
Sign up to save your podcasts
Or


Lætitia Nomen : La Photothérapie pour se Réconcilier
Tout commence par un Kodak jetable dans la blancheur des Alpes. De cette enfance, Lætitia Nomen a gardé le goût de l’instant suspendu. Mais si elle a longtemps cherché la sécurité dans le silence des paysages et la précision de la macro, c’est aujourd’hui dans les replis de l’âme humaine qu’elle déploie son talent.
Il aura fallu l’énergie de New York et la poésie des mariages champêtres pour que Lætitia franchisse la distance. Elle y a découvert un pouvoir singulier : celui de se faire oublier. En gravitant avec discrétion autour de ses sujets, elle a appris à capter l’émotion brute, celle qui surgit quand les masques tombent. Sa voix, d’une chaleur enveloppante, trahit sa véritable mission : transformer l’objectif en un outil de guérison.
« Je ne suis pas photogénique. » Contre ce verdict que tant de femmes s’infligent, Lætitia dresse un rempart d’empathie. Devenue psychopraticienne pour donner une assise thérapeutique à son art, elle ne cherche pas la perfection glacée, mais la vérité des êtres. Une séance chez elle commence toujours loin du studio : autour d’un café, dans l’écoute des histoires que les corps racontent — les doutes, les métamorphoses, les cicatrices du temps. Elle ne gomme rien, elle illustre.
Le point d’orgue de son travail survient lors du visionnage. C’est le moment du « Wow, c’est moi ! ». Dans ce cri du cœur, ses clientes ne découvrent pas une étrangère sublimée, mais leur propre lumière, enfin acceptée. Lætitia Nomen ne transforme personne ; elle permet simplement à chacune de se reconnaître, de se réconcilier et, enfin, de s’aimer.
Un portrait sous son regard n’est pas une simple image. C’est une réparation.
Un texte formulé par Simon Bordelais.
Sophie Monchany et Sophie Jolivet-Galy ont fondé en septembre 2025 l’association « Les Tortues », dédiée aux personnes touchées par la fibromyalgie, les douleurs chroniques et la neuroatypie. Elles étaient les invitées de la matinale de REM Radio.
La fibromyalgie, c’est des douleurs diffuses dans tout le corps, des raideurs matinales, un brouillard mental intense, un sommeil non récupérateur et des effondrements émotionnels. Pas de médicament, pas de traitement miracle. Un syndrome complexe qui touche majoritairement des femmes — 80 % des cas — souvent après des années d’hypersensibilité non identifiée, voire plusieurs burn-outs encaissés sans s’arrêter. « Le corps monte le gain jusqu’à se dérégler complètement et interpréter tout comme un danger », résume Sophie Jolivet-Galy.
Le nom « Les Tortues » n’est pas un hasard : il parle de carapace, de sagesse et de rythmes différents. Deux trajectoires se sont croisées pour fonder l’association. Sophie Jolivet-Galy, diagnostiquée il y a quatre ans après des années de symptômes non nommés, a expérimenté sur elle-même alimentation anti-inflammatoire, régulation émotionnelle, naturopathie et neurofeedback dynamique avant d’accompagner d’autres personnes. Sophie Monchany, ancienne manager reconvertie en sophrologue et praticienne de l’ennéagramme après un licenciement, témoigne d’une amélioration nette depuis qu’elle est accompagnée : « Il y a un an et demi, j’étais dans un état très différent. »
L’association propose des ateliers dans un local mis à disposition par la mairie de La Réole, place des Jacobins. À partir de septembre 2026, un parcours d’accompagnement en ligne sera disponible à l’échelle nationale, avec des séances de coaching de groupe hebdomadaires en visio. Objectif : permettre à celles et ceux qui ne peuvent pas se déplacer de bénéficier du même suivi. Les Tortues ne s’adressent pas uniquement aux personnes fibromyalgiques — les profils neuroatypiques ou « les lièvres du ciboulot » sont également les bienvenus.
Dans un territoire rural comme l’Entre-Deux-Mers, l’isolement des personnes touchées par des maladies invisibles est une réalité quotidienne. Difficultés à se déplacer, incompréhension de l’entourage, précarité économique liée à l’impossibilité de travailler à plein temps : les conséquences vont bien au-delà du corps. L’émergence d’une association comme Les Tortues, ancrée localement et ouverte à la dimension numérique, répond à un besoin réel. Une première étape concrète est proposée dès le dimanche 31 mai à Saint-Pierre-d’Aurillac, lors du Cœur en Réolais : un parcours spécial d’un kilomètre sur du plat, conçu pour les personnes douloureuses chroniques, et un stand dédié à l’alimentation anti-inflammatoire avec dégustations et guides téléchargeables.
Interview réalisée en studio à Sauveterre-de-Guyenne. Association Les Tortues — page Facebook : « Les Tortues« . Local : place des Jacobins, La Réole.
Article formulé par Mathieu ROMAIN
Axel : L’art de la fleur éthique au Jardin des Carmes
À Langon, la Place des Carmes abrite un refuge où le temps ne presse plus : il s’aligne sur la sève. C’est ici qu’Axel, d’une voix posée dont le calme trahit une détermination profonde, cultive une vision rare de la botanique urbaine.
Reprendre Le Jardin des Carmes n’était pas pour Axel un simple projet commercial, mais une suite logique. Ancien client fidèle, il a fait sienne cette adresse historique pour en devenir le gardien. Son approche ? Une fidélité absolue au cycle des saisons. Chez lui, la fleur ne voyage pas par avion ; elle pousse à quelques kilomètres, cueillie par des producteurs locaux qui partagent son amour de la terre.
L’engagement d’Axel se lit dans la précision de ses compositions, mais aussi dans sa caisse. En intégrant la Gemme, la monnaie locale, il réaffirme que chaque pétale vendu doit nourrir l’économie de son territoire. Qu’il s’agisse d’un abonnement pour un cabinet médical ou d’un bouquet de cérémonie, l’intention reste la même : offrir une beauté qui a du sens.
Le Jardin des Carmes n’est pas qu’une boutique, c’est une galerie. Axel y brise les cloisons entre l’art floral et les arts plastiques, exposant des artistes locaux au milieu des fougères et des roses. On y entre pour un parfum, on s’y attarde pour une toile.
Dans ce sanctuaire de la rive gauche, Axel prouve que l’artisanat, lorsqu’il est porté avec une telle sobriété et une telle exigence, devient une forme de résistance poétique. Une escale indispensable pour qui cherche, sous la corolle, la vérité du terrain.
Un texte formulé par Simon Bordelais.
Salvéo : Le mouvement au service de la vie par Julien Castagnet
Il y a huit ans, Julien Castagnet a fait un pari que beaucoup jugeaient audacieux : implanter un sanctuaire de sport et de santé en pleine ruralité. Aujourd’hui, Salvéo n’est plus un projet, c’est un écosystème. Avec 600 adhérents, ce n’est pas seulement une salle que Julien dirige, c’est un refuge où le mouvement soigne et où la solidarité donne du sens à l’effort.
Julien possède cette voix posée, typique de ceux qui savent observer avant d’agir. Pour lui, le sport ne se résume pas à la performance brute. Chez Salvéo, tout commence par le silence : une écoute attentive de chaque parcours, de chaque fragilité. Labellisé « Maison Sport Santé », l’établissement accueille aussi bien les adolescents en quête de repères que les aînés ou les personnes portantes de pathologies chroniques. Ici, l’activité physique est une prescription de bien-être, un dialogue entre le corps et la volonté.
Entre l’intensité du cardio et la sérénité de l’espace balnéo, Julien Castagnet a dessiné un lieu à son image : équilibré, exigeant et profondément humain. Salvéo n’est pas qu’une enseigne, c’est la démonstration qu’avec de la passion et une écoute sincère, on peut faire battre le cœur d’un territoire tout entier.
La Passem : Le souffle de l’Occitan en plein cœur de la Gascogne
Dans le studio REM, l’atmosphère est au recueillement joyeux. Beatrice Tastet et Patrick Lespes ne viennent pas seulement rapporter les chiffres d’une course ; ils viennent livrer le récit d’une respiration retrouvée. Pour ces deux figures de la culture gasconne, La Passem est bien plus qu’un défi sportif : c’est une pulsation vitale qui a traversé la Gascogne sur 1100 kilomètres.
Au cœur de leur récit trône le Ligam, ce témoin de bois qui circule de main en main. Patrick Lespes en parle avec une déférence presque sacrée. Pour lui, transmettre ce morceau de bois, c’est passer un flambeau linguistique. Sa voix, posée et chaleureuse, souligne l’importance de cet acte : chaque kilomètre est un cri contre le silence, une pierre posée sur l’édifice d’une mémoire qui refuse l’oubli.
Beatrice Tastet, elle, incarne la ferveur des étapes nocturnes. Elle évoque avec une émotion palpable ces coureurs de l’ombre, ces visages éclairés à la lampe frontale, et cette solidarité qui naît quand le bitume rencontre le verbe. Dans ses mots, on entend le rythme des foulées et le bruissement des encouragements en occitan qui déchirent la nuit girondine.
Leur portrait est celui de passeurs infatigables. Ils racontent ce « secret » contenu dans le Ligam, un message rédigé par l’occitaniste Dani Daubadié, qui rappelle que la langue ne vit que si elle circule, se chante et se transmet aux enfants. À travers leurs anecdotes — comme ce cycliste de 77 ans escortant le relais en pleine nuit — Beatrice et Patrick révèlent l’archétype de leur engagement : la langue n’est pas une relique, c’est une énergie cinétique.
Ils ne se contentent pas de sauvegarder un idiome ; ils le remettent en marche. La Passem, sous leur impulsion, devient une épopée populaire où l’universel se niche dans le singulier de chaque village traversé. En quittant le micro, l’image qui reste est celle d’une Gascogne debout, fière et endurante, courant non pas après son passé, mais vers son futur.
Adishatz
Un texte formulé par Simon Bordelais.
Bacchus en Musique : L’Éveil Lyrique de l’Église
Dans le silence des paysages du Sud-Gironde, l’église Saint-Martin impose sa carcasse de pierre, majestueuse mais fragile. C’est ici, sous ces voûtes qui attendent un souffle nouveau, que Thierry Wellhoff a choisi de faire résonner l’inattendu. Avec « Bacchus en Musique », il ne propose pas seulement un concert ; il orchestre une rencontre entre la terre et le ciel.
Thierry n’est pas un dévot de l’opéra de salon. Sa voix, empreinte d’une chaleur humble et d’une précision tranquille, trahit l’homme qui a découvert le lyrique par effraction, un soir en Italie. Ce souvenir de Rossini, vif comme une première gorgée de vin, est devenu son moteur. Son profil narratif est celui du Passeur de Sensations : il veut briser le cristal des préjugés pour rendre l’aria aussi accessible qu’un verre de rouge partagé.
L’idée est aussi audacieuse que sensorielle. Faire dialoguer les solistes de l’Opéra National de Bordeaux avec les crus locaux. Thierry parle du vin avec une musicalité qui lui est propre : il évoque le « vin de glace » avec la révérence qu’on accorde à une note tenue, cristalline et rare. Sous sa direction, le programme devient une narration liquide, où Offenbach et Verdi s’invitent à la table des vignerons.
L’entretien révèle une force sereine. Thierry ne sollicite pas la charité pour cette église ; il propose une célébration. À travers sa prosodie calme et ses silences habités, on devine l’acoustique vibrante de Saint-Martin avant même que le piano ne l’éveille. Il transforme le mécénat en épicurisme : restaurer le patrimoine n’est plus un devoir, c’est une fête.
Le 30 mai ; ce sera le théâtre d’une harmonie retrouvée. Entre un contre-ut et une dégustation, Thierry Wellhoff nous invite à un acte de résistance poétique : celui de sauver la pierre par la joie.
Un texte formulé par Simon Bordelais.
Mush Gironde : L’Art de Marcher à l’Unisson du Chien
Dans l’étymologie inuite, « Mush » signifie marcher. Pour Nicolas Mary, fondateur de Mush Gironde, ce mot n’est pas un ordre, c’est une philosophie de l’altérité. Depuis vingt-cinq ans, cet homme au verbe calme et à la passion chevillée au geste ne se contente pas de diriger des attelages : il traduit le silence des chiens nordiques pour les humains en quête de sens.
Nicolas l’affirme avec une sérénité qui force le respect : le Husky sibérien possède un libre arbitre souverain. Il ne se soumet pas, il collabore. « Si vous n’êtes pas fiable, il se désintéresse de vous. » Cette sentence, livrée avec la précision d’un artisan, définit le cœur de sa pratique. Le chien devient un miroir psychologique brutal et salutaire. Il exige de l’humain une cohérence totale, une présence véritable. On ne triche pas avec l’instinct.
Au-delà de l’adrénaline du cani-VTT ou de la technicité du cani-cross, Nicolas s’investit dans le « sport-santé ». Pour la Fédération Française de Cardiologie, il transforme la randonnée en une thérapie par le mouvement. Ici, le chien est un moteur émotionnel. Son absence de jugement et sa force de traction constante invitent celui qui souffre ou qui doute à se remettre en marche. C’est une leçon de résilience par le lien : être tiré vers l’avant par un être qui ne connaît que l’instant présent.
Loin de l’industrie du loisir, l’expérience Mush Gironde se veut confidentielle. Nicolas privilégie les séances privatisées, créant une bulle de complicité entre l’homme, l’animal et la forêt. Dans le souffle court des chiens et le craquement des sous-bois, il guide ses hôtes vers une osmose rare.
Marcher avec Nicolas Mary, c’est accepter de perdre un peu de contrôle pour gagner en humanité. C’est redécouvrir que la plus belle des trajectoires est celle que l’on dessine à deux, au rythme d’un cœur à quatre pattes.
Un texte formulé par Simon Bordelais.
Isabelle Pauly : La Voie de la Douceur Intérieure
Seule face à son micro, Isabelle Pauly ne se contente pas d’enregistrer une chronique ; elle sculpte le silence. Sa voix, souffle de soie déposé sur les ondes de REM, invite à une révolution de l’intime.
Pour elle, la spiritualité n’est pas une cime lointaine, mais une archéologie du quotidien. Sous nos conditionnements et nos impatiences se cache une « essence » de douceur que nous oublions de cultiver. Isabelle nous ramène à l’essentiel : la micro-conscience du geste. Comment referme-t-on une porte ? Avec quelle délicatesse pose-t-on une tasse ?
À travers ses silences habités, elle nous rappelle que la rudesse — un klaxon impatient, un talon qui claque — est le signe d’une âme qui s’étiole. Elle nous propose une alternative radicale : la gentillesse comme discipline et le respect de soi comme ancrage. En nous invitant à ralentir, Isabelle Pauly transforme chaque mouvement banal en une liturgie de la bienveillance, nous prouvant que la paix commence par la manière dont nous habitons nos mains.
Guy-Arnaud Penet : Le Maître du Cœur, Bouclier de l’Âme
Dans ses chroniques qu’il cisèle avec la précision d’un orfèvre, Guy-Arnaud Penet n’enseigne pas : il éveille. Sa voix, au rythme calé sur celui d’une respiration profonde, nous guide vers une anatomie invisible, celle de la Médecine Traditionnelle Chinoise. Cette semaine, il nous confie les secrets du Maître du Cœur.
Là où l’Occident ne voit qu’une membrane, Guy-Arnaud Penet révèle une fonction sacrée. Le Maître du Cœur est le protecteur de l’esprit, le gardien du Shen. Avec une élégance sobre, il nous dépeint ce « péricarde énergétique » comme un bouclier qui filtre le tumulte du monde. C’est lui qui encaisse les deuils, les stress et les colères pour préserver l’étincelle de joie qui réside en chacun de nous.
L’expertise de Guy-Arnaud réside dans ce passage fluide de la métaphore à la chair. À travers le tracé d’un méridien qui court de la poitrine jusqu’au bout des doigts, il nous apprend à dénouer ce « cœur serré » qui nous opprime. Sa prose, à l’image de son conseil final — un lumineux « Be happy » —, agit comme un baume. Il nous rappelle que l’équilibre n’est pas l’absence de tempête, mais la présence d’un gardien vigilant à nos côtés.
Mélisa Maillié : L’alchimie sensible de « Cuire à cœur »
Il est des artistes qui n’habitent pas seulement la scène, mais qui l’enchantent. Mélisa Maillié appartient à cette lignée rare. Son spectacle, « Cuire à cœur », est une invitation où la sensualité des mots s’unit à l’odeur réconfortante de la pâte à crêpes. Ce vendredi 29 mai, à Sauveterre-de-Guyenne, elle ne se contentera pas de chanter ; elle se livrera.
L’idée est aussi poétique qu’audacieuse : Mélisa cuisine sur scène. Ce geste domestique n’est pas un artifice, mais une clé psychologique. En occupant ses mains au rythme des galettes qui dorent, elle court-circuite le mental. « Par la contrainte vient la liberté », confie-t-elle. Dans ce « faire » quotidien, le jugement s’efface, laissant l’âme s’envoler sans entrave. Le mental surveille la cuisson, tandis que le cœur libère la note.
Accompagnée par la complicité lumineuse du pianiste Xavier Duprat, Mélisa navigue entre les eaux de la chanson française et les sommets du lyrique. Elle possède une voix ductile, capable de briser les codes. Passer d’une composition intime à un air de la Traviata n’est pour elle qu’un seul et même mouvement : celui de la quête de justesse.
Ancienne professeure des écoles ayant choisi le vertige de la création, Mélisa cultive l’éphémère. Elle sait que la magie d’un soir, faite de silences partagés et de vibrations communes, ne se capture pas en vidéo. C’est là toute la beauté de sa démarche : proposer une expérience qui ne se regarde pas, mais qui se respire.
Aller à la rencontre de Mélisa Maillié, c’est accepter de voir tomber les masques. C’est se laisser porter par une voix qui a trouvé son ancrage, entre la chaleur d’un foyer et l’immensité de l’opéra. Une artiste vraie, tout simplement.
Un texte formulé par Simon Bordelais.
From the publisher's feed