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Or


Dans les Hautes Pyrénées, dans un petit village au bord de la rivière de la Neste sur la route des Baronnies, plusieurs personnes ont acheté via une SCIC (société coopérative d’intérêt collectif) en SAS (société par actions simplifiées) un terrain de 14000 mètres carrés, avec des bâtis existants à rénover — dont une ancienne maison de retraite. Très à l’écoute de ce que d’autres projets, en cours ou déjà aboutis, ont acquis comme expériences, Stéphane et Philippe nous racontent comment le groupe part dans le projet avec des principes très clairs, une philosophie déterminée sur les communs, une volonté de participer à la vie du village et des alentours, et également les étapes par lesquelles il est intéressant de passer pour faire aboutir le projet dans des conditions joyeuses.
Pourquoi le 23 ? parce que le 22 était pris ! Un café associatif existe depuis 24 ans dans le village, très ouvert, collégial, sans prix fixe ni caisse, sans salarié ni patron, sans porte … Des animations musicales ou théâtrales sont régulièrement proposées — les 22 de chaque mois avec un festival cinématographique (cinéma muet) très réputé maintenant.
L’occasion d’entendre et d’échanger avec Marc DILET est donnée ici par Fabiola BADOÏ : une rencontre sous le signe d’une exposition qui se tiendra à Paris tout début juin, de photographies et de dessins et maquettes : “Streetscapes, Vers l’incréé“.
Fabiola prend la main ici pour évoquer avec Marc DILET son travail, et comment il tâche de faire surgir un monde, des mondes (ou un “Tout monde” à la façon de Édouard Glissant) à partir des trouvailles dans les rues de la photographe Sandra BINION : un amas de tubes plastiques, des cordes enlacées, des filets déchirés, … objets abandonnés perdus oubliés à Kyoto, New Delhi, Paris ou ailleurs, là où ils ont chuté — ces déchets et leurs prolongations dans des formes imaginées, poussées, posées, dépliées, … parlent des formes des mondes que nous habitons.
Il est question aussi durant cette émission du langage, sur / de l’architecture, des cultures soutenant nos constructions, de la poésie des espaces, des volumes et des images — et aussi, bien entendu, là où passe, existe du politique ; citons l’exemple donné par Marc DILET de l’enfermement, l’encerclement — voire le siège — que constituent les centres commerciaux autour des villes , tels des remparts et limites à nos libertés, de circuler, de penser , de créer…
C’est à Montréal (Québec). Un grand espace, sur plusieurs niveaux, est habité depuis plusieurs années par un collectif, un groupe de la communauté queer. Rue Parthenais, dans Hochelaga. Et puis le propriétaire vend à des gens qui décident d’habiter l’appartement et elleux doivent partir. C’est ce que mathilde capone a décidé de documenter : cette éviction, dans le contexte de crise du logement dont Marine Gourit-Armengaud nous a parlé dans une émission précédente, qui est aussi voire surtout, selon iel, la perte d’un lieu, d’un espace queer dont il est dit que la renommée et la présence étaient diffuses bien au-delà de ses habitant.e.x.s, et qu’il “permettait une transmission intergénérationnelle et l’expression d’une sous-culture“.
Ce film, Éviction, sera sûrement distribué et visible en France prochainement, mais d’ores et déjà ici on peut partager les problématiques qu’il pose et que mathilde explique d’une part à travers ses réponses à une entrevue avec un.e journaliste québécois.e et celles qu’iel apporte aux spectateurices après la première projection. Il s’agit ici d’éclairer singulièrement les questions qui sont souvent abordées dans Un coin quelque part : sur les habitats alternatifs qui ont du mal à exister sur la durée notamment en mode urbain, sur les groupes affinitaires qui cherchent des lieux — au-delà des sites commerciaux ou associatifs et en viennent à squatter par manque d’espaces laissés possibles, … etc
Les associations faisant partie du collectif « le revers de la médaille » dont on a transmis ici le rapport concernant le grand nettoyage social qui a fait de nombreuses victimes, expulsées, empêchées de travailler, délogées, enfermées, déplacées … ont appelé à un rassemblement Place de la République à Paris — la veille de la cérémonie d'ouverture des JOP 2024.
On y est allé et voici les paroles militantes et engagées des personnes présentes :
On y rencontre aussi d'autres personnes, qui ne sont pas monté sur la tribune mais ont parlé et décrit des situations très concrètes.
Toutes contre les organisations des jeux olympiques, avec détermination engagées pour soutenir les personnes qui ont été maltraitées durant toute la préparation de ces évènements ET pour lutter contre tout ce qui a été mis en place à cette occasion : surveillance accrue avec des moyens toujours plus contraignants et liberticides, expulsions sans relogement en dépit des règlementations et lois existantes, bétonisation toujours plus grande des territoires qui saccagent les jardins et les espaces publics, etc.
Toutes prêtes à se battre contre les futurs jeux prévus en Italie (2026), aux États-Unis (2028) puis à nouveau en France en 2030. Car les impacts sociaux et environnementaux des jeux sont grands et complexes ; transformant violemment des quartiers entiers, sans aucune recherche de discussions avec leurs habitants et habitantes ; nourrissant d'autres chantiers plus masqués telles les volontés de gentrification et d'urbanisation toujours plus forte, de rejet des plus pauvres encore plus loin, de cadeaux faits à certains (à certaines entreprises aussi) quand d'autres sont forcés de travailler dans des conditions déplorables et précaires, etc.
À L'OREILLEUn collectif de plus de 80 collectifs et associations : le revers de la médaille, est né il y a quelques mois déjà et après une lettre ouverte en octobre 2023, qui interpelle Comité d’Organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques, élu.e.s et pouvoirs publics, sponsors et autres partenaires des Jeux sur « les risques qui pèsent sur les populations en situation d’exclusion et de précarité en raison des bouleversements prévus à Paris et en Ile-de-France »
C'est peu de le dire et l'on peut constater ici ou là les effets délétères de l'organisation de ces jeux qui n'amusent pas tout le monde, surtout celles et ceux qui n'avaient pas besoin de cela pour être déjà mal en point, exclu.e.s, délaissé.e.s dans des lieux de vie difficile, des situations de logement d'hébergement ou de « mise à l'abri » qu'on a décrit dans plusieurs des émissions d'Un coin quelque part.
Faisant fi des différends qui pourraient sinon empêcher les luttes communes, et mettant en avant ce qui les rassemblent ici, ces acteurices ont écrit un rapport contenant des faits, simples, brutaux comme ils le sont, des chiffres, et dénoncent le véritable nettoyage social qui est en cours, dans les quartiers décidés comme étant ceux des JOP 2024 : expulsions, arrêtés préfectoraux iniques, surveillances accrues dans les espaces publics dont les bois, violences manifestes, destructions des tentes sur les quais, tri des personnes selon des statuts au mépris du droit, renvois dans des contrées lointaines de personnes de leur lieux de vie existants depuis des années, invisibilisation des personnes 'indésirables' dans une belle ville, etc.
Il s'agit dans ce numéro Hors Série de l'enregistrement de la session ayant eu lieu jeudi 6 juin 2024, à la Cité Fertile, à Pantin (93) rassemblant plusieurs membres du collectif qui exposent les éléments du rapport mais aussi les problématiques concrètes rencontrées au quotidien par les associations.
Et l'on sait désormais, comme le fait remarquer une personne dans le public lors du débat, que ces surveillances, violences et rejets des espaces publics non commerciaux, sont et seront de plus en plus le lot de nous toustes, une fois passés ces jeux, car les caméras ne seront pas débranchées, les sites ne seront pas accessibles simplement, et l'on voudrait bien que l'on prenne des habitudes dociles, doucement, tranquillement, sous couvert de plus de sécurité …
Pour aller plus loinMerci à toutes les personnes ayant permis cet enregistrement !
Dans la Revue Française des Affaires Sociales (RFAS), Mauricio ARANDA, Julien LÉVY et Gwen LE GOFF ont coordonné un ouvrage constitué de textes et réflexions — majoritairement sociologiques — à propos de la notion de sans-abrisme, pour faire comme un état des recherches à date, dans des optiques de partage d'expériences situées décrites par des personnes concernées, soit dans le cadre associatif, soit dans des travaux de terrains lors de recherches universitaires, etc. Plus d'une vingtaine d'écrits (8 articles, 4 entretiens, des notes de lectures, …), dans le cadre de l'appel à contributions, sont abordés ici par Mauricio Aranda et Julien Lévy, présents à cette émission — tous deux politistes et chercheurs ayant travaillé leur thèses respectivement en 2019 et 2021.
Où il sera question des catégorisations des personnes, des normes induites par les notions décrites, des politiques publiques et des choix qu'elles supposent, du rôle des chercheurs et chercheuses dans l'évolution des dispositifs et statistiques en sciences sociales, de la future Enquête 2025 (la précédente avait eu lieu en 2012), …
Où l'on débattra des concepts : « sans abri » vs « sans domicile » vs « sans logement » vs « mal logé.e », mais aussi de l’accommodement des personnes aux injonctions de stabilité ou de trajectoires, … , des situations subies versus choisies, et de comment la précarisation entraine de facto des impossibilités d'habiter plus et mieux.
À L'OREILLE EN PAUSE MUSICALEDans la Revue Française des Affaires Sociales (RFAS), Mauricio ARANDA, Julien LÉVY et Gwen LE GOFF ont coordonné un ouvrage constitué de textes et réflexions — majoritairement sociologiques — à propos de la notion de sans-abrisme, pour faire comme un état des recherches à date, dans des optiques de partage d’expériences situées décrites par des personnes concernées, soit dans le cadre associatif, soit dans des travaux de terrains lors de recherches universitaires, etc. Plus d’une vingtaine d’écrits (8 articles, 4 entretiens, des notes de lectures, …), dans le cadre de l’appel à contributions, sont abordés ici par Mauricio Aranda et Julien Lévy, présents à cette émission — tous deux politistes et chercheurs ayant travaillé leur thèses respectivement en 2019 et 2021.
Où il sera question des catégorisations des personnes, des normes induites par les notions décrites, des politiques publiques et des choix qu’elles supposent, du rôle des chercheurs et chercheuses dans l’évolution des dispositifs et statistiques en sciences sociales, de la future Enquête 2025 (la précédente avait eu lieu en 2012), …
Où l’on débattra des concepts : “sans abri” vs “sans domicile” vs “sans logement” vs “mal logé.e”, mais aussi de l’accommodement des personnes aux injonctions de stabilité ou de trajectoires, … , des situations subies versus choisies, et de comment la précarisation entraine de facto des impossibilités d’habiter plus et mieux.
Une promenade parmi 23 sites un peu partout sur les sols en France où des gens se sont engagé.e.s dans des habitats autonomes : voilà ce que Clara Breteau nous propose dans son livre et dont elle parle ici. Autonomie mais interdépendances avec les autres vivants, animaux et arbres, tout autant que les pierres et les vents. Autonomie à la fois dans les modes de vie et dans la conception / construction même des maisons — lesquelles peuvent réutiliser par recyclage une grande part de leurs émissions — les auditeurices de « un coin quelque part » ont déjà entendu d'autres personnes parler de cela, des habitats légers, des choix d'alléger les frontières entre intérieur et extérieur, … (cf. une sélection ci-dessous) et de combien il est question de ce qu'on habite et ce qui nous habite.
Mais ici l'angle d'approche est la poésie qui 'ressort' de ces imaginaires, de ces modes d'habitat : sortie de la seule littérature, la dimension poétique est abondante, et portée par les habitants et habitantes, tout comme les oiseaux dès qu'ils « font » quelque chose ! Et Clara nous rappelle l'histoire des Demoiselles, ces personnes qui ont mené une révolte paysanne en 1829 dans les Pyrénées en se déguisant, en suspendant des chemises blanches aux branches, en dispersant des messages dans les buissons, etc. : cette lutte reflète-t-elle d'autres luttes contemporaines contre les politiques d'aménagement du territoire ou contre le système techno-économique des propriétés foncières ? et/ou juste des combats de vie parfois en catimini, dans des espaces où abris et poésie font bonne entente, où le sol bien-traité accueille et pourvoit en retour ? ou bien revisites des recherches menées en 1968 et suivantes qui étaient, elles aussi, sensibles, artistiques et sensuelles ?
À l'oreille, en pauses musicales :
Pour aller plus loin :
Une promenade parmi 23 sites un peu partout sur les sols en France où des gens se sont engagé.e.s dans des habitats autonomes : voilà ce que Clara Breteau nous propose dans son livre et dont elle parle ici. Autonomie mais interdépendances avec les autres vivants, animaux et arbres, tout autant que les pierres et les vents. Autonomie à la fois dans les modes de vie et dans la conception / construction même des maisons — lesquelles peuvent réutiliser par recyclage une grande part de leurs émissions — les auditeurices de “un coin quelque part” ont déjà entendu d’autres personnes parler de cela, des habitats légers, des choix d’alléger les frontières entre intérieur et extérieur, … (cf. une sélection ci-dessous) et de combien il est question de ce qu’on habite et ce qui nous habite.
Mais ici l’angle d’approche est la poésie qui ‘ressort’ de ces imaginaires, de ces modes d’habitat : sortie de la seule littérature, la dimension poétique est abondante, et portée par les habitants et habitantes, tout comme les oiseaux dès qu’ils “font” quelque chose ! Et Clara nous rappelle l’histoire des Demoiselles, ces personnes qui ont mené une révolte paysanne en 1829 dans les Pyrénées en se déguisant, en suspendant des chemises blanches aux branches, en dispersant des messages dans les buissons, etc. : cette lutte reflète-t-elle d’autres luttes contemporaines contre les politiques d’aménagement du territoire ou contre le système techno-économique des propriétés foncières ? et/ou juste des combats de vie parfois en catimini, dans des espaces où abris et poésie font bonne entente, où le sol bien-traité accueille et pourvoit en retour ? ou bien revisites des recherches menées en 1968 et suivantes qui étaient, elles aussi, sensibles, artistiques et sensuelles ?
À l’oreille, en pauses musicales :
Pour aller plus loin :
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La maison. Objet mythique, matériel et mental, un espace en frontière avec l’extérieur : l’intérieur du ‘chez soi’. Mais de quelles maisons pouvons-nous parler maintenant…