratoire linguistique, qui rappelle que la frontière entre bon usage et usage populaire est poreuse. Quand un mot d’argot revient à la mode, ce n’est pas un signe d’appauvrissement, mais une résurgence. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.
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Depuis sa création il y a 39 ans, le célèbre concours de chant lyrique Neue Stimmen (Nouvelles Voix) enregistre des chiffres record d’inscription. Cette année encore plus de 1100 candidats se sont inscrits pour la grande compétition allemande dont les épreuves finales auront lieu début octobre.
Avec Operalia, la compétition organisée par Placido Domingo, et le Concours Reine Elisabeth en Belgique, le concours Neue Stimmen fait référence dans le monde du lyrique. Une réputation telle que cette année, pour sa 21e édition, l’épreuve a enregistré 1126 candidatures en provenance de 69 pays. C’est mieux qu’en 2024 (1002 inscriptions) mais encore loin du record, 1500 candidatures de 80 pays en 2019.
Parmi ce gros millier de candidatures faites en ligne, le jury international en a retenues 467 qui vont devoir concourir lors d’épreuves organisées d’avril à juin dans 14 hauts lieux de la musique classique à travers le monde comme notamment la Scala de Milan, la Royal Opera House de Londres ou l’Opéra Bastille à Paris. Lors de ce deuxième tour, seront évaluées les compétences techniques, la qualité de la voix et la personnalité (présence artistique) des candidats retenus.
À l’issue de cette deuxième phase de sélection, 40 à 45 finalistes seront sélectionnés pour participer aux épreuves finales qui se dérouleront, comme d’habitude, en Allemagne à Gütersloh (Rhénanie-du-Nord-Westphalie) du 3 au 9 octobre. Lors de deux tours préliminaires, les postulants seront accompagnés au piano et, pour la finale, ils se produiront avec l’Orchestre Philharmonique de Duisbourg que dirigera Vitali Alekseenok. Le concert des lauréats aura lieu le 1er juin 2027 à Berlin.
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Les épreuves finales seront supervisées par un prestigieux jury présidé par Alexander Neef, le directeur général de l’Opéra National de Paris, qui sera accompagné par Samuel Gelber (Washington National Opera), Xenia Hofmann (Opéra de Zurich), Boris Ignatov (Opéra d’État de Stuttgart), Bernd Loebe (Opéra de Francfort), Evamaria Wieser (festival de Salzbourg), Elisabeth Sobotka (Staatsoper Unter den Linden) et Sophie de Lint (Opéra national d’Amsterdam).
Organisé tous les deux ans depuis 1987 par la fondation Bertelsmann, le concours Neue Stimmen est réservé à de jeunes chanteuses et chanteurs âgés de 18 à 32 ans. De grandes voix d’aujourd’hui s’y sont illustrées telles que Vesselina Kasarova, René Pape, Eugénie Joneau (2e prix en 2022) ou encore, lors de l’édition 2024, la soprano polonaise Magdalena Lucjan et Alejandro Alejandro Baliñas Vieites, basse espagnole formé à l’Académie de l’Opéra de Paris.
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