Stéphane Shaw
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Stéphane Shaw episodes

  • Boira, boira pas?

    " Boira, boira pas. " Je bois pourquoi ? Je bois pour l'ivresse ou je bois pour le goût ? C'est très intéressant comme email ce que j'ai reçu. Je remercie beaucoup Jennifer. Je voulais vous dire à tous et à toutes que vos mails, évidemment, me submergent d'émotions. Je me reconnais lorsque vous racontez et vous m'autorisez à partager votre histoire. C'est vraiment important pour nous, les addicts, quand on se retrouve comme ça toutes les semaines devant une nouvelle vidéo avec une nouvelle histoire de quelqu'un qui existe vraiment. 
    Jennifer, ce qu'elle me dit, c'est : " Boira ou boira pas. " L’obsession ! Est-ce que je suis alcoolique ou pas ? Jennifer a 43 ans, et dit, "J'aimerais arrêter, car le souci, c'est que je ne sais pas boire un verre. La bouteille y passe. Ça fait déjà des mois que j'essaie d'arrêter, mais quand le weekend arrive, les choses se compliquent. Mon cerveau est en boucle : " Boira, boira pas. " C'est épuisant comme dépendance psychologique. "" En me contrôlant, je bois au minimum deux soirs par semaine. Sans contrôle, quatre soirs par semaine. "
    Alors, l'histoire du contrôle et du nombre de fois qu'on boit par semaine, je vous l'ai raconté dans ma propre histoire, mais je ne vais pas revenir sur mon histoire. On découpe une semaine en plusieurs parties, ou on se dit : " Moi, je ne bois jamais seul. Je bois avec mon mari ou je bois avec mon compagnon, ma compagne. je ne bois pas la journée. Je bois exclusivement le soir, mais bon, j'essaye de contrôler ma consommation. " 
    Alors moi, j'ai fait une réponse à Jennifer qui dit : " Pour moi, c'est le début de la prise de conscience, mais c'est aussi baigné dans le déni. Moi, je l’ai fait pendant 25 ans.
    Pendant 25 ans, j'ai bu tous les jours alors qu'au début de cette consommation aux quotidiennes, bien entendu, c'était très très très très léger et qu'avant, cette consommation quotidienne, c'était comme Jennifer : Deux à quatre fois par semaine et puis c'est devenu tous les jours. Pourquoi ? Parce que voilà, on s'autorise à boire tous les jours. Puis il y a cette fameuse tolérance dont on parlait dans la vidéo sur l'abstinence. Cette tolérance à l'éthanol. L'éthanol qui est la substance qui nous donne l'ivresse et d'ailleurs, on reviendra parce que Jennifer dit également dans son email : " Je n'ai jamais compris les gens qui boivent qu'un seul verre. Je ne vois pas l'intérêt." Jennifer, je suis d'accord avec vous. Je ne comprends pas. C'est ça qui m'a poussé à faire le choix de l'abstinence complète parce que où est l'intérêt de boire un seul verre ? Puisque moi, ce que je recherche, comme vous, c'est l'ivresse. Alors quand je dis : " Vous êtes en déni ", ce n’est pas du tout une critique. Je ne parle pas de vous spécialement, mais un gars comme moi qui a bu pendant 25 ans avant de toucher le fond en buvant six bouteilles de vin par jour, tous les jours que Dieu fasse et en ne dormant quasiment jamais et en étant en permanence avec une diarrhée chronique, il a fallu tout un chemin pour arriver jusque-là, mais là, ce que vous racontez, c'est ce point crucial que j'aurais pu voir. 

     



    10 min
  • Les femmes et l'alcool

    Eh bien cette semaine, j'ai envie de rebondir sur le mail que j'ai reçu de Christine et on va parler de l'alcoolisme chez les femmes. Oui, pourquoi parler de l'alcoolisme chez les femmes, Est-ce que c'est différent, est-ce que ce n’est pas différent ? 
    Pourquoi est-ce que moi, qui suis un homme, je pourrais en parler. Je vais vous expliquer, c'est très simple. Christine m'a envoyé un email, d'ailleurs vous pouvez le faire, j'en profite. Christine c'est un pseudonyme, elle m'a demandé de trouver un pseudonyme, donc, j'ai pris un prénom au hasard. Vous pouvez, vous aussi,envoyer des e-mails que vous soyez des hommes ou des femmes d'ailleurs, ça n'a aucune espèce d'importance. Vous envoyez l'email à " [email protected] ". 
    Et puis, vous me racontez votre histoire, donc, posez vos questions, vous faites ce que vous avez envie, dans l'anonymat le plus total, il est hors de question pour moi de divulguer votre identité évidemment. Je respecte en tous les cas vos volontés.
    Christine m'a donc envoyé cet email qui m'a fait beaucoup de peine et qui quelque part m'a rappelé les les partages de femmes que j'ai entendu dans les réunions de groupes de paroles, 12 étapes, parce qu'il semble qu'il y ait certaines femmes à qui ça arrive plutôt après la quarantaine, plutôt après une séparation, et que leur alcoolisme se révèle être désastreux et surtout rapide. Donc, ça commence comment, et ça va où et comment ça va ?  Je vous rappelle mon histoire, comme l'histoire de millions d'autres alcooliques, qui ont bu pendant des années, tous les jours, tous les jours, tous les jours. Moi, ça a démarré lentement, pour finir par être quotidien, pour finir cinq ans plus tard par être deux ou trois apéros, puis cinq ans plus tard encore plus de quantité, etc. Mais ça a pris très très longtemps avant de toucher le fond. Ce qu'on appelle toucher le fond, c'est-à-dire ne plus se rendre compte de la réalité, je vivais carrément dans un autre monde. Qu'est-ce qui est arrivé à Christine ?
    Eh bien, Christine, il y a eu une séparation, les enfants en garde partagés et on se retrouve tout d'un coup dans un autre monde, on se retrouve dans un monde où une semaine sur deux, on est toute seule, parlons de Christine et de cet exemple-là, que je trouve, mais triste, ça m'émeut de savoir à quel point ça peut aller très vite. Donc, encore une fois, ce que j'essaie de faire en témoignant et en partageant mon histoire, et en partageant, vos histoires, c'est de vous rappeler que personne n'est à l'abri, et que ça peut aller très très vite. Christinese retrouve donc dans un appartement, séparée de son mari, une semaine sur deux elle se retrouve seule, et elle commence très très bêtement à boire un verre de vin blanc en rentrant à la maison le soir. Quand ses enfants ne sont pas là, elle prend l'habitude de prendre un verre de vin blanc. Et puis, un moment, Christine détaille, ça...ça va très très vite à un moment, au bout de quelques semaines de séparation, ce verre qu'elle prend le week-end, c'est tous les jours désormais. Tous les jours, elle rentre chez elle, elle n'a pas envie de cuisiner parce que forcément, on n'a pas envie de se mettre à table quand on est seul. Donc, du coup, elle cuisine des trucs vite faits, faciles, et elle, en faisant ça, elle se sert un premier verre. Et puis ce premier verre, pendant que je cuisine, va devenir deux verres parce que le deuxième verre va arriver au moment où je me mets soit dans mon canapé à manger sur mes genoux, soit à table. Dans le cas de Christine, c'était canapé, donc, voilà, le deuxième verre, et puis vous avez deviné comment ça va évoluer.  Bien, c'est vrai que en quelques semaines, quelques mois, cette habitude de prendre un verre de vin blanc le week-end s'est transformé en habitude de prendre plusieurs verres de vin blancs tous les soirs, tous les soirs. Alors au début, bien sûr, comme il y a une garde partagée, une semaine, je bois, une semaine, je ne bois pas ou j'essaie d

    10 min
  • Abstinence ou contrôle ?

    Eh bien aujourd'hui, j'aimerais remercier Thierry. Thierry qui m'a envoyé un email à [email protected] et on va parler abstinence ou contrôle du produit.
    Thierry m'a dit : « Mais pourquoi avez-vous choisi l'abstinence ? » Je ne suis pas rentré dans les ordres, je suis abstinent des produits qui me font du mal. Je vais vous parler des groupes de parole dans lesquels je me suis promené pendant des années. On a un exemple extraordinaire. 
    C'est le gars dont la passion est de traverser la route, les yeux fermés, en pleine circulation, et il espère arriver sur le trottoir d'en face sans avoir été touché par une voiture. Bien entendu, sa première tentative, il se fait renverser, c'est logique. Puisque personne ne s'attend à ce que quelqu'un se jette dans le trafic et il finit à l'hôpital bien sûr, il est blessé. 
    Puis il dit : « On ne m'y reprendra plus jamais.» Il sort de l'hôpital.
    Qu'est-ce qui fait le premier jour où il est complètement rétabli après la rééducation? Parce que c'est une compulsion, il ne peut pas y résister. Il se jette de nouveau dans le trafic les yeux fermés; eh bien, non. Le résultat est le même, il finit à l'hôpital. On peut rebondir sur la citation d’Albert Einstein qui disait donc que “la folie, c'est de reproduire chaque fois la même chose en espérant un résultat différent”. 
    À vous de me dire quel est le rapport avec l'alcool ou avec la drogue ou avec les autres addictions ? C'est très très simple. Par exemple, mon addiction à laquelle je suis encore attaché pour l'instant, mais ça va nettement mieux, c'est la bouffe. Si je m'arrête sur le chemin du retour de la maison pour prendre un pot de glace, avec ce pot de glace, je prendrai un sachet de bonbons, un sachet de noix salée, un sachet de chips, un paquet de biscuits et quand j'arriverai à la maison, je finirai tout. “Oui, mais alors du coup, vous ne pouvez plus manger toutes ces crasses-là. " Non! 
    Parce que dans mon cerveau, j'ai créé une nouvelle addiction dans le but est de remplir une absence de tendresse, d'affection, de présence a besoin de ne plus être seul, etc.
    Donc dès que j'achète de la glace, tout le reste vient avec. 
    L'autre exemple que je peux vous prendre, c'est bien sûr la cigarette. Pendant 45 ans, j'ai fumé tous les jours. Au début, quand j'avais 12 ans, je fumais peu parce que je n'ai pas d'argent, je n'avais que de l'argent de poche et puis à 17 ans, je me suis mis à travailler, donc j'avais un salaire et du coup, l'argent n'était plus un problème pour acheter des cigarettes. Donc je me suis mis à fumer trois paquets par jour. Ça a duré pendant 45 ans, j'ai fumé 900 000 cigarettes.  J'ai essayé de contrôler ma consommation pendant ces 45 ans. À un moment, un jour, j'ai eu une espèce de flash, malheureusement pas le bon. D'abord il est arrivé une chose avec un ami qui se reconnaîtra; il m'emmène pour une laserothérapie. C’était il y a des années, des années et des années. On décide d'arrêter de fumer ensemble. On sort de là, on a jeté le paquet de cigarettes dans une poubelle, on a jeté les briquets et voilà, j'arrête de fumer pendant cinq semaines et lui n'a jamais repris. Moi, j'ai repris au bout de cinq semaines et pendant ces cinq semaines, j'ai compensé le manque de ce geste de cigarettes par les petites soupes au poulet avec des croûtons qu'on a dans les machines automatiques dans les bureaux.  Puis un jour, je me suis mis à me dire : Mais c'est complètement dingue…Je suis et resterai un addict. L’abstinence de produits dangereux est donc un choix raisonnable.

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    10 min
  • Aider est impossible.

    Relation amoureuse avec un addict, avec un alcoolique, avec un drogué, avec un addict tout court quoi, est-ce que ce n'est pas un peu compliqué ? C'est une relation amoureuse ou une relation de travail d'ailleurs ? Est-ce que ce n'est pas aussi un peu compliqué ? 
    Christine, merci beaucoup, de m'avoir envoyé cet émail. Pointant du doigt les relations, est-ce qu'on peut parler de relation ? Oui, alors ça va me gêner énormément bien sûr. Je vous rappelle aussi que je ne suis ici qu'en train de soit, partager ma propre expérience qui m'est arrivée à moi, soit, vous confier sous le sceau de l'anonymat bien sûr, l'expérience que d'autres personnes m'ont confiée qui étaient dans la même situation que moi. Donc on va parler de ses relations compliquées avec un alcoolique. Je peux prendre des exemples privés, des exemples professionnels. Pour ceux qui ont suivi les vidéos depuis le début, vous savez que j'ai eu deux compagnes : la première, je l'ai quittée sur un coup de tête, enfin, je l'ai manipulée pour la quitter sur un coup de tête en pensant que j'avais droit à une autre vie. Quant à vous dire quelle vie j'attendais. Je ne sais pas. Aujourd'hui, je vois que j'avais une très très belle vie et j'aurais mieux fait d'arrêter de boire. Alors, on va prendre dans la sphère privée un exemple, qu'est-ce qui se passe avec un gars comme moi ? En général, en fin de journée, oui, j'en profite de nouveau pour taper sur le clou, je n'ai jamais bu le matin en 25 ans de consommation d'alcool quotidien, sauf les dernières semaines. Donc, l'idée de dire oui, mais moi, ça ne me concerne pas parce que je ne bois pas le matin, navré, mais ça concerne tout le monde, tous ceux qui boivent tous les jours, par exemple où tous ceux qui boivent de manière non raisonnable. Donc dans la sphère privée, qu'est-ce qui se passait ? Bien concrètement, un samedi soir, on invite des amis à la maison, on prépare évidemment un repas, un apéro, etc. Les amis sont programmés pour 20:00, et moi, qu'est-ce que je fais ? À 18:00, je commence à prendre l'apéro. Donc qu'est-ce qui se passe ? Entre 18:00 et 20:00, j'en ai pris quatre ou cinq, et du coup je me retrouve déjà ivre quand ils arrivent. La suite de la soirée, au début, c'est l'ivresse gentille, on va dire et ensuite, même si je ne suis pas violent du tout, ensuite, c'est quand même l'ivresse et la controverse. C'est à dire que les sujets dont on vous parle à table avec les invités peuvent être des sujets qui prêtent à controverse et évidemment, j'ai toujours raison, j'ai une opinion bien bien arrêtée sur tous les sujets et du coup, j'emmerde tout le monde et ça se finit en dispute. Ça, c'est dans le cadre de la sphère privée, on va dire. C'est ce qui peut se produire. Dans le cadre de la sphère professionnelle, je redis que je ne buvais pas le matin, je n'étais donc pas quelqu'un qui ratait ses émissions, par exemple, j'étais présent, je travaillais tous les jours jusqu'à quasiment la fin de la consommation. 

    10 min
  • Alcool, enfer & sevrage

    Comme chaque semaine, on va aborder des thèmes, mais j'ai un peu changé la méthodologie parce que vous me posez des questions et j'ai envie d'y répondre. Oui, parfois je vous donne des conseils peut-être, mais c'est basé sur ma propre expérience d'addiction qui a été pendant 45 ans la cigarette, pendant trois ans la cocaïne, c'était il y a 40 ans et qui a été pendant 25 ans addict à l'alcool et ça, ça s'est terminé en 2015. Et aujourd'hui encore toujours addict, mais à la nourriture. Alors, les addictions, c'est quoi ? En tous cas, pour moi, c'est une manière de combler un vide émotionnel. On va dire ça comme ça, manque d'affection, de tendresse, etc. Mais c'est surtout, d'abord et avant tout, un moyen de me punir, de me détruire.  Quand je dis que je suis addict à la nourriture, bah, je ne mange pas beaucoup, je mange que des crasses et je m'empiffre, histoire de me faire bien mal.  Beaucoup d'entre nous, les addicts, nous sommes dans le déni. C'est-à-dire que, on imagine qu'on a sa consommation sous contrôle. Ah oui, mais je fume pas tant que ça, non mais, je bois pas tant que ça, mais non, je ne fume pas tant de pétard que ça, mais non, je ne suis pas tout le temps sur mon ordinateur. L'addiction, son problème, c'est la progression.  Jean qui est un alcoolique abstinent, qui me demande de partager mon expérience des dernières semaines. Alors, les dernières semaines, les derniers mois, on va dire, non, je crois que c'est vraiment les dernières semaines, c'est l'enfer dans l'alcool. C'est l'enfer parce que tout se déglingue, le cerveau se déglingue, c'est-à-dire qu'on commence à avoir des hallucinations, on commence à être désespéré, on commence à vraiment avoir envi de sauter par-dessus de la balustrade. Donc, je vais vous raconter ces dernières semaines comme je m'en souviens, mais je ne peux pas vous garantir que ce soit vraiment très détaillé parce que, voilà, le problème, c'est que j'étais vraiment loin. Comment est-ce qu'on arrive aux dernières semaines de consommation ? Comment arrive-t-on à boire une bouteille de vin ? Il faut l'ouvrir et il faut commencer par le premier verre.  Dans l'addiction à l'alcool, dans mon addiction à l'alcool, dans la période de 25 ans, j'ai commencé par prendre un petit apéritif de temps en temps parce que j'avais découvert l'apéritif en vacances. Au retour de vacances, je ne me suis pas mis à boire d'apéritif tous les jours, par contre, au bout de cinq années, je me suis mis à prendre un apéritif tous les jours. Je prends un apéro léger tous les jours et puis cet apéro devient un apéro beaucoup plus tassé et puis, cet apéro bien tassé devient deux apéros et ainsi de suite. Mais enfin, bon, c'est en 25 ans en partant de l'année zéro où ce n'était pas quotidien et c'est devenu quotidien et les quantités ont augmenté, c'est ça que je veux partager avec vous. Vous êtes peut-être sur cette courbe quelque part et vous vous dites : " Non, mais moi, c'est sous contrôle". Écoutez-moi, jamais, jamais en 25 ans, je n'ai su que j'étais alcoolique; jamais en 25 ans de consommation, j'ai pensé que ma consommation était exagérée.

    11 min
  • Sans alcool, sans pantalon.

    Chantons tous “sans chemise, sans pantalon”, en espérant que l’alcool ne nous laisse jamais tout nu.
    Perdre ma chemise et presque le pantalon, ça m’est arrivé, comme à des millions d’autres personnes.
    Faut-il vraiment nier le problème jusqu’à tout perdre ou jusqu’à en mourir ? 
    Ma réponse est NON.

    On peut très bien écouter les témoignages de nombreux alcooliques abstinents et les croire sur parole.
    Vous pouvez-me croire sur parole: la vie sans alcool est très chouette d’une part, et reconnaître que nous ne pouvons pas boire sous peine de reproduire les mêmes résultats n’est pas une faiblesse, c’est une force. 
    Un mois sans alcool et sans peine? Un mois compliqué? 
    C’est l’occasion de voir où nous en sommes dans cette relation avec l’alcool!

    Profitons de cette tournée minérale pour découvrir une nouvelle vie!
    #apéro#apéros#fête#rosé#vinblanc#spritz#alcoolique#alcoolisme#alcool#abstinence#abstinencealcoolique#sobre#dépression#tristesse#anxiété#angoisse#bienveillance#gratitude#addiction#addict#clean#dependant

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    1 min
  • J'ai toujours raison.

    J’ai toujours raison ! Enfin maintenant, je sais que je n’ai pas toujours raison.  Alors, ça a l’air un peu bateau comme thème. Dans le cadre des addictions, être un personnage qui a toujours raison, ce n’est clairement pas bon, ni dans la vie en général. , ce n’est clairement pas bon.  Pourquoi ?Parce que je n’apprends rien, forcément, puisque je sais tout. Et donc si je sais tout comment ce que je pourrais apprendre quoi que ce soit. Il y a des gens comme ça et j’en fais partie qui ont traversé la vie avec une certitude qu’ils savent tout. Moi, j’étais quelqu’un d’extrêmement sûr de lui à l’extérieur. J’étais quelqu’un qui montrait une détermination genre “Mais non, je t’assure ! Vérifie ! Tu vas voir, c’est comme ça, ou il ne faut pas faire comme ça, il faut faire comme ci. Et puis finalement, ça cache à l’intérieur une grande fragilité. Ca cache plein de choses, mais ce n’est pas de ça que je veux parler
    Ce que je veux partager avec vous aujourd’hui, c’est que bien sûr, si j’avais ouvert mon esprit plutôt et bien, j’aurai bu beaucoup moins, je n’aurai pas pris de drogue, je n’aurais pas fumé pendant 45 ans, je n’aurais pas des addictions qui ont failli me détruire. Mais surtout détruire la vie des gens autour de moi.  Vous allez me dire : « je n’ai rien à vous apprendre. » Vous avez raison.
    Donc je ne vais rien tenter pour vous apprendre...je vais simplement partager mon expérience et vous dire que depuis que je ne sais pas tout, bah, j’apprends plein de choses, voilà ! Donc vous souvenez de l’histoire en 86, je découvre le concept de l’apéro. Donc je commence à boire un apéro régulièrement en nonante-et-un. Ça devient un apéro quotidien et puis, jusqu'en 2007 où là, j’ai quand même une espèce de prise de conscience et mini prise de conscience où je commence à fréquenter une psychiatre alcoologue. Et ça ne suffit pas encore. Je sais mieux…Je sais mieux qu’elle donc je bois encore et encore jusqu’à finir en 2015 à l’article de la mort. Je n’ai pas fait de tentative de suicide, mais croyez-moi combien de fois, j’ai pas pensé en regardant à un pont d’autoroute. Vous savez avec les piliers au milieu en disant : « tien ! Si je me jette là-dessus, à 100 à l’heure, je vais sûrement mourir. Si je me jette là-dessus à 200 à l’heure, c’est certain je vais mourir. » Combien de fois, je n’ai pas regardé par-dessus la balustrade sur le toit de mon penthouse. “Si je me jette, je ne blesse personne et moi, je me tue. » Entre 1986 où j’ai commencé à découvrir le concept de l’apéritif et 2015, c’est-à-dire quasiment 30 années plus tard pardon, ces certitudes m’ont empêché d’apprendre quoi que ce soit. 
    Alors je ne sais pas pour quelle raison, j’ai dû attendre 2015 pour devenir un peu moins idiot, moins borné, moins stupide, mais mon message à vous qui êtes dans la certitude que vous n’avez aucun problème avec votre consommation d’alcool, de drogues, de jeux vidéo, de pétards. Prenez exemple sur moi. Dites-vous que moi je ne me suis pas posé la question. 
    Et donc, pendant une trentaine d’années, j’ai fait que des bêtises.
    J’étais convaincu que j’allais avoir une meilleure femme, donc je quitte ma femme. J’étais convaincu que si le monde me reconnaissait comme étant un génie, bah, je serais heureux. J’étais convaincu que si je gagnais dix fois ce que je gagnais alors en argent, j’allais être enfin heureux. J’ai toujours été convaincu que quelque chose se passerait dans le futur qui m’amènerait ce bonheur que je recherchais. Alors que le bonheur était déjà là, mais j’étais incapable de le voir. 
    Vous avez devant vous quelqu’un et croyez-moi mes proches, mes très très proches mais aussi mes collègues ou les gens que j’ai croisés pendant ma carrière professionnelle, eux peuvent en témoigner, vous avez devant vous quelqu’un qui a toujours raison et je n’ai plus raison depuis 2015.

     



    10 min
  • Je ne suis pas une merde !

    Que 2022 soit meilleure. Ce n'est pas 2022 qui doit être meilleure. C'est moi.
    Je suis tombé sur ce panneau sur les réseaux sociaux, qui disait que moi, je devais m'améliorer.
    Alors j'ai deux choses que j'ai envie de vous dire à ce sujet-là. En tant qu'addict, quand on fait un inventaire moral de soi-même, on se rend compte évidemment qu'on n'a pas toujours eu les bonnes réactions, qu'on n'a pas toujours été sympathique, qu'on n'a pas toujours été à l'écoute des autres, ça, c'est certain.
    Mais ce que je n'aime pas dans “ce n'est pas 2022 qui doit être meilleure, c'est moi”, c'est qu'il y a un certain moment où en tant qu'addict, je dois reconnaître que j'ai aussi des qualités, je n'ai pas que des défauts.
    Je ne dois pas passer le restant de mes jours à m'excuser, à faire un inventaire moral quotidien pour dire: "Oui, c'est vrai, je suis trop nerveux, je suis trop ci, je suis trop ça, je suis ..."
    À force de dire: "Je suis trop ..., je suis trop ...", est-ce que je ne m'enferme pas dans le personnage de la victime, de celui qui ne va jamais bien, de celui qui est incapable d'apporter quoi que ce soit autour de lui, dans la société? Moi, j'ai l'impression que oui.
    Donc il y a deux choses que je voulais partager avec vous à ce sujet.
    La première chose, c'est qu'il est important quand on est addict, alcoolique ou à d'autres addictions, que ce soit la drogue, les jeux, oui, la nourriture, j'en parle régulièrement, il y a un moment où nos manières de réagir avec ces addictions sont négatives, sont extrêmement négatives.
    Elles feront du mal autour de nous. Il faut donc effectivement poser sur papier, dans tous les cas moi, je l'ai fait et ça m'a fait beaucoup de bien, poser sur papier quels sont mes défauts, quels sont les traits de caractère qui m'embarquent à être agressif, à être mécontent, à être insatisfait, à me disputer, etc. Il faut faire cette chose-là. Moi, je l'ai faite. Alors ça ne veut pas dire que je suis devenu un saint. Dieu soit loué parce que finalement, je ne sais pas si c'est vraiment génial d'être un saint. Mais bon, peu importe, je ne suis pas devenu un saint. J'ai toujours ces défauts, les mêmes défauts que quand je buvais ou quand je me droguais. Ils sont toujours présents.
    Par contre, j'en ai pris conscience. Et c'est important de prendre conscience de ses défauts.  Parce qu'il y a un moment où il faut bien se rendre compte que c'est nous qui foutons tout en l'air. Bien sûr, en tant que consommateur quotidien d'alcool, j'ai dit que c'était la faute des autres. 
    J'ai besoin d'un verre pour me relaxer parce que les autres m'énervent. 
    J'ai besoin d'un verre pour me relaxer parce qu'il n'y a jamais rien qui va comme je le veux.
    J'ai besoin d'un verre pour me relaxer parce que je n'ai toujours pas gagné au loto.
    J'ai besoin d'un verre pour me relaxer parce que ... parce que ... parce que …
    Je trouve toujours des raisons pour blâmer les autres.
    Mais la réalité, c'est qu'il faut avoir fait le pas pour arrêter cette consommation. Il faut faire le pas pour, à un moment, se rendre compte que ce n'est pas les autres qui sont à incriminer. Moi, je dois m'incriminer moi-même. Tout ce qui se passe dans ma vie, c'est de ma faute. Ce n'est pas la faute des autres. Tout ce qui se passe à cause de ma consommation, c'est de ma faute. Ce n'est pas la faute de l'alcool. 
    Mais là, j'embraye directement sur la réalité de la vie quotidienne. C'est que depuis que moi, j'ai arrêté de boire, que depuis que j'ai fait un inventaire, depuis que je suis en thérapie permanente, à travers cette vidéo quelque part, mais aussi avec une psychologue, et bien je me rends compte aussi que je dois arrêter d'être une victime de tout. Parce que sinon je vais de nouveau blâmer les autres ou la société pour mes insatisfactions. 

    10 min
  • A l'aide !


    À l'aide, à l'aide, c'est ce que j'aurais dû dire. Pendant 25 ans de ma vie, j'ai bu de l'alcool tous les jours et jamais, je n'ai demandé de l'aide. 
    Ce que je peux faire, moi, c'est partager mon expérience avec ces vidéos et vous rappeler que, voilà, il faut prendre soin de soi et qu'il n'est jamais trop tard pour bien faire et qu'il faut surtout demander de l'aide et avoir une espèce d'éveil spirituel à un moment. 
    On ne demande pas de l'aide pourquoi est-ce qu'on ne demande pas de l'aide ? Par exemple, moi, je ne suis pas un très bon bricoleur et encore moins dans les problèmes de tuyauteries, donc si j'ai un problème avec une tuyauterie, je vais naturellement appeler un plombier. Quand j'ai un problème avec ma santé, je vais naturellement appeler un médecin, on est bien d'accord. Est-ce que l'addiction à la drogue, à l'alcool, à la bouffe, etc, est un problème de santé ? Oui. On commence par le médecin, effectivement.  Si la réponse que vous recevez de la personne à qui vous demandez de l'aide ne vous convient pas, il y a deux réactions possibles. C'est aller consulter une autre personne. ou de vous dire: Ah, bah ça m'arrange bien parce que comme ça, je peux continuer à boire ou à fumer ou à me droguer. Il ne faut pas s'arrêter à la première demande d'aide. 
    Moi, par exemple, en 2007, je parlais avec un psychiatre de mes problèmes de consommation d'alcool et bon, visiblement, il n'était pas, à son avis, "qualifié pour m'aider", donc il m'a envoyé chez quelqu'un et qui était qualifié pour m'aider. Et évidemment, cette personne m'a dit des choses que j'avais pas envie d'écouter, donc je n'étais pas prêt en 2007, vous voyez. J'ai dû attendre 2015; si j'avais en 2007 eu la présence d'esprit d'aller voir encore quelqu'un d'autre, peut-être que ça aurait fonctionné, mais je ne l’ai pas fait, donc j'ai bu huit ans de plus et j'aurais pu y passer, j'aurais pu en mourir parce que tout mon système nerveux, d'ailleurs, mais aussi de digestion était complètement délabré, évidemment, à force. 
    La deuxième chose que je voulais vous dire c'est qu'il faut un minimum de lucidité, c'est-à-dire que si je nie que j'ai un problème avec la nourriture.  Actuellement, j'ai pris beaucoup de poids et je continue à avoir des compulsions et à manger des glaces etc, etc.  
    Donc voilà, il ne faut pas oublier ce côté, il faut que je m'éveille.
    Alors moi, comment j'ai fait pour demander de l'aide ?
    Ça a été extrêmement particulier dans la mesure où j'ai balancé un soir où j'étais ivre sur Facebook un texte qui disait en gros, "Je suis alcoolique, j'ai besoin d'aide, quelqu'un a une solution?." Enfin bref, j'ai posté ça et donc, de fil en aiguille, j'ai atterri dans une fraternité qui s'appelle "Les alcooliques anonymes". Alors, je voudrais quand même faire une parenthèse sur cette fraternité. Je ne représente pas du tout cette fraternité. Comme son nom l'indique, c'est anonyme. Moi, j'ai brisé l'anonymat parce que je pense qu'il faut que j'aide plus de monde, c'est tout, c'est mon opinion à moi, mais quelque part, voilà, j'en fais pas la promo, mais je sais que parfois, ça peut paraître bizarre que je parle de cette fraternité, mais c'est ce programme là qui m'a sauvé la vie. Moi, c'est comme ça que j'ai arrêté de boire alors que je ne voulais pas y aller.
    Donc si j'en reviens à ce que j'essaye de vous expliquer au niveau de l'aide, il faut demander de l'aide. Vous avez demandé à un médecin, la réponse ne vous convient pas, changez de médecin. Vous avez demandé à un psychiatre ou une psychiatre, la réponse ne vous convient pas, changez de psychiatre. Il faut sortir de chez soi, il faut sortir de soi-même pour commencer à demander de l'aide sinon, ça ne fonctionne pas.

    11 min
  • Ma dépression

    Eh bien, j'avais envie aujourd'hui de sortir la caméra, la lumière et le micro pour vous parler alcool et dépression.  Avant de commencer, je voulais vous saluer. Vous allez bien ? J'espère que ça va bien. Moi, en tous les cas, j'ai traversé des semaines un peu compliquées. 
    C'est clair que c'est une période de l'année où les journées sont très très courtes, on n'a pas beaucoup de lumière donc, il faut peut-être faire de la luminothérapie, on a tendance à être un petit peu dépressif.
    Alors, dans mon cas, ce n'est pas un petit peu dépressif, c'est extrêmement dépressif. 
    Je le partage avec vous, j'en parle quand je rencontre des gens. Pourquoi ? 
    Parce que c'est une manière pour moi de déculpabiliser, c'est-à-dire que je peux aussi ne pas toujours être en pleine forme alors, c'est vrai que la plupart du temps, ma vie est juste merveilleuse, que je suis très content d'être là.
    C'est vrai que je n'ai pas d'idées noires comme j'avais quand je buvais comme un trou et que j'avais qu'une envie, c'est de sauter du toit et de me suicider.
    Je n'ai plus ce genre d'envie là, mais enfin voilà, je suis comme tout le monde.
    Je ne suis pas à l'abri d'avoir une période un peu dépressive.
    J'avais envie de mélanger ce thème-là avec l'alcool.
    Parce que l'alcool quand vous continuez à arroser un état dépressif d'alcool, c'est un cercle vicieux, on est de plus en plus dépressif.
    Je me souviens très bien que cette terrible lutte de tous les jours contre la vie, que je n'ai plus à mener cette lutte contre la vie, contre tout le monde, contre la société, contre les personnes que je croise dans ma journée, c'est vraiment un enfer, quoi.
    Donc, il faut en parler, il faut en parler, il faut deux choses:
    parler avec son généraliste par exemple, on a tous un généraliste, le premier réflexe que moi j'ai eu, c'est d'en parler avec mon médecin et puis finalement, j'ai pris la décision d'aller voir une psychologue, que je vois chaque semaine.
    Vous allez me dire ouh là, il n'est pas bien !
    Eh bien, non, je ne suis pas bien, je ne suis souvent pas bien, mais c'est pas grave parce que le fait de faire quelque chose m'aide et je vais également voir une psychiatre de manière à être traité par médicament pour ces effets de dépression chronique. 
    Alors, pourquoi est-ce que je suis devenu dépressif ? Bah, parce que j'ai des blessures qui sont là depuis que je suis tout petit. On l'a vu dans dans ce que je vous ai raconté en cinq épisodes de cette vie d’addicte, mais aussi je pense que je ne suis pas le seul, vous savez, on a tous vécu des choses plus ou moins graves ou plus ou moins traumatisantes et ça fait de nous des gens qui sont blessés.
    Moi, j'ai toujours cru, jusqu'à aujourd'hui, mais je ne pense plus comme ça maintenant,que j'allais être guéri complètement de cette blessure. Eh bien, non, j'ai toujours cette cicatrice. Parfois la cicatrice parce que je la touche, vous savez comme quand on a des genoux écorchés quand on est enfant, quand on retouche une cicatrice, pouf, elle s'ouvre un petit peu, puis elle se referme, puis elle s'ouvre et puis elle se referme…
    Donc, est-ce que la période de fin d'année avec des journées plus courtes est propice à une dépression générale qu'on soit tous un petit peu dans le blues ? Oui, probablement. Est-ce que le fait qu'on ferme les discothèques, que les restaurants soient très réglementés, qu'on ne puisse plus aller au concert ou au théâtre nous rajoute une couche de dépression ?
    Oui, c'est certain parce que nous sommes des animaux sociaux, les sapiens sont faits pour voir d'autres sapiens et certainement pas pour être confinés. 



    9 min

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Fumeur, buveur, accro, addict, dépendant. Je partage mon vécu et échange avec vous sur ces thèmes à travers 150 épisodes. Depuis juin 2024, je poste également des vidéos courtes sur les anecdotes…

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