REM 98.4 FM

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REM 98.4 FM episodes

  • Marie Dandieu remet du tranchant à Camiran
    Marie Dandieu remet du tranchant à Camiran

    Culture et Société – 26 juin 2026

    Le roseau sec s’écrase sous la mâchoire de fer au lieu de céder net. Dans le silence d’un atelier de vannerie, les sécateurs fatigués mâchent la matière, laissant des fibres boursouflées et irrégulières. Pour Marie Dandieu, l’élément déclencheur dure six heures. Six heures d’un tête-à-tête avec des tiges de jonc rebelles et un mot qui clique dans sa tête comme un métronome mécanique : rémouleur. Le soir même, elle rentre dans sa maison de Camiran, regarde son compagnon et transforme son avenir d’une phrase : « Je vais mettre du tranchant dans notre vie ».

    Marie Dandieu présente les tarifs de son entreprise d’affûtage L’Entre 2 Lames à Camiran.
    La matière contre l’invisible

    Pendant quinze ans, le quotidien de Marie Dandieu s’est mesuré à l’invisible. Le secteur social, l’accompagnement des jeunes, puis les couloirs du médico-social face aux gouffres de l’addictologie. Un univers de récits répétitifs, de structures psychologiques complexes, de fardeaux intangibles qu’on écoute et qu’on tente de redresser sans jamais pouvoir en toucher la frontière définitive. Une lente usure de l’écoute. Le besoin de sortir de l’abstraction est devenu physique, presque biologique.

    Le point de bascule s’est niché dans la poussière grise des chantiers. En 2018, le couple quitte les rues bitumées de Bègles pour installer un berceau au calme de l’Entre-deux-Mers. Ils achètent une ruine à Camiran, quatre murs porteurs et une toiture saine. Quatre ans de bétonnière, de truelles et d’huile de coude partagés avec les copains. Marie Dandieu y découvre la sensation du mortier frais, l’application de l’enduit chaux-chanvre à mains nues et le plaisir immédiat de voir un mur reprendre corps. Son niveau initial en bricolage stagnait au ras du sol, limité au montage de mobilier scandinave en kit. Le contact physique de la pierre a déplacé ses certitudes : ses mains pouvaient réparer le monde réel.

    Les trois choix de la quarantaine

    À l’approche de la quarantaine, la routine rassurante du salariat commence à peser. La sécurité d’un virement automatique à la fin du mois ne suffit plus à nourrir la machine intérieure. Face à la crise classique du milieu de vie, Marie Dandieu pose un diagnostic limpide et trois issues sur la table familiale : déménager alors que la maison vient d’être achevée, rompre le couple, ou changer radicalement de métier. L’acier a gagné la partie.

    Les pantoufles, c’est confortable, mais ça ne permet pas de marcher.

    Le destin a le sens du timing. Une vieille meule à eau, héritée après le décès d’un proche, attendait son heure dans la grange. Un bloc de grès inerte qui a réveillé une mémoire corporelle enfouie, celle des après-midis de l’enfance passés à tourner la manivelle de fer pour le simple plaisir de voir le mouvement. En août, alors que les subventions du secteur social s’effondrent et que l’énergie s’épuise, l’alignement des planètes devient parfait. Elle quitte proprement son poste en janvier et entre en formation en février pour apprendre la science de la friction.

    Le sens de la friction

    L’art de donner le fil est une affaire de géométrie et de patience. Dans son atelier de Camiran, l’ancienne travailleuse sociale manipule désormais des pierres qui tournent. Tout se joue dans le sens de la rotation. Si la meule tourne vers l’extérieur, elle pratique l’affûtage, une intervention rapide sur la lame. Si la pierre tourne vers elle, mordant directement dans l’alliage, c’est le remoulage. Cette technique traditionnelle, plus exigeante, recalibre la lame en profondeur, garantissant un tranchant durable au métal.

    Sous l’enseigne L’Entre 2 Lames, elle redonne une fonction à ce qui semblait condamné au rebut. Qu’il s’agisse d’un couteau de cuisine bas de gamme usé jusqu’à la corde ou d’un vieil outil agricole rouillé, le principe reste le même : tant qu’il y a de la matière, le tranchant peut renaître. Un coiffeur lui confie un jour des ciseaux de haute précision Ama Gori, muets et faussés après une mauvaise chute sur le carrelage. Marie Dandieu redresse, polit, élimine le métal mort. L’artisan teste l’outil restauré et lâche un mot qui claque : « Guérisseuse de lames ». Quinze ans à soigner les trajectoires humaines abîmées trouvent leur écho parfait dans la réparation des outils d’acier.

    Un enjeu qui concerne notre territoire

    À partir du mois de septembre, la camionnette de L’Entre 2 Lames prendra la route des bastides. On retrouvera Marie Dandieu sur les marchés de Monségur, de Caudrot, ainsi qu’au Comptoir Paysan de La Violette. L’artisanat ambulant retrouve sa place légitime au cœur de l’Entre-deux-Mers, là où la culture de la durabilité remplace peu à peu le réflexe de la consommation jetable.

    Par pure déontologie professionnelle, elle évitera soigneusement le secteur de Sauveterre-de-Guyenne, où un confrère exerce déjà son activité. Le respect du fil s’applique aussi aux relations humaines. Racheter un outil neuf sur une plateforme numérique devient absurde lorsque le savoir-faire local permet de redonner vie à l’ancien.

    Article rédigé par : Mathieu ROMAIN

    21 min
  • Cédric (Les Serres la Barrière) : La Terre en héritage

    Cédric (Les Serres la Barrière) : La Terre en héritage

    La voix d’Antoine nous parvient comme un écho des routes du Sud-Gironde, un carnet de voyage sonore qui s’arrête aujourd’hui à Landiras. C’est là que Cédric, aux commandes des Serres la Barrière, façonne une agriculture qui lui ressemble : entière, saine et profondément humaine.

    L’instinct du vivant

    Pour Cédric, le passage au bio il y a dix ans n’était pas une posture, mais un réflexe de survie. « Ne pas m’empoisonner en travaillant », dit-il. Ce choix vital pour lui et sa famille est devenu, avec le temps, une mission plus vaste : préserver la vivabilité d’une terre qu’il chérit. Son timbre de voix, d’une stabilité minérale, raconte cette patience du paysan qui ne lutte plus contre la nature, mais compose avec elle.

    La Gemme : l’économie du sourire

    L’engagement de Cédric dépasse le bout de son champ. En adoptant la Gemme, la monnaie locale, il réinjecte de la conscience dans l’échange. Il s’amuse, avec une pointe de tendresse dans la voix, de ces clients qui s’emmêlent les pinceaux entre euros et gemmes. Car au-delà du billet, c’est le lien social qui se recolore. Acheter une salade devient un acte politique doux, une manière de faire circuler la richesse ici, et pas ailleurs.

    La promesse de l’été

    Alors que le soleil de juin commence à peser sur les serres, Cédric guette un signe : l’arrivée des melons. On sent, à la gourmandise de ses mots, que le plaisir reste son moteur. Le maraîchage est un labeur, certes, mais la promesse d’un fruit gorgé de sucre suffit à éclairer ses journées.

    Où retrouver Cédric ?
    Sillonnez les marchés pour rencontrer l’homme et ses produits :

    • Mercredi et dimanche : Arcachon

    • Vendredi : Langon

    • Samedi : Beautiran

    • À la ferme (Landiras) : Sur rendez-vous.

      Un texte formulé par Simon Bordelais.

      5 min
    • Philippe Vigier, l’architecte des 24 Heures du Swing

      Philippe Vigier, l’architecte des 24 Heures du Swing

      Il y a chez Philippe Vigier une symétrie paradoxale. D’un côté, l’équerre et le calque de l’architecte ; de l’autre, la syncope imprévisible du jazz. Quand on l’écoute parler, le timbre posé de l’homme de radio trahit d’emblée ce double ancrage : c’est un arpenteur d’espaces et de fréquences. Arrivé du Périgord à Bordeaux à la fin des années 80 pour dessiner des plans tout en animant les ondes de Radio France, il a fini par consolider, en plein cœur de l’Entre-deux-Mers, un monument immatériel : le festival des 24 Heures du Swing de Monségur.

      Président de l’association Bande Originale, il avoue l’être devenu « un peu par défaut ». C’est là sa pudeur : celle de l’artisan à qui l’on a confié les clés de la maison parce qu’il en connaissait chaque poutre. À l’heure où l’époque rogne les budgets de la culture, Vigier n’a pas sacrifié la musique ; il a raboté le superflu. Exit la grande scène louée à prix d’or ; place à un plancher de danse de deux cents mètres carrés, monté à la force des bras par une centaine de bénévoles. « L’économie a été faite au bon endroit », glisse-t-il. Une authentique phrase d’architecte : alléger la structure pour que tienne l’édifice.

      Lorsqu’on lui demande si cette trente-sixième édition s’achèvera sur une apothéose, un sourire s’entend dans sa réponse : « On ne finit jamais à Monségur. » Pas de grandiloquence, pas de bouquet final pyrotechnique. Juste un bœuf qui s’étire, un dernier café en terrasse, un murmure qui refuse de s’éteindre. Philippe Vigier a l’élégance de ceux qui savent que les plus belles architectures ne sont pas celles qui écrasent le paysage, mais celles qu’on quitte à regret, la tête encore pleine de résonances.

      Un texte formulé par Simon Bordelais.

      22 min
    • Paris-Auvergne : Le Fil Secret de l’Identité Occitane

      Dans le concert des identités contemporaines, deux voix se répondent comme un écho entre la pierre volcanique de l’Auvergne et le calcaire haussmannien. Vivien et Yves ne partagent pas le même quotidien, mais ils habitent la même langue, ce territoire invisible qu’est l’Occitanie.

      Vivien : Le Souffle de la Cité

      Installé à Paris depuis vingt-et-un ans, Vivien est l’homme des interstices. Il cultive une « occitanité » urbaine, curieuse et voyageuse. Entre une pièce de Victor Hugo et un match de rugby à cinq, il tisse des liens numériques pour sa communauté. Son regard se porte loin — des bouches de Kotor aux sommets de l’Atlas — mais son socle reste intact. Pour lui, la culture n’est pas un héritage que l’on garde sous verre, c’est une énergie que l’on transporte dans le métro, une manière d’être au monde, fluide et connectée.

      Yves : La Vigie du Doulon

      À Aurillac-sur-Drop, Yves incarne une tout autre dignité : celle de la permanence. Dans ce village de cent-quatre-vingts âmes, il est la mémoire vive. Sa voix porte le souvenir des commerces disparus et la gravité d’un deuil communal. Pourtant, Yves n’est pas l’homme du passé. À travers les Amis de l’Abbaye ou la crèche vivante, il maintient le feu sacré de la transmission. Il est l’aubier, cette partie vivante de l’arbre qui permet à la sève de monter, saison après saison.

      La Langue pour Patrie

      Le point de jonction entre ces deux destins se trouve dans la précision des mots. Que Joan Rigouste explore l’étymologie de leurs noms — révélant des pays de sources et de martyrs — ou que les fifres de Nathalie résonnent à Laguépie, le constat est le même.

      L’un court pour ne pas oublier, l’autre reste pour témoigner. Ensemble, Vivien et Yves dessinent le visage d’une culture qui, loin d’être un folklore, est une boussole. L’un est l’horizon, l’autre est le foyer ; et dans ce dialogue, l’Occitanie respire, plus vaste que jamais.

      56 min
    • Céline : L’Âme Vibrante des Nuits Atypiques

      Céline : L’Âme Vibrante des Nuits Atypiques

      Dans la voix de Céline, directrice des Nuits Atypiques, résonne l’écho des berges de la Garonne : une clarté limpide mêlée à une force tranquille. Elle ne dirige pas un festival, elle veille sur un écosystème où le passé ne s’observe pas, il se danse.

      L’Art du Contraste

      Pour Céline, la tradition est un matériau incandescent. Son talent réside dans cette couture invisible entre le Moyen Âge et l’électro. Elle perçoit la virtuosité là où d’autres ne voient que des archives, transformant l’instrument médiéval en une machine à transe contemporaine.

      La Démocratie du Rythme

      À Villandraut, sous les platanes, Céline orchestre bien plus que des concerts : elle bâtit une communauté. Le bal folk est son manifeste. Elle en parle comme d’un remède à la distance, un espace de « sécurité » et de « bienveillance » où l’on apprend l’autre en changeant de cavalier. Sa prose, vive et habitée, trahit son moteur secret : le respect absolu du lien humain. 

      L’Essence du Geste

      Élégante sans artifice, Céline s’efface derrière la beauté des artistes qu’elle défend. Pourtant, c’est bien sa vision qui irrigue le territoire. Elle rappelle que la culture est un repas partagé, une transmission qui se fait par le corps et la voix. En une phrase, elle résume son sacerdoce : faire en sorte que l’atypique devienne le foyer universel de nos émotions retrouvées.

      Un texte formulé par Simon Bordelais.

      22 min
    • Laurence Cazeaux : L’âme du Moulin d’Eden à Croignon

      Laurence Cazeaux : L’âme du Moulin d’Eden à Croignon

      Il y a dix ans, Laurence Cazeaux et son mari relevaient un défi fou : transformer une ruine du XIe siècle en un sanctuaire du bien-être. À Croignon, le Moulin d’Eden est devenu l’aboutissement d’un rêve d’enfant, celui d’un lieu dédié au partage, où thérapeutes et créateurs se croisent sous une énergie bienveillante.

      L’Évasion à Portée de Main

      Loin de la simple rénovation, Laurence a insufflé au moulin une âme vibrante. Son moteur ? La joie. Celle qu’elle a retrouvée à 48 ans en maniant la pierre, et celle qu’elle transmet aujourd’hui à ses visiteurs. Pour elle, le bien-être n’est pas un luxe, mais une expérience humaine à partager.

      Un Week-end sous le Soleil du Pacifique

      Le point d’orgue de cette saison ? Le Week-end Polynésien des 27 et 28 juin. Né d’un hommage aux 30 ans de son fils, ce festival est une promesse de voyage sans avion :

      • Artisanat et Tatouages : 15 exposants passionnés.

      • Danse et Immersion : Ateliers de danse traditionnelle et confection de colliers.

      • Gastronomie : Un dîner-spectacle aux saveurs de Tahiti.

        Avec une exigence mêlée de tendresse, Laurence Cazeaux continue de faire du Moulin d’Eden un espace où, le temps d’un week-end ou d’une séance de yoga, le monde s’arrête pour laisser place à l’essentiel.

        18 min
      • Guy-Arnaud Penet : L’Intestin ou l’Art du Lâcher-Prise

        Guy-Arnaud Penet : L’Intestin ou l’Art du Lâcher-Prise

        Dans la quiétude de son studio, Guy-Arnaud Penet nous invite à redécouvrir un organe mal aimé : le gros intestin. Pour ce kinésiologue, il n’est pas qu’une mécanique de tri, mais le gardien sacré du lâcher-prise.

        S’inspirant de la médecine chinoise, il souligne que nos résistances — rancunes ou deuils inachevés — encombrent notre corps autant que notre esprit. Le transit devient alors le miroir de notre psyché : il se fige face à la peur et s’emballe sous le stress. Pour restaurer cette fluidité, Guy-Arnaud propose une triple harmonie : soigner la matière (eau et fibres), stimuler l’énergie (points de méridiens GI4 et GI11) et, surtout, oser l’introspection.

        Son message est un plaidoyer pour la liberté : pour accueillir l’avenir, il faut d’abord accepter de vider le passé. Une leçon de santé qui nous apprend, avec humanité, l’art de faire de la place à la vie.

        5 min
      • Saint-Sulpice-de-Guilleragues : le comité des fêtes souffle ses 40 bougies
        Saint-Sulpice-de-Guilleragues : le comité des fêtes souffle ses 40 bougies
        Vie associative • La matinale — publié le 19 juin 2026

        Quarante ans qu’on fait la fête sans la moindre interruption à Saint-Sulpice-de-Guilleragues, le village au nom le plus long de Gironde. Les 3, 4 et 5 juillet, le comité des fêtes célèbre cet anniversaire avec trois jours de concerts, de feu d’artifice et d’olympiades maison. Sa présidente, Cindy Claverie, était l’invitée de la matinale — l’interview est à réécouter en podcast.

        Une salle des fêtes bâtie à la force des bénévoles

        Quarante ans que ça dure, sans une seule année blanche. Lancé il y a quatre décennies par une bande de copains du village, le comité des fêtes a vu se succéder six présidents et présidentes. Cindy Claverie est la dernière en date : bénévole depuis une dizaine d’années, fille de l’un des tout premiers trésoriers, elle a grandi dans cette aventure avant d’en prendre les rênes il y a trois ans. Détail qui en dit long sur l’état d’esprit du lieu : la salle des fêtes, l’ancienne école du village, a été réaménagée de leurs propres mains par les bénévoles du comité, à l’époque. Du « Valérie Damidot » avant l’heure, à la force des bras et du courage.

        Un village de 230 habitants… et deux châteaux

        Saint-Sulpice-de-Guilleragues, c’est deux châteaux, deux moulins et une belle église pour seulement 230 habitants. Et un comité qui fonctionne comme une grande famille : conjoints, enfants et parents s’y croisent d’une génération à l’autre. La preuve par l’image, avec les vidéos désormais bien rodées du comité sur Facebook et Instagram — une idée venue d’Alicia, devenue trésorière, qui a su convaincre une équipe d’abord un peu réticente. Le village s’y était d’ailleurs mis en scène pour l’opération « Viens voir ma rurale ».

        Trois jours pour tout donner

        Le programme tient sur un long week-end et ne laisse pas le temps de dormir. Vendredi, concert gratuit de Jérémy Corderoy (The Voice 2023) et ses choristes, soirée anniversaire avec ses surprises, et un hommage à une figure du comité récemment disparue. Samedi, concours de pétanque, initiation à la kizomba par Samira, repas entrecôte-frites, puis feu d’artifice signé Master Flash — l’entreprise de Jérôme, un habitant du village — avant la soirée menée par DJ Somax et ses lancers de cadeaux. Dimanche, on remet le corps en route avec une rando moto-quad, un marché de créateurs, des moules-frites le midi et les fameuses « folies guilleraguaises », des olympiades grandeur nature montées par l’équipe. Côté affluence, le samedi soir frôle les 400 personnes.

        Réserver avant le 28 juin

        Pour la soirée entrecôte-frites du samedi, les réservations sont ouvertes et il faut faire vite : 200 places sous chapiteau, et déjà 95 réservations enregistrées en une seule semaine. Date limite le 28 juin, au 06 87 86 19 26.

        Un enjeu qui concerne notre territoire

        Derrière les chapiteaux et les feux d’artifice, c’est une certaine idée de la ruralité qui se rejoue chaque premier week-end de juillet : celle d’un village qui se construit lui-même, prend soin de sa terre et fabrique, ensemble, du lien et de bons souvenirs. Quarante ans plus tard, la recette tient toujours.

        19 min
      • REM met le feu aux 10 ans des Piments Masqués à Noaillan : L’interview façon « Hot Ones » !

        L’équipe de REM (Radio Entre-deux-Mers 98.4 FM) a posé ses micros au lieu-dit Antonion à Noaillan pour un direct exceptionnel le samedi 13 juin 2026, de 10h à 12h. L’objectif ? Vous faire vivre de l’intérieur le festival « Épicez-tout », qui célébrait en bord de Ciron le 10e anniversaire de l’association culturelle Les Piments Masqués.

        🔥 Un défi « Hot Ones » pour secouer nos invités

        Pour honorer le nom de l’association, Cédric et Mathieu ont cuisiné leurs invités lors d’interviews mémorables inspirées de l’émission Hot Ones. Le concept : répondre aux questions tout en dégustant des sauces de plus en plus fortes (du niveau 2 au volcanique niveau 9 en Carolina Reaper), fournies par nos partenaires locaux La Porte aux Épices (La Réole) et Mastari.

        🎙️ Les forces vives du Sud Gironde au micro

        Dans une ambiance surchauffée, nous avons reçu :

        • Léonie, présidente des Piments Masqués, ravie de ce retour en force après une longue pause.

        • Madame la Maire de Noaillan, venue soutenir la culture rurale, accompagnée de Laure, conseillère municipale déléguée aux sports.

        • Thomas, artisan-musicien (designer de puzzles en bois) impliqué à Saint-Symphorien.

        • Jaime, musicien d’Uzeste et membre de l’association La Cigale et le Fournil à Sigalens.

          🎪 « Épicez-tout » : Deux jours de festival total

          Cet anniversaire a transformé Noaillan en un grand village culturel en continu :

          • Arts de la rue & spectacles : Balades contées le long du Ciron avec Jérémy Darracq, marionnettes géantes (Cie Les Voisins du Dessus), percussions corporelles de la Cie Sons de Toile et le spectacle Le jugement dernier du cochon (Cie du Polisson).

          • Concerts & Lives : Une affiche explosive mêlant la fanfare des Sous-Fifres de Saint Pierre, le rock de Johnny Montreuil, mais aussi Maggy Bolle, Sofaz, Rita Rita et des Dj sets nocturnes branchés.

          • Ambiance : Marché de créateurs, friperie, fanzines, restauration locale et camping gratuit.

            Merci aux Piments Masqués, aux bénévoles et aux festivaliers.

            1 hr 28 min
          • Disclosure Day : le nouveau Spielberg tend un miroir à notre humanité
            Disclosure Day : le nouveau Spielberg tend un miroir à notre humanité

            Cinéma · Le film de la semaine — 16 juin 2026

            Et si l’on vous apportait demain la preuve irréfutable que nous ne sommes pas seuls dans l’univers ? L’accepteriez-vous vraiment ? C’est la question vertigineuse que pose Disclosure Day, le nouveau film de Steven Spielberg, sur les écrans depuis le mercredi 10 juin.

            Associer Spielberg aux extraterrestres, et c’est aussitôt une petite voix intérieure qui ressurgit : celle qui donne envie de ressortir le BMX du garage pour filer guetter, dans la nuit étoilée, la première symphonie de lumières. « Spielberg, reviens maison ! » — tant cette veine fantastique est devenue, au fil des décennies, sa signature dans le cœur du public. Mais attention au contresens : Disclosure Day n’est ni un film d’invasion, ni une grande aventure de science-fiction spectaculaire.

            Un miroir tendu à notre humanité

            Spielberg se sert ici des extraterrestres comme d’un miroir. Le film semble nous rappeler ce que nous avons perdu en chemin, et qui fait pourtant de nous des êtres humains : l’empathie. Cette empathie mise de côté qui, paradoxalement, finit par nous rendre un peu étrangers à notre propre humanité.

            Le point de départ est limpide : une révélation mondiale annonce l’existence d’une intelligence extraterrestre. Mais le vrai sujet n’est pas ce que l’on découvre — c’est ce que nous en faisons. Spielberg ne se contente pas de dénoncer les mensonges ; il nous oblige à interroger nos propres certitudes. Sommes-nous réellement prêts à changer d’avis quand de nouvelles vérités émergent ?

            La vérité comme épreuve

            L’histoire de l’humanité est jalonnée de découvertes qui ont fait vaciller nos certitudes : la Terre délogée du centre de l’univers, l’évolution bousculant les croyances établies. À chaque fois, les mêmes réflexes : peur, résistance, division. Dans Disclosure Day, la vérité n’arrive pas comme une libération immédiate ; elle devient une épreuve. Certains l’accueillent, d’autres la redoutent ; pour les uns c’est une menace, pour les autres une réalité qu’il nous appartient d’affronter.

            C’est là que le film prend toute sa force : ce ne sont pas les extraterrestres qui menacent de nous détruire, mais notre incapacité à nous écouter les uns les autres.

            Et si la vraie rencontre, c’était nous-mêmes ?

            Visuellement, Spielberg retrouve ce sens du merveilleux qui irriguait déjà Rencontres du troisième type. Reste une question, à l’ère de l’intelligence artificielle : peut-on encore s’émerveiller devant des effets spéciaux ? À moins que la véritable rencontre ne se joue pas avec une autre forme de vie… mais avec nous-mêmes.

            Disclosure Day est donc moins un film sur les extraterrestres qu’un film sur nous : une invitation à dépasser nos peurs, nos préjugés et nos certitudes pour élargir notre regard sur le monde. Comprendre l’autre — qu’il soit humain ou non — est peut-être le premier pas vers une forme de maturité collective. Et quand le générique tombe, une dernière question demeure : sommes-nous vraiment prêts à connaître la vérité ?

            Le verdict tient en trois étoiles, pour un réalisateur qui nous avait habitués à en faire scintiller beaucoup plus dans le ciel étoilé. À découvrir au cinéma Grand Écran de Langon.

            Retrouvez la chronique de Laurent Goudet, « Le film de la semaine » sur tous les mercredis et vendredi dans la matinale, à 7h20 sur REM 98.4 FM, en partenariat avec le cinéma Grand Écran de Langon.

            4 min

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