Séances de l'Académie des sciences morales et politiques

Séances de l'Académie des sciences morales et politiques

By Institut de FranceSociety & Culture
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Séances de l'Académie des sciences morales et politiques episodes

  • « La fabrique des sondages »
    Après avoir souligné que l’analyse de l’opinion ne s’appuie plus sur les seuls sondages en raison de l’explosion des données rendues disponibles par les technologies numériques, l’orateur a centré son propos sur les sondages électoraux et les controverses sur leur pertinence en démocratie, qui ne sont pas étrangères, a avancé l’orateur, à l’image que nous nous faisons de ce régime. Ainsi, nous serions critiques envers les sondages parce que nous aurions peine à admettre que la démocratie a plus à voir avec l’opinion qu’avec la connaissance. Tout le paradoxe est que les sondages et les enquêtes, tout en travaillant sur l’opinion, relèvent du domaine de la connaissance et contribuent, comme tels, à objectiver le débat public, en bousculant les croyances qui nourrissent les argumentaires politiques. L’expérience de Brice Teinturier est du reste que les décideurs comme les citoyens tiennent très inégalement compte de ces informations. Et s’il est vrai qu’une proportion non négligeable d’électeurs, au cours des derniers scrutins, a fait le choix d’un « vote utile », il ne voit pas au nom de quoi celui-ci aurait moins de valeur qu’un « vote de conviction » car on ne saurait trouver mauvais, dans une démocratie, que des citoyens puissent réviser leurs décisions.
    1 hr 38 min
  • « Le nouveau Léviathan : l’opinion publique ou de la démocratie périodique à la démocratie permanente »
    Pour l’orateur, l’émergence d’une démocratie permanente commence au début du XXe siècle avec l’entrée en crise de la démocratie représentative telle que l’incarnait la IIIe République, qui n’admettait d’autre consultation du peuple souverain que l’élection de ses députés à intervalles réguliers. Un système alors concurrencé par les manifestations organisées pour peser sur son action et, plus récemment, par l’essor des sondages d’opinion : « la cote des hommes politiques est désormais considérée comme un instrument de mesure légitime, en concurrence avec l’élection ». Cette évolution n’est pas qu’une question de mentalité ; elle tient aussi à des facteurs technologiques : « La démocratie d’opinion est d’abord fille de la révolution informatique comme naguère la démocratie parlementaire l’a été du chemin de fer puis de l’automobile. » Si bien qu’il faut maintenant compter aussi avec l’instantanéité des réseaux sociaux…
    1 hr 48 min
  • « Le nouveau Léviathan : l’opinion publique ou de la démocratie périodique à la démocratie permanente »
    Pour l’orateur, l’émergence d’une démocratie permanente commence au début du XXe siècle avec l’entrée en crise de la démocratie représentative telle que l’incarnait la IIIe République, qui n’admettait d’autre consultation du peuple souverain que l’élection de ses députés à intervalles réguliers. Un système alors concurrencé par les manifestations organisées pour peser sur son action et, plus récemment, par l’essor des sondages d’opinion : « la cote des hommes politiques est désormais considérée comme un instrument de mesure légitime, en concurrence avec l’élection ». Cette évolution n’est pas qu’une question de mentalité ; elle tient aussi à des facteurs technologiques : « La démocratie d’opinion est d’abord fille de la révolution informatique comme naguère la démocratie parlementaire l’a été du chemin de fer puis de l’automobile. » Si bien qu’il faut maintenant compter aussi avec l’instantanéité des réseaux sociaux…
    51 min
  • « Populisme et médias, le procès réciproque »
    À la racine de ce divorce, l’académicienne pointe une guerre idéologique doublée d’une lutte des classes, ce qui rend l’affrontement d’autant plus inexpiable. Au progressisme et à l’universalisme des élites, partagés par les médias, une partie des classes populaires oppose son besoin d’enracinement et la conservation des avantages acquis et de ses modes de vie, dans des proportions variables à droite ou à gauche. Ce clivage social, qui draine derrière lui ressentiment et mépris, fausse d’avance tout dialogue, en condamnant les deux camps à l’incompréhension. Il en résulte une situation dangereuse pour la démocratie, menacée dans son esprit, la politique se muant en guerre et l’adversaire en ennemi, si bien que Chantal Delsol, y voit un nouvel épisode de la « guerre civile européenne » que se livrent depuis deux siècles modernes et antimodernes.
    24 min
  • « L’Église, le Vatican et sa communication »
    L’orateur a commencé son exposé par une évocation de Vatican II (1962-1965), car c’est à cette occasion que, de son point de vue, l’opinion publique s’est introduite à l’intérieur de l’Église catholique, du moins à son sommet. Une évolution qu’il juge regrettable car « à la verticalité du message dont l’Église est censée être le relais, on opposa l’horizontalité de l’instant, du moment, de la vérité brutale des mots. Finalement, à la tentation du perfectus, on substitua le progressus, le renouvellement substantiel permanent ». D’où les efforts importants de la papauté pour adapter sa communication, notamment via la médiatisation accrue des papes qui, depuis Jean-Paul II, ne s’expriment plus seulement à travers les anciens canaux formels mais n’hésitent pas à se livrer aux questions des journalistes et même à mettre en scène leur personnalité et leurs voyages, devenant ainsi des « figures familières d’une opinion mondialisée ».
    1 hr 35 min
  • « L’Église, le Vatican et sa communication »
    L’orateur a commencé son exposé par une évocation de Vatican II (1962-1965), car c’est à cette occasion que, de son point de vue, l’opinion publique s’est introduite à l’intérieur de l’Église catholique, du moins à son sommet. Une évolution qu’il juge regrettable car « à la verticalité du message dont l’Église est censée être le relais, on opposa l’horizontalité de l’instant, du moment, de la vérité brutale des mots. Finalement, à la tentation du perfectus, on substitua le progressus, le renouvellement substantiel permanent ». D’où les efforts importants de la papauté pour adapter sa communication, notamment via la médiatisation accrue des papes qui, depuis Jean-Paul II, ne s’expriment plus seulement à travers les anciens canaux formels mais n’hésitent pas à se livrer aux questions des journalistes et même à mettre en scène leur personnalité et leurs voyages, devenant ainsi des « figures familières d’une opinion mondialisée ».
    41 min
  • « Comment le djihadisme recrute grâce aux réseaux sociaux »
    Dans son exposé, l’orateur a notamment rappelé qu’à chacune des phases du djihadisme contemporain, avaient correspondu un mode d’expression et des vecteurs de transmission distincts. Dans la première phase, qui commence autour de 1979 avec la révolution iranienne et l’intervention soviétique en Afghanistan, la mobilisation se fait essentiellement par l’écrit. L’apparition au grand jour d’Al-Qaida en 1998 inaugure une seconde phase, qui porte le djihad en dehors du monde musulman. Ses textes de propagande sont désormais diffusés via Internet et c’est à la télévision que sont rendus publics ses « exploits ». Les attentats, soigneusement planifiés, sont l’objet d’une mise en scène spectaculaire : les images du 11 septembre tournent en boucle, de longues semaines, sur les télévisions. À cette date, l’avènement des réseaux sociaux a déjà ouvert la voie à un nouveau type de djihad, dont l’organisation n’est plus hiérarchique mais cherche à susciter de multiples initiatives locales, au cœur même des pays occidentaux. Les auteurs des attentats qui frappent la France depuis 2012 s’inscrivent dans cette logique.
    59 min
  • « Le cinéma, les séries télévisées, la bande dessinée : fabriques d’opinion »
    Dans cette communication prononcée, le 18 juin 2018 l’orateur a souligné que, si pour une bonne part, films, séries et bandes dessinées sont avant tout une transposition du monde dans lequel vivent leurs créateurs, ils ne sont pas, pour autant, un reflet passif et neutre car la puissance subjuguante de l’image porte en elle-même une force de conviction. Ainsi lorsque Hergé, dans le Lotus bleu, attira l’attention sur les événements qui se produisaient en Chine dans les années 1930, il modifia certainement la perception qu’en avaient ses contemporains. Et Hollywood ne fut pas pour rien dans l’arrimage de l’Europe de l’Ouest du côté américain durant toute la guerre froide. Aujourd’hui, plusieurs générations d’Occidentaux ont grandi dans un bain d’images, avec des héros de pellicule ou de papier, qui leur sont aussi familiers que l’étaient aux Grecs les dieux de l’Olympe. Il est naturel qu’ils en aient hérité non des opinions précises, mais une certaine représentation du monde. Il n’est toutefois pas exclu que, dans les années à venir, l’Occident subisse sur ce terrain la concurrence des pays émergents.
    33 min
  • « Le cinéma, les séries télévisées, la bande dessinée : fabriques d’opinion »
    Dans cette communication prononcée, le 18 juin 2018 l’orateur a souligné que, si pour une bonne part, films, séries et bandes dessinées sont avant tout une transposition du monde dans lequel vivent leurs créateurs, ils ne sont pas, pour autant, un reflet passif et neutre car la puissance subjuguante de l’image porte en elle-même une force de conviction. Ainsi lorsque Hergé, dans le Lotus bleu, attira l’attention sur les événements qui se produisaient en Chine dans les années 1930, il modifia certainement la perception qu’en avaient ses contemporains. Et Hollywood ne fut pas pour rien dans l’arrimage de l’Europe de l’Ouest du côté américain durant toute la guerre froide. Aujourd’hui, plusieurs générations d’Occidentaux ont grandi dans un bain d’images, avec des héros de pellicule ou de papier, qui leur sont aussi familiers que l’étaient aux Grecs les dieux de l’Olympe. Il est naturel qu’ils en aient hérité non des opinions précises, mais une certaine représentation du monde. Il n’est toutefois pas exclu que, dans les années à venir, l’Occident subisse sur ce terrain la concurrence des pays émergents.
    1 hr 36 min
  • « L’École pratique des hautes études (1868-2018) : l’érudition dans le débat public et ses rapports avec l’opinion. »
    Cette communication a été prononcée, le 11 juin 2018. Elle concluait la journée d’étude organisée conjointement par l’Académie des sciences morales et politiques et l’École pratique des hautes études, à l’occasion du 150e anniversaire de cette dernière, sur le thème « De l’érudition à l’opinion ». L’orateur a notamment souligné que « si l’EPHE a joué un rôle dans l’opinion, ce n’est pas dans le domaine des débats d’idées animés par la presse et les médias, mais plutôt dans sa contribution aux évolutions fondamentales et lentes, par sa manière de reposer et de penser à nouveaux frais certaines questions en revenant aux sources ». Et de citer, à titre d’exemple, le rôle joué crucial joué par l’École dans le développement de nouvelles disciplines - la sémantique (Bréal), la sociologie (Mauss), l’anthropologie (Lévi-Strauss) - ou le renouvellement des plus anciennes.
    49 min

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Émission de culture générale. Chaque semaine, un nouvel invité (académicien, chercheur, etc) apporte des éclairages approfondis et nuancés sur un sujet tiré de sa spécialité.