Séances de l'Académie des sciences morales et politiques

Séances de l'Académie des sciences morales et politiques

By Institut de FranceSociety & Culture
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Séances de l'Académie des sciences morales et politiques episodes

  • Séance solennelle d’installation de Denis Kessler
    Le président François d’Orcival a introduit la séance, consacrée à la lecture de la Notice sur la vie et les travaux de Michel Albert (1930- 2015) par Denis Kessler, qui lui a succédé le 11 janvier 2016 au fauteuil I de la section Économie politique, statistique et finances. Il a rappelé l’origine et le sens de cette tradition, qui est un rituel de passage. Il a souligné, dans le même temps, le caractère inédit revêtu par la cérémonie de ce jour, puisqu’elle se tenait, pour la première fois, au cours d’une séance solennelle sous la Coupole. Le discours d’accueil de Denis Kessler a été prononcé par Michel Pébereau, également membre de la section Économie politique, statistique et finances, qui a évoqué les différentes facettes de sa personnalité, unifiées par un même amour de la rationalité, de la liberté et du savoir : le chercheur académique internationalement reconnu, le stratège et porte-parole du monde des entreprises, enfin l’entrepreneur à succès, à la tête de la quatrième société de réassurance au monde. Denis Kessler a alors pris la parole, pour évoquer la figure de Michel Albert, à travers les nombreux engagements qui ont tissé son existence.
    49 min
  • « Entre art et science : le corps en mouvement »
    Historien, spécialiste du MoyenÂge et de la Renaissance, commissaire d’expositions, Yvan Brohard est l’auteur d’une cinquantaine d’ouvrages dont le catalogue raisonné de Pierre-Yves Trémois publié récemment. Chargé de mission Art & Science depuis 2009 auprès du Président de l’université Paris Descartes, il a notamment présenté, dans le cadre du Réfectoire des Cordeliers et du Musée d’Histoire de la Médecine à Paris, ainsi qu’à l’étranger, de nombreuses expositions sur l’Homme et son corps et les Âges de la vie. En 2014-2015, il a été chargé par l’Académie des sciences de promouvoir le projet Pour un universalisme scientifique.
    1 hr 7 min
  • « L’opinion publique et les pouvoirs »
    Au cours de son intervention, l’ancien président de la République a dégagé une philosophie générale des rapports entre le pouvoir et l’opinion publique, qu’il voit marqués par une certaine fatalité, entre l’intérêt général qui devrait toujours animer l’homme d’État et des électeurs spontanément mus par leurs intérêts particuliers, ce que ne manquent pas au demeurant d’exploiter, souvent avec succès, les démagogues. Retraçant à grands traits l’histoire de la France depuis la Révolution, il a montré qu’avaient dominé les périodes où le pouvoir et l’opinion publique avaient conjointement orienté la destinée du pays. Cet équilibre, toujours fragile et inégalement satisfaisant, est néanmoins menacé par le poids grandissant des lobbies, efficacement relayés désormais par les réseaux sociaux : Il n’est plus possible d’envisager la démocratie sans lobbies, mais que devient-elle quand ces lobbies sont triomphants ? »
    2 hr 2 min
  • « L’opinion publique et les pouvoirs »
    Au cours de son intervention, l’ancien Président de la République a dégagé une philosophie générale des rapports entre le pouvoir et l’opinion publique, qu’il voit marqués par une certaine fatalité, entre l’intérêt général qui devrait toujours animer l’homme d’État et des électeurs spontanément mus par leurs intérêts particuliers, ce que ne manquent pas au demeurant d’exploiter, souvent avec succès, les démagogues. Retraçant à grands traits l’histoire de la France depuis la Révolution, il a montré qu’avaient dominé les périodes où le pouvoir et l’opinion publique avaient conjointement orienté la destinée du pays. Cet équilibre, toujours fragile et inégalement satisfaisant, est néanmoins menacé par le poids grandissant des lobbies, efficacement relayés désormais par les réseaux sociaux : Il n’est plus possible d’envisager la démocratie sans lobbies, mais que devient-elle quand ces lobbies sont triomphants ? »
    47 min
  • « Le journal Le Monde, prescripteur d’opinion »
    A l’issue d’une présentation de l’histoire du Monde et d’une analyse de son statut de « journal de référence », l’orateur a estimé qu’il n’est pas sûr qu’un magistère comme celui exercé par Le Monde dans le passé soit encore possible à l’heure des chaînes d’information continue et des réseaux sociaux, qui imposent à l’ensemble des médias leur tempo et une dictature de l’émotion. Il est toutefois convaincu que, dans ce contexte, les médias de presse écrite peuvent tirer leur épingle du jeu, en revenant aux règles fondamentales du métier : la mise en perspective, la hiérarchisation des faits et l’approfondissement... sans renoncer, comme dans le cas du Monde, à déranger. Une conviction ainsi résumée : « À défaut d’être prescripteur d’opinion, il lui faut, au moins, être prescripteur de débats. »
    45 min
  • « Bonheurs et malheurs de l’esthétique »
    Docteur ès Lettres et docteur en philosophie, Marc Jimenez est professeur émérite à la Sorbonne où il a enseigné l’esthétique et les sciences de l’art. Il dirige la Collection d’Esthétique auprès des éditions Klincksieck-Les Belles Lettres depuis 1986. Traducteur de T.W. Adorno, Théorie esthétique, et d’August Wilhelm Schlegel, La doctrine de l’art. Considérations sur les Belles Lettres et l’Art, il est l’auteur de nombreuses publications parmi lesquelles : Vers une esthétique négative. Adorno et la modernité (Klincksieck), Qu’est-ce que l’esthétique ? (Gallimard), La querelle de l’art contemporain (Gallimard), Fragments pour un discours esthétique, (Klincksieck). Art et technosciences. Bioart, neuroesthétique (Klincksieck). Son dernier ouvrage, paru en 2016, est consacré à la poésie de Friedrich Nietzsche : Rien qu’un fou, rien qu’un poète. Une lecture des derniers poèmes de Nietzsche (Belles Lettres-encre marine). Membre de l’Association internationale des critiques d’art (AICA), il participe à de nombreux colloques en France et à l’étranger (Europe, Amérique latine, Afrique noire francophone et Maghreb) et collabore régulièrement à des revues d’art.
    1 hr 22 min
  • « Histoire de la presse : les journalistes dans les drames contemporains »
    Au fil d’une vaste évocation historique de l’Affaire Dreyfus à nos jours, l’orateur s’est inscrit en faux contre l’idée selon laquelle les médias seraient un instrument efficace de manipulation des masses. En effet, s’il n’est pas douteux que les organes d’information contribuent à alimenter l’opinion publique, c’est faire peu de cas de leur réception que de leur attribuer un pouvoir de persuasion tel qu’il annihilerait toute capacité d’appréciation chez les citoyens. S’agissant de la période contemporaine, il a aussi souligné que l’explosion d’Internet, puis des réseaux sociaux depuis les années 2000, impose un paysage médiatique polycentrique, dans lequel les citoyens sont de plus en plus partie prenante des circuits de l’information, en même temps qu’il contraint médias et journalistes à se remettre en cause. Si bien que leur défi sera d’inventer un modèle économique viable pour la presse et de retrouver la confiance du public, sans se modeler sur les caprices de l’opinion, de manière à jouer pleinement leur rôle dans le bon fonctionnement de la démocratie.
    59 min
  • « Napoléon ou la maîtrise de l’opinion publique »
    Comme l’a rappelé Jean Tulard, aux yeux de Napoléon, l’opinion publique peut être utilement prise en compte, pourvu toutefois qu’elle soit clairement subordonnée au politique. Ainsi, devant le Conseil d’État, l’Empereur déclaré, en 1804 : « Je respecterai les jugements de l’opinion publique quand ils seront légitimes, mais elle a des caprices qu’il faut savoir mépriser. C’est au gouvernement de l’éclairer et non de la suivre dans ses écarts. J’ai pour moi la volonté de la Nation et une armée de 500 000 hommes. » Le pouvoir du premier consul, puis de l’empereur, dérive des seuls plébiscites, censés exprimer irrévocablement la voix de la Nation. Toutefois, la réussite la plus nette de Napoléon face à l’opinion publique n’est pas de l’avoir muselée, mais d’avoir durablement imposé sa légende. Dès la campagne d’Italie, Bonaparte se révèle un maître en communication. Il se crée une image à la fois héroïque et immédiatement reconnaissable, à travers sa tenue et ses postures. Elle se décline aussi bien dans les grandes peintures académiques que dans la gravure populaire. La construction de cette mythologie se poursuit au-delà de la chute de l’Empire, à destination de la postérité, ce qui arrachera ce cri à Chateaubriand : « Vivant il a manqué le monde, mort il le possède. »
    1 hr 31 min
  • « Napoléon ou la maîtrise de l’opinion publique »
    Comme l’a rappelé Jean Tulard, aux yeux de Napoléon, l’opinion publique peut être utilement prise en compte, pourvu toutefois qu’elle soit clairement subordonnée au politique. Ainsi, devant le Conseil d’État, l’Empereur déclaré, en 1804 : « Je respecterai les jugements de l’opinion publique quand ils seront légitimes, mais elle a des caprices qu’il faut savoir mépriser. C’est au gouvernement de l’éclairer et non de la suivre dans ses écarts. J’ai pour moi la volonté de la Nation et une armée de 500 000 hommes. » Le pouvoir du premier consul, puis de l’empereur, dérive des seuls plébiscites, censés exprimer irrévocablement la voix de la Nation. Toutefois, la réussite la plus nette de Napoléon face à l’opinion publique n’est pas de l’avoir muselée, mais d’avoir durablement imposé sa légende. Dès la campagne d’Italie, Bonaparte se révèle un maître en communication. Il se crée une image à la fois héroïque et immédiatement reconnaissable, à travers sa tenue et ses postures. Elle se décline aussi bien dans les grandes peintures académiques que dans la gravure populaire. La construction de cette mythologie se poursuit au-delà de la chute de l’Empire, à destination de la postérité, ce qui arrachera ce cri à Chateaubriand : « Vivant il a manqué le monde, mort il le possède. »
    45 min
  • « Des Lumières à l’opinion publique : politique extérieure et société, XVIIIe-XXe siècles ».
    Après avoir brossé, sur trois siècles, un ample tableau de l’évolution des relations entre opinion publique et politique extérieure, l’orateur s’est interrogé sur la part que devraient faire nos sociétés à l’opinion publique dans les choix de politique extérieure, à l’heure où les populations entendent de plus en plus être consultées, du fait des répercussions de ces décisions sur leurs vies. Faire émerger au sein de l’opinion publique des options réalistes, « les canaliser dans un processus politique et les mettre en pratique dans un système international enserré par une multitude d’accords et de règles multilatéraux ou même supranationaux » n’a pourtant rien d’évident. Faut-il, comme le suggèrent certains, soustraire ces questions au jugement populaire ? Généraliser, au contraire, la transparence ? Prendre modèle sur les votations suisses, qui munissent l’électeur d’argumentaires pro et contra, ou bien faire jouer la démocratie participative, via Internet ? Pour G.-H. Soutou, une chose est sûre : nos modes de fonctionnement actuels ne sont plus adaptés, et il faudra inévitablement choisir.
    1 hr 50 min

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Émission de culture générale. Chaque semaine, un nouvel invité (académicien, chercheur, etc) apporte des éclairages approfondis et nuancés sur un sujet tiré de sa spécialité.