Séances de l'Académie des sciences morales et politiques

Séances de l'Académie des sciences morales et politiques

By Institut de FranceSociety & Culture
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Séances de l'Académie des sciences morales et politiques episodes

  • Discours d’accueil de Pierre-André Chiappori, par Denis Kessler.
    Reprenant les grandes étapes de la carrière de Pierre-André Chiappori, l’orateur s’est attaché à dégager les principaux apports d’une œuvre aussi prolifique que variée, puisqu’elle ambitionne, comme celle d’un de ses inspirateurs, le Prix Nobel Gary Becker, « d’étendre le domaine de l’analyse microéconomique à un vaste éventail de comportements et d’interactions humaines, y compris à des comportements qui ne relèvent pas du marché ». Outre l’approfondissement de la théorie de l’équilibre général, elle se distingue en particulier par sa contribution à l’analyse des comportements face au risque et au sein de la famille et du couple, qui met au jour la rationalité économique des petits et des grands choix dont sont tissées nos existences. Denis Kessler a dressé le portrait d’un scientifique rigoureux, attentif, plus que tout autre, à soumettre ses propositions à l’épreuve des faits, et d’un conseiller économique indépendant et perspicace : « un homme qui accueille toute vérité qui vient à lui et dont il est le compagnon bienveillant ».
    36 min
  • « La Corse en France : 250 ans d’adhésion consentie »
    À travers le cas de la Corse, composante singulière, mais à part entière, de la République, l’exposé entendait aussi interroger le rapport de la France avec ses périphéries. L’orateur a rappelé les grandes étapes de l’intégration de l’île dans la réalité française, depuis le traité de Versailles (15 mai 1768) à la suite duquel les Bourbons ont procédé à une acclimatation prudente, qui ménageait les particularités de l’île jusqu’aux 150 ans de « départementalisation paisible » qui ont fait suite aux sou-bresauts de la période révolutionnaire. Il n’a toutefois pas caché qu’au tournant des années 60, cette belle mécanique s’est grippée avec l’irruption du tourisme de masse, le contrecoup de la décolonisation et l’arrivée de nouvelles populations qui ont déstabilisé une société corse prenant conscience du retard de son développement. Un terreau fertile pour les revendiacations nationa-listes, auxquelles l’Etat a répondu par la concession de compétences élargies, au fil de quatre sta-tuts (1982, 1991, 2002 et 2015) dessinant, non sans hésitation, une véritable autonomie… Mais il reste, de part et d’autre, à « faire fonctionner ce système original et décentralisé » !
    1 hr 51 min
  • « La Corse en France : 250 ans d’adhésion consentie »
    À travers le cas de la Corse, composante singulière, mais à part entière, de la République, l’exposé entendait aussi interroger le rapport de la France avec ses périphéries. L’orateur a rappelé les grandes étapes de l’intégration de l’île dans la réalité française, depuis le traité de Versailles (15 mai 1768) à la suite duquel les Bourbons ont procédé à une acclimatation prudente, qui ménageait les particularités de l’île jusqu’aux 150 ans de « départementalisation paisible » qui ont fait suite aux sou-bresauts de la période révolutionnaire. Il n’a toutefois pas caché qu’au tournant des années 60, cette belle mécanique s’est grippée avec l’irruption du tourisme de masse, le contrecoup de la décolonisation et l’arrivée de nouvelles populations qui ont déstabilisé une société corse prenant conscience du retard de son développement. Un terreau fertile pour les revendiacations nationa-listes, auxquelles l’Etat a répondu par la concession de compétences élargies, au fil de quatre sta-tuts (1982, 1991, 2002 et 2015) dessinant, non sans hésitation, une véritable autonomie… Mais il reste, de part et d’autre, à « faire fonctionner ce système original et décentralisé » !
    43 min
  • « Avec la fin de quatre siècles de domination occidentale, quel sera l’ordre du monde au XXIe siècle ? »
    L’orateur a commencé par mettre en évidence le processus de « désoccidentalisation » actuellement à l’œuvre. En effet, bénéficiaires de la mondialisation et de l’économie de marché, les pays émergents sont désormais en état de récuser les valeurs qui depuis quatre siècles fondaient un ordre occidental du monde, au profit de celles héritées de leurs propres cultures comme en témoigne les tensions croissante entre la Chine et les Etats-Unis. Le risque est que cette compétition, embrassant aussi bien les champs géostratégique que technologique ou économique, débouche sur un affrontement ouvert, ou à tout le moins sur une économie mondiale déchirée entre deux pôles rivaux. S’il ne faut pas exclure un retour des États-Unis à des dispositions plus conciliantes, la situation exige, selon Jean-David Levitte, que la France et l’Union européenne prennent leurs responsabilités dans la préservation d’un ordre mondial fondé sur leurs valeurs. L’Europe ne pourra toutefois être crédible sans apporter de réponse aux crises qui la menacent à sa périphérie, à commencer par la maîtrise des flux migratoires. De sa capacité à s’imposer comme un acteur complet sur la scène internationale dépendra en grande partie l’ordre mondial à venir.
    1 hr 48 min
  • « Avec la fin de quatre siècles de domination occidentale, quel sera l’ordre du monde au XXIe siècle ? »
    L’orateur a commencé par mettre en évidence le processus de « désoccidentalisation » actuellement à l’œuvre. En effet, bénéficiaires de la mondialisation et de l’économie de marché, les pays émergents sont désormais en état de récuser les valeurs qui depuis quatre siècles fondaient un ordre occidental du monde, au profit de celles héritées de leurs propres cultures comme en témoigne les tensions croissante entre la Chine et les Etats-Unis. Le risque est que cette compétition, embrassant aussi bien les champs géostratégique que technologique ou économique, débouche sur un affrontement ouvert, ou à tout le moins sur une économie mondiale déchirée entre deux pôles rivaux. S’il ne faut pas exclure un retour des États-Unis à des dispositions plus conciliantes, la situation exige, selon Jean-David Levitte, que la France et l’Union européenne prennent leurs responsabilités dans la préservation d’un ordre mondial fondé sur leurs valeurs. L’Europe ne pourra toutefois être crédible sans apporter de réponse aux crises qui la menacent à sa périphérie, à commencer par la maîtrise des flux migratoires. De sa capacité à s’imposer comme un acteur complet sur la scène internationale dépendra en grande partie l’ordre mondial à venir.
    1 hr 48 min
  • « L’opinion et la crédulité »
    Par son intervention, l’orateur s’est penché sur les causes du vif contraste existant entre les espoirs nourris, au début des années 2000, en l’avènement de « sociétés du savoir » grâce à la généralisation d’Internet et l’écho favorable que rencontrent aujourd’hui les théories du complot et plus généralement un certain nombre de discours irrationnels. Décrivant les caractéristiques d’un marché de l’information désormais dérégulé, il a souligné combien celui-ci favorisait les « minorités active » motivées à faire entendre leurs convictions et faisait primer l’instantanéité sur le recul dans le traitement de l’information. De façon plus grave, il a également mis en garde contre les dangers de la « démagogie cognitive » qui permet à certains acteurs d’exploiter les biais cognitifs auxquels nous sommes tous sujets. D’où la conviction que la lutte contre la crédulité passe, de façon déterminante, par une meilleure connaissance des failles de notre cerveau dans la réception et l’analyse des informations qui lui sont proposées de façon massive.
    1 hr 51 min
  • « L’opinion et la crédulité »
    Par son intervention, l’orateur s’est penché sur les causes du vif contraste existant entre les espoirs nourris, au début des années 2000, en l’avènement de « sociétés du savoir » grâce à la généralisation d’Internet et l’écho favorable que rencontrent aujourd’hui les théories du complot et plus généralement un certain nombre de discours irrationnels. Décrivant les caractéristiques d’un marché de l’information désormais dérégulé, il a souligné combien celui-ci favorisait les « minorités active » motivées à faire entendre leurs convictions et faisait primer l’instantanéité sur le recul dans le traitement de l’information. De façon plus grave, il a également mis en garde contre les dangers de la « démagogie cognitive » qui permet à certains acteurs d’exploiter les biais cognitifs auxquels nous sommes tous sujets. D’où la conviction que la lutte contre la crédulité passe, de façon déterminante, par une meilleure connaissance des failles de notre cerveau dans la réception et l’analyse des informations qui lui sont proposées de façon massive.
    49 min
  • « L’opinion publique devant les OGM »
    Pour Bertrand Saint-Sernin, qui assura le secrétariat du groupe de travail interacadémique chargé en 2006 par le Conseil économique et social de rendre un rapport sur les organismes génétiquement modifiés, les réticences de l’opinion publique à l’égard des OGM procèdent d’une question qui traverse toute la philosophie occidentale : « Est-il légitime de corriger la nature ? » Mais cela n’empêche pas quelques paradoxes. Ainsi, comme l’a relevé l’orateur, en France, les OGM, plutôt bien acceptés comme médicaments, font pourtant l’objet d’une défiance tenace en tant qu’aliments. Outre que l’industrie pharmaceutique passe pour être strictement encadrée, l’orateur voit avant tout dans ce préjugé le reflet de la croyance rousseauiste selon laquelle tout ce qui vient de la nature serait bon, alors que ce qui provient de l’homme ne le serait pas nécessairement. Si bien que, tout l’enjeu est de parvenir à « transformer ces peurs confuses en un système d’avantages et de risques convenablement évalués et donc, jusqu’à un certain point, mesurables ». Un travail encore en cours car, « il faudra du temps pour connaître avec précision le rôle et l’influence des OGM sur le destin de l’humanité ».
    42 min
  • « Écologisme, pourquoi les faits ne pénètrent pas dans le monde où vivent nos croyances ? »
    Pour l’orateur, ancien titulaire de la chaire d’économie et de gestion des services de santé du Conservatoire national des arts et métiers, un certain nombre de sujets tels que l’état de la biodiversité, la pollution atmosphérique ou l’utilisation des pesticides donnent lieu à des prévisions alarmistes qui vont très au-delà de ce que constatent des mesures objectives et relèvent d’une mentalité antiscientifique. « Alors qu’il y a un quart de siècle à peine, on estimait que la science permettait de vaincre les maladies et de nourrir l’humanité, on craint aujourd’hui d’être empoisonné par les médicaments et les produits agricoles » déplore-t-il. À la racine de ce « procès contre la science », Jean de Kervasdoué pointe notamment une culture scientifique mal assimilée, l’interprétation du hasard, la confusion entre risque et danger, la coupure avec le monde agricole, la mythification de la nature, le primat de l’émotion, ou encore le soupçon permanent de conflits d’intérêts et le refus de l’incertitude.
    1 hr 12 min
  • « Écologisme, pourquoi les faits ne pénètrent pas dans le monde où vivent nos croyances ? »
    Pour l’orateur, ancien titulaire de la chaire d’économie et de gestion des services de santé du Conservatoire national des arts et métiers, un certain nombre de sujets tels que l’état de la biodiversité, la pollution atmosphérique ou l’utilisation des pesticides donnent lieu à des prévisions alarmistes qui vont très au-delà de ce que constatent des mesures objectives et relèvent d’une mentalité antiscientifique. « Alors qu’il y a un quart de siècle à peine, on estimait que la science permettait de vaincre les maladies et de nourrir l’humanité, on craint aujourd’hui d’être empoisonné par les médicaments et les produits agricoles » déplore-t-il. À la racine de ce « procès contre la science », Jean de Kervasdoué pointe notamment une culture scientifique mal assimilée, l’interprétation du hasard, la confusion entre risque et danger, la coupure avec le monde agricole, la mythification de la nature, le primat de l’émotion, ou encore le soupçon permanent de conflits d’intérêts et le refus de l’incertitude.
    38 min

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Émission de culture générale. Chaque semaine, un nouvel invité (académicien, chercheur, etc) apporte des éclairages approfondis et nuancés sur un sujet tiré de sa spécialité.