Séances de l'Académie des sciences morales et politiques

Séances de l'Académie des sciences morales et politiques

By Institut de FranceSociety & Culture
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Séances de l'Académie des sciences morales et politiques episodes

  • « Deux parlements pour un objectif : la coopération entre l’Assemblée nationale et le Bundestag allemand »
    Prenant pour point de départ de son propos la récente création de l’Assemblée parlementaire franco-allemande réunissant des parlementaires issus de l’Assemblée nationale et du Bundestag, Wolfgang Schäuble a précisé les objectifs de cette chambre : « intégrer le point de vue légitime de l’autre dans notre propre perspective, pour élaborer ainsi ce qui nous est commun ». Puis, élargissant son propos, il a livré une réflexion sur les défis qu’affrontent les démocraties occidentales. Il a notamment appelé à sortir d’une approche purement matérialiste des politiques publiques, car « le bonheur des gens dépend aussi de la capacité à mener sa vie d’une manière telle que l’on est en harmonie avec soi-même ; que l’on bénéficie d’attaches, que l’on se sent enraciné, abrité ; que l’on s’appuie sur un socle, un chez-soi ». Celui-ci est en grande partie représenté par les États-nations, mais il est temps, a estimé W. Schäuble, de travailler à compléter les identités nationales par une identité européenne, qui soit l’expression d’une communauté d’histoire et de culture mais aussi de la volonté, pour les Européens de peser dans l’ordre mondial.
    38 min
  • « La conduite des opérations militaires extérieures : une spécificité française en Europe ? »
    Pour l’orateur, la question fait écho à la réputation que la France a acquise dans ce domaine, en particulier dans la littérature spécialisée anglo-saxonne, mais ne doit masquer les débats dont ces interventions sont aujourd’hui l’objet, entre contraintes budgétaires, relance de la course aux armements par les grandes puissances (États-Unis, Chine) et recherche de solutions européennes ou locales. C’est pourquoi, après avoir examiné les facteurs qui participent de la singularité de la conduite française des OPEX, Benoît d’Aboville s’est interrogé sur de nécessaires évolutions. Toutes ne concernent pas les seules armées. Pour l’ancien ambassadeur, il est notamment crucial que l’opinion française prenne conscience des « sérieuses conséquences pour notre sécurité et notre stature internationale » qu’aurait l’abandon de notre capacité d’intervention et que l’Europe accepte les « réalités du monde qui vient, même si elles ne prêtent pas nécessairement à l’optimisme et dérangent un certain confort politique et intellectuel ».
    42 min
  • « Système monétaire international : États-Unis, France et zone euro »
    L’oratrice est revenue, dans un premier temps, sur la genèse de l’euro et les objectifs qui lui avaient alors été assignés en matière économique, en particulier la nécessité de résoudre l’impossible équation entre le libre échange, la mobilité du capital, la fixité des taux de change et l’autonomie des politiques monétaires : « à marché unique, monnaie unique ». Mais dès ses débuts, l’euro a également été conçu comme une monnaie internationale, dans sa triple nature de moyen de paiement, de monnaie de réserve et d’unité de compte : autant de domaines où il a en partie fait ses preuves, sans parvenir à mettre un terme au « privilège exorbitant » ( dixit Valéry Giscard d’Estaing) des États-Unis, qui tirent profit de la situation dominante du dollar pour faire financer leur dette par les pays qui utilisent leur devise nationale. Pour Hélène Rey, il convient donc de compléter l’architecture de la zone euro : en achevant l’Union bancaire, en mutualisant les risques, ou encore en indexant les règles budgétaires à des cycles et non plus à des années. « L’heure est venue d’être, de nouveau, audacieux », a-t-elle conclu en citant Jacques Delors, convaincue que c’est à l’échelle de l’Union que seront vraiment défendus les intérêts européens.
    51 min
  • "Le modèle français en échec : la République helvétique (1798-1803)"
    A travers le rappel du bref épisode historique qu’a constitué, de 1798 à 1803, la République helvétique calquée sur les institutions du Directoire français, l’orateur a montré comment celui-ci avait contribué à façonner le rapport de la Confédération helvétique avec son voisin français et plus généralement avec le reste de l’Europe, jusqu’à nos jours. En effet, bien que revendiquée au XIXe siècle par les radicaux comme la matrice du futur État fédéral, ce régime éphémère a été généralement associé à l’imposition d’un modèle exogène, synonyme de perte d’indépendance. Pour Robert Kopp, c’est précisément en cela que la République helvétique représente « un moment de catalyse, qui a précipité certains traits du fédéralisme helvétique ». En effet, « confrontée à son contraire », la Suisse a « pris conscience, au prix d’une guerre civile, de ce qu’elle était, de ce qu’elle pouvait être et de ce qu’elle ne voulait pas être ». Ce discernement s’est en particulier appliqué aux trois principes fondamentaux qui, depuis le Moyen-Âge, définissent l’identité politique de la Suisse et que heurtait de front la République helvétique : sa neutralité, son refus du centralisme et ses libertés locales.
    1 hr 6 min
  • « La France et l’Afrique »
    Le propos de l’orateur était placé sous le signe de l’optimisme mais aussi de l’urgence : si les solidarités sont encore fortes entre la France et l’Afrique, l’avenir de leur relation passe, pour notre pays, par une compréhension renouvelée de la réalité africaine.
    1 hr 1 min
  • « La France vue de Chine »
    Ce n’est qu’au début du XVIIe siècle que la France a commencé à être perçue en Chine comme une nation distincte, notamment via les missionnaires jésuites avant que les voyageurs chinois qui fassent part, au XIXe siècle, de leur admiration pour une civilisation brillante et cultivée.
    1 hr 22 min
  • « Le chef de l’État et les opérations extérieures"
    L’exposé est revenu, dans un premier temps, sur les différentes opérations extérieures (OPEX) de la France depuis la fin de la guerre d’Algérie, en dégageant une double évolution. À un élargissement géographique au-delà du « pré carré » africain a correspondu une redéfinition de ces interventions. Les OPEX affichent des objectifs plus « avouables » (protection des populations civiles, lutte contre le terrorisme, etc.) et s’inscrivent dans un multilatéralisme revendiqué, sous le patro-nage de l’ONU. Ces engagements ont induit une pratique bien rodée. Alors que la constitution de 1958 prévoyait un partage des responsabilités en matière de défense entre le président de la République, le gouvernement et le Parlement, le chef de l’État s’est vite imposé comme le principal protagoniste, au détriment du Parlement notamment, puisqu’en l’absence de guerre formellement déclarée ce dernier est tout au plus informé de l’envoi des troupes. Ce mode de fonctionnement, reconnu comme efficace, fait l’objet d’un consensus. Restent tout de même, aux yeux de Jean Massot, deux questions pendantes : celle de l’« après », qui nécessiterait une évaluation des effets de ces interventions au regard des intérêts de la France, et celle, conjointe, des ressources budgétaires qu’elles mobilisent.
    44 min
  • « L’intérêt national »
    Spécialiste reconnu des relations internationales, Thierry de Montbrial fait le constat qu’à rebours d’une longue tradition inaugurée par Richelieu et portée en particulier au XXe siècle par le général de Gaulle, l’intérêt national est victime en France, depuis une dizaine d’années, d’une « étrange ellipse ». Certes, les présidents continuent de se référer à des « intérêts vitaux », mais ils ont tendance à les confondre plus ou moins avec le statut de puissance nucléaire. Les autres dimensions de l’intérêt national sont tues, dissoutes dans la notion plus vague d’influence globale, quand elles ne sont pas niées. Pour l’orateur, le temps est donc venu d’une refondation de la politique extérieure française autour d’une conception renouvelée de l’intérêt national. Pour lui, loin de se limiter aux seules sphères économiques ou stratégiques, celui-ci doit être appréhendé comme un « bien public » dont la définition requiert l’engagement de toutes les forces de la nation car, comme l’avait bien perçu Samuel Huntington, « nous devons savoir qui nous sommes, avant de pouvoir savoir quels sont nos intérêts ».
    45 min
  • « Les questions morales et philosophiques soulevées par la stratégie de dissuasion nucléaire »
    La possible utilisation de l’arme nucléaire a soulevé, depuis 1945, de multiples interrogations éthiques, mais sous la forme de deux débats parallèles : l’un de nature philosophico-religieuse et à forte teneur critique ; l’autre d’essence politico-stratégique et se rapportant à la seule question de la dissuasion. Pour Nicolas Roche le temps semble venu de forger une authentique « morale de la dissuasion », inscrite dans une finalité historique mondiale. En mettant l’humanité face à l’éventualité de son « suicide collectif », l’arme nucléaire lui fait prendre conscience de sa communauté de destin et l’appelle à bâtir une nouvelle organisation des relations internationales propice à l’établissement d’une « paix perpétuelle ». À la lumière de cet « idéal régulateur » » kantien, la dissuasion acquiert une nouvelle signification. Elle devient un instrument - transitoire - de la domestication de la violence par le droit, dans la perspective d’un désarmement global et négocié.
    55 min
  • Notice sur la vie et les travaux de Pierre Bauchet (1924-2015)
    L’orateur a mis en évidence la position originale occupée par Pierre Bauchet dans la science économique française de la seconde moitié du XXe siècle. Venu de la tradition universitaire, qui faisait de l’économie une branche du droit, il s’était tourné, dès son doctorat, vers les questions d’économie publique. Une expérience prolongée, entre 1954 et 1956, par son passage au commissariat au Plan, dont il a tiré une série d’ouvrages qui sont autant de références sur la planification à la française et son évolution de l’après-guerre à la présidence de François Mitterrand. « Pierre Bauchet, conclut Pierre-André Chiappori, aura éclairé de sa sagesse une large palette de problèmes économiques fondamentaux, tout en conservant une extraordinaire cohérence intellectuelle : celle d’un économiste passionné de la chose publique, ou plutôt, si mon ami Jean Tirole m’autorise cet emprunt, d’un économiste passionné du bien commun. »
    32 min

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Émission de culture générale. Chaque semaine, un nouvel invité (académicien, chercheur, etc) apporte des éclairages approfondis et nuancés sur un sujet tiré de sa spécialité.