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Stress Inexplicable ? L’Éclairage de Guy-Arnaud Penet
« Avez-vous déjà ressenti du stress alors que, dans votre tête, tout allait plutôt bien ? » La question flotte dans l’air, suspendue comme une évidence oubliée. Dès les premiers instants, Guy-Arnaud Penet impose une présence d’une douceur singulière. Ce kinésiologue installé à La Réole ne cherche pas à captiver par l’urgence, mais par l’ancrage. Son timbre chaleureux et son débit délibérément posé offrent un refuge sonore immédiat contre le tumulte moderne qu’il s’apprête à disséquer. D’un regard franc, il déconstruit notre illusion la plus tenace : celle d’un stress qui ne serait qu’une affaire de psychologie.
Archétype du Traducteur Holistique, Guy-Arnaud milite pour la réunification de notre être. Avec une précision bienveillante, il cartographie cet épuisement invisible qui nous ronge. Il ne s’agit plus seulement de dossiers en retard ou d’angoisses sourdes. Son argumentation, limpide, nous invite à écouter les plaintes silencieuses de notre chair : les nuits trop courtes (le stress physique), les montagnes russes d’un excès de caféine (le stress métabolique), ou la pollution insidieuse du vacarme et des écrans (le stress environnemental). Lorsqu’il énumère ces agressions quotidiennes, on devine dans la cadence de sa voix une empathie vibrante pour nos systèmes nerveux surmenés.
Car voilà la vérité biologique implacable qu’il nous révèle : face à l’agression, la chair est aveugle. Une dispute conjugale, un repas mal digéré ou le brouhaha de la ville déclenchent exactement la même alarme intérieure. L’organisme, mis sous tension, libère son flot de cortisol dans un réflexe de survie indifférencié. Émerge alors la compréhension de cette fatigue lancinante, de cette irritabilité qui nous foudroie alors même que l’esprit se croyait serein.
L’approche de Guy-Arnaud Penet s’élève bien au-delà de la simple leçon de physiologie ; c’est un plaidoyer pour une véritable écologie personnelle. En prônant un regard global sur notre sommeil, notre assiette et notre environnement, il trace une voie de guérison douce. Son joyeux « Be Happy » final, lancé avec un sourire qui illumine la voix, n’est pas une formule toute faite. Il résonne comme une invitation lumineuse : celle d’apaiser, enfin, le dialogue rompu entre une tête qui pense trop et un corps qui encaisse tout.
C’est Baud c’est bon : l’émission de toutes les émotions
Sur les ondes de Radio Entre-deux-Mers (REM 98.4 FM), le rendez-vous incontournable du deuxième vendredi du mois a tenu toutes ses promesses. Animée par le chaleureux Gérard, accompagné de son acolyte Francis, l’émission a offert un moment radiophonique bouleversant, plaçant la résilience et la solidarité du Sud-Gironde au cœur des échanges.
Il y a des émissions qui vous marquent, qui vous tirent une larme tout en vous redonnant foi en l’humanité. Ce fut le cas de ce dernier numéro de C’est Baud c’est bon (diffusée de 15h à 16h sur REM 98.4 FM et r2m.org). En recevant deux acteurs locaux lourdement frappés par les récentes catastrophes climatiques, Gérard a mis en lumière le courage et la détermination de ceux qui, face à l’adversité, refusent de baisser les bras.
Le cri du cœur pour le Parc Animalier Sud-Gironde
La première partie de l’émission a été consacrée à Patrick, gérant dévoué du Parc animalier Sud Gironde situé à Landiras. Ce refuge sanctuaire recueille aujourd’hui près de 300 animaux issus de saisies judiciaires, d’abandons ou de maltraitance. Qu’il s’agisse de vaches Highland, de chèvres, d’une vingtaine de chiens-loups, d’un coq de combat sauvé à Sallebœuf ou même d’un jeune chameau, Patrick offre à ces cabossés de la vie un havre de paix.
Malheureusement, la nature s’est acharnée sur ce sanctuaire. Si les terribles incendies de 2022 avaient nécessité des évacuations héroïques, c’est la récente tempête qui a porté le coup de grâce : 80 % du parc a été détruit par les vents violents et les chutes d’arbres. Face à ce désastre, Patrick lance un appel à la générosité. Le parc, qui ne perçoit aucune subvention et refuse la reproduction ou l’exploitation de ses pensionnaires, a un besoin urgent de bénévoles, de matériaux de construction et de dons financiers ou matériels (croquettes, foin, maïs).
Pour soutenir le refuge, plusieurs événements solidaires sont organisés :
Une exposition photographique et un concert : les 3, 4 et 5 avril prochains à l’espace culturel Alexandre de Lur Saluces à Sauternes, avec le photographe animalier Bastien Campistron et un concert d’Orville Grant.
Un grand loto solidaire : le 25 avril à la salle des fêtes de Barsac.
Cadillac Rugby : l’esprit d’équipe face à la boue
L’émotion est restée palpable avec l’intervention de Fred, venu représenter l’Union Athlétique Cadillac (UAC) Rugby. Le club historique au maillot sang et or a récemment vu ses installations dévastées par les crues de la Garonne, avec près d’1m20 d’eau envahissant le mythique « Club House ».
Murs détruits, réfrigérateurs et congélateurs hors d’usage, matériel sportif noyé… Les dégâts sont considérables pour ce club familial qui compte plus de 150 licenciés et une centaine d’enfants à l’école de rugby. Pourtant, fidèle aux valeurs de l’ovalie, le club fait bloc. Une vaste mobilisation des bénévoles et des joueurs a permis de nettoyer la boue, mais le club a désormais besoin d’aide pour se rééquiper (électroménager, matériel) en attendant les retours des assurances.
Une cagnotte en ligne (rechercher « UAC section rugby ») a été lancée pour permettre au club de se relever à l’aube d’un événement historique : les 120 ans de l’UAC Rugby, qui seront célébrés en grande pompe le 30 mai 2026. Un anniversaire qui promet d’être la plus belle des revanches sur les caprices du fleuve, réunissant toutes les générations autour du ballon ovale.
La solidarité comme maître-mot
Entre les interventions poignantes des invités et les pauses musicales teintées de nostalgie et d’espoir, Gérard et Francis ont su rappeler que derrière chaque drame se cache une force collective incroyable. C’est Baud, c’est bon n’est pas qu’une simple émission de radio ; c’est un véritable lien social, un porte-voix pour ceux qui, dans l’ombre, réparent les vivants et rebâtissent l’avenir du Sud-Gironde.
Une belle leçon d’humanité à réécouter sans modération.
L’EAM fait sa radio : le média inclusif qui libère la voix
Prendre le micro, ajuster son casque, guetter la petite lumière rouge… et se lancer. L’exercice a de quoi donner des sueurs froides à n’importe qui. Pourtant, pour les résidents de cet Établissement d’Accueil Médicalisé, c’est devenu un rendez-vous incontournable. L’EAM fait sa radio, et l’initiative bouscule joyeusement le quotidien du secteur médico-social.
Oubliez les ateliers occupationnels classiques. Ici, on crée, on débat, on vibre. La création radiophonique s’impose comme un espace de liberté absolu où le handicap reste à la porte du studio. Derrière la table de mixage, seule la voix compte. Qu’elle soit hésitante ou assurée, elle devient le vecteur d’émotions brutes. Les résidents y partagent leurs coups de gueule, leurs souvenirs marquants ou encore leurs analyses de l’actualité avec une franchise qui fait un bien fou.
En coulisses, la préparation de chaque émission ressemble à un véritable bouillonnement créatif. On choisit les jingles, on prépare les interviews, on s’entraîne à vaincre sa timidité. Certains participants, d’ordinaire très effacés, se métamorphosent littéralement dès que le micro est ouvert. D’autres se découvrent une passion dévorante pour le montage ou l’animation.
L’onde de choc positive dépasse d’ailleurs largement les murs de la structure. Pour les familles, c’est l’occasion en or de découvrir un proche sous un prisme inédit, celui du créateur de contenu. Les équipes encadrantes, quant à elles, partagent une complicité rare avec les résidents, loin de la pression des soins médicaux.
Une belle preuve que l’inclusion passe aussi par les ondes. Alors, la prochaine fois que vous cherchez un podcast qui sort des sentiers battus, tendez l’oreille vers ces fréquences pas comme les autres. Elles ont énormément de choses à nous apprendre.
Maison Voisine : L’Élégance Secrète du Terroir Girondin
L’entretien s’ouvre sur un rire. Un souffle chaleureux, presque timide, qui trahit d’emblée l’essence de Jean-Charles : une humilité viscérale. Dans le village d’Auros, la Maison Voisine cultive une élégance paradoxale. Sans la moindre enseigne pour signaler sa présence, adossée dans l’ombre bienveillante de la mairie, l’entreprise familiale préfère le murmure de l’établi aux éclats de la vitrine. Pourtant, le silence de cette discrétion est rompu par le tintement de l’or et de l’argent : les médailles du prestigieux Salon de l’Agriculture qui couronnent aujourd’hui leurs rosettes.
Le phrasé de Jean-Charles, posé et terrien, révèle une chorégraphie intime finement orchestrée. L’aventure repose sur un quatuor soudé — deux sœurs, deux beaux-frères — gravitant autour du savoir-faire d’un maître artisan charcutier. On comprend vite que la Maison Voisine n’est pas une simple usine à saveurs, mais le prolongement direct d’une table dressée pour ceux qu’on aime. C’est de cette générosité épicurienne qu’est née leur innovation : des planches de charcuteries affinées — coppa, lomo, chorizo basque —, conservables hors frais, prêtes à éclore pour sublimer l’imprévu d’un concert ou la douceur d’un crépuscule.
Mais l’artisanat de Jean-Charles ne prend sa pleine dimension que parce qu’il irrigue la terre qui le porte. Leur engagement au sein de La Gemme, la monnaie locale girondine, dépasse la simple conviction économique ; c’est un serment territorial. Lorsqu’il avoue, avec la candeur de ceux qui ne comptent pas leurs heures, avoir souvent « le nez dans le guidon », sa voix trahit l’exigence d’un travailleur acharné. Derrière l’expression populaire sourd un idéal pur : bâtir un écosystème vertueux en circuit ultra-court, où l’énergie de leur atelier financerait directement les producteurs voisins.
L’étincelle de fierté culmine à la fin de l’échange, lorsqu’il évoque leur chef-d’œuvre absolu : le saucisson sec à la viande de race bazadaise. Une promesse audacieuse, mariant vin rouge et échalotes, pour ressusciter l’âme d’une véritable entrecôte bordelaise sous la fine peau du boyau. Gardien discret du terroir, Jean-Charles ne cherche pas la lumière, mais l’évidence du goût. Dans un monde obsédé par le paraître, il nous rappelle une vérité précieuse : l’excellence véritable ne s’affiche pas, elle s’offre en récompense à ceux qui prennent la peine de la chercher.
La Passem : Beatritz et Patric, le relais de l’occitan
Dans le studio, la musicalité précède le sens. Avant que Beatritz Tastet et Patric Lespes n’évoquent la logistique de La Passem, on est happé par leur grain de voix. Des consonnes doucement roulées, une chaleur communicative. Architectes girondins de cette course de relais titanesque de 2 000 kilomètres à travers la Gascogne, ils ne font pas que promouvoir un événement : ils courent pour un feu que l’on croyait vacillant, la langue occitane.
Quand Patric prend la parole, le timbre se fait introspectif. Il porte la fêlure silencieuse d’une génération amputée. « Les grands-parents parlaient, les parents ne parlaient pas », glisse-t-il. Ce vide, ce syndrome du membre fantôme linguistique, il l’a combattu par une immersion totale pour réapprendre le gascon. À l’évocation de ces mots retrouvés, le rythme de son phrasé s’accélère. L’urgence cède la place au soulagement viscéral de l’héritier qui a enfin retrouvé les clés de sa propre maison.
À ses côtés, l’énergie de Beatritz est une lame claire. Ancienne institutrice, elle confesse dans un rire franc avoir réappris la langue à cinquante ans. Pas pour la contempler, mais pour l’enseigner l’année suivante. Beatritz est le bras armé du duo. Dans sa prosodie vive, on lit la détermination de l’organisatrice. Elle sait que l’avenir d’une culture de cœur se gagne aussi à coups de tableurs Excel, de réunions de bénévoles et d’une logistique d’acier.
La Passem devient alors la métaphore parfaite de leur combat commun. Courir sans trêve, de jour comme de nuit, pour relier les territoires. L’enjeu : se passer le ligam, un témoin de bois renfermant un message secret, lu seulement à l’arrivée.
L’imagerie est puissante : des lampes frontales fendant la bruine nocturne, le souffle court, le macadam avalé pour financer des projets linguistiques. Beatritz et Patric refusent de mettre leur langue sous vitrine ; ils lui redonnent chair et sueur. Car ils l’ont compris : le gascon ne survivra pas par des décrets, mais par la friction du relais et le souffle de ceux qui le portent.
Isabelle Pauly : L’art subtil de l’observation de soi
Il est des voix qui n’exigent rien, mais qui accueillent tout. Dès les premières syllabes de son Instant Zen, le timbre posé d’Isabelle Pauly modifie l’acoustique intérieure de son auditeur. Sans artifices, le rythme de sa parole s’apparente au ressac tranquille d’une marée basse : une invitation suspendue à déposer les armes pour s’ancrer, enfin, dans l’insaisissable présent.
Évoquant la « nouvelle psychologie spirituelle », Isabelle esquisse une vision du bonheur non pas comme un trophée à conquérir, mais comme un état originel à défricher. On devine, à l’inflexion indulgente de sa voix, le sourire complice de celle qui connaît nos batailles intimes face au tumulte mental. Pourtant, derrière la figure douce de la guide, se révèle une redoutable architecte de l’autonomie. « Ne croyez pas tout ce que je vous dis », lance-t-elle, le ton soudain plus ferme, le port de tête que l’on devine redressé. Son moteur psychologique éclate ici au grand jour : elle ne cherche pas à forger des disciples, mais à éveiller des souverains. La vérité, rappelle-t-elle avec une lucidité tranchante, n’a de valeur que si elle est éprouvée et repensée par soi-même.
Avec l’élégance de ceux qui savent rendre l’exigence accessible, elle distille ensuite le premier jalon de son enseignement : l’observation de soi. « Sans se critiquer. » Le silence qui suit cette phrase agit comme un miroir tendu. Comment s’observer sans convoquer le tribunal implacable de notre esprit ? C’est ici qu’intervient sa plus grande force : la légèreté. En singeant nos jugements étriqués — ce passant qui « fait la gueule » ou cet autre avec son « oursin dans la poche » —, une chaleur amusée teinte son propos. Par le rire, elle désamorce la gravité de l’introspection, transformant notre pire vulnérabilité en un terrain d’étude fascinant.
Isabelle Pauly nous laisse sur une image cinématographique libératrice : celle de regarder le film de notre propre vie avec l’indulgence d’un spectateur amusé. Lorsque son « à très bientôt » s’éteint, il laisse dans son sillage un défi aussi doux que vertigineux : celui d’oser, pour une fois, devenir notre propre allié.
Quand le micro s’allume sur le 98.4 FM, il ne faut pas s’attendre à de la langue de bois. L’émission mensuelle « On n’est pas des enfants », animée par Francis et les résidents du Foyer Lévite à La Réole, a encore prouvé ce jeudi que le handicap n’empêche ni la lucidité, ni l’humour décapant. Entre actualités climatiques locales et débats gastronomiques surréalistes, retour sur une heure de direct pas comme les autres.
Impossible de passer à côté de l’actualité qui a secoué le Sud-Gironde. Les récentes inondations et les tempêtes successives (renommées Nils et Pedro) étaient sur toutes les lèvres. Si Jean-Marc a été marqué par les « poteaux couchés » et le vent qui souffle fort, c’est surtout la montée des eaux autour de La Réole qui a inquiété l’équipe.
Francis, en animateur féru d’histoire, en a profité pour rappeler une anecdote savoureuse sur l’architecture locale : saviez-vous que la rue de la Marée (souvent écorchée en « rue Lamar ») portait ce nom car, dès le Moyen-Âge, les maisons étaient conçues avec des sorties arrière et des étages élevés pour le bétail afin d’échapper aux crues ? Une petite leçon d’histoire glissée entre deux piques amicales adressées aux journalistes « chasseurs de sensationnel ».
L’émission est aussi une tribune pour les nouvelles voix. Luna, nouvelle arrivante en accueil temporaire, a crevé l’écran (ou plutôt le haut-parleur) avec sa passion dévorante pour la saga Harry Potter et une interprétation a cappella touchante d’une chanson de Peter Pan. Une parenthèse de douceur avant de laisser la place à Anthony. Lui, son truc, c’est la nature et les espaces verts, mais surtout les pompiers. Un rêve de gosse qu’il partage avec fierté, rappelant que derrière chaque résident se cachent des passions et des rêves bien vivants.
Mais que serait une émission de radio sans un débat de fond ? Oubliez la politique, ici on parle fromage. Et les avis sont tranchés ! Si Damien défend le Saint-Nectaire et l’Ossau-Iraty avec l’expertise d’un fin gourmet, Jean-Marc reste fidèle à sa recette très personnelle : de la baguette, de l’échalote et du camembert. Un mélange audacieux qui a déclenché l’hilarité générale dans le studio.
Au final, « On n’est pas des enfants », c’est ça : une heure où l’on rit, où l’on chante faux parfois, mais où l’on parle vrai toujours. Une bouffée d’oxygène à retrouver tous les premiers jeudis du mois sur RE2M.
Mots-clés (Tags) :
La Réole, Foyer Lévite, radio associative, handicap et inclusion, inondations Garonne, émission locale, RE2M, sud-gironde, témoignage, vie sociale.
La Passem en Gironde : Patric Lespes et la course contre le silence
Dans le studio, le fifre de Carole Poutays déchire l’air. Ce son, à la fois aigre et joyeux, ancre immédiatement l’instant dans une terre, une histoire. C’est sur cette toile de fond vibrante que se pose la voix de Patric Lespes.
Son profil est celui d’un Architecte du Lien. Là où d’autres voient une cause perdue, lui voit une infrastructure à bâtir. Il parle de logistique, d’euros et de découpage territorial avec la précision d’un géomètre, mais ne vous y trompez pas : sa comptabilité est au service de l’âme.
Sa voix s’anime, gagne en chaleur lorsqu’il évoque le Ligam. Ce témoin qui passe de main en main, jour et nuit, sans jamais toucher terre, est bien plus qu’un bâton de relais : c’est le pouls d’une langue qui refuse de s’arrêter.
La force de Patric réside dans sa capacité à fusionner l’idéal et le bitume. En faisant traverser la Gironde à La Passem pour la première fois — de Bazas à Langon, jusqu’à La Réole — il ne trace pas seulement un itinéraire sportif. Il réveille une géographie intime. Il invite ceux qui sont là depuis trente ans sans connaître l’histoire du sol qu’ils foulent à se connecter, enfin.
Il ne juge pas ceux qui ne savent pas ; il leur tend la main. Dans son récit, la course devient une procession moderne, joyeuse et inclusive, où chaque kilomètre acheté est une victoire sur l’oubli. Patric Lespes est à l’image de ce Ligam qu’il défend : il est le trait d’union. Il court, et nous entraîne dans sa foulée, pour que le silence ne gagne jamais la partie.
Méditation : Cesser de courir pour enfin exister
Dans l’effervescence du studio, face à une animatrice qui confesse son stress et sa difficulté à « lâcher prise », Max et Isabelle n’opposent pas de théories complexes. Ils offrent une présence. Une fréquence apaisée qui tranche avec le bruit du monde.
Max déconstruit le grand mythe occidental avec une douceur chirurgicale. Il raconte l’héritage d’une promesse paternelle — étudier, travailler, accumuler pour être heureux plus tard — et la découverte de son illusion. Il a couru après les plaisirs fugaces, ces satisfactions qui s’évaporent sitôt consommées, pour finalement se heurter au vide. Sa voix, posée, ne juge pas cette course effrénée ; elle constate simplement qu’elle est une impasse. Pour lui, conditionner son bonheur à l’extérieur est le plus sûr moyen de le manquer.
À ses côtés, Isabelle ancre cette sagesse dans la matière. Issue d’une rationalité athée, elle n’a pas embrassé la spiritualité par croyance, mais par pragmatisme. Pour elle, le corps est un instrument de vérité : on ne croit pas sur parole, on vérifie par l’expérience. C’est une spiritualité de l’autonomie, où chaque tension dénouée est une victoire sur le dogme.
Mais le cœur de leur message réside dans une redéfinition radicale du temps. L’être humain souffre, explique Max, car il est un exilé temporel, oscillant perpétuellement entre les regrets d’hier et les angoisses de demain. La méditation n’est pas une performance de plus à ajouter à nos agendas saturés. C’est une soustraction. C’est l’audace de s’asseoir, de fermer les yeux et de quitter la « substance temps ».
Ce que proposent ces deux guides pour leur retraite à Frontenac, c’est de découvrir que la sérénité n’est pas une conquête lointaine. C’est une mécanique innée, un « ici et maintenant » disponible à chaque instant, pour peu que l’on accepte, enfin, de s’arrêter.
Détox de printemps : Guy-Arnaud Penet réinvente la vitalité
Au micro de la matinale, le « Be happy » Guy-Arnaud Penet résonne moins comme un slogan que comme une promesse. Alors que la lumière s’étire et que le calendrier bascule vers le printemps, le kinésiologue ne vend pas du rêve en flacon, mais une réconciliation avec notre propre biologie.
Face au marronnier de la « détox », Guy-Arnaud déconstruit avec une bienveillance méthodique la violence de nos rituels modernes. Jus verts exclusifs, monodiètes, drainage intensif… Il écarte ces injonctions d’un revers de bon sens. Notre corps n’est pas une machine encrassée qu’il faut récurer, mais un écosystème raffiné dont le foie et la peau orchestrent déjà le nettoyage permanent.
Le paradoxe qu’il soulève est d’une lucidité clinique : pour éliminer, le corps a besoin d’énergie. Imposer une restriction calorique drastique à un organisme déjà épuisé par l’hiver est un contresens physiologique. « La vitalité précède l’élimination », rappelle-t-il. Affamer un corps sous stress ne fait que braquer le métabolisme et flamber le cortisol, transformant la cure de santé en épreuve de force.
Pour Guy-Arnaud Penet, la véritable mue printanière ne se joue pas dans la soustraction, mais dans le soutien du système nerveux. Respirer, s’exposer à la lumière matinale, nourrir plutôt que punir. Il nous invite à changer de paradigme : le printemps n’est pas une obligation de performance, c’est une autorisation au renouveau. Et si la transition semble lourde, ce n’est pas un échec de la volonté, mais le murmure d’un corps qui demande simplement à être écouté avant d’être purifié.
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