Stéphane Shaw
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Stéphane Shaw episodes

  • Pas de place pour moi.

    Je ne trouve pas ma place dans la société.

    J'ai vu une vidéo que j'ai partagée d'ailleurs sur mon profil Facebook. Donc, si vous voulez la voir, c'est très intéressant, c'est Félicien Bogaerts, qui a fait cette vidéo et que j'ai partagé et qui m'a scotché.

    En gros, le résumé, c'est, on peut inventer une autre société, on peut inventer d'autres systèmes de société.  Ce n'est pas forcément, ou le capitalisme d'un côté, ou le collectivisme de l'autre.Il y a d'autres voies probablement et c'est certain que nous sommes suffisamment intelligents, quand on est en communauté, que pour proposer une autre voie. Le problème, c'est que personne ne le fait. 

    Alors moi, j'ai pris sur moi de dire : « Je suis lâche, je suis peu courageux, mais je suis surtout fatigué, fatigué de me battre contre tout. » Je me suis battu contre la vie toute ma vie, jusqu'à ce que j'arrête de boire, de fumer, de me droguer. Une fois que j'ai arrêté ces addictions-là, ben, j'ai arrêté de me battre aussi et maintenant, moi, ma vie, c'est je ne veux plus me battre. Mais en attendant, comment est-ce que je peux vivre en étant plus ou moins heureux et surtout le moins possible addict à des choses dangereuses ? Donc, moi j'ai plusieurs pistes. J'ai eu cette chance de demander de l'aide et de tomber sur une fraternité 12 étapes de groupes de paroles qui m'ont beaucoup appris et beaucoup aidé dans mes cinq premières années d'abstinence de l'alcool. J'ai eu la chance également d'avoir un esprit qui s'est ouvert à plein de choses, donc, je me suis mis à lire énormément, et enfin, pas énormément en quantité, mais enfin, énormément, par rapport à ce que je faisais avant, puisque avant, j'étais le genre de mec qui savait tout, à qui on pouvait strictement rien à apprendre parce que j'avais toujours une opinion sur tout. Je découvre le bouddhisme, je découvre la méditation, je découvre cette fraternité, et les groupes de parole et je découvre la vie sans alcool. Après, je découvrirai la vie sans cigarette et je suis toujours abstinent aujourd'hui et de l'alcool et de la cigarette et bien sûr de la cocaïne que j'ai plus pris depuis les années 80 et quelle est ma solution ?  C'est un peu ça que je veux faire passer quelque part, je dois grâce à la méditation, grâce à ces techniques du Bouddha, arriver à me détacher complètement de ce qui se passe autour de moi et qui me rend malheureux. Et donc, si je suis dans un état un petit peu plus serein, qu'est-ce qui va se passer ? Je vais être utile aux autres. Et en étant utile aux autres, je génère de la dopamine et ça me fait du bien à moi, plutôt que de générer de la dopamine avec des achats compulsifs, avec des litres d'alcool tous les jours, ou avec trois paquets de cigarette par jours, ou avec deux grammes de coke par jour. La suite dans la vidéo.
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    10 min
  • Antidépresseurs: pour ou contre?

    À propos de solitude, il y a une chose dont je ne vous ai pas encore parlé, une autre maladie honteuse. Une maladie honteuse que j'ai chopée, il y a des années, des années et des années, c'est la dépression. Alors, d'habitude, je vous parle d'alcool, d'addiction, etc., mais aujourd'hui, je suis entouré de gens qui partagent avec moi cet état et c'est terrible d'entendre ça. “Je suis dépressif ou je suis en dépression, je fais un burn out, etc.”

    Eh bien, moi, j'ai envie d'en parler.

    J'ai envie d'en parler à travers ma propre expérience puisque je vous rappelle que je ne suis pas un professionnel de la santé, mais je suis, finalement, quelqu'un qui a beaucoup de problème, d'addiction et beaucoup de problèmes psychologiques, on va dire. Donc, voilà ! Parlons-en au lieu de faire de cette maladie, une maladie honteuse. La première chose que j'ai envie de dire, pourquoi prendre des antidépresseurs ? Alors, êtes-vous pour, êtes-vous contre, je n'en sais rien.Deux remarques qu'on fait très régulièrement.La première c'est :

    « Oui, mais je ne veux pas être accro aux pilules. »

    et la deuxième:

    « Oui, mais alors si j'en prends, je vais devoir en prendre toute ma vie ».

    Je partage mon expérience avec ses produits.

    En 1989, j'ai fait une dépression ou un burn out, peu importe comment vous appelez ça, mais en 89, j'étais tout jeune, j'avais 28 ans et on m'a prescrit des antidépresseurs, c'était la première fois que je prenais ça avec des anxiolytiques. Deux ans plus tard, j'ai revu un médecin généraliste différent qui m'a dit : « Eh bien, écoute, les anxiolytiques, tu commences par les arrêter parce que ce sont des benzodiazépines et que c'est extrêmement addictif. Et, puis l'antidépresseur, bien, tranquille, on peut sevrer ça, ce n'est plus utile d'en prendre. »

    Des années et des années, et des années plus tard, en 2007, quand j'ai quitté ma première compagne, la maman de mes enfants et que je buvais comme un trou, qu'est-ce qui s'est passé ?

    J'étais allé voir un psychiatre et ce psychiatre, je lui ai posé la question à un moment, en disant :

    « Écoutez, je me sens vraiment pas bien, je bois beaucoup trop, il n'y a rien qui va. Qu'est-ce que je peux faire pour aller mieux ? " Enfin, ce monsieur, c'est un psychiatre, il m'a dit : « Oui, bien, écoutez, je vais vous prescrire des antidépresseurs. » Donc, je suis parti avec mes antidépresseurs de 2007 à 2015.

    Vous allez me dire : « Ça, c'est très très long. » Oui, mais je ne me suis pas posé la question. J'avais déjà, à l'époque, peut-être, une petite graine qui me disait : « Tiens, écoute les autres plutôt que toujours penser que tu sais mieux ». Et, du coup, j'ai pris ces antidépresseurs jusqu'à 2015.

    La suite dans le podcast.
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    11 min
  • Et hop, rebelote !

    «Avant de tomber enceinte, j'avais 43 ans, un don du ciel pour moi, je pensais que ma vie était établie, j'étais avec un homme qui avait 13 ans de plus que moi, un homme qui m'avait ébloui. J'ai quitté mon mari et ma famille pour lui. »

    « J'allais dans les bars. Je ne buvais pas du diabolo menthe. »

    « Et, j'ai tout quitté pour cet homme. Nous avons créé une entreprise, tout allait très très bien. Le tout arrosé de beaucoup d'alcool. En janvier 2021, j'ai décidé de stopper complètement l'alcool. Cela s'est fait avec mon médecin généraliste, car j'étais prête. » 

    Vous vous souvenez peut-être, à moins que ce ne soit la première fois que vous tombiez sur mes vidéos, mais dans ma propre histoire, il y a eu des tentatives dans les années 90 il y a eu des tentatives en 2007, il y a une autre tentative en 2014 et puis finalement, il a fallu attendre 2015 et depuis, je n'ai plus bu. Alors, pourquoi ? On ne sait pas. On sait pas comme Évelyne, d'ailleurs, qui dit : « J'étais prête. » 
    Moi aussi, j'étais prêt et les choses se passent pas comme ça, mais par contre, ce qu'on peut dire, on peut se dire à tous, les uns aux autres, quand la porte s'ouvre, il faut la pousser et ne pas la laisser se refermer. Il faut vraiment mettre le pied dans la porte quand on a tout doucement une prise de conscience et qu'on arrête le déni, eh bien, il faut y aller.

    Alors, on continue donc, et au mois de mars donc, on était en janvier 2021, Évelyne, tu décides d'arrêter de boire. « Au mois de mars, je suis donc tombée enceinte l'année dernière 2021, tout était merveilleux.

    J'ai lâché prise sur l'entreprise et je me croyais en sécurité. Mais, les factures n'ont pas été payées à temps et à l'accouchement, il y avait déjà un interdit bancaire sur le compte  J'ai vraiment été bête, je m'en veux. »

    D'abord, on n'est pas bête. Quand on fait confiance, il y a un moment où, on peut être abuser, on va dire ça comme ça.

    « Mon bébé est arrivé au monde sans que je me doute de ce qui allait arriver et ça que je dois dire :

    « Bonjour le réveil. À mon retour de maternité, le deuxième jour, un huissier a toqué à la porte. »

    « Lui, l'homme rencontré donc, n'assumait rien, il partait en déplacement en disant : « Ne t'inquiète pas, ça va aller. » Quand il rentrait, le vendredi, on buvait un coup et puis tout s'est accéléré. 

    Aujourd'hui, je l'ai quitté, j'ai vendu ma maison et je rebois mes deux bouteilles de vin par jour, ce que je buvais avant de tomber enceinte. Je précise que je ne me sens pas saoule et que je m'occupe de mon bébé et de mes deux grands que j'ai en garde alternée.
    La suite dans la vidéo.
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    10 min
  • Acceptation, la solution

    Il faut continuer, il faut continuer, continuer, encore et encore à chercher des solutions. Vous tapez « alcool, alcoolisme, addict, addiction, abstinence, sobre »peu importe sur google et vous finirez bien par trouver ce que vous cherchez. Aujourd'hui, j'ai imprimé un texte qui me bouleverse parce que, voilà, je l'ai découvert dans la fraternité de vos étapes dans laquelle j'étais. Là, j'en ai fait une version française et je vais vous lire, après, on en parlera.” Et, l'acceptation est la réponse à tous mes problèmes aujourd'hui. Et, l'acceptation est la réponse à tous mes problèmes aujourd'hui lorsque je suis perturbé

    et ça, je l'ai appris, lorsque je suis perturbé. C'est parce que je trouve une personne, un lieu, une chose, une situation, un fait de ma vie inacceptable pour moi. Et, je ne peux pas trouver la sérénité si je n'accepte pas cette personne, ce lieu, cette chose, cette situation comme étant exactement la façon qu'il est censé être à ce moment-là.  Rien absolument, rien dans le monde n'arrive par erreur. Jusqu'à ce que je puisse accepter mon alcoolisme (et ça m'a pris 25 ans pour l'accepter) jusqu'à ce que je puisse accepter mon alcoolisme, je ne pouvais pas rester sobre. À moins que j'accepte la vie complètement selon les termes de la vie, je ne peux pas être heureux. Je dois me concentrer, non pas tant sur ce qui doit être changé dans le monde, mais plutôt sur ce qui doit être changé en moi et dans mes attitudes.” Alors, c'est un texte qui fait un peu « Je suis un vilain petit canard, je me flagelle etc. » pour certain, mais je trouve que c'était tellement vrai parce que à force, c'est très simple. J'ai les œillères et je pense que mon monde à moi, celui dans lequel j'ai vécu pendant 25 ans, accro à l'alcool, m'a empêché de me rendre compte que j'avais un problème avec l'alcool. Bien sûr, je me suis, à plusieurs reprises, posé la question, mais comme j'avais les œillères, je ne voyais évidemment rien de ce qui se passait. Et, parce que je blâmais le monde entier que je blâmais telle personne ou tel job, ou telle voiture dans un embouteillage, forcément, je n'acceptais rien dans ma vie. Comment voulez-vous que mon esprit s'ouvre si je n'accepte pas ? 
    Et, en fait, ce texte dit très bien les choses : « Je dois me concentrer non pas tant sur ce qui doit être changé dans le monde, que sur ce qui doit être changé en moi et mes attitudes. »

    10 min
  • Action...résultats

    Aujourd'hui, je me sens désemparé. Et vous allez voir pourquoi. Je reçois évidemment des messages. Je vous remercie beaucoup de me contacter, de m'envoyer des e-mails, [email protected].

    Et souvent, je reçois des messages qui me font mal, qui me rendent un petit peu triste parce que ce sont des messages de désarroi. Je suis désemparé à voir que je ne parviens pas à faire passer le message de la demande d'aide.

    Pourquoi est-ce que je dis ça ?

    C'est un peu comme regarder sa pelouse pousser, si vous avez la chance d'avoir une pelouse, il y a un moment où il faut passer la tondeuse. Elle ne va pas se tondre toute seule.

    Pareil, pour nous qui avons la suspicion de trouver que nous buvons trop, que nous fumons trop, que nous nous droguons trop, que nous jouons trop, peu importe l'addiction: il faut qu'on fasse quelque chose sinon ça ne fonctionne pas.

    Or, dans les messages que vous m'envoyez, j'ai souvent l'impression que votre problème est le même que le mien en 2015, en 2014, en 2007, en 1985, enfin, bon, bref, tout au long de mes 25 années de consommation d'alcool. « Oui, mais Stéphane, tu ne demanderais pas un peu d'aide ? 

    Oui, mais Stéphane, tu ne bougerais pas un peu ton cul ? Oui, mais est-ce que tu ne te prendrais pas en main ? »

    Ce qu'il faut être capable de faire, d'abord et avant tout, c'est reconnaître qu'on a un problème.

    Alors, le déni, on en a parlé. J'en parle dans beaucoup, beaucoup de vidéos et dans vos témoignages aussi.

    Et puis, ce dont on parle moins, c'est de ces liens utiles que j'ai sur mon site.

    Deux choses qui sont importantes, je ne prétends pas faire la promotion des gens dont je vais vous parler, je ne les connais pas personnellement. Ils ne m'ont pas autorisé, non plus, à parler d'eux face caméra. Mais je pense que c'est important de développer des liens qui vous permettent de tondre la pelouse, d'y aller, de dire : « Ah, aujourd'hui, je sors la machine et j'y vais. »
    La suite dans la vidéo!



    9 min
  • Jamais ivre.

    Aujourd'hui, on va parler d'une histoire qui me trouble beaucoup et c'est Pierre Bourquin qui habite là, en France, décidément on a beaucoup de contacts en France, je suis très heureux d'ailleurs que ce soit le cas et finalement comme je le dis souvent vous savez on vient tous du même endroit, nous les homo sapiens, on vient tous d'Afrique donc voilà il y a quelques dizaines de milliers d'années, mais bon, ceci dit on s'en fout un peu ou qu'on soit dans la communauté des addicts, des dépendants, on se reconnaît évidemment. “Alors, je ne t'ai pas encore entendu parler de gens comme moi (c'est Pierre qui parle) et je ne dois pas être le seul à être tombé dans la dépendance sans jamais avoir été ivre.”

    “Je dis dépendance parce que le mot alcoolique, je ne le supporte pas. Derrière ce mot, il y a le diagnostic, le jugement c'est quasiment une injure. Par contre, j'ai compris et j'ai accepté d'être dépendant”. 
    Alors, oui, je suis assez d'accord avec cette histoire. Moi j'ai été sauvé carrément par une association 12 étapes où le mot alcoolique est quand même un mot qui est important dans la reconnaissance de notre problème, mais d'un autre côté maintenant je ne bois plus, je suis addict aussi à la bouffe, donc est-ce que je suis un alcoolique ou je suis dépendant ? C'est pas très important, comme je le disais, c'est une question de communauté.
    Alors, Pierre a quand même une histoire waouh, qui m'a touché, il faut que je vous le dise on en est à 32 années d'abstinence, c'est largement plus que moi. Et ce n'est pas un concours aussi ça je voulais dire parce que vous savez, on a tendance à dire : “moi, ça fait 30 ans que je n'ai plus bus, moi, j'ai fait un an que je n'ai plus bu, ce n'est pas un concours, le but c'est de rester sobre aujourd'hui et abstinent aujourd'hui de ce poison que représente l'alcool pour nous.
    “J'ai eu des ivresses, mais avec la tolérance, l'accoutumance mon corps s'est très vite habitué à des doses d'alcool quotidiennes du matin au soir, j'étais alcoolisé, mais jamais ivre.” Alors Pierre, ça c'est quelque chose que je n'ai pas connu dans les témoignages que j'ai reçus, mais je je me souviens de ces gens et on va voir dans ton histoire puisque tu le racontes très bien, de ces gens qui au petit matin sont au troquet, au bar et qui prennent un petit blanc.
    “Je n'avais aucune raison de me dire que tu es alcoolique, c'est Pierre qui parle là, puisque j'arrivais à travailler, à donner le change, puis arrivent les problèmes physiologiques : bouffées d'angoisse, agoraphobie, problèmes de couple, problèmes d'argent et je n'ai toujours pas de problème d'alcool, ce déni incompréhensible.”Pierre, merci. Parce que c'est vrai que moi j'ai bu quotidiennement pendant 25 ans, les huit dernières années étaient catastrophiques, j'avais un éveil en 2007, mais il a fallu attendre 2015 pour arrêter. Et donc, ces huit années supplémentaires de dénis incompréhensible parce que je savais bien qu'il y avait un problème ce n'est quand même pas normal d'avoir des diarrhées chroniques par exemple et d'avoir une espèce de colère, de rancœur vis-à-vis de tout et de tout le monde.
    La suite dans la vidéo!

    11 min
  • Tu bois, tu roules pas!

    Fabien, merci mille fois. Bonjour, d'abord et merci mille fois d'avoir envoyé cet e-mail à bonjour@stéphaneshaw.com 
    Alors, j'ai imprimé en grands caractères le témoignage de Fabien et on va revenir sur cette troublante constante de l'abstinence et des rechutes. “Je suis vos vidéos chaque lundi. Je suis français, je m'appelle Fabien et c'est mon vrai nom. Je n'ai pas bu de toute ma jeunesse, et puis, j'ai rencontré ma première femme, ma première épouse. Elle ne buvait pas, mais ses parents et son frère buvaient et je me suis laissé entraîner. Alors Fabien, on va faire un break là sur l'histoire du « ce n'est pas de ma faute, c'est la faute des autres«.  Je ne dis pas ça pour vous, je dis ça pour moi. Moi en tous les cas, j'ai incriminé pendant des décennies, mes addictions étaient la faute de la société, des gens, etc. Avec le recul, ce que je constate, c'est que je suis un addict; je suis quelqu'un avec une tendance de dépendance et que donc même aujourd'hui que je ne touche plus à des drogues dures, à l'alcool ou à la nicotine, eh bien je touche à la nourriture et si je ne fais pas attention à ce que je fais avec la nourriture, je vais me retrouver à 150 kg puisque j'ai été jusqu'à 106. Ce qui est intéressant, c'est que le terrain est fertile, quand on arrose le terrain de la dépendance, le terrain de l'addiction, quand on l'arrose, eh bien, il y a des trucs qui poussent. Donc, voilà, on va voir effectivement que ça a poussé pour Fabien comme pour beaucoup d'entre nous. Fabien poursuit en disant : “Ses parents sont morts de tabac et l'alcool à hautes doses. Mon beau-frère, 47 ans, a perdu 30 kilos, un cancer du pancréas, du foie et maintenant une embolie pulmonaire, je ne suis pas sûr qu'il finisse l'année.” Et là, on en revient à votre histoire Fabien et à l'histoire de la consommation d'alcool. “J'ai perdu mon boulot à cause de l'alcool et heureusement car j'étais conducteur de bus et de cars.” Alors oui, en effet comme vous le dites « heureusement », nous sommes nous qui avons consommé de l'alcool ou qui consommons de l'alcool, nous sommes, nous aussi, des hurluberlus qui se mettent derrière un volant. Ce n'est pas bien, je l'ai fait, ce n'est vraiment pas bien. “J'ai rencontré ma seconde femme et j'ai une fille de 14 ans adorable. J'ai divorcé à cause de l'alcool qui m'avait quitté et qui est revenu ou plutôt, c'est moi qui suis revenu.”
    Oui, c'est, l'alcool il est toujours là. Il suffit que je sorte ici après la vidéo, je vais dans le bar d'à côté et pouf. Je peux me bourrer la gueule.
    “J'ai été renié par ma famille. Curieusement, j'ai le soutien de mon ex-épouse et de sa famille. J'ai des périodes d'abstinence stricte et de grave rechute.”
    La suite dans la vidéo.



    9 min
  • Et l'abstinence ? Bordel !

    C'est d’abstinence qu'on va parler avec deux témoignages, deux personnes qui souhaitent rester anonymes. Je vous remercie, en tous les cas pour ces témoignages, pour votre e-mail à chacun d'entre vous. Ce sont deux garçons, un jeune adulte et un adulte un peu plus âgé qui nous parlent de leur addiction qui n'ont rien à avoir avec les miennes, mais qui sont des addictions également. Je vous rappelle que j'attends vos témoignages également, hein, c'est avec grand plaisir. [email protected]
    Alors, on va attaquer par le plus jeune qui dit, “je joue depuis que je suis tout petit”. “J'ai commencé avec la Game Boy. Ensuite, ça a été les consoles plus évoluées et maintenant, ce sont aux jeux en ligne que je joue. Et alors, du coup, j'ai un ordinateur, ce qu'on appelle un gamer. Alors, c'est un ordinateur avec une carte graphique particulièrement chère, un processeur extrêmement rapide, de grands écrans. Il y a même des claviers et des souris, il y a des fauteuils pour gamer.” 
    Et donc, le problème de ce jeune adulte, c'est qu'il est tellement, tellement accro à ces jeux.  Parce qu'on joue jusqu'à plus d'heure, hein, jusqu'au milieu de la nuit et donc, on finit par s'endormir en se disant : « Je veux pas aller dormir parce que je dois travailler. » On finit par s'endormir, on rate la journée de boulot et on doit trouver des excuses etc…alors, c'est une addiction qui ressemble très fort à l'addiction de l'alcool parce que quand on est en fin de consommation d'alcool, on a un petit peu le même tempérament, hein. On est tellement ivre mort tous les jours que finalement, on finit par, effectivement, ne plus être en mesure de travailler. Alors ici, la discussion, c'était, pensez-vous, enfin, la question, c'était : « Est-ce que vous pensez que je dois arrêter l'ordinateur? » Je prends toujours le même. Est-ce que je vais, moi, qui ai consommé des dizaines, centaines, milliers de bouteilles de Ricard me mettre à stocker du Ricard chez moi, sous le prétexte que, peut-être qu'un de mes invités aura envie d'un Ricard ? Alors, je vais vous dire, c'est très simple, si un de mes invités en veut, je le sais à l'avance, je vais acheter une bouteille le jour où il vient. Pourquoi est-ce que je garderai du Ricard chez moi alors que j'en ai bu des milliers de bouteilles ? Ça n'a aucun sens, on est bien d'accord ? Puisque moi, je veux rester abstinent. Donc, si je mets dans ma maison un élément qui me permet de craquer et de me retrouver avec ma drogue de choix, mon breuvage préféré, il suffit que j'aie un coup de blues, il suffit que je sois malheureux et ça peut arriver, hein, et hop, j'ouvre la bouteille de Ricard, pourquoi ? Parce qu'elle est chez moi. Si elle était au magasin, le temps d'arriver au magasin, peut-être que j'aurais changé d'avis. Même chose pour l'ordinateur, alors, ça veut dire quoi ? Que je peux plus avoir d'ordinateur ? Que je peux plus avoir internet ? C'est pas tout à fait la même chose, ici, on est dans le cas de figure, tu as un super gamer qui t'a d'ailleurs couté un pont, eh ben, tu le revends, tu achètes un petit laptop et avec le petit laptop et sa petite carte graphique et son touchpad, tu pourras pas jouer confortablement. Et donc, tu ne risques pas de retomber aussi facilement.

    11 min
  • Burnout et défonce

    Je voulais vous remercier d'envoyer ces témoignages aussi par email à « [email protected] ». Aujourd'hui, c'est Michèle qui nous a envoyé cet email.
    “Alors, l'alcool est arrivé dans ma vie bien rangée tout doucement. Un mari aimant, bienveillant, deux fils de 16 et 12 ans formidables. Bref, une famille modèle.On avait l'habitude de boire notre petit apéro le soir, pas tous les soirs, avec mon mari. On buvait donc un apéro de temps en temps et parfois, un ou deux verres de vin rosé ou rouge qui accompagnaient nos repas. Les repas de famille, c'était idem, l'alcool était présent, mais toujours avec modération et puis un jour, je m'écroule dit Michel, je m'écroule devant mon écran ou travail, ça n'allait plus du tout depuis un petit moment et on me diagnostique un burnout et s'en est suivi un an d'arrêt maladie”.
    Ça, ce sont des conditions, c'est un terrain qui s'ouvre à une addiction.
    Ce qui est très important que j'avais envie de partager avec vous aussi, de vous le dire et de vous répéter, c'est que quand on entend nos histoires respectives, il y a des petites différences, mais en général, il y a énormément de points communs et c'est très important de voir les points communs. Pourquoi ? Parce que quelles que soient les causes pour lesquelles on s'est plongés dans une addiction, que ce soit l'alcool ou d'autres addictions d'ailleurs, il y a souvent des points communs dans la manière dont on développe cette addiction, dans la manière dont on se dirige tout doucement vers le fond du fond du fond du fond. Donc, c'est important de garder ça présent à l'esprit.
    Ici, on a les conditions pour démarrer une addiction et Michèle continue donc son témoignage: ”Je me suis retrouvée seule à la maison et le mal est arrivé de façon vicieuse”. Alors, Michel dit « vicieuse », mais c'est vraiment extrêmement, vicieux. “J'ai commencé à boire quelques verres l'après-midi. Je me sentais mieux. Mon mari ne se doutait de rien. Jour après jour, je buvais des quantités plus importantes surtout du rosé ou des bulles. Quand j'ai commencé à cacher mes bouteilles dans le garage ou dans les gourdes de mes fils, je me suis dit que ça devenait grave”! 
    Alors, vous voyez, on passe d'une situation qui est un terrain fertile pour l'addiction et puis, on attaque et on dit souvent, on l'entend, je vous le répète aussi, on entend souvent : 
    « Oui, mais moi, je ne suis pas alcoolique, je ne bois pas le matin. Oui, mais moi, je suis alcoolique, je ne bois pas la journée. Oui, mais moi, je… »
    Alors, le problème n'est pas tellement quand on boit, le problème, c'est la progression, c'est toujours ça. C'est-à-dire que si je suis dans un état où je commence à prendre une substance quelle qu'elle soit petit à petit et j'augmente les quantités et j'augmente aussi la fréquence, eh bien, je suis dans cette perspective de finalement consommer 24 heures sur 24. 
    C'est Michèle qui continue. “Donc, mon mari a vite capté.On en a parlé et j'ai décidé d'aller voir une association.” Alors, encore une fois là, je ne peux que vous féliciter parce que quand on se pose la question : « Est-ce que je ne bois pas un peu trop ?” Quand on se pose la question, il faut y répondre d'une manière très simple et honnête!

    11 min
  • Un verre, c'est l'enfer !


    Finalement, on est tous un peu pareils quand on est addict, quelle que soit la substance, évidemment avec l'alcool. Alors, on va planter le décor. Benoît me dit : « Je voulais te faire part de mon expérienc et à travers ce message, faire passer deux idées » « … J'ai 56 ans, je suis marié, j'ai trois enfants, j'ai encore une ado de 16 ans à la maison, les deux plus grands sont en couple et je suis même grand-père, ce qui me remplit de joie… » Dans l'histoire, je m'identifie beaucoup et je suis certain que nombreux d'entre vous vont s'identifier à l'histoire que Benoît partage avec nous. « J'ai subi quand j'étais très jeune, (primaire, collège, lycée) du harcèlement, principalement dû à ma timidité, je pense. Après le bac, donc en fin de scolarité, j'ai commencé à faire des attaques de panique en public, donc en classe, ce qui évidemment, n'est pas très confortable. Ceci a fortement perturbé ma scolarité secondaire et un jour, vers 17 ans… Eh bien, j'ai eu beau l'occasion de constater, dit Benoît que l'alcool est un formidable moyen d'apporter un remède à tous mes problèmes”. Alors oui, c'est un peu bateau, je m'arrête là deux secondes dans le partage, Benoit, pour dire, c'est un peu bateau. 
    Quand on a les problèmes, quand on souffre, et que voilà, vous connaissez mon histoire : Ma mère qui est décédée quand j'étais tout petit, ma sœur qui a quitté le pays un peu plus tard, mon père qui ne s'est pas vraiment beaucoup intéressé à moi, même si je n'ai jamais manqué de rien. Voilà, on a ces blessures qui sont ouvertes et on se dit : “En trouvant un produit, ça va aller mieux” Donc on prend des produits et le plus répandu, c'est la cigarette, on attaque à la cigarette, mais bon, comme ça ne change pas l'état, on s'imagine qu'il faut un autre produit. Paf, on découvre l'alcool, pourquoi ? Parce que l'alcool coule à flot et là-dessus, on se dit : « Ah, bah là, je ne me sens plus timide, en pleine confiance, j'ai de l'euphorie «Et le problème, évidemment, c'est que les problèmes vont suivre et vont s'amplifier avec la prise de l'alcool, comme Benoît nous le raconte, d'ailleurs. 
    “ Donc on découvre l'alcool et voilà, c'était parti, ensuite, parcours classique : Boire un petit peu, un peu plus, etc. Le tout sur une période d'une vingtaine d'années. Entre-temps, j'ai rencontré ma femme, j'avais un bon boulot, j'ai eu mes deux premiers enfants. On peut dire que malgré cette dépendance, ces choses étaient gérables… » Et là, j'adore, Benoît quand tu dis : En buvant, je le pensais. Bah oui, oui, moi aussi, je le pensais. J'ai eu de bons boulots, rencontré ma femme, la femme qui va me donner deux enfants, comme on dit dans les films. Et je pense que c'est gérable, il n'y a pas de raison d'arrêter de boire puisque je ne me rends même pas compte que j'ai un problème avec la boisson et je suppose, Benoît que tu veux dire qu'à ce moment-là, toi non plus. Par contre, des années plus tard, c'est une grosse dépression, alcool au maximum. Et puis, hospitalisation. Bah oui, forcément, on touche le fond à un moment, mais vous allez voir, pas toujours tout de suite. Arrêt complet pendant douze ans. (La suite dans la vidéo!)

    10 min

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Fumeur, buveur, accro, addict, dépendant. Je partage mon vécu et échange avec vous sur ces thèmes à travers 150 épisodes. Depuis juin 2024, je poste également des vidéos courtes sur les anecdotes…

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