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Le Gospel vibrant de Marylène Olivier
Le Gospel ne se chante pas, il se vit. Le 25 avril prochain, l’église de Hure vibrera au rythme des Soul Grapes Singers, un ensemble de 22 voix dirigé avec ferveur par Marylène Olivier. Plus qu’un concert, c’est une promesse de « Bonne Nouvelle » que ce chœur s’apprête à partager.
Marylène Olivier ne se contente pas de diriger ; elle habite sa musique, menant le chœur depuis son piano dans une symbiose rare. À ses côtés, des choristes comme Virginie, ancienne chanteuse de variété métamorphosée par la puissance du Gospel. Pour elles, cette musique dépasse la religion : c’est un langage universel de bienveillance, une déflagration d’amour qui relie les êtres.
Soutenu par une basse et une batterie, le groupe explore un répertoire singulier. Des racines afro-américaines aux pépites contemporaines venues d’Afrique, le voyage est total. Le point d’orgue ? « Wake Up Sleeper », une composition originale de Marylène. Un hymne au réveil des sens qui risque de faire trembler les murs de pierre de l’église de Hure.
Léonore Chaplain : La Métamorphose par la Soie Japonaise
Pendant deux décennies, la vie de Léonore Chaplain s’est écrite en colonnes et en chiffres. Secrétaire comptable, elle habitait le silence abstrait des bureaux, loin du fracas de la matière. Mais dans cette famille d’artisans où l’on sculpte, pétrit et tisse. Par une méthode de soustraction radicale — définir ce qu’elle ne voulait plus pour enfin deviner qui elle était — Léonore a lâché les tableurs pour les étoffes.
Sa passion a un nom : l’Obi. Cette ceinture de soie japonaise, longue de quatre mètres et chargée d’histoire, est devenue son terrain d’expression. Mais Léonore ne se contente pas de coudre ; elle honore. Refusant l’à-peu-près, elle a passé son CAP couture à la Philomatique de Bordeaux pour offrir à ces soies séculaires une technicité à la hauteur de leur noblesse. Sa voix, autrefois vouée à la rigueur administrative, vibre aujourd’hui d’une précision nouvelle lorsqu’elle évoque le « beau geste » et la chute d’une aiguille sur un fil métallisé.
Sous sa marque Tsukimi (« contempler la lune »), elle transforme le sacré en usuel. Les soies de kimonos deviennent des pochettes, des bandeaux ou des housses d’ordinateurs. L’idée est d’une simplicité désarmante : injecter une dose de beauté pure dans la banalité des jours. Un simple regard sur le reflet changeant d’une broderie suffit à enchanter une séance de travail.
Léonore ne se contente pas de recycler des tissus ; elle retisse son propre destin. Entre ses mains, le passé impérial du Japon rencontre la modernité bordelaise, et le lapin lunaire de son logo semble enfin avoir trouvé son foyer : là où la main et l’esprit ne font plus qu’un.
Le Caboulot : L’Escale Gourmande et Engagée de Saint-Macaire
Sur les routes sinueuses du Sud-Gironde, Antoine continue de débusquer les visages qui font vibrer notre territoire. Cette fois, il pose son micro à Saint-Macaire, au Caboulot, une adresse où la pierre ancienne s’anime d’un souffle résolument moderne.
Derrière le nom du Caboulot, on découvre Sonia et Jo. Leurs voix, complices et passionnées, dessinent un projet qui dépasse la simple assiette. Ici, la cuisine est un geste : familial, généreux, et ancré dans le sol girondin. On y travaille le produit de saison, celui qui a une histoire, pour offrir une gastronomie accessible à tous les budgets, sans jamais transiger sur la qualité.
Pour Sonia et Jo, la proximité n’est pas un slogan, c’est une pratique. En rejoignant le réseau de la GEMME (Gironde Économie Locale), elles transforment l’acte d’achat en un acte de solidarité. « Une proximité de valeurs », disent-elles.
Plus qu’un bistrot, Le Caboulot est un tiers-lieu vivant. Entre les jeux pour enfants, les expositions d’artistes locaux, le temps s’y suspend. Dès le mois de mai, les soirées s’allongeront avec des moments « apéro-grignotage » pour savourer la douceur des soirées macariennes.
L’agenda d’Antoine : Notez bien le dimanche 19 mai dès 18h. Anne et Fabrice viendront faire vibrer les murs du Caboulot. Une escale indispensable pour quiconque cherche de la chaleur et du sens.
L’Éclat du Verbe d’Oc : Thierry Parsat, Passeur de Sève
Le temps n’est plus une ligne droite, mais un cercle chaleureux. Quand Thierry Parsat s’empare du micro, ce n’est pas seulement une voix qui s’élève, c’est tout un monde qui s’anime. Membre du groupe Igor et conteur à la présence tellurique, il incarne cette « sentinelle » capable de transformer le silence en un théâtre de souvenirs.
Thierry ne raconte pas l’histoire, il la fait respirer. Sa voix, au grain boisé et à l’autorité naturelle, convoque immédiatement l’odeur âcre de la poussière de craie et le parfum entêtant de la gomme neuve. Dans son récit de « l’Instituteur », on entend presque le crépitement du poêle en fonte et le frottement des plumes Sergent-Major sur le papier. À travers ses silences maîtrisés, il révèle l’invisible : ce sourire fugace derrière une moustache de tabac, ce regard qui pèse plus que les mots.
Mais ce portrait est aussi celui d’un collectif. Autour de lui, la précision chirurgicale de Joan Rigouste sur l’origine des noms et l’énergie motrice de Beatritz TASTET pour « La Passem » dessinent une identité en mouvement. Ici, la langue occitane n’est pas une relique, mais un muscle. Elle se court, se chante, se décortique avec une passion qui refuse l’effacement.
L’article se referme sur les notes du « Chant des Canuts ». La musique d’Igor agit comme un trait d’union entre la révolte passée et la ferveur présente. La prose se fait alors écho de la prosodie de l’invité : vive, imagée, profondément humaine.
Thierry Parsat et l’équipe d’« Adissiatz Planet » ne font pas que de la radio ; ils tissent le linceul de l’ancien monde pour en faire le berceau du nouveau. Un voyage où l’on entre par l’oreille et d’où l’on ressort, le cœur ancré dans la terre et la tête dans les étoiles.
Monségur-Paris : Un voyage au cœur de la mémoire
Dans le studio, deux voix s’unissent pour raconter un projet qui dépasse les murs de la classe. D’un côté, Anne-Laure Méchenin, professeure d’histoire-géographie au collège de Monségur depuis vingt-quatre ans. Elle porte en elle cette flamme intacte des grands pédagogues, ceux qui transforment les dates en destins. De l’autre, Linévio Houdayer, élève de troisième, dont la maturité tranquille témoigne de l’importance du passage qu’il s’apprête à vivre.
L’énergie de Anne-Laure Méchenin est celle d’une bâtisseuse. Son ambition est de mener quarante-sept élèves vers un Paris de réflexion. Pour elle, l’histoire ne se lit pas, elle se ressent : au Panthéon, pour y saluer l’ombre de Jaurès ou de Badinter ; au Mémorial de la Shoah, pour affronter l’indicible et comprendre l’humain. Sa force est l’inclusion : du handicap à la précarité, aucun élève de Monségur ne restera sur le quai.
Linévio, lui, est le visage de cette jeunesse qui interroge ses racines. Passé du béton de la Seine-Saint-Denis à la douceur du Lot-et-Garonne, il aborde ce voyage avec une curiosité grave. Ayant déjà exploré la Résistance par le biais du jeu de rôle, il s’apprête à quitter le virtuel pour fouler le sol où l’histoire s’est écrite.
Le voyage est pensé comme un rite. Les nuits en bus ne sont pas des contraintes, mais le socle d’une camaraderie fraternelle. Entre les ateliers sur les mutations de l’antisémitisme et les dorures de l’Assemblée nationale, ces adolescents vont toucher du doigt la réalité de leur citoyenneté. C’est ici, entre Monségur et la capitale, que se forge leur regard sur le monde.
Parce que transmettre a un coût, Anne-Laure Méchenin et ses élèves ont ouvert une « Trousse à projets ». Plus qu’une collecte de fonds, c’est une invitation lancée aux citoyens pour soutenir l’éclosion de ces jeunes consciences.
Fin mai, les élèves de Monségur ne monteront pas seulement dans un car pour Paris. Ils s’engageront dans un voyage vers eux-mêmes, guidés par la passion d’une enseignante et la promesse d’un avenir éclairé par le passé.
Cédric Vergnaud : Le Gardien de la Grotte Célestine
Sous les pavés de Rauzan, en Gironde, coule un secret de calcaire et de cristal. Pour le découvrir, il faut suivre Cédric Vergnaud. Responsable et « guide résident » de la Grotte Célestine depuis avril 2024, cet homme au regard paisible ne se contente pas de diriger un site : il en est le traducteur.
Le parcours de Cédric est une leçon de résilience. Brisé par un accident en 1999, il passe une décennie dans le silence lourd de la logistique avant de retrouver sa vocation : la transmission. De ses années à porter le poids du monde en surface, il a gardé un respect sacré pour la fluidité. Aujourd’hui, il troque les cartons contre l’eau translucide de la seule rivière souterraine aménagée du département.
Descendre à treize mètres sous terre n’est pas, pour lui, une fuite, mais une forme de vérité. « On redevient un enfant », glisse-t-il. Entre les parois millénaires, le rituel des bottes et du casque devient une cérémonie. Là, devant une colonne de pierre vieille de dix mille ans, le temps s’arrête. Cédric veille sur cette croissance invisible, là où une simple goutte d’eau suspendue porte en elle l’effort des siècles.
Récemment honorée d’une étoile au Guide Vert Michelin, la Grotte Célestine brille désormais d’un éclat nouveau. Cédric y apporte une touche d’insolite, mêlant la rigueur scientifique à la culture populaire. Le 4 mai prochain, les parois d’ombre accueilleront l’univers de Star Wars : un pont jeté entre les mythes galactiques et la réalité géologique.
Protecteur d’un sanctuaire fragile, Cédric Vergnaud incarne ce lien rare entre l’humain et l’immuable. À travers sa voix, la Grotte Célestine ne se contente plus d’être une curiosité géologique ; elle devient une expérience sensorielle, un voyage au cœur du monde, là où le murmure de l’eau raconte notre propre histoire.
Isabelle Pauly : L’Alchimie du Calme au Quotidien
Chaque semaine, une présence s’invite sur les ondes de REM, sans fracas. Isabelle Pauly enregistre seule son « Instant Zen », une capsule de lucidité qu’elle livre comme une confidence. Sa voix, au grain satiné et au rythme suspendu, n’est pas qu’un support d’information : c’est un instrument de régulation nerveuse.
Le moteur d’Isabelle est la déconstruction de nos automatismes. Elle explore ces moments où l’esprit s’emballe — une rancœur qui s’étire, un regard mal interprété, une colère que l’on nourrit comme un feu inutile. Son approche est celle d’une phénoménologie du quotidien : elle ne juge pas l’émotion, elle l’observe. Par ses mots, elle nous apprend à voir la « petite fille » blessée ou le « battant » orgueilleux qui s’activent en nous, non pour les blâmer, mais pour s’en libérer.
Ce qui rend la chronique d’Isabelle Pauly unique, c’est son refus de l’abstraction. Pour elle, la paix se gagne dans les pieds, dans le ventre, dans la respiration. Elle nous ramène sans cesse à la géographie de notre propre corps.
Sa force réside dans cette invitation finale, presque subversive : sourire, même sans envie. Ce n’est pas un masque, mais un acte volontaire de rééquilibrage, une main tendue vers soi-même. Dans la solitude de son studio d’enregistrement, Isabelle Pauly tisse un lien universel, rappelant à chaque auditeur que la sérénité n’est pas une destination, mais une qualité d’attention.
Depuis les studios de Radio REM à Sauveterre-de-Guyenne, l’émission Cinécure continue d’explorer les monuments du septième art. Ce mois-ci, Laurent Goudet nous invite à redécouvrir « E.T. l’Extraterrestre », le chef-d’œuvre de Steven Spielberg sorti en 1982. Bien plus qu’une simple aventure de science-fiction, le film se révèle être une leçon de psychologie et de résilience.
Le podcast souligne d’abord la prouesse technique et narrative de Spielberg : filmer intégralement à hauteur d’enfant. Dans E.T., les adultes sont longtemps des silhouettes fragmentées, des menaces sans visage représentées par des bruits de clés ou des combinaisons de cosmonautes. Cette mise en scène place le spectateur dans l’intimité d’Elliott, un jeune garçon marqué par le divorce de ses parents. Laurent Goudet rappelle d’ailleurs que Spielberg lui-même définit son film comme une œuvre sur le déchirement familial, où l’alien devient le pansement d’une blessure invisible.
L’une des analyses les plus riches de l’émission concerne la dimension thérapeutique du lien entre Elliott et E.T. Cette relation fusionnelle, où l’un ressent la douleur de l’autre, illustre le concept de « l’enfant intérieur ». Elliott ne cherche pas seulement à sauver une créature venue d’ailleurs ; en prenant soin d’E.T., il apprend à soigner sa propre vulnérabilité. C’est un passage nécessaire de la dépendance affective à l’autonomie, une étape clé de la maturation vers l’âge adulte.
Cinécure explore également le symbolisme christique frappant de l’œuvre : l’arrivée du ciel, les miracles, la mort, la résurrection et l’ascension finale. La célèbre affiche, pastichant « La Création d’Adam » de Michel-Ange, annonce la couleur. E.T. est une figure de lumière qui vient réconcilier un foyer brisé.
Enfin, Laurent Goudet nous livre une réflexion poignante sur la scène finale. Aimer, ce n’est pas posséder. Le départ d’E.T. n’est pas une perte, mais une intégration. En laissant partir son ami, Elliott grandit. Le « Je serai juste là », doigt pointé vers le cœur, marque le passage d’une présence physique à une ressource intérieure éternelle.
Un podcast indispensable pour tous les amoureux du cinéma et ceux qui, au fond d’eux, gardent une part d’enfance précieuse.
GAEC Ferme Laporte : La Terre Vivante de Labescau
À Labescau, le paysage semble s’apaiser au seuil du GAEC Ferme Laporte. Ici, Emmeline et son associé David ne se contentent pas de cultiver ; ils veillent. Leur credo ? Le maraîchage sur sol vivant. Un refus du labour qui n’est pas une absence de geste, mais une présence accrue : on nourrit l’humus de compost et de fumier pour que la biologie des sols, redevenue souveraine, porte elle-même la promesse des récoltes.
Dans la voix d’Emmeline, il y a une clarté contagieuse. Elle décrit une agriculture sans perfusion, où les légumes de saison — des melons gorgés de soleil aux arbres fruitiers qui s’enracinent — s’épanouissent au rythme d’une horloge naturelle. C’est une prose de la terre, directe et sans artifice, livrée avec une chaleur qui trahit un engagement viscéral.
Mais l’engagement d’Emmeline dépasse la lisière de ses champs. Chaque jeudi soir, la ferme devient une escale. On y vient chercher ses légumes, mais aussi les œufs, le fromage ou le miel des complices du réseau. Pour sceller cette économie du bon sens, le GAEC a choisi La Gemme. En adoptant cette monnaie locale girondine, Emmeline s’affranchit des circuits bancaires pour cultiver, là aussi, une circularité vertueuse.
Alors que les derniers poireaux d’hiver s’effacent, une étincelle de gourmandise anime son récit. Elle évoque les carottes primeurs et les premiers petits pois avec la ferveur d’une renaissance. À Labescau, le printemps n’est pas qu’une saison ; c’est le fruit d’une éthique où chaque sou, comme chaque graine, est semé pour faire durer le vivant.
Sylvie Pâris : L’Art de peindre le Monde et la Matière
Dans le nom de Sylvie Pâris, l’accent circonflexe sur le « â » dessine un toit : celui d’une artiste qui a longtemps cherché sa demeure dans l’évanescence du voyage avant de la trouver dans la densité de la matière. Peintre de l’intuition, elle ne raconte pas le monde, elle en capture le sillage.
Son histoire s’écrit d’abord sur la poussière des routes. À seize ans, elle quitte Paris pour Bordeaux, portée par une romance et une soif de liberté qui la mèneront, en stop et sac au dos, tout autour de la Méditerranée. De l’Espagne de Franco aux souks du Maghreb, de la Grèce à l’Égypte, Sylvie a bu la lumière des autres. Ses premières toiles furent des carnets de bord chromatiques, où les visages et les étoffes orientales vibraient d’une chaleur brute.
C’est à l’aube de la trentaine que la peinture devient son métier, sa langue naturelle. « C’est ce que j’arrivais le mieux à faire », dit-elle avec une simplicité qui désarme. Là où les mots butent, son pinceau glisse. Évoluant du réalisme de ses voyages vers un onirisme plus abstrait, elle a exploré le mouvement à travers le modèle vivant, apprenant à saisir l’âme d’une pose dans l’urgence du croquis.
Aujourd’hui ancrée à Bazas, Sylvie Pâris n’est plus seulement une coloriste ; elle est devenue une sculptrice de surfaces. Membre active du Cercle des Arts, elle s’attache désormais à rendre la peinture tactile. Son implication dans les Journées Européennes des Métiers d’Art, à travers le « Mur des Textures », révèle sa quête actuelle : faire de l’art une expérience totale, où la rugosité d’une toile ou la douceur d’un pigment parlent autant aux mains qu’au regard.
Sylvie Pâris ne peint pas pour être vue, mais pour être ressentie. Elle reste cette voyageuse immobile qui, d’un coup de brosse, nous transporte encore de l’autre côté de la mer.
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