REM 98.4 FM

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REM 98.4 FM episodes

  • Pierre Goumarre : le souffle du geste

    Pierre Goumarre : le souffle du geste

    Face au chœur, Pierre Goumarre ne produit pas le moindre son. C’est le paradoxe lumineux de son art : être muet pour faire chanter les autres. Ancien solitaire des tribunes d’orgue bordelaises, ce musicien aux curiosités éclectiques — du manche à balai des avions aux résonances des synthétiseurs — a délaissé la mécanique des tuyaux pour la chair vivante du collectif.

    À la tête d’Artis Voces, ensemble d’une vingtaine de voix ancré à La Réole, il ne commande pas : il insuffle. Diriger n’est pour lui ni un exercice d’autorité ni une chorégraphie convenue, mais un acte d’empathie pure. D’un simple déliement du poignet, d’une suspension d’épaule ou d’un regard partagé, il accorde vingt-quatre respirations disparates en un même élan vital.

    Pour clore sa saison, le chef s’amuse à déplacer les lignes. Avec le programme Résolument Jazz, il arrache ses choristes aux habitudes classiques pour les jeter dans le groove. Au menu : les fables espiègles du Swing de La Fontaine de Pierre-Gérard Verny et la Little Jazz Mass de Bob Chilcott, où la liturgie sacrée s’embrase d’harmonies bleues. Accompagné d’un trio acoustique — piano à queue, contrebasse, batterie —, l’ensemble prend ses quartiers sous les voûtes de pierre du Couloir des Bénédictins, au prieuré réolais.

    Loin des cathédrales intimidantes, l’écrin se fait intime, presque complice. Car au fond, Pierre Goumarre ne cherche qu’une chose : ce frisson rare où l’effort technique s’évapore pour laisser place à la joie pure d’un tempo partagé.

    Un texte formulé par Simon Bordelais.

    22 min
  • Saint-Macaire : Le Village des possibles en fête

    Saint-Macaire : Le Village des possibles en fête

    Sous les voûtes calcaires des Grottes de Saint-Macaire, au bord d’une Garonne ombrageuse, l’époque cesse un instant de courir à sa perte. Face aux micros d’un studio local, trois voix esquissent les contours du Village des possibles, rendez-vous orchestré par le collectif Bloquons tout Sud-Gironde.

    Il y a là Christian Leduc, troubadour libertaire à la bonhomie désarmante, prompt à troquer les postures militantes contre la chaleur d’un éclat de rire ; Mathieu Romain, philosophe attentif qui arpente avec une même lucidité les amphithéâtres et les piquets de grève lycéens ; et Pascale Donnio, metteuse en scène dont le regard s’enflamme dès qu’affleurent les silences d’État.

    L’initiative est née au lendemain des ronds-points : « Nous voulions tout bloquer, s’amuse Christian, et nous n’avons pas bloqué grand-chose. » Mais l’échec du grand soir a cédé la place à une victoire plus discrète : celle de la fidélité. Depuis plus d’un an, ces citoyens tiennent assemblée, refusant de laisser le cours du monde confisquer leur puissance d’agir.

    À l’heure d’imaginer le monde d’après la tempête, ils écartent les formules creuses. Leurs mots sont simples, presque pudiques : bâtir un horizon joyeux, un avenir désirable. À Saint-Macaire, la résistance ne brandit pas de dogme ; elle allume un foyer dans la pénombre.

    0 min
  • Flash info du 7 et 8 octobre 2026 : lycéens, pont de l’estey de Gréan, « Gratte Gratte » à Langon

    Nouvel appel à manifester pour les lycéens girondins, un pont à reconstruire près de Branne, une pièce sur l’addiction aux jeux de grattage à Langon : l’essentiel de l’actualité locale en trois minutes.

    Lycéens : la mobilisation continue jeudi 8 octobre

    Les lycéens de Gironde sont appelés à manifester de nouveau jeudi 8 octobre. Ils demandent davantage d’enseignants, des effectifs allégés et des locaux rénovés. Mardi 6 octobre, vingt établissements du département étaient fermés, d’après le rectorat.

    Le ministère de l’Éducation nationale prévoit par ailleurs de libérer une demi-journée dans chaque lycée, à partir du mercredi 7 octobre, pour un temps d’échange avec les élèves. Le reste de l’emploi du temps est maintenu. Les familles sont invitées à consulter les messages de leur établissement.

    Saint-Sulpice-de-Faleyrens : le pont de l’estey de Gréan remplacé

    Depuis l’effondrement du pont de l’estey de Gréan, la RD 122 est coupée entre Branne et Saint-Sulpice-de-Faleyrens. Le Département de la Gironde lance sa reconstruction le vendredi 16 octobre, pour trois semaines et 180 000 euros. Quelque 3 500 véhicules empruntent cet axe chaque jour.

    La route reste fermée pendant le chantier. La déviation emprunte la RD 936, la RD 670 et la RD 19. Le plan est disponible sur la page Inforoutes. Lire notre article.

    Santé mentale : « Gratte Gratte » aux Carmes de Langon

    Jeudi 8 octobre à 20 h 15, la Compagnie 22h22 présente « Gratte Gratte » au centre culturel Les Carmes, à Langon. Entre humour et émotion, la pièce aborde l’addiction aux jeux de grattage, l’amitié et la vie rurale. L’équipe d’addictologie du Centre hospitalier de Cadillac anime un débat après la représentation. Accueil à partir de 19 heures.

    Le même jour à 15 heures, le Centre hospitalier de Cadillac projette le documentaire « La vie continue… », suivi d’une discussion. Ces rendez-vous s’inscrivent dans les Semaines d’information sur la santé mentale, jusqu’au 18 octobre. Notre présentation du programme.

    La Réole : le marché du mercredi en version hiver

    Le P’tit Marché du Mercredi quitte la place de la Libération pour la saison froide. Jusqu’au 1er avril 2027, les producteurs s’installent chaque mercredi de 17 heures à 20 heures à L’Humeur du Jour, 7 rue des Frères Faucher. On y trouve légumes, œufs et jus de fruits bio. Lire notre article.

    L’agenda du week-end

    Samedi 10 octobre, Camarsac accueille la Nuit du Prince Noir : trail solo de 8 kilomètres à 16 heures, randonnée et course des enfants. Les inscriptions se font uniquement sur Engage Sports, aucune ne sera prise sur place. Tous les détails.

    Le même samedi, de 13 h 30 à 23 heures, le Village des possibles investit les Grottes de Saint-Macaire avec théâtre, conférence et spectacle, à prix libre. Le programme.

    À La Réole, le chœur Artis Voces donne un concert jazz au prieuré des Bénédictins, samedi 10 octobre à 20 h 30 et dimanche 11 octobre à 17 h 30. Entrée à 18 euros en prévente, gratuite pour les moins de 25 ans sur justificatif. Lire notre article.

    À Targon, le festival Le Pressoir ouvre vendredi 9 octobre à 19 heures pour trois jours de fanfares, à prix libre. Lire notre article.

    Sources : Département de la Gironde, Centre hospitalier de Cadillac, P’tit Marché du Mercredi, Les Princes Noirs de Camarsac, Bloquons Tout Sud-Gironde, Artis Voces, ACROCS Productions, rectorat de Bordeaux, ICI Gironde.

    3 min
  • Patrick Lespès : la voix retrouvée du Sud-Gironde

    Patrick Lespès : la voix retrouvée du Sud-Gironde

    Il y a dans la voix de Patrick Lespès la mesure exacte des gens de la terre. Quand il évoque le Sud-Gironde, ses coteaux de vignes et les sables de Budos, son phrasé refuse l’emphase. Au micro de l’émission Adishatz sur Radio Entre-Deux-Mers, le président de l’association La Cabòca s’avance sans posture : il est de ces bâtisseurs discrets qui préfèrent creuser le sillon plutôt que discourir sur la moisson.

    À ses côtés, l’enseignante Béatrice Tastet partage cette même ferveur tranquille. Lorsqu’ils dressent le bilan de La Passem — ce relais titanesque de deux mille kilomètres à travers la Gascogne —, Patrick n’égrène pas des chiffres, il évoque des regards. Il parle de ce frisson soudain qui saisit les habitants au bord des routes nocturnes, de ce souvenir des grands-parents qui remonte sans prévenir. Car son moteur intime est là : déverrouiller une mémoire collective que des décennies de silence avaient cru enfouir à jamais.

    À Budos comme à Langon, l’atelier hebdomadaire tient moins du cours magistral que de la veillée retrouvée. Pour une poignée d’euros, adultes intimidés et curieux viennent réapprendre les mots de leurs aïeux. Dans le rire franc de Béatrice qui invite à « faire parler le monde », la langue quitte la vitrine des musées pour reprendre sa place légitime : autour d’une table, dans les chants partagés et la connivence des corps. Face aux incertitudes administratives et aux postes d’enseignants itinérants menacés, leur réponse demeure invariable : faire communauté, avec ténacité.

    Le portrait trouve son acmé dans un instant de suspension pure, lorsque Béatrice fait résonner un texte de Bernard Manciet. La lande pluvieuse, la boue qui alourdit les pas, l’harmonica des réfugiés et la moustache trempée d’un père : la prose devient incantation. Silencieux, Patrick écoute. Tout est dit dans cette immobilité attentive. L’occitan n’est pas un vestige qu’on préserve par devoir ; c’est une chair vive, un paysage qui continue d’habiter ceux qui refusent d’oublier leur nom.

    Un texte formulé par Simon Bordelais.

    58 min
  • Flash info du 6 et 7 octobre 2026 : lycéens, aidants à Portets, Journées de La Brède

    Les lycéens mobilisés à Langon et La Réole, un forum pour les aidants familiaux à Portets, Michel Onfray aux Journées de La Brède : l’essentiel de l’actualité locale en trois minutes.

    Lycéens : une troisième journée d’action

    La mobilisation lycéenne s’est poursuivie mardi 6 octobre en Gironde. Les élèves réclament plus de professeurs, des classes moins chargées et des bâtiments en meilleur état. À Langon, une quarantaine de lycéens se sont rassemblés dans le calme devant la sous-préfecture. Une délégation a été reçue par le sous-préfet.

    La veille, une centaine d’élèves du lycée Jean-Renou, à La Réole, plus petit lycée de Gironde, avaient poursuivi le mouvement. Ils dénoncent des classes surchargées, l’absence de confort thermique et des emplois du temps à rallonge. La députée de la 12e circonscription, Mathilde Feld, est venue les soutenir. À Bordeaux, le cortège a rassemblé environ 8 500 personnes à la mi-journée, selon Sud Ouest. Des heurts ont éclaté le matin devant le lycée Montaigne, avec quatre interpellations, puis des tirs de gaz lacrymogène en fin de journée. Nous avions déjà évoqué la situation du collège de Monségur.

    Portets : un forum pour les aidants familiaux

    Vendredi 9 octobre, Convergence Garonne et l’association Sud-Gironde Aide et Soins à Domicile organisent la quatrième édition de leur forum des aidants, à La Forge, à Portets, dès 9 h 30. L’objectif : repérer ces proches qui accompagnent un parent en perte d’autonomie, et prévenir leur épuisement. « Prendre soin de soi pour prendre soin des autres », résume Edwige Castin, de Convergence Garonne.

    Une quinzaine de structures renseignent le public. Au programme : ateliers, échanges radiophoniques et théâtre d’improvisation. L’accès est gratuit. Le repas et le transport Sud-Gironde Mobilités sont sur réservation au 06 29 32 60 52. Écouter notre échange avec les organisatrices.

    Santé mentale : 25 rendez-vous jusqu’au 18 octobre

    Les Semaines d’information sur la santé mentale proposent 25 rendez-vous en Sud-Gironde : théâtre à Langon, expositions à Cadillac, atelier à Sauveterre-de-Guyenne. Le programme complet.

    Journées de La Brède : Michel Onfray remplace Alain Juppé

    Alain Juppé a annulé sa venue aux Journées de La Brède, samedi 10 octobre, au château de Montesquieu. C’est le philosophe Michel Onfray qui ouvrira l’après-midi, à 14 h 15, sur la nation politique. Deux tables rondes suivront, à 15 h 45 et 17 heures. À 11 heures, Vanessa de Senarclens reçoit le Prix littéraire Montesquieu pour La bibliothèque retrouvée, une enquête. L’entrée est gratuite, sans réservation.

    À l’agenda et au stade

    À Targon, le festival Le Pressoir fête la fin des vendanges du 9 au 11 octobre, avec fanfares, concerts et spectacles à prix libre.

    À Aillas, le Rugby Club Aillassais, nouveau club de Sud-Gironde, a remporté son premier match officiel dimanche 4 octobre face à Prigonrieux, 45 à 13, avec sept essais. Environ un millier de spectateurs étaient venus, dans un village de 800 habitants.

    Sources : Sud Ouest, Convergence Garonne, Sud-Gironde Aide et Soins à Domicile.

    3 min
  • Déménager avec son chat : les conseils de Catherine

    Déménager avec son chat : les conseils de Catherine 

    Au micro de Radio Entre-Deux-Mers (REM), la voix de Catherine possède cette clarté douce de ceux qui savent regarder le monde par les yeux d’autrui. Présidente de l’association du Chat Réolais et communicante animalière, elle résume d’un trait l’abîme qui sépare notre logistique humaine de la sensibilité féline : « Quand nous changeons d’adresse, notre chat change de territoire. »

    Là où nous déplaçons des cartons, le chat voit s’effondrer son univers. Car son équilibre ne tient pas à nos baux ou à nos clés, mais à une cartographie invisible de phéromones, de textures et de silences familiers.

    Pour désamorcer le vertige, Catherine invite à ralentir :

    • Apprivoiser l’inconnu : laisser l’animal investir les cartons ouverts, sans chercher à l’éloigner des préparatifs.

    • Sauvegarder sa mémoire : ne jamais laver ses coussins avant le départ ; ses odeurs sont son unique boussole.

    • La pièce sanctuaire : le jour J, l’isoler dans une pièce calme avec ses affaires, et le faire voyager en dernier pour qu’il arrive dans un décor déjà stabilisé.

    • Respecter son rythme : à l’arrivée, ouvrir sa cage dans une pièce refuge et le laisser choisir l’heure de sa sortie. Le jardin, lui, attendra plusieurs semaines — le temps d’ancrer ses nouveaux repères et de vérifier ses coordonnées sur l’I-CAD.

      Derrière la finesse du conseil se profile l’engagement du terrain. En studio, l’éducatrice cède volontiers la place à la militante du refuge : l’association fait face à de lourdes charges vétérinaires. D’un mot pudique, elle rappelle qu’un sachet de nourriture ou un euro offert sur HelloAsso suffit à préserver la sécurité de ceux qui n’ont pas de voix.

      Prendre soin de son chat, c’est d’abord consentir à sa mesure du temps. Une élégante leçon de patience, murmurée avec cœur sur les ondes de l’Entre-Deux-Mers.

      5 min
    • Sébastien : la ferveur du metal en bastide

      Sébastien : la ferveur du metal en bastide

      À Sauveterre-de-Guyenne, les pierres blondes de la bastide ne résonnent pas seulement du travail de la vigne. Depuis janvier 2020, sous l’impulsion discrète de Sébastien et de l’association Musiques en Bastide, la salle Simone Veil s’est muée en sanctuaire des musiques extrêmes. Président sans apparat, enseignant le jour et chroniqueur passionné la nuit, l’homme fuit les vanités. 

      Bâtir un bastion death et black metal en milieu rural exige la patience du laboureur. Après les incertitudes des débuts, l’événement a trouvé son équilibre et son public, attirant bien au-delà de la Gironde. Mais le succès n’a rien altéré de la rigueur morale de Sébastien. Lorsqu’un festivalier débourse son billet et s’offre un t-shirt, il y voit une confiance sacrée. Cette déférence envers l’effort d’autrui dicte tout : des tarifs serrés au cordeau, le choix délibéré d’une billetterie associative pour préserver chaque centime, et cette formule désarmante qui balaye le cynisme : « Au fond, ce n’est que de l’amour. »

      Sur scène, l’affiche célèbre l’excellence française avec une rare intensité : des pionniers de Mercyless à la déflagration de Benighted, en passant par la verve thrash de Sulfator, les arabesques oniriques de Silhouette ou les trente ans d’histoire de Destinity. Pourtant, au cœur du maelström, l’artisan des lieux n’entendra presque rien des concerts qu’il a patiemment tissés. Accaparé par mille devoirs invisibles, Sébastien veille dans l’ombre, heureux d’offrir la foudre à ceux qui savent l’entendre.

      Un texte formulé par Simon Bordelais

      16 min
    • Flash info du 5 et 6 octobre 2026 : Charles Vérité, lycéens de La Réole, saison touristique

      La mort de l’ancien maire de Langon, la mobilisation des lycéens de La Réole et le bilan touristique de l’Entre-deux-Mers : l’essentiel de l’actualité locale en trois minutes.

      Langon perd son ancien maire

      Charles Vérité est mort dimanche 4 octobre, à 89 ans. Médecin généraliste, il a été maire de Langon de 1989 à 2014 et a siégé 49 ans au conseil municipal. Lire notre article.

      Les lycéens de La Réole mobilisés

      Une centaine d’élèves du lycée Jean-Renou ont manifesté lundi 5 octobre, après un premier rassemblement le 1er octobre. Ils dénoncent des classes surchargées, des emplois du temps à rallonge et des bâtiments sans confort thermique. La députée Mathilde Feld est venue les rencontrer.

      Tourisme : une saison à l’heure de la canicule

      Ouvertures plus tôt, activités décalées le soir : l’Office de tourisme de l’Entre-deux-Mers a dû s’adapter à la chaleur. Sa directrice, Aurore Dalla Santa, explique comment. Le bilan complet de la saison.

      Dans les communes

      À Saint-Quentin-de-Baron, la nouvelle mairie a été inaugurée le 3 octobre dans un ancien bâtiment communal réhabilité, avec l’agence postale. À Sauveterre-de-Guyenne, un composteur partagé accueille désormais les restes de cuisine d’environ 500 personnes. À Coutras, aucun nouveau cas de légionellose n’a été signalé : l’eau du robinet reste potable.

      À l’agenda

      Le festival Le Pressoir à Targon, du 9 au 11 octobre, à prix libre. La marche rose entre Saint-Macaire et Caudrot, dimanche 11 octobre.

      Sources : Entre-deux-Mers Tourisme, USTOM, commune de Saint-Quentin-de-Baron, ARS Nouvelle-Aquitaine, Sud Ouest.

      3 min
    • Constellations familiales : la loi de l’appartenance

      Constellations familiales : la loi de l’appartenance

      Enregistrée dans le calme de son propre espace, la voix qu’Isabelle Pauly nous transmet pour L’Instant Zen a la douceur d’une confidence suspendue. Sans fracas, elle nous invite à explorer la loi cardinale des constellations familiales : le principe d’appartenance.

      Dans une famille, ce droit est absolu. Nul ne peut en être retranché, quels que soient ses actes, ses failles ou son destin.

      Pourtant, chaque lignée porte ses bannis : le marginal que l’on tait par honte, l’enfant disparu trop vite ou le soldat tombé au combat que l’on préfère oublier pour fuir le chagrin. Mais le système n’admet aucun vide. Ce silence délibéré ricoche de génération en génération — jusqu’à sept, parfois —, se muant chez les descendants en anxiétés orphelines, en maladies sourdes ou en mal-être inexpliqué.

      Pour dissoudre ces nœuds invisibles, Isabelle Pauly propose un geste d’une simplicité désarmante. Ni affrontement, ni pardon forcé : simplement accueillir en pensée, sans jugement, ces membres relégués dans l’ombre.

      Leur redonner une place intérieure suffit souvent à apaiser l’inconscient familial et à laisser la vie circuler de nouveau, sans entrave.

      14 min
    • Pauline Lapierre : la terre et le temps long

      Pauline Lapierre : la terre et le temps long

      Il aura fallu à Pauline Lapierre traverser les fuseaux horaires — des amphithéâtres d’HEC aux gratte-ciel de Singapour — pour éprouver une certitude : l’intensité d’une vie ne se mesure pas à l’échelle des métropoles, mais à la consistance de ce que l’on façonne. En 2020, rompant avec le confort feutré du marketing international, elle est revenue à Rions, au Château Haut-Rian, reprendre avec son compagnon William les coteaux plantés par ses parents.

      Ce qui l’a ramenée n’a rien d’une pastorale naïve. C’est la passion rare de la métamorphose totale. Dans un monde agricole souvent morcelé, le vigneron reste l’un des derniers artisans à veiller sur chaque chapitre du récit : tailler le cep, accompagner la fermentation, décider des assemblages, coller l’étiquette, servir le verre. Pauline aime la matérialité franche du chai — brancher les tuyaux, grimper aux cuves, avoir le marc aux doigts. Une rigueur d’ingénieur au service d’une intuition vivante, scellée d’emblée par un passage sans compromis au bio.

      Mais reprendre un domaine aujourd’hui, c’est aussi épouser l’incertitude. Face aux étés torrides et au marasme qui frappe le vignoble bordelais, Pauline oppose la sagesse paysanne du temps long : « On ne fait que quarante ou cinquante vendanges dans une vie. Quand on plante une vigne, c’est pour trente ans. » Cette cadence impose l’humilité : elle interdit l’agitation stérile et commande d’inventer.

      Plutôt que de subir, le domaine diversifie ses horizons. Aux côtés du vin naissent des jus effervescents infusés aux plantes sauvages avec l’herboristerie voisine, et bientôt du blé d’antan pour renouer avec une tradition meunière familiale.

      Ni passéiste, ni esclave de l’immédiateté, Pauline Lapierre incarne cette génération lucide qui redonne au métier de la terre sa noblesse originelle : une présence vigilante au monde, patiente et libre.

      Un texte formulé par Simon Bordelais.

      25 min

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