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Catherine Frattini : L’art de la présence en fin de vie
Pour Catherine Frattini, certains mots sont des prisons. Celui de « retraite », notamment, résonne comme un exil, une mise au ban de l’utilité. Depuis cinq ans, au sein de l’AAMM, elle a choisi d’habiter un autre territoire : celui de la présence pure, là où les masques sociaux tombent devant la fragilité.
Catherine ne cache pas ses cicatrices d’apprentissage. Elle raconte avec une pudeur vibrante cette rencontre avec une patiente murée dans la maladie de Charcot. Arrivée avec sa « casquette de sauveuse », Catherine s’est heurtée à l’impossible : la demande d’un remède qui n’existe pas.
Ce jour-là, l’impuissance fut sa leçon. En acceptant de ne rien « produire », elle a appris à tout offrir. Ce n’est plus le soin qui compte, mais le lien ; non plus l’acte, mais l’écoute. « Si l’on regarde toujours dans le même axe, on voit toujours les mêmes choses », confie-t-elle. Son rôle ? Déplacer le regard pour que la solitude, si pesante, devienne un espace partagé.
Dans les réunions qu’elle anime à Pringins, la gravité côtoie une surprenante légèreté. On y parle de la mort, de la déchéance et de la peur, mais l’échange s’achève toujours par un café et un morceau de gâteau. Cette convivialité n’est pas une diversion, c’est un acte de résistance. C’est affirmer que la vie, même essoufflée, mérite encore la douceur d’une miette partagée.
Accompagner, pour Catherine, c’est accepter ce jeu de miroirs où l’autre nous révèle à nous-mêmes. C’est transformer le « subir » en « vivre ». Elle n’apporte pas de réponses, elle offre un ancrage.
Le 23 avril prochain à 14h30, Catherine Frattini sera de nouveau là, à Pringins. Une voix posée, un regard clair, et cette certitude silencieuse : personne ne devrait traverser le crépuscule sans une main pour tenir la sienne.
Isabelle Pauly : L’Art de l’Observation de Soi
La voix d’Isabelle Pauly n’est pas un simple support d’information ; c’est une expérience vibratoire. Dans son « Instant Zen », elle déploie une parole qui semble naître du silence pour mieux y ramener l’auditeur. Entre pédagogie et poésie, elle nous invite à une pratique radicale : l’observation de soi comme rempart au tumulte du monde.
Pour Isabelle, la sérénité n’est pas une conquête, mais un dépouillement. Elle articule son approche autour de huit piliers, une liturgie de la présence où l’on apprend à regarder ses propres tempêtes sans s’y noyer. Observer sans critiquer, sans culpabiliser, sans analyser : c’est ici que réside la force. En refusant de vouloir changer ce que l’on observe, on crée, presque par magie, la distance nécessaire à la paix.
Face à l’agitation des médias et au stress des actualités, Isabelle Pauly propose un ancrage sensoriel immédiat. Elle ne parle pas de concepts abstraits, elle parle de chaleur, de fraîcheur, de la contraction d’un muscle. Un léger sourire s’entend dans ses inflexions lorsqu’elle évoque le printemps ou le plaisir simple d’un chocolat de Pâques. Pour elle, le spirituel s’incarne dans le biologique.
Sous la douceur de sa prosodie se cache une discipline de fer : l’attention. « Partout et toujours », martèle-t-elle avec une tendresse infinie. Son message est clair : nous ne sommes pas nos émotions, nous sommes l’espace qui les accueille. En trente secondes ou cinq minutes, elle nous réapprend à habiter notre peau, transformant chaque respiration en un acte de résistance joyeuse contre l’angoisse.
Isabelle Pauly ne nous enseigne pas seulement à méditer ; elle nous apprend à redevenir souverains de notre propre paysage intérieur.
Guy-Arnaud Penet : Harmonisez votre Foie au Printemps
Au micro de sa chronique, la voix de Guy-Arnaud Penet se déploie avec la clarté d’un matin de printemps. Kinésiologue à La Réole, il ne se contente pas de délivrer des conseils : il nous invite à une écoute profonde de notre écologie intérieure. Pour inaugurer sa série dédiée aux organes, il place sous le projecteur un acteur trop souvent ignoré : le foie.
Pour Guy-Arnaud, le foie est bien plus qu’un filtre biologique ; c’est le « chef d’orchestre » de l’organisme. Avec une précision posée, il rappelle l’ampleur de sa tâche : plus de 500 fonctions vitales. Mais au-delà de la chimie, il y a l’émotion. En kinésiologue, Guy-Arnaud déchiffre ce que le corps tait. Un foie saturé, c’est une colère qui gronde, une frustration qui stagne. Quand le flux s’interrompt, c’est tout l’élan vital qui s’assombrit.
Loin des remèdes miracles, Guy-Arnaud prône une réforme de la douceur, articulée autour de quatre piliers :
Le Retrait : Alléger la charge en évitant les excès, mais surtout en apaisant le stress, cette « toxine » invisible.
L’Alchimie Verte : Privilégier l’amertume (artichaut, pissenlit) et la couleur (curcuma, betterave) pour relancer la machine.
Le Rituel des Plantes : Adopter la simplicité d’un romarin ou d’une eau citronnée dès l’aube.
Le Mouvement : Utiliser le souffle ventrale pour masser cet organe et remettre la vie en circulation.
Par sa parole rythmée, Guy-Arnaud Penet nous rappelle que la santé n’est pas une performance, mais une harmonie. Prendre soin de son foie, c’est accepter de mieux « digérer » sa propre existence. Il nous quitte sur un mantra solaire, signature de son approche : Be Happy. Une invitation à faire du bien-être un mouvement perpétuel, aussi naturel que le retour du printemps.
Patrick Meng : Reconstruire l’Arche du Sud-Gironde
Dans la voix de Patrick Meng, on perçoit la prosodie tranquille des Landes et la gravité de ceux qui veillent sur les silences. À Lendiras, il ne préside pas un zoo, mais un sanctuaire ; un point de suture pour les existences animales déchirées. Ici, les wallabies égarés et les chameaux rescapés ne sont pas des curiosités, mais des récits de survie en quête d’un épilogue apaisé.
Pourtant, en une nuit de rafales à 130 km/h, la nature s’est retournée contre ses propres protégés. La tempête Nils a couché la forêt sur les enclos, brisant l’ordre du refuge. Patrick évoque ce chaos avec un stoïcisme frappant : « Il a fallu remettre les animaux dans le bon sens. » Sous cette pudeur sémantique se cache l’immensité d’un désastre où 80 % du parc fut terrassé par le bois et le vent.
Mais l’homme ne cultive pas l’amertume. Sa réponse est une architecture de solidarité. Pour reconstruire ce havre de 35 hectares, Patrick Meng appelle au rassemblement : des dons sur HelloAsso, du bois d’acacia, et l’énergie des mains bénévoles. Entre une exposition photographique et un concert de rock caritatif, il transforme la tragédie en un acte de culture et de soin.
Reconstruire le Sanctuaire du Sud-Gironde, c’est pour lui honorer un contrat moral. Patrick Meng demeure cette figure ancrée, une sentinelle qui, par-delà les décombres de Nils, continue de bâtir une arche où la détresse trouve enfin son port.
Voici également le lien de leur cagnotte pour le parc : https://www.helloasso.com/associations/cat-pat-33/formulaires/2
Colette Pouey : L’humain à l’honneur au Festival Voca-Lisent
Il existe des voix qui ne se contentent pas de parler, mais qui semblent écouter en retour. Celle de Colette Pouey est de cette trempe : posée, attentive, elle porte en elle l’écho des pierres de Rimons et la vibration des textes qu’elle chérit. Pour cette 5e édition du festival Voca-Lisent, elle continue de creuser son sillon : transformer la lecture en un acte de partage radical.
Pour Colette, lire à voix haute n’est pas un exercice de diction. C’est une « niche » émotionnelle, un espace de vulnérabilité où le lecteur accepte de se laisser déborder par le verbe. Elle l’évoque avec une douceur lucide : quand la voix tremble, ce n’est pas une erreur, c’est une vérité. Cette année, sous l’égide de Victor Hugo — « Grattez le Dieu, vous trouverez l’homme » — elle invite chacun à chercher l’humain sous le vernis du mythe.
Le festival a grandi sans perdre son âme. Colette se souvient des débuts : une réunion de vingt-cinq amis. Aujourd’hui, les salles sont pleines, les visages nouveaux, mais la fraternité demeure. Elle tisse des liens entre les disciplines — la danse de Cécile Lassonde, les percussions de Xavier Uters, la peinture de Jessica Doucha — pour que le mot devienne corps et que le festival Voca-Lisent résonne bien au-delà des pages.
De la solennité de l’église de Rimons à la modernité de l’Eden à Montségur, Colette Pouey orchestre une parenthèse sensorielle. Qu’il s’agisse de déclamer au détour d’une vigne ou de s’immerger dans un théâtre de papier japonais, son moteur reste le même : la quête de l’instant de grâce où le souffle d’un auteur rencontre celui d’un public.
À travers Voca-Lisent, Colette ne propose pas seulement de la culture ; elle offre un refuge pour la sensibilité. Un rappel nécessaire que, derrière chaque grand récit, bat un cœur d’homme.
L’Occitanie ne se conjugue plus au passé. Dans l’intimité du studio, deux voix s’élèvent pour dessiner les contours d’une culture qui refuse l’immobilité. Entre la précision du verbe et l’urgence de la course, portrait d’une renaissance.
Il y a dans la voix de Maria Armentia Sarraute la clarté de ceux qui structurent l’avenir. Professeure à Bordeaux et chercheuse passionnée, elle incarne le pilier intellectuel de cette transmission. Sa parole est une dentelle de précision : elle ne se contente pas d’enseigner une langue, elle en cartographie l’âme à travers le projet PARELO.
Lorsqu’elle évoque ses cours à la Calandreta, son timbre se réchauffe. On perçoit alors que pour elle, l’occitan n’est pas un objet d’étude, mais une matière vivante, une « sève pédagogique » qu’elle insuffle avec la rigueur de la science et la douceur de la conviction. Elle est celle qui donne les clés d’un héritage pour qu’il devienne un horizon.
Face à cette architecture du savoir, Estève Chadourne apporte le rythme. Engagé corps et âme dans l’organisation de La Passem, il est l’homme du mouvement perpétuel. Sa présence vocale est empreinte d’une énergie cinétique : il parle de kilomètres, de relais, de ce ligam (le témoin) qui unit les territoires de nuit comme de jour.
Il décrit cette course de 1100 kilomètres comme un immense battement de cœur collectif. À travers son récit, l’occitan quitte les bancs de l’université pour envahir le bitume et les sentiers, prouvant que cette identité est une force qui court, littéralement, vers demain.
Cette rencontre est celle d’une synergie parfaite. Maria ancre la langue dans l’esprit par la transmission ; Estève la fait vibrer dans les corps par l’effort. Ensemble, ils prouvent que l’Occitanie est un organisme complet : une pensée qui s’étudie et un élan qui se vit. Le message secret contenu dans le témoin de la course n’est rien d’autre que cela : la certitude que tant qu’il y aura un souffle et un pas, la langue d’Oc restera une fête.
Soirée Réunion Lé Là : L’Océan Indien au Cœur de la Guyenne
Il est des saveurs qui ne se contentent pas de nourrir ; elles racontent un voyage. À Sauveterre-de-Guyenne, l’enseigne Réunion Lé Là (« La Réunion est là ») n’est pas qu’une promesse, c’est une présence.
L’aventure commence en sédentaire, à Margueron. Mais pour conquérir les palais, il fallait aller à leur rencontre. En troquant les murs d’un restaurant contre la liberté d’un food truck, la famille a brisé les distances et les préjugés. Sur les marchés de La Réole ou de Sauveterre, les effluves de gingembre et de thym ont agi comme un trait d’union. Ici, on ne triche pas : la cuisine réunionnaise s’offre sans fard, loin du cliché d’un piment qui masquerait le goût.
La force du clan réside dans l’intégrité du geste. Chez les « Lé Là », on cultive la patience. Les saucisses ? Elles sont façonnées et fumées par leurs soins, garantissant ce goût de « fait-maison » que l’on croyait perdu. Lorsque Christophe évoque son retour aux sources après une autre carrière, on devine la fierté d’un fils rejoignant les fourneaux maternels pour perpétuer un patrimoine sensoriel.
Le point d’orgue de cette épopée se jouera le 18 avril à la salle Simone Veil. Plus qu’un dîner, c’est une parenthèse immersive que propose la fratrie. Entre les danses folkloriques des Mascareignes de Bayonne et les rythmes du DJ réunionnais Max, la soirée sera un manifeste de générosité. Samoussas croustillants, bouchons, canard à la vanille et bien sûr l’emblématique rougail saucisse : chaque plat sera une escale.
Réunion Lé Là, c’est l’histoire d’une transmission réussie, où la rigueur de l’artisanat rencontre la chaleur de l’accueil créole. Un rendez-vous où, le temps d’une soirée, la Guyenne prend des airs de tropiques.
La mélodie de la lucidité et de l’absence
Il aura suffi de trois semaines sur les bancs de Sciences Po pour que Mary Bach s’évade. Non par renoncement, mais par urgence : celle de ne pas diriger un monde qu’elle préférait ressentir. À 26 ans, l’artiste a troqué l’analyse politique pour la chanson, faisant de sa voix un instrument de mesure des fêlures humaines.
Dans son EP Étrange Absence, Mary ne se contente pas de chanter ; elle ausculte. Son écriture, chirurgicale et sans artifice, dénonce les sommets — ces tours de verre où les plus riches achètent la lumière, reléguant l’ombre aux étages inférieurs. Cette conscience sociale, elle la porte avec une honnêteté rare, assumant son propre privilège pour mieux le transformer en pont vers l’autre. Elle ne crie pas sa révolte, elle l’infuse dans une prose mélodique, là où l’émotion rend l’injustice palpable.
Le titre de son œuvre agit comme un miroir de notre époque. Mary y explore les silences de la santé mentale et le paradoxe des réseaux sociaux : ces « shots de dopamine » qui saturent l’espace mais vident les cœurs. Elle confie, d’une voix posée au timbre presque grave, cette lutte contre une lucidité « exacerbée » qui pousse parfois au repli.
Pourtant, c’est dans cet isolement créatif, entre sa campagne et la ville, qu’elle puise la force de revenir vers nous. Pour elle, la musique est une résistance à la virtualité. Si les réseaux nous connectent en surface, seul le live — ce moment de présence brute — permet de combler véritablement les manques.
Mary Bach est une sentinelle sensible. Elle nous rappelle que la beauté réside dans la profondeur du lien, loin des flux incessants d’images. Sur scène, lorsqu’elle livre ses textes avec une chaleur qui trahit un engagement total, l’absence s’efface. Ne reste que l’essentiel : une vérité humaine, partagée dans l’instant, qui fait de chaque auditeur le témoin d’une nécessaire renaissance poétique.
Culture et Société | 18 février 2026
Jette Milberg Petersen ajuste ses lunettes fines, ses mains traçant une carte invisible dans l’air chaud du studio de Radio Entre-Deux-Mers. Sa voix, douce et teintée d’un léger accent scandinave, se pose fermement sur la table de mixage alors qu’elle ravive un souvenir tranchant. Au sein de la multinationale de logistique où elle travaillait, la direction lui avait intimé l’ordre de cesser de parler le danois. La peur de ce que les cadres ne comprenaient pas venait de se muer en censure administrative.
Dans les couloirs feutrés de la filiale française où elle gérais les flux de transports, sa langue maternelle était devenue suspecte. Les directeurs parisiens redoutaient les secrets prétendument chuchotés entre la jeune femme et les chauffeurs routiers qui franchissaient les lourdes grilles du dépôt de marchandises. « On m’a interdit à un moment donné de parler le danois avec un interlocuteur danois ou un chauffeur qui rentrait », raconte-t-elle, un sourire incrédule au coin des lèvres. Cette injonction absurde a agi comme un puissant déclic pour celle qui vit en France depuis plus de quarante ans. Plutôt que de se plier au dogme de l’uniformisation, elle en a fait le fondement d’un engagement associatif majeur.
C’est tout simplement la compréhension de la langue de l’autre sans avoir appris à la parler.
À la tête de l’Apicad, Jette Milberg Petersen défend désormais l’intercompréhension, une pratique qui bouscule les vieilles méthodes scolaires. L’objectif consiste à valoriser la capacité d’écoute plutôt que d’exiger une maîtrise parfaite de la parole. Cette approche désamorce l’insécurité linguistique, ce blocage psychologique qui paralyse tant de salariés lors des réunions internationales ou des échanges transfrontaliers.
Le samedi 21 février, dès 8 heures du matin, cette philosophie va quitter la rigueur des laboratoires pour se frotter au béton frais et aux cageots de pommes du marché de La Réole. Sous les auvents colorés des maraîchers, les bénévoles de l’association déploieront un dispositif baptisé « Personne n’est nul en langue ». La présidente y prépare une surprise ludique destinée à intriguer les passants entre deux achats de légumes, les incitant à utiliser leur propre langue maternelle, quelle qu’elle soit.
L’après-midi prolongera cette exploration dans le calme de la salle de conférence de la mairie, au premier étage. De 13 heures à 14 heures, le collectif Pola et les Reporteurs y recueillera les confidences des habitants sur leurs parcours linguistiques, leurs réussites et leurs blessures de langage. Ces témoignages seront immédiatement réinterprétés sous forme de saynètes improvisées, maniant l’ironie pour désamorcer nos complexes collectifs. Juste après, à 14 heures, le chercheur Jean-Luc Vidalenc prendra la parole pour une conférence intitulée « Grandir avec plus d’une langue », un moment important pour les parents et les enseignants confrontés au bilinguisme quotidien.
Les festivités débuteront en réalité dès le vendredi soir à 18 heures au Jardin sur le toit, le local associatif de l’impasse du Loup. Autour des tasses fumantes et des verres partagés, une enseignante du lycée de La Réole animera une initiation vivante à l’occitan à travers des contes et des chants. « La musique et le chant permettent d’entrer dans la langue sans la barrière de la grammaire », souligne l’organisatrice. Le lendemain à 17 heures, les chaises en bois de La Petite Populaire accueilleront Jean-Pierre Chavagne pour un atelier pratique interrogeant l’histoire et la survie des langues de France.
Il faut ouvrir les oreilles surtout, et ne pas avoir peur.
Le point d’orgue de ce week-end se jouera sur les planches du Théâtre le 5 du Bis. Le comédien Rémi Boiron y présentera un spectacle humoristico-poétique retraçant la tumultueuse épopée de la langue française, de ses racines latines à ses mues contemporaines. Une démonstration par le rire que les mots ne sont pas des objets figés, mais des organismes vivants en perpétuelle mutation.
Cette célébration de la diversité linguistique résonne fortement avec la réalité de l’Entre-Deux-Mers. Nos communes accueillent une population plurielle, où se croisent des familles ancrées ici depuis des générations, des viticulteurs et des professionnels venus d’autres horizons. Face à cette mosaïque, le réflexe du repli ou la normalisation par un anglais standardisé appauvrissent les relations humaines. L’intercompréhension offre un outil d’intégration concret, que ce soit pour accueillir dignement un travailleur saisonnier ou pour redonner une place de choix aux vieux parlers locaux à Targon, Pellegrue ou Sauveterre-de-Guyenne. Faire tomber la peur de ne pas se comprendre, c’est d’abord décider de s’écouter.
L’Art Souverain de l’Observation de Soi
On l’écoute et, tout de suite, on ralentit. La voix d’Isabelle Pauly dans « l’Instant Zen », c’est un peu comme une grande inspiration après une journée de rush. Elle ne donne pas de leçons, elle propose un décalage. Son secret ? L’observation de soi.
L’idée est toute bête, mais elle change tout : au lieu d’être l’acteur perdu dans son propre drame, on s’assoit dans le fauteuil du réalisateur et on regarde son « film intérieur ». Pour Isabelle, observer ce qui nous traverse, c’est le premier pas pour ne plus se laisser dévorer par le stress ou la colère.
Pour que l’exercice fonctionne, Isabelle nous donne huit repères, comme des balises sur un chemin :
D’abord, on lâche la pression : on ne se critique pas et on ne culpabilise pas. C’est humain de craquer. Ensuite, on arrête de vouloir tout réparer tout de suite : on ne cherche pas à changer ce qu’on ressent, et surtout, on n’analyse pas. Le cerveau veut toujours comprendre « pourquoi », mais ici, on veut juste « sentir ».
Le cœur de sa méthode, c’est de ne plus s’identifier. Au lieu de dire « Je suis en colère », essayez de vous dire : « Il y a de la colère en moi ». Ça change tout : vous n’êtes plus l’émotion, vous êtes celui qui la regarde.
Pour que ce soit concret, soyez précis : est-ce que c’est la gorge qui se serre ? Est-ce que c’est le ventre ? Utilisez vos cinq sens (le goût, l’odorat, le toucher) pour revenir dans votre corps. Et le dernier point, le plus important : faites-le le plus souvent possible. C’est un entraînement, pas un miracle.
Ce qui rend l’approche d’Isabelle Pauly si juste, c’est cette petite pointe de malice à la fin de sa chronique. Elle nous rappelle qu’on peut prendre soin de soi sans se prendre trop au sérieux. « Gardez de l’humour avec vous-mêmes », glisse-t-elle.
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