Séances de l'Académie des sciences morales et politiques

Séances de l'Académie des sciences morales et politiques

By Institut de FranceSociety & Culture
Download on the App Store

Séances de l'Académie des sciences morales et politiques episodes

  • « Les techniques de la publicité appliquées au marché de l’opinion »
    M. Lévy s’es t d’abord attaché à préciser les conditions de l’applicabilité de la publicité au champ politique en pointant une difficulté tenant à la nature du « produit » politique, qui, faute de caractéristiques pérennes et indiscutables, rend aléatoire toutes les opérations de communication, sauf à jouer sur les seuls instincts des citoyens. Ensuite, l’orateur s’est consacré à explorer le « marché de l’opinion », qui prend une résonance particulière à l’heure des données numériques, dont l’exploitation fait désormais partie intégrante des campagnes publicitaires aussi bien que politiques. Nous sommes passés d’une « opinion partiellement monolithique à un marché d’offres d’opinions individuelles, propice au ciblage individualisé » et vulnérable à toutes sortes de manipulations. La solution, pour M. Lévy, ne pourra venir que des consommateurs citoyens. Elle passe entre autres par la réappropriation, au moins partielle, de leurs données. Ainsi pourrions-nous revenir à un marché de demandes et de préférences librement choisies, dans lequel la publicité ne serait plus détournée de ses fins.
    1 hr 43 min
  • « Les techniques de la publicité appliquées au marché de l’opinion »
    M. Lévy s’es t d’abord attaché à préciser les conditions de l’applicabilité de la publicité au champ politique en pointant une difficulté tenant à la nature du « produit » politique, qui, faute de caractéristiques pérennes et indiscutables, rend aléatoire toutes les opérations de communication, sauf à jouer sur les seuls instincts des citoyens. Ensuite, l’orateur s’est consacré à explorer le « marché de l’opinion », qui prend une résonance particulière à l’heure des données numériques, dont l’exploitation fait désormais partie intégrante des campagnes publicitaires aussi bien que politiques. Nous sommes passés d’une « opinion partiellement monolithique à un marché d’offres d’opinions individuelles, propice au ciblage individualisé » et vulnérable à toutes sortes de manipulations. La solution, pour M. Lévy, ne pourra venir que des consommateurs citoyens. Elle passe entre autres par la réappropriation, au moins partielle, de leurs données. Ainsi pourrions-nous revenir à un marché de demandes et de préférences librement choisies, dans lequel la publicité ne serait plus détournée de ses fins.
    38 min
  • « L’opinion européenne et son baromètre »
    Est-il pertinent de transposer l’opinion publique, réalité née dans un cadre national, au niveau européen ? Oui, a répondu l’orateur car dans la mesure où, l’Europe constitue un « espace politiquement ordonné », elle est naturellement propice à l’éclosion d’opinions communes sur les compétences prises en charge par l’Union européenne (comme l’euro) et plus généralement sur son avenir. Ainsi, en l’état actuel, la tendance marquante de l’opinion européenne est la progression continue dans les urnes de partis antisystèmes et eurocritiques, que devraient encore confirmer les élections de mai 2019 au Parlement européen. Ce serait pourtant faire erreur, selon Dominique Reynié, de l’interpréter de manière univoque, comme un regain nationaliste. Car les sondages montrent, dans le même temps, un attachement majoritaire au maintien dans l’Union européenne. Ainsi, les Européens aspireraient avant tout à une puissance publique capable dans les protéger dans le contexte anxiogène de la mondialisation, que ce soit au niveau des États comme de l’Union.
    36 min
  • « L’opinion européenne et son baromètre »
    Est-il pertinent de transposer l’opinion publique, réalité née dans un cadre national, au niveau européen ? Oui, a répondu l’orateur car dans la mesure où, l’Europe constitue un « espace politiquement ordonné », elle est naturellement propice à l’éclosion d’opinions communes sur les compétences prises en charge par l’Union européenne (comme l’euro) et plus généralement sur son avenir. Ainsi, en l’état actuel, la tendance marquante de l’opinion européenne est la progression continue dans les urnes de partis antisystèmes et eurocritiques, que devraient encore confirmer les élections de mai 2019 au Parlement européen. Ce serait pourtant faire erreur, selon Dominique Reynié, de l’interpréter de manière univoque, comme un regain nationaliste. Car les sondages montrent, dans le même temps, un attachement majoritaire au maintien dans l’Union européenne. Ainsi, les Européens aspireraient avant tout à une puissance publique capable dans les protéger dans le contexte anxiogène de la mondialisation, que ce soit au niveau des États comme de l’Union.
    1 hr 24 min
  • « Francisco Pacheco, être honnête homme à Séville au siècle d’or »
    A l’occasion de cette communication, l’orateur a évoqué Francisco Pacheco (ou Francisco Pérez del Río, Sanlúcar de Barrameda, 1564 – Séville, 1644), peintre maniériste réputé pour avoir été le maître et le beau-père de Diego Velázquez de Silva. Artiste savant d’excellent niveau et dessinateur de talent, il demeure l’auteur d’un des trois traités de peinture du Siècle d’Or espagnol : L’Art de la Peinture, rédigé de 1619-20 à 1638. Jusqu’ici partiellement traduit en français, ce texte s’avère un véritable pensum, source incontournable de références tant dans le domaine artistique que pour l’histoire des mentalités. Injustement dénigré, Pacheco révèle par sa grande honnêteté intellectuelle et morale toute la portée de son analyse de l’art de peindre, parfois d’une brûlante actualité.
    1 hr 13 min
  • « Le général De Gaulle et l’opinion »
    Pour le journaliste politique l’appel à la Résistance du 18 juin, du reste quasi-confidentiel sur le moment, a posé le cadre des rapports de Charles de Gaulle avec l’opinion publique : un homme seul s’adresse directement au peuple, comme s’il portait la voix de la France. Il s’en faut pourtant de beaucoup qu’il ait toujours été entendu comme tel. Sa popularité́ considérable à la Libération n’empêche pas son renvoi dans l’opposition dès 1946 et la liquidation du dossier algérien, menée avec l’appui de l’opinion, laisse place à un progressif détachement. En regard, Alain Duhamel a présenté la politique originale de communication de Charles de Gaulle : une « stratégie de conquête et de séduction de l’opinion menée tambour battant et relevant en permanence du rapport de forces et d’un exercice d’autorité ». Le général, qui n’aime guère la presse, a perçu tout le parti qu’il pouvait tirer de l’audiovisuel. « Il a compris le premier que présidentialisation, personnalisation et télévision rimaient. »
    44 min
  • « Le général de Gaulle et l’opinion »
    Pour le journaliste politique l’appel à la Résistance du 18 juin, du reste quasi-confidentiel sur le moment, a posé le cadre des rapports de Charles de Gaulle avec l’opinion publique : un homme seul s’adresse directement au peuple, comme s’il portait la voix de la France. Il s’en faut pourtant de beaucoup qu’il ait toujours été entendu comme tel. Sa popularité́ considérable à la Libération n’empêche pas son renvoi dans l’opposition dès 1946 et la liquidation du dossier algérien, menée avec l’appui de l’opinion, laisse place à un progressif détachement. En regard, Alain Duhamel a présenté la politique originale de communication de Charles de Gaulle : une « stratégie de conquête et de séduction de l’opinion menée tambour battant et relevant en permanence du rapport de forces et d’un exercice d’autorité ». Le général, qui n’aime guère la presse, a perçu tout le parti qu’il pouvait tirer de l’audiovisuel. « Il a compris le premier que présidentialisation, personnalisation et télévision rimaient. »
    1 hr 32 min
  • « La Ve est-elle la République des sondages ? »
    Pour l’intervenant, l’importance des sondages dans notre vie politique trouve son origine dans l’élection présidentielle au suffrage universel direct. L’installation de la présidentielle au centre de la vie du régime (elle devient la voie royale de la conquête du pouvoir) rend en effet incontournable le recours aux sondages. Ils sont l’outil par lequel se mesure le degré de « présidentialité » d’un candidat (à distinguer de sa popularité) ou bien la relation que le chef de l’État entretient avec le peuple durant son mandat (enjeu décisif pour sa réélection). Ils sont également sollicités pour les législatives, dont le rôle est de donner une majorité au président. À partir de 1981, Jérôme Jaffré relève une complète intégration des sondages aux processus politiques, dans les luttes internes aux partis (ils permettent de contester l’appareil) comme dans les mouvements sociaux (ils sont le complément des manifestations). En conclusion, Jérôme Jaffré a tempéré ce constat. Les sondages ne sont qu’un élément de stratégie politique, à utiliser avec discernement. Il est excessif d’affirmer que la Ve République est celle des sondages, mais il faut reconnaître que depuis plus de cinquante ans elle a vécu avec eux en osmose.
    50 min
  • « La Ve est-elle la République des sondages ? »
    Pour l’intervenant, l’importance des sondages dans notre vie politique trouve son origine dans l’élection présidentielle au suffrage universel direct. L’installation de la présidentielle au centre de la vie du régime (elle devient la voie royale de la conquête du pouvoir) rend en effet incontournable le recours aux sondages. Ils sont l’outil par lequel se mesure le degré de « présidentialité » d’un candidat (à distinguer de sa popularité) ou bien la relation que le chef de l’État entretient avec le peuple durant son mandat (enjeu décisif pour sa réélection). Ils sont également sollicités pour les législatives, dont le rôle est de donner une majorité au président. À partir de 1981, Jérôme Jaffré relève une complète intégration des sondages aux processus politiques, dans les luttes internes aux partis (ils permettent de contester l’appareil) comme dans les mouvements sociaux (ils sont le complément des manifestations). En conclusion, Jérôme Jaffré a tempéré ce constat. Les sondages ne sont qu’un élément de stratégie politique, à utiliser avec discernement. Il est excessif d’affirmer que la Ve République est celle des sondages, mais il faut reconnaître que depuis plus de cinquante ans elle a vécu avec eux en osmose.
    1 hr 50 min
  • « La fabrique des sondages ».
    Après avoir souligné que l’analyse de l’opinion ne s’appuie plus sur les seuls sondages en raison de l’explosion des données rendues disponibles par les technologies numériques, l’orateur a centré son propos sur les sondages électoraux et les controverses sur leur pertinence en démocratie, qui ne sont pas étrangères, a avancé l’orateur, à l’image que nous nous faisons de ce régime. Ainsi, nous serions critiques envers les sondages parce que nous aurions peine à admettre que la démocratie a plus à voir avec l’opinion qu’avec la connaissance. Tout le paradoxe est que les sondages et les enquêtes, tout en travaillant sur l’opinion, relèvent du domaine de la connaissance et contribuent, comme tels, à objectiver le débat public, en bousculant les croyances qui nourrissent les argumentaires politiques. L’expérience de Brice Teinturier est du reste que les décideurs comme les citoyens tiennent très inégalement compte de ces informations. Et s’il est vrai qu’une proportion non négligeable d’électeurs, au cours des derniers scrutins, a fait le choix d’un « vote utile », il ne voit pas au nom de quoi celui-ci aurait moins de valeur qu’un « vote de conviction » car on ne saurait trouver mauvais, dans une démocratie, que des citoyens puissent réviser leurs décisions.
    40 min

About Séances de l'Académie des sciences morales et politiques

From the publisher's feed

Émission de culture générale. Chaque semaine, un nouvel invité (académicien, chercheur, etc) apporte des éclairages approfondis et nuancés sur un sujet tiré de sa spécialité.