REM 98.4 FM

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REM 98.4 FM episodes

  • Espoir sans tremblement 19 02 2026

    Ce jeudi 19 février 2026, alors que la tempête Diego secoue encore le Sud-Ouest, les ondes de la Radio Entre Deux Mers (98.4 FM) apportent un peu de calme et beaucoup de résilience. Dans ce nouveau numéro d’« Espoir sans tremblement », Gérard et Francis abordent sans tabou la maladie de Parkinson, loin des clichés du « vieillard qui tremble ». Car oui, la maladie touche aussi les jeunes actifs, et la question du maintien dans l’emploi est plus que jamais centrale.

    Au-delà du tremblement : une réalité plurielle

    Il est temps de déconstruire les idées reçues. Comme le rappelle Gérard, environ 30 % des malades ne tremblent pas. La maladie est « à la carte », avec des symptômes très variables d’un patient à l’autre. En Gironde, on compte près de 3 800 cas, et le lien avec les pesticides chez les agriculteurs est désormais reconnu comme maladie professionnelle.

    Mais le message du jour est clair : ne restez pas sur votre canapé. L’activité est votre meilleure alliée.

    Les INM : se soigner autrement (mais sérieusement)

    Si les médicaments (et la fameuse dopamine) restent la base, les Interventions Non Médicamenteuses (INM) sont cruciales pour ralentir les effets indésirables, parfois jusqu’à 40 %. Attention toutefois aux charlatans : fiez-vous à la science.
    Le « Top 5 » validé par les neurologues inclut :

    • La méditation de pleine conscience.

    • L’hypnothérapie.

    • Le Tango (pour la motricité).

    • Le tennis de table (Ping-pong).

    • Le Motomed (rééducation motrice).

      Une nouvelle encourageante : les mutuelles commencent enfin à proposer des « paniers de soins » spécifiques pour rembourser ces pratiques, une avancée attendue pour le printemps 2026.

      Travailler avec Parkinson : les conseils de Martine

      Invitée de l’émission, Martine Granada, de l’association « Parkinson Vivre et Travailler », a insisté sur un point vital : gardez votre employabilité. Depuis la loi du 2 août 2021, la prévention de la désinsertion professionnelle est renforcée.

      Le conseil en or ? Ne cachez pas votre état à la médecine du travail. Ce service est votre allié pour aménager votre poste. Demander la RQTH (Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé) n’est pas un aveu de faiblesse, mais un bouclier juridique qui ouvre des droits et des financements (via l’Agefiph ou le FIPHFP).

      Conduite et culture : restez connectés

      Côté vie quotidienne, un rappel législatif s’impose : conduire avec Parkinson nécessite la validation d’un médecin agréé par la préfecture (via le formulaire Cerfa). C’est une question d’assurance et de responsabilité, pas une interdiction automatique.

      Enfin, pour garder le moral, l’équipe recommande le film culte L’Éveil (1990) avec Robin Williams et Robert De Niro, une ode à la vie et à la recherche sur la dopamine.

      Pour ne pas rester seul face au diagnostic, rapprochez-vous des associations locales comme France Parkinson ou Parkinson Vivre et Travailler. Comme le dit la devise de l’émission : l’espoir, lui, ne tremble jamais.

      58 min
    • Cristian Maizeret et l’Auseron : Sauveurs de la Mémoire Gasconne

      Cristian Maizeret et l’Auseron : Sauveurs de la Mémoire Gasconne

      Dans l’intimité du studio de Ràdio Lenga d’Òc, la voix de Cristian Maizeret se pose avec la tranquillité de ceux qui servent une cause plus grande qu’eux. Président de l’association l’Auseron, ancrée à Budos, il ne cherche pas la lumière pour lui-même. Il est là pour porter un héritage, celui d’un absent : l’historien local Jean Dartigolles.

      Entre ses mains, Cristian ne tient pas simplement un livre, mais une arche de Noé linguistique : le Lexique du vocabulaire gascon bazadais. Il raconte comment Dartigolles, cheminot et observateur insatiable, a passé sa vie à capturer les sons, les accents et les tournures du Sud-Gironde, noircissant des carnets d’une écriture phonétique précise.

      La mission de Cristian Maizeret et de son équipe a été celle d’orfèvres patients : transmuer ces notes brutes en une graphie normalisée, lisible pour les générations futures, sans jamais trahir la rugosité authentique du parler local. Lorsqu’il évoque des termes techniques oubliés, comme la caringue — cette charrette qui chante en grinçant — ou les métaphores imagées sur l’appétit, on sent chez lui une affection profonde pour cette « ethnographie historique ».

      Ce qui touche le plus chez cet homme, c’est son humilité lucide. Il se définit comme un « apprenant » face aux anciens locuteurs natifs, refusant le statut d’expert absolu. Pourtant, par ce travail de mémoire colossal réalisé depuis Budos, Cristian Maizeret accomplit l’essentiel : il empêche le silence de recouvrir l’âme du Bazas. Grâce à lui et à l’Auseron, la voix de Jean Dartigolles continue de résonner, offrant aux mots d’hier une éternité de papier.

      55 min
    • Méditation : Comment la neuroplasticité sculpte votre sérénité

      Méditation : Comment la neuroplasticité sculpte votre sérénité

      Dehors, l’hiver fige le monde ; au micro, la voix d’Isabelle Pauly le réchauffe. Dans cet Instant Zen, il ne s’agit pas seulement d’écouter, mais de se laisser envelopper. Sa diction, posée avec une douceur intentionnelle, agit comme un baume immédiat, transformant l’onde radio en un espace de sécurité.

      Isabelle ne nous parle pas de science froide, mais d’espoir biologique. Avec la gratitude de celle qui a reçu pour mieux transmettre — saluant au passage la sagesse d’Idris Lahore et d’Ennea Tess Griffith — elle nous livre une clé émancipatrice : la neuroplasticité.

      Ce terme barbare cache une vérité lumineuse : nous ne sommes pas condamnés à nos circuits de colère ou de tristesse. Tel un architecte intérieur, nous avons le pouvoir de reconfigurer nos neurones, de tracer de nouveaux sentiers vers la joie. « C’est un entraînement », précise-t-elle, non pas comme une corvée, mais comme on apprendrait un art de vivre.

      La force d’Isabelle réside dans sa vulnérabilité. Loin du maître intouchable, elle confie avoir été cette personne « agitée », familière des insomnies. Si elle prône la méditation, c’est parce qu’elle a vécu ce « grand ménage » mental, comparable à la fermeture des dizaines de fenêtres ouvertes sur un ordinateur saturé. Méditer, c’est cesser de drainer sa batterie vitale pour enfin se régénérer.

      Mais au-delà de la technique, elle nous offre une image finale d’une poésie absolue. Nos pensées ? De simples nuages. Notre conscience ? Un ciel bleu, vaste et immuable. Isabelle Pauly nous invite à ne plus nous battre contre l’orage, mais à reculer d’un pas pour observer l’azur qui, derrière la tempête, n’a jamais cessé de briller.

      10 min
    • Le Souffle « Be Happy » : Pierre et l’Art de Calmer le Système Nerveux

      Le Souffle « Be Happy » : Pierre et l’Art de Calmer le Système Nerveux

      Il y a dans la voix de Pierre, kinésiologue à La Réole, une modulation théâtrale qui agit comme une première promesse de guérison. Lorsqu’il lance son « Be Happy » signature, étirant les syllabes avec une énergie contagieuse, il ne formule pas un simple souhait : il donne le la.

      Pierre n’est pas qu’un thérapeute ; c’est un mécanicien des émotions. Avec une lucidité bienveillante, il déconstruit notre plus grande illusion : croire que le stress est une fatalité extérieure. Pour lui, l’ennemi est intime, logé au creux de notre thorax. Une respiration haute, saccadée, et c’est tout le corps qui hurle « Danger ! » au cerveau reptilien, activant un mode survie épuisant et continu.

      Mais Pierre est un pragmatique de l’espoir. Il nous offre la clé de notre propre pharmacie intérieure : le nerf vague.

      Sa méthode est d’une simplicité redoutable. Il ne s’agit pas de respirer plus, mais de respirer mieux. En cas d’alerte, la technique est précise : inspirer sur quatre temps, et surtout, expirer longuement, comme à travers une paille, sur huit temps. Ce n’est pas de l’air que l’on expulse, c’est un code morse biologique qui signale au cerveau : « Je suis en sécurité. »

      Dans un monde qui nous somme d’accélérer, Pierre nous apprend que le pouvoir réside dans la lenteur de l’expiration. Respirer, nous dit-il avec cette gravité joyeuse qui le caractérise, ce n’est pas seulement ventiler la machine. C’est entamer un dialogue conscient avec son système nerveux. Une conversation silencieuse qui change tout.

      4 min
    • C’est Baud c’est bon : La Garonne avec Raymond Vaillier – Melissa a présenté son EP « Just Méli »

      Crue de la Garonne 2026 : La Réole entre histoire et résilience

      Ce vendredi 13 février 2026 restera marqué par une Garonne capricieuse. Alors que le département est sous les eaux, l’émission « C’est beau, c’est bon » sur REM 98.4 a bousculé ses programmes pour donner la parole à Raymond Vaillier, Président de l’Office de Tourisme de l’Entre-deux-Mers, et à la jeune artiste bordelaise Just Mely. Entre inquiétude face à la montée des eaux et culture locale, retour sur une journée particulière.

      La Réole, une ville habituée à vivre les pieds dans l’eau

      À 17h, la cote atteignait déjà les 9 mètres, avec une prévision à 9,30m dans la soirée. Si la situation est tendue pour les riverains évacués, Raymond Vallier rappelle avec philosophie que ce n’est pas une première. L’histoire de La Réole est rythmée par les colères du fleuve, gonflé par le Lot et la fonte des neiges pyrénéennes.

      Les archives parlent d’elles-mêmes : 12 mètres en 1930, ou encore la crue historique de 1875 où le maréchal de Mac Mahon s’était fendu de son célèbre « Que d’eau ! ». Raymond Vaillier a partagé une anecdote savoureuse datant de 1955 : lors de la montée des eaux, les portes de l’Hôtel Terminus avaient été défoncées par le courant et le billard s’était retrouvé… à Gironde-sur-Dropt, 5 km plus loin !

      Une architecture pensée pour la survie

      Pourquoi l’eau monte-t-elle si vite ici ? C’est l’effet goulot : la vallée, large de plusieurs kilomètres en amont, se resserre à peine à 190 mètres au niveau du pont de La Réole.

      Mais les Réolais sont résilients. Comme l’a souligné l’invité, l’architecture locale s’est adaptée au fil des siècles. Dans le quartier du Rouergue, protégé par des digues depuis 1930, les fermes sont bâties sur des buttes. En ville, face aux quais, les maisons disposent de portes arrière donnant sur la rue Lamar (la rue de la marée) située plus haut, et d’escaliers extérieurs pour monter les animaux au premier étage. Une ingéniosité qui permet de vivre avec le fleuve plutôt que contre lui.

      Culture et talents de demain

      L’émission ne s’est pas contentée de surveiller la décrue. Elle a offert une bouffée d’air frais avec Just Mely. À bientôt 18 ans, cette jeune artiste qui oscille entre R&B, électro et rap, est venue présenter son titre She’s not without you.

      Autodidacte formée en technique du son, elle incarne cette nouvelle génération qui touche à tout : écriture, composition et interprétation. Un talent brut repéré par Didier Champs du studio NSP, à suivre de près lors de son prochain passage à la salle des fêtes de Sainte-Eulalie en mai.

      Malgré la grisaille et les inondations, l’Entre-deux-Mers reste une terre vivante. Comme l’a rappelé Gérard, l’animateur, une fois l’eau redescendue, il faudra revenir flâner sur la piste Lapébie ou découvrir l’histoire fascinante des prunes d’ente (les fameux « pruneaux d’Agen » qui transitaient par le port de La Réole), symboles d’un patrimoine qui résiste à tout.

      1 hr
    • Les Rires Olé du FAM : Xavier Huneau alias Azor Pixel Clown en milieu particulier

      C’est une bouffée d’air frais qui souffle sur les ondes du 98.4 FM. Une fois par mois, les résidents du Foyer d’Accueil Médicalisé (FAM) de La Réole prennent le contrôle des micros pour leur émission « Les Rires-olés ». Loin des formats aseptisés, ici, on parle vrai, on rit beaucoup et on ne cache rien, surtout pas sa propre humanité.

      Azor Pixel : Le clown qui soigne par le rire

      Pour cette édition, l’invité d’honneur était Xavier Humeau, alias « Azor Pixel ». Avec plus de 24 ans de métier, ce clown intervenant en milieu de soins a partagé les coulisses de sa vocation. Pourquoi ce nom ? Un mélange touchant entre un souvenir d’enfance lié à un chien de roman (« Azor ») et une contrainte administrative parisienne qui a donné naissance à « Pixel ».

      Au-delà de l’anecdote, Xavier rappelle une vérité essentielle : le clown à l’hôpital ou en EHPAD n’est pas là pour faire un spectacle, mais pour créer du lien. Une philosophie qui résonne particulièrement avec les résidents du foyer, eux-mêmes en quête constante d’interaction et de reconnaissance.

      La radio comme thérapie : briser les tabous

      Le moment fort de l’émission reste sans doute cette table ronde improvisée sur la « maladie ». Benjamin, Mathias, Boris, Nicolas et les autres ont choisi de mettre des mots sur leurs maux. Schizophrénie, troubles bipolaires, angoisses ou état limite : ils en parlent avec une lucidité désarmante.

      Pour beaucoup, comme Mathias ou Alexandra, la radio est devenue un outil thérapeutique inattendu. Elle permet de canaliser les émotions, de vaincre une timidité maladive et, surtout, de s’ouvrir aux autres. « Maintenant, je m’en fous du regard des autres, je vis ma vie », confie Mathias. Une belle victoire sur l’isolement que ces pathologies peuvent parfois engendrer.

      La cafétéria : nouveau cœur battant du foyer

      La vie au FAM, c’est aussi les petits plaisirs du quotidien. L’équipe a fièrement présenté son nouveau projet : une cafétéria gérée par les résidents. Ce n’est pas juste un lieu pour boire un café, c’est un espace d’autonomie où l’on choisit sa boisson, sa musique et où l’on débat… notamment sur la meilleure façon de manger des crêpes ! Entre la team « sucre » et la team « Nutella », les débats de la Chandeleur ont été passionnés, rappelant que la convivialité passe souvent par l’estomac.

      De l’accueil d’Anita, stagiaire venue de Madagascar, aux blagues de Francis l’animateur, « Les Rires-olés » prouvent que derrière les murs du foyer médicalisé, il y a avant tout une communauté vibrante, solidaire et sacrément attachante.

      58 min
    • Bal trad, carnaval et électro occitane : Musiques en Bastide met Sauveterre en mouvement
      Bal trad, carnaval et électro occitane : Musiques en Bastide met Sauveterre en mouvement

      Le 28 février, la salle Simone Veil vibrera au rythme des bourrées, des mazurkas et des machines électroniques. Avec envie de Musiques en Bastide  : le Tous en Bal #2 tiendra toutes ses promesses. Avant la soirée, Fred, Laetitia et Christophe sont passés sur notre antenne pour tout nous expliquer. Leur interview est à réécouter en podcast juste ici.

      « Une fête populaire, comme on en fait depuis toujours dans nos villages »

      C’est Frédéric qui résume le mieux l’esprit du bal trad — et il le fait avec la simplicité de quelqu’un qui a lui-même appris à danser il n’y a pas si longtemps. Dans notre studio, il décrit une soirée sans hiérarchie ni jugement : « On peut vraiment arriver sans connaître quoi que ce soit. On sera invité à danser si on en a envie. C’est très entraînant, très simple, et surtout on n’est pas jugé. » Une heure d’initiation gratuite avait d’abord été proposée au gymnase, animée par Cyril Colas de Saint-Macaire, pour apprivoiser quelques pas — ronde, cercle circassien, mazurka — avant de se lancer sur la piste.

      Cau Bell et Petit Piment : deux univers, un seul élan

      La soirée s’articulait autour de deux groupes aux couleurs bien distinctes. Cau Bell, deux femmes de Toulouse, ouvraient le bal avec un set entièrement construit sur machines électroniques, par-dessus lequel flottaient des chants traditionnels occitans. « Vous tapez Cau Bell sur internet et vous aurez un extrait », glissait Frédéric à l’antenne, avec l’enthousiasme contagieux de quelqu’un qui sait que les mots ne suffisent pas. En deuxième partie, Petit Piment — quatre musiciens acoustiques au répertoire mêlant languedoc, occitan et français — prenait le relais pour deux heures de bal relevé, « rock et pop, ça envoie bien, d’où le Petit Piment. » Entre les deux, le chef Christophe du Jardin d’eau tenait la restauration, et la buvette permettait de souffler entre deux mazurkas.

      Une journée entière à l’unisson du territoire

      Ce qui rendait ce 28 février particulier, c’est que le Tous en Bal #2 n’était pas un événement isolé. Il s’inscrivait dans la continuité directe du carnaval de Sauveterre, organisé cette année sur le thème « musique et danse » — un clin d’œil évident à la soirée qui allait suivre. « C’est une continuité », confirmait Laetitia, vice-présidente de l’association. Défilé depuis la place de la République à 15h30, jugement de Monsieur Carnaval à 17h, initiations de danse à 17h30, portes de la salle à 19h : une journée pensée comme une seule respiration collective. Et pour ceux qui auraient gardé leur costume de carnaval ? « Au contraire, » répondait Frédéric en souriant, « ça rajoutera à l’ambiance. »

      Un enjeu qui concerne notre territoire

      Le bal trad n’est pas un folklore figé. C’est une pratique vivante, qui se réinvente — l’électro occitane de Cau Bell en est la preuve — et qui remplit une fonction sociale que peu d’événements savent encore assurer : réunir des générations, des niveaux, des origines différentes autour d’une même piste de danse. Dans un territoire rural comme l’Entre-Deux-Mers, où le tissu associatif reste l’un des rares ciments de la vie collective, des associations comme Musiques en Bastide font un travail que REM est fière d’accompagner. La prochaine occasion ? Le 7 mars, toujours salle Simone Veil, avec une soirée ska reggae autour de Los Tres Puntos — un groupe qui fête ses 30 ans et a joué devant 60 000 personnes au Mexique. Le tout à Sauveterre-de-Guyenne.

      15 min
    • La Ferme des Places : L’agroécologie enracinée à Aillas

       La Ferme des Places : L’agroécologie enracinée à Aillas

      Sur les routes du Sud-Gironde, Antoine nous conduit à Aillas, là où Pierre, 31 ans, a posé ses valises et ses convictions. À la Ferme des Places, ce jeune maraîcher ne se contente pas de cultiver la terre ; depuis un an, il y sème une certaine idée de l’avenir.

      Sa démarche est d’une clarté limpide : agroécologie, biodiversité et autonomie. Pour Pierre, le choix de la petite surface n’est pas une contrainte, mais une éthique. Sa voix calme, empreinte de certitude, nous rappelle que l’agriculture paysanne est avant tout une coopération avec le vivant, loin des logiques industrielles.

      Cette cohérence se prolonge jusqu’à l’échange. Circuit ultra-court (60 km maximum), AMAP ou Biocoop : ici, pas d’intermédiaire opaque. L’usage de la Gemme devient alors une évidence, presque une signature. Plus qu’un moyen de paiement, c’est pour lui une « carte de producteur », une boucle vertueuse qui ancre l’économie dans le réel et la solidarité.

      Mais l’engagement de Pierre ne s’arrête pas aux frontières de ses champs. Syndiqué à la Confédération Paysanne, il sait que les combats collectifs se gagnent aussi dans la joie. Il nous donne rendez-vous le samedi 21 février à Sigalens (dès 19h) pour une fête paysanne à prix libre. Au menu : repas, concert et partage. Une occasion de goûter, au sens propre comme au figuré, à ce monde qu’il construit chaque jour.

      5 min
    • René Capdevielle : Le douanier des cimes et des mots

      René Capdevielle : Le douanier des cimes et des mots

      René Capdevielle est un homme-frontière. Ancien douanier de métier, il a passé sa vie à surveiller les lignes, mais c’est une autre limite qu’il défend aujourd’hui avec une ferveur intacte : celle qui sépare l’oubli de la mémoire vivante. Sa voix, rocailleuse comme les pentes du Pibeste qu’il connaît par cœur, ne se contente pas de parler ; elle roule les « r » comme le gave charrie ses galets, portant l’écho d’une Bigorre indomptable.

      Dans ce coin de Pyrénées, René n’est pas un simple habitant. Il est le gardien d’une « République » invisible, celle des Sept Vallées du Lavedan. Il raconte avec une fierté contagieuse ce temps où les communautés de voisins s’administraient elles-mêmes, bien avant que les cartes modernes ne figent le territoire. Pour lui, la réserve naturelle n’est pas un trait de plume administratif, mais le prolongement de cette liberté sauvage, un sanctuaire où l’ours et l’isard ignorent les passeports.

      Mais la véritable douane de René Capdevielle est linguistique. Il refuse obstinément d’être relégué au rang de « pépi », ce folklore passéiste qu’on dépoussière les jours de fête. Sa langue, le gascon, est une arme de précision qu’il affûte en s’attaquant à des monuments. Lorsqu’il traduit Brel, Brassens ou Renaud, il ne fait pas de la simple conversion littéraire : il rapatrie ces géants au pays.

      Sous sa plume, L’Auvergnat change de visage pour devenir un frère de vallée, et la mélancolie de Mistral Gagnant s’enracine dans la terre lourde de ses ancêtres. En faisant résonner ces mélodies universelles dans la langue de son enfance, René Capdevielle prouve que le gascon n’est pas une langue morte, mais un feu qui couve sous la cendre, prêt à brûler pour peu qu’une voix assez forte, comme la sienne, vienne souffler dessus.

      57 min
    • De joueurs à créateurs : L’envers du décor avec Olivier et Charlotte

      De joueurs à créateurs : L’envers du décor avec Olivier et Charlotte

      Sous la bonhomie radiophonique de Simon Bordelais et l’ambiance décontractée du studio, une mue s’opère. Face au micro, Olivier et Charlotte ne sont plus de simples passionnés ; ils sont en train de passer de l’autre côté du miroir. Étudiants à l’école « La Horde », ils apprennent à désassembler la magie pour mieux la reconstruire.

      L’Architecte et l’Animatrice

      Olivier, en deuxième année de programmation, possède le calme de ceux qui voient la matrice. Pour lui, le jeu vidéo n’est pas une succession d’images, mais une « base logique », une langue universelle qu’il faut maîtriser avant même de la parler. Lorsqu’il évoque l’algorithmique ou la physique des portails dans Portal, on sent chez cet architecte de l’invisible une fascination pour l’ossature des mondes. Sa lucidité est tranchante : il a compris que « aimer jouer » et « aimer créer » sont deux passions distinctes, parfois contradictoires, qu’il faut savoir réconcilier.

      À ses côtés, Charlotte, étudiante en Game Art, incarne le souffle vital. Sa quête n’est pas celle du code pur, mais du mouvement. Elle parle du « modèle vivant » avec une ferveur particulière : en quinze secondes, un crayon à la main, elle ne cherche pas à faire du « joli », mais à capturer l’intention, le poids, l’essence d’une posture. C’est cette capacité à synthétiser la vie qui nourrit son travail d’animation 2D. Elle est celle qui transforme une balle inerte en un personnage doté d’une âme, s’inspirant de la narration émotionnelle d’Undertale ou de la poésie de The Last Guardian.

      La Fin de l’Innocence

      Ce qui lie ces deux profils, c’est l’acceptation d’une nouvelle réalité. Loin du cliché de l’étudiant oisif manette en main, ils décrivent un quotidien d’artisans modernes. Ils transportent leur propre matériel chaque matin, gèrent des « deadlines » serrées et apprennent à travailler en symbiose, le code soutenant l’art, l’art sublimant le code.

      Olivier et Charlotte ont accepté de briser le quatrième mur. Ils ont troqué l’innocence de la découverte – celle de leurs premiers émois sur Pokémon ou Monster Hunter – contre le pouvoir de la création. Ils ne sont plus spectateurs ; ils sont devenus les ingénieurs de nos futurs imaginaires.

      20 min

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