REM 98.4 FM

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REM 98.4 FM episodes

  • Philippe Bourre : La Menuiserie au Sens Propre

    Philippe Bourre : La Menuiserie au Sens Propre

    La parole de Philippe Bourre a la texture d’un bois bien poncé : nette, franche, sans écharde. Chez cet artisan menuisier de Castets-en-Dorthe, point d’artifice sonore ni de discours fleuri. Sa voix, posée et limpide, semble calée sur le rythme organique de la forêt girondine qu’il chérit.

    L’Ancrage pour Boussole

    Ancien Bordelais, Philippe a trouvé sa véritable mesure en s’éloignant du tumulte urbain. Son engagement ne se lit pas sur des affiches, il se pratique au quotidien via La Gemme, la monnaie locale de la Gironde. Pour lui, utiliser cette devise solidaire n’est pas un choix militant, c’est une évidence technique : la suite logique d’un travail qui privilégie le voisin au lointain, et le lien à la transaction.

    La Sève du Territoire

    Lorsqu’il évoque le bois, Philippe ne parle pas de « matériau », mais de rencontre. Il y a d’abord le bambou, qu’il a appris à dompter dans la propriété familiale pour en faire un habillage contemporain et local. Il y a ensuite le « bois debout » — ces tranches de vie sylvestre récupérées chez les élagueurs du coin pour devenir des plateaux de table où chaque cerne raconte une histoire.

    Le Geste Juste

    Artisan indépendant sous l’enseigne PB Menuiserie, il incarne cette nouvelle garde de créateurs pour qui la réussite ne se mesure pas au volume, mais à la cohérence. Son atelier n’est pas seulement un lieu de fabrication ; c’est un maillon d’une résistance tranquille, où chaque meuble livré est une victoire pour l’économie circulaire.

    Écouter Philippe, c’est comprendre que la menuiserie, avant d’être une affaire de millimètres, est une affaire de bon sens. Un artisanat de l’essentiel, tout simplement.

    Un texte formulé par Simon Bordelais.

    5 min
  • Philippe Vigier : Le Souffle Jazz de la Bastide de Monségur

     Philippe Vigier : Le Souffle Jazz de la Bastide de Monségur

    À Monségur, les pierres ocres ont le silence des siècles, mais le cœur de la bastide, lui, bat la mesure. À la tête de ce métronome sentimental, on trouve Philippe Vigier. Pour ce président passionné, les 24 Heures du Swing ne sont pas qu’une parenthèse estivale : c’est le souffle vital d’un territoire qui a choisi la note bleue pour conjurer l’oubli.

    Dans le timbre de sa voix, on perçoit cette dualité propre aux bâtisseurs : une précision technique d’horloger et une chaleur profonde, presque terrienne. Philippe ne se contente pas de programmer du jazz ; il cultive la convivialitat. Son festival est une œuvre sociale qui a sauvé un cinéma, transfiguré un collège et soudé une communauté de bénévoles autour d’un idéal de partage.

    Le nom de « Vigier », dérivé du latin Vicarius, désigne historiquement celui qui représente l’autorité. Philippe incarne cette figure de protecteur avec une élégance discrète. Sous sa direction, Monségur devient une escale suspendue où les maîtres du piano cubain croisent les joueurs de fifre traditionnels. Il a réussi ce prodige : faire dialoguer les racines gasconnes avec l’universalité du saxophone.

    Quand vient le dimanche et que la « Messe Swing » s’élève sous les voûtes, Philippe Vigier contemple son œuvre. Entre le parfum des tilleuls et les vibrations du parquet de danse, il nous rappelle que le jazz, ici, est une forme de civilité. Un portrait de pierre et de rythme, où l’homme et la bastide ne forment plus qu’un seul et même accord parfait.

    Un texte formulé par Simon Bordelais.

    52 min
  • La Cabane du Vigneron : L’Art du Partage selon Sébastien Turtaut

     La Cabane du Vigneron : L’Art du Partage selon Sébastien Turtaut

    Au domaine Turtaut, la vigne ne se contente plus de produire du vin : elle invite à la confidence. Depuis 2021, Sébastien Turtaut a transformé un coin de terre introverti en un théâtre de convivialité : La Cabane du Vigneron.

    L’Audace de l’Ouverture

    Il a fallu de l’audace à Sébastien pour convaincre les anciennes générations que le bonheur, contrairement au dicton, ne gagne rien à rester caché. Entre respect des racines et soif de renouveau, il a fait ériger une cabane de bois blond au bord d’une source naturelle. Ce lieu n’est pas qu’une structure ; c’est le symbole d’un vignoble qui s’ouvre enfin au regard et au rire.

    La Parenthèse du Vendredi

    Chaque vendredi soir, le temps se suspend. Sous l’ombre des arbres, entre les rangs de vigne et le clapotis de l’eau, l’after-work devient un rituel sensoriel. Sébastien, avec une rigueur d’artisan dissimulée sous une chaleur naturelle, orchestre ces soirées où la musique, les planches de terroir et les cuvées du domaine fusionnent.

    L’Essence du Projet

    Plus qu’une simple guinguette, la Cabane est une réponse lumineuse à la rudesse du monde viticole. Sébastien y cultive une « pub positive », une manière de rappeler que le vin est, avant tout, un vecteur de lien humain.

    En pratique :
    Rendez-vous tous les vendredis dès 18h30 au Vignoble Turtaut. Une immersion bucolique où l’excellence du produit rencontre la simplicité du moment.

    Un texte formulé par Simon Bordelais.

    14 min
  • Guy-Arnaud Penet : Quand l’Estomac Digère nos Émotions

    Guy-Arnaud Penet : Quand l’Estomac Digère nos Émotions

    Chaque semaine, une voix s’invite avec une sérénité singulière. C’est celle de Guy-Arnaud Penet, alias Be Happy, kinésiologue à La Réole. Dans ses chroniques qu’il façonne et nous transmet avec la précision d’un artisan, il ne se contente pas de délivrer des conseils de santé : il traduit le langage oublié de notre corps.

    L’organe de l’acceptation

    Pour Guy-Arnaud, l’estomac est bien plus qu’un creuset chimique dédié à l’acidité gastrique. S’appuyant sur les principes de la médecine traditionnelle chinoise, il nous rappelle que ce « deuxième cerveau » est le premier réceptacle de nos tempêtes intérieures. Une contrariété non exprimée, une nouvelle brutale ou un stress chronique se muent instantanément en une boule au ventre physique.

    L’enseignement est limpide : nous ne digérons pas seulement des nutriments, mais aussi les événements de notre vie. Lorsque l’esprit ressasse, l’estomac sature.

    Une liturgie du quotidien

    Face à l’urgence de nos vies modernes, Guy-Arnaud propose une résistance par la conscience. Sa méthode repose sur des gestes simples, presque rituels, pour restaurer l’harmonie :

    • La Qualité : Privilégier le vivant et le naturel, moins éprouvants pour l’organisme.

    • La Temporalité : Redécouvrir la mastication et le calme, car la digestion commence dans la bouche, mais se nourrit de silence.

    • Le Souffle et le Mouvement : Utiliser la respiration pour désamorcer le stress avant le repas, et la marche pour masser naturellement nos organes internes.

      La Voix du Bien-Être

      À travers ses interventions, Guy-Arnaud Penet dessine un chemin vers une autonomie de santé. Il nous invite à ne plus subir nos inconforts, mais à les écouter comme des signaux d’alarme précieux. Sa voix, posée et bienveillante, agit elle-même comme un premier baume, nous rappelant que prendre soin de son ventre, c’est d’abord s’offrir la paix de l’esprit.

      5 min
    • Isabelle Pauly : L’Alchimie de la Parole et du Souffle

      Isabelle Pauly : L’Alchimie de la Parole et du Souffle

      Chaque semaine, Isabelle Pauly nous fait parvenir un fragment de calme, une chronique enregistrée dans l’intimité de son propre espace, qu’elle offre comme un contrepoint au tumulte du monde. Dans « L’instant Zen », sa voix ne se contente pas de porter un message : elle devient le médium d’une expérience sensorielle où le silence est aussi éloquent que le verbe.

      L’Archétype de la Tisseuse de Paix

      Isabelle Pauly est une exploratrice du « faire autrement ». Son moteur n’est pas la leçon magistrale, mais l’expérimentation intime. Lorsqu’elle confie son agacement face à un message reçu, on perçoit, dans l’inflexion même de son timbre, cette vulnérabilité assumée qui précède la force. Elle n’enseigne pas une sérénité de façade ; elle partage l’art de la pause, cette fraction de seconde où l’on choisit de ne plus être l’esclave de ses impulsions.

      Le Souffle comme Rupture de Lignée

      Le cœur de son récit touche à l’universel : l’héritage. Avec une élégance mélancolique, elle évoque ces ancêtres pris entre le silence et la colère. Isabelle se place à la croisée des chemins, là où la respiration devient un acte politique et familial. En revenant au corps, elle brise les cycles de violence pour instaurer la « courtoisie dans les paroles ». Sa prose orale, rythmée par une cadence apaisée, nous rappelle que le sourire n’est pas qu’une esthétique, mais une « technologie » biologique envoyant au cerveau le signal de la sécurité.

      La Solitude Partagée

      Il y a une poésie particulière dans le fait qu’Isabelle produise ces chroniques seule. Cette solitude choisie se ressent dans la proximité quasi physique qu’elle instaure avec l’auditeur. Elle ne parle pas à une audience, elle murmure à l’oreille de chacun la possibilité d’une libération. Son « Instant Zen » est une invitation à reprendre les rênes de notre propre narration intérieure, une respiration à la fois.

      13 min
    • En direct de l’Adgessa à Saint-Brice : artisanat, sourires et projets Erasmus
      En direct de l’Adgessa à Saint-Brice : artisanat, sourires et projets Erasmus

      Un grand bol d’air frais, de belles rencontres et surtout beaucoup d’humain. C’est le cocktail qu’on vous propose de revivre dans ce nouveau podcast enregistré en plein cœur des portes ouvertes de l’Adgessa, à Saint-Brice. Mathieu, Océane et toute l’équipe de REM ont posé leurs micros au milieu de cette véritable micro-société locale pour une après-midi mémorable.

      Derrière les murs de cette structure qui rassemble plus de 200 personnes, c’est tout un tas de savoir-faire qui s’exprime au quotidien. Monsieur Lussin, directeur de l’ADGESSA, nous a raconté la genèse de ces journées d’échange initiées en 2019. Du menuisier au cuisinier en passant par les soignants, chacun y trouve sa place pour s’épanouir. Et en bonus sonore ? Les notes joyeuses de l’école de musique de Sauveterre-de-Guyenne qui flottaient dans l’air tout au long du direct.

      Pendant l’émission, on a aussi fait un détour par le stand de la « Maison de Berneuilh ». Amandine Noriega y propose un concept unique qui nous a charmés : elle est à la fois vigneronne, éleveuse et apicultrice ! Elle nous a partagé sa passion pour les abeilles — un rêve de gosse devenu réalité avec aujourd’hui 70 ruches à son actif — et nous invite tous à lui rendre visite dans sa boutique à la Porte de Benauge.

      L’autre moment fort de ce direct, c’est notre rencontre avec l’association « Regards Étoilés ». Portée par des bénévoles et des soignants formidables comme Véronique, elle finance des moments d’évasion (sorties ciné, Bassin des Lumières) pour des enfants polyhandicapés. Leurs armes pour récolter des fonds ? De superbes créations faites main, du sac à tarte tendance aux doudous en crochet. Une initiative locale exemplaire à soutenir sans modération.

      Pour finir, place au voyage et aux souvenirs avec Rayan et Aurélie, tout juste rentrés de leur séjour Erasmus à Tàrrega, en Espagne. Entre le travail le matin (au ménage et à la lingerie) et la douceur de vivre espagnole l’après-midi, ils en ont pris plein les yeux. Un plateau qui s’est terminé dans l’inévitable bonne humeur de l’équipe, avec un petit tacle amical à Guillaume sur ses années de jeunesse passées dans une biscuiterie… On ne vous en dit pas plus, tout est dans l’audio !

      Installez-vous confortablement, montez le son et découvrez l’esprit de solidarité qui fait battre le cœur de notre région.

      54 min
    • Le Salon Nomade du Livre : L’Escale du Verbe à la Sauve-Majeure

      Le Salon Nomade du Livre : L’Escale du Verbe à la Sauve-Majeure

      Il est des rencontres qui s’écrivent dans la pierre avant de se confier au papier. À l’Abbaye de la Sauve-Majeure, Sandrine et Lisiane orchestrent un prodige : le Salon Nomade du Livre. Né du silence imposé par le monde, ce projet est une promesse d’errance et d’ancrage.

      L’Héritage de l’Asile

      Sandrine porte l’histoire comme une armure nécessaire. Elle rappelle que ce lieu fut, dès le XIe siècle, une « sauveté », une terre de refuge. Aujourd’hui, face à la désertification culturelle des campagnes, elle réactive cette vocation. Pour elle, le livre est le dernier rempart contre l’isolement, une main tendue au cœur de la ruralité.

      La Vibration du Lieu

      Lisiane, elle, écoute ce que les murs murmurent. Sa voix, empreinte d’une poésie sensorielle, décrit l’abbaye comme un partenaire « bavard et bienveillant ». Entre les colonnes séculaires, elle tisse une hospitalité sans cloisons, où le poète côtoie le romancier dans une fraternité de l’esprit. Le 14 juin, elle convie les visiteurs à une balade contée, véritable immersion où le rythme du pas s’accorde au souffle du jardin médiéval.

      Le Seuil de l’Audace

      Leur force réside dans une humilité vibrante. Elles avouent la crainte de ne pas être à la mesure de ce « phare de l’Entre-deux-Mers ». C’est pourtant cette fragilité qui invite au partage. Leur message est une exhortation : franchir le seuil, braver l’appréhension et entrer dans ce cocon de pierre pour y découvrir, peut-être, un nouveau monde.

      Le Salon Nomade n’est pas une simple date, c’est un asile de soie. Une parenthèse où la littérature redevient un acte de présence pure, une escale de lumière sous les voûtes de l’histoire.

      Un texte formulé par Simon Bordelais.

      22 min
    • Caumont : Le village de 140 âmes qui défie la distance

      Caumont : Le village de 140 âmes qui défie la distance

      À Caumont, 140 âmes habitent un paysage que l’on pourrait croire figé dans le temps. Pourtant, sous l’impulsion de son maire, Benjamin Malambic, le village vibre d’une modernité silencieuse et radicale. Ici, on ne subit pas la ruralité, on la sculpte.

      La Fibre et le Sillon

      D’un côté de la rue, la Maison des Projets. Ce n’est pas qu’un bâtiment de pierres rénovées, c’est une interface. Benjamin Malambic évoque avec un sourire audible cette « anomalie » délicieuse : un développeur web codant pour Seattle au milieu des collines gersoises. En dotant le village d’un tiers-lieu high-tech — où la visioconférence n’a rien à envier aux tours de la Défense — le maire a opéré ce qu’il appelle le « pas de côté ». Sa voix, posée, trahit une satisfaction profonde : celle d’avoir transformé l’isolement en privilège. Travailler à Caumont, c’est choisir la pulsation du monde sans renoncer à la lisière des champs.

      Le Goût du Juste

      Face au numérique, le retour à la terre. L’épicerie participative des Épiculteurs incarne l’autre versant de sa vision. Ici, l’économie est remise à l’endroit : pas d’intermédiaire, un prix souverain pour le producteur et une application, Mon Épi, pour orchestrer la solidarité. Benjamin Malambic ne parle pas en gestionnaire froid, mais en facilitateur d’utopies concrètes. Pour lui, Caumont est un « territoire test », un laboratoire de résilience où l’on réapprend à consommer au rythme des saisons et de l’engagement bénévole.

      L’Audace du Job Fait

      Le 21 juin, lors d’une double inauguration symbolique, le ruban coupé ne célébrera pas seulement des murs, mais une victoire psychologique. En un mandat, Benjamin Malambic a prouvé que la petitesse géographique n’est jamais une limite à l’ambition politique.

      Son récit est celui d’une ruralité qui cesse de s’excuser d’exister pour devenir un modèle. À Caumont, l’avenir ne s’attend pas, il s’inaugure en musique, entre un écran 4K et un panier de légumes locaux, avec la certitude tranquille que le progrès a enfin trouvé son port d’attache.

      Un texte formulé par Simon Bordelais.

      15 min
    • François et Alexandra : L’Éthique au Cœur du Champ

      François et Alexandra : L’Éthique au Cœur du Champ

      À Cocumont, là où la terre du Lot-et-Garonne s’unit à l’horizon girondin, François et Alexandra ne se contentent pas de cultiver : ils honorent un héritage tout en le bousculant. Sur les terres familiales, leur projet, Le Bio de Paco et Alex, dessine le nouveau visage d’une paysannerie éclairée.

      L’Ancrage de François
      François porte en lui la force tranquille de ceux qui connaissent le poids de la terre. Sa voix, profonde et posée, trahit un attachement viscéral à la lignée. Pour lui, la tomate est un emblème, un souvenir d’enfance qu’il a choisi d’élever au rang d’exigence. En délaissant le conventionnel pour le biologique et le « plein champ », il accepte la vulnérabilité face aux éléments pour sauver l’essentiel : le goût et l’intégrité du sol. Ses mains, il les veut dans la terre, loin de l’artifice des serres industrielles.

      La Douceur d’Alexandra
      À cette rigueur tellurique, Alexandra répond par une fluidité aérienne. Herboriste en devenir, elle transforme les simples en remèdes et en délices. Son discours est une invitation au soin ; ses sirops et tisanes ne sont pas de simples produits, mais une réponse éthique à l’uniformité des rayons de supermarché. Elle apporte à la ferme cette dimension de « santé globale », transformant la récolte en un dialogue bienveillant avec ceux qui la goûtent.

      Le Cercle de la Confiance
      Leur union dépasse le cadre de la ferme pour embrasser celui du territoire. En adoptant la Gemme, la monnaie locale, ils ferment la boucle d’une économie de conscience. Pour ce couple, l’argent doit rester un outil de lien, irriguant les réseaux locaux plutôt que de s’évaporer dans l’impersonnel.

      François et Alexandra sont les gardiens d’un équilibre rare : celui où la sueur du labeur se mêle à la subtilité des parfums, pour offrir une terre plus digne à ceux qui la foulent.

      Un texte formulé par Simon Bordelais.

      10 min
    • Martine Ralu : L’Occitan, l’avenir bilingue à l’école

      Martine Ralu : L’Occitan, l’avenir bilingue à l’école

      Dans le studio d’REM, la voix de Martine Ralu s’élève avec une clarté habitée. Présidente de ÒC -BI, elle ne vient pas défendre un folklore, mais une architecture de l’esprit. Son propos, précis et mélodique, transforme la défense de l’Occitan en un projet de modernité bilingue.

      L’Équilibre du Geste

      Le profil narratif de Martine Ralu est celui d’une passeuse de haute précision. Sa parole est une boussole : elle navigue avec une aisance rare. On perçoit dans ses intonations une ténacité feutrée, une diplomatie du cœur qui refuse de voir la langue d’oc réduite à un vestige. Pour elle, l’Occitan est un « muscle cognitif », une fenêtre ouverte sur l’altérité dès le plus jeune âge.

      Le Combat de la Proximité

      Face à l’inertie institutionnelle, Martine Ralu oppose la force des chiffres et l’évidence du terrain. Elle évoque avec une lucidité calme les réticences de l’Éducation Nationale, tout en célébrant l’engouement des parents à Verac ou ailleurs. À travers l’initiative « Famille en Lenga », elle ne se contente pas d’enseigner ; elle recrée du lien. Elle transforme des noms de lieux et des rituels quotidiens en un patrimoine vivant, réapproprié par les enfants et leurs familles.

      Une Modernité Plurielle

      Martine Ralu ne regarde pas le passé, elle construit des horizons. Son combat est celui de la diversité contre l’uniformisation. Sous sa direction, l’enseignement bilingue devient un outil de tolérance et d’éveil. Elle nous quitte sur une conviction vibrante : l’Occitanie de demain se joue aujourd’hui, dans le murmure d’une salle de classe où l’enfant apprend à conjuguer ses racines au futur.

      Un texte formulé par Simon Bordelais.

      56 min

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