Un Héraut dans le net

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Un Héraut dans le net episodes

  • Question #89 – La liberté individuelle ne mène-t-elle pas à l’anarchie?

    Réponse: La vraie liberté de conscience ne mène pas à la licence, mais à l’obéissance puisque tous ceux qui sont véritablement affranchis par Christ désirent lui obéir. ~ Galates 5.13-14

     

    Le livre des juges nous présente plusieurs récits où la confusion morale et le désordre semblent aller en augmentant jusqu’à la canaanisation du peuple d’Israël qui, ayant reçu la loi de Dieu, devait être la lumière des nations (Es 51.4 ; Ex 19.6 ; Ps 147.19-20). Le refrain, qui est aussi la conclusion de ce livre, est le suivant (Jg 21.25) : « En ce temps-là, il n’y avait point de roi en Israël. Chacun faisait ce qui lui semblait bon. » Si chacun doit agir selon sa propre conscience, n’est-ce pas faire ce qui semble bon à ses propres yeux et se diriger tout droit vers l’anarchie ? La réponse des autorités catholiques des 16e et 17e siècles vis-à-vis de l’aspiration des protestants pour la liberté de conscience était qu’une telle idée mènerait inévitablement au désordre. Le paragraphe 3 fut rédigé en réponse à cet argument des adversaires de la liberté de conscience dans le but de dissocier une société libre d’une société anarchique.

    (Par. 3) Ceux qui, sous prétexte de liberté chrétienne, pratiquent un péché quelconque ou entretiennent quelque passion coupable, pervertissent l’intention principale de la grâce de l’Évangile pour leur propre destruction. Ce faisant, ils annihilent complètement l’objectif de la vie chrétienne, qui est de servir le Seigneur sans crainte, en marchant dans la sainteté et la justice devant lui chaque jour de notre vie, étant délivrés de la main de tous nos ennemis.

    Il ne fait aucun doute qu’une société libre contiendra plus d’individus qui transgresseront ouvertement l’ordre moral au nom de leur liberté. Cependant, la défense de la liberté de conscience mise en avant par les protestants n’encourageait pas un subjectivisme absolu où chacun se fait sa propre compréhension et sa propre moralité. La confession considère que l’Écriture est suffisante et claire pour révéler tout ce qui est nécessaire à la vie et à la piété (Es 8.20 ; Lc 16.29 ; 2 Tm 3.16-17 ; 2 P 1.3, 3.16) et que la norme qui distingue le bien du mal est objective puisqu’il s’agit de la loi morale de Dieu qui est écrite et qui seule régit la conscience de l’homme (Rm 2.14-15, 3.20, 7.7 ; Jc 4.12 ; 1 Jn 3.4).

    Nonobstant le témoignage de la loi morale, l’homme déchu a une capacité pour supprimer ce témoignage et se persuader lui-même qu’il est juste (Pr 12.15, 14.12, 16.2 ; Rm 1.18,32, 10.3). Cette corruption ne disparaît pas complètement avec la régénération, de sorte que certains chrétiens transgresseront la loi de Christ au nom de la liberté en Christ. Ce problème n’est pas apparu avec l’avènement de la Réforme protestante, mais existe depuis que l’Évangile de la liberté est prêché (Rm 6.1-2 ; Ga 5.13).

    Ainsi, pécher au nom de la liberté chrétienne est contraire au principe même de liberté. Le but de la liberté chrétienne est l’obéissance et non la licence, la sainteté et non la permissivité. La liberté n’est pas une fin en soi ni le but ultime de la rédemption ; elle conduit à une vertu plus grande qui consiste à être en communion avec Dieu, l’aimer et le servir Dieu sans crainte (Lc 1.74-75). Tout usage de la liberté qui ne mène pas à ce but ou qui le détruit est l’antithèse de la liberté.

    Les apôtres de cette fausse liberté sont nombreux de nos jours. Combien de faux-docteurs enseignent que pour être libre il faut se libérer de toute contrainte morale et n’écouter que ses désirs et sa volonté? Voici comment Pierre dénonce ces discours trompeurs :

    Ils ont les yeux pleins d’adultère et, insatiables de péché, ils amorcent les âmes mal affermies ; ils ont le cœur exercé à la cupidité ; ce sont des enfants de malédiction. […] Avec des discours enflés de vanité, ils amorcent par les convoitises de la chair, par les dérèglements, ceux qui viennent à peine d’échapper aux hommes qui vivent dans l’égarement ; ils leur promettent la liberté, quand ils sont eux-mêmes esclaves de la corruption, car chacun est esclave de ce qui a triomphé de lui. (2 P 2.14,18,19)

    Revenons à la comparaison entre l’anarchie du temps des juges et la liberté de conscience individuelle. Le problème au temps des juges était-il qu’il n’y avait point de roi en Israël ou que chacun faisait ce qui lui semblait bon ? Autrement dit, se pourrait-il que ce fût parce qu’il n’y avait point de roi que chacun faisait ce qui lui semblait bon ? N’est-ce pas l’un des buts du livre des Juges : démontrer le besoin pour l’homme d’avoir un Roi ? Mais pas n’importe lequel, puisqu’aucun des rois d’Israël n’a pu véritablement affranchir son peuple. Le seul Roi qui peut définitivement affranchir l’homme est celui qui a donné sa vie en rançon pour le libérer.

    Maintenant, tous ceux qui ont vraiment été affranchis par Christ vivront en se soumettant à sa Parole et à sa loi (Jn 15.13-14). La solution vis-à-vis du problème d’une liberté de conscience tournée en dérèglement d’inconscience n’est donc pas de supprimer la liberté, mais d’exercer la discipline d’Église. Ceux qui refusent de vivre dans l’obéissance à Christ ne doivent pas être admis dans son royaume (Mt 18.15-20 ; 1 Co 5.1-5).

    Il est significatif que les auteurs de la confession de foi aient supprimé le paragraphe 4 qu’on retrouve dans la Confession de foi de Westminster puisqu’il traite justement de cette discipline ecclésiale envers ceux qui persistent dans la désobéissance à Christ. Ce paragraphe n’a pas été conservé puisqu’il développe l’idée de la discipline dans un modèle d’Église de masse et d’Église d’État où le pouvoir civil était marié au pouvoir ecclésial. Ici apparaissent les premiers traits de l’ecclésiologie baptiste qui rejette la notion d’Église mixte de multitude au profit d’une Église de chrétiens professants et engagés. La confession traitera de la discipline ecclésiale au chapitre 26 en développant sa doctrine de l’Église.

    Cela nous indique que les premiers baptistes n’avaient pas un programme de réingénierie de la société si ce n’est qu’en gardant l’Église locale pure et épanouie. D’après cette conception, la meilleure contribution que l’Église puisse faire au monde est d’être une manifestation visible de la vraie liberté sous l’autorité de Christ (Mt 5.13-16). Nous ne devrions pas essayer de racheter la culture du monde, mais simplement d’être l’Église du royaume ! Et la première façon dont cela se démontrera c’est par le culte d’adoration que l’Église rend à Dieu et tel sera le prochain sujet que nous étudierons au chapitre 22.

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    32 min
  • Question #88 – Qu’est-ce que la vraie liberté de conscience?

    Réponse: Dieu étant l’unique Seigneur de la conscience, celle-ci est libre de tout ce qui n’est pas en harmonie avec sa Parole. ~ Jacques 4.12

     

    Un des corolaires de la liberté chrétienne est la liberté de conscience. Si le premier paragraphe décrit l’affranchissement du croyant par Christ, le deuxième paragraphe poursuit en présentant l’effet libérateur de la seigneurie de Christ sur la conscience. L’ordre de ces deux paragraphes est essentiel puisqu’il indique qu’il n’y a pas de véritable liberté de conscience sans une liberté spirituelle ; et celle-ci ne peut exister en dehors de la seigneurie de Christ. Voici comment le prochain paragraphe décrit la vraie liberté de conscience :

    (Par. 2) Dieu seul est le Seigneur de la conscience qu’il a laissée libre par rapport aux doctrines et aux commandements des hommes qui sont, en quelque matière que ce soit, contraires à sa Parole ou qui ne se retrouvent pas dans celle-ci. Par conséquent, croire de telles doctrines ou obéir à de tels commandements par motif de conscience, c’est trahir la vraie liberté de conscience ; aussi, exiger une foi implicite ainsi qu’une obéissance absolue et aveugle, c’est détruire la liberté de conscience et contrevenir à la raison.

    Nulle conscience ne peut servir deux maîtres (Mt 6.24) et aucune conscience n’est sans maître. Les soi-disant libres-penseurs n’échappent pas non plus à toute influence qui détermine leur manière d’agir et de penser et ils sont souvent assujettis à la tyrannie de leur moi pensant. Cependant, le seul qui est qualifié pour être le Seigneur de la conscience est Dieu lui-même (Jc 4.12). Une conscience soumise à Dieu est libre, tandis qu’une conscience rebelle à sa Parole est captive.

    La captivité de la conscience consiste à se rendre prisonnier de la pensée des hommes. Que ce soit la peur de ne pas correspondre aux modes et standards du monde ou encore le désir de plaire à tout prix pour être accepté. La conscience est tyrannisée lorsqu’on lui impose des croyances et qu’on tente de la forcer à agir (Col 2.16-23). Elle peut être prise d’assaut par une seule personne qui, consciemment ou inconsciemment, dicte et manipule, mais également par la pression d’un groupe de personnes ou d’une culture ambiante. On la retrouve dans le monde, dans les religions, mais également dans certaines Églises évangéliques.

    Cette influence est généralement caractérisée par une mauvaise crainte de l’homme qui n’est neutralisée que par une saine crainte de Dieu (Pr 29.25). Une conscience captive se culpabilise pour des raisons erronées et ne trouve la paix qu’en connaissant la vérité qui affranchit (Jn 8.31-36). Aucune créature n’a le droit de s’ériger en Seigneur sur la conscience, car Dieu seul en est le Seigneur et le maître (Rm 14.4 ; Jc 4.12). Celui-ci ne tyrannise pas la conscience de l’homme, il assure au contraire son bon fonctionnement. Se soumettre volontairement à Dieu, c’est s’épanouir dans la vraie liberté qui commence de l’intérieur.

    La confession décrit la liberté de conscience non pas comme le droit de penser et d’exprimer ce qu’on veut, mais plutôt comme le droit de ne pas se faire imposer quoi que ce soit qui ne vienne pas de Dieu.

    Qu’en est-il des autorités légitimes qui imposent parfois des règles et des commandements qui ne sont pas explicitement contenus dans l’Écriture sainte? Jusqu’où va l’autorité naturelle des parents et à quel moment s’arrête-t-elle? Qu’est-ce qu’un gouvernement peut imposer sans contrevenir à la liberté de conscience? Une Église peut-elle adopter des traditions et des règles qui ne sont pas explicites dans la Parole de Dieu? Les chrétiens auront certainement des points de vue divergents quant à ces questions. Mais rappelons que chacun possède la liberté devant Dieu de ne pas être soumis à la conviction des autres. La conscience n’a manifestement pas une frontière uniforme, mais varie quant au contour exact de ce qu’il faut observer (Rm 14). Mais puisque chaque conscience rendra compte à Dieu pour elle-même (Rm 14.12), il est de la plus haute importance que la conscience soit formée par la Parole de Dieu et non par une simple opinion humaine.

    Ainsi, en matière de conscience, la confession de foi nous donne un double devoir : respecter notre propre conscience et respecter celle des autres. Les chrétiens n’ont pas la liberté de croire ce qu’ils veulent ni d’obéir à n’importe quel commandement. Soumettre sa conscience à un autre seigneur qu’à Dieu, « c’est trahir la vraie liberté de conscience » et c’est se nuire à soi-même (Rm 14.22-23 ; 1 Co 7.23). Ceci étant dit, il n’est pas toujours évident de savoir comment nous sommes appelés à nous soumettre à Dieu dans telle ou telle situation, ni toujours facile de le faire, mais tout chrétien devrait mettre un point d’honneur à garder une conscience pure devant Dieu (2 Co 1.12).

    Le deuxième devoir consiste à respecter la conscience d’autrui. En parlant d’exiger « une foi implicite », la confession se réfère à l’Église romaine qui exigeait de ses fidèles de croire tout ce que l’Église enseigne, simplement parce que c’est l’Église qui l’enseigne. Aucune Église n’a l’autorité d’exiger une foi implicite dans tout son enseignement. Bien sûr, l’Église veut susciter et instruire la foi, mais la seule façon que Dieu lui permet de le faire c’est en enseignant ouvertement sa Parole. Il n’était pas dit aux premiers disciples qu’ils devaient se soumettre aveuglément aux apôtres sans vérifier par eux-mêmes les Écritures, au contraire (Ac 17.11 ; 2 Co 1.24).

    Ceci nous rappelle que nous ne pouvons pas forcer la conscience des autres, pas même par la vérité. Imposer la vraie foi et l’obéissance par contrainte, « c’est détruire la liberté de conscience et contrevenir à la raison. » Notre seule arme pour défendre la vérité est la proclamation de la Parole de Dieu et l’utilisation des moyens de grâce. Et comme ambassadeurs de la vérité, nous devons incarner la douceur de Celui qui est la vérité dans tous nos efforts pour convaincre les autres (2 Co 10.1-6 ; 2 Tm 2.25, 4.2 ; 1 P 3.15).

    961 mots

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    30 min
  • Question #87 – En quoi consiste la liberté chrétienne?

    Réponse : La liberté chrétienne consiste d’abord et avant tout en un affranchissement spirituel grâce à la rédemption accomplie par Christ. Cette liberté inclut des privilèges réservés aux enfants de Dieu. ~ Jean 8.34-36

     

    Le concept de liberté peut s’appliquer dans plusieurs domaines de l’existence : la liberté religieuse, la liberté d’expression, la liberté économique, la liberté d’association ou encore la liberté sexuelle. La doctrine réformée considère en premier lieu la liberté spirituelle, car c’est d’elle que jaillissent les autres libertés. Sans la liberté spirituelle, l’homme libre demeure esclave. Ainsi, la liberté du chrétien ne doit pas être premièrement revendiquée comme droit civil, mais appropriée comme une grâce en Christ.

    (Par. 1) La liberté que Christ a acquise pour les croyants sous l’Évangile consiste en leur libération de la culpabilité du péché, de la condamnation de la colère de Dieu, de la sévérité et de la malédiction de la loi. Ils sont délivrés de ce présent monde mauvais, de l’esclavage de Satan, de la domination du péché, du mal des afflictions de la crainte et de l’aiguillon de la mort, de la victoire du tombeau et de la damnation éternelle ; par la liberté que Christ a acquise pour les croyants, ceux-ci ont un libre accès auprès de Dieu et deviennent obéissants, non par crainte servile, mais par amour filial et bonne volonté.

    La première chose qu’il nous faut souligner dans cette affirmation théologique c’est que la liberté chrétienne a été acquise et n’est pas innée. En raison de la conception moderne des droits et libertés, nous sommes habitués d’envisager les droits de l’homme comme étant naturels et inaliénables et à voir ainsi les libertés individuelles non pas comme octroyées par le gouvernement, mais simplement reconnues et protégées par celui-ci. Cependant, il n’en va pas ainsi de la liberté la plus fondamentale de toutes.

    Depuis la chute d’Adam et Ève, l’homme est un esclave (Jn 8.34). Il est asservi au diable, au péché et à la mort. Il ne peut rien faire de lui-même pour s’affranchir de cette domination. Tous les esclavages du monde découlent de cet esclavage spirituel. C’est pourquoi la liberté chrétienne doit être étroitement liée à la rédemption accomplie par Christ (Jn 8.36). La rédemption déterminera également notre façon d’envisager l’exercice même de la liberté : non comme la possibilité d’agir comme il nous plaît, mais comme la capacité d’obéir au Maître qui nous a rachetés (Rm 6.16,18,22). Telle est l’essence de la liberté chrétienne.

    La confession de foi décrit ensuite la liberté du chrétien comme une série d’affranchissements. Nous pouvons résumer cette section en une seule phrase qui englobe tous ces éléments : ceux qui placent leur confiance en Christ sont libérés du péché, de la loi, du monde, du diable, de la crainte de la mort, de la mort elle-même et de l’enfer éternel. Commençons par la liberté face au péché. Celle-ci vient en trois temps : elle consiste premièrement dans la libération de la punition du péché grâce à la justification (Rm 8.1); deuxièmement, il s’agit de la libération de la puissance du péché grâce à la sanctification (Rm 8.2); troisièmement, le chrétien sera libéré de la présence du péché à la glorification (1 Co 15.54-57).

    Il est ensuite question de la liberté face à la loi. L’Écriture présente assez souvent la liberté chrétienne comme un affranchissement de la loi (Rm 6.14, 7.3-4, 6 ; Ga 5.18). Cependant, la vraie liberté ne consiste pas à abandonner la loi, mais à la mettre en pratique (Jc 1.25). L’affranchissement de la loi réfère d’une part à l’affranchissement de la condamnation de la loi, mais également l’affranchissement d’une vie sous la probation de la loi. Ceux qui sont en Jésus-Christ ne sont plus sous la servitude d’une conscience qui craint sans arrêt de transgresser la loi et de ne pas réussir à atteindre les exigences de Dieu. Car tout en vivant dans l’obéissance à la loi, ils vivent au-delà de toute probation où ils devraient d’abord faire leurs preuves en méritant quelque récompense. Ils ont gratuitement reçu tout le mérite de Christ.

    L’affranchissement du monde, quant à lui, consiste à ne plus appartenir au monde rebelle à Dieu (Ga 6.14). Le chrétien découvre également que, par une œuvre progressive de l’Esprit saint en lui, le monde perd de son attrait sur lui (Jn 17.15). De plus, celui qui est appelé « le prince de ce monde » n’a plus aucun droit sur l’homme affranchi par Christ (1 Jn 5.18-19). Parmi les droits du diable exercés sur les pécheurs, le pouvoir de la mort lui est dorénavant interdit contre les croyants, ceux-ci sont donc délivrés de la crainte de la mort, car ils sont délivrés de la mort elle-même (Hé 2.14-15). Étant gardés pour le ciel, les croyants n’ont plus rien à craindre de l’enfer (Rm 8.38-39).

    Il serait cependant insuffisant de décrire la liberté chrétienne uniquement sous l’angle de ces multiples affranchissements en négligeant d’affirmer les privilèges positifs. Ceux-ci sont décrits par la confession comme étant un libre accès auprès de Dieu et une nouvelle obéissance filiale. L’affranchissement résulte de l’adoption comme enfant de Dieu. Ainsi, le croyant passe d’un statut d’esclave à un statut de fils, et d’étranger qu’il était, il devient un membre à part entière de la famille de Dieu (Rm 8.15 ; Ep 1.5, 2.19). Puisque nous sommes ses enfants, il va de soi que nous ayons accès à notre Père (Ep 2.18 ; Hé 10.19-22) et que nous lui obéissions librement puisqu’il nous a donné un cœur nouveau pour l’aimer et garder sa Parole (Lc 1.73-75).

    Puisque toute cette liberté résulte de l’œuvre de rédemption accomplie par le Seigneur Jésus, qu’en était-il de ceux qui ont vécu avant lui, au temps de l’Ancienne Alliance? La confession de foi répond spécifiquement à cette question dans le reste du paragraphe 1 :

    (Par. 1) Tout cela était également imparti en substance aux croyants sous la loi. Cependant, sous le Nouveau Testament, la liberté des chrétiens est plus vaste encore : ils sont libérés du joug des lois cérémonielles auxquelles l’Église juive était assujettie, bénéficient d’une plus grande assurance dans leur accès au trône de la grâce et ont part à une plus large mesure du libre Esprit de Dieu que ne l’avaient généralement les croyants sous la loi.

    Comme la liberté spirituelle découle de la grâce de l’Évangile et que celui-ci était offert et cru avant la venue de Christ, il en résulte une même liberté en substance. Après tout, les païens sont entrés dans la bénédiction d’Abraham (Ga 3.9,14). Il existe cependant une différence quantitative quant au degré de liberté vécu d’une alliance à l’autre. Ce degré s’explique d’une part par une révélation plus complète de la vérité qui affranchit (Jn 8.32), mais aussi par l’abolition des lois cérémonielles auxquelles l’Église juive était assujettie (Ga 4.1-3 ; Ep 2.15).

    Conséquemment, les saints de la Nouvelle Alliance jouissent d’une plus grande assurance et goûtent à une portion plus généreuse des grâces de l’Esprit de liberté (Jn 7.38-39 ; 2 Co 3.17-18).

    1116 mots

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    33 min
  • Question #86 – Pourquoi l’Évangile a-t-il été prêché à certains peuples plutôt qu’à d’autres?

    Réponse: L’Évangile n’étant dû à aucun homme, il a plu à Dieu, dans sa grâce et sa providence, de diriger les progrès de sa Parole dans le monde d’un peuple à l’autre. ~ Actes 16.6-10

     

    Étudier l’histoire de l’Église, c’est aussi suivre la trajectoire de l’Évangile dans le monde. Si aujourd’hui nous pouvons constater la présence de l’Évangile sur tous les continents et son progrès partout dans le monde entier (Col 1.6), il fut un temps où le christianisme n’était pas tellement répandu en dehors des Églises de l’Orient et l’Occident. Sous l’Ancienne Alliance, Dieu n’a révélé sa Parole qu’à Jacob et « n’a pas agi de même pour toutes les nations » (Ps 147.19-20). Comment expliquer cette répartition inégale? Certains peuples auraient-ils été mieux disposés à devenir chrétiens que d’autres? Voici comment la confession de foi répond à cette question :

    (Par. 3) En ce qui concerne la révélation de l’Évangile aux pécheurs, faite à plusieurs reprises et en plusieurs endroits, avec l’adjonction de promesses et de commandements pour l’obéissance qui y est requise, cela ne dépend que de la volonté souveraine et du bon plaisir de Dieu quant aux nations et aux individus à qui elle est accordée. Elle n’a pas été communiquée en vertu d’une promesse quelconque due au développement des capacités naturelles de l’homme, ou en vertu de la lumière commune reçue sans elle : en fait, personne n’a jamais fait ni ne peut faire telle promesse. Par conséquent, en tout temps, la prédication de l’Évangile a été accordée à des personnes et à des nations de façon très variée, selon le conseil du dessein de Dieu.

    La première chose à souligner est qu’aucun peuple n’est prédisposé à recevoir l’Évangile. L’Éternel met en garde son peuple, avant de déposséder les nations cananéennes devant lui, afin qu’Israël ne se croie pas supérieur ou plus juste que ces nations, comme s’il avait en quelque sorte mérité la faveur de Dieu (Dt 7.7-8, 9.4-6). Si aucun peuple n’est collectivement prédisposé à recevoir l’Évangile, c’est parce qu’aucun homme n’est individuellement disposé à le recevoir (Rm 3.10-11) : « Il n’y a point de juste, pas même un seul ; nul n’est intelligent, nul ne cherche Dieu ; tous sont égarés, tous sont pervertis. »

    L’idée que des hommes puissent s’améliorer par eux-mêmes grâce à leur bon usage de la lumière de la révélation générale et être ainsi disposés à recevoir la Parole de Dieu ne tient pas compte du fait que les hommes « retiennent injustement la vérité captive » (Rm 1.18) et la changent en mensonge afin de pouvoir adorer leurs faux dieux à leur guise (Rm 1.22-25). Toute manifestation de bonté, de sagesse et d’intelligence chez les païens est un témoignage de la grâce commune de Dieu pour préserver l’humanité et non du mérite humain (Gn 8.21-22 ; Jb 32.8 ; Ps 94.10 ; Ac 14.16-17 ; Rm 2.14-15).

    Si aucune nation n’est fondamentalement meilleure qu’une autre et qu’aucun peuple n’attire sur lui la faveur divine pour être privilégié par l’Évangile en y étant plus réceptif, qu’est-ce qui explique ce privilège? Uniquement le bon plaisir divin! Lorsque Jésus déclare qu’il a visité certaines villes et pas d’autres et que le mystère du royaume a été révélé à certains, mais caché à d’autres, il conclut en disant (Mt 11.26) : « Oui, Père, je te loue de ce que tu l’as voulu ainsi. » Dieu n’a pas accordé le même privilège à toutes les nations (Ps 147.20 ; Ac 16.6-10). Et si ce privilège varie d’un peuple à l’autre, c’est qu’il varie d’une personne à l’autre puisque l’élection au salut est individuelle et non corporative (Rm 9.10-18).

    Cela n’est-il pas injuste? Pourquoi certains auraient-ils le droit d’entendre l’Évangile tandis que d’autres en seraient privés? Pourquoi la foi serait-elle donnée à certains, tandis que les autres seraient laissés incrédules? C’est ici que la notion de grâce prend tout son sens. Personne n’a le droit d’entendre l’Évangile. Dieu n’est pas tenu d’envoyer la bonne nouvelle de Jésus-Christ à qui que ce soit. Ce n’est pas « juste » en effet que certains peuples seulement aient entendu et reçu l’Évangile, c’est une grâce. Ce qui est juste serait la condamnation unilatérale de tous les hommes (Rm 3.4,19). Mais l’Évangile dépasse la justice et accorde la grâce par pure grâce.

    Pourquoi avez-vous eu le privilège d’entendre l’Évangile tandis que d’autres ne l’ont pas entendu? Pourquoi avez-vous compris le message de l’Évangile tandis que d’autres qui l’ont entendu ne l’ont pas compris? Pourquoi avez-vous répondu à l’appel de l’Évangile par la repentance et par la foi, tandis que d’autres l’ont rejeté? Ce n’est pas vous-mêmes que vous devez féliciter pour avoir fait la différence (Rm 3.27), mais c’est Dieu que vous devez remercier (Col 1.12).

    Si la société d’aujourd’hui rejette dédaigneusement l’héritage du christianisme, celui-ci était la norme culturelle du contexte social dans lequel la confession de foi a été écrite. Conscients qu’une culture chrétienne était une grâce, les auteurs de cette confession terminèrent néanmoins ce chapitre en rappelant qu’une simple adhésion sociale au christianisme n’était pas suffisante pour être un vrai chrétien.

    (Par. 4) Bien que l’Évangile soit le seul moyen extérieur de révéler Christ et sa grâce salutaire, et qu’il soit, en lui-même, amplement suffisant pour ce but, cependant, pour que des hommes qui sont morts dans leurs transgressions puissent naître de nouveau, être rendus à la vie ou régénérés, il faut en plus l’œuvre efficace et irrésistible de l’Esprit saint dans toute l’âme, pour produire en eux une vie nouvelle spirituelle. Aucun autre moyen n’accomplira leur conversion à Dieu.

    Il faut, pour être chrétien, plus qu’une appartenance à une culture ou à une tradition chrétienne. Un chrétien est une nouvelle créature par le Saint-Esprit (2 Co 5.17 ; Ga 6.15) et pas simplement une personne de religion chrétienne. S’il est vrai que l’Esprit saint n’œuvre pas dans les cœurs sans la Parole de Dieu, il faut également préciser que la Parole de Dieu n’y œuvre pas non plus sans le Saint-Esprit. Il est possible d’adhérer intellectuellement aux vérités du christianisme sans avoir une vraie foi (2 Tm 3.15 ; Jc 2.19). Mais il est impossible d’avoir une vraie foi sans avoir été irrésistiblement attiré à Christ par Dieu (Jn 6.44). Ceux qui viennent ainsi à Christ ont été régénérés par le Saint-Esprit.

    1000 mots

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    28 min
  • Question #85 – La nature révèle-t-elle un moyen de salut aux hommes?

    Réponse: Puisque les hommes ne peuvent aucunement être sauvés par la lumière de la nature, Dieu a révélé à tous les hommes dès le commencement l’unique moyen de salut. ~ Genèse 3.15

     

    Le déisme, dont l’influence se faisait sentir en Angleterre au milieu du 17e siècle, affirmait qu’il était possible d’arriver à une connaissance de Dieu et du salut à partir de la raison humaine et de la nature sans passer par une révélation spéciale. Le déisme récusait aussi l’exclusivité du christianisme en affirmant qu’il était possible d’être sauvé sans nécessairement être un chrétien. Un des arguments du déisme, d’inspiration chrétienne, était qu’il devait nécessairement y avoir d’autres voies de salut que la foi en Jésus-Christ puisque des gens furent sauvés avant sa venue. Voici comment la confession de foi a répondu à ce raisonnement :

    (Par. 1) L’alliance des œuvres ayant été détruite par le péché, et rendue inutile pour la vie, il a plu à Dieu d’annoncer la promesse de Christ, la postérité de la femme, comme le moyen par lequel Il appellera les élus, et fera naître en eux la foi et la repentance ; dans cette promesse, l’Évangile, quant à sa substance, a été révélé, et il y est efficace pour la conversion et le salut des pécheurs.

    Loin de reconnaître l’idée qu’il y eut nécessairement un autre moyen de salut que la foi en Jésus-Christ avant Jésus-Christ, la confession affirme que la foi en Jésus-Christ a été révélée dès le commencement. En s’appuyant sur Genèse 3.15, elle soutient que l’Évangile n’a pas commencé à être annoncé et cru uniquement à partir de l’incarnation, mais depuis la création.

    La révélation de l’Évangile ne remonte pas au tout début de la création, mais uniquement après que celui-ci fut rendu nécessaire, parce que « l’alliance des œuvres [fut] détruite par le péché, et rendue inutile pour la vie ». Le plan initial du Créateur était de donner la vie éternelle par l’alliance des œuvres, mais après la désobéissance d’Adam, « il a plu à Dieu d’annoncer la promesse de Christ, la postérité de la femme ». Depuis, c’est uniquement par ce moyen, c’est-à-dire par l’annonce de cette promesse, que les élus furent appelés, se repentirent de leurs péchés et furent justifiés par la foi.

    Il n’y a aucun doute que la croix de Christ fut révélée dès la chute de l’homme puisque Jésus est appelé « l’Agneau qui a été immolé dès la fondation du monde » (Ap 13.8). Étant donné que Jésus a paru non « à la fondation du monde » mais « à la fin des siècles » pour effacer le péché par son sacrifice (Hé 9.26), ce n’est que par anticipation qu’il fut révélé comme Agneau immolé dès la fondation du monde. Cependant, la substance de l’Évangile fut efficacement communiquée pour produire la conversion des pécheurs qui entendirent et crurent la promesse génésiaque.

    Maintenant, peut-on réellement penser qu’Adam et Ève et leurs descendants possédaient une révélation suffisante en Genèse 3.15 pour devenir chrétiens? D’une part, il est important de reconnaître le caractère progressif de la révélation biblique qui implique que le moindre des saints de la Nouvelle Alliance surpasse le plus grand saint de l’Ancienne Alliance en termes de place dans la progression du plan de rédemption (Mt 11.11). Ainsi, Adam et Ève et les croyants parmi leurs descendants avaient une connaissance moindre de l’Évangile.

    Ils étaient cependant en mesure de comprendre que le salut, suite à leur rébellion et chute, était uniquement dû à la grâce de Dieu. Deuxièmement, puisqu’il s’agissait d’une promesse, ils ne pouvaient la recevoir que par la foi seule qui est l’unique moyen de recevoir une promesse. Et finalement, ils savaient que leur salut dépendait de la venue d’un Rédempteur humain qui détruirait le diable et non de leurs propres efforts. Ne possédaient-ils pas l’essentiel du christianisme, à savoir sola gratia, sola fide et solus Christus et ce sur la base seule de la Parole de Dieu?

    Dans la mesure où les descendants d’Adam gardèrent cette promesse, y crurent et la transmirent à leurs enfants, l’Évangile s’est répandu parmi les hommes. Partout où cette bonne nouvelle fut mise en oubli et perdue, les hommes n’eurent aucun moyen d’être sauvés. À nouveau, la confession répond dans le paragraphe suivant à des croyances déistes qui affirment qu’en s’efforçant à vivre de leur mieux à la lumière de la nature et de leur intelligence, les hommes ont pu être sauvés ou encore que Christ aurait pu leur être révélé dans la nature :

    (Par. 2) Cette promesse de Christ et du salut par lui, n’est révélée que dans la Parole de Dieu ; ni les œuvres de la création, ni la providence, ni la lumière de la nature, ne peuvent découvrir Christ, ou la grâce par lui, même pas d’une manière générale ou obscure. Ceux qui sont privés de la révélation de sa promesse et de l’Évangile sont donc incapables d’atteindre à la foi qui sauve ou à la repentance.

    La nature révèle l’existence du Créateur et ses attributs de manière à rendre les hommes inexcusables de ne pas adorer le vrai Dieu (Rm 1.20-21). Cependant, elle ne révèle pas le Christ ni le salut qui est offert en lui. Seule l’Écriture révèle l’Évangile. L’unique épée que l’Esprit utilise est la Parole de Dieu (Ep 6.17 ; Hé 4.12) par laquelle il régénère les hommes pour qu’ils puissent entrer dans le royaume des cieux (Jn 3.3 ; Tt 3.5 ; 1 Pi 1.23). Sans la révélation, il n’y a pas de régénération. D’où la nécessité d’annoncer la bonne nouvelle du salut à tous les hommes, en tout lieu et en toute occasion favorable ou non (2 Tm 4.2) :

    Comment donc invoqueront-ils celui en qui ils n’ont pas cru? Et comment croiront-ils en celui dont ils n’ont pas entendu parler? Et comment en entendront-ils parler, s’il n’y a personne qui prêche? […] Ainsi la foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Christ. (Romains 10.14,17)

    Personne ne peut être sauvé sans invoquer le nom du Seigneur. Personne ne peut invoquer le nom du Seigneur sans qu’on lui prêche ce nom. Personne ne peut être sauvé sans la foi. Personne ne peut avoir la foi sans entendre la Parole du Christ. Voilà pourquoi l’Église du Seigneur a été chargé d’une mission jusqu’au bout de la terre et jusqu’à la fin du monde (Mt 28.19 ; Ac 1.8).

    1030 mots

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  • Question #84 – La loi et la grâce sont-elles en opposition ou en harmonie?

    Réponse: En ce qui a trait à notre justification, la loi et la grâce présentent deux moyens antithétiques pour obtenir la vie éternelle. En ce qui a trait aux usages de la loi dans la vie du chrétien, elles sont en harmonie avec la grâce de l’Évangile qui confirme la loi. ~ Jérémie 31.33-34

     

    Au sein du christianisme, il existe deux tendances dangereuses vis-à-vis de la loi de Dieu : certains amalgament la loi et l’Évangile, tandis que d’autres les opposent radicalement. Les premiers importent une dose de la justice de l’homme dans la justification et les bénédictions qui en découlent, les seconds banalisent l’importance de l’obéissance du croyant alors que l’Écriture en fait souvent une question de vie ou de mort. Nous terminerons notre étude de la loi en examinant comment le paragraphe 7 offre une présentation équilibrée du rapport entre la loi et la grâce.

    (Par. 7) Les usages de la Loi mentionnés ci-dessus ne sont pas contraires à la grâce de l’Évangile, mais s’accordent harmonieusement avec elle. L’Esprit de Christ soumet la volonté de l’homme et la rend capable de faire librement et joyeusement ce que la volonté de Dieu, révélée dans la Loi, exige de faire.

    En disant que la loi et la grâce « s’accordent harmonieusement », la confession désigne spécifiquement les usages de la loi qui viennent d’être mentionnés. Il existe un usage de la loi qui n’est pas fait pour le chrétien : la loi en tant qu’alliance des œuvres. C’est de cet usage dont Paul parle en déclarant : « nous savons bien que la loi n’est pas faite pour le juste, mais pour les méchants et les rebelles, les impies et les pécheurs, les irréligieux et les profanes, les parricides, les meurtriers » (1 Tm 1.9). Au verset précédant, l’apôtre rappelle l’importance de distinguer entre les différents usages de la loi : « Nous n’ignorons pas que la loi est bonne, pourvu qu’on en fasse un usage légitime » (1 Tm 1.8).

    Lorsqu’il est question de chercher la justice qui donne la vie, il y a une antithèse fondamentale entre la justice qui s’obtient par la loi et celle qui s’obtient par la grâce. La justice qui vient de la loi ne procède pas de la foi, mais des œuvres (Rm 10.5 ; Ga 3.12), elle ne donne pas gratuitement, mais elle exige d’obéir parfaitement (Lv 18.5 ; Lc 10.28) ; elle donne la vie éternelle comme une récompense, mais elle punit rigoureusement la moindre désobéissance (Rm 4.4 ; Ga 3.10).

    La justice qui s’obtient par la grâce de l’Évangile, quant à elle, s’obtient exclusivement par le moyen de la foi (Rm 3.28 ; Ga 2.16) ; elle est un pur don de grâce qui procure gratuitement la vie éternelle (Rm 5.15-20) ; elle ne laisse à l’homme aucune possibilité de se vanter ou de se confier en sa propre justice, mais elle produit les plus complètes dépendance et gratitude envers le Seigneur (Rm 3.27 ; Ph 3.4-10). Il est essentiel de reconnaître quand l’Écriture nous parle par la loi et quand elle nous parle par l’Évangile, quand elle nous dit « fais cela et tu vivras » et quand elle promet et donne gratuitement. Confondre la loi et l’Évangile, c’est corrompre le salut (Ga 1.6-8,5.4).

    Certains partent de cette antithèse entre la loi et l’Évangile et concluent qu’il ne peut qu’y avoir opposition entre les deux et jamais harmonie. Pour ces gens, il n’y a pas d’autres impératifs dans la vie chrétienne que celui de croire, pour eux toute observance de la loi contredit nécessairement l’idée d’un salut par grâce. Ce n’est pas du tout ce que l’Écriture conclut, même dans les passages où elle oppose loi et Évangile. Par exemple, après avoir affirmé que « l’homme est justifié par la foi, sans les œuvres de la loi » (Rm 3.28), Paul demande : « Annulons-nous donc la loi par la foi? Loin de là! Au contraire, nous confirmons la loi. » (Rm 3.31). De même, dans l’Épître aux Galates Paul démontre que l’héritage éternel s’obtient par la foi dans la promesse et non par l’obéissance à loi, mais il demande ensuite : « La loi est-elle donc contre les promesses de Dieu? Loin de là! S’il avait été donné une loi qui puisse procurer la vie, la justice viendrait réellement de la loi. » (Ga 3.21).

    Le point est qu’il existe une harmonie fondamentale entre la loi et l’Évangile. Si la loi et la grâce sont antithétiques dans la méthode pour obtenir la vie, elles ne le sont pas dans le but visé par chacune. La grâce nous donne ce que le la loi nous ordonne. L’Évangile ne mène pas l’abolition de la loi, mais à la confirmation de celle-ci. La principale façon dont l’Évangile confirme la loi est par la manifestation de la justice de Dieu dans la parfaite justice de Christ (Rm 3.21-26). Une deuxième façon dont l’Évangile confirme la loi est l’obéissance produite par le Saint-Esprit dans la vie du croyant (Rm 8.2-4). Cette obéissance évangélique est l’une des caractéristiques de la Nouvelle Alliance :

    Mais voici l’alliance que je ferai avec la maison d’Israël, après ces jours-là, dit l’Éternel : Je mettrai ma loi au-dedans d’eux, je l’écrirai dans leur cœur ; et je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. Celui-ci n’enseignera plus son prochain, ni celui-là son frère, en disant : Connaissez l’Éternel! Car tous me connaîtront, depuis le plus petit jusqu’au plus grand, dit l’Éternel ; car je pardonnerai leur iniquité, et je ne me souviendrai plus de leur péché. (Jr 31.33-34)

    Le fait d’avoir la loi écrite sur le cœur, par la régénération du Saint-Esprit, produit nécessairement une conformité à la justice exigée par la loi. Cette conformité est bien sûr imparfaite (Rm 7.22-23), mais elle tend vers la perfection étant parachevée par Dieu lui-même (Mt 5.48 ; 1 Jn 2.4-5). Ce cœur circoncis, cet amour façonné et répandu dans les cœurs, cette sanctification progressive, sont différentes façons de désigner la même œuvre de l’Esprit dans le croyant. Cette œuvre démontre comment la loi et la grâce s’accordent harmonieusement dans le plan de Dieu : « Je mettrai mon Esprit en vous, et je ferai en sorte que vous suiviez mes ordonnances, et que vous observiez et pratiquiez mes lois. » (Ez 36.27). Ainsi, le ministère de l’Esprit produit la justice exigée par le ministère de la loi (2 Co 4.8-9).

    1001 mots

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    28 min
  • Question #83 – Quelle est la place de la loi dans la vie du chrétien?

    Réponse: Bien que le chrétien ne peut être ni justifié ni condamné par la loi, celle-ci a une grande utilité dans sa vie pour le rapprocher de Christ. ~ Romains 8.1-4

     

    Au sein des communautés évangéliques, le légalisme et l’antinomisme font bon ménage. D’un côté, on présente le salut en termes d’obéissance aux commandements de Dieu sans comprendre la distinction entre la loi et l’Évangile. De l’autre côté, on nie toute nécessité d’obéir à la loi puisque « nous sommes, non sous la loi, mais sous la grâce » (Rm 6.15). Il est essentiel de savoir comment articuler la relation entre la loi et l’Évangile pour pouvoir comprendre la place de la loi dans la vie du chrétien.

    Au paragraphe 6, la confession reprend, dans un ordre différent, les trois usages de la loi morale présentés par Jean Calvin dans l’Institution de la religion chrétienne. (1) L’usage pédagogique de la loi mène le croyant à Christ en révélant à la fois son péché et la perfection du Sauveur. (2) L’usage civil établit la loi comme règle de vie pour tous les hommes et maintient l’ordre social nécessaire au déploiement de la rédemption. (3) L’usage normatif de la loi a pour but de restreindre le péché et d’encourager l’obéissance chez les croyants régénérés.

    (Par. 6) Bien que les vrais croyants ne soient pas sous la Loi en tant qu’alliance des œuvres pour en être justifiés ou condamnés, elle leur est cependant d’une grande utilité, comme elle l’est aux non‑croyants. En tant que règle de vie, elle leur enseigne la volonté de Dieu et leur devoir, elle les dirige et les oblige à s’y conformer. Elle leur fait aussi découvrir les pollutions coupables de leurs natures, de leurs cœurs et de leurs vies, de telle sorte qu’en s’examinant eux‑mêmes, ils puissent en arriver à être profondément convaincus de leur péché, à s’en humilier et le haïr, et aussi à acquérir une plus claire vision de leur besoin de Christ et de la perfection de son obéissance. En ce qu’elle interdit le péché, la Loi est également utile aux régénérés, pour qu’ils réfrènent leur corruption ; ces menaces servent à leur montrer ce que leurs péchés méritent et à quelles afflictions ils peuvent s’attendre en cette vie, bien qu’ils soient délivrés de la malédiction et des rigueurs sans indulgence de la Loi. De même, ses promesses leur montrent que Dieu approuve l’obéissance, et leur font connaître les bénédictions auxquelles ils peuvent s’attendre en la pratiquant, non, toutefois, comme un dû de la Loi en tant qu’alliance des œuvres. C’est pourquoi le fait de pratiquer le bien et de s’abstenir du mal, parce que la Loi encourage l’un et interdit l’autre, n’est en rien une preuve que la personne soit sous la loi et non pas sous la grâce.

     

    Le premier point qui doit être mis de l’avant est le statut fondamental du croyant vis-à-vis de la loi : le chrétien n’est ni justifié ni condamné par la loi tout simplement parce qu’il n’est pas sous la loi en tant qu’alliance des œuvres. Il existe bel et bien un usage de la loi en tant qu’alliance des œuvres en vue de la justification de l’homme pour atteindre la vie éternelle (Rm 10.5 ; Ga 3.12), cependant aucun pécheur ne peut être justifié par la loi, elle ne fait donc que maudire (Rm 8.3 ; Ga 3.10). Pour qu’un pécheur puisse être justifié, ce n’est pas le statut de la loi qui doit changer, mais celui du pécheur lui-même qui, en s’unissant à Jésus-Christ par la foi, reçoit sa justice (Rm 4.3, 5.19) et, par conséquent, n’est plus un pécheur vis-à-vis de la loi, mais un juste (Rm 8.4).

    Une fois que le croyant satisfait les exigences de la loi grâce à la grâce, par le moyen de la foi en Jésus-Christ (Rm 3.24), qu’arrive-t-il avec la loi dans sa vie? Est-il tenu d’y obéir puisque ni son obéissance ni sa désobéissance ne peut changer sa justification? Peut-il vivre sans se soucier de la loi sachant qu’il n’y a plus aucune condamnation? La confession de foi répond à cette question en apportant une précision fondamentale concernant le statut du croyant vis-à-vis de la loi : bien que les vrais croyants ne soient pas sous la loi en tant qu’alliance des œuvres, ils sont tenus de l’observer en tant que règle de vie. En tant qu’alliance des œuvres, la loi est un ministère de mort (2 Co 3.7 ; Rm 7.1-6), mais en tant que règle de vie elle est une loi de liberté que le croyant vraiment régénéré cherche à mettre ne pratique (Jc 2.12 ; Rm 7.25).

    Après avoir établi cette distinction fondamentale, la confession poursuit en faisant ressortir plusieurs effets positifs de la loi dans la vie du chrétien. Par exemple, elle met de l’avant trois choses que la loi révèle au croyant et qui lui sont nécessaires pour vivre la vie chrétienne. Premièrement, elle lui révèle ses devoirs envers Dieu et envers son prochain. Ainsi, l’enfant de Dieu connaît la volonté de son Père et peut vivre d’une manière qui lui est agréable (Rm 12.2, 13.8-10).

    Deuxièmement, « c’est par la loi que vient la connaissance du péché » (Rm 3.20). L’idée n’est pas simplement que la loi informe l’homme qu’il est un pécheur, mais elle manifeste dramatiquement sa corruption et sa condamnation. L’apôtre Paul ajoute un peu plus loin ce que la loi fait chez ceux qui se repentent :

    Que dirons-nous donc? La loi est-elle péché? Loin de là! Mais je n’ai connu le péché que par la loi. Car je n’aurais pas connu la convoitise, si la loi n’avait dit : Tu ne convoiteras point. Et le péché, saisissant l’occasion, produisit en moi par le commandement toutes sortes de convoitises ; car sans loi le péché est mort. Pour moi, étant autrefois sans loi, je vivais ; mais quand le commandement vint, le péché reprit vie, et moi je mourus. Ainsi, le commandement qui conduit à la vie se trouva pour moi conduire à la mort. Car le péché saisissant l’occasion, me séduisit par le commandement, et par lui me fit mourir. La loi donc est sainte, et le commandement est saint, juste et bon. Ce qui est bon a-t-il donc été pour moi une cause de mort? Loin de là! Mais c’est le péché, afin qu’il se manifeste comme péché en me donnant la mort par ce qui est bon, et que, par le commandement, il devienne condamnable au plus haut point. Nous savons, en effet, que la loi est spirituelle ; mais moi, je suis charnel, vendu au péché. (Rm 7.7-14)

    La loi vise ainsi un double but, d’une part amener les chrétiens « à être profondément convaincus de leur péché, à s’en humilier et le haïr » et d’autre part « à acquérir une plus claire vision de leur besoin de Christ et de la perfection de son obéissance ». Ce dernier but est en fait la troisième chose que la loi révèle au croyant : son besoin de Christ et la perfection de celui-ci (Rm 10.4).

    Toute cette révélation produit un double effet sur le croyant : elle l’incite à réfréner sa corruption et elle motive son obéissance. En constatant ce que méritent leurs péchés par les menaces et les malédictions de la loi, les croyants sont incités à s’en détourner ; en particulier lorsqu’ils contemplent les souffrances de leur Sauveur pour leur péché (Mc 14.72).

    Concernant les raisons qui sous-tendent l’obéissance du croyant, il est vrai que certains peuvent avoir des motivations médiocres, comme d’essayer de mériter une faveur de Dieu. Cependant, l’obéissance du croyant vient de la gratitude qui émane du cœur régénéré (Tt 2.14 ; Hé 12.28). Une deuxième raison pour obéir est le simple fait que le chrétien est une nouvelle créature qui doit marcher comme telle (Ep 5.8). Ayant la loi de Dieu écrite sur son cœur par l’Esprit saint, il a de nouvelles affections pour la justice de Dieu (Rm 8.5 ; Hé 8.10). Ainsi, le croyant régénéré obéit non seulement parce que la loi le commande, mais parce qu’il prend plaisir à l’obéissance dans son for intérieur et qu’il ne peut plus prendre plaisir à la désobéissance (Rm 7.22-25). Il y a donc un triple motif qui sous-tend l’obéissance du chrétien : la gratitude, la nouvelle nature et la joie de l’obéissance.

    Au 17e siècle, et aujourd’hui encore, certains protestants déclaraient qu’un tel effort pour garder la loi était la manifestation d’un salut par les œuvres et l’absence de la grâce du salut. Ce à quoi la confession répond : « le fait de pratiquer le bien et de s’abstenir du mal, parce que la Loi encourage l’un et interdit l’autre, n’est en rien une preuve que la personne soit sous la loi et non pas sous la grâce ». D’après l’apôtre Paul, c’est plutôt une indication du contraire, puisque l’obéissance à la loi manifeste que le croyant n’est plus sous la condamnation de celle-ci et que la justice de la loi est accomplie en lui (Rm 6.12-14, 8.4).

    1448 mots

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  • Question #82 – Qui est obligé par la loi morale de Dieu?

    Réponse: La loi morale de Dieu oblige à l’obéissance tous les hommes de tous les temps jusqu’à la fin du monde. ~ 1 Jean 3.4

     

    Le caractère temporaire de certaines lois du code mosaïque pourrait nous amener à conclure que toutes les lois de l’Ancien Testament étaient temporaires et ont été abrogées par Christ. Dans cette étude, nous verrons qu’il est nécessaire de distinguer la loi morale de Dieu de l’alliance mosaïque et de reconnaître que, contrairement à cette dernière, la loi morale possède un caractère permanent.

    (Par. 5) La loi morale oblige à l’obéissance pour toujours tous les hommes, qu’ils soient justifiés ou non ; cela, non seulement en rapport à son contenu mais aussi concernant l’autorité de Dieu le Créateur, qui l’a donnée. Christ dans l’Évangile, loin de l’abroger, en a considérablement renforcé l’obligation.

    Lorsque l’Écriture parle de « la fin de la loi » (Rm 10.4) ou de la loi qui était « l’ombre des biens à venir » (Hé 10.1) ou encore lorsqu’elle affirme que nous sommes « non sous la loi, mais sous la grâce » (Rm 6.14), cela ne signifie pas que la loi morale de Dieu a été abolie. La loi morale n’appartient ni à l’Ancienne Alliance ni à la Nouvelle. La loi morale est une loi d’obéissance universelle qui a été donnée par le Créateur et elle oblige tous les hommes pour toujours. Mais puisque cette loi fut révélée et incorporée dans l’alliance mosaïque (Dt 5.1-33), certains confondent la loi morale avec la loi de Moïse et assignent le même caractère temporaire à l’une et l’autre. Voici un passage où l’apôtre Paul distingue clairement entre la loi morale de Dieu et l’Ancienne Alliance :

    La circoncision n’est rien, et l’incirconcision n’est rien, mais l’observation des commandements de Dieu est tout. (1 Co 7.19)

    La circoncision était un commandement de Dieu qui pouvait être sévèrement puni s’il était transgressé (Gn 17.14). Cependant, la circoncision était un commandement positif et non une loi morale. Ce commandement a donc pris fin avec l’établissement de la Nouvelle Alliance (Ac 15.1-29 ; Ga 5.2-3,6, 6.15). Mais alors que le commandement de la circoncision est vu comme caduc, Paul déclare que « l’observation des commandements de Dieu est tout ». L’apôtre distingue nécessairement entre deux types de commandements divins : des commandements temporaires propres à l’Ancienne Alliance (la loi de Moïse) et des commandements permanents qui s’appliquent à tous les hommes (la loi morale de Dieu).

    Où retrouve-t-on la loi morale? Au paragraphe 2, la confession associe la loi morale écrite sur le cœur de tout homme, aux dix commandements écrits par le doigt de Dieu dans la pierre : « Cette même loi qui a d’abord été inscrite dans le cœur de l’homme, est demeurée une parfaite règle de justice après la chute, et a été transmise par Dieu sur le Mont Sinaï, en dix commandements, écrits sur deux tables. » Ce rapport entre la loi morale et les dix commandements est établi par Paul en Romains 2 :

    Quand les païens, qui n’ont point la loi, font naturellement ce que prescrit la loi, ils sont, eux qui n’ont point la loi, une loi pour eux-mêmes ; ils montrent que l’œuvre de la loi est écrite dans leur cœur, leur conscience en rendant témoignage, et leurs pensées s’accusant ou se défendant tour à tour. (Rm 2.14-15)

    Ce n’est pas par hasard que Paul parle de la loi « écrite dans leur cœur », puisque la référence à une loi écrite par Dieu lui-même renvoie directement aux dix commandements « écrits du doigt de Dieu » (Ex 31.18 ; Dt 9.10). Ainsi, bien que les dix commandements aient eu une application particulière qui était propre à l’Ancienne Alliance avec le peuple d’Israël (Jr 31.32), ils concernent tous les hommes (Rm 3.19). L’expression biblique « ceux qui sont sous la loi » doit donc être comprise comme se référant parfois spécifiquement au peuple juif (1 Co 9.20), mais également à tous les hommes (Rm 3.19 ; Ga 4.5). Cette double référence vient du fait que l’Écriture emploie parfois le mot « loi » pour désigner l’Ancienne Alliance et d’autres fois pour désigner la loi morale et l’alliance des œuvres dont l’Ancienne Alliance était un type.

    C’est pour cette raison que la confession de foi déclare l’universalité de la loi morale qui « oblige à l’obéissance pour toujours tous les hommes, qu’ils soient justifiés ou non ». Les commandements divins ne sont pas uniquement pour le peuple de Dieu, que ce soit Israël ou l’Église, mais pour tous les hommes. Puisque la culpabilité du péché est universelle (Rm 3.23) et que la seule jauge pour indiquer le péché est la loi de Dieu (1 Jn 3.4 ; Rm 3.20), il faut donc que cette loi soit universelle. Lorsque Paul parle de « ceux qui sont sans loi » (1 Co 9.21), il veut simplement désigner les païens par opposition aux juifs, puisque tous les hommes sont sous la même loi, qu’ils soient justifiés ou non, circoncis ou incirconcis.

    La confession avance une double raison pour fonder l’universalité de la loi morale : son contenu et son origine. Le contenu de la loi morale est à la fois indépassable (on ne peut surpasser les standards moraux de Dieu, cf. Mt 22.36-40) et immuable (on ne peut abolir les standards moraux de Dieu, cf. Mt 5.18).

    De plus, si la loi morale est permanente, c’est aussi en raison de son origine qui est Dieu lui-même, le Créateur de tous les hommes. Les commandements de la loi morale fonctionnent organiquement entre eux : transgresser l’un d’eux c’est transgresser toute la loi (Jc 2.10-11). Cette unité organique s’applique également envers le seul législateur de la loi ; se faire juge de la loi c’est en quelque sorte se faire juge de Dieu (Jc 4.11-12). La loi est intrinsèquement liée à son Auteur qui est immuable dans son essence et sa moralité (Jc 1.17). La loi est donc permanente et elle exprime le caractère saint et bon de Dieu tout en requérant la ressemblance de la créature.

    Certains chrétiens ne croient pas à la permanence de la loi morale. Ils expliquent la moralité chrétienne plutôt comme étant propre à la Nouvelle Alliance et voient la loi de Christ (1 Co 9.21 ; Ga 6.2) comme une nouvelle loi donnée uniquement aux héritiers du royaume de Dieu. Cette perspective s’explique par le fait qu’ils ne reconnaissent pas une distinction biblique entre les différentes lois de l’Ancien Testament et qu’ils articulent différemment le rapport entre les alliances ainsi que la relation entre la loi et la foi. En pratique ils observent cependant la loi morale (du moins en partie) puisqu’ils observent « la loi de Christ », qui est en réalité la même loi et non une loi différente (cf. Jn 15.9-10 ; 2 Jn 5-6).

    La confession déclare, concernant l’idée que Christ aurait entièrement aboli les lois de l’Ancien Testament en les remplaçant par sa loi : « Christ dans l’Évangile, loin de l’abroger [la loi morale], en a considérablement renforcé l’obligation. » Ce que certains voient comme une autre loi est en réalité un renforcement de la loi morale de Dieu. Ce renforcement ne consiste pas en une amélioration de la loi, ce qui est impossible, mais une exposition en profondeur de celle-ci et aussi un exemple parfait de son accomplissement dans le don de sa vie qui doit être imité par ses disciples (Jn 13.15). Tel est l’élément nouveau dans ce commandement qui est ancien (Jn 13.34 ; 1 Jn 2.7-8).

    D’autres déclarent que nous devons obéir non à cause d’une loi, mais uniquement par amour, autrement notre obéissance manquerait de sincérité. Il est vrai que c’est l’amour qui pousse le chrétien à l’obéissance (1 Jn 5.2-3). Mais l’amour a besoin d’être éclairé par la loi de Dieu (Mt 7.12 ; Rm 13.8) et non d’être guidé uniquement par les raisonnements de l’homme ou ses affections. La comparaison avec le mariage peut être utile. Un mariage dirigé uniquement par des commandements est froid et dépourvu de l’élan du cœur, mais un mariage sans obligations ne peut réussir. Il en va de même de la relation d’amour qui unit le croyant à Dieu et l’Église à son Sauveur : cette relation est animée par l’amour et dirigée par la loi.

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    37 min
  • Question #81 – Quelle est l’utilité des lois cérémonielles et judiciaires de l’AT pour les chrétiens?

    Réponse: Les lois propres à l’Ancienne Alliance ont été abrogées à l’avènement de la Nouvelle Alliance. Elles ne doivent donc plus être observées bien qu’elles conservent leur utilité typologique et pédagogique. ~ Colossiens 2.16-17

     

    Est-il utile de lire le pentateuque dans son entièreté? Bien sûr, les parties narratives nous aide à suivre la trame historique du peuple de Dieu, mais les menus détails de la loi avec ses classifications entre le pur et l’impur, ses rituels pour telle fête ou telle circonstance qui ne s’appliquent plus à nous et tous ses litiges hypothétiques font que ces lois nous sont complètement étrangères et semblent être une lecture bien peu profitable pour les lecteurs modernes de la Bible. Dans cette étude nous réfléchirons à cette question. Le paragraphe 3 concerne la loi cérémonielle et le paragraphe 4 la loi judiciaire.

    (Par. 3) En plus de cette loi, dite morale, il a plu à Dieu de donner au peuple d’Israël des lois cérémonielles, qui contiennent plusieurs dispositions typiques, les unes pour le culte, préfigurant Christ, ses qualités, ses actes, ses souffrances et ses bienfaits ; les autres contenant des enseignements en rapport au comportement moral. Toutes ces lois cérémonielles, imposées seulement jusqu’à un temps de réforme, ont été enlevées et abrogées par Jésus-Christ, le vrai Messie et le seul Législateur qui a reçu sa puissance du Père à cette fin.

    Les lois de nature cérémonielles incluent les lois sur les sacrifices, les fêtes, la nourriture, l’hygiène, etc. On retrouve ces lois particulièrement dans les livres d’Exode, Lévitique, Nombres et Deutéronome. Ils s’agissaient de lois positives et non de lois proprement morales.

    La confession propose une double utilité aux lois cérémonielles : une utilité typologique et une utilité pédagogique. La première utilité affirme que le culte en Israël préfigurait Christ. D’après l’auteur de l’Épître aux Hébreux, l’inefficacité des sacrifices servait à renouveler et à nourrir l’attente de celui qui viendrait offrir le sacrifice parfait qui ôterait définitivement le péché (Hé 10.1-7). Ce contraste entre l’imperfection sous l’économie de la loi et la perfection de Christ est largement exposé d’un bout à l’autre d’Hébreux.

    Ce n’est pas uniquement les qualités de Christ qui étaient préfigurées dans les lois cérémonielles, mais encore ses actes, ses souffrances et les bienfaits qui en découlent. Ici la confession vise particulièrement la mort sacrificielle de Jésus de laquelle jaillit la rédemption. Ce salut était préfiguré par la loi, mais il était impossible qu’il puisse être accompli par la loi (Rm 8.1-3).

    La deuxième utilité de ces lois était pédagogique puisqu’elles contenaient « des enseignements en rapport au comportement moral. » Par exemple, il n’y avait rien de proprement moral dans l’interdiction d’avoir du levain dans sa maison lors de la Pâque (Ex 12.15ss.) Paul explique que le levain représentait la puissance du péché (1 Co 5.6-8). Jésus utilise l’image du levain pour illustrer l’effet qu’un enseignement peut produire (Mt 16.11-12 ; cf. Ga 5.9). L’interdiction d’utiliser du levain avait une visée pédagogique pour pointer les Israélites vers la nécessité de la repentance et de la séparation d’avec l’Égypte.

    La confession poursuit en affirmant la nature transitoire de ces lois cérémonielles et en déclarant que Christ lui-même les a abrogées : « Toutes ces lois cérémonielles, imposées seulement jusqu’à un temps de réforme, ont été enlevées et abrogées par Jésus-Christ, le vrai Messie et le seul Législateur qui a reçu sa puissance du Père à cette fin. » La loi morale est permanente et ne peut d’aucune façon être abrogée par aucun homme. Les lois cérémonielles étaient des prescriptions positives, elles pouvaient donc changer. Elles furent mises en place par Dieu durant l’enfance de son peuple jusqu’à la venue du Sauveur (Ga 4.1-5 ; Hé 9.6-10).

    Cependant, Jésus déclare qu’il n’est pas venu pour abolir, mais pour accomplir la loi et les prophètes (Mt 5.17). Par cette expression, le Seigneur désigne spécifiquement la loi morale (cf. Mt 7.12, 22.40), car l’Écriture déclare que Christ a « anéanti par sa chair la loi des ordonnances dans ses prescriptions » (Ep 2.15), c’est-à-dire les lois de nature cérémonielle. Ces lois qui jadis distinguaient et séparaient le peuple juif des autres peuples ont été abrogées de sorte que les païens, sans observer ces lois, forment avec les juifs un seul peuple de Dieu en Christ (Ep 2.11-18 ; Ac 10). Jésus seul possède le pouvoir de légiférer pour l’Église et c’est lui-même qui les a abolies.

    (Par. 4) Dieu leur a donné aussi diverses lois judiciaires, qui ont expiré en même temps que le peuple juif cessait d’être un État. Ces lois n’ont plus aucune obligation de nos jours, leur équité générale étant d’un usage moral seulement.

    Les lois judiciaires sont dans la même catégorie que les lois cérémonielles, c’est-à-dire qu’il s’agit de lois positives. On les retrouve dans la même section de la Bible, mais en particulier dans les chapitres 21 à 23 du livre de l’Exode. Les lois judiciaires étaient différentes des lois cérémonielles en ce qu’elles concernaient la vie civile de l’ancien peuple de Dieu. Elles étaient en quelque sorte le code civil et criminel de la théocratie sous l’Ancienne Alliance. Les lois cérémonielles s’apparentaient un peu plus à la vie religieuse du peuple, tandis que les lois judiciaires encadraient les questions sociales.

    La confession déclare que ces lois devaient expirer en même temps que le peuple juif cesserait d’être un État. Les lois judiciaires étaient intrinsèquement liées à l’Ancienne Alliance. Puisque celle-ci a maintenant disparu (Hé 7.18, 8.13), ces lois ont nécessairement été abolies par la même occasion. Une concession est cependant faite concernant l’utilité actuelle des lois judiciaires : « leur équité générale étant d’un usage moral seulement. » Qu’est-ce que cela signifie? La confession renvoie à un texte biblique qui illustre ce principe.

    8 Ces choses que je dis, n’existent-elles que dans les usages des hommes? La loi ne les dit-elle pas aussi? 9 Car il est écrit dans la loi de Moïse: Tu ne muselleras point le bœuf quand il foule le grain. Dieu se met-il en peine des bœufs, 10 ou parle-t-il uniquement à cause de nous? Oui, c’est à cause de nous qu’il a été écrit que celui qui laboure doit labourer avec espérance, et celui qui foule le grain fouler avec l’espérance d’y avoir part. (1 Co 9.8-10)

    L’apôtre Paul enseigne aux Corinthiens le principe qu’un ouvrier chrétien mérite son salaire. Il illustre cet enseignement par des exemples tirés de la vie courante, puis il soutient son point avec une loi judiciaire de l’Ancien Testament : « Tu ne muselleras point le bœuf quand il foule le grain. » Cependant, l’apôtre fait une application morale de cette loi en observant l’équité générale qui sous-tendait ce commandement. Si un bœuf pouvait se nourrir de son travail, à combien plus forte raison un serviteur de Dieu? Voilà l’équité générale de Deutéronome 25.4 appliquée moralement dans le contexte de la Nouvelle Alliance. Le chrétien n’est donc pas appelé à appliquer cette loi telle quelle, mais à comprendre et à appliquer le principe moral derrière cette loi.

    Voici un deuxième exemple : 1 Corinthiens 5.13 est l’équité générale de Deutéronome 22.21. La loi judiciaire de l’Ancien Testament condamnait à mort l’immoralité sexuelle. L’Église qui désire appliquer la loi de Dieu ne doit pas lapider ceux des siens qui se rendent coupables d’un tel péché, mais elle doit néanmoins « ôter le mal du milieu d’elle ». En appliquant l’équité générale de cette loi, Paul écrit aux Corinthiens, en citant le Deutéronome : « Pour ceux du dehors, Dieu les juge. Ôtez le méchant du milieu de vous. » (1 Co 5.13). La loi judiciaire de l’Ancien Testament est donc utile à la discipline d’Église sous le Nouveau Testament.

    Le lecteur attentif du pentateuque recevra un grand bénéfice de toutes ses parties s’il apprend à y voir Christ (1 Co 10.4), à y tirer instruction pour sa marche avec Dieu (1 Co 10.11) et en retirer des principes moraux à appliquer dans sa vie et dans la vie de l’Église (1 Tm 1.8). « Ouvre mes yeux, pour que je contemple les merveilles de ta loi! […] Combien j’aime ta loi! Elle est tout le jour l’objet de ma méditation! » (Ps 119.18,97).

    1295 mots

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    34 min
  • Question #80 – Quelle est la fonction de la loi de Dieu avant et après la chute de l’homme?

    Réponse: Avant et après la chute, la loi de Dieu exige une parfaite obéissance de l’homme ; lui promettant la vie en cas d’obéissance et le menaçant de mort s’il la transgresse. ~ Galates 3.10,12

     

    Plusieurs chrétiens semblent considérer que le règne de la loi commença avec la loi de Moïse donnée au peuple d’Israël dans le désert du Sinaï. Il est vrai que cette période de l’histoire de la rédemption fut marquée par une codification approfondie de la loi qui marqua un tournant majeur dans l’histoire du peuple de Dieu. Cependant, il faut remontrer bien avant Moïse et même Abraham pour avoir une juste compréhension de la théologie biblique de la loi. La confession de foi commence son exposé de la doctrine de la loi à partir du Jardin d’Éden avec Adam pour ensuite retracer la révélation progressive de la loi jusqu’à la Nouvelle Alliance.

    (Par. 1) Dieu a donné à Adam une loi d’obéissance universelle inscrite dans son cœur, et en particulier le commandement de ne pas manger du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, par lequel il l’obligeait, lui et toute sa postérité, à une obéissance personnelle, totale, rigoureuse et perpétuelle, lui promettant la vie s’il l’accomplissait, et le menaçant de mort s’il y contrevenait ; il lui avait donné le pouvoir et la capacité pour l’observer.

    Adam, tout comme Christ (Ga 4.4), est « né sous la loi ». La loi sous laquelle Adam se trouvait avait deux composantes. D’un côté elle était une loi morale interne qui était inscrite sur son cœur. Il s’agit de ce que les théologiens ont appelé la loi morale ou encore la loi naturelle et que la confession appelle ici une loi d’obéissance universelle. L’apôtre Paul parle de cette loi morale et universelle lorsqu’il déclare que « les païens, qui n’ont point la loi, font naturellement ce que prescrit la loi, ils sont, eux qui n’ont point la loi, une loi pour eux-mêmes ; ils montrent que l’œuvre de la loi est écrite dans leur cœur » (Rm 2.14-15). La deuxième composante de la loi donnée à Adam était une loi externe qui lui fut révélée par Dieu sous la forme d’un commandement positif : le commandement de ne pas manger du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Sans une révélation particulière, Adam n’avait aucun moyen de savoir qu’il devait s’abstenir de cet arbre, alors qu’il avait une connaissance du bien et du mal par le témoignage interne de la loi morale inscrite sur son cœur.

    Ce commandement servait à éprouver le premier homme afin de voir s’il vivrait ou non de toute parole qui sort de la bouche de Dieu (Dt 8.1-3). Adam reçut cette loi dans le cadre spécifique d’une alliance qui fixait d’avance le salaire de l’homme en cas d’obéissance et en cas de désobéissance. Cette alliance est généralement appelée l’alliance des œuvres, puisqu’il est question des œuvres d’obéissance de l’homme. Elle est aussi parfois appelée l’alliance de vie lorsqu’on veut mettre l’accent sur la promesse de Dieu. La promesse de la vie éternelle était symbolisée par l’arbre de vie qui représentait la récompense pour l’accomplissement de la justice exigée (Gn 2.9, 3.22,24 ; Ap 2.7, 24.14). La menace de mort lui fut explicitement annoncée par la parole de Dieu (Gn 2.17 ; Ez 18.20 ; Rm 6.23). Les salaires de vie et de mort en fonction de l’obéissance à la loi sont affirmés explicitement par l’apôtre Paul lorsqu’il décrit la justice qui procède de la loi :

    Maudit est quiconque n’observe pas tout ce qui est écrit dans le livre de la loi, et ne le met pas en pratique. […] Or, la loi ne procède pas de la foi ; mais elle dit: Celui qui mettra ces choses en pratique vivra par elles. (Ga 3.10,12)

    L’obéissance exigée à la loi de son Créateur devait être personnelle, totale, rigoureuse et perpétuelle. Adam était une personne et non un automate, son obéissance venait de son libre arbitre. Son obéissance à Dieu ne devait pas être partielle, mais se conformer entièrement à tout ce que Dieu exigeait. Une seule faute d’omission ou de commission était fatale. Troisièmement, son obéissance devait être rigoureuse et exacte, c’est-à-dire qu’il ne pouvait pas obéir en surface seulement, mais il devait obéir de tout son cœur et de toute sa pensée. Et finalement son obéissance devait être permanente, il ne devait jamais se relâcher avant d’avoir revêtu l’incorruptibilité et l’immortalité promises. N’était-ce pas trop exiger? Non! Puisque Dieu « lui avait donné le pouvoir et la capacité pour l’observer ». L’Ecclésiaste confirme cette origine immaculée qui permettait à l’homme d’accomplir l’obéissance exigée (Ec 7.29). Cet arrangement allianciel ne prévalait pas que pour le premier homme, mais également pour tous ses descendants. Cette stipulation est énoncée rapidement au premier paragraphe, puis est réaffirmée au deuxième paragraphe de la manière suivante :

    (Par. 2) Cette même loi qui a d’abord été inscrite dans le cœur de l’homme, est demeurée une parfaite règle de justice après la chute, et a été transmise par Dieu sur le Mont Sinaï, en dix commandements, écrits sur deux tables : les quatre premiers commandements décrivant nos devoirs envers Dieu, les six derniers, nos devoirs envers l’homme.

    La loi des œuvres qui promettait la vie fut, à cet égard, rendue sans force lorsque le péché entra dans le monde (Rm 8.3). Cette loi ne pouvait dès lors que conduire à la mort (Rm 7.10). Ce ministère de la mort ne fit que commencer avec Adam, puis il fut mis en évidence sous Moïse (2 Co 3.7). L’alliance mosaïque avec Israël était en quelque sorte une republication en miniature de l’alliance adamique avec tous les hommes. Cependant, le but de l’alliance mosaïque n’était pas uniquement de réaffirmer la condamnation de l’alliance des œuvres. L’alliance mosaïque avait également pour but de manifester avec plus de clarté la loi inscrite par le Créateur sur le cœur des hommes. Après la chute, bien que le témoignage de la loi de Dieu subsista dans la conscience des hommes, il fut profondément affecté et brouillé par la corruption. Si les hommes reconnaissent l’existence du bien et du mal, ils n’affirment pas pour autant le même bien et le même mal.

    Mais puisque la norme du bien et du mal n’est pas subjective ni relative, Dieu donna aux hommes un témoignage objectif de sa loi en la gravant sur la pierre. Cette inscription de la loi par le doigt de Dieu dans la pierre indiquait la permanence de la loi morale qui régit tout homme. La loi d’obéissance universelle inscrite dans le cœur de l’homme fut ensuite transmise par Dieu sur le Mont Sinaï en dix commandements. Ces dix commandements ne sont pas un exposé exhaustif de la loi morale, mais un résumé représentatif de celle-ci. L’essentiel de la loi morale se résume en deux commandements : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Jésus déclare que toute la loi et les prophètes dépendent de ces deux commandements (Mt 22.40).

    Mais comment doit-on aimer Dieu et son prochain ? Les dix commandements expliquent ce en quoi consiste l’amour pour Dieu et pour l’homme. Les deux tables de la loi furent traditionnellement comprises comme se référant d’abord à nos devoirs envers Dieu (première table), ensuite à nos devoirs envers l’homme (deuxième table). Il est possible que ce soit le cas, mais la plupart des spécialistes du Proche-Orient ancien considèrent que les deux tables étaient plutôt deux copies de cette loi alliancielle qui liait Dieu, le suzerain, à Israël, son vassal. Chaque parti ayant une copie de l’acte d’alliance, ces deux copies furent déposées dans l’arche de l’alliance. Par cette disposition, le lien entre la loi et l’alliance fut renforcé, mais aussi l’attente qu’un médiateur de l’alliance vienne accomplir la loi personnellement, totalement, rigoureusement et perpétuellement. Grâce soit rendue à Dieu qui nous a donné un tel Médiateur (Mt 5.17).

    1297 mots

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