Séances de l'Académie des sciences morales et politiques

Séances de l'Académie des sciences morales et politiques

By Institut de FranceSociety & Culture
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Séances de l'Académie des sciences morales et politiques episodes

  • « Le déclin de la légitimité politique »
    L’orateur diagnostique le malaise qui affecte les vieilles démocraties qui ont été les fondatrices et les modèles du régime politique moderne, en Europe comme aux Etats-Unis. Il constate une division sociale et morale d’ampleur entre une classe instruite, souvent en anglais, qui participe au mouvement du monde et affiche une indépendance vis-à-vis de la nation, considérant tout lieu comme l’opportunité d’y exercer ses compétences ; et des couches sociales peu ou mal formées, pour lesquelles le mouvement du monde recèle des menaces, attachées à des formes de vie commune et souhaitant travailler au plus près du lieu où elles ont leurs habitudes de vie. Ces deux ensembles ont perdu leur capacité et leur désir de communiquer, ayant perdu le sentiment d’une chose commune à partager. Seule la conscience de classe prévaut, au mépris tranquille des uns répondant le ressentiment des autres.
    48 min
  • « Le concept de pouvoir »
    L’orateur souligne que le pouvoir est présent dans toutes les aventures humaines, du couple aux sphères du pouvoir politique. Toute relation de pouvoir combine quatre moments : une volonté équipée d’un argument, l’obéissance, la désobéissance, la sanction. Dès lors, il s’agit de comprendre les ressorts de l’obéissance. Ils sont au nombre de trois : il y a la peur, qui instaure une relation de pouvoir de l’ordre de la puissance, la fascination qui établit une relation de pouvoir fondée sur l’autorité et, enfin, le calcul qui induit un troisième mode de pouvoir : celui de la direction. Le pouvoir est donc un espace à trois dimensions : puissance, autorité, direction. A partir de cette définition, on peut identifier trois régimes politiques : le régime autocratique fondé sur une relation de puissance, la hiérocratie fondée sur l’autorité et la démocratie fondée sur la direction.
    50 min
  • « Sapere aude ! Le renseignement, une politique nationale indispensable et exigeante »
    Après avoir rappelé que par la loi du 24 juillet 2015, le législateur a reconnu une « politique publique de renseignement » l’orateur a examiné successivement trois questions permettant de démontrer que celle-ci peut être « tout autant un art qu’une science politique ». Pourquoi renseigner ? Comment renseigner en démocratie ? A quelles conditions peut-on continuer de s’appuyer sur le renseignement ? De la sorte, il exprime une conviction : instrument nécessaire à la survie des démocraties, le renseignement reste un outil corrosif voire dangereux auquel il faut accorder une attention exigeante, sans répulsion ni fascination.
    42 min
  • « L’Allemagne en surfusion. Le temps des incertitudes et des recompositions »
    Pour l’orateur, l’Allemagne qui a été un extraordinaire laboratoire politico-idéologique depuis le XIXe siècle est sans doute en train de le redevenir. En effet, depuis les années 1990, l’Allemagne réunifiée paraissait être devenue un modèle de démocratie libérale apaisée, ouverte sur les évolutions de la société et le monde, faisant de l’économie sociale de marché un modèle envié par toute l’Europe. Toutefois, depuis la crise de 2008 et ses conséquences, ce modèle est remis en cause et la vie politique du pays est devenue imprévisible, telle un corps en surfusion qui attend une nouvelle cristallisation réorganisatrice.
    44 min
  • «  Les interventions militaires de la France sont-elles encore utiles et efficaces ? »
    L’orateur part du constat que, pour une série de raisons de diverses natures, l’interventionnisme déployé depuis 25 ans par notre pays est aujourd’hui jugé risqué et coûteux pour des résultats incertains. C’est la question de l’efficacité voire de l’utilité et de l’acceptabilité de nos engagements qui est posée. Y répondre est une impérieuse nécessité car, comme l’avait bien perçu Clausewitz, lorsqu’une nation est confrontée à la guerre, une communion parfaite entre le Prince, le Chef militaire et le Peuple s’impose.
    35 min
  • « La France, puissance polaire »
    Dans cette intervention, l’orateur éclaire les enjeux et dresse les lignes de force de ce que pourrait être une politique polaire de la France, appelée à assumer son rôle de puissance polaire lors de sa présidence de la Réunion des Parties consultatives sur le Traité sur l’Antarctique (RCTA) en juin 2021. Il estime indispensable que la France se dote d’un Livre Blanc clarifiant ses positions et qu’elle décline une politique ambitieuse de recherche polaire car « les questions polaires constituent donc une partie intégrante d’une politique globale de la France ».
    1 hr 7 min
  • « La France et les Nations Unies : une histoire critique »
    L’ancien ambassadeur de France aux Nations Unies souligne la distance qui existe entre la légende dorée et la réalité des relations entre la France et les Nations Unies. Cette légende serait due à la fortune actuelle du multilatéralisme dont la France serait la championne et au fait que l’ONU en serait le théâtre désigné, ce qui consacrerait l’idée d’un couple franco-onusien. Or, selon lui, la réalité est plus complexe…
    43 min
  • « Les arts français à l’étranger : rayonnement et disparités »
    Avant de dresser un panorama différencié, art par art, l’orateur a souligné que si la création artistique française s’inscrit dans la continuité d’un patrimoine exceptionnel donnant un socle commun ainsi qu’une certaine légitimité à chaque créateur, elle souffre hélas de l’habitude française tenace d’autodénigrement qui est un frein à la promotion de nos artistes à l’étranger.
    51 min
  • « L’influence française sur le droit international »
    L’orateur a notamment souligné que l’influence française sur le droit international s’exerce à travers trois approches : celle des légistes qui sont des juristes organiques, au service de l’Etat ; celle des juristes, en principe indépendants, qui analysent le droit et formalisent des théories et des doctrines ; enfin, celle des visionnaires, ces publicistes qui recherchent le bon droit et militent pour sa reconnaissance. Si dans les instances internationales, l’influence de la France est en déclin (exception faite de son rôle au conseil de sécurité de l’ONU), et ce au profit de l’affirmation du droit coutumier et de la procédure anglo-saxonne, la place de la doctrine française est plus affermie sur le plan européen. Elle le doit à deux institutions - l’Annuaire français de droit international et la Société française pour le droit international - et à l’héritage de grandes figures visionnaires (de Bodin à Cassin) qui ont contribué à forger les grands concepts organisateurs du droit international.
    50 min
  • « La science à l’international : le rôle de la France »
    L’oratrice a d’abord souligné que sous l’effet de nombreux facteurs, la recherche scientifique a changé de visage : elle est passée d’une recherche d’élite à une recherche de masse. Ainsi, le nombre mondial de publications suit une loi exponentielle, passant de 450 000 en 1988 à 985 000 en 2008 et à 1,6-2 millions par an aujourd’hui, soit une toutes les 15 à 20 secondes. Dans un tel contexte, la diplomatie scientifique doit également évoluer. Soulignant qu’aujourd’hui 5 millions d’étudiants se déplacent dans le monde, soit 28 % de plus qu’il y a cinq ans, l’oratrice a notamment souligné l’importance de disposer de pôles d’excellence scientifique capables d’attirer les bons chercheurs.
    27 min

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Émission de culture générale. Chaque semaine, un nouvel invité (académicien, chercheur, etc) apporte des éclairages approfondis et nuancés sur un sujet tiré de sa spécialité.