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Le Coquelicot des cendres : l’audace d’un film d’époque
Réunir les apparats du XIXe siècle sans budget de cour d’école relève d’une douce folie. C’est pourtant ce miracle d’artisanat que signent Bruno Lacombe et Sébastien Saint-Martin avec Le Coquelicot des cendres. Derrière ce moyen-métrage vibrant se cache une alchimie singulière : la rencontre d’un passeur de mémoire et d’un orfèvre du cadre.
D’un côté, la voix posée de Bruno Lacombe raconte la terre, le fleuve et la pierre. Féru de patrimoine, il exhume un drame feutré au temps où se creusait le canal latéral à la Garonne. De l’autre, la pudeur fiévreuse de Sébastien Saint-Martin trahit l’angoisse des perfectionnistes. « Je suis trop exigeant », comme pour excuser ce refus obstiné du médiocre. Chez lui, chaque plan doit tenir de la toile de maître. Pour capter les brumes d’automne.
Pourtant, cette rigueur plastique n’aurait rien été sans une ferveur toute collective. Ni subventions fastueuses, ni machinerie hollywoodienne : ici, l’élan est né d’une vingtaine de volontaires, de maires ruraux prêtant leurs charrettes, et d’une confiance mutuelle chevillée au corps.
Au cœur de cette bourgeoisie rurale blessée par la fatalité, le film pose une question morale et intemporelle : qui porte la faute du drame ? Mais il offre aussitôt sa réponse en allégorie. Comme ce coquelicot sauvage qui est la première fleur à percer les laves refroidies des volcans, l’œuvre choisit la renaissance plutôt que l’amertume.
Dans cette aventure, Bruno aura patiemment déposé les cendres du passé ; Sébastien, de son œil affûté, y a fait éclore l’éclat vermillon de la vie. Une leçon d’épure et de cinéma.
Un texte formulé par Simon Bordelais.
Pour cette émission, je serai votre guide pour une odyssée musicale, sensorielle et émotionnelle. Les tracks que je vous propose nous emmenent dans un univers trip-hop et rock électro psychédélique. Ainsi, dans ce chemin introspectif que va prendre ce vendredi éclectronique, laissez-vous porter tout en douceur, venez vous poser et vous reposer un instant à mes côtés sur ce nuage musical, ce doux refuge qui est le mien.
01. Asaf Avidan – Different pulses
02. Björk – Hunter
03. Youssoupha – Mourir mille fois
04. Django Django – Sundials
05. DJ Shadow – Six days
06. Radiohead – Let down
07. Django Django – Firewater
08. Björk – Jóga
09. Massive attack – Teardrop
10. Jean du voyage feat Dawa Salfati – Talk to me
11. Archive – Silent
12. Massive attack – Angel
13. Bjork – Venus as a boy
14. Nitin Sawhney – Spark
15. Massive attack – Paradise circus
16. The smile – Teleharmonic
17. Radiohead – Where I end and you begin
18. Waldeck feat Zeebee – Addicted
19. Django Django – Further
20. Madonna – Frozen
21. Archive – Splinters
22. Awolnation – Sail
23. The chemical brothers – The pills wont help you now
24. Stromae – L’enfer
25. Waldeck feat Zeebee – Why did we fire the gun
26. Gaël Faye – Respire
27. Youssoupha – Faire mieux
28. Orange Blossom – Lost
29. Radiohead – There there
30. Massive attack – Psyche
31. Broadcast – Echos answer
32. Alanis Morissette – Thank you
33. Youssoupha – Entourage
34. Gael Faye – Tôt le matin
35. Youssoupha – Espérance de vie
Des plateaux de tournage parisiens aux feuillages tinctoriaux de l’Entre-deux-Mers, il n’y a qu’un pas… guidé par la passion de la matière et des pigments vivants. Dans L’interview du jour sur REM, nous recevons Caroline Cochet, artisane teinturière installée au cœur de la bastide girondine de Targon sous le nom de L’Atelier de Mademoiselle C.
Venue présenter la toute première édition de la Fête de l’indigo, elle nous ouvre les portes de son univers : un dialogue permanent entre la terre de Gironde, les savoir-faire ancestraux du Japon et la poésie de la couleur naturelle.
Pendant dix ans, Caroline Cochet a évolué dans l’effervescence du milieu cinématographique à Paris, en tant que lectrice de scénarios et assistante de production. Une première vie intense mais déconnectée de la création manuelle :
« J’ai eu besoin de mettre les mains dans la matière. J’ai commencé par le tricot, puis j’ai rencontré des teinturières artisanales du monde entier qui m’ont dit : « Essaie, c’est facile, il suffit d’une cuisine ! » Je me suis lancée, et je suis tombée, comme Obélix, dans la marmite. »
Dès 2012, Caroline s’affranchit de la vie citadine pour s’installer en Gironde et faire de la teinture végétale son métier d’art. Ce qui n’était au départ qu’une recherche esthétique devient rapidement une passion botanique : cultiver, récolter et transformer la plante pour en révéler l’âme chromatique.
Si le monde végétal offre une infinité de nuances, c’est le bleu indigo qui a définitivement conquis l’artisane. Loin d’être un pigment ordinaire, l’indigo ne se dissout pas dans l’eau comme une infusion classique : il exige une chimie naturelle complexe par réduction et fermentation (la méthode traditionnelle japonaise du sukumo).
Fascinée par l’artisanat d’art nippon, Caroline s’est rendue au Japon en 2015 pour s’initier aux techniques de réserve par couture, plissage et ligatures (shibori). Son terrain d’expérimentation de prédilection ? La persicaire à indigo (Persicaria tinctoria), plante dont elle extrait un bleu singulier : à la fois sombre et profondément lumineux.
Cette transmission des savoirs l’a d’ailleurs amenée à partager son expertise auprès du grand public, aussi bien dans son atelier qu’à travers son ouvrage de référence « La magie de l’indigo » publié aux Éditions Eyrolles. Prochainement, elle sera également l’invitée du podcast de micro-aventure Le Slow Tour, animé par Donatien Le Liepvre, venu en itinérance douce à vélo à Targon pour effeuiller la plante tinctoriale.
Installé sur un terrain communal mis à disposition par la commune de Targon, au 8 chemin du Petit Babo, le jardin de Caroline Cochet n’est pas seulement un lieu de culture : c’est un sanctuaire pédagogique, créatif et ouvert aux rencontres.
Ce samedi 19 septembre, de 11h à 19h, le site accueillera la première Fête de l’indigo, un événement placé sous le signe du partage, des arts croisés et de la culture japonaise.
Une invitée d’honneur venue du Japon : Caroline accueille Makiko Tonoga, artisane teinturière originaire de Tokushima (l’île de Shikoku, berceau historique de la culture de l’indigo au Japon), venue animer des stages exclusifs de shibori et présenter ses créations.
Un marché d’artisans d’art : Retrouvez les pièces uniques de céramistes pratiquant la technique du Raku, ainsi que le travail textile de Léonor (Les Artipiques), qui redonne vie aux soieries et tissus anciens japonais.
Concert dessiné à 15h00 (Création originale) : L’artiste carnettiste et voyageuse Sophie Bataille réalisera une performance en direct, peignant sur de grands rouleaux de papier japonais suspendus aux branches du verger, accompagnée par les compositions d’un musicien guitare-voix.
Fresque monumentale : Dans le hangar du terrain, venez admirer l’œuvre peinte par l’artiste urbain bordelais Rémi Gaston, retraçant les quatre saisons du cycle de l’indigo.
Démonstrations & Cuves de teinture : Caroline Cochet vous fera découvrir les secrets de l’oxydation de l’indigo, où le tissu ressort jaune-vert de la cuve avant de virer miraculeusement au bleu profond au contact de l’air.
Chantier participatif d’effeuillage : Petits et grands sont conviés à participer à la dernière récolte de l’été ! À l’ombre des arbres, venez effeuiller la persicaire à la main avant sa mise en compost pour les cuves de l’année à venir.
📅 Date : Samedi 19 septembre
🕚 Horaires : De 11h00 à 19h00 (entrée libre)
📍 Lieu : Le Jardin tinctorial, 8 chemin du Petit Babo, 33760 Targon (Gironde)
🧺 Restauration : Option pique-nique tiré du sac sous les arbres, ou restauration sur place auprès des food trucks de la fête communale de Targon, qui se déroule en parallèle dans le village.
🌐 Renseignements et contacts : Retrouvez toute la programmation sur le compte Instagram @latelierdemademoisellec ou sur le site web officiel ateliermademoisellec.fr.
Un texte formulé par Simon Bordelais.
Vivre avec un chat : réapprendre à voir à sa hauteur
Sur les ondes de Radio Entre-Deux-Mers, la voix de Catherine a la douceur ferme de ceux qui savent se taire pour mieux entendre. Présidente de l’association Du chat réolais, communicante et vigie des coursives ordinaires, elle pose au micro une invite limpide : cesser de penser nos foyers pour nous seuls et consentir, enfin, à regarder l’espace à travers la pupille d’un félin.
Avec un bon sens teinté d’espièglerie, elle bouscule nos vanités décoratives. Elle rappelle l’instinct qui refuse de boire près du repas, l’absurdité d’une litière reléguée contre la gamelle, et ce besoin viscéral de verticalité où l’animal reconquiert son statut de guetteur. Vivre avec un chat, enseigne-t-elle, c’est respecter son territoire, sa soif d’affût et ce luxe inaliénable : le droit souverain qu’on lui fiche la paix.
Mais sous la légèreté de la chronique affleure l’urgence du terrain. Lorsque Catherine égrène le bilan de son refuge — plus de cent cinquante détresses recueillies, quatre-vingt-une adoptions cette année —, sa voix se densifie. Chaque chiffre n’est pas un décompte, c’est une plaie refermée, une résurrection discrète arrachée à la rue.
En quittant l’antenne, Catherine ne transmet pas de simples astuces d’aménagement. Elle restaure un pacte de délicatesse : rendre sa dignité sauvage au mystère qui dort sur notre canapé.
Un texte formulé par Simon Bordelais.
Nora et Mahéry : bâtir l’humain à l’école ÊTRE
De son enfance tiraillée entre deux cultures, Nora a fait une promesse : abolir les frontières et « servir enfin à quelque chose ». Chez Mahéry, le déclic est né d’un refus viscéral de l’injustice et d’une soif d’action concrète. Unis par une complicité joyeuse et le sens du bien commun, ils animent le tiers-lieu Le Petit Village et incarnent le cœur battant de l’école ÊTRE Gironde.
Leur pédagogie fuit les estrades pour s’enraciner dans la matière.
À travers leur formation gratuite « Terre et Bois », ouverte aux jeunes en marge comme aux adultes en reconversion, ils réhabilitent le travail manuel écologique comme instrument d’émancipation. On y pétrit l’argile crue, on taille le chêne, on pose le chanvre et la chaux. En éprouvant la résistance des matériaux biosourcés, chacun réapprend le pouvoir d’agir. L’estime de soi ne se théorise plus : elle se maçonne.
Mais leur vraie signature tient au soin apporté au groupe. Grâce à l’immersion et à l’hébergement partagé, ils offrent un sas d’accueil inconditionnel où le rire désamorce l’angoisse de l’échec. En apprenant à préserver le vivant, leurs stagiaires ne découvrent pas seulement un métier d’avenir : aux côtés de Nora et Mahéry, ils trouvent enfin leur juste place.
Le jeûne démystifié : entre science et mémoire du corps
Il y a, dans l’amorce de la chronique Be Happy, une gaieté contagieuse qui ne tarde pas à s’effacer devant une profonde clarté de vue. L’orateur pose sa voix avec cette élégance mesurée des pédagogues qui préfèrent éclairer plutôt qu’éblouir : le jeûne n’est ni une invention contemporaine, ni un remède magique. Il est un dialogue retrouvé avec notre biologie originelle.
À l’échelle de l’évolution, l’abondance permanente et les réfrigérateurs saturés font figure d’exception. De l’animal en migration aux traditions séculaires, l’organisme vivant a toujours su faire du vide un temps de régénération. Lorsque le glucose s’épuise, le corps commute : il brûle ses réserves, reprogramme ses cellules et active une formidable mécanique de nettoyage que la recherche mondiale sur la longévité commence à peine à sonder.
Mais là où l’époque aime les panacées, le praticien oppose une sage prudence. Le jeûne prolongé n’est ni anodin ni universel. Il exige le discernement plutôt que le dogme, la mesure plutôt que l’excès.
Podcasts · Le 5 à 7 du vendredi — émission n° 2, diffusée le vendredi 11 septembre 2026
Deux heures en direct du Café des Sports, sous les arcades de Monségur, pour préparer un week-end où il y a trop à faire. Quatre rendez-vous, sept invités, une chronique musicale.
La photographe Josy Moderne et la plasticienne Georgette Bastien ouvrent l’émission. Toutes les deux participent à Dropt’Art, qui réunit 57 artistes dans 22 ateliers et lieux d’exposition de la vallée du Dropt jusqu’au 20 septembre.
Josy Moderne travaille le paysage et la macrophotographie, et transfère ses images sur la pierre, le métal, l’or. Georgette Bastien assemble des créatures mi-humaines mi-animales, les Panimours et les Gastéropithèques, à partir de bois et de matériaux récupérés. Son exposition couvre trois périodes : des gravures des années 1980, des photographies, puis ces créatures.
Sur le public qui pousse la porte des ateliers, elles disent la même chose. « C’est fondamental, le public. C’est la nourriture. »
Raphaël Poutchi consacre sa chronique à Maggy Bolle. Chanteuse française sur la route depuis 2016, des cafés associatifs aux grandes salles, adoptée par la scène punk et alternative. Chanson française sur le papier, esprit punk dans la pratique.
Cap sur La Réole. Anthony Ronzani préside le collectif artistique et culturel Anima Regula. Armand Sanches est humoriste bordelais et co-organisateur du gala. Ensemble, ils installent le premier Régula Comedy Show au château des 4 Sos, un monument rarement ouvert au public.
Six humoristes à l’affiche, cinq Bordelais et un Rochelais, choisis dans un vivier d’une centaine d’artistes. La Réole vit du stand-up depuis quatre ou cinq ans, et la demande du public a décidé du projet.
Direction Neuffons. Marine Sciana, clarinettiste, et Mickaël « Mike » Amouroux, multi-instrumentiste et professeur de musique, ont installé dans une grange un lieu consacré aux musiques traditionnelles et aux musiques du monde. Concerts, résidences, chorales, ateliers dans les écoles, après-midis jeux de société.
L’association est portée par un collectif d’habitantes, sans présidence. Le plus jeune adhérent a trois ans et danse en bal dans le dos de sa mère. La doyenne, Yvette, en avait quatre-vingt-dix.
Le duo qu’ils forment s’appelle Aïla. Il est né d’une recherche sur la transmission du son sans électricité, à travers des tuyaux et des pavillons.
Dernier invité, Xavier Bartab. Auteur, compositeur et chanteur, il a racheté à la SNCF la gare de La Mothe-Landerron, fermée depuis des années. Désamiantage, électricité, réaménagement complet du hall des pas perdus.
Le bâtiment abrite aujourd’hui un café associatif, une salle de diffusion et des résidences d’artistes. Le quai, lui, reste actif : les TER s’y arrêtent tous les jours. Les voyageurs voient de la lumière, entendent de la musique, et entrent.
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.
Jocelyn Brown, Somebody Else’s Guy · Diane Dufresne, Ne tuons pas la beauté du monde · Triangle Sun, Beautiful · Charles Aznavour, Je m’voyais déjà · Maggy Bolle, Beau pain dans ta gueule · Steve Miller Band, The Joker · GiedRé, Jacky le nain · The Turtles, Happy Together · Aïla, Barjak · Buika, Loca · KT Tunstall, Black Horse and the Cherry Tree · Bartab.
Cet épisode contient des chansons et des propos réservés à un public averti.
Animation : Jean-Christophe Cabut et Laura Foucaud. Réalisation : Damien Grouhel. Chronique Bon plan musique : Raphaël Poutchi. Émission enregistrée au Café des Sports à Monségur, avec les remerciements de REM à Frédo et à son équipe.
Le 5 à 7 du vendredi, tous les vendredis de 17 heures à 19 heures sur REM, 98.4 FM, et en podcast sur remradio.fr.
Lancer de cruche à Sadirac : la glaise et le cœur
Il y a dans la voix de Jean-Marie Darmian la rondeur chaude du Sud-Ouest et la fidélité des gens de terre. Quand il parle de Sadirac, ancien cœur potier de France aux cent fours oubliés sous le béton des lotissements, il ne convoque pas la nostalgie : il réveille la vie. Créé il y a seize ans avec son frère Alain, le Championnat du monde de lancer de cruche n’est pas une simple farce rurale. C’est un acte de résistance poétique, une manière d’arracher l’histoire locale à l’amnésie en lui donnant des ailes.
Deux kilos de terre cuite, les pieds scellés au butoir, sans élan : seul parle le fouet du bras tendu vers le ciel. Les athlètes y traquent le record des vingt-trois mètres, mais le véritable chef-d’œuvre de la journée s’écrit le matin, lors de l’« Handi-cruche ». Lorsque des résidents lourdement handicapés s’emparent de la poterie pour braver l’isolement, le débit de Jean-Marie s’adoucit d’une pudeur émue. Autour du banquet qui suit, il n’y a plus d’ombres ni de marges : chacun partage le même éclat de rire et le même pain.
Vient ensuite le tour des élus locaux, dont l’orgueil trébuche souvent à trois mètres de la ligne sous les quolibets affectueux de la foule. Des caméras du journal Le Monde aux cris joyeux des enfants, Jean-Marie Darmian orchestre une kermesse républicaine où les statuts s’effacent, où le burlesque répare le monde, et où l’argile ancestrale, ne servant plus à contenir l’eau, relie enfin les hommes.
Les Cycles du Bazadais : L’échappée belle en Sud-Gironde
À Bazas, là où l’ombre des forêts landaises vient flirter avec la pierre altière de la cité médiévale, un atelier échappe à l’impatience du siècle. Depuis mars 2019, Les Cycles du Bazadais ne se contente pas d’aligner des bicyclettes : le lieu réapprend aux voyageurs à respirer au rythme du paysage.
L’endroit fonctionne comme une évidence à deux voix. D’un côté, Gilles, l’artisan méticuleux, veille sur les rouages et les moteurs électriques dans la pénombre rassurante de l’atelier. De l’autre, Christelle. Guide diplômée et dessinatrice d’itinéraires, elle possède ce talent rare de faire d’une carte géographique une promesse poétique. « Créer des parcours, c’est ce que je préfère », glisse-t-elle d’une voix douce. Sa matière première n’est pas l’acier, mais l’espace, le temps retrouvé et l’horizon.
Cet ancrage n’a rien d’une posture de carte postale. En adoptant « la Gemme », la monnaie locale citoyenne, Christelle et Gilles choisissent de faire circuler la valeur là où elle naît, avec cette franchise lucide qui admet que changer les réflexes humains demande de la patience.
Mais c’est au bord de l’eau que leur démarche prend toute sa résonance. Lorsqu’elle emmène ses groupes en trottinettes tout-terrain le long des gorges ombragées du Ciron, Christelle se fait sentinelle. Elle montre cette rivière mystérieuse dont les brumes enfantent le sauternes, un écosystème aussi souverain que fragile. Au fil des sous-bois, le coup de guidon cesse d’être un simple loisir : il devient une leçon d’attention au vivant, une manière tendre et résolue d’habiter la terre.
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