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Réponse: Puisqu’il est possible d’être héritier du salut sans en posséder l’assurance, le croyant doit travailler à l’affermissement de sa vocation et de son élection afin d’obtenir et de préserver cette assurance. ~ 2 Pierre 1.10
Les raisons pour l’absence d’assurance du salut sont multiples : une compréhension superficielle de l’Évangile, la difficulté à se débarrasser de son incrédulité, le péché rémanent qui me fait douter de l’authenticité de ma conversion, la négligence des moyens de grâce ou tout simplement parce Dieu ne m’a pas donné cette assurance en dépit de tous mes efforts pour l’obtenir. Mais peut-on faire quoi que ce soit pour y remédier? Le prochain paragraphe concerne l’absence d’assurance du salut chez certains croyants et ce qui doit être fait dans une telle situation.
Cette assurance infaillible n’appartient pas à l’essence de la foi ; aussi un vrai croyant peut-il attendre longtemps et affronter de nombreuses difficultés avant d’y avoir part. Cependant, étant rendu capable par l’Esprit de connaître les dons gratuits que Dieu lui a faits, il peut, sans révélation extraordinaire, par le bon usage des moyens ordinaires, y parvenir. C’est pourquoi il est du devoir de chacun de s’appliquer à affermir son appel et son élection, afin que son cœur soit rempli de paix et de joie dans le Saint-Esprit, d’amour et de reconnaissance pour Dieu, de force et de belle humeur dans les tâches d’obéissance, les fruits mêmes de cette assurance qui est bien loin d’incliner les hommes au relâchement. (Confession de 1689, 18.3)
La première chose qu’il nous faut comprendre est que l’assurance du salut n’appartient pas à l’essence de la foi. Autrement dit, il est possible d’être sauvé et de ne pas en être certain ; tout comme il est possible d’être en santé tout en se croyant malade. Le salut est d’abord un statut objectif qu’on possède par la foi et non un état subjectif qu’on ressent dans son cœur. Un vrai croyant régénéré peut donc attendre longtemps avant d’y avoir part et même ne jamais y avoir part. Pour développer l’assurance du salut, il faut donc comprendre que l’assurance n’est pas essentielle au salut. Tant qu’on ne réalise pas cela, on risque de se focaliser sur sa propre foi et sur l’absence d’assurance. Cependant, c’est en portant les regards exclusivement sur Christ qu’on triomphe de la lassitude d’une âme découragée (Hé 12.3) et non en regardant à soi-même.
Deuxièmement, il faut savoir qu’il est possible de parvenir à l’assurance du salut « sans révélation extraordinaire, par le bon usage des moyens ordinaires ». Contrairement à la doctrine catholique qui prétend que l’assurance du salut n’est possible qu’en recevant une révélation extraordinaire de la part de Dieu, tout croyant peut y parvenir en utilisant simplement et régulièrement les moyens ordinaires par lesquels Dieu communique sa grâce. L’Écriture révèle que Dieu utilise les moyens suivants pour communiquer l’assurance du salut à ses enfants : la Parole de Dieu (Rm 15.4, 16.25 ; 1 Tm 4.16), la prière (Ps 69.14 ; Mc 9.24 ; Lc 17.5 ; Ep 3.14-19), le Repas du Seigneur (1 Co 10.16, 11.26-28), la communion fraternelle (Rm 1.11-12 ; Ga 6.2 ; 1 Th 5.14-15). C’est en pratiquant ces choses que l’on s’applique à affermir son appel et son élection (2 P 1.10). L’idée n’est pas que l’élection du croyant soit incertaine jusqu’à ce qu’il la rende plus sûre par son obéissance. La vocation et l’élection sont garanties par Dieu même et par Dieu seul. Mais l’assurance qu’on en retire peut augmenter lorsqu’on met en pratique tout ce que « sa divine puissance nous a donné qui contribue à la vie et à la piété » (2 P 1.3).
Ce n’est pas pour Dieu, mais pour nous-mêmes que nous rendons notre appel et notre élection plus sûrs. En général, cette assurance ne produit pas le relâchement, mais l’obéissance et la reconnaissance (Tt 2.11-12,14 ; 1 Jn 3.2-3). Il est cependant vrai que certains abusent parfois de la grâce (Rm 6.1-2 ; Ga 5.13) et cela peut expliquer en partie pourquoi le Père, qui est bon et qui sait donner de bonnes choses à ses enfants, refuserait de donner cette assurance à certains afin de les garder près de lui (Hé 12.5-6,10-11). Jusqu’ici nous avons parlé des cas où le croyant n’a jamais goûté à l’assurance du salut, mais qu’en est-il de ceux qui l’ont perdu ou qui l’on vu diminuer considérablement? Comment comprendre qu’à un certain moment je possédais l’assurance de mon salut et que celle-ci fut ensuite ébranlée? La confession termine la présentation de cette doctrine en soulevant ces cas.
Chez les vrais croyants, l’assurance du salut peut être ébranlée, diminuée ou temporairement perdue de diverses façons : s’ils négligent de la préserver, ou tombent dans quelque péché particulier qui blesse leur conscience et attriste l’Esprit, s’ils succombent à quelque tentation soudaine ou violente, si Dieu leur retire la lumière de sa face, et même permet que ceux qui le craignent marchent dans les ténèbres et n’aient pas de lumière. Cependant, ils ne sont jamais totalement privés de la semence de Dieu et de la vie de foi, de l’amour de Christ et des frères, d’une sincérité de cœur et de la conscience de leur devoir, grâce auxquels, par l’opération de l’Esprit, cette assurance peut, en temps voulu, être ranimée, et par lesquels, ils sont gardés d’un désespoir total même au milieu de leur perplexité. (Confession de 1689, 18.4)
Il faut donc savoir que l’assurance du salut n’est pas assurément permanente. S’il est possible d’avoir le salut sans en être sûr, il est également possible de perdre l’assurance sans qu’il soit possible de perdre le salut. Le degré et la durée du doute peuvent varier selon ce qui le cause. Les différentes causes sont la négligence de la communion avec notre Seigneur (Cant 5.2-3,6 ; Hé 10.25, 12.15), des péchés particuliers qui blessent la conscience et attristent l’Esprit (Ps 32.4 ; 2 Co 2.6-7), de grandes tentations (Ps 73.2-3,13-17) ou lorsque Dieu cache sa face, que ce soit à cause de notre péché ou pour nous éprouver (Ps 30.8, 102.3 ; Es 8.17). Cependant, les enfants de Dieu qui ont perdu ou qui n’ont jamais eu l’assurance de leur salut ne sont pas complètement dépourvus des effets de la grâce. La semence de Dieu qui est en eux les préserve dans la foi et l’obéissance (1 Jn 3.9 ; Lc 22.32). Ils sont entourés de l’amour de l’Église et « ils sont gardés d’un désespoir total même au milieu de leur perplexité » parce que l’Esprit agit en eux. Terminons en méditant les versets suivants :
21 Voici ce que je veux repasser en mon cœur, ce qui me donnera de l’espérance. 22 Les bontés de l’Éternel ne sont pas épuisées, ses compassions ne sont pas à leur terme ; 23 elles se renouvellent chaque matin. Oh! que ta fidélité est grande! 24 L’Éternel est mon partage, dit mon âme ; c’est pourquoi je veux espérer en lui. 25 L’Éternel a de la bonté pour qui espère en lui, pour l’âme qui le cherche. 26 Il est bon d’attendre en silence le secours de l’Éternel. […] 31 Car le Seigneur ne rejette pas à toujours. 32 Mais, lorsqu’il afflige, il a compassion selon sa grande miséricorde ; 33 car ce n’est pas volontiers qu’il humilie et qu’il afflige les enfants des hommes. (Lam 3.21-26,31-33)
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Réponse: Le faux croyant ne manifeste pas un réel intérêt pour Christ lui-même, tandis que l’enfant de Dieu veut non seulement être sauvé, mais grandir en connaissance et en amour de son Sauveur. ~ Colossiens 3.1-4
La plupart des croyants se posent tôt ou tard cette question angoissante : comment savoir si je ne suis pas moi-même parmi ceux qui, malgré qu’ils disent « Seigneur, Seigneur! », n’entreront pas dans le royaume des cieux, mais entendront Jésus leur dire « Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité. » (Mt 7.23)? Comment savoir si ma profession de foi est authentique ou si je suis parmi ces faux croyants décrits en Matthieu 7.21-23? Ces faux croyants, qui auront quand même persévéré jusqu’au jugement final, seront surpris d’apprendre qu’ils n’ont jamais connu Christ alors qu’ils ont professé « Seigneur, Seigneur! » jusqu’à la fin de leur vie. Peut-on avoir la certitude que nous n’appartenons pas à cette catégorie de gens? Ou, formulé différemment: quelle est la différence entre ceux qui possèdent réellement le salut et ceux qui croient l’avoir, mais n’ont qu’une fausse présomption? Les deux premiers paragraphes du chapitre 18 nous permettront de faire cette importante distinction.
Les croyants temporaires et autres irrégénérés peuvent vainement se tromper par de faux espoirs et des présomptions charnelles, en s’imaginant qu’ils ont trouvé grâce aux yeux de Dieu et sont sauvés : mais leurs espoirs seront déçus. En revanche, ceux qui croient vraiment au Seigneur Jésus, qui l’aiment en toute sincérité, et qui s’efforcent de marcher devant lui en toute bonne conscience, peuvent, dès cette vie, être sûrs et certains qu’ils sont dans un état de grâce et peuvent se réjouir dans l’espérance de la gloire de Dieu : leur espérance ne les rendra jamais confus. (Confession de 1689, 18.1)
Le premier constat qu’il faut faire est qu’il est possible de se tromper soi-même. Des milliers de faux chrétiens se trompent eux-mêmes, et ce n’est pas faute d’une différence perceptible entre la vraie et la fausse foi. Le premier paragraphe établit une triple distinction entre les deux. La première distinction est au niveau de la foi elle-même. Il y a « ceux qui croient vraiment au Seigneur Jésus » et ceux qui croient vraiment en eux-mêmes d’après ce qu’ils confessent au jugement :
Plusieurs me diront en ce jour-là: Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton nom? n’avons-nous pas chassé des démons par ton nom? et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom? (Mt 7.22)
Leur confiance n’est manifestement pas dans ce que Jésus a fait pour eux, mais dans ce qu’ils ont fait pour Jésus. Autrement dit, ils espèrent pouvoir entrer dans le royaume des cieux non pas par la justice qui s’obtient par la foi, mais par leur propre justice (Ph 3.9). Ceci est une erreur fatale. La deuxième distinction est au niveau de l’affection. La confession de foi déclare que ceux qui sont sauvés « aiment en toute sincérité » le Seigneur Jésus. Les irrégénérés qui professent « Seigneur, Seigneur! » veulent seulement sauver leur peau. Bien sûr, les vrais croyants veulent aussi sauver leur peau, mais ils ont une vraie affection pour celui qui l’a sauvée. Cette affection se manifeste par un désir de connaître Christ, de comprendre sa Parole et de se nourrir de sa vie (2 Co 5.15 ; Ga 2.20). La troisième distinction se manifeste par l’obéissance. Jésus appelle les faux croyants de Matthieu 7 des « ouvriers d’iniquités ». Ces gens ont à la bouche une profession de foi qu’ils renient par leurs actions. Si Jésus est vraiment leur Seigneur, comme ils le prétendent, pourquoi ne font-ils pas ce qu’il commande? « Pourquoi m’appelez-vous Seigneur, Seigneur! et ne faites-vous pas ce que je dis? » (Lc 6.46) En revanche, la confession précise que ceux qui ont droit à l’assurance du salut sont ceux qui « s’efforcent de marcher devant lui en toute bonne conscience ». Ils ne sont certes pas parfaits en obéissance, mais ils s’efforcent sincèrement d’obéir à Christ. Ceux-là peuvent « être sûrs et certains qu’ils sont dans un état de grâce », car cette foi, cette affection et cette obéissance manifestent clairement qu’ils sont héritiers du salut. Le paragraphe suivant poursuit en décrivant l’espérance qui ne trompe point (Rm 5.5), distincte de l’espérance des méchants qui périra (Pr 10.28 ; Jb 8.13-14).
Cette certitude n’est pas une simple conjecture ou une opinion probable fondée sur un espoir douteux ; mais, c’est une infaillible assurance de foi fondée sur le sang et la justice de Christ révélés dans l’Évangile, et aussi sur ces preuves internes que sont les grâces de l’Esprit auxquelles les promesses sont faites, et sur le témoignage de l’Esprit d’adoption, témoignant à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Cette assurance a pour fruit de maintenir le cœur humble et saint. (Confession de 1689, 18.2)
L’assurance chrétienne ne repose pas dans le vide, elle n’est pas un vœu pieux ni une simple imagination. Il s’agit plutôt d’une « infaillible assurance de foi ». Ce n’est pas la foi elle-même qui rend infaillible cette assurance, mais son triple fondement. La première composante de ce fondement est « le sang et la justice de Christ révélés dans l’Évangile ». L’assurance du salut est d’abord le fait que le salut est assuré. Le salut est garanti objectivement par le sacrifice parfait et la justice sans faille de Jésus (Hé 7.22). Le repos du croyant vient premièrement du fait que « tout est accompli » (Jn 19.30), son salut est scellé une fois pour toutes dans l’œuvre de Christ à laquelle il n’y a rien à rajouter (Hé 10.10). Lorsque ce salut est reçu par la foi, il produit des « preuves internes qui sont les grâces de l’Esprit auxquelles les promesses sont faites. » Ces preuves internes sont les changements intérieurs que le Saint-Esprit opère dans le cœur, aussi appelés « les grâces de l’Esprit ». La confession ajoute que c’est à ces grâces spirituelles que « les promesses sont faites ». C’est-à-dire que les promesses du salut sont faites à ceux qui manifestent ces grâces. Par exemple, l’Écriture promet la vie éternelle à ceux qui pratiquent la justice (Dn 12.3 ; Mt 5.5-8,20). Bien entendu, il ne s’agit pas d’un salut promis en échange de notre propre justice. C’est la justice de Christ qui mérite le salut, mais celle-ci produit nécessairement en nous une « sanctification, sans laquelle personne ne verra le Seigneur » (Hé 12.14). Le troisième fondement de l’assurance est le témoignage de l’Esprit d’adoption, témoignant à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. L’Écriture décrit ainsi ce témoignage :
Et vous n’avez point reçu un esprit de servitude pour être encore dans la crainte; mais vous avez reçu un Esprit d’adoption, par lequel nous crions: Abba! Père! L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. » (Rm 8.15-16)
Ce témoignage intérieur de l’Esprit n’est pas une simple impulsion ponctuelle, mais une persuasion graduelle par laquelle on se sait enfant de Dieu. Cette certitude vient de l’inclination du cœur à invoquer Dieu comme son propre Père avec confiance et non comme une divinité lointaine et inconnue comme le font les païens (1 R 18.26 ; Mt 6.7). Les théologiens catholiques du temps de la réforme accusaient la doctrine protestante de l’assurance du salut de favoriser une conduite licencieuse. Selon eux, il valait mieux n’avoir aucune assurance du salut pour préserver une conscience chrétienne scrupuleuse. C’est en réponse à une telle accusation que le paragraphe 2 conclut : « Cette assurance a pour fruit de maintenir le cœur humble et saint. » La confession cite, pour preuve à l’appui, ce que dit l’Écriture en 1 Jean 3.1-3 :
Voyez quel amour le Père nous a témoigné, pour que nous soyons appelés enfants de Dieu! Et nous le sommes. Si le monde ne nous connaît pas, c’est qu’il ne l’a pas connu. Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté; mais nous savons que, lorsqu’il paraîtra, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu’il est. Quiconque a cette espérance en lui se purifie, comme lui-même est pur.
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Réponse: Les enfants de Dieu n’ont aucune garantie qu’ils ne tomberont pas dans de graves péchés. Par conséquent, ils doivent prendre tous les moyens nécessaires à leur préservation afin de persévérer jusqu’à la fin dans l’obéissance de la foi. ~ 2 Pierre 1.3-11
La raison principale qui incite certains à rejeter la doctrine de la persévérance des saints est l’impression que cette assurance incite au relâchement. Puisque le salut ne se perd pas, à quoi bon faire des efforts? Les calvinistes sont prompts à répondre à cette accusation en démontrant que l’assurance du salut produit une persévérance joyeuse et non un relâchement désinvolte ; un peu comme l’indissolubilité du mariage qui invite à s’investir et non à se relâcher. Mais si les élus persévèrent jusqu’à la fin, cela est premièrement dû à la grâce divine qui inclut leur préservation finale en vue du salut (1 Pi 1.5).
Cependant, cette grâce de préservation inclut-elle une garantie contre les péchés graves? Bien entendu, nous savons que les enfants de Dieu sont encore affectés par le péché rémanent, mais celui-ci n’est-il pas limité à des péchés moins graves? Examinons comment la confession de foi présente cette question et comment elle envisage l’étendue du péché rémanent.
(Par. 3) En raison des tentations de Satan et du monde, de la prédominance de la corruption rémanente en eux, et de la négligence des moyens de sauvegarde, les saints peuvent tomber dans de graves péchés, et pour un certain temps y demeurer ; de la sorte, ils provoquent le déplaisir de Dieu, attristent le Saint-Esprit, et en arrivent à avoir leurs grâces et leurs soutiens diminués ; ils ont leur propre cœur endurci et la conscience meurtrie, ils blessent et scandalisent les autres, et provoquent des jugements temporaires sur eux-mêmes ; cependant, ils renouvelleront leur repentance et seront gardés par la foi en Christ Jésus jusqu’à la fin. (Confession de 1689 17.3)
Ce paragraphe présente les causes, les effets et la limite des péchés graves dans la vie du chrétien. Nous examinerons chacun de ces trois points.
Nous entretenons souvent une conception erronée de la sanctification selon laquelle le chrétien pèche encore, mais de façon plus « civilisée ». Selon cette conception, un chrétien ne peut pas commettre de graves péchés comme un meurtre ou un adultère de premier degré, car l’Esprit de Dieu l’en préserve. Comment expliquer alors que David, un enfant de Dieu rempli du Saint-Esprit, ait commis ce double péché (2 S 11)? Pensons à l’apôtre Pierre qui aimait manifestement le Seigneur Jésus, mais cela n’a pas empêché son triple reniement (Mc 14.72).
Il est dangereux de croire que le statut d’enfant de Dieu est une garantie contre les péchés les plus grossiers. Une telle attente conduit au relâchement et à la désinvolture. Il est vrai que l’Esprit saint agit en nous afin de nous préserver (1 Pi 5.10), mais cette préservation n’est pas absolue. Si nous ne prenons pas garde, nous risquons de sombrer dans les pires péchés, car un chrétien régénéré est encore capable du pire (Rm 7.14-25). Nous avons donc un rôle à jouer dans notre propre préservation (Hé 12.12-13).
Parmi les causes pour les péchés graves que la confession met de l’avant, trois sont inéluctables, mais la quatrième est notre propre faute. Les trois premières causes sont les tentations de Satan et du monde ainsi que le péché rémanent. Il s’agit des trois ennemis du chrétien. Il devra leur livrer une bataille sans merci jusqu’à la fin de sa vie, car eux-mêmes lui feront la guerre. La seule façon de mener ce combat spirituel est d’utiliser continuellement tous les moyens de grâce. La négligence de ceux-ci est la quatrième cause qui amène le croyant à tomber dans le péché, parfois gravement. La confession l’exprime ainsi : « la négligence des moyens de sauvegarde [amène] les saints [à] tomber dans de graves péchés, et pour un certain temps y demeurer ».
« Veillez et priez, afin que vous ne tombiez pas en tentation » (Mc 14.38) avait dit le Seigneur Jésus aux disciples qu’il trouva endormis et qui n’étaient pas prêts à affronter l’épreuve qui s’avançait devant eux. Ils tombèrent tous lamentablement.
Après avoir indiqué les causes de la chute, la confession décrit six de ses effets, en plus du péché lui-même qu’il soit ponctuel ou que ses liens retiennent captif pour un certain temps. Ces effets nous démontrent que l’enfant de Dieu ne peut pas trouver plaisir dans la désobéissance à Dieu. Le diable promet le bonheur, mais son fruit est la mort (Jc 1.14-15).
Les six effets sont :
Qui veut vraiment passer par un tel chemin? Heureusement, la confession termine sur une note plus positive en montrant la limite que peut atteindre le péché rémanent. Elle déclare : « cependant, ils renouvelleront leur repentance et seront gardés par la foi en Christ Jésus jusqu’à la fin ». Le péché rémanent peut être très grave, mais il ne peut ni totalement ni définitivement nous faire déchoir de l’état de grâce.
Un chrétien né de nouveau ne peut pas commettre le blasphème contre le Saint-Esprit ou le péché qui mène à la mort. S’il tombe, il finira par se relever (Rm 14.4 ; Hé 6.9) parce que la grâce de Dieu est encore agissante en lui, même imperceptiblement. L’enfant de Dieu n’a nulle part où fuir loin de son Père ; il ne peut que se réfugier en sa miséricorde (Ps 139.7-12).
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Réponse: Ce n’est pas la volonté de l’homme, mais celle de Dieu qui garantit la persévérance finale de la volonté de l’homme. ~ Jean 10.27-30
En affirmant la nécessité de la persévérance pour le salut, il y a un danger de présenter le salut par la persévérance. Il est important de saisir ce qui garantit la persévérance des saints. Nous n’aborderons pas cette question sous l’angle subjectif de l’assurance du salut puisque cet angle sera développé dans le chapitre suivant. Il ne sera donc pas question de savoir comment puis-je avoir l’assurance personnelle que je persévérerai jusqu’à la fin, mais de savoir ce qui garantit la persévérance de ceux qui persévèrent.
Cette persévérance des saints ne dépend pas de leur libre arbitre, mais de l’immutabilité du décret de l’élection, lequel découle du libre et immuable amour de Dieu le Père, de l’efficacité du mérite et de l’intercession de Jésus-Christ et de l’union avec lui, du serment de Dieu, de la présence permanente de son Esprit, de la semence de Dieu en eux, et de la nature de l’alliance de grâce. De tout cela résulte son caractère certain et infaillible. (Confession de 1689 17.2)
La confession commence par affirmer que la persévérance ne dépend pas du libre arbitre de l’homme. Elle conteste à la fois la conception arminienne et la conception catholique romaine de la persévérance des croyants. En envisageant la possibilité de déchoir de l’état de grâce, ces deux conceptions situaient ultimement la garantie de la persévérance dans la volonté humaine. L’arminianisme et le catholicisme admettent que Dieu opère une œuvre de préservation auprès des croyants, mais non de manière infaillible ou irrésistible.
Bien entendu, l’orthodoxie réformée ne rejette pas l’idée que la volonté humaine a un rôle à jouer dans la persévérance des saints. Cependant, elle ne conçoit pas leur volonté comme étant ultime, mais comme assujettie à la volonté divine. Les élus persévèrent librement, tout en ne pouvant pas ne pas persévérer puisque Dieu a produit en eux, de manière irrésistible, le vouloir et le faire (Ph 2.13).
Pour les catholiques et les arminiens, cette conception de la persévérance est incompatible avec le libre arbitre et rend l’homme asservi à la volonté de Dieu comme un pantin. Pourtant, ces deux groupes croient qu’après la glorification finale, les saints ne pourront plus pécher puisqu’ils seront incorruptibles (1 Co 15.42,52). Ils ne voient pas d’incompatibilité entre la liberté des saints glorifiés et leur incorruptibilité. De même, les réformés considèrent que la grâce irrésistible de Dieu, qui garantit la persévérance finale des saints, est en parfaite harmonie avec leur liberté. Dieu seul peut exercer une influence irrésistible qui soit non coercitive puisqu’il ne contraint pas la volonté ; il la libère. Un parent possède une autorité pour contraindre son enfant à l’obéissance, mais il ne peut pas libérer sa volonté rebelle ; Dieu seul le peut.
C’est donc Dieu lui-même qui garantit la persévérance des saints. La confession développe cette vérité à partir d’une série d’éléments que l’on peut classer en trois catégories : (1) le caractère de Dieu, (2) les œuvres de Dieu, (3) la nature de l’alliance de grâce.
Dieu est amour et il est saint. Il ne peut par conséquent ni abandonner ses enfants (Jn 10.29 ; Rm 8.38-39) ni leur mentir lorsqu’il leur promet un salut éternel (Tt 1.2 ; Hé 6.13-20). Dieu a mis sa propre réputation en jeu en faisant dépendre la réalisation finale du salut de sa propre fidélité. Son caractère et ses attributs divins sont la plus grande garantie que nous puissions trouver pour le salut. Si ce salut implique la persévérance des saints, cette persévérance doit nécessairement dépendre de la fidélité de Dieu et non de la nôtre.
Cette conception de la persévérance est présentée par l’apôtre Paul en 2 Timothée 2.12-13 : « Si nous persévérons, nous régnerons aussi avec lui ; si nous le renions, lui aussi nous reniera ; si nous sommes infidèles, il demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même. » Le verset 12 commence par déclarer la nécessité de la foi qui persévère. Les non-croyants et les apostats seront reniés par le Seigneur, non comme des gens qui ont perdu le salut, mais comme des gens qui ne l’ont jamais eu (Mt 7.23, 10.32-33). Cependant, le verset 13 ajoute une promesse pour les vrais croyants : même s’ils deviennent momentanément infidèles, Dieu leur demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même. Autrement dit, notre persévérance finale dépend de la fidélité de Dieu et non de la nôtre.
Bien entendu, le caractère divin s’est traduit en œuvres divines spécifiques pour garantir la pérennité du salut des élus. La confession présente ces œuvres de manière trinitaire : le Père choisit et décrète, le Fils accomplit et intercède et l’Esprit scelle et habite. Cette répartition trinitaire du salut fait écho à la présentation faite par l’apôtre Paul en Éphésiens 1.3-14. Nulle part dans ce portrait du salut la volonté humaine n’apparaît-elle. Notre volonté nous semble peut-être au premier plan dans notre expérience subjective du salut, mais une lecture objective révèle qu’elle n’est pas déterminante, mais déterminée.
Ce Dieu saint et agissant aurait pu créer un salut conditionnel qui dépende de notre volonté, mais telle n’est pas la nature de l’alliance de grâce. Celle-ci réunit Dieu et l’homme dans une alliance éternelle justement parce que la réponse de l’homme ne dépend que de l’action de Dieu (Jr 32.40). Ce caractère inconditionnel et monergique de l’alliance de grâce la distingue nettement de la nature conditionnelle et synergique de l’alliance mosaïque qui pouvait être brisée et qui fut brisée (Jr 31.31-34). Ainsi donc, qu’est-ce qui m’assure que je vais persévérer jusqu’à la fin? En un mot : Dieu!
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Réponse: Seuls ceux qui persévèrent jusqu’à la fin seront sauvés, cependant ce n’est pas en vertu de leur persévérance, mais de la grâce de Dieu qu’ils sont sauvés et qu’ils persévèrent. ~ Matthieu 24.13 ; 1 Pierre 1.5
Une des controverses théologiques importantes au début du 17e siècle parmi les protestants fut la question de la perte du salut. Est-il possible ou impossible de perdre son salut? Bien entendu, l’orthodoxie réformée rejette la notion de perte du salut. Par contre elle n’articule pas l’assurance du salut comme une simple pérennité absolue, mais comme une persévérance nécessaire. Autrement dit, les vrais sauvés persévéreront nécessairement jusqu’à la fin, tandis que ceux qui professent la foi sans persévérer dans l’obéissance n’ont jamais été sauvés (Mt 7.23 ; 1 Jn 2.19). Le premier paragraphe du chapitre sur la doctrine de la persévérance des saints résume succinctement cette vérité.
Ceux que Dieu a acceptés en son Bien-aimé, qu’il a efficacement appelés, et sanctifiés par son Esprit, ceux à qui Il a donné la foi précieuse des élus, ne peuvent ni totalement ni définitivement déchoir de l’état de grâce, mais ils y persévéreront certainement jusqu’à la fin et seront éternellement sauvés. Puisque les dons et l’appel de Dieu sont sans repentance, il fera naître et croître en eux la foi, la repentance, l’amour, la joie, l’espérance et toutes les grâces de l’Esprit en vue de l’immortalité. (Confession de 1689 17.1)
La certitude de la persévérance des saints n’est pas premièrement enracinée dans la volonté régénérée des saints, mais dans le pactum et l’ordo salutis. Le pactum salutis est le décret de rédemption. « Ceux que Dieu a acceptés en son Bien-aimé » réfère à l’élection inconditionnelle en Jésus-Christ avant la fondation du monde (Ep 1.4-5). L’ordo salutis est l’application efficace du salut aux élus (Rm 8.30) ; c’est-à-dire ceux « qu’il a efficacement appelés, et sanctifiés par son Esprit, ceux à qui Il a donné la foi précieuse des élus ». Dieu est donc le garant du salut et non l’homme (Mt 19.25-25 ; Hé 7.22 ; 1 Pi 1.5).
La confession affirme la persévérance des saints en disant que ceux-ci : « ne peuvent ni totalement ni définitivement déchoir de l’état de grâce ». L’expression « déchoir de l’état de grâce » est très significative puisqu’elle envisage le salut non pas comme une possession que l’on peut perdre, mais comme un état dont on ne peut déchoir. La raison pour laquelle on ne peut déchoir de cet état est justement parce qu’il s’agit d’un état de grâce qui ne dépend pas de l’homme, mais uniquement de Dieu.
La mutabilité qui caractérisait l’homme dans l’état d’innocence et qui caractérise l’homme dans l’état de péché n’est plus une possibilité dans l’état de grâce. Adam pouvait déchoir de sa justice originelle, les pécheurs peuvent encore changer d’état en entrant dans la vie nouvelle, mais les élus régénérés ne peuvent plus « dégénérer ». Ainsi, dans cette perspective d’immuabilité de leur état, les chrétiens sont dans une posture supérieure à celle d’Adam avant la chute. Adam pouvait perdre le paradis et l’a perdu ; le chrétien n’est pas encore au paradis, mais en plus d’y être accueilli (2 Pi 1.11), il ne pourra plus en sortir (Ap 3.12). Un salut éternel, même en espérance, est préférable à un paradis conditionnel, même immédiat.
Le salut est un pur don et la confession de foi rappelle qu’il est irrévocable puisque « Dieu ne se repent pas de ses dons et de son appel » (Rm 11.29). Ainsi, non seulement Dieu donne-t-il le salut et la foi pour le recevoir (Ep 2.8-9), mais il donne encore toutes les grâces nécessaires à son maintien : « il fera naître et croître en eux la foi, la repentance, l’amour, la joie, l’espérance et toutes les grâces de l’Esprit en vue de l’immortalité ». S’il n’en était pas ainsi, le salut ne pourrait pas être assuré. Aucune chaîne n’est plus résistante que son maillon le plus faible ; si la chaîne du salut n’inclut pas le don de la persévérance, et que celle-ci doit être fournie par l’homme, la chaîne du salut devient nécessairement cassable et dépendante d’efforts humains. Si le salut ne se perd pas, c’est précisément parce qu’il comprend la persévérance finale des saints. Après avoir présenté la chaîne du salut en Romains 8.30, Paul développe en détail le maillon de la persévérance comme un don divin (Rm 8.31-39).
Si la vie éternelle ne dure pas éternellement, c’est qu’elle n’est pas éternelle ; or ceux qui connaissent Dieu ont la vie éternelle maintenant (Jn 17.3). L’espérance des croyants ne peut pas ne pas se réaliser puisqu’elle est une espérance qui ne trompe point (Rm 5.5). S’il en est ainsi, il faut nécessairement que le salut actuel contienne aussi la grâce de la persévérance.
Présentée ainsi, la persévérance semble tomber directement du ciel et prendre place dans la vie du croyant sans aucun obstacle. C’est pourquoi dans le même paragraphe, la confession ajoute un portrait plus complet de la façon dont la grâce de la persévérance arrive dans la vie du chrétien :
(Par. 1) Bien que de nombreux orages et tempêtes se lèveront et les frapperont, ils ne seront jamais capables de les arracher au fondement et rocher auquel ils sont attachés par la foi. Bien que, en raison de l’incroyance et des tentations de Satan, leur perception de la lumière et de l’amour de Dieu puisse être, pour un temps, voilée et obscurcie, lui demeure toujours le même, et ils auront l’assurance d’être gardés par la puissance de Dieu pour le salut, où ils se réjouiront des richesses qui leur auront été acquises, d’autant qu’ils ont été gravés sur la paume de ses mains, et que leurs noms ont été inscrits de toute éternité dans le livre de vie.
Dans ce paragraphe la confession présente les trois ennemis de la persévérance des saints qui sont le monde, la chair et Satan. Cependant, l’influence de ceux-ci ne peut pas être décisive ni l’emporter sur les élus. Ceci ne signifie pas que ces ennemis ne feront aucun ravage. En effet, ils arrivent souvent à dérober les croyants de l’assurance de leur salut en affectant « leur perception de la lumière et de l’amour de Dieu » et en obscurcissant son amour qui pourtant « demeure toujours le même ».
Si les élus arrivent à surmonter tous ces obstacles, il n’en tient qu’à la grâce de Dieu. Celle-ci n’empêche pas les épreuves, mais garde les enfants de Dieu malgré toutes les épreuves (1 Pi 1.5). C’est pour cette raison que la foi qui vient de Dieu est indestructible, aussi faible soit-elle, puisque : « tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde ; et la victoire qui triomphe du monde, c’est notre foi » (1 Jn 5.4).
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1 Corinthiens 10.16-17
RÉSUMÉ: Le repas du Seigneur est une double communion : verticale avec le Christ (v.16) et horizontale avec l’Église (v.17). Dans ce message, nous allons approfondir cet aspect horizontal et ses implications ecclésiologiques. De même que le baptême est indissociable de l’Église (1 Co 12.13), le repas du Seigneur est inséparable de l’appartenance au corps visible du Christ.
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QUESTIONS:
Lectures complémentaires: 1 Corinthiens 11 ; Actes 2.41-47
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Réponse: Celui qui a la foi à salut accepte l’entièreté de la révélation biblique et est sauvé en plaçant sa confiance dans le Christ qui y est révélé. ~ Jean 5.39
Il n’est pas suffisant de croire pour pouvoir être sauvé, encore faut-il croire la bonne chose. Nos croyances peuvent comporter un certain nombre d’erreurs qui ne compromettent pas automatiquement le salut (Rm 14.5 ; Ph 3.15-16). Cependant, certaines erreurs doctrinales sont fatales et mènent à la perdition (cf. Ga 1.6-9 ; 2 Jn 7-9). Ces hérésies concernent généralement la doctrine de Dieu, la christologie et l’Évangile.
Nous ne dresserons pas ici la liste des doctrines essentielles à l’orthodoxie et au salut. Il sera plutôt question de décrire positivement les caractéristiques de la foi qui sauve. Pour ce faire, nous utiliserons les trois parties qui composent la foi : notitia, assensus et fiducia et qui sont en filigrane dans le prochain paragraphe de la confession de foi.
(Par. 2) Par cette foi, un chrétien croit que tout ce qui est révélé par la Parole est vrai, sur la base de l’autorité de Dieu lui-même ; il y saisit une excellence supérieure à celle de tout autre écrit ou réalité dans le monde, en ce qu’elle déclare la gloire de Dieu dans ses attributs, l’excellence de Christ dans sa nature et ses offices, la puissance et la plénitude du Saint-Esprit dans son travail et ses opérations. Le croyant peut ancrer son âme dans les vérités ainsi crues. Il se comporte de façons différentes, en fonction de la nature des textes variés que la Parole contient : il obéit aux commandements, il tremble devant les menaces, il fait siennes les promesses de Dieu pour cette vie et la vie à venir. Les actes principaux de la foi qui sauve ont cependant une relation immédiate à Christ : l’accepter, le recevoir, se reposer sur lui seul pour la justification, la sanctification et la vie éternelle, en vertu de l’alliance de grâce.
La première composante de la foi, notitia, est la connaissance. La foi est la persuasion de la véracité de la révélation de Dieu. Il ne peut y avoir de vraie foi sans une connaissance de la révélation divine. Pour pouvoir croire, il faut d’abord connaître. La confession met donc ce lien épistémologique en avant, en faisant reposer la foi entièrement sur la révélation biblique.
Ce qui sauve cependant, ce n’est pas tant la connaissance de la Bible que la connaissance de Jésus-Christ, sauf que Jésus-Christ n’est connaissable que par les Saintes Écritures. Il existe un lien organique entre le Christ, la Parole faite chair, et la Bible, la Parole écrite. Il est impossible d’avoir Jésus sans les Écritures ou encore de recevoir l’enseignement des Écritures sans recevoir Jésus (Lc 10.16 ; Jn 5.45-47). Christ lui-même établit ce lien lorsqu’il déclare (Jn 5.39) : « Vous sondez les Écritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle : ce sont elles qui rendent témoignage de moi. » Ce ne sont donc pas que les « lettres en rouge » qui nous font connaître le Christ, mais ce sont toutes les lettres de l’Écriture sainte. On ne reçoit donc Jésus-Christ qu’en recevant sa Parole avec l’obéissance de la foi (Jn 8.31 ; Col 3.16). S’éloigner des Écritures, c’est s’éloigner du Christ et de la vraie foi (2 Co 11.3-4).
C’est donc pour cette raison que la confession décrit d’abord la vraie foi comme croyant « tout ce qui est révélé par la Parole ». Cependant, la confession ne se contente pas d’affirmer une simple acceptation théorique et intellectuelle de la vérité. Elle enchaîne en décrivant la deuxième composante de la vraie foi : assensus. L’assentiment des croyants à l’égard de la révélation biblique doit se traduire par des postures différentes en fonction de ce qui est révélé et cru. L’assensus de la foi ressemble à ceci :
Le croyant peut ancrer son âme dans les vérités ainsi crues. Il se comporte de façons différentes, en fonction de la nature des textes variés que la Parole contient : il obéit aux commandements, il tremble devant les menaces, il fait siennes les promesses de Dieu pour cette vie et la vie à venir.
La foi n’est donc pas simplement une persuasion passive et mentale des vérités concernant Dieu et le salut, mais elle est une réponse personnelle et appropriée envers ces vérités. Même si la foi n’est pas une œuvre en soi, elle produit toujours une réponse sous la forme d’œuvres (Hé 11 ; Jc 2.17-26).
La confession ne s’arrête cependant pas à ce stade, car jusqu’ici notre définition de la foi qui sauve ne comporte pas un caractère qui soit distinctement chrétien. Autrement dit, un musulman, un juif ou encore un chrétien nominal pourraient, en théorie, avoir une foi qui accepte et répond adéquatement à des vérités au sujet de Dieu, sans pour autant avoir la foi qui sauve. Pour être complète, notre définition doit prendre en compte un élément crucial de la foi à salut : fiducia, la confiance envers Christ pour son propre salut. La confession exprime cette composante essentielle de la foi qui sauve dans la dernière phrase :
Les actes principaux de la foi qui sauve ont cependant une relation immédiate à Christ : l’accepter, le recevoir, se reposer sur lui seul pour la justification, la sanctification et la vie éternelle, en vertu de l’alliance de grâce.
Croire à l’existence de Dieu ou aux miracles, croire à un jugement et à une vie après la mort, en un mot : croire l’orthodoxie n’est pas la foi à salut. La seule foi qui donne la vie éternelle est celle qui a Jésus-Christ pour objet et qui exerce une confiance personnelle en lui pour son propre salut. Je dois non seulement croire que Christ est le Sauveur qui est mort pour les péchés du monde et que la foi en lui donne la vie éternelle, mais je dois croire en lui comme mon Sauveur, mort pour mes péchés et ressuscité pour ma justification.
En somme, les trois composantes de la foi, notitia, assensus et fiducia, se rapportent toutes à Jésus-Christ. Il faut connaître et comprendre qui il est, ce qu’il a fait et pourquoi nous avons besoin de lui. Il faut croire à la véracité de cet Évangile. Et il faut avoir confiance en Christ en invoquant son nom pour être sauvé (Rm 10.13). Les personnes qui ont une telle foi envers Jésus-Christ démontrent qu’elles sont nées de Dieu et ont reçu de lui la vie éternelle :
12 Mais à tous ceux qui l’ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, lesquels sont nés, 13 non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu. (Jn 1.12-13)
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Première publication le 26 avril 2018 @ 0 h 00 min
Réponse: Dieu suscite la foi dans le cœur de ses élus par l’action irrésistible de son Saint-Esprit au moyen de la prédication de l’Évangile. Il maintient et fait croître cette foi par les moyens de grâce. ~ Romains 10.14,17
Si nous disons que l’homme est sauvé par la foi seule, il est essentiel de définir ce que nous entendons par « la foi ». L’Écriture sainte présente la foi sous deux angles : objectif et subjectif. Objectivement, la foi est ce qui est cru par les chrétiens et qui les sauve (Jd 3). Nous verrons cet angle de la foi en exposant le deuxième paragraphe de ce chapitre. Le premier paragraphe, quant à lui, nous présente l’aspect subjectif de la foi ; c’est-à-dire l’acte de croire (Ep 2.8). Ces deux aspects de la foi doivent impérativement aller ensemble pour que la foi puisse sauver. Connaître l’Évangile sans y croire ne peut sauver, pas plus qu’avoir la foi dans autre chose que la vérité biblique. Examinons maintenant comment Dieu crée et maintient la foi chez les siens.
(Par. 1) Le don de la foi, par lequel les élus sont rendus capables de croire pour le salut de leurs âmes, est l’œuvre de l’Esprit de Christ dans leur cœur ; la foi, d’ordinaire, façonnée par le ministère de la Parole, s’accroît et s’affermit par ce dernier, de même que par l’administration du baptême et du repas du Seigneur, par la prière et par les autres moyens établis par Dieu.
La première chose qu’il nous faut remarquer est que la foi est un don (Ph 1.29 ; 1 Co 12.9). L’homme déchu n’a pas une capacité innée ou naturelle de croire la vérité, au contraire il cherche à la supprimer (Rm 1.18). Il ne faut donc pas concevoir l’homme comme étant neutre et capable de croire par une simple motion de sa volonté lorsqu’il est exposé à l’Évangile. Au contraire, la foi n’est pas une fleur qui pousse sur le fumier de la dépravation humaine, mais elle est l’œuvre miséricordieuse de Dieu. L’œuvre de Dieu consiste à créer et à maintenir la foi en Christ dans le cœur de ses enfants (Jn 6.29).
La confession prouve cette assertion à partir de deux textes bibliques. Le premier texte est davantage une simple expression contenue en 2 Corinthiens 4.13 où l’apôtre Paul parle de « l’Esprit de foi ». Le mot esprit n’est pas toujours utilisé de la même façon dans l’Écriture et il est parfois difficile de savoir s’il est question de l’esprit de l’homme ou de l’Esprit de Dieu. Dans ce cas-ci, certaines versions ont utilisé la majuscule et d’autre la minuscule. Quant aux théologiens qui ont rédigé la confession de foi, ils considéraient que la relation mise de l’avant par Paul entre « esprit » et « foi » dans ce passage est celle du Saint-Esprit qui permet à l’homme d’exercer une foi vivante. « L’Esprit de la foi » c’est l’Esprit qui donne la foi, de telle sorte que nous pouvons rendre la même idée en renversant l’expression de la manière suivante : « la foi de l’Esprit », c’est-à-dire la foi qui vient de l’Esprit de Dieu.
Le deuxième texte preuve affirme expressément cette vérité (Ep 2.8) : « Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. » Il va de soi que « la grâce » est « le don de Dieu » et qu’elle « n’est pas de nous », Paul n’a même pas besoin de le mentionner puisque la grâce, pour être gratuite, doit nécessairement être un don autrement elle n’est plus une grâce (Rm 4.4, 11.6). Paul n’essaie donc pas d’être redondant en disant simplement que la grâce est un don. Mais son intention est que nous comprenions que le moyen d’approprier la grâce, « la foi », est également « le don de Dieu » et qu’elle « ne vient pas de nous ».
Il est donc faux de croire que Dieu fournit la grâce et l’homme la foi. Nous avons tendance à croire que puisque c’est l’homme qui exerce la foi, elle doit venir de lui. Mais l’Écriture enseigne plutôt que Dieu fournit et la grâce et la foi. Lorsque celle-ci est donnée à l’homme par la l’œuvre intérieure du Saint-Esprit, il peut alors croire l’Évangile et être sauvé.
Le fait que la foi est donnée par Dieu et créée par l’Esprit dans le cœur des élus ne signifie pas qu’elle arrivera spontanément sans autre moyen. La confession poursuit en expliquant comment l’Esprit s’y prend pour susciter la foi : par le ministère de la Parole. C’est ce que l’apôtre Paul veut dire lorsqu’il écrit (1 Co 1.21) : « il a plu à Dieu dans sa sagesse de sauver les croyants par la folie de la prédication ». Le Saint-Esprit utilise la Parole de Dieu pour régénérer les élus (1 Pi 1.23). Il est possible que la simple lecture de la Parole fasse le travail, mais le moyen par excellence pour provoquer la foi est la prédication de la Parole.
14 Comment donc invoqueront-ils celui en qui ils n’ont pas cru? Et comment croiront-ils en celui dont ils n’ont pas entendu parler? Et comment en entendront-ils parler, s’il n’y a personne qui prêche? […] 17 Ainsi la foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Christ. (Rm 10.14,17)
Le ministère ordinaire de la prédication de la Parole est le moyen de prédilection que Dieu utilise pour amener les élus à la foi. Il n’existe pas de meilleure stratégie d’évangélisation que l’annonce continuelle de l’Évangile. Ce moyen sert non seulement à amorcer la foi, mais encore à l’accroître et l’affermir. Autrement dit, ce ne sont pas uniquement les non-croyants qui ont besoin d’entendre l’Évangile, mais les croyants eux-mêmes doivent l’entendre et l’approfondir pour pouvoir grandir dans la foi.
La confession ajoute deux autres moyens de grâce pour l’accroissement et l’affermissement de la foi : l’usage des sacrements et la prière. Les sacrements sont des signes et des sceaux visibles de l’Évangile que notre Seigneur nous a donnés pour nourrir notre foi en plus de sa Parole. Les sacrements ne sont pas présentés comme des moyens pour causer la foi, mais pour la garder et l’entretenir. Sans la foi, les sacrements sont inutiles ; ils ne sont donc donnés qu’à ceux qui ont la foi pour bénéficier de leur efficacité.
Le baptême est une manifestation visible de l’Évangile où l’union avec Christ dans sa mort et sa résurrection est donnée au croyant de façon personnelle. Se faire baptiser ou se rappeler son propre baptême en assistant à celui d’un autre croyant est un moyen efficace pour communiquer la grâce de Dieu. De même, se nourrir régulièrement de Christ en mangeant et buvant la Cène maintient notre communion avec lui et nourrit notre foi. De plus, les exigences d’obéissance évangélique pour pouvoir participer à cette ordonnance sacrée (1 Co 11.27-29) préservent la soumission de notre foi envers Christ. Une foi obéissante est une foi qui grandit et qui procure l’assurance (Jn 8.31-32 ; 1 Jn 2.3-6).
Dieu a également prévu un autre moyen pour maintenir la foi chez ses enfants : la prière. L’Écriture nous rapporte la prière des disciples à leur Seigneur afin que nous les imitions dans leur demande (Lc 17.5) : « Seigneur, augmente-nous la foi ». Un autre homme l’implore pour sa foi en lui disant (Mc 9.24) : « Je crois! Viens au secours de mon incrédulité! » Qui d’autre que l’Auteur de la foi peut mener la foi à la perfection (Hé 12.2)? Demandons-lui donc instamment et continuellement de garder, de purifier, d’affermir et d’augmenter notre foi, car sans Lui nous ne pouvons rien faire.
1270 mots
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Première publication le 19 avril 2018 @ 0 h 00 min
1 Corinthiens 12.13
RÉSUMÉ: Ce verset pose deux questions fondamentales : Peut-on être baptisé sans appartenir à l’Église ? Peut-on appartenir à l’Église sans être baptisé ? Dans cette prédication nous explorerons le lien entre le baptême d’eau, le baptême de l’Esprit et l’entrée dans l’Église. Ce verset permet de faire des distinctions importantes qui sont à la base de différentes compréhensions chrétiennes au sujet du baptême, de la régénération et de l’Église.
PLAN:
QUESTIONS:
Lectures complémentaires: Romains 6 ; Galates 3.26–29
Prédicateur: Pascal Denault
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Dans cette présentation, nous verrons les événements qui ont ramené Calvin à Genève en 1541 et nous examinerons les réformes mises en place par Calvin dans la suite de son travail à Genève. Ce contexte historique nous permettra de mieux comprendre certains aspects de l’ecclésiologie réformée.
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Histoire de la Réforme
Première publication le 11 juin 2018 @ 10 h 00 min
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