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Dorothéa Chaplain et Laurence Prats étaient dans le studio de REM ce matin pour parler des Journées Européennes des Métiers d’Art. Les 11 et 12 avril, la Maison des Artisans de Sauveterre-de-Guyenne ouvre ses portes : six artisanes, des démonstrations, des ateliers. Entrée libre.
Une tisserande et une feutrière — deux métiers, une même maison, et une même conviction : un savoir-faire qui ne se transmet pas n’existe plus vraiment. Dorothéa Chaplain, qu’on connaît bien ici, et Laurence Prats, feutrière installée dans la boutique Arts’Typiques depuis bientôt un an, sont venues présenter les JEMA 2026 et ce que la Maison des Artisans prépare pour ce week-end. Il y est question de laine transformée sans couture ni trame, de verre serti au cuivre, de calebasses ajourées, d’argile étirée à la plaque, de métal tressé autour de pierres. Et de tout ce qui se construit, dans un lieu, quand des gens qui font des choses de leurs mains décident d’y prendre place ensemble.
Dorothéa Chaplain — tisserande, membre fondatrice des Ateliages, à Sauveterre-de-Guyenne.
Laurence Prats — feutrière, installée à la boutique Arts’Typiques depuis août 2025.
JEMA 2026 à la Maison des Artisans
Interview réalisée par Mathieu Romain pour REM 98.4 FM.
Vis Ton Vin à Monségur : L’Éloge du Vivant par J-L. Boulin
À Monségur, le week-end de Pâques ne se contente pas de suivre le calendrier ; il bat au rythme d’une intuition devenue manifeste : Vis Ton Vin. Porter ce projet, c’est, pour Jean-Luc Boulin, bien plus que gérer une logistique. C’est insuffler une âme. Dans sa voix, posée et chaleureuse, on devine l’homme qui préfère la profondeur du sillon à l’agitation de la surface.
Jean-Luc incarne la figure du passeur. Dans une région de traditions séculaires, il a choisi de mettre en lumière l’audace : le vin nature et la biodynamie. Sa sélection est celle d’un orfèvre. Sur cent vignerons candidats, seuls cinquante ont été retenus. « Des perles », dit-il, évoquant des noms comme Anne-Marie de Lienne ou le Domaine de l’Astré avec une pointe d’admiration dans le timbre. Pour lui, le vin n’est pas une marchandise, c’est une respiration.
S’entretenir avec lui, c’est comprendre que Vis Ton Vin est une expérience totale, presque synesthésique. Le vin y est le centre de gravité d’un univers où tout se répond :
L’œil s’attarde sur les clichés en noir et blanc de Patrice, capturant la noblesse du geste vigneron.
L’oreille s’éveille aux vibrations de l’orgue de l’église ou aux voix d’une chorale d’exception.
L’esprit s’évade lors de conférences sur la biodynamie au potager, car pour Jean-Luc, le vivant ne s’arrête pas au goulot de la bouteille.
Malgré la précision de son organisation, l’essentiel pour Jean-Luc réside dans l’invisible. C’est ce « Pan-paillé » du dimanche soir, ce repas de pâtes partagé entre bénévoles et vignerons, qui révèle le moteur psychologique de l’invité : le besoin de communauté. Dans ce moment de fraternité brute, loin des étiquettes, le slogan prend tout son sens.
Le 4 et 5 avril, Jean-Luc Boulin ne vous invite pas simplement à déguster. Il vous invite à une renaissance sensorielle. Une invitation à ne plus seulement boire, mais à vivre son vin.
L’espoir viendra très vite
La maladie de Parkinson touche aujourd’hui 270 000 personnes en France, avec des diagnostics frappant des patients de plus en plus jeunes, parfois entre 25 et 40 ans. Face à cette pathologie neurodégénérative, le fatalisme n’est plus de mise. Entre une prise en charge repensée, un mode de vie adapté et des avancées scientifiques majeures, l’horizon s’éclaircit considérablement.
Une prise en charge globale et un mode de vie bouclier
Fini le temps de la simple consultation médicale. Comme le rappelle le Professeur Messner, neurologue au CHU de Bordeaux, la prise en charge moderne est holistique et pluridisciplinaire. Elle intègre les médecins, les kinésithérapeutes, les orthophonistes, mais aussi les aidants, dont le rôle est crucial pour évaluer le quotidien du patient. Des thérapies complémentaires (méditation, hypnose) et une activité physique régulière viennent soutenir ce protocole.
L’hygiène de vie joue également un rôle fondamental. Les pesticides étant reconnus comme un facteur aggravant (la maladie est reconnue comme professionnelle chez les agriculteurs), l’assiette devient une arme de prévention. Il est conseillé de privilégier un régime méditerranéen, des produits de saison sans pesticides, et des oméga-3 issus de poissons de qualité pour aider à stabiliser les symptômes.
La recherche accélère : antidiabétiques et cellules souches
Mais la véritable révolution se joue dans les laboratoires mondiaux. L’enjeu n’est plus seulement de masquer les symptômes (tremblements, raideurs), mais de freiner, voire de stopper la dégénérescence neuronale.
L’essai clinique français récent sur le lixisénatide, un médicament initialement utilisé contre le diabète, a fait l’effet d’une bombe : il a démontré un ralentissement significatif de la progression des troubles moteurs sur un an. Une piste thérapeutique extrêmement prometteuse, confirmée par des essais similaires en Angleterre.
À l’international, la mobilisation est tout aussi forte. En Suisse, des chercheurs développent des anticorps (anti-alpha-synucléine) capables de « nettoyer » le cerveau des protéines toxiques. Plus spectaculaire encore, au Japon, des essais cliniques pionniers utilisent la thérapie cellulaire : des cellules souches reprogrammées sont implantées dans le cerveau pour remplacer les neurones dopaminergiques détruits.
Le combat quotidien contre Parkinson exige une immense résilience, mais la science progresse à pas de géant. Avec l’émergence imminente de traitements modificateurs de la maladie, le message est clair : l’espoir viendra très vite.
Squash Yvon Mau : Le souffle international de la Gironde
À Gironde-sur-Dropt, le silence n’est jamais tout à fait immobile. Il attend le choc sec d’une balle contre le mur, ce rythme cardiaque qui définit le Squash Yvon Mau. Derrière ce métronome de verre et de bois, deux hommes orchestrent une métamorphose : Jérôme, le président à l’audace tranquille, et Damien, son complice de toujours.
Leur duo s’est forgé dans l’exiguïté du court, là où l’effort ne ment pas. Depuis dix ans, ils partagent cette « purgatoire physique » de 1000 calories par heure, où l’on ressort vidé, mais étrangement complet. Jérôme, c’est l’étincelle — celui qui, d’un sourire en coin, lance des « idées folles » que la raison hésite à suivre. Damien, c’est la garde stable, celui qui rappelle que derrière l’exigence de l’élite bat toujours le cœur ludique du jeu.
Leur moteur est aussi puissant que discret : la mémoire. Le tournoi international qu’ils portent aujourd’hui est né d’une absence, celle d’un joueur emblématique disparu en 2025. Privés par les instances d’un tournoi national, ils n’ont pas reculé ; ils ont sauté l’obstacle pour viser l’international. Ce passage au circuit professionnel PSA n’est pas une quête de gloire, mais un acte de fidélité. Faire venir le monde à Gironde-sur-Dropt, c’est prouver que la ruralité peut être le centre du jeu.
À l’aube de l’entrée du squash aux Jeux Olympiques, Jérôme et Damien transforment leur club associatif en une arène où se croiseront 48 joueurs du top 100 mondial. Entre un concert et un match de haut vol, le Squash Yvon Mau devient bien plus qu’une infrastructure : c’est un manifeste de vitalité.
Écouter Jérôme et Damien, c’est comprendre que le squash est un sport de rebonds. On y tombe, on y transpire, mais on finit toujours par se relever, plus fort, sous l’éclat des projecteurs. Le rendez-vous est pris : début mai, la Gironde ne se contentera pas de regarder ; elle vibrera.
À l’ombre des pins de Préchac, loin du tumulte urbain, s’est niché un atelier où le temps semble s’être mis au service du beau et du bon. Téodora, figure habitée d’une sérénité communicative, y dirige L’Instant Saumon. Ici, on ne traite pas le produit : on l’honore.
L’Éthique en Pleine Chair
L’histoire est celle d’une transmission familiale, celle de Jean-Paul Gaspar, son beau-père, qui a fait du fumage une passion de retraite avant que Téodora n’en reprenne le flambeau avec détermination. Son secret ? Une exigence sans compromis dès la source. Téodora sélectionne rigoureusement ses poissons auprès d’élevages indépendants qui pratiquent la méthode Ikejime.
Cette technique d’abattage japonaise, pratiquée sur le lieu d’élevage, neutralise le système nerveux instantanément et garantit une absence totale de stress pour l’animal. Le résultat est une chair d’une fermeté et d’une pureté rares que Téodora reçoit fraîche à l’atelier. Entre ses mains, le fumage devient alors une ponctuation délicate, respectant la vitalité d’un poisson élevé dans les courants vifs de Norvège ou du Ciron.
L’Alchimie des Écailles
La démarche de Téodora est holistique. Dans cet atelier où rien ne se perd, la peau du poisson devient une matière noble. Épaulée par sa sœur Christina, qui apporte son aide précieuse à la préparation et au travail du cuir, elles utilisent des techniques ancestrales inuites apprises en Suède pour transformer les peaux en un cuir raffiné.
Tanné aux écorces et pigmenté par les plantes, ce cuir devient bijoux ou objets de décoration. Ces créations ne sont pas seulement des accessoires ; elles sont le prolongement d’un cycle vertueux où chaque élément est sublimé.
Une Économie de Sens
Sur les marchés de Bazas ou de Villandraut, le camion de « L’Instant Mobile » est une escale familière. En acceptant la GEM, la monnaie locale, Téodora affirme son ancrage. Pour elle, l’artisanat est un dialogue avec le territoire : une manière de « donner un sens à son argent » en irriguant l’économie girondine.
Retrouvez cette signature singulière, entre gastronomie fine et tannerie d’art, au fil des marchés de Sud-Gironde. Un voyage sensoriel où la conscience du geste se goûte autant qu’elle se contempl
Rachel de Bortoli n’est pas une chanteuse professionnelle. Elle le dit elle-même, simplement, sans complexe. Et pourtant, depuis l’automne 2023, elle monte sur scène avec Guillaume Vallot pour porter Juste une femme — un spectacle musical de chansons féministes qui en est déjà à une vingtaine de représentations.
Dans cette interview accordée à REM, elle raconte comment tout a commencé : des années à chanter en atelier à Saint-Hilaire-de-la-Noaille au sein de l’association Alpaga, une envie qui grandit, et ce moment où elle se dit qu’il est temps. « Au bout d’une dizaine d’années, je me suis dit : allez, il est temps de se lancer », confie-t-elle. Le déclic, c’est aussi la rencontre avec Guillaume — musicien professionnel, formé au conservatoire — qui accepte le projet et lui répond que c’est précisément leur différence de parcours qui fait l’originalité du duo.
Le spectacle réunit des chansons d’Anne Sylvestre, Jeanne Cherhal, GiedRé, Carmen Maria Vega, Juliette Noureddine et d’autres autrices-compositrices. Des univers variés, des tons allant de l’émotion à l’humour corrosif, pour traverser des sujets concrets : le consentement, les violences sexistes, les injonctions faites aux femmes. « Le féminisme n’est pas un gros mot, ce n’est pas un mot qui doit faire peur », dit-elle. Elle l’assume en sous-titre du spectacle, sans hésitation.
Ce qui touche dans ce récit, c’est la durée du chemin. Rachel parle de légitimité, de permission qu’on se donne à soi-même. « Je me suis dit : je suis légitime, je suis prête — tu peux y aller et t’as le droit d’y aller. » Les chansons du spectacle sont toutes écrites par des femmes qu’elle admire. Elle les interprète, se les approprie, y fait passer ses propres émotions. « C’est un long cheminement de s’autoriser à écrire ses propres mots. Pour l’instant je les ai empruntés à des femmes que j’admire. »
L’interview complète est à écouter en podcast sur remradio.fr. Rachel et Guillaume se produisent le 21 mars à la Colline Tire Pé à Gironde-sur-Dropt (20h30, soirée complète avec première partie danse et repas pizza) et le 29 mars à la salle des fêtes de Blasimon (17h). Réservations au 06 52 02 48 72 — jauge limitée.
Primaël Montgauzí : La voix occitane ouverte sur le monde
Il y a un instant de grâce dans le studio feutré de l’émission, ce silence suspendu, presque religieux, juste avant que Primaël Montgauzí ne pose les doigts sur le manche de sa guitare. Puis, sa voix s’élève. Chaude, profonde, patinée par les vents du Sud-Ouest, elle fait soudain basculer l’atmosphère. L’auditeur ne fait plus face à un simple musicien, mais à un sculpteur d’émotions brutes, capable de contourner l’intellect pour toucher directement l’âme.
Héritier de la rigueur classique par une grand-mère pianiste, Primaël a reçu de son grand-père un legs plus immatériel : la musicalité poétique de la langue d’oc. Pourtant, c’est par le vaste monde qu’il a choisi d’y revenir. Bossa-nova, fado, chanson cubaine… il tresse naturellement son occitan aux cordes nylons des musiques ibériques et latines. Sous ses doigts et dans son souffle, l’occitan n’est plus une relique sous cloche, mais une « langue-monde » poreuse, vibrante, qui dialogue en duo avec l’arabe d’une artiste tunisienne ou la poésie du Pays Basque.
Sa boussole intérieure tient en une phrase du musicien sud-américain Atahualpa Yupanqui, qu’il livre au micro avec une ferveur palpable : « Lo primero es el hombre, y lo segundo el poeta » (L’homme d’abord, le poète ensuite).
Cette exigence d’humanité n’est pas qu’une formule, elle irrigue son travail de transmission. Aux côtés de l’association Voix du Sud, Primaël va s’asseoir avec des collégiens, dans l’acoustique ingrate des salles de classe, pour les aider à accoucher de leurs propres mots en occitan. Lorsqu’il évoque ce besoin de forger une « identité populaire » par la chanson, le rythme de sa parole s’accélère. On devine l’urgence lumineuse d’un artiste qui refuse de voir disparaître la mémoire des siens.
Qu’il chante en catalan ou réhabilite avec tendresse le Francitan — ce métissage souvent moqué qu’il chérit comme un trait d’union —, Primaël Montgauzí est un tisseur de liens. Il sublime la vulnérabilité d’une culture menacée pour en faire une main tendue, un appel rythmé et joyeux. Tant que sa voix résonnera, l’occitan ne sera jamais une cendre, mais un feu toujours ardent.
Jean-Christophe Candau : L’Écho des Siècles | Portrait
Dans la voix de Jean-Christophe Candau, il y a la patine des pierres anciennes et le calme des cloîtres. Lorsqu’il s’exprime, sa parole possède une cadence singulière, une respiration qui semble déjà chercher l’acoustique d’une nef. Fondateur de l’ensemble Vox Cantoris, cet homme ne se contente pas de diriger des chœurs : il exhume des mondes.
Depuis vingt-cinq ans, sa quête est celle de la « source ». Pour lui, la musique ancienne est une Early Music, une aube perpétuelle. Son verbe fétiche est « proférer » : l’acte de lancer la parole en avant, de charger l’air d’une intention qui dépasse le simple divertissement. À La Réole, où il est ancré depuis deux décennies, il a appris à faire de l’église Saint-Pierre son instrument principal, transformant le silence en une vibration qui touche le corps avant d’atteindre l’esprit.
Le regard de Jean-Christophe s’illumine lorsqu’il évoque le Mexique. On l’imagine, tel un archéologue liminaire, tournant les pages de manuscrits oubliés dans la pénombre de la cathédrale de Mexico. Son dernier opus, Semana Santa a México, est le fruit de cette immersion. Il y a découvert un baroque métis, où la rigueur européenne se laisse enivrer par l’agilité indienne. En ramenant ces partitions en France, il réalise un geste de justice poétique : offrir la beauté du monde à ceux qui ne peuvent le parcourir.
Sa philosophie est aussi physiologique que mystique. S’appuyant sur les travaux du professeur Tomatis, il voit dans le chant grégorien ou la polyphonie une forme de « remusclage » de l’âme. Le son, chez Candau, est une matière tactile. Il peut être une agression ou un remède, une violence ou une extase.
En reliant les intuitions d’Hildegarde de Bingen aux défis de notre siècle, Jean-Christophe Candau nous rappelle que l’homme, qu’il soit du XVIIe siècle ou d’aujourd’hui, reste un être de souffle. Son travail est un pont jeté entre Mexico et La Réole, prouvant que la voix humaine, lorsqu’elle est portée par une telle exigence de vérité, est l’unique langage capable de vaincre l’oubli.
Interview • 19 mars 2026
Pour sa 9ème édition, la randonnée phare des Randonneurs du Haut-Entre-Deux-Mers retrouve l’un de ses sites fondateurs. Rencontre avec Olivier Juillet, président de l’association.
C’est à Saint-Hilaire-de-la-Noaille que tout avait commencé. En 2015, lorsque l’Escapade en Haut-Entre-Deux-Mers est née pour succéder aux mythiques 40 km de Sauve — organisés pendant quinze ans entre 2000 et 2014 —, c’est ce village du Sud-Gironde qui avait accueilli la première édition. Dix ans et deux annulations covid plus tard, le rendez-vous y revient le dimanche 12 avril 2026, avec quatre parcours, une équipe de 55 à 60 bénévoles, et l’ambition de dépasser les 520 participants de l’an dernier.
Les départs libres sont possibles entre 8h15 et 9h30 sur trois circuits balisés de bout en bout : 11 km, 20 km et 30 km. Particularité de cette édition : les circuits sont imbriqués, ce qui permet à chaque randonneur de revoir ses ambitions à la hausse ou à la baisse en cours de route, au fil des bifurcations. Des postes de ravitaillement jalonnent chaque parcours — un sur le 11 km, deux sur le 20, trois sur le 30.
À 10h, une rando douce de 5,5 km encadrée par deux animateurs accueille les familles, les enfants et tous ceux qui préfèrent une sortie tranquille. Ce format, proposé pour la troisième fois, rencontre à chaque édition un vrai succès.
L’édition 2025 à Blasimon avait marqué une rupture : fini les topo-fiches, place au balisage intégral de chaque circuit. Un pari organisationnel tenu haut la main, au point qu’Olivier Juillet n’hésite plus : la méthode est reconduite et généralisée. Seule vigilance : quelques passages à vérifier après les récentes tempêtes, qui ont laissé des arbres au sol et les chemins bien humides.
Derrière l’événement, c’est toute une mécanique associative qui se met en route : accueil, petit-déjeuner, ravitaillement sur le terrain, signaleurs aux passages sensibles, balisage la veille, débalisage en fin de journée. Entre 55 et 60 bénévoles se mobilisent pour que la journée se déroule sans accroc.
Fondée à Monségur, l’association rayonne sur tout le Haut-Entre-Deux-Mers — de Sauveterre-de-Guyenne à Caudrot, jusqu’au sud de la Garonne. Au-delà de l’Escapade, elle propose six sorties hebdomadaires (randonnée pédestre, marche nordique, rando santé) et cinq séjours en 2026, des Landes aux Pyrénées. Une offre qui fait des Randonneurs du Haut-Entre-Deux-Mers un acteur de plein air incontournable pour les habitants de ce territoire.
La 10ème édition est d’ores et déjà dans les esprits : rendez-vous le 4 avril 2027 pour une édition anniversaire qui s’annonce mémorable.
Inscriptions sur HelloAsso : 8 € à l’avance, 10 € sur place. Rando douce : 5 €. Gratuit pour les moins de 15 ans et les adhérents. Infos : randorhem.fr — 07 66 78 21 49.
Isabelle Pauly : La puissance de l’observateur intérieur
Dès l’instant où Isabelle Pauly prononce son premier mot, la cadence du monde semble ralentir. Au micro de « L’instant Zen », elle n’anime pas une simple chronique ; elle sculpte un espace de respiration. Sa voix, délibérément posée et d’une douceur enveloppante, agit comme un métronome intime. En un instant, par la seule magie de sa prosodie et des silences habités qu’elle ménage, elle nous soustrait à l’urgence pour nous ramener à ce lieu souvent déserté : le « ici et maintenant ».
Isabelle Pauly incarne l’archétype du Miroir Bienveillant. Son ambition n’est pas de nous transformer par la force, mais de nous apprendre la puissance de la neutralité. Avec une clarté pédagogique qui n’exclut jamais la chaleur humaine, elle nous invite à bâtir notre propre sanctuaire : l’observateur intérieur. Il s’agit, nous dit-elle, de la seule véritable voie vers la connaissance de soi. Une démarche d’une intimité radicale, qui demande de regarder ses propres tempêtes avec l’émerveillement et la distance d’un scientifique au cœur tendre.
Mais elle connaît la tyrannie de notre intellect. Alors, d’un ton qui se fait presque protecteur, elle désarme un à un nos jugements intimes. « Sans se critiquer. Sans se culpabiliser. » L’inflexion de sa voix se fait plus précise. Elle sait que la critique attaque l’esprit, tandis que la culpabilité ronge l’émotion. En nous demandant d’observer sans vouloir changer ce qui est, et surtout sans analyser pour ne pas fuir dans la réflexion, elle nous offre le plus beau des cadeaux : le droit d’être, simplement et imparfaitement, soi-même.
Sa quête de l’instant présent n’est pourtant pas une fuite du réel. Au terme de son introspection, Isabelle Pauly rouvre grand les fenêtres. Lorsqu’elle évoque « le printemps qui revient, les fleurs, les oiseaux », un sourire radieux, invisible mais indéniable, illumine soudainement le timbre de sa voix. Par cette ultime transition, l’architecte de nos silences nous ramène à la surface, les poumons pleins, prêts à embrasser le monde avec la même clémence que celle qu’elle vient de nous apprendre.
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