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Réponse: Le jour du Seigneur se prépare intérieurement et extérieurement afin que nous puissions librement prendre plaisir en Dieu par le culte et l’observance d’un saint repos en communion avec l’Église. ~ Ésaïe 58.13
Il est vrai que tous les jours appartiennent au Seigneur, mais le jour qui porte son nom doit lui être consacré d’une manière particulière, car il n’est pas un jour comme les autres. Ce jour est un moyen de grâce pour rafraîchir notre âme dans la communion avec Dieu et avec son peuple et pour porter notre esprit vers les choses célestes en nous gardant dans l’attente et l’espérance du repos éternel (Es 58.13-14 ; Hé 4.9-10). Le dernier paragraphe dédié à l’adoration aborde quatre questions reliées à la consécration du jour du Seigneur : (1) la préparation nécessaire (2) l’observance du repos (3) les cultes publics et privés et (4) les œuvres de nécessité et de miséricorde.
(Par. 8) Le sabbat est consacré au Seigneur lorsque des hommes, ayant auparavant préparé leur cœur et mis en ordre leurs affaires ordinaires, non seulement observent tout le jour un saint repos de leurs propres œuvres, paroles et pensées en rapport à leurs travaux et récréations profanes, mais occupent également tout leur temps aux exercices publics et privés du culte et à des devoirs d’obligation et de miséricorde.
La consécration du sabbat commence avant le jour du sabbat puisque celui-ci nécessite une préparation adéquate. Pendant la période au désert, Israël devait ramasser une double portion de manne le sixième jour afin de pouvoir consacrer proprement le sabbat à l’Éternel (Ex 16.29). Ainsi, le jour précédant le sabbat était généralement vu comme un jour de préparation (Mc 15.42 ; Lc 23.54 ; Jn 19.31). La confession met de l’avant une double préparation : celle du cœur (préparation interne) et la mise en ordre des affaires ordinaires (préparation externe).
Le cœur se prépare avec la prière et la méditation de la Parole. Cette préparation intérieure permet de mieux bénéficier du culte dominical en vue de l’édification. La mise en ordre des affaires ordinaires consiste à faire toutes nos tâches à l’avance afin de ne pas être accaparé par celles-ci pendant le sabbat. Il s’agit également de préparer à l’avance les éléments nécessaires à notre repos dominical : la propreté de notre demeure, la nourriture à partager, les vêtements à porter, etc. L’objectif est de pouvoir se consacrer librement de corps et d’esprit au Seigneur en ce jour qui est le sien et d’en faire un délice pour notre âme et un rafraîchissement pour notre corps.
Pour consacrer le jour du Seigneur, il est nécessaire d’observer un saint repos. Le mot sabbat signifie cessation. Il ne s’agit pas cependant d’être oisif une journée par semaine, mais de cesser nos propres activités afin de nous consacrer à celles qui appartiennent au Seigneur. Il faut donc mettre de côté à la fois nos travaux et nos récréations profanes, c’est-à-dire tout ce qui a rapport à la vie ordinaire dans le monde. Nous devons nous efforcer non seulement de ne pas nous adonner à ces activités, mais de ne pas y penser ni d’en parler (Es 58.13). L’idée n’est pas qu’on ne puisse mentionner le travail ou les loisirs le dimanche, mais que ces intérêts ne doivent pas constituer le centre de cette journée. Nous ne devons pas profiter du dimanche pour avancer nos tâches domestiques, gagner plus d’argent, faire les courses ou étudier. Pour cela il est nécessaire de faire confiance à Dieu, sachant qu’en lui sacrifiant ce jour nous ne manquerons de rien, car il pourvoira parfaitement à tous nos besoins (Ex 16.5,22 ; Ph 4.19).
L’activité principale lors du jour du Seigneur est le culte du Seigneur. Le sabbat est accompagné d’une sainte convocation du peuple de Dieu en vue de l’adoration (Lv 23.3 ; 1 Co 16.1-2). Historiquement, les Églises chrétiennes se réunissaient au moins deux fois le dimanche pour rendre un culte à Dieu. Cependant les assemblées publiques ne sont pas le seul lieu pour offrir le culte légitime qui peut aussi être offert en privé, seul, en famille, ou avec d’autres croyants. Les repas fraternels du dimanche devraient aussi être accompagnés de chants et de partages autour de la Parole. Nous devrions voir le premier jour de la semaine comme étant le temps par excellence pour rencontrer le Seigneur ressuscité (Jn 20.26).
Finalement, la confession aborde la question des œuvres légitimes le jour du sabbat. Il existe deux sortes d’œuvres qui peuvent être légitimement exécutées le dimanche : les devoirs d’obligation et les œuvres de miséricorde. La compatibilité de ces deux types d’œuvres avec la nature du sabbat fut souvent enseignée par Christ en corrigeant la mauvaise compréhension des juifs. L’épisode de l’homme à la main sèche le démontre tout particulièrement :
Et voici, il s’y trouvait un homme qui avait la main sèche. Ils demandèrent à Jésus : Est-il permis de faire une guérison les jours de sabbat? C’était afin de pouvoir l’accuser. Il leur répondit : Lequel d’entre vous, s’il n’a qu’une brebis et qu’elle tombe dans une fosse le jour du sabbat, ne la saisira pour l’en retirer? Combien un homme ne vaut-il pas plus qu’une brebis! Il est donc permis de faire du bien les jours de sabbat. Alors il dit à l’homme : Étends ta main. Il l’étendit, et elle devint saine comme l’autre. (Matthieu 12.10-13)
Retirer une brebis d’une fosse est une œuvre de nécessité qui doit être exécutée même le jour du sabbat. De même, se préparer à manger est une nécessité qui exige un travail qui ne peut pas être entièrement exécuté avant le sabbat (Mt 12.1). Avant d’exécuter une tâche pendant le sabbat, il faut conclure qu’il y a une nécessité de le faire. Nous pouvons étendre ce principe au fait que certains chrétiens doivent travailler le dimanche, car leur profession ou leur employeur l’exigent. Ces chrétiens devraient néanmoins aspirer à obtenir congé les dimanches ou certains dimanches et néanmoins mettre à part le reste de ce jour pour le Seigneur.
Ce que Christ a cependant montré par-dessus tout c’est que le devoir de miséricorde est une œuvre nécessaire à exercer le jour du sabbat. Aux yeux de Jésus, il s’agissait du jour par excellence pour faire le bien. L’entraide, les visites aux malades et aux personnes âgées et la bienfaisance de toute sorte sont des œuvres par excellence pour consacrer le sabbat au Seigneur. Ce devoir de miséricorde inclut l’importance de l’hospitalité parmi les chrétiens. Celle-ci doit être exercée envers les visiteurs et les gens dans le besoin (Rm 12.13 ; Hé 13.2), mais également les uns envers les autres dans une même congrégation (1 P 4.9). La communion fraternelle qui découle de l’hospitalité est certainement l’une des meilleures façons de consacrer le reste du jour dominical après le culte en assemblée.
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Réponse : Dieu a révélé qu’un jour sur sept doit lui être consacré. Sous l’ancienne alliance il s’agissait du sabbat du septième jour. Sous la nouvelle alliance il s’agit du premier jour de la semaine qui correspond à la résurrection de Christ et qui est appelé Jour du Seigneur. ~ Actes 20.7 ; 1 Corinthiens 16.1-2
Parmi les éléments de l’adoration qui sont régulés par la Parole de Dieu, le temps qui doit lui être dédié occupe une place importante à la fois dans l’Ancien et le Nouveau Testament. Nous verrons que si les deux alliances ont un jour distinct qui doit être consacré au Seigneur, elles ont en commun le principe du sabbat qui doit être maintenu. Voici comment le paragraphe 7 présente le jour du sabbat :
(Par. 7) La loi de la nature, selon l’ordonnance divine, nous enseigne à réserver une certaine part de notre temps pour rendre un culte à Dieu. Ainsi, Dieu a spécialement désigné, par un commandement positif, moral et perpétuel de sa Parole liant tous les hommes de tous les temps, un jour sur sept comme sabbat qui doit lui être consacré. Ce fut le dernier jour de la semaine depuis le commencement du monde jusqu’à la résurrection de Christ ; à partir de ce moment-là, c’est devenu le premier jour de la semaine, appelé jour du Seigneur, qui demeurera jusqu’à la fin du monde comme sabbat chrétien puisque l’observance du dernier jour de la semaine a été abolie.
Avant de parler du changement de jour et d’expliquer le fondement scripturaire de ce changement, la confession établit le sabbat comme un principe moral et universel. La logique qui sous-tend cette doctrine est la suivante : puisque « la loi de la nature » manifeste qu’un Créateur digne de louanges et d’adoration existe (Rm 1.19-21), il est nécessaire qu’une portion de temps lui soit réservée pour lui rendre un culte. La lumière de la nature n’en révélera pas davantage cependant, car elle ne peut indiquer quelle portion de notre temps doit lui être consacrée dans l’adoration. Ajoutons que la loi de la nature révèle également la nécessité d’un jour de repos pour l’homme, bien que seule la révélation spéciale puisse indiquer la correspondance entre ce besoin de repos et le temps consacré à l’adoration du Créateur comme étant un même jour de sabbat pour la gloire de Dieu et le bien de l’homme (Lv 26.2 ; Mc 2.27).
Trois raisons bibliques soutiennent le fait que le sabbat appartient non pas aux lois cérémonielles qui ont été abrogées (Ep 2.15 ; Hé 9.10), mais à la loi morale qui est perpétuelle (Mt 5.18 ; 1 Co 7.19). La première est que le sabbat ne remonte pas à l’époque où Israël fut constitué comme peuple d’alliance au Sinaï, mais à la création où il fut institué comme ordonnance créationnelle pour tous les hommes (Gn 2.2-3). La deuxième raison qui indique le caractère moral et universel du sabbat est le fait qu’il fasse partie des Dix commandements (Ex 20.8). Ceux-ci sont un résumé de la loi morale qui est indépassable et indissoluble (Rm 13.8-10). La troisième raison est que, si le Nouveau Testament abolit bel et bien les différents sabbats en vigueur sous l’ancienne alliance (Col 2.16-17), il maintient le principe du sabbat au sein des institutions de la nouvelle alliance en le promulguant comme une ordonnance renouvelée en la personne et l’œuvre de Jésus-Christ, le Seigneur du sabbat (Mt 12.8). Cette ordonnance doit dorénavant être observée à la lumière de ce que le Seigneur du sabbat a accompli afin de nous faire entrer dans le repos de Dieu (Hé 4).
Si le sabbat est une ordonnance créationnelle qui fait partie de la loi morale de Dieu, comment peut-il changer de jour? La loi morale n’est-elle pas fixe et inchangeable? L’explication donnée par la confession affirme que le sabbat est à la fois « un commandement positif » et un commandement « moral et perpétuel ». Un commandement positif est un commandement que Dieu ajoute à sa loi morale afin d’appliquer celle-ci dans un contexte particulier. Le commandement positif peut changer tandis que la loi morale ne peut pas changer. Par exemple, l’interdiction d’avoir un autre dieu que le seul vrai Dieu est un commandement moral qui lie tous les hommes pour toutes les générations et qui ne peut changer. Sous l’ancienne alliance, l’appartenance au vrai Dieu s’exprimait par la circoncision. Celle-ci était un commandement positif ; une observance temporairement obligatoire qui a cessé, car elle n’était pas proprement morale (1 Co 7.19). Sous la nouvelle alliance, l’appartenance à Dieu s’exprime par le baptême (Mt 28.19). Celui-ci est aussi un commandement positif qui manifeste actuellement ceux qui appartiennent au vrai Dieu. Le même commandement moral (n’appartenir qu’au seul vrai Dieu) s’exprime sous deux alliances distinctes par deux signes qui sont des commandements positifs distincts.
Appliquons ces données au sabbat. Celui-ci est un commandement moral : Dieu commande à tous les hommes de l’adorer et de lui réserver une portion de temps pour ce faire. Depuis la création et sous l’ancienne alliance, le commandement du sabbat était accompagné d’un commandement positif qui stipulait que le jour consacré à Dieu était le septième. Le jour particulier n’était pas proprement une loi morale et pouvait donc changer. Dieu désigna le septième jour pour refléter le modèle de la création et de l’alliance des œuvres où l’entrée dans le repos devait en quelque sorte être méritée par l’homme après son labeur (Ex 31.15-17). Lorsque le Christ vint tout accomplir à la place des pécheurs et mériter pour lui-même et pour eux l’entrée dans le repos de Dieu, le jour du sabbat changea sur la base d’une nouvelle ordonnance positive en Christ. Pour qu’une ordonnance créationnelle puisse être modifiée, il était nécessaire qu’une nouvelle création soit inaugurée. Telle est exactement la rédemption accomplie par Jésus-Christ : une nouvelle création (1 Co 15.20 ; 2 Co 5.17 ; Ga 6.14-15).
Ce fut donc sur la base du jour de la résurrection de Christ, le premier jour de la semaine (Mt 28.1), que l’Église apostolique commença à mettre à part ce jour pour rendre un culte à Dieu fondé sur les ordonnances de la nouvelle alliance (Ac 20.7), jour spécial pour rencontrer le Sauveur ressuscité (Jn 20.26). Les apôtres commandèrent aux chrétiens d’observer ce jour comme sabbat de la nouvelle création (Hé 4.9-10 ; 1 Co 16.2) et nommèrent ce jour dominical « jour du Seigneur » (Ap 1.10). Ce nouveau jour de sabbat subsistera jusqu’à la fin du monde puisqu’il s’agit de la forme finale et achevée du sabbat. Revenir à l’observance de l’ancien sabbat est en quelque sorte un déni de son accomplissement en Christ (Col 2.16-19).
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Réponse: Dieu dans sa providence établit tout gouvernement et exige de lui l’exécution de la justice. ~ Romains 13.1-4
Dans les États modernes où nous vivons, l’appareil gouvernemental agit dans pratiquement toutes les sphères de la société : santé, éducation, économie, transport, culture, etc. Cependant, lorsque nous pensons au gouvernement, généralement nous n’avons pas tellement à l’esprit la fonction publique avec sa pléthore d’employés, mais nous pensons davantage à une assemblée législative qui dirige le gouvernement. Nous pensons également aux partis politiques qui représentent différentes idéologies qui rivalisent les unes avec les autres. Essayons maintenant de faire abstraction de ces notions afin de revenir aux notions plus fondamentales que la confession de foi nous présente.
(Par. 1) Dieu, le suprême Seigneur et Roi de tout le monde, a établi sous son autorité des magistrats gouvernant les citoyens, pour sa propre gloire et pour le bien public. À cet effet, il leur a donné le pouvoir du glaive, pour la protection et l’encouragement des gens de bien et pour le châtiment des malfaiteurs.
La confession ne débute pas avec le gouvernement, proprement, mais avec la source du gouvernement. La source de toute autorité, et ainsi de légitimité du pouvoir, c’est Dieu lui-même. Ce n’est donc pas le consentement des gouvernés qui est la source ultime de l’autorité légitime comme le veulent les théories du contrat social des Lumières. Selon ces théories, une société humaine, gouvernée par des humains, doit nécessairement avoir l’homme comme source originelle d’autorité. D’après cette conception, l’homme est le critère ultime et la mesure finale de ce que la société doit être.
Tel n’est pas le point de départ ni le point d’arrivée de l’Écriture à propos du gouvernement. Une société humaine est bien gouvernée par des hommes et a en vue le bien de l’homme, mais l’homme n’est pas la source de cette autorité ni la mesure du bien commun.
Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures ; car il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu, et les autorités qui existent ont été instituées de Dieu. C’est pourquoi celui qui s’oppose à l’autorité résiste à l’ordre que Dieu a établi, et ceux qui résistent attireront une condamnation sur eux-mêmes. (Romains 13.1-2)
Toute société qui ne reconnaît pas la suprématie de Dieu érigera tôt ou tard l’effigie de l’homme comme autorité suprême. Cela étant dit, même les gouvernements les plus idolâtres et rebelles à Dieu, comme l’était Rome du temps de Paul, sont établis par Dieu et tirent de lui leur légitimité, même s’ils agissent mal à bien des égards. Lorsque la confession déclare que Dieu « a établi sous son autorité des magistrats gouvernant les citoyens », elle ne prétend pas que Dieu a institué une forme particulière de gouvernement, mais que Dieu établit providentiellement des autorités pour gouverner les sociétés humaines, par providence et non en vertu d’une institution spécifique.
Dieu a établi un seul gouvernement spécifique en vertu d’une alliance qui codifiait le gouvernement d’Israël, qui a depuis lors expiré. Tous les autres gouvernements sont pourtant légitimes, car sans avoir été établis directement à partir d’une alliance, ils existent par la volonté de Dieu et sont à son service dans son dessein providentiel. Ainsi, Dieu règne sur le règne des païens comme des chrétiens (Gn 45.9 ; Ps 103.19 ; 1 Ch 29.11). Il a établi Israël parmi tous les peuples (1 R 8.53), mais cela ne l’empêcha pas d’appeler l’Assyrien pour châtier son peuple, puis l’Assyrie de la même manière (Es 10.5-6). Il établit le roi de Babylone comme son serviteur et lui donna le pouvoir sur tous les peuples et sur son propre peuple (Jr 25.9, 27.6). Mais ce roi confessera plus tard que tout pouvoir parmi les hommes vient de la providence divine et de rien d’autre (Dn 4.34-37).
Reconnaître l’origine providentielle de tout gouvernement est utile pour établir la légitimité de l’autorité, mais cela ne définit pas précisément le rôle du gouvernement. La confession de foi met de l’avant le double but d’un gouvernement dans le plan divin : (1) la gloire de Dieu (2) le bien public. Bien sûr, le magistrat glorifie Dieu non en administrant les ordonnances sacrées et le culte qui ont été confiés à l’Église. Mais c’est en veillant sur le bien public qu’un gouvernement agit pour la gloire de Dieu (1 Tm 2.1-4). Le bien public, pour être bien, ne doit pas être défini selon les standards subjectifs de la société elle-même, mais selon le standard objectif de la Parole de Dieu. Cependant, la confession de foi a en vue un bien public précis : l’exécution de la justice.
La justice est un aspect de la vie en société qui ne peut pas être abandonné à la sphère privée, car par sa nature elle relève nécessairement de l’intérêt public et est directement associée au mandat divin des magistrats. Le gouvernement, en appliquant la justice de manière rétributive (Gn 9.6 ; Rm 13.3-4) restreint le mal et diminue le crime. Lorsque le crime n’est pas puni et que l’immoralité est rampante, l’injustice prolifère et la violence augmente (Gn 6.13 ; Lv 19.29 ; Jg 21.25 ; Ps 58.2-3, 106.34-38 ; Pr 17.23, 29.4,16 ; Ez 45.9). Tout gouvernement humain aura un certain degré de corruption puisqu’il est composé de pécheurs. Mais il arrive qu’un gouvernement soit si corrompu que non seulement il néglige la justice, mais perpètre lui-même une injustice telle qu’aucune réforme n’est envisageable (Pr 21.7). Un tel gouvernement devient une absurdité et une insulte à Dieu en étant l’opposé de ce pourquoi il est appelé « serviteur » (diakonos) et « ministre » (leitourgos) de Dieu (Rm 13.4,6).
Ainsi, les chrétiens préconisent généralement un gouvernement qui limite volontairement son pouvoir et se concentre sur la justice. Bien sûr, il n’existe aucun gouvernement parfait depuis la chute et nous attendons notre patrie céleste et le règne de Christ (Hé 13.14). En revanche, tout comme les israélites en exil à Babylone (Jr 29.7), les chrétiens en pèlerinage dans ce monde cherchent également le bien de la cité où ils habitent présentement (1 Tm 2.1-4).
En ce qui a trait à la politique, les chrétiens devraient éviter deux écueils : un piétisme qui tend à considérer qu’un chrétien ne devrait s’intéresser ni de près ni de loin à la politique et qui oublie la suprématie de Dieu sur les autorités humaines (Dn 4.34-37). L’autre erreur prend la posture inverse et tend à faire passer la croissance du royaume de Dieu par les institutions politiques en oubliant que le royaume de Jésus n’est pas de ce monde (Jn 18.36).
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Réponse: Tout vœu qui est en harmonie avec la Parole de Dieu et qui cherche la gloire du Seigneur est légitime, mais les vœux contraires à la volonté de Dieu ne doivent pas être gardés. ~ Psaumes 76.12
Puisqu’un vœu fait à Dieu est indissoluble, il est impératif de déterminer la sphère légitime des engagements qui nous lient devant lui et de bien réfléchir avant de prononcer un engagement sacré (Pr 20.25). Voici comment la confession délimite la sphère des vœux légitimes au paragraphe 5 :
(Par. 5) Un vœu, que l’on ne doit adresser à aucune créature mais à Dieu seul, doit être fait et observé avec un grand sérieux religieux et une fidélité stricte. Les vœux monastiques papistes de célibat perpétuel, de pauvreté déclarée et d’obéissance à une règle sont si éloignés des plus hauts degrés de perfection qu’ils s’apparentent davantage à des pièges superstitieux et coupables auxquels nul chrétien ne doit se laisser prendre.
La confession de foi n’est pas très spécifique concernant le genre de vœux que l’on peut prononcer envers Dieu. L’Écriture elle-même nous encourage à faire des vœux à l’Éternel, mais ne nous décrit pas toujours la nature de ces vœux. Par exemple, Asaph déclare dans le Psaume 76 verset 12 : « Faites des vœux à l’Éternel, votre Dieu, et accomplissez-les! » Ces vœux en question ne nous sont pas décrits. De même, en Nombres 30 nous retrouvons un chapitre entier de la Loi de Moïse concernant les vœux envers l’Éternel, mais aucun exemple spécifique du contenu de ces vœux ne nous est donné. Il est seulement dit que (Nb 30.3) : « Lorsqu’un homme fera un vœu à l’Éternel, ou un serment pour se lier par un engagement, il ne violera point sa parole, il agira selon tout ce qui est sorti de sa bouche. »
Du côté du Nouveau Testament, nous voyons Paul se faire « raser la tête à Cenchrées, car il avait fait un vœu » (Ac 18.18). Mais l’Écriture ne nous révèle ni pourquoi Paul fit ce vœu ni ce qu’il promit à Dieu. Si l’Écriture n’est pas plus spécifique sur la question des vœux que l’on peut légitimement faire à Dieu, c’est parce qu’il s’agit d’une chose personnelle qui n’est déterminée qu’entre Dieu et soi-même dans le respect de sa Parole. Un vœu particulier peut convenir à une personne et pas à une autre, il serait donc malavisé de dresser la liste des sujets légitimes sur lesquels on peut s’engager par un vœu.
Ceci étant dit, la confession de foi est plus précise quant aux vœux illégitimes en évoquant les vœux papistes qui étaient fort répandus à une autre époque. Le problème des vœux monastiques et ecclésiastiques est qu’ils sont généralement imposés comme une règle à suivre par tous, alors que bibliquement un vœu est une démarche individuelle et personnelle qui ne convient pas toujours pour un autre croyant (1 Co 7.7, 24). De plus, ces vœux religieux sont souvent mal informés puisqu’ils reposent sur des conceptions superstitieuses et erronées qui en font des vœux illégitimes (Col 2.20-23).
Notons que la confession ne condamne pas unilatéralement des vœux qui peuvent s’apparenter à une forme de naziréat pour la consécration envers Dieu pendant une période donnée (Nb 6). De tels vœux peuvent inclure différentes sortes d’abstinences (Jr 35.8-10 ; 1 Co 7.37 ; 1 Tm 5.11-12). Cependant, l’imposition d’un vœu contraire à l’ordre naturel créé par Dieu (1 Co 7.2-5, 1 Tm 4.3) ou encore qui incite à la désobéissance aux commandements de Dieu (Ep 4.28 ; 2 Th 3.10-12) ne peut faire l’objet d’un vœu légitime. Ainsi, un vœu illégitime ne doit pas être gardé. S’il est péché de faire un tel vœu, il est doublement péché de le garder. L’Écriture nous rapporte plusieurs exemples de vœux contraires à la volonté de Dieu : le vœu de Jephté qui résulta dans le sacrifice de sa fille (Jg 11.29-40), le serment d’Hérode qui causa la mort de Jean-Baptiste (Mc 6.26-27), le complot des juifs pour faire périr Paul (Ac 23.12-14). David nous montre, par son exemple, qu’il faut se repentir de tels serments plutôt que de les accomplir (1 S 25.31-34).
Puisque l’Écriture nous commande de faire des vœux à l’Éternel et de les accomplir (Ps 76.12), apprenons à nous engager envers lui en commençant par de petites choses en augmentant progressivement. Les vœux à Dieu sont un moyen efficace pour stimuler notre obéissance et l’offrande de nos corps comme un sacrifice vivant (Rm 12.1); ils font partie des moyens que Dieu utilise pour parachever notre sanctification progressive. Terminons ce chapitre en réfléchissant aux paroles de l’ecclésiaste (Ec 5.3–6) :
Lorsque tu as fait un vœu à Dieu, ne tarde pas à l’accomplir, car il n’aime pas les insensés: accomplis le vœu que tu as fait. Mieux vaut pour toi ne point faire de vœu, que d’en faire un et de ne pas l’accomplir. Ne permets pas à ta bouche de faire pécher ta chair, et ne dis pas en présence de l’envoyé que c’est une inadvertance. Pourquoi Dieu s’irriterait-il de tes paroles, et détruirait-il l’ouvrage de tes mains? Car, s’il y a des vanités dans la multitude des songes, il y en a aussi dans beaucoup de paroles; c’est pourquoi, crains Dieu.
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Réponse: Tout serment légitime ne peut être rompu, autrement il s’agit d’un péché. ~ Deutéronome 23.21
Prendre le nom de Dieu en vain ne consiste pas uniquement à blasphémer ; cela inclut aussi tout faux serment et tout serment brisé (Lv 19.12). De façon générale, il faut respecter sa parole (Jc 5.12), mais certains engagements peuvent être rompus sans enfreindre un commandement de Dieu (Pr 6.1-5). Par contre, un serment ne peut pas être si facilement rompu. Voici comment la confession décrit la gravité d’un serment et, implicitement, son indissolubilité.
(Par. 3) Quiconque prête un serment autorisé par la Parole de Dieu doit dûment considérer le poids d’un acte aussi solennel, et n’y rien déclarer d’autre que ce qu’il sait être la vérité ; car la colère du Seigneur est provoquée par des serments précipités, faux ou vains, et à cause d’eux, ce pays est en deuil.
Puisqu’un serment nous lie devant Dieu, il est important de limiter nos promesses à nos devoirs les plus solennels, à ce qui cadre avec la mesure du possible et à ce qui correspond à la vérité autant passée que future. Il ne faut donc pas promettre des choses frivoles ou incertaines et encore moins des choses fausses. Dieu considère qu’un serment ou un vœu fait devant lui nous oblige légalement (Nb 30.3) : « Lorsqu’un homme fera un vœu à l’Eternel, ou un serment pour se lier par un engagement, il ne violera point sa parole, il agira selon tout ce qui est sorti de sa bouche. »
De plus, Dieu nous met en garde de promettre des choses lointaines qu’on ne peut nullement garantir (Mt 5.36). Les serments et vœux sont pour l’immédiat :
Si tu fais un vœu à l’Eternel, ton Dieu, tu ne tarderas point à l’accomplir ; car l’Eternel, ton Dieu, t’en demanderait compte, et tu te chargerais d’un péché. Si tu t’abstiens de faire un vœu, tu ne commettras pas un péché. Mais tu observeras et tu accompliras ce qui sortira de tes lèvres, par conséquent les vœux que tu feras volontairement à l’Eternel, ton Dieu, et que ta bouche aura prononcés. (Dt 23.21–23)
Pourquoi même faire un vœu si l’on risque de pécher en ne l’accomplissant pas? Il est vrai qu’il est plus prudent de s’abstenir de serment la plupart du temps et de s’en tenir aux serments qui sont nécessaires. Mais pour quelle raison voudrait-on faire un vœu volontaire à l’Éternel? L’Écriture déclare qu’un vœu a pour but de se lier soi-même par un engagement devant Dieu (Nb 30.3), afin de ne pas se laisser la possibilité de changer d’idée. N’est-ce pas le caractère sacré et même contraignant de nos vœux de mariage plus que la stabilité de nos sentiments ou de notre caractère qui assure la pérennité du mariage et la préservation de la famille (Mal 2.16 ; Mc 10.9)? Le pays n’est-il pas en deuil en raison de toutes les promesses brisées (Jr 23.10)?
Que faire lorsque ce qu’on a promis tourne à notre désavantage? N’est-ce pas là un motif rédhibitoire, au moins dans certains cas, pour briser un serment? Pas d’après la description que l’Écriture nous fait du juste (Ps 15.2,4) : « Celui qui marche dans l’intégrité, qui pratique la justice et qui dit la vérité selon son cœur. […] Il ne se rétracte point, s’il fait un serment à son préjudice. » N’y aurait-il pas des conditions que l’on pourrait fixer avec nos formules de serment qui ne nous engageraient que partiellement? Pas d’après le paragraphe suivant de la confession de foi :
(Par. 4) Un serment doit être prêté en des termes clairs et simples, sans user d’équivoque ou de restriction mentale.
Ni se croiser les doigts, ni jouer avec les mots, ni se donner des conditions ne nous dégage de nos serments devant Dieu. Même s’ils s’étaient fait tromper par les Gabaonites, les Israélites étaient liés par serment devant Dieu (cf. Jos 9.18-19 ; 2 S 21.1). Comme nous le verrons dans la prochaine question, les seuls serments qui devraient être brisés sont ceux qui ne sont pas légitimes, c’est-à-dire qui sont contraires à la loi de Dieu. Tout serment légitime doit être respecté. L’Écriture prévoit également qu’un père ou un mari pourra dégager sa fille ou sa femme d’un serment devant Dieu ou encore l’approuver (Nb 30). À part ces exceptions, il n’est pas possible de rompre un serment sans pécher (Dt 23.21-22).
Que faut-il faire si l’on a rompu un serment ou si l’on a juré faussement? La seule chose à faire est la repentance. Pierre a menti avec imprécation contre lui-même et avec serment devant Dieu (Mt 26.74), mais le Seigneur lui a pardonné après qu’il se soit repenti. Parfois, la repentance implique de revenir à ce que l’on a promis afin de l’exécuter, mais il arrive que cela ne soit pas possible. Sachons cependant que notre Père céleste ne nous laissera pas briser impunément nos vœux et serments, il nous apprendra à parler et à marcher conformément à la vérité (Ep 4.25 ; Hé 12.6-11 ; 1 P 1.15-16). Dans tous les cas, il serait sage de chercher conseil auprès de croyants matures avant de se lier devant Dieu ou encore pour savoir comment agir après avoir brisé un serment.
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Réponse : Contrairement à l’adoration sous l’ancienne alliance où le culte était lié à un endroit particulier, le culte régulé par la nouvelle alliance ne dépend d’aucun lieu en particulier, mais uniquement du rassemblement des croyants qui adorent Dieu en Esprit et en vérité. ~ Jean 4.20-24
Le chapitre 22 de la confession de foi définit le culte acceptable en répondant aux questions Qui doit être adoré? Comment doit-il être adoré? Où doit-on lui rendre un culte? Quand devons-nous lui rendre un culte? Le paragraphe 6 s’intéresse à la question du lieu approprié pour rendre un culte à Dieu et présente une distinction fondamentale entre l’ancienne et la nouvelle alliance pour l’application du principe régulateur d’adoration.
(Par. 6) Ni la prière, ni aucune autre part du culte religieux, désormais sous l’Évangile, n’est encore liée ou rendue plus acceptable par le lieu dans lequel ou en direction duquel elle est pratiquée. Dieu doit être adoré partout en esprit et en vérité : quotidiennement en famille ou dans le secret pour chacun en particulier ; plus solennellement, dans les assemblées publiques, qui ne doivent être, ni négligées, ni oubliées, par étourderie ou volontairement, alors que Dieu nous y appelle par sa Parole ou sa providence.
Ce paragraphe fut rédigé à l’endroit des croyances et pratiques des Églises ritualistes qui affirmaient que certains lieux étaient plus saints et offraient implicitement un accès privilégié à Dieu. L’orientation des Églises vers l’est faisait partie de la manière requise pour que la prière des adorateurs puisse être faite en direction du soleil levant. Les lieux de culte, et certains plus que d’autres, étaient considérés comme sacrés. On appelait Rome et Jérusalem des villes saintes et on voyait la Terre sainte comme un lieu de pèlerinage devant être préservé même au prix de croisades militaires. La confession de foi rejette toutes ces conceptions comme appartenant aux superstitions des hommes et non à la Parole de Dieu.
Ne retrouve-t-on pas cependant une pratique similaire dans la Bible, à tout le moins dans l’Ancien Testament? Dieu a établi un tabernacle comme lieu privilégié pour le rencontrer et lui offrir des sacrifices (Ex 25.8,22 ; Dt 12.2-7). Jérusalem était la ville choisie par l’Éternel pour y placer son sanctuaire et devait demeurer le centre de la dévotion du peuple de Dieu qui y montait chaque année (1 R 14.21 ; 2 Ch 6.21 ; Ps 122.1-4, 137.5-6). Des prières devaient être faites en direction de Jérusalem et de son temple lorsque les adorateurs en étaient éloignés (1 R 8.38, 48-49 ; Dn 6.10).
Comment expliquer ces pratiques si nous devons maintenant les rejeter? D’une part, il faut affirmer que le lieu du sanctuaire n’était pas irrévocable au point que Dieu ne puisse revenir sur son choix (2 R 23.27). Les adorateurs ne devaient donc pas entretenir une confiance superstitieuse envers ce lieu comme s’il possédait une sainteté intrinsèque (Jr 7.3-4). Ils devaient comprendre que le sanctuaire et la prière faite en ce lieu ou en direction de ce lieu avaient pour but d’orienter la foi vers Yahvé plutôt que tout autre dieu vers lequel les israélites auraient pu être tentés de se tourner dans le contexte polythéiste qui était le leur (Dt 6.14 ; 2 R 16.10-14). Durant l’enfance du peuple de Dieu (Ga 4.1-3), celui-ci était temporairement gardé par des rituels visibles rattachés à un sanctuaire visible qui allait bientôt disparaître (Mt 24.1-2 ; Hé 8.13).
L’ère de la nouvelle alliance apporta d’énormes changements quant à la manière de rendre un culte à Dieu, à commencer par le lieu où il faut l’adorer. Le Christ révèle cette transition lors d’un entretien avec une femme samaritaine qui le questionna sur le lieu approprié pour rencontrer Dieu.
Nos pères ont adoré sur cette montagne ; et vous dites, vous, que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem. Femme, lui dit Jésus, crois-moi, l’heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. Vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. Mais l’heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car ce sont là les adorateurs que le Père demande. Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l’adorent l’adorent en esprit et en vérité. (Jn 4.20-24)
Dorénavant, aucun lieu plus qu’un autre ne bénéficie d’un plus grand accès à Dieu puisque l’adoration ne dépend plus de la géographie, mais uniquement de l’Esprit. Le lieu de culte est maintenant déterminé par l’endroit où les fidèles habités par le Saint-Esprit sont réunis pour adorer Dieu selon sa Parole (Mt 18.20, 1 Co 3.16, 14.25). L’Église rassemblée est maintenant le temple de Dieu (Ep 2.21-22). Que ce soit dans une catacombe ou une cathédrale, cela n’a plus aucune importance, car en tout lieu l’on peut s’approcher de Dieu (1 Tm 2.8).
Cette transition repose sur un aspect fondamental du principe régulateur d’adoration, à savoir que c’est l’alliance qui régule le culte qui lui est propre. La confession de foi conçoit une différence entre le culte qui était rendu « sous la loi » et le culte désormais « sous l’Évangile ». Le culte sous la loi, bien qu’ordonné par Dieu, était transitoire, car il reflétait le culte véritable qui était à venir en Christ (Hé 8.5) : « ils célèbrent un culte, image et ombre des choses célestes ». Ainsi, il est important de ne pas réguler l’adoration en suivant les pratiques vétérotestamentaires qui comportaient non seulement un lieu spécifique, mais aussi plusieurs rituels qui incluaient des sacrifices, l’utilisation d’objets sacrés, des ablutions et parfois même des danses en l’honneur de l’Éternel. Nous croyons que tout cela « c’était l’ombre des choses à venir, mais le corps est en Christ » (Col 2.17).
Le culte et les sacrements de la nouvelle alliance doivent être régulés par les textes propres à cette alliance. Celle-ci présente un culte beaucoup plus simple que celui qui fut révélé à Moïse. Il ne faut pas penser cependant que les saints de la nouvelle alliance ont moins que les saints sous l’ancienne alliance quant à l’esthétique et au déploiement de la majesté du culte. Il faut plutôt regarder cette différence sous la comparaison entre l’enfance et la maturité du peuple d’alliance et surtout sous l’angle de la liberté qui vient lorsqu’on quitte les rudiments de l’enfance (2 Co 3.17 ; Ga 5.1 ; Ep 3.12 ; Hé 4.16, 10.19-22).
C’est en raison de cette liberté continuelle d’accès au saint sanctuaire de la présence de Dieu que la confession de foi ajoute qu’il n’est pas nécessaire d’attendre le culte dominical pour nous approcher de Dieu, mais que nous devons le faire « quotidiennement en famille ou dans le secret pour chacun en particulier [et] plus solennellement, dans les assemblées publiques… » Dieu nous appelle à ces rendez-vous par sa Parole et il orchestre providentiellement des circonstances pour que nous allions souvent à sa rencontre maintenant que nous en avons toute la liberté grâce à la médiation parfaite de Jésus-Christ.
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Réponse: L’Écriture sainte doit être centrale à l’adoration, tant pour nous indiquer comment adorer Dieu que pour composer la substance de notre adoration ~ Colossiens 3.16
Nous arrivons maintenant à la substance du culte dominical d’adoration, c’est-à-dire aux différents éléments que les adorateurs doivent mettre en pratique pour adorer Dieu de la façon qu’il l’exige lui-même.
(Par. 5) Le culte religieux de Dieu comprend : la lecture des Écritures, la prédication et l’écoute de la Parole de Dieu, l’instruction et l’avertissement mutuels par des psaumes, des hymnes et des chants spirituels adressés au Seigneur avec le cœur rempli de grâce ainsi que l’administration du baptême et de la sainte cène. Le tout doit être pratiqué en obéissance à Dieu, avec intelligence, foi, respect et crainte de celui-ci ; de plus, de solennelles humiliations accompagnées de jeûnes et d’actions de grâce, en des occasions particulières, doivent être pratiquées de manière sainte et religieuse.
Le culte réformé contraste par sa simplicité avec les liturgies élaborées des traditions ritualistes des Églises romaine, luthérienne ou anglicane. La confession de foi met de l’avant un culte religieux épuré de tout faste et surtout de tout élément qui n’est pas expressément contenu dans les prescriptions explicites de la nouvelle alliance. La description du culte faite au paragraphe 5 articule délibérément le principe de la centralité des Écritures. Tous les aspects de l’adoration sont, d’une façon ou d’une autre, imbibés de la Parole de Dieu : ce que l’on proclame, chante, prie et administre doit toujours être rempli et accompagné de la Parole divine (Col 3.16). Regardons de plus près ces différents éléments.
Après avoir décrit la place et la forme de la prière aux paragraphes 3-4, la confession met de l’avant la lecture des Écritures. De nos jours, l’Écriture est généralement peu lue dans les assemblées publiques du peuple de Dieu. Une des explications est sans doute le fait que contrairement aux époques passées, la quasi-totalité des fidèles possède maintenant sa propre Bible et peut y lire à souhait. Jadis, c’était à l’Église lors du culte dominical qu’on entendait la lecture des Écritures. Malgré cette différence, le culte d’adoration devrait inclure une lecture biblique substantielle. Au temps de la confession de foi, on lisait habituellement au moins un chapitre de chacun des deux testaments. Cette lectio divina était aussi une lectio continua, c’est-à-dire qu’on lisait de manière suivie un livre complet de la Bible avant de passer à un autre. Les auteurs de la confession de foi considéraient que cette pratique était une injonction apostolique, à la fois exemplifiée (Lc 4.16-17 ; Ac 13.15) et prescrite (1 Tm 4.13).
En plus d’être lue, la Parole doit être prêchée (2 Tm 4.2). La prédication est non seulement une proclamation mais également une explication de l’Écriture sainte afin que le peuple de Dieu puisse l’accueillir (Né 8.8 ; Ac 8.30-31). La tradition réformée voit la prédication de la Parole de Dieu comme étant la Parole de Dieu. Mais pour être Parole de Dieu, la prédication doit exposer fidèlement le texte de la Parole de Dieu (2 Tm 2.15), autrement elle demeure la parole des hommes (Col 2.8).
Lorsque la Parole est lue ou prêchée, l’Église adore Dieu par l’écoute attentive et réceptive. Une telle écoute est marquée par la bénédiction du Seigneur qui déclare « Heureux celui qui lit et ceux qui entendent les paroles de la prophétie, et qui gardent les choses qui y sont écrites! » (Ap 1.3). Il faut donc que l’écoute, tout en étant prudente et avertie (Lc 8.18 ; Ac 17.10), soit soumise et obéissante (Jc 1.21-25).
La posture des adorateurs face à Dieu n’est pas uniquement réceptive cependant, car en plus de recevoir le message divin, ils sont invités à y répondre par des psaumes, des hymnes et des chants spirituels adressés au Seigneur (Ep 5.19). Le chant doit être fait avec cœur et non avec tiédeur. Il devrait inclure les Psaumes de l’Écriture, mais ne pas s’y limiter. Les chants devraient être choisis à la lumière des vérités bibliques et servir à l’édification de la foi et l’exhortation mutuelle (Col 3.16) plutôt qu’à la simple stimulation des émotions. Nous chantons à Dieu ainsi qu’à nos frères et sœurs.
Le fait que la confession de foi ne mentionne rien au sujet de l’usage de la musique dans le culte reflète la division qui existait entre les théologiens sur cette question. Certains croyaient que le chant devait être a cappella, tandis que d’autres considéraient que l’usage d’instruments lors du culte était légitime. Ce silence de la confession de foi, tout en laissant la liberté aux Églises de décider localement d’utiliser ou non des instruments, invite à la prudence et la modération. La musique du culte devrait servir à soutenir le chant de la congrégation, mais elle ne devrait en aucun cas agir comme spectacle ni assourdir les voix de l’assemblée.
Ensuite, les ordonnances du Seigneur, le baptême et la sainte cène, doivent aussi être pratiquées lors du culte (Ac 2.41-42). Puisqu’il y a quelques chapitres dédiés aux sacrements (ch. 28-30), nous examinerons leur célébration en détail lors de l’exposition de ces chapitres. Contentons-nous pour l’instant de noter que les ordonnances devraient être réservées au culte en Église et ne pas être pratiquées dans un culte privé.
Soulignons, en terminant, que le culte dominical ne doit pas être fait machinalement ni frivolement ou à l’improviste. Pour être rendu avec intelligence, foi, respect et crainte, le culte doit être préparé à la fois par ceux qui le dirigent et ceux qui y participent. D’autres cérémonies religieuses, en plus du culte dominical, peuvent être célébrées par les chrétiens : mariages, funérailles, célébrations ou humiliations particulières, etc. Celles-ci doivent être faites « dans le respect des principes généraux de la Parole » (1.6), sans nécessairement exiger l’observance de toutes les prescriptions qui sont requises pour le culte dominical.
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Réponse : Il n’est pas suffisant d’adorer le vrai Dieu, il faut l’adorer uniquement de la manière qu’il a lui-même prescrite dans sa Parole. ~ Deutéronome 12.32
Le sujet de l’adoration fut l’un des plus épineux à être débattus parmi les théologiens protestants. Parmi les questions examinées, il y avait celle de la place accordée à la raison humaine et à l’Écriture sainte pour définir la manière acceptable d’adorer Dieu. Les réformés ne contestaient pas le fait que la révélation générale puisse indiquer certaines choses quant à l’adoration de Dieu, cependant la seule chose que la raison humaine puisse ultimement déduire de la révélation générale est qu’il existe un Dieu digne d’être adoré, mais elle n’indique rien sur la manière dont il faut l’adorer.
(Par. 1) La lumière de la nature montre qu’il est un Dieu qui a seigneurie et souveraineté sur tout ; qui est juste, bon, fait du bien à tous, et qui, par conséquent, doit être craint, aimé, loué, invoqué, cru et servi par les hommes de tout leur cœur, de toute leur âme et de toutes leurs forces. Quant à la manière de lui rendre un culte, c’est Dieu lui-même qui l’a ordonnée et précisée, par sa volonté révélée, de sorte qu’aucun culte ne peut lui être rendu selon l’imagination et les méthodes des hommes, ni selon les suggestions de Satan, sous quelque représentation que ce soit ou de quelque autre manière non prescrite dans les saintes Écritures.
Tous les hommes adorent, cependant en raison du péché, aucun homme, laissé à la seule lumière de la révélation générale, n’adore le vrai Dieu (Rm 1.21-23). Bien que la révélation naturelle manifeste la gloire du vrai Dieu (Ps 19.2-5), elle ne manifeste pas la façon exacte dont il faut révérer cette gloire. Ainsi, toutes les formes d’adoration qui ne sont pas fondées dans la révélation biblique ne peuvent être agréées ; seul le culte chrétien est approuvé de Dieu. Cela ne signifie pas pour autant que tous ceux qui se revendiquent de la Parole de Dieu lui offrent nécessairement un culte acceptable selon sa Parole.
La pureté de l’adoration fut au cœur de l’agenda de la Réforme protestante en recherchant la base sur laquelle on pouvait être sûr et certain d’adorer Dieu de la bonne façon. D’un côté, l’Église catholique romaine affirmait posséder l’autorité pour déterminer la vraie adoration et établir des rites et des cérémonies puisqu’elle conférait une autorité canonique à sa tradition. Cette vision s’est retrouvée en partie dans l’Église anglicane qui affirme ceci dans ses 39 Articles de foi concernant l’autorité de l’Église :
L’Église a le pouvoir de décréter des rites ou des cérémonies, et l’autorité dans les controverses de la foi. Cependant, il n’est pas permis à l’Église d’ordonner quoi que ce soit qui soit contraire à la Parole de Dieu écrite, ni d’expliquer un passage de l’Écriture de manière à contredire un autre. (Article XX)
C’est contre cette conception abusive de l’autorité de l’Église en matière d’adoration que la confession de foi a affirmé le principe régulateur d’adoration. Celui-ci déclare tout d’abord que Dieu seul a la prérogative d’établir le culte qui lui est agréable. Adorer Dieu selon la fantaisie de l’imagination humaine lui est détestable (Ex 20.4-5). Deuxièmement, l’Écriture est pleinement suffisante pour établir la juste adoration. L’introduction de pratiques extrabibliques tend à annuler l’autorité de Dieu, malgré l’apparence parfois positive de ces pratiques (Mt 15.1-9 ; Col 2.23). Troisièmement, il est insuffisant de s’abstenir uniquement de ce que Dieu proscrit, il faut s’en tenir strictement à ce qu’il prescrit (Dt 12.29-32). Ceci, Nadab et Abihu l’ont appris à leurs dépens en offrant à l’Éternel non pas du feu interdit, mais « du feu étranger, ce qu’il ne leur avait point ordonné » (Lv 10.1). Autrement dit, toute forme d’adoration que Dieu n’a pas commandée dans l’Écriture est de facto interdite.
Il est important de préciser que le principe régulateur d’adoration régule cependant la substance du culte et non la circonstance de celui-ci. Cette distinction cruciale a déjà été faite par la confession de foi au tout premier chapitre concernant la suffisance des Écritures présentée au paragraphe 6 :
Certains aspects du culte de Dieu et du gouvernement de l’église, communs aux activités et aux sociétés humaines, doivent être établis selon la lumière naturelle et la sagesse chrétienne, dans le respect des principes généraux de la Parole, qui doivent toujours être observés (1.6).
Les « aspects du culte » en question ici ne concernent aucunement l’établissement de rites ou de cérémonies, mais des éléments liés aux circonstances du culte comme l’heure à laquelle il se déroule, la durée, l’ordre des parties, le style musical, la disposition des lieux, etc. (1 Co 14.26,40). Dieu, dans sa sagesse, n’a pas figé tous les détails du culte de manière uniforme pour tous, mais a laissé de la souplesse et de la liberté aux hommes pour ajuster certains aspects de la vie d’Église et du culte dominical en fonction des époques, des cultures et des contextes où se trouvent ses adorateurs. Il est donc important que nous apprenions à ne pas confondre nos préférences personnelles avec les normes divines et que nous recherchions avant tout à conformer notre adoration à ces normes.
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Réponse : Pour être acceptée de Dieu, la prière doit être faite au nom du Fils, avec l’aide de l’Esprit et selon la volonté du Père révélée dans l’Écriture. ~ Jean 14.13-14 ; 1 Jean 5.14-15
Après avoir établi le principe qui doit réguler l’adoration au paragraphe 1, affirmé au paragraphe 2 l’exclusivité de Dieu et de son médiateur comme objet du culte religieux et de toute dévotion, la confession présente maintenant les éléments qui composent le culte d’adoration. Le premier élément qui est mis de l’avant est la prière puisque celle-ci est un élan inscrit dans la conscience de tout homme.
(Par. 3) La prière avec action de grâce, étant une part du culte naturel, est requise par Dieu de tous les hommes. Cependant, pour être acceptée, elle doit être faite au nom du Fils, avec l’aide de l’Esprit selon sa volonté, avec intelligence, respect, humilité, ferveur, foi, amour, persévérance, et dans une langue connue en présence d’autres.
S’il est vrai que Dieu entend les prières de tous les hommes (Ps 65.3), il ne les accepte pas toutes pour autant. Trois conditions de base sont requises pour que la prière soit acceptable devant Dieu. La première est que la prière, comme le reste du culte d’adoration, requiert la médiation de Jésus-Christ pour être agréée. Le Seigneur enseigne à ses disciples à s’adresser au Père en son nom (Jn 14.13-14, 16.24). Prier au nom de Jésus n’est pas une formule magique, mais l’expression de notre confiance en lui seul pour nous approcher de Dieu.
Uniquement les personnes qui ont été régénérées par l’Esprit saint peuvent véritablement prier au nom du Fils de Dieu, car elles sont persuadées intérieurement de leur besoin de sa médiation (Jn 6.29, 16.8). La régénération de l’Esprit constitue la deuxième condition de la prière acceptable. La régénération est toujours accompagnée d’une œuvre d’illumination par laquelle, sans savoir prier parfaitement, nous apprenons à prier Dieu avec les bonnes dispositions et selon sa volonté (Jn 14.26 ; Rm 8.23,26).
Ainsi, grâce à la médiation du Fils et l’illumination de l’Esprit nous pouvons prier selon la volonté du Père afin d’être agréés de Dieu. Demander quelque chose selon la volonté de Dieu (1 Jn 5.14) concerne non pas sa volonté secrète de décret, mais sa volonté révélée dans sa Parole. Il est donc important d’être instruit dans la connaissance des Écritures afin de prier en conformité avec celles-ci.
La confession ajoute ensuite une liste de critères qui doivent aussi caractériser la prière. L’intelligence implique que la prière est réfléchie puisqu’elle s’adresse à un Être intelligent, elle ne doit pas être un simple flot de paroles irréfléchies ou de vaines répétitions (Mt 6.7). Le respect et l’humilité sont nécessaires « car Dieu est au ciel » (Ec 5.1), il faut donc prendre garde à nos paroles, notre posture et notre attention en prière. La ferveur nous amène à prier avec foi (Jc 5.16), car il ne faut pas prier pour prier, mais avec la certitude que Dieu écoute notre prière et la reçoit. Cette posture favorise l’amour envers notre Seigneur ainsi que la persévérance dans notre vie de prière (Col 4.2 ; Ep 6.18).
En ajoutant que la prière doit être « dans une langue connue en présence d’autres », la confession ne vise pas la glossolalie, qui n’était pas une pratique répandue à cette époque, mais bien la prière liturgique en latin qu’on retrouvait dans les Églises ritualistes. L’Écriture enseigne que la prière publique sert aussi à l’édification commune et doit donc être comprise par les auditeurs présents (1 Co 14.16-17). La confession poursuit sa présentation de la prière au paragraphe suivant en abordant les prières légitimes et non légitimes.
(Par. 4) Il faut prier pour toutes choses légitimes, pour toutes sortes d’hommes actuellement en vie ou qui viendront à naître. Toutefois il ne faut pas prier pour les morts, ni pour les personnes dont on peut savoir qu’elles ont commis le péché à la mort.
Lorsque les chrétiens prient, ils doivent intercéder pour tous les hommes et n’exclurent aucune catégorie de personnes de leurs prières, pas même leurs ennemis (Mt 5.44 ; 1 Tm 2.1-4), dans la mesure où les personnes pour lesquelles ils prient ne sont pas décédées. S’il n’est pas légitime de prier pour le salut des morts, il est cependant très bien de prier pour l’âme de personnes qui viendront à naître comme Jésus l’a fait dans sa prière sacerdotale (Jn 17.20) ou encore le roi David qui priait pour les descendants que Dieu lui avait promis (2 S 7.29). Mais ce même David cessa de prier pour son enfant lorsque celui-ci mourut (2 S 12.21-23). La raison pour laquelle il ne faut pas prier pour les morts est que cela est inutile, car s’ils sont en enfer notre prière ne fera rien pour eux (Lc 16.24-26) et s’ils sont au paradis ils n’ont plus besoin de nos prières. La prière pour les défunts qui est pratiquée par les catholiques vise généralement les morts qui sont au purgatoire, un lieu d’existence que l’Écriture ne reconnaît pas.
La confession de foi ajoute une deuxième catégorie de personnes pour lesquelles il ne faudrait pas prier : des personnes vivantes, mais « dont on peut savoir qu’elles ont commis le péché à la mort ». Cette affirmation s’appuie sur le texte difficile de 1 Jean 5.16 qui déclare ceci :
Si quelqu’un voit son frère commettre un péché qui ne mène point à la mort, qu’il prie, et Dieu donnera la vie à ce frère, il la donnera à ceux qui commettent un péché qui ne mène point à la mort. Il y a un péché qui mène à la mort ; ce n’est pas pour ce péché-là que je dis de prier.
Le péché qui mène à la mort est un endurcissement irréversible d’une personne que Dieu livre à la mort (Mc 3.28-30). Le Seigneur fait parfois connaître un tel verdict à ses prophètes (Jr 11.14 ; Ac 5.1-11 ; Ap 2.20-23). La confession n’affirme pas que nous puissions habituellement savoir avec certitude qu’une personne particulière est déjà damnée, mais elle garde cette possibilité ouverte. Mais de façon générale l’Écriture nous encourage à garder espoir et à continuer de prier pour la vie tant qu’une personne n’est pas morte (Lc 23.43 ; Ac 26.29 ; 1 Co 7.1 ; 2 Tm 2.25).
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Réponse : La véritable adoration consiste à rendre un culte à l’unique vrai Dieu, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, par la médiation exclusive de Jésus-Christ ~ Luc 4.8 ; 1 Timothée 2.5
La question de la véritable adoration ne doit pas commencer avec l’adorateur et l’adoration, mais bien avec l’être qui doit être adoré. La validité de l’adoration est déterminée avant tout par l’identité de son objet et ensuite seulement par la façon d’adorer. Cet ordre reflète la relation qui existe entre le premier et le deuxième commandement du décalogue : le premier indique qui doit être adoré et le deuxième indique comment il doit être adoré. Tel est l’ordre suivi par la confession de foi dans les prochains paragraphes : avant de décrire la bonne façon d’adorer, la confession présente l’unique Dieu qui est digne d’adoration.
(Par. 2) Le culte religieux ne doit être rendu qu’à Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit, et à lui seul, ni aux anges, ni aux saints, ni à aucune autre créature. Aussi, depuis la chute, non sans médiateur, ni par la médiation d’aucun autre que le Christ seul.
L’adoration est dirigée envers un seul Dieu (Lc 4.8) qui est trois personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit (Mt 28.19). Il est impossible d’adorer une des trois personnes de la Trinité sans adorer aussi les deux autres. Jésus déclare que tous doivent honorer le Fils comme ils honorent le Père et que celui qui n’honore pas le Fils n’honore pas le Père non plus (Jn 5.23). De même, celui qui déshonore le Saint-Esprit, déshonore Dieu (Mc 3.29 ; Ac 5.3-4), et celui qui adore Dieu l’adore en Esprit (Jn 4.24 ; Ph 3.3). La vraie adoration est donc trinitaire et est offerte au Père, au Fils et au Saint-Esprit dans le respect de l’ordre processionnel.
L’unicité de Dieu implique l’exclusivité du culte qui lui est dû. Autrement dit, vénérer qui que ce soit ou quoi que ce soit d’autre que lui est interdit (Ex 20.3 ; Dt 6.13-14). La confession précise que le culte religieux ne peut être rendu « ni aux anges, ni aux saints, ni à aucune autre créature ». La vénération des images, les prières aux saints et autres pratiques similaires que l’on retrouve dans l’Église catholique romaine et dans l’Église orthodoxe sont visées par cette interdiction. Ces pratiques sont vues comme idolâtres puisqu’elles offrent à des créatures ce qui est réservé à Dieu seul, ce qui est l’essence même de l’idolâtrie (Rm 1.25). Les théologiens qui défendent de telles pratiques font des distinctions entre adoration et vénération (latria et dulia en latin) afin de justifier qu’on puisse rendre un culte religieux à des créatures tout en réservant exclusivement notre adoration à Dieu. À la lumière de l’Écriture, cette distinction est irrecevable puisque c’est non seulement l’adoration qui est réservée à Dieu, mais toute forme de culte et de vénération (Ex 20.5, 23.24 ; Col 2.18 ; Ap 19.10).
La confession ajoute ensuite deux éléments essentiels pour que l’adoration soit agréée de Dieu : la nécessité et l’exclusivité de la médiation de Jésus-Christ. La nécessité de sa médiation est rappelée en disant que « depuis la chute [le culte religieux doit être rendu] non sans médiateur ». Le péché crée un obstacle insurmontable pour que l’homme puisse adorer Dieu (Es 1.15, 59.2). Dans cette condition spirituelle, la prière même de l’homme est une abomination aux yeux de Dieu (Pr 28.9). L’Écriture demande aux hommes : « Qui pourra monter à la montagne de l’Éternel? Qui s’élèvera jusqu’à son lieu saint? » (Ps 24.3). « Qui dira: J’ai purifié mon cœur, je suis net de mon péché? » (Pr 20.9). Autrement dit, aucun homme ne peut, par lui-même, être admis en présence de Dieu et être agréé de lui (1 Co 15.50).
Tout le système sacrificiel de l’Ancien Testament enseignait la nécessité d’une médiation sacerdotale. Le grand prêtre, en se présentant devant Dieu, représentait tout son peuple (Ex 28.29-30). Par sa médiation le peuple pouvait être agréé devant Dieu (Lv 16.32-34). La médiation lévitique préfigurait l’ultime et véritable médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ (1 Tm 2.5) : « Car il y a un seul Dieu, et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme »
La médiation est aussi exclusive que la divinité ; tout comme il y a un seul Dieu, il y a aussi un seul médiateur. Tout comme il ne faut pas offrir le culte qui revient à Dieu à d’autres que lui, il ne faut pas non plus rechercher la médiation ailleurs qu’en Christ. Il est donc non seulement vain, mais également fautif de rechercher l’intercession de la Vierge Marie ou des saints en notre faveur. S’il est vrai que tous les croyants possèdent un sacerdoce devant Dieu (1 Pi 2.9), il est erroné de confondre celui-ci avec l’unique médiation de Christ ou une extension de cette médiation. Le sacerdoce universel des croyants n’est pas une médiation universelle. La médiation de Christ, en plus d’être unique, est directe, non transmissible et parfaitement suffisante et efficace (Hé 7.24-25).
Sa médiation est si parfaite que son efficacité fut antérieure aux événements historiques de l’incarnation, la mort sur la croix et la résurrection. Autrement dit, les bénéfices de la médiation de Christ furent donnés avant même que le Christ vienne. L’héritage éternel promis par Dieu fut donné en vertu de la Nouvelle Alliance qui fut révélée aux croyants dès le commencement du monde (Hé 9.15). Depuis la chute d’Adam, c’est uniquement grâce à la médiation de Christ que des hommes et des femmes peuvent s’approcher de Dieu.
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