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Or


Ça va bientôt faire deux ans qu'on se retrouve chaque semaine pour une nouvelle vidéo et je voulais vous souhaiter une très bonne année. Je sais que ça fait aussi deux ans qu'on est un peu dans le "mood" Covid. Alors, espérons que ce Covid s'en aille et qu'on finisse par s'en sortir. Pour cette nouvelle année, j'avais envie de parler de résolution. Je crois qu'on est nombreux à avoir fait des résolutions. "Le 1er janvier, je m'arrête. Le 1er janvier, je ne fume plus." J'avais aussi comme méthode et je suis certain qu'on est nombreux à l'avoir, “lundi, le lundi, je me mets au régime.” Lundi, j'arrête de fumer. Lundi, j'arrête de boire. Lundi, je fais du sport. Lundi, lundi, lundi, lundi.
Quand est-ce que j'ai arrêté de fumer ? Le 21 août 2018. Vous savez quoi ?
Ce n'était pas un 1er janvier, ce n'était pas un lundi, c'était un mardi. J'ai fumé ma dernière cigarette un mardi. Donc, le mercredi, je ne fumais plus et depuis, je n'ai pas fumé.
Alors, pourquoi je dis ça ?
C'est un peu comme si ma tête était comparable à un bocal, un bocal rempli de fumée, c'est-à-dire que quand j'ai une compulsion, que ce soit de boire, que ce soit de me droguer, que ce soit de fumer, que ce soit de manger, pendant des années, 45 ans pour la cigarette, trois ans pour la drogue, 25 ans pour l'alcool, quand j'ai cette brume dans ma tête comme dans ce bocal, et bien, je ne comprends pas ce qui m'arrive, je ne sais pas du tout ce qui pourrait me sauver. En général, je me dis: “Je m'arrête quand je veux ou je m'arrêterai oui, le 1er janvier.” “Oh non, lundi prochain, etc."
Vous êtes comme moi, comme des millions d'autres sur la planète dans un moment de, clarté où vous dites: "Bon, il faut quand même que je fasse quelque chose." Sachez-le, ce n'est ni le 1er janvier, ni le lundi prochain que tout va se passer.
Pourquoi est-ce qu'on ne ferait pas ça aujourd'hui ?
Pourquoi est-ce que je n'arrêterai pas aujourd'hui, je n'écraserais pas aujourd'hui, là, maintenant ma dernière cigarette ?
Pourquoi je ne déposerais pas aujourd'hui, là, maintenant, mon dernier verre ? Pourquoi est-ce que je ne déposerais pas…
Pour quelles raisons pendant 45 ans, j'ai fumé ou pendant 25 ans, j'ai bu tous les jours ? Parce que je vous rappelle que les 25 années, c'est clairement tous les jours que je consommais de l'alcool. Pourquoi est-ce que ça a duré aussi longtemps ?
Parce que imaginez-vous encore une fois, ma tête, votre tête peut-être, en ce moment, imaginez-la comme un bocal avec un gros couvercle, vous savez les gros pots de confiture avec les couvercles avec des pinces. C'est plein plein plein plein de fumée, on ne voit pas clair, on ne sait pas ce qui est en train de nous arriver, on n'en prend pas conscience.
C'est pour ça que je dis qu'on n'est pas des criminels, on est juste des addicts parce que c'est vrai qu'on ne prend pas conscience de ce qu'on est en train de faire. On a l'impression dans notre monde imaginaire que tout va bien et que finalement, tout ce qui ne nous va pas, bah, c'est la faute des autres ou c'est la faute de la société. C'est toujours la faute de quelqu'un, mais jamais de la faute du produit que je suis en train de m'injecter, de fumer ou de boire ou de sniffer. Ce n'est jamais la faute du produit. Je voulais en ce début d'année donc, en général, on prend des bonnes résolutions, vous rappeler le principe de l'addiction. Le principe de l'addiction, c'est qu'on est dans une espèce de brouillard. Je l'ai été quasiment toute ma vie. Je le suis encore par moments.
Est-ce que je ne suis plus un addict ? Ah, que si. Je suis un addict, mais j'aimerais finir l'histoire.
Donc j'arrête de boire en 2015 effectivement et là, je vais toucher le fond comme on dit, mais à l'envers, c'est-à-dire qu'en général, on touche le fond avant d'arrêter de boire. Moi, j'ai touché le fond après avoir arrêté de boire.
J'ai découvert donc ce groupe de 12 étapes dans lequel je me suis vraiment jeté corps et âme dans le programme, corps et âme dans les réunions, corps et âme dans le service.
C'est-à-dire que le Stéphane que j'étais, qui était un égoïste, s'est ouvert l'esprit, à écouter les autres et a voulu rendre service aux autres pour la première fois de sa vie, je crois. Tout ça m'a soutenu dans les premiers mois et les premières années de mon abstinence alcoolique. Sans ça, je ne crois pas que j'aurais pu le faire. Donc le message que j'ai envie de vous envoyer, c’est j'ai réussi et vous ne devriez pas réussir ? Il n'y a pas de raison. Tout le monde peut réussir à arrêter son addiction quand elle est destructrice puisque je l'ai fait. Je l'ai fait, donc c'est possible. Mais j'ai arrêté de me dire : «Non mais moi, je ne suis pas alcoolique.» J'ai arrêté de me dire : « Je m'arrête quand je veux. » J'ai arrêté de dire: « C'est la faute des autres. »
Non, c'est de ma faute. Tout est de ma faute. Une fois que je prends mes responsabilités plutôt que d'agir comme un égoïste et bien, je me rends compte qu'en fait, c'est moi qui ai mon destin en main, personne d'autre.
Alors, on m'a aidé. Oui, bien sûr, on m'a soutenu. Mais qui est-ce qui a pris son destin en main ? Moi. Je dis ça aussi parce que souvent, vous m'envoyez des messages en disant : qu'est-ce que je peux faire pour untel, untel, untel. Un fils, un cousin, un frère.
Il n'y a rien à faire malheureusement parce que, nous les addicts, il faut qu'on décide nous-mêmes de sortir du produit dans lequel on est tombé. Sinon, ça ne fonctionne pas.
Alors la suite et bien, la suite, c'est que je perds mon boulot. Non pas parce qu'on me jette dehors. Au contraire, ils ont eu beaucoup de patience avec moi, mais simplement parce qu'ils arrêtent la société à Malte. Il n'y a plus de travail. Je me retrouve donc à Malte sans travail et je ne sais pas quoi faire. Je reviens en Belgique en 2018. En avril 2018, j'arrive ici avec une valise, encore quelques objets au garde-meuble en Belgique et une enveloppe avec 500 euros et malgré tout, tout va se remettre en place. Je crois que c'est de la plus belle, vraiment la plus belle période de ma vie d'addict abstinent. Quand je suis rentré à Bruxelles, j'ai retrouvé un job, où je suis toujours, chez Nostalgie, la radio. J'ai retrouvé mes amis à qui j'ai pu présenter des excuses pour pour mes agissements à travers toute ces décennies où ils m'ont connu dans des états lamentables. Donc la vie a repris son cours. Alors est-ce que j'ai été guéri ? On parle de quelle maladie là ? De l'addiction ? Non, je suis toujours aujourd'hui un addict.
Quatrième épisode de ma vie d'addict. Mon parcours d'addict avec un "happy end" sur un point en tous les cas, c'est l'alcool puisque je vais arrêter de boire. On s'était arrêté en 2013 où je partais à Malte et où ma consommation se comptait en bouteilles par jour.
Comment est-ce que je suis sorti de là ? Eh bien, j'en sais rien. J'ai la prétention d'apprendre des choses dans la vie et moi qui étais un athée total, je dis même pas du tout agnostique, mais complètement athée, j'ai acquis la conviction qu'il existe une force supérieure qui m'a sorti de ce marasme de l'alcool comme elle m'avait sorti du marasme de la cocaïne. Je vais vous raconter donc ce que j'ai fait.
En 2014, je suis en couple avec une charmante femme Maltaise puisqu'on parle de Malte, puisque j'habite à Malte et je lui dis : je crois que ça devient dramatique. Je ne peux plus boire autant, il faut que je fasse quelque chose. Elle m'a dit :« écoute, pourquoi tu ne vas pas voir un groupe de thérapie, de soutien ». Et du coup, je vais sur internet et je tape une recherche sur Google et puis je tombe sur le groupe en question. Je m'aperçois que dans leur programme, ils parlent beaucoup de Dieu. Donc moi, c'est un truc que je ne peux pas supporter. On est en 2014 et je dis :« Non, non, ça, ce n'est pas pour moi”. En 2015, il se passe un autre truc. Je crois que c'était probablement une des fois où j'avais vraiment le plus envie de sauter du toit. J'avais eu la présence d'esprit de vérifier que si je tombais à côté de mon immeuble, il n'y avait pas d'immeuble, il y avait une petite maison. Donc, si je tombais sur le toit de cette maison, je n'abimais personne ni la maison puisque c'était du béton, en fait, le toit de cet immeuble et voilà, j'en étais là, quoi, franchement, j'en pouvais plus, je voulais mourir.
Je veux vous expliquer un truc aussi, c'est, comment est-ce qu'on boit le matin ? Alors moi, pendant 25 ans, je n'ai jamais bu le matin. Puis un jour, je me suis retrouvé dans une situation où j'étais tellement mais bourré du matin au soir parce que l'alcool ne l'avait pas le temps de se dissiper que, bah, j'étais en manque permanent. Puis un matin, je regardais l'heure, bien sûr, puisque mon habitude, c'était de commencer en fin de journée. Je regardais l'heure et puis de la fin de journée, un moment, ça a été le milieu d'après midi et puis, ça a été un moment le midi et puis ça a été un moment 10:00 du matin, puis il n'y avait plus de moments, c'était : je buvais, je dormais, je buvais, je faisais un "black out". Donc, c'est important de se rendre compte que non, les alcooliques ne sont pas ceux qui boivent le matin, non, non, non. On a un problème avec l'alcool quand on a une progression dans la quantité, dans la fréquence, ça, c'est certain. Si vous pouvez rester une semaine sans boire et ne pas en souffrir, c'est que vous n'avez pas de problème avec l'alcool. Moi, en tous les cas, ça ne m'est jamais arrivé, je suis resté un jour sans boire et après, j'ai craqué parce que j'avais besoin d'alcool.
Donc, à un moment, un soir, je me souviens très très bien, c'était le 9 juin en 2015, je poste sur Facebook : « Bonjour, je m'appelle Stephan, je suis alcoolique et j'ai besoin d'aide, je ne sais plus quoi faire. J'irais bien voir les AA, mais ce n'est pas pour moi, etc.” Je reçois plein de réponses. Les unes plus sympathiques et les plus bienveillantes que les autres. Et notamment d'une personne qui s'appelle Monique qui habite, habite du côté de Libramont, ici, en Belgique, et moi je suis à Malte. Elle commence à m'envoyer des messages, on ne se connaît pas, on ne s'est jamais vu et elle me fait ce qu'on appelle « une douzième étape ». C'est-à-dire qu'elle me parle d'elle, de son addiction à l'alcool, de son alcoolisme et de comment elle en est sortie, mais sans me demander quoi que ce soit. Finalement, après quelques semaines, on se retrouve fin juin, le 27, j'ai été à ma première réunion. Alors, je ne suis pas en train de faire la
L'épisode 3 et bien, c'est la descente aux enfers dans l'alcool pendant 25 ans, période 1991- 2015 où je vais découvrir les affres de l'alcool et du mécontentement.
Oh, l'herbe plus verte ailleurs, changement géographique, changement de partenaire de vie. Toutes les catastrophes que j'ai pu faire, je les ai faites à cause de l'alcool. Non, non, pas du tout à cause de moi-même. Les addicts que nous sommes, si vous en êtes un, vous le savez, on doit essayer de trouver le moyen de se détruire le moins possible et surtout de détruire le moins possible autour de nous.
Donc, je ne vais pas blâmer l'alcool, ce n'est pas l'alcool qui m'a fait faire des conneries, c'est moi qui ai pris de l'alcool et c'est moi qui étais le con qui prenait de l'alcool, qui n'avait pas vu qu'à partir de 91, je buvais tous les jours et que ma consommation allait augmenter.
Il y a aussi des choses qu'il faut dire, je ne buvais pas la journée donc, il faut arrêter de penser qu'on n'est pas alcoolique parce qu'on ne boit pas le matin, c'est faux, totalement faux.
J'ai bu le matin seulement les dernières semaines de ma consommation.
Il faut arrêter de penser qu'à moi, ça ne m'arrivera pas, je m'arrête quand je veux, oui, mais non, ce n'est pas vrai parce que je ne me suis aperçu de rien et j'ai été pris dans le piège.
Je ne suis pas plus idiot qu'un autre. Donc, mon envie, c'est de vous dire : observez votre consommation de tous les produits en général, mais surtout des produits qui détruisent bien sûr :
Les drogues, les médicaments peuvent être extrêmement destructeurs et l'alcool, cette saloperie qui m'a pris et que je n'ai pas vu venir parce que j'étais aveuglé, aveuglé de colère, aveuglé de souffrance, aveuglé de solitude même si j'étais entouré. En 91, je me suis bien installé dans mon habitude de prendre l'apéritif tous les jours. Je rentre en fin de journée chez moi quand je suis célibataire, je bois. Je ne bois que de l'apéritif et je grignote deux trois trucs sur un bord de table et puis finalement je vais arriver au stade où je ne mange même plus, où je prends que l'apéritif, avec des chips et des choses comme ça.
Ensuite, je rencontre la maman de mes enfants, on est en 94 et 94, voilà, je vais créer une famille, enfin, nous allons créer ensemble une famille avec deux beaux enfants en plein de santé.
On vit plutôt de manière aisée dans la mesure où j'ai un excellent job, que tout va bien, que je continue la radio aussi, bref tout va bien. Donc, il y a vraiment aucune raison pour moi d'être mécontent, mais malgré tout, on finit par constater sur le papier que j'ai quitté la maman de mes enfants en 2007 après 13 ans, parce que ce n’était pas assez bien. Aujourd'hui en 2021 au moment où je tourne, je peux vous dire que c'était une idiotie, mais je les fais quand même ces idioties. Parce que j'étais toujours aveuglé par l'alcool, c'est à dire que ma colère interne, mes blessures, je ne me confie pas moi, je ne me raconte pas à la femme de ma vie à ce moment-là, à quel point, je vais mal.
Je bois, c'est tout ce que je fais. En buvant, forcément, je provoque des drames, je provoque des disputes, Dieu soit loué, je ne suis pas violent, donc, ça n'est jamais dégénéré en violences, mais bon, ça aurait pu. Je casse la famille et je deviens un père célibataire et elle, une maman célibataire. On a une garde partagée avec les enfants, mais la vie va m'apporter une deuxième chance puisque en 2009, je rencontre quelqu'un que je connais de très longues dates et je tombe follement amoureux, nous sommes amoureux et tout va bien. On peut se dire, voilà, enfin! Alors ça, c'est la solution, la solution à quoi ? À ma bêtise, à mon abrutissement par l'alcool ?
Non.
Parce que l'abrutissement par l'alcool continue et c'est-à-dire que de là où je buvais des quantités très importantes tous les jours, ces quantités deviennent à peine croyables, c'est-à-dire qu’on se demande comment j'arrive encore à tenir de
On rentre dans le vif du sujet puisque à 18 ans pile-poil, je deviens disque-jockey, je travaille dans une boîte à Bruxelles et je travaille tous les jours parce qu'à l'époque, les boîtes, ça marchait bien et que c'était ouvert tous les jours. Donc, je suis en contact non-stop avec l'alcool bien entendu, mais je n'ai pas de souvenir d'avoir craqué ou d'être devenu un alcoolique ou d'être devenu quelqu'un qui avait un problème avec l'alcool.
Je buvais de l'alcool parce qu'on était en boîte et que tout le monde boit de l'alcool en boîte, mais je n'ai pas de souvenir de gros problème avec ça.
Un jour, c'était en 1980, le 11 mars, je vais faire ma première émission de radio, c'était des radios libres, bien sûr, à l'époque!
Petit à petit, je vais quitter la discothèque pour laquelle je travaille comme DJ pour devenir le DJ officiel d'une nouvelle radio qu'on crée en juillet 1980 qui s'appelle S.I.S.
Donc, je deviens l'animateur et le disque-jockey de S.I.S pendant de nombreuses années et là va se passer un truc auquel, je m'attendais pas du tout.
On m'avait donné des somnifères quand j'étais ado parce que j'avais du mal à m'endormir et ces somnifères, c'étaient vraiment des somnifères violents qui ont été retirés du marché après.
Je m'en suis servi comme défonce tout simplement, parce qu'un jour, j'en avais pris un et je ne m'endormais pas et j'avais la tête qui tournait, j'étais comme défoncé, quoi.
C'est assez sympa comme effet, enfin, je trouvais à l'époque et puis j'avais un pote avec qui on sortait beaucoup après les soirées, on finissait la nuit dans une autre boîte; il est devenu un disque-jockey très très célèbre. On sortait ensemble et on se prenait un petit somnifère avec un coup d'alcool, vous savez, histoire de bien se défoncer.
Puis un jour, on s'est rendu compte que c'est peut-être à petit peu dangereux, peut-être, légèrement dangereux et que ce serait beaucoup mieux si on prenait une vraie drogue. Donc, on s'est mis à trouver de la cocaïne, simplement, parce que c'était la drogue à la mode et je suis bien sûr tombé à pieds joints de la cocaïne. Je ne vais pas vous décrire en détail les trois années pendant lesquelles j'étais accro à la cocaïne, mais je peux résumer la chose suivante : pendant trois ans, ma tête, mon cerveau ne pensaient qu'à la prochaine ligne. Quand je pouvais avoir de la coke, quelques grammes, je les prenais, je ne faisais rien d'autre, je faisais des émissions de radio grâce à un copain qui venait me réveiller, me sortir de ma torpeur, etc parce que la coke, ça fait monter très haut, mais ça fait descendre très très bas aussi et ça a duré pendant trois ans cette épisode .
Je ne comprends même pas comment j'ai pu résister à cette affaire, c'était tellement dangereux sur un plan physique, sur un plan psychologique, mais aussi sur un plan légal puisque à un certain moment, il faut trouver de l'argent pour s'acheter sa propre came.
Qu'est-ce qu'on fait ? On vend de la came.
Donc, on se retrouve dans des situations complètement dingues.
J'ai arrêté cette drogue le 1er janvier 1984, donc, 81, 82, 83 à fond dans la drogue et puis j'arrête tout d'un coup.
Là, j'ai deux années de sursis.
Je m’appelle Stéphane. Je vais vous raconter ma vie d’addict, mon parcours d’addict. Pourquoi ?
Parce que je pense que ça peut être utile pour ceux qui ont des problèmes à gérer leurs addictions d’entendre et peut-être de s’identifier à ce qu’il m’est arrivé et pourquoi je suis devenu un addict et je le suis encore toujours aujourd’hui même si je suis abstinent des produits les plus dangereux. Donc on va commencer par le début. Comme dit Freud « Tout se passe dans l’enfance ».
Et effectivement, je suis assez convaincu que les souffrances et les blessures naissent dans l’enfance et que moi, je me les trimbale encore aujourd’hui en 2021 puisque c’est en 2021 que je tourne cette vidéo, en fin d’année.
Donc, j’ai une maman. J’ai un papa, j’ai une grande sœur qui a huit ans de plus que moi. On est une famille plutôt bourgeoise où tout va bien jusqu’à ce que j’atteigne l’âge de sept ans où là, ma maman meurt d’un cancer généralisé.
À sept ans, on a beaucoup de souvenirs de ce qui s’est passé. Moi, je n’ai aucun souvenir de ce qui s’est passé. Mon esprit s’est bloqué et nie complètement toutes les douleurs que j’ai pu vivre à ce moment-là. Je n’ai pas été invité aux funérailles. On m’a évité la douleur des funérailles. Et donc on m’a dit « elle est partie ». Et du coup, écoutez, aujourd’hui j’attends toujours qu’elle revienne. C’est logique.
Ma grande sœur prend le relais bien sûr, elle a huit ans de plus que moi, donc, c’est un peu ma petite maman. Mais très rapidement, elle va vouloir, après son secondaire, aller apprendre l’allemand en Allemagne. Mon père a trouvé plus facile probablement de me mettre en internat directement. Moi j’ai fait mes études en internat. Ma sœur part en Allemagne. Elle rencontre son prince charmant, un Français. Elle se marie et part vivre en France. Donc, deuxième figure féminine qui me quitte.
Et la troisième c’est la grand-mère. En général c’est la grand-mère. Et bien oui, moi j’avais une super grand-mère un peu bohème comme ça, qui habitait le centre de Bruxelles, la ville où je suis né.
Et bien un soir, on part au cinéma. On revient et on va se coucher.
Et puis dans la nuit, son compagnon vient me réveiller pour me dire « Mémé se meurt ». Elle est donc morte dans mes bras en pleine nuit, j’avais 12 ans. Donc, sur ces cinq années, j’ai perdu les trois figures féminines sur lesquelles je pouvais m’appuyer.
J’ai vraiment grandi comme un enfant ou un adolescent extrêmement seul. Mon père s’est remarié avec une femme qui n’avait strictement aucun intérêt à s’occuper de moi. Elle voulait que mon père s’occupe de ses affaires. Personne ne s’intéressait vraiment à moi. Et quand les vacances arrivaient, souvent on m’envoyait soit en Hollande pour apprendre le néerlandais.
Et puis, soit on m’envoyait chez mon cousin, mon oncle et ma tante, avec une tante qui est extrêmement difficile, compliquée et qui est certaine de son bon droit et de la manière, de la méthode qu’elle utilise pour éduquer ce petit garçon, finalement que j’étais toujours et notamment de me laisser poiroter comme ça pendant des heures et des heures, toute une après-midi devant une assiette parce que je ne parvenais pas à manger les légumes qu’elle avait décidés que je devais manger. Donc, c’est le passage par l’humiliation. C’est des choses à ne pas faire avec un enfant. Je me retrouve en préadolescence à un âge où ma première addiction va être le refuge dans la musique.
Et quand je dis addiction, c’est parce que très rapidement je développe un désir d’acheter tous les disques possibles des Beatles. Puis je tombe amoureux des Beatles et je fais la collection des disques des Beatles.
J'avais très envie de parler de connexion et de déconnexion. Pourquoi ?
Parce qu' un thème qui m'est chaud au cœur, c'est la solitude.
La solitude, la tristesse, le vague à l'âme. Alors, bien sûr, avec ces smartphone, on est connectés, mais est-ce qu'on est vraiment connectés ou est-ce qu'on s'est complètement déconnectés les uns des autres ? Bon, ma réponse à moi, c'est qu'on s'est déconnectés les uns des autres.
L'addiction, déjà, clairement, on la voit dans la manière d'utiliser les réseaux sociaux.
On est passé d'une vie privée à une vie publique. C'est-à-dire qu'on vit en public et on a besoin d'aller voir ce que les autres font et on a besoin de dire ce que nous faisons.
À un tel point que pour aller faire pipi, on s'assied. Comme garçons, parfois on fait pipi debout, parfois on ne fait pas pipi assis, mais on prend le téléphone et ça prend un quart d'heure, quoi.
C'est pire qu'une pause clope. On ne sait jamais, quand on m'appelle. Donc, finalement, on est très, très connectés.
Autre connexion : la connexion qu'on a avec de nouveaux services qu'on nous offre. Avant, on allait dans les magasins et on avait même des magasins de quartier.
Maintenant, on a mis tout ça en péril, pourquoi ?
Parce qu'on achète sur Internet, on se fait livrer. On a parfois un contact rapide avec le livreur, ça peut être le facteur ou une société privée qui nous livre, mais la plupart du temps, on n'a plus de contact avec personne.
Le repas de famille, par exemple, c'est quelque chose d'important. Alors, moi, je suis célibataire.
Aujourd'hui, c'est complètement différent. D'ailleurs, on peut être très seul en étant célibataire.
On peut être très seul au sein d'une famille aussi. Ce que je veux dire c'est que par exemple, le repas de famille : aller faire des courses, préparer à manger, faire des menus pour la semaine par exemple.
Tout ça, c'était joyeux et génial. Aujourd'hui, on en est même arrivés à ne plus faire à manger, à ne plus aller faire des courses, mais à téléphoner pour se faire livrer.
Moi, quand j'ai grandi dans les années 70 et 80, on avait des livraisons de pizzas qui étaient possibles. C'était la seule chose qui existait. Aujourd'hui, on peut se faire livrer n'importe quelle cuisine, y compris le fast-food et en général, quand on se fait livrer, d'abord, ça coûte trois fois le prix et ensuite, ça arrive froid aussi, très important et ensuite, on ne mange que des crasses.
La connexion, c'est aussi de nouvelles addictions. La nouvelle addiction à son smartphone, Instagram, Facebook, TikTok, on est toujours collés sur son smartphone et on l'a toujours dans la poche, on l'a dans le tram, on l'a au bureau, on l'a partout, partout, partout. Dans la voiture au feu rouge et puis on oublie qu'on ne peut pas et puis, voilà. C'est très dangereux.
Vous savez, l'addiction ce n'est pas seulement le problème de l'alcool qui est un grave problème, on est bien d'accord. Ne sommes nous pas devenu addict à tout et n’importe quoi, sauf aux relations humaines?
J’ai rencontré un ami de très très longue date dans un supermarché. On s’est mis à parler et il me dit : « Tu sais, j’ai consulté quelqu’un et je bois beaucoup moins. Je bois la moitié de ce que je buvais avant ». Je lui ai dit : « Ecoute, ça c’est vraiment une merveilleuse nouvelle. C’est le moment ou jamais d’arrêter non ? » Et puis il me dit : « Non, non, mais moi je ne suis pas alcoolique ». On va parler de ces certitudes : « Non, mais je m’arrête quand je veux. Non, mais je ne suis pas alcoolique ». Alors on va commencer par une petite histoire rigolote. Enfin rigolote, elle est franchement honteuse pour moi mais c’est comme ça.Récemment, je reçois un coup de fil et je vois sur mon téléphone, le numéro s’affichait. Il commence par 02700. Et je ne savais absolument pas que ces numéros-là existaient dans mon pays. Donc qu’est ce que je fais ? Je me dis : « merde c’est de nouveau un appel marketing. On va encore essayer de me refiler un lot de casserole ou une cuisine ou Dieu seul sait quoi ».
Et bien pas du tout. Le livreur qui livrait mon colis un jour de congé m’appelait. Donc moi j’ai un préjugé qui fait : « Mais qui, qui m’emmerde là un dimanche ? » Et bien non, en fait c’était quelqu’un qui travaillait le dimanche pour pouvoir livrer les colis que les clients attendent et donc me faire plaisir. Voilà, ça, c’est typiquement comment fonctionne l’esprit d’un addict. Parce que moi je revendique que je suis un addict puisque je suis en plein addiction à la nourriture. Donc je voulais reparler de ce constat terrible d’entendre des gens dire « Moi j’arrête quand je veux. »
Mais non ! Ça n’est pas vrai. Alors je vais vous faire une démonstration par l’absurde parce que je suis absurde. J’ai une vie absurde dans le domaine de l’addiction, c’est certain et dans beaucoup d’autres domaines aussi. Pendant 45 ans j’ai fumé. Dans une autre vidéo, j’expliquais que j’avais vu une pneumologue qui a compté avec moi. J’ai fumé 900 000 cigarettes.
Est-ce que vous croyez qu’à un moment pendant ces 45 ans et ces 900 000 cigarettes j’aurai pu m’arrêter quand je voulais ? Mais non, mais non, évidemment que non ! Pourquoi ?
Parce que pour arrêter de fumer il m’a fallu très longtemps. Mais pour arrêter de fumer, il faut que j’arrête de penser que je m'arrête quand je veux.
Puisque je ne peux pas m’arrêter sinon j’aurai arrêté, non ? C’est quand même débile de ne pas comprendre ça. Moi, c'est que j’ai mis 45 ans à comprendre que la cigarette pouvait me détruire surtout de la manière dont je la fumais. Je n'incrimine personne, les fabricants de cigarettes, tout ça, ce n’est pas mon débat. Moi, je partage mon expérience simplement. Alors quand on en vient à la drogue, c’est encore pire. Comment est-il possible de rester accro pendant trois ans ?
Et certains le restent malheureusement et j’ai une compassion sans borne pour ceux qui restent toute leur vie accro à des substances très dures. Mais voilà, comment est-ce que j’ai pu rester trois ans là-dedans ? Ben simplement parce que je trouvais que c’était récréatif et que j’aurai pu arrêter quand je voulais, voyons. Mais non ! Je ne peux pas arrêter sinon j’aurai arrêté.
Vous savez toutes les semaines quand je poste une nouvelle vidéo parfois j’ai des flashs dans l’esprit comme ça en me disant "Mais comment est-ce que j’ai pu être aussi con ou aussi peu clairvoyant?"
Et puis on en revient évidemment à l’alcool.
L’alcool c’est…Oui, mais moi, je ne suis pas alcoolique. Bon tu n’es pas alcoolo, tu n’es pas alcoolo, moi je veux bien hein. Mais c’est quoi un alcoolique ? Ben l’alcoolique c’est celui qui boit le matin.
Moi, je n’ai jamais bu le matin. Je ne buvais que le soir sauf dans les dernières semaines ou derniers mois où là je buvais 24 h sur 24.
Donc le cliché de “je m’arrête quand je veux, je ne suis pas alcoolique”, ben ça ne marche pas non plus hein. Parce que pendant 25 ans, moi j’ai bu de l’alcool tous les jours.
J'ai récemment rencontré une charmante jeune fille qui me dit : " Moi mon addiction, c'est le sucre" La réalité, c'est que je suis addict à tous. Je ne peux rien toucher. Mais ça veut pas dire que je ne peux plus manger, ça veut simplement dire que je voudrais profiter de ces vidéos pour vous expliquer à vous qui n'êtes pas en train de consommer de l'alcool, des drogues, des cigarettes, pour vous dire qu'il n'y a pas que ça.
Il y a aussi la bouffe. Alors ça peut être catastrophique. Moi j'en suis pas là parce que voilà, je connais, enfin tout le monde connaît quelqu'un qui connaît quelqu'un qui connaît quelqu’un qui mange et qui se fait vomir juste après et ainsi de suite.
Avant d'arrêter de boire, je voulais partir à l'étranger et je suis parti à l'étranger mais j'ai surtout perdu du poids, parce qu'à l'époque je pesais pas loin de 90 Kg et j'ai perdu 22 kg. Et puis j'ai encore perdu un petit peu de poids. Et je me suis retrouvé à un moment à peser 66 Kg et demi, OK. Et bien, figurez-vous que le poids maximum que j'ai atteint depuis que j'ai repris tout ce poids, c'est 106,1 KG. Donc ça fait un écart de 40 kg.
Comment est-ce qu'on arrive à ça ? Vous allez voir où je veux en venir, par un tempérament d'addict. C'est-à-dire qu'il y a eu le confinement. Alors déjà, ça a commencé un petit peu avant mais je me sentais pas bien, j'avais un peu le moral en berne et comme je peux pas boire parce que je m'interdis de boire sinon évidemment c'est la fin de ma vie. Moi je ne peux pas rechuter, c'est clair je ne peux pas prendre un verre. Je m'interdis de fumer parce que si je prends une cigarette bah je vais prendre la farde qui va avec. Je ne peux pas prendre de drogue parce que si j'achète un gramme de coke, je suis retombé dans la coke. Donc je bouffe. Et ça m'a pris il y a un peu plus d'un an et demi. Alors aujourd'hui je suis entre 106, 103 et puis je vous dis : " Waouh, j'ai perdu 3 kilos, je vais à la gym" Mais en fait le problème, c'est ni la gym ni la nourriture. Mon problème c'est l'addiction.
Je ne sais pas, je me mets vraiment à nu avec vous.
Au plus fort de cette addiction, la journée commençait par la pensée comme pour le verre d'alcool, comme pour la cigarette quand est-ce que je vais pouvoir aller acheter de quoi me défoncer avec de la nourriture ? Quand je dis la nourriture, moi, c'est que des grasses. Jamais je mange, je sais pas moi, des repas normaux, de la nourriture cuisinée, pas du tout du tout du tout du tout.
Je vais acheter un pot de glace américaine, les demi-litres, et puis je vais acheter avec ça, un sachet de je ne sais pas, 400 ou 500 g de noix. Si possible, bien grasses, bien salées. Je vais acheter avec ça un sachet, le format familial, de bonbons quand c'est pas la barquette en plastique là, vous voyez genre tupperware dans les grandes surfaces. Je vais acheter une boîte de biscuits.
Et puis je rentre à la maison et je me jette littéralement sur la glace. La glace je la mélange de temps en temps, je prends une poignée de cacahuètes voilà. Ce ne sont pas les cacahuètes, c'est plutôt les amendes. Et je me jette là-dessus et pendant que je fais ça, j'ai mal au ventre, je sais, ma tête sait qu'il y a un problème mais je lui dis je veux pas savoir et puis je continue comme ça jusqu'à ce qu'il y ait plus rien de ce que je viens d'acheter.
Donc tous les jours, c'est le même processus, c'est la même consommation et c'est une consommation qui est une consommation addict pas du tout une consommation normale, c'est je prends ces produits-là parce qu'ils me font du mal et parce que je ne vais pas bien et parce que je veux me détruire. ça c'est le subconscient, tout ça j'en suis conscient sinon je vous le dirai pas évidemment.
Récemment, j'ai pensé à ces deux lettres: " H S ". Alors, qu'est ce que ça peut vouloir dire ? Ça veut dire "Hors Service", on est bien d'accord. Hors service, pourquoi ? Parce que je suis défoncé, parce que je suis bourré. Donc, je suis hors service.
Mais ça veut aussi dire hors service parce que je ne rends service à personne. J'ai picolé pendant 25 ans et les 10 dernières années étaient particulièrement intéressantes. Je vais faire focus sur l'alcool aujourd'hui, Pourquoi ? Parce que c'est vraiment l'arrêt de l'alcool qui m'a appris ce que je vais vous expliquer aujourd'hui. Et encore une fois, je vous le répète, c'est mon expérience, c'est absolument pas des conseils, enfin si quelque part.
Si vous trouvez quelque chose qui vous intéresse, prenez-le. C'est gratuit !
J'étais très souvent hors service, parce que j'étais défoncé. Enfin pas défoncer avec des drogues, mais parce que j'étais bourré quoi. J'avais la gueule de bois tous les jours. C'était un enfer. Et, surtout, ce qui s'est passé dans les dernières dix années, c'est que j'étais centré sur moi, que sur moi.
Donc, j'étais entouré de gens. Je les appelle gens pour frapper l'imagination: ma famille, mes enfants, ma famille. J'étais entouré d'autres gens avec qui je travaillais, mais c'était des gens.
Quelle était la personne importante ? Moi, Stéphane. J'étais le centre de toutes mes pensées. Comment vais-je faire pour avoir ceci ? Comment vais-je faire pour obtenir de telle personne qu'elle me donne ceci ou qu'elle fasse ceci ? C'était Stéphane, Stéphane, Stéphane, le centre de mes pensées.
Et donc, je suis dans cet état-là et totalement incapable de rendre service à qui que ce soit, de penser à qui que ce soit, puisque je ne pense qu'à moi. Donc, on retient le concept: je suis au centre de mes pensées.
Et quand, je suis au centre de mes pensées, aujourd'hui encore, ce n'est pas parce que je suis abstinent, clean, etc. que ça a changé, si je suis au centre de mes pensées de manière égocentrique, égoïste, et bien, je pense qu'à moi. Et donc, je vais pas bien, pourquoi ? Parce que j'engendre la frustration, parce que j'engendre un mécontentement général.
En 2015, j'ai arrêté de boire. Et là, j'ai appris dans ce mouvement de rétablissement, qu' il y avait une possibilité de devenir spirituel, de penser que je ne suis pas le centre du monde, “que Dieu existe, mais que c'est pas moi”.
A partir de là, de plus en plus, j'ai cherché à rendre service. Alors, ça veut pas dire accoster les gens dans la rue en leur disant: « Qu'est-ce que je peux faire pour vous ? »
Qu'est-ce qui se passe dans mon cerveau de Stéphane égoïste quand je fais ça ? C'est très simple.
Les bouddhistes et la méditation, quelle que soit la forme de méditation d'ailleurs, nous apprennent une chose, c'est que quand je donne quelque chose à penser à mon esprit, il va penser à cette chose-là, et cette chose-là uniquement, et tout le reste, il va oublier.
Donc, si je pense à vous par exemple quand je fais mes vidéos, je vous l'aï déjà dit, mais c'est la vérité, je passe une dizaine de minutes au Nirvana quand je fais ces vidéos avec vous. Ça me fait énormément de bien, pourquoi ? Je ne pense pas à moi. Et du coup, je vais très très bien.
Quand je vais mal, c'est parce que je suis centré sur moi-même. Si je m'ouvre, vous vous souvenez de l'exemple, si vous avez vu cette vidéo où je disais: « Tiens, j'ai rencontré les voisins » Et voilà, ça m'a fait un boost. Si je ne pense pas à moi uniquement, eh bien, je ne souffre pas. Parce que pendant que je pense aux autres, comme je ne pense pas moi, du coup, je rends service Et le " H " de HS, il tombe.
Service, service, service, service, service. J'ai envie de vous conseiller de voir un film, il est exclusivement en anglais. J'ai jamais trouvé les sous-titres en français, c'est du docteur Wayne Dyer, et ça s'appelle le virage en français, le bouquin existe également. Mais
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Fumeur, buveur, accro, addict, dépendant. Je partage mon vécu et échange avec vous sur ces thèmes à travers 150 épisodes. Depuis juin 2024, je poste également des vidéos courtes sur les anecdotes…

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