Séances de l'Académie des sciences morales et politiques

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By Institut de FranceSociety & Culture
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Séances de l'Académie des sciences morales et politiques episodes

  • « La politique européenne de la France et le Brexit -2017-2019 »
    L’oratrice a notamment a notamment souligné que si Londres espérait s’appuyer sur des relations bilatérales privilégiées avec Paris pour négocier des conditions de retrait favorables, cet espoir s’est révélé vain au fil des mois, déjoué par un front uni des 27 qui s’est révélé plus solide que prévu et par l’affermissement de la position française. En effet, face à l’enlisement de la situation politique à Londres, la France est progressivement passée d’une position plutôt conciliante à une position ferme visant à régler le plus vite possible le Brexit, quitte à se résoudre à une sortie sans accord.
    35 min
  • « La différence entre politique extérieure et relations internationales : le cas de la France »
    S’inspirant de « l’avis au roi » du cardinal de Richelieu (1629), dans lequel celui-ci développait le programme de politique le plus à même de briser la domination de la maison d’Autriche sur l’Europe, Jean Baechler a distingué entre des stratégies imposées par les contraintes d’un système de jeu extérieur, qui relèvent d’une véritable approche en termes de « relations internationales », et d’autres définies sous la pression de facteurs internes, qui composent une simple « politique extérieure ». Les premières sont accordées à la logique et à la rationalité du système de jeu, pas les secondes. Elles alternent au cours de l’histoire de France, même si de manière générale les systèmes de jeu successifs dans lesquels le pays s’est retrouvé engagé lui ont dicté des choix rationnels.
    53 min
  • « France et Italie : les relations troublées entre les sœurs latines »
    Après avoir brossé une vaste fresque des relations, souvent tumultueuses, entretenues par la France et l’Italie depuis la création du Royaume d’Italie en 1861, l’orateur s’est interrogé sur les frictions actuelles. Selon lui, la clé des relations franco-italiennes est avant tout culturelle. En effet, tandis que l’Italie s’accepte comme une « puissance moyenne », aux ambitions surtout régionales, la France continue de se voir en « puissance européenne au rayonnement global », bien qu’en ayant de moins en moins les moyens. Il résulte de ce décalage, côté français, un certain sentiment de supériorité, ressenti comme tel de l’autre côté des Alpes, où l’on soupçonne volontiers l’arrogant voisin gallican d’utiliser le projet européen à des fins intéressées. Mais c’est aussi dans la culture que peut se réaliser le dépassement de ces stéréotypes. Ainsi l’orateur a-t-il annoncé qu’était envisagée la renaissance d’un Comité franco-italien de études historiques, qui pourrait, en ce domaine, faire œuvre utile.
    42 min
  • « Les yeux du Saint-Siège sur les relations internationales de la France »
    Plutôt que de retracer la riche histoire des relations entre la France et le Saint-Siège, Philippe Levillain a souligné que le Vatican envisageait notre pays comme « un lieu d’appréciation des convulsions contemporaines entre Jérusalem et Athènes, entre la Foi et la Raison, au cœur de la civilisation européenne depuis des siècles ». L’orateur a distingué trois grandes époques au long des huit dernières décennies. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, « la France joue un rôle clef dans le projet européen du pape Pie XII ». Mais c’est aussi un temps de tensions, au sujet de la décolonisation, anticipée par le Saint-Siège en promouvant les élites locales. Le retour au pouvoir du général de Gaulle ouvre un « âge d’or » même si le Vatican n’épouse pas le point de vue gaullien sur l’Europe et mise sur l’ONU tout en se démarquant, lui aussi, d’un atlantisme étroit, tandis que la législation française sur les mœurs contribue, par la suite, à distendre les liens. Avec l’élection de Jean-Paul II (1978) « l’axe de la civilisation chrétienne se déplace vers l’Est » et, suite à l’opposition française à la mention des origines chrétiennes de l’Europe, la France est regardée comme « la terre d’un humanisme chrétien en voie de déshérence ». Sur ce point, toutefois, le défi concerne tout l’Occident et la singularité française est de moins en moins ressentie comme telle.
    38 min
  • « Grande-Bretagne-France : alliance possible, entente difficile »
    L’orateur a brossé une large fresque des relations franco-britannique de « l’Entente cordiale » de 1904 à nos jours, où, sur fond de Brexit, elles sont fort tributaires des sentiments partagés des Britanniques à l’égard de l’Union européenne. A ce sujet, John Rogister a souligné que la ratification du traité de Lisbonne, malgré le rejet par les électeurs français et néerlandais du traité constitutionnel, a été regardée comme une illustration du « déficit démocratique » de l’Union européenne, de la part d’un peuple attaché par ailleurs à ses traditions parlementaires. D’où une situation paradoxale : alors que les liens entre la Grande-Bretagne et le continent, singulièrement la France, se sont intensifiés depuis quatre décennies, l’opinion britannique est divisée entre l’affirmation de sa liberté et l’appartenance à un espace auquel son intégration, sur bien des points, ne fait aucun doute.
    42 min
  • « La politique européenne de la France »
    « La France s’est européanisée dans la construction européenne, mais elle ne cesse pas d’avoir des intérêts, des priorités, des préférences, des sensibilités », estime Maxime Lefebvre, qui invite à articuler, pour l’avenir, trois impératifs : redresser la France, continuer de nourrir des ambitions pour l’Europe et conserver à une capacité d’action autonome.
    54 min
  • Lecture de la notice sur la vie et les travaux de Jean Mesnard par Claudine Tiercelin.
    Sacrifiant au « rituel » de la présentation de son prédécesseur, Claudine Tiercelin s’est inspirée de l’enseignement de Jean Mesnard, qui recommandait, toujours, de partir des faits – que lui-même établissait avec une érudition très sûre, dépouillant des masses considérables d’archives, grâce à quoi il fit revivre nombre de figures intellectuelles du Grand Siècle tombées dans l’oubli. Après avoir évoqué l’universitaire accompli, le maître incontesté des études pascaliennes et, plus généralement, l’éminent spécialise du XVIIe siècle, elle a retenu deux points de son œuvre, par lesquels il rejoint ses contemporains : sa théorisation de la culture et sa conception du savoir et de l’université.
    47 min
  • « L’action culturelle de la France dans le monde »
    Après avoir brossé, un panorama historique des formes revêtues par l’action culturelle de la France depuis le début des temps modernes, le chancelier de l’Institut a présenté les enjeux actuels en faisant part d’une conviction forte : plutôt que de se complaire dans la certitude flatteuse de son rayonnement, la France doit accepter que la culture soit un marché comme un autre, qui fonctionne selon les règles de la réciprocité et de l’échange, sans qu’il lui faille pour autant renoncer à son message universel, car c’est aussi sur la défense de ses traditions politiques et juridiques qu’elles est attendue.
    56 min
  • « La politique internationale de la France dans le domaine du terrorisme »
    Pour venir à bout du défi spécifique que représente le terrorisme islamiste, l’orateur estime que la France doit reconsidérer de manière pragmatique ses dispositifs antiterroristes. Il propose ainsi de porter les efforts dans trois directions, qui toutes comportent un volet extérieur. La première est la lutte contre la propagande salafiste, qui est indissociable d’un dialogue avec les pays d’origine des imams et d’une coopération avec les grands acteurs d’Internet. La deuxième est la poursuite des opérations contre les groupes terroristes, qui débordent d’ailleurs le seul cadre militaire, à l’instar de la coopération internationale pour assécher les circuits financiers du terrorisme. Enfin, la sécurité intérieure passe par une meilleure coordination des mesures antiterroristes, en France mais aussi entre partenaires européens. Sur tous ces points, Éric Danon insiste sur la nécessité des sociétés démocratiques occidentales de rester elles-mêmes car tout indique que la violence djihadiste est destinée à durer.
    40 min
  • « La solitude stratégique des Européens »
    Le propos est parti d’un constat simple : en valeur cumulée, les États européens dépensent davantage que la Chine pour leurs affaires militaires ; pourtant ils sont incapables d’aligner une puissance opérationnelle équivalente, faute de rationalisation dans l’emploi de ces sommes et dans le choix de leurs équipements. Les projets et les déclarations en faveur d’une politique de défense intégrée n’ont certes pas manqué, en particulier ces vingt- cinq dernières années, mais sans parvenir à s’inscrire dans la durée. Si les contraintes budgétaires ont pesé, L. Gautier attribue avant tout ces échecs à un retrait stratégique délibéré au lendemain de la guerre froide, qui a consisté à se reposer sur la protection de l’OTAN. Plus profondément, il interroge le rapport des États européens à la notion de puissance, alors que, a-t-il rappelé, « le rejet de la confrontation, de la coercition et surtout de l’usage de la force est inscrit dans l’ADN de l’Union européenne ».
    43 min

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Émission de culture générale. Chaque semaine, un nouvel invité (académicien, chercheur, etc) apporte des éclairages approfondis et nuancés sur un sujet tiré de sa spécialité.