Séances de l'Académie des sciences morales et politiques

Séances de l'Académie des sciences morales et politiques

By Institut de FranceSociety & Culture
Download on the App Store

Séances de l'Académie des sciences morales et politiques episodes

  • « Des Lumières à l’opinion publique : politique extérieure et société, XVIIIe-XXe siècles ».
    Après avoir brossé, sur trois siècles, un ample tableau de l’évolution des relations entre opinion publique et politique extérieure, l’orateur s’est interrogé sur la part que devraient faire nos sociétés à l’opinion publique dans les choix de politique extérieure, à l’heure où les populations entendent de plus en plus être consultées, du fait des répercussions de ces décisions sur leurs vies. Faire émerger au sein de l’opinion publique des options réalistes, « les canaliser dans un processus politique et les mettre en pratique dans un système international enserré par une multitude d’accords et de règles multilatéraux ou même supranationaux » n’a pourtant rien d’évident. Faut-il, comme le suggèrent certains, soustraire ces questions au jugement populaire ? Généraliser, au contraire, la transparence ? Prendre modèle sur les votations suisses, qui munissent l’électeur d’argumentaires pro et contra, ou bien faire jouer la démocratie participative, via Internet ? Pour G.-H. Soutou, une chose est sûre : nos modes de fonctionnement actuels ne sont plus adaptés, et il faudra inévitablement choisir.
    46 min
  • « Naissance et sources de l’opinion publique ».
    Parce qu’il est convenu que ce n’est qu’au milieu du XVIIIe siècle que l’opinion publique est identifiée en tant que telle dans les sociétés occidentales, faut-il renoncer à appliquer cette notion aux « hautes époques » ? Tel n’est pas la conviction de Philippe Contamine qui souligne que la période médiévale offre de ce point de vue un poste d’observation intéressant. Tout porte, a priori, à contester la réalité d’une opinion publique médiévale en présence d’une population massivement illettrée, dispersée et soumise à un dominium clérical et féodal, dont le seul mode d’expression aurait été la révolte. Ph. Contamine a cependant relevé que depuis une génération, les historiens médiévistes utilisaient couramment le concept d’opinion publique, particulièrement face à des épisodes de crise, comme ceux qui jalonnent la guerre de Cent Ans. Ils s’intéressent, pour cela, aux rumeurs, cris, doléances, ou encore à la propagande. Ainsi lors de la mobilisation du tiers état par Philippe le Bel dans le cadre de sa lutte contre le pape Boniface VIII en 1303. Le monarque avait en effet envoyé des commissaires dans les provinces, pour expliquer son attitude et recueillir l’adhésion de ses sujets, parvenant ainsi à créer un véritable courant d’opinion publique. D’où une nouvelle question : « Entre la ‘commune renommée’ des années 1400 et l’opinion des années 1900, le changement est-il de degré ou de nature ? Serait-on passé des premiers vagissements à la pleine maturité ou plutôt d’un régime politique à l’autre ? »
    40 min
  • « Naissance et sources de l’opinion publique ».
    Parce qu’il est convenu que ce n’est qu’au milieu du XVIIIe siècle que l’opinion publique est identifiée en tant que telle dans les sociétés occidentales, faut-il renoncer à appliquer cette notion aux « hautes époques » ? Tel n’est pas la conviction de Philippe Contamine qui souligne que la période médiévale offre de ce point de vue un poste d’observation intéressant. Tout porte, a priori, à contester la réalité d’une opinion publique médiévale en présence d’une population massivement illettrée, dispersée et soumise à un dominium clérical et féodal, dont le seul mode d’expression aurait été la révolte. Ph. Contamine a cependant relevé que depuis une génération, les historiens médiévistes utilisaient couramment le concept d’opinion publique, particulièrement face à des épisodes de crise, comme ceux qui jalonnent la guerre de Cent Ans. Ils s’intéressent, pour cela, aux rumeurs, cris, doléances, ou encore à la propagande. Ainsi lors de la mobilisation du tiers état par Philippe le Bel dans le cadre de sa lutte contre le pape Boniface VIII en 1303. Le monarque avait en effet envoyé des commissaires dans les provinces, pour expliquer son attitude et recueillir l’adhésion de ses sujets, parvenant ainsi à créer un véritable courant d’opinion publique. D’où une nouvelle question : « Entre la ‘commune renommée’ des années 1400 et l’opinion des années 1900, le changement est-il de degré ou de nature ? Serait-on passé des premiers vagissements à la pleine maturité ou plutôt d’un régime politique à l’autre ? »
    1 hr 28 min
  • « Opinion publique, que faire, quoi faire ? ».
    Bernard Bourgeois, normalien, agrégé de philosophie, professeur émérite de l’Université Paris I - Panthéon Sorbonne, est l’un des plus éminents spécialistes de la philosophie allemande et notamment de l’idéalisme celles de Fichte et d’Hegel.
    1 hr 35 min
  • « Opinion publique, que faire, quoi faire ? ».
    Bernard Bourgeois, normalien, agrégé de philosophie, professeur émérite de l’Université Paris I - Panthéon Sorbonne, est l’un des plus éminents spécialistes de la philosophie allemande et notamment de l’idéalisme celles de Fichte et d’Hegel.
    53 min
  • « Comment faire régresser le fondamentalisme musulman dans notre pays ? »
    En s’appuyant sur le rapport Un islam français est possible, qu’il avait coordonné en 2016 pour l’Institut Montaigne, l’orateur s’est livré à un état des lieux de la réalité de l’islam en France. Il en ressort un tableau complexe, loin de la religion pour travailleurs immigrés dont on a gardé l’image. Pesant environ 8 % de la population - une proportion destinée à augmenter, du fait d’une moyenne d’âge inférieure à celle de la nation dans son ensemble -, les musulmans de France sont travaillés par des dynamiques sociologiques contradictoires. Alors qu’une petite moitié de musulmans est en en voie de sécularisation, l’intervenant relève en effet la préoccupante montée en puissance d’un islam de rupture, suivi par environ un quart des fidèles, en majorité des jeunes, à la culture religieuse rudimentaire. Afin de constituer un « islam de France », il propose notamment les pistes suivantes : rompre avec l’ingérence et le financement par des pays étrangers, en redirigeant une partie des sommes générées par la consommation islamique vers des associations ad hoc, offrir une alternative scolaire à l’apprentissage de l’arabe dans les mosquées, former et professionnaliser les aumôniers, comme cela s’est fait pour l’armée, ou encore encourager la formation d’une contre-offre sur Internet.
    1 hr 40 min
  • « Comment faire régresser le fondamentalisme musulman dans notre pays ? »
    En s’appuyant sur le rapport Un islam français est possible, qu’il avait coordonné en 2016 pour l’Institut Montaigne, l’orateur s’est livré à un état des lieux de la réalité de l’islam en France. Il en ressort un tableau complexe, loin de la religion pour travailleurs immigrés dont on a gardé l’image. Pesant environ 8 % de la population - une proportion destinée à augmenter, du fait d’une moyenne d’âge inférieure à celle de la nation dans son ensemble -, les musulmans de France sont travaillés par des dynamiques sociologiques contradictoires. Alors qu’une petite moitié de musulmans est en en voie de sécularisation, l’intervenant relève en effet la préoccupante montée en puissance d’un islam de rupture, suivi par environ un quart des fidèles, en majorité des jeunes, à la culture religieuse rudimentaire. Afin de constituer un « islam de France », il propose notamment les pistes suivantes : rompre avec l’ingérence et le financement par des pays étrangers, en redirigeant une partie des sommes générées par la consommation islamique vers des associations ad hoc, offrir une alternative scolaire à l’apprentissage de l’arabe dans les mosquées, former et professionnaliser les aumôniers, comme cela s’est fait pour l’armée, ou encore encourager la formation d’une contre-offre sur Internet.
    55 min
  • « Quelles sont les évolutions nécessaires pour assurer la pérennité de l’Union monétaire européenne ? »
    Dans cet exposé, l’orateur a notamment explore les directions dans lesquelles doit s’engager, selon lui, la construction européenne, et qu’il décline en trois chapitres : prospérité, sécurité, et équité. Il renvoie, pour le détail, aux propositions qui existent, notamment pour le passage à une véritable Union économique et monétaire, et auxquelles ne fait défaut que la volonté politique. Il explique surtout comment ces réformes doivent être menées, à la fois progressivement et immédiatement, de manière à apparaître crédibles. Il insiste sur la nécessité pour l’Union européenne de protéger ses populations, entre autres de la montée des inégalités. Il compte pour cela sur l’esprit d’initiative du couple franco-allemand, parce qu’il le croit le plus à même de concilier les impératifs de responsabilité et de solidarité à la base du projet européen. Il estime par ailleurs plus pertinent d’utiliser les instruments déjà existants pour mettre en place des coopérations renforcées entre États volontaires sur des points précis, plutôt que de constituer une improbable “avant- garde” entre des pays aux points de vue fortement divergents.
    1 hr 22 min

About Séances de l'Académie des sciences morales et politiques

From the publisher's feed

Émission de culture générale. Chaque semaine, un nouvel invité (académicien, chercheur, etc) apporte des éclairages approfondis et nuancés sur un sujet tiré de sa spécialité.