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  • Guerre au Moyen-Orient : « Aujourd’hui l’Iran a les meilleures cartes, et Trump ne l’a pas compris » analyse Dominique Moïsi

    Le géopolitologue Dominique Moïsi décrit un président américain qui ne sait pas lui-même quelle est sa stratégie au Moyen-Orient, parlant d’une erreur majeure sur l’organisation du pouvoir en Iran : « ce n’est pas une pyramide verticale, mais des réseaux horizontaux ». Aujourd’hui, Donald Trump cherche à sortir de ce guêpier. Pour le régime des mollahs, à l’inverse, « survivre à cette infériorité militaire, c’est quasiment une victoire », juge-t-il.

    Dominique Moïsi est membre fondateur de l’IFRI, politologue et géopolitologue. Il publie Le triangle des passions du monde – Comprendre le chaos qui vient aux éditions Robert Laffont.

     

     

    Il est difficile de comprendre ce qui se joue en ce moment entre Donald Trump, le Pakistan et l’Iran. Le Pakistan a transmis à l’Iran des propositions de paix de Donald Trump — une paix dans un conflit qu’il a déclenché contre l’Iran, qu’il pensait terminer rapidement, dans lequel il semblerait s’enliser, et où il a appelé tour à tour les Occidentaux au secours, avant d’expliquer qu’il n’avait pas besoin d’eux. Et maintenant cette séquence d’intention de paix. Que voyez-vous ?

    DOMINIQUE MOÏSI : La profonde confusion mentale de l’homme le plus puissant sur terre. Et donc une forme d’inquiétude. [Donald Trump] ne sait probablement pas lui-même quelle est sa stratégie. Il est parti de l’idée qu’après avoir éliminé le guide suprême et quarante de ses principaux conseillers, la guerre allait se terminer tout naturellement. Le changement de régime était l’étape qui allait suivre, avec clarté et simplicité.

    Ça ne s’est pas passé comme ça.

    D.M. : Ça ne pouvait pas se passer comme cela. Il y a eu une erreur majeure au départ, structurelle, sur l’organisation du pouvoir en Iran. Ce n’était pas simplement une pyramide verticale, il s’agissait de réseaux horizontaux. Et aujourd’hui, [Trump] cherche à sortir du guêpier dans lequel il s’est mis. Il n’a peut-être pas tout à fait compris qu’au jour d’aujourd’hui, les meilleures cartes sont celles de l’Iran. Parce que pour le régime iranien, survivre à cette terrible infériorité militaire, c’est quasiment une victoire.

    « Le régime iranien s’est organisé dès le début pour survivre », estime Dominique Moïsi

     

    Comment expliquez-vous justement la solidité de ce régime, secoué depuis plusieurs années par une crise économique, des embargos, une société civile qui n’est pas très confiante dans son régime, même si elle est en partie opprimée ? Et un régime dont on ne pensait pas qu’il était capable de frapper une île dans l’océan Indien à 4 500 km de ses côtes, d’envoyer des missiles de longue portée, de détruire, bref, d’être aussi armé ?

    D.M. : On retrouve ici une erreur majeure des acteurs principaux : sous-estimer les forces de l’adversaire et surestimer les leurs. Le régime iranien s’est organisé dès le début pour survivre. C’est son objectif principal, et il ne recule devant rien : le sang du peuple, l’idée de porter la guerre chez ses voisins du Golfe, l’idée d’équilibrer son infériorité militaire par un élargissement du conflit sur le plan économique. Et la géographie joue massivement en faveur de l’Iran. L’étroitesse des détroits d’un côté, le caractère gigantesque du pays de l’autre (trois fois la France) qu’on ne peut pas occuper, alors que ce régime peut, en réalité, faire chanter le monde, comme il le fait.

    La grande œuvre de Donald Trump avait commencé lors de son premier mandat, et il espérait la parachever à l’occasion du second : les accords d’Abraham. Une reconfiguration totale des relations entre les États au Moyen-Orient, avec Israël au centre, les États-Unis en bon parrain, peut-être même l’Iran un jour associé. Est-ce que ce qui vient de se passer, ce qui est en cours aujourd’hui dans le détroit d’Ormuz, entre l’Iran, Israël et les États-Unis, remet totalement en cause ce grand projet ?

    D.M. : Totalement, je ne sais pas. Il y a tellement de retournements de situation au Moyen-Orient, la région la plus complexe du monde ! Mais à court terme, les monarchies du Golfe se méfient également d’Israël, qui exerce une force extrême sur cette région, des États-Unis, qui les trahissent sans les protéger, et de l’Iran, qui les attaque sans prévenir. Il y a une sorte de triple déception chez ces émirats. Ils doivent se réinventer, retrouver presque une raison d’être dans cet univers qui s’est brutalement renversé. Ils étaient la sécurité, des confettis de prospérité, d’espoir et de modernité dans ce monde. Ils pensaient presque que l’histoire n’était pas tragique pour eux. Ils se sont fondamentalement trompés.

    Trump viserait un changement de régime, non pas en Iran, mais à Cuba

    Vous dites que les retournements sont de plus en plus rapprochés – c’est ce que vous expliquez dans Le triangle des passions du monde, votre dernier essai. Les situations peuvent s’inverser. On peut avoir une paix dans les quinze jours ou être encore en guerre en septembre prochain ?

    D.M. : Je crois davantage à la paix dans les quinze jours ou le mois qui vient qu’à la guerre en septembre prochain.

    Ce qui ne vous rend pas plus optimiste, j’ai l’impression.

    D.M. : Non. Je crois que Trump veut sortir de cette impasse. Le Pakistan lui fournit peut-être un vague espoir. C’est un acteur original comme médiateur, qui a de bonnes relations à la fois avec Washington et avec Téhéran. Mais se négocie-t-il vraiment quelque chose ? Ou Trump utilise-t-il la carte pakistanaise pour déclarer au monde : « J’ai gagné. Regardez mon triomphe extraordinaire : l’Iran renonce à l’arme nucléaire, j’ai détruit leur potentiel de missiles, je peux passer à autre chose. » Et cette autre chose, on le sent bien dans sa tête, ce pourrait être tout à fait le changement de régime, mais pas dans un pays aussi lointain et compliqué que l’Iran, plutôt dans un pays beaucoup plus proche des États-Unis : Cuba. Vous voyez, l’idée : je progresse, je vous surprends toujours.

    Mais qu’est-ce qui vous dit que l’Iran va accepter les conditions ? Pour l’instant, l’Iran réclame l’indemnisation des dommages de guerre causés par les États-Unis, comme s’il était absolument innocent de tout.

    D.M. : Les Iraniens sont les maîtres dans l’art de l’ambiguïté. Ils peuvent dire quelque chose à un moment donné sur lequel Trump va sauter. Et là, il y aura un problème majeur entre Jérusalem et Washington. On réalisera que la guerre d’Israël n’est pas la même que celle des États-Unis. Netanyahou a réalisé une partie de ses objectifs en se disant : « Je suis protégé, couvert par un président américain qui ne sait pas nécessairement ce qu’il fait. » Mais Netanyahou veut atteindre ses objectifs – idéalement détruire le régime – et il a besoin de temps. Trump, lui, veut sortir d’une phase particulièrement délicate qui le rend très impopulaire ; il veut aller vite.

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    Curieusement, Trump et Netanyahou ont tous les deux des élections à l’automne — les midterms d’un côté, les législatives en Israël de l’autre. L’un a besoin de faire la guerre pour éventuellement être victorieux et sauver sa peau. L’autre a plutôt besoin de faire la paix pour gagner les midterms. N’est-on pas dans une année où les intérêts réciproques des Américains et des Israéliens vont se fracturer sur le conflit au Moyen-Orient, et où l’on va assister à la grande disjonction entre Israël et les États-Unis ?

    D.M. : C’est un risque majeur. L’image d’Israël aux États-Unis s’est considérablement détériorée. Une majorité d’Américains estime que dans cette guerre, qui n’aurait pas dû avoir lieu, Israël porte une responsabilité. Et il y a ces MAGA qui disent « America Last » : l’Amérique en dernier, pas America First. C’est la faute de Netanyahou. Israël a donc gagné militairement, mais on peut se poser la question : ne s’est-il pas dangereusement isolé diplomatiquement, en particulier vis-à-vis de son assurance-vie ultime — l’Amérique ?

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  • Grande-Bretagne : l’IA « au service » de la musique suscite plus d’inquiétude que d’approbation

    Selon une étude commandée par l’Orchestre Philharmonique Royal de Londres une majorité, 56% des personnes interrogées, craint que l’Intelligence Artificielle étouffe l’innovation créative dans le secteur de la musique orchestrale et particulièrement la musique classique.

    L’étude en question a été menée par l’institut UK Omnibus Group pour le compte de l’Orchestre Philharmonique Royal de Londres auprès d’un échantillon représentatif national de 2 000 adultes en 2025. Si les conclusions du rapport indiquent une belle hausse de l’intérêt du public adulte pour la musique orchestrale (35% contre 20% en 2024), notamment chez les moins de 25 ans (+ 175% en un an), elles révèlent une perception beaucoup plus circonspecte de cet échantillon concernant l’impact de l’intelligence artificielle sur la créativité dans le domaine de la musique.

    Pour cette étude, les participants devaient estimer dans quels domaines artistiques l’IA aurait remplacé les humains d’ici 2050 et dans quels domaines elle ne parviendrait pas à égaler la singularité de la créativité humaine. Le résultat est assez éloquent : 56 % des personnes interrogées craignent que l’IA étouffe l’innovation créative, soit plus du double de celles qui pensent qu’elle stimulera la créativité (21 %). Dans le détail, 75 % d’entre elles ont estimé que cela n’apporterait pas grand-chose pour les concerts alors que 50% pensent que ce serait utile pour la musique enregistrée en studio.

    Une majorité des amateurs de musique classique rejette la musique non produite par un humain

    Pour Vasily Petrenko, directeur musical de l’Orchestre Philharmonique Royal de Londres, « En matière de création musicale, l’IA peut en théorie offrir la perfection, mais les grandes œuvres d’art le sont souvent précisément grâce aux imperfections humaines inhérentes à leur forme (…) Tout acte créatif comporte toujours une part d’hésitation chez l’artiste. La Symphonie inachevée de Schubert en est un exemple parmi tant d’autres. Ce type d’hésitation dépasse totalement les capacités de l’IA, tant sur le plan de la structure que sur celui de l’idée ».

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    Une méfiance à l’égard de l’usage de l’intelligence artificielle qui corrobore une étude allemande publiée au début de l’année indiquant qu’une majorité des amateurs de musique classique sont plus enclins à rejeter la musique non produite par un humain, tandis que les amateurs de musique électronique y sont plus ouverts.

    Curieusement, une autre étude, publiée par le l’Orchestre Philharmonique Royal de Londres en fin d’année 2025, a révélé que 58% du public britannique sont favorables à ce que l’IA crée de nouvelles musiques à partir d’œuvres d’artistes décédés. Étaient cités, dans l’ordre, Michael Jackson, suivi par Freddie Mercury, le leader de Queen, puis Bob Marley, Elvis Presley, John Lennon… Mais également WA Mozart, Ludwig van Beethoven et Jean-Sébastien Bach parmi les compositeurs classiques.

    Philippe Gault

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  • Une flûte enchantée déjantée et onirique et à l’Opéra de Bordeaux

    À l’occasion de la nouvelle production de La Flûte enchantée à l’Opéra de Bordeaux, Julien Duval, Aude Desigaux et Sofia Kirman-Baez seront, ce mardi 24 mars à 20h, les invités du Journal du Classique.

    Après une première incursion dans le monde de l’opéra il y a deux ans, avec Le Chapeau de paille d’Italie de Nino Rota, Julien Duval retrouve la scène bordelaise. Il y met en scène La Flûte enchantée de Mozart, un ouvrage dont l’univers fantastique et onirique s’accorde merveilleusement avec l’esprit loufoque et poétique qu’il déploie si bien. Il nous plonge ici dans un univers chatoyant, drôle et profondément touchant.

    Une production dirigée par Joseph Swensen, à découvrir du 25 mars au 2 avril au Grand Théâtre de Bordeaux

    Julien Duval nous éclairera ce soir sur sa démarche, aux côtés d’Aude Desigaux, la conceptrice des incroyables costumes de ce spectacle haut en couleur. Nous échangerons également quelques mots avec la jeune soprano Sofia Kirwan-Baez, qui incarne le pétillant personnage de Papagena.

    Laure Mézan

    Retrouvez le journal du classique du lundi au vendredi à 20h

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  • De jeunes musiciens en immersion au cœur du Festival de Pâques d’Aix-en-Provence !
    Le Festival de Pâques d’Aix-en-Provence poursuit son engagement en faveur de l’accès à la musique classique avec la deuxième édition de la Petite académie de Pâques. Ce projet imaginé par Dominique Bluzet et Renaud Capuçon est destiné à de jeunes élèves des conservatoires et écoles de musique de territoires ruraux.

    À cette occasion, Laure Mézan ouvre les portes du studio délocalisé de Radio Classique pour accompagner les élèves de conservatoires municipaux de régions dans la découverte et l’apprentissage des métiers d’une radio au cœur du Festival.

    En 2025, les six jeunes musiciens venaient de Rodez, Mende et Apt. En 2026, neuf élèves âgés de 12 à 16 ans, curieux de musique, sélectionnés et invités à découvrir le festival de l’intérieur, viendront de l’Isère et de la Drôme. Ils seront accompagnés par les trois parrains, Eva Zavaro, Yan Levionnois et Théo Fouchenneret, qui, après une édition 2025 enthousiasmante, ont tous choisi de poursuivre cette aventure musicale et humaine.

    Au cours de l’hiver 2026, les jeunes musiciens ont pu bénéficier d’un enseignement d’excellence, à travers des master-classes et rencontres dans les conservatoires. Ils s’apprêtent aujourd’hui à entrer en immersion dans les coulisses du festival.

    Pendant cinq jours, les « Petits académiciens » auront un accès privilégié aux concerts et aux coulisses, et participeront à des ateliers pédagogiques animés par Thierry Weber, chef d’orchestre et spécialiste de la médiation, et Solesne Loy, musicienne et pédagogue. Ils enregistreront également des capsules radiophoniques avec Radio Classique, qui seront diffusées la semaine suivante dans le Journal du Classique de Laure Mézan (programme ci-dessous).

    Tour à tour spectateurs, apprenants et passeurs de musique, les « Petits académiciens » bénéficient d’un accompagnement par des professionnels, avec l’ambition de transmettre, à leur tour, la passion de la musique classique. 

    Découvrez la Petite académie du Festival de Pâques d’Aix-en-Provence

     

    Ce projet reçoit le soutien du fonds de dotation ASSAMI et de ses mécènes. 

     

    Programme de diffusion dans le Journal du Classique des capsules réalisées par les « Petits académiciens » :
    • Lundi 13 avril à 20h
    • Mardi 14 avril à 20h
    • Mercredi 15 avril à 20h
    • Vendredi 17 avril à 20h
    • Les capsules seront disponibles à la réécoute très prochainement

       

      Retrouvez le programme des diffusions des concerts captés en direct au Festival de Pâques, ainsi que tous les Journaux du Classique délocalisés ici !

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    • Le Philharmonique de Berlin fait son retour au Festival de Pâques de Salzbourg après 13 ans d’absence

      L’Orchestre Philharmonique de Berlin sera omniprésent à Salzbourg, pour son retour au Festival de Pâques, fin mars et début avril. En salle pour de grands concerts mais également dans les rues pour des récitals gratuits de musique de chambre.

      Depuis 13 ans, le Philharmonique de Berlin avait déserté le festival de Pâques de Salzbourg pour se produire à cette période avec celui de Baden-Baden. Pour son retour cette année sur les rives de la Salzach du 27 mars au 6 avril, le prestigieux orchestre allemand, dirigé alternativement par trois grands maestros, envahira la ville autrichienne pour de grands concerts en salle, mais ses musiciens se produiront également dans la rue et divers lieux public en petites formations pour des récitals de musique de chambre proposés gratuitement.

      Dans sa configuration complète, le Berliner Philharmoniker, dirigé par son chef principal Kirill Petrenko, ouvrira ainsi le festival vendredi à l’École d’équitation pour une représentation de L’Or du Rhin de Richard Wagner avec, notamment, le baryton Christian Gerhaher dans le rôle de Wotan. Daniel Harding dirigera l’orchestre allemand dans la Großes Festspielhaus pour deux représentations de La Création de Joseph Haydn. Un troisième grand chef d’orchestre, Tugan Sokhiev, dirigera le Berliner pour deux concerts consacré à des œuvres de Johannes Brahms, Max Bruch et Hector Berlioz.

      Des concerts gratuits de musiciens du Philharmonique de Berlin

      Mais grâce à un partenariat avec Volkswagen et la Deutsche Bank, le public autrichien pourra également applaudir gratuitement les musiciens de l’Orchestre philharmonique de Berlin lors de concerts de musique de chambre dans divers endroits publics de la ville autrichienne. Cette opération, intitulée BPhil in Town, proposera ainsi des récitals à la Maison de la nature et devant l’église collégiale le 4 avril, devant l’hôpital public le 5 avril mais également dans d’autres établissements de santé, une maison de retraite, un hospice et un musée.

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      Une opportunité pour le Berliner Philharmoniker de mettre en avant le talent de ses musiciens dont plus de 90 % pratiquent la musique de chambre au sein d’un grand nombre de petits ensembles. Le site web de l’Orchestre berlinois répertorie ainsi trente-deux formations de musique de chambre, allant des Douze Violoncellistes, admirés dans le monde entier, à divers ensembles à vent, en passant par l’innovant Ensemble Scharoun, les Solistes baroques de Berlin, qui se concentrent sur un domaine spécifique du répertoire, ou encore l’Ensemble Venus, entièrement féminin.

      Certains musiciens font même partie de plusieurs ensembles de musique de chambre. C’est le cas par exemple de l’altiste Julia Gartemann qui joue avec cinq formations différentes et qu’on pourra voir lors du festival de Pâques à Salzbourg au sein du Sextuor à cordes de l’orchestre pour un concert le 28 mars au Mozarteum.

      Philippe Gault

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    • « La santé de nos océans n’est pas bonne et se dégrade en accélérant » alerte l’océanographe Marina Lévy

      On le sait peu, mais l’océan est un régulateur du climat, qui absorbe une partie des excédents de chaleur et de CO2. Aujourd’hui, il nous protège encore, mais jusqu’à quand ? L’océanographe Marina Lévy était l’invitée de la matinale de Radio Classique ce mardi. Elle souligne que les entreprises « sont les acteurs premiers pour réduire les pollutions ». 

       

      Marina Lévy est océanographe, directrice de recherche de classe exceptionnelle au CNRS, directrice de l’Institut de l’océan de l’Alliance Sorbonne université. Elle vient de publier avec Olivier Poivre d’Arvor Quand l’océan s’éveillera – Enquête au cœur de la planète bleue aux éditions Stock

       

       

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    • Langue française : « Forces de l’ordre », « édile » et autres tics du jargon journalistique, ces mots qu’on n’entend que dans les médias

      Les journalistes écoutent, analysent, décryptent… mais ils sont aussi scrutés. Les rédactions reçoivent régulièrement des messages de lecteurs et d’auditeurs critiquant une tournure de phrase, un vocabulaire approximatif ou une syntaxe défaillante. Car les journalistes ont, avant tout, leur langage propre — un langage codé, hérité de pratiques rédactionnelles bien ancrées. Tour d’horizon de leurs tics les plus caractéristiques.

       

      Les « forces de l’ordre » : la périphrase, l’art d’éviter la répétition

      Du grec peri (autour) et phrasis (expression), la périphrase désigne un groupe de mots utilisé pour remplacer un terme unique et éviter les répétitions. Ainsi, Paris devient « la capitale de la France » ou « la Ville Lumière », selon le contexte. Dans le langage journalistique, ce procédé est omniprésent.

      Les exemples les plus courants ? Les policiers et gendarmes se transforment en forces de l’ordre, tandis que les pompiers deviennent les soldats du feu. Ces métaphores à consonance guerrière sont particulièrement prisées dans les rédactions, car elles permettent de varier le style tout en conférant une certaine solennité aux faits relatés.

      « Sous la houlette » ou « sous la férule » : des expressions venues d’un autre temps

      Qui emploie ces termes dans la vie courante ? Peu de monde. Et pourtant, ils sont monnaie courante dans la presse. « Il a agi sous la houlette présidentielle », « il a parlé sous la férule de son conseiller » : ces formules, bien qu’archaïques, restent des incontournables du vocabulaire journalistique.

      La houlette désigne à l’origine le bâton du berger, muni à l’une de ses extrémités d’une plaque métallique creusée en forme de gouttière, utilisée pour arracher des mottes de terre ou ramasser des pierres à lancer afin de ramener au troupeau les moutons égarés. Par extension, l’expression « sous la houlette de » signifie « sous la direction de ».

      La férule, quant à elle, est une petite palette de bois ou de cuir, à l’extrémité plate et élargie, avec laquelle on frappait autrefois la main des écoliers fautifs. « Être sous la férule de quelqu’un » signifie donc être dans l’obligation de lui obéir — une nuance d’autorité contraignante que la houlette, plus pastorale, ne porte pas.

      Edile, paradigme : quand le journaliste emprunte au vocabulaire des élites

      Pour éviter de répéter les mêmes termes, les journalistes adoptent des mots qui parfois n’appartiennent qu’à eux. Ainsi, on ne parlera pas du maire d’une commune, mais d’un édile. Le terme double casquette permet de désigner quiconque mène deux activités. On ne parlera pas de modèle ou de contexte, mais de paradigme : « Le pays a changé de paradigme. »

      Du point de vue politique, le président et le gouvernement deviennent l’exécutif — terme qui, d’ailleurs, n’apparaît pas dans la Constitution française

      La doxa : l’opinion dominante mise en mot

      La doxa désigne l’ensemble des opinions reçues sans discussion, des préjugés. C’est un mot grec qui signifie « l’opinion », ce qui se dit des choses ou des gens. On le retrouve dans les termes paradoxe — chose contraire à l’opinion commune — ou orthodoxe, étymologiquement « la pensée droite », et plus largement ce qui est conforme à la tradition.

      On parle ainsi volontiers de « doxa mainstream » ou de « doxa politiquement correcte », expressions que l’on retrouve fréquemment dans les commentaires et les forums sur internet.

      La victoire se joue « dans un mouchoir de poche » : les périphrases imagées

      Le registre journalistique regorge également d’expressions figées, souvent issues de la langue populaire ou littéraire, que les rédactions ont élevées au rang de formules consacrées.

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      Pour désigner une réplique cinglante, on évoquera la réponse du berger à la bergère. Un conflit deviendra un bras de fer. Une victoire obtenue de justesse se jouera dans un mouchoir de poche. Plutôt que d’employer le verbe succéder, on préférera dire reprendre le flambeau. Une personne mal vue ne sera pas simplement impopulaire : elle n’est pas en odeur de sainteté. Et dans les colonnes de la presse, on ne réussit pas — on tire son épingle du jeu.

      Les métaphores musicales du bémol à la fausse note

      Enfin, les journalistes entretiennent une relation particulière avec le vocabulaire musical, qu’ils détournent volontiers pour commenter l’actualité.

      Une réserve ou une restriction devient un bémol. Des éléments qui s’accordent parfaitement sont dits au diapason. Et si un détail vient gâcher un ensemble harmonieux, il s’agira inévitablement d’une fausse note.

      Karine Dijoud

      Pour aller plus loin, le Dico Français-Français de Philippe Vandel, publié aux éditions Kero, offre un panorama à la fois drôle et instructif de ces usages linguistiques qui font le charme — et parfois l’excès — du parler journalistique.

       

      Retrouvez la chronique Et si on parlait français ? 

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    • Restructurer une dette bancaire en 2026

      Spécialiste en restructuring, Amaury DUMAS-MARZE revient sur la situation des entreprises pendant la crise sanitaire de 2020-2022 qui ont pu bénéficier du PGE (Prêt Garanti par l’Etat). Fragilisées encore par le contexte économique actuel, il souligne l’importance pour nombre d’entre elles n’ayant pas terminé de rembourser leurs dettes, d’établir un plan de redressement pour convaincre les partenaires de la pérennité de l’activité avec une stratégie performante, sans oublier la mobilisation de leurs actionnaires autour d’une croissance rentable.

      Rencontre avec Amaury DUMAS-MARZE du cabinet DELSOL Avocats.

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    • Grâce à son fonds de dotation « Handipass », l’ETI Hotravail favorise l’intégration d’élèves en situation de handicap dans les grandes écoles

      KPMG vous invite à écouter l’interview de Serge Dessay, Fondateur et Président-directeur général d’Hotravail, belle ETI basée à La Teste-de-Buch (Gironde).

      Hotravail est un groupement d’entreprises adaptées qui permettent à 1300 personnes en situation de handicap d’exercer une activité professionnelle salariée dans tous les secteurs, au sein des services publics (État, collectivités…) comme au sein de grandes entreprises (Orange, EDF, La Poste…).

      Et l’engagement d’Hotravail va plus loin : en partenariat avec Klésia, il a créé le fonds de dotation « Handipass, Passeport pour l’excellence » pour rendre les études supérieures plus inclusives, a fortiori au sein des grandes écoles.

      Le constat est frappant : 200 000 élèves en situation de handicap en fin de secondaire, mais seulement 59 000 dans le supérieur. Et pour les études d’excellence ? Un jeune handicapé a 14 fois moins de chances d’accéder à une classe préparatoire. #Handipass mobilise entreprises et financements pour briser ce plafond de verre !

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    • La Finta Giardiniera de Mozart, nouvelle production de l’Académie de l’Opéra national de Paris

      À l’occasion de la nouvelle production de l’Académie de l’Opéra national de Paris, la metteuse en scène Julie Delille, la cheffe d’orchestre Chloé Dufresne et la soprano Sima Ouahman seront, ce lundi 23 mars à 20h, les invitées du Journal du Classique.

       

      C’est un opéra de jeunesse de Mozart, La Finta Giardiniera, que présente cette saison l’Académie de l’Opéra national de Paris. Un délicieux opera buffa mettant en scène une fausse jardinière et toute une galerie de personnages pittoresques, dont l’esprit évoque celui de Goldoni, mais aussi de Marivaux, et que l’on a rarement l’occasion d’entendre. S’il fait partie des ouvrages méconnus du compositeur, cet opéra témoigne cependant, déjà, du génie mozartien et annonce Così fan tutte ou Les Noces de Figaro.

      Une production à découvrir du 24 mars au 1er avril à la MC93 de Bobigny

      Nous nous glisserons ce soir dans ses coulisses, en compagnie de la metteuse en scène Julie Delille, qui nous éclairera sur la profondeur de cet ouvrage s’apparentant à un conte initiatique, de la cheffe Chloé Dufresne, qui nous parlera de la force de cette partition, et de la soprano Sima Ouahman, qui incarne le piquant personnage de Serpetta.

      Laure Mézan

      Retrouvez le journal du classique du lundi au vendredi à 20h

       

      Retrouvez l’actualité du Classique

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