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  • David contre Doëg – Psaume 52

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    Psaume 52

    RÉSUMÉ: Les psaumes 52 à 59 nous ramènent à l’époque de la fuite de David devant Saül. Le premier de ces huit psaumes se rapporte au commencement de cette fuite où David, sans le vouloir, entraina le malheur sur la maison d’Achimélec. Sa fuite est emblématique du sacerdoce royal persécuté par de farouches adversaires dans ce monde déchu. En utilisant Doëg l’Edomite comme représentant, David expose la fourberie et la ruine de ces adversaires du royaume de Dieu et de l’attente confiante des justes.

    PLAN:

    1. Le tyran déraciné (v.1-7)
    – Le méchant (v.2)
    – Sa méchanceté (v.3-6)
    – Son jugement (v.7)
    2. L’olivier verdoyant (v.8-11)
    – Les justes (v.8)
    – Leur justice (v.9-10)
    – Leur délivrance (v.11)

    QUESTIONS:

    1. Que sait-on sur l’arrière-plan de ce psaume?
    2. Comment la méchanceté de Doëg est-elle décrite dans ce psaume?
    3. Qu’en est-il du jugement prononcé contre Doëg?
    4. Que font les justes?
    5. Qu’est-ce qui distingue fondamentalement le juste du méchant?
    6. En quoi consiste la délivrance des justes?
    7. Quelles applications pouvons-nous faire de ce psaume?

    Lectures complémentaires: 1 Samuel 21.1-10, 22.6-23 (intro) ; 1 Pierre 2.4–10 (cène)

    Notes PDF: https://prechelaparole.sermon.net/pdf/22486040

    PDF Série Psaumes: https://prechelaparole.sermon.net/pdf/22207057

    Prédicateur : Pascal Denault

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  • Question #55 – Sommes-nous justifiés uniquement par la foi en Jésus-Christ?

    L’homme est justifié devant Dieu par la foi seule, mais la foi qui justifie n’est jamais seule puisqu’elle produit toujours des œuvres. ~ Romains 3.28 ; Jacques 2.17-26

    Il n’y a aucun doute que la foi est nécessaire pour pouvoir être justifié, si quelqu’un ne croit pas en Christ il ne peut pas être sauvé, personne ne conteste ce point. L’enjeu de la doctrine de la justification par la foi est de savoir si c’est uniquement par la foi que l’homme est justifié ou s’il faut ajouter autre chose à la foi. La confession présente une doctrine de la justification qui réfute à la fois la doctrine du salut par les œuvres et la doctrine du salut sans les œuvres. D’un côté elle combat la théologie légaliste et néonomiste ; de l’autre côté, elle combat la théologie antinomiste.

    (Par. 2) La foi qui reçoit le Christ et sa justice et s’en remet à lui est le seul moyen d’approprier la justification. Elle ne se trouve cependant pas seule dans la personne justifiée, mais s’accompagne de toutes les autres grâces salutaires.  Ce n’est pas une foi morte, mais une foi qui œuvre par l’amour.

    La raison pour laquelle la Réforme a affirmé la justification par la foi seule est la nature de la justification telle que nous l’avons définie à la question précédente. Si la justification est une déclaration juridique et non une transformation morale, si elle se fait par imputation et non par infusion, il ne reste qu’un seul moyen compatible pour l’accomplir : la foi.

    C’est exactement la thèse défendue par l’apôtre Paul : un salut par la grâce exige d’être un salut par la foi seule! Il écrit (Rm 4.16) : « C’est pourquoi les héritiers le sont par la foi, POUR que ce soit par grâce ». La justice de Christ, par laquelle un pécheur est justifié, est une grâce, c’est-à-dire un cadeau de Dieu (Rm 1.17). Puisque la justice qui justifie est gratuite, elle doit être accompagné d’un moyen de la recevoir qui ne compromet pas sa gratuité en ajoutant, en modifiant ou en contribuant de quelque manière à cette justice unique qui donne la vie (Rm 5.18). Ce moyen, et il est unique en sa qualité non-contributive, est la foi.

    La foi n’est donc pas la base de la justification, non plus que sa cause. La foi est simplement le moyen de recevoir une justification causée par la grâce de Dieu et basée sur la justice de Christ. Elle est liée à la grâce par opposition à la justice qui s’obtiendrait par l’obéissance à la loi (Rm 10.5) de telle manière que l’Écriture conclut (Rm 11.6) : « si c’est par grâce, ce n’est plus par les œuvres ; autrement la grâce n’est plus une grâce. Et si c’est par les œuvres, ce n’est plus une grâce ; autrement l’œuvre n’est plus une œuvre. »

    La première affirmation du paragraphe 2 visait donc à la fois le légalisme du système catholique romain et des tendances néonomistes à l’intérieur de l’Église réformée : « La foi qui reçoit le Christ et sa justice et s’en remet à lui est le seul moyen d’approprier la justification. » Mais à toute époque, lorsque la complète gratuité du salut est enseignée et la justification par la foi seule sans les œuvres est proclamée, un certain antinomisme surgit, concluant que tout effort pour obéir à la loi est futile et viendrait même d’une tendance charnelle contraire à la grâce du salut (Rm 3.8, 6.1, 13 ; Jc 2.20). C’est donc pour combattre cette conclusion erronée que la confession ajoute : « Elle [la foi] ne se trouve cependant pas seule dans la personne justifiée, mais s’accompagne de toutes les autres grâces salutaires. »

    L’Écriture présente, en parallèle à la foi vivante qui vient de la régénération et qui est l’œuvre de Dieu (Jn 6.29), une foi morte qui n’est qu’un assentiment intellectuel à la vérité sans plus. Jacques est sans doute l’auteur biblique qui décrit le mieux ce qu’est une foi morte en la contrastant avec une foi vivante qui œuvre par l’amour :

    17 Il en est ainsi de la foi : si elle n’a pas les œuvres, elle est morte en elle-même. 18 Mais quelqu’un dira : Toi, tu as la foi ; et moi, j’ai les œuvres. Montre-moi ta foi sans les œuvres, et moi, je te montrerai la foi par mes œuvres. 19 Tu crois qu’il y a un seul Dieu, tu fais bien ; les démons le croient aussi, et ils tremblent. 20 Veux-tu savoir, ô homme vain, que la foi sans les œuvres est inutile? (Jc 2.17-20)

    Jaques n’enseigne pas le contraire de Paul. Il ne dit pas que pour être justifié il faut additionner les œuvres à la foi. Il dit simplement qu’une foi qui ne produit pas d’œuvres est une foi morte qui ne peut sauver. La foi n’est pas une simple adhésion à la vérité, mais elle est une appropriation du cœur produite par la régénération de l’Esprit. Une telle foi ne peut pas ne pas produire les œuvres d’obéissance à Dieu qui l’authentifient comme foi vivante. L’apôtre Paul décrit la foi à salut comme « la foi qui est agissante par l’amour » (Ga 5.6) et comme la foi qui produit une œuvre par la puissance de Dieu (2 Th 1.11).

    Cette activité de la foi qui produit des œuvres bonnes n’est aucunement la base de la justification, actuelle ou future, de l’homme. Certains enseignent qu’il y aurait deux justifications pour les croyants : la première serait la justification actuelle par la foi et la deuxième serait la justification finale par les œuvres. L’Écriture ne présente qu’une seule et même justification qui repose entièrement et exclusivement sur la justice de Christ. La foi est le seul moyen d’approprier cette justice pour être déclaré juste devant le tribunal de Dieu, dès maintenant et pour toujours (Ph 3.9). Le jugement final des œuvres des croyants ne sera donc pas en vue de leur justification (Jn 3.18) bien que leur présente justification sera confirmée (Ap 20.12,15). Mais le jugement des œuvres des croyants sera en vue des récompenses additionnelles au salut (1 Co 3.8,14-15, 4.5 ; 2 Co 5.10 ; 2 Jn 1.8). Ce seront donc les œuvres des croyants qui seront jugées et non les croyants eux-mêmes puisqu’ils ont déjà été jugés en Christ (Rm 5.1, 8.1).

    L’Écriture ne présente pas la justification comme une grâce future, mais présente. La justification est en quelque sorte l’intrusion du jugement final dans le siècle présent. Il s’agit du tribunal céleste qui rend un verdict terre et déclare juste tout homme qui croit en Christ. La justification est une bénédiction eschatologique, décisive, gratuite et actuelle accordée uniquement par la foi à tous ceux qui se confient dans le Fils (Ps 2.12 ; Jn 5.24).

    1117 mots

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    Première publication le 5 avril 2017 @ 14 h 45 min

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    30 min
  • Question #31 – Qu’est-ce que l’alliance des oeuvres et pourquoi cette question est-elle importante?

    Réponse: L’alliance des œuvres fut donnée à Adam pour atteindre la vie éternelle par l’obéissance. En désobéissant, il s’est placé sous la malédiction de cette alliance, entrainant toute l’humanité avec lui. ~ Genèse 2.15-17, 3.24

    Pour bien comprendre la chute de l’homme, il est nécessaire d’expliquer le cadre théologique dans lequel elle a eu lieu, à savoir l’alliance des œuvres. Cette alliance, sans être nommée, est clairement sous-entendue au paragraphe 1 du chapitre 6 et à plusieurs autres endroits dans la Confession de foi :

    (Par. 1) Bien que Dieu ait créé l’homme droit et parfait, et lui ait donné une loi juste, qui était en vue de la vie s’il l’avait observée, et qu’il l’ait menacé de mort s’il la transgressait, l’homme n’a pas gardé longtemps cet honneur.

    Voici comment les théologiens réformés ont traditionnellement compris l’alliance des œuvres faite avec l’homme en Éden. Adam fut créé avec un but à atteindre, ce but était la vie éternelle. L’arbre de vie dans le Jardin d’Éden représentait la récompense promise à l’homme et l’arbre de la connaissance du bien et du mal représentait la condition à observer (Gn 2.9, 17 ; Ap 22.2). Bien qu’Adam était sans péché, il n’avait pas la vie éternelle. Celle-ci consiste à être scellé dans la vie en communion avec Dieu (Jn 17.3). Adam était en communion avec Dieu, mais il pouvait déchoir de cet état. La vie éternelle est une vie immortelle sans possibilité de corruption (1 Co 15.53). Adam n’avait manifestement pas encore atteint cet état d’immortalité et d’incorruptibilité puisqu’il se corrompit et qu’il mourut.

    Comment devait-il atteindre la vie éternelle? En gardant parfaitement la Parole/Loi de l’Éternel (Lc 10.25-28 ; Mt 19.16-17). Dieu lui a « donné une loi juste, qui était en vue de la vie s’il l’avait observée ». La Loi n’est pas basée sur le principe de la gratuité de la grâce par la foi (Rm 4.4 ; Ga 3.12), mais sur le principe des œuvres d’obéissance (Rm 10.5) : « En effet, Moïse définit ainsi la justice qui vient de la loi : L’homme qui mettra ces choses en pratique vivra par elles. » Ce principe, l’Écriture l’appelle « la loi des œuvres » (Rm 3.27) et il constitue le fondement de l’alliance entre Dieu et Adam : l’alliance des œuvres.

    Nous appelons cette période d’innocence qui devait conduire à la vie éternelle la période de probation. L’idée est que l’homme ne devait pas vivre ad vitam aeternam avec la possibilité de déchoir de sa perfection originelle. Par l’obéissance, il devait sceller le monde dans la justice et être lui-même confirmé dans la vie éternelle. Comment pouvons-nous affirmer toutes ces choses à propos d’Adam et de l’alliance des œuvres? En le comparant au dernier Adam dont Adam lui-même était la figure (Rm 5.14 ; 1 Co 15.45). Le dernier Adam, Jésus-Christ, avait une mission qui devait être accomplie « une fois pour toutes » (Hé 9.12) ; sa période de probation fut terminée au terme de sa mission (Jn 19.30). Adam avait donc une mission à accomplir, au terme de laquelle il aurait obtenu la vie pour récompense. Cependant, « l’homme n’a pas gardé longtemps cet honneur ».

    L’alliance des œuvres, bien qu’elle prouve la bonté et la générosité de Dieu (cf. 1689 7.1), est une alliance entièrement conditionnelle. De ce fait, elle prévoyait des récompenses en cas d’obéissance, mais également des malédictions dans le cas contraire. Ainsi, la vie et la mort furent placées devant l’homme (Gn 2.17 ; Dt 30.15). Voici le reste du paragraphe 1 qui décrit comment la désobéissance de l’homme a eu lieu :

    (Par. 1) Utilisant subtilement le serpent, Satan assujettit Ève, et par elle, il séduisit Adam, qui, sans contrainte sur lui, transgressa volontairement la loi de leur création et le commandement qui leur avait été donné en mangeant du fruit défendu. Il a plu à Dieu de permettre cette chute, dans son conseil sage et saint, puisqu’il avait déterminé de l’utiliser pour manifester sa gloire.

    La chute de l’homme s’est produite sous l’influence de Satan. Celui-ci est rusé, il cherche à tromper par tous les moyens possibles (2 Co 11.3, 14). Il avait un intérêt particulier à séduire celui sous les pieds duquel le Créateur avait placé toutes ses œuvres (Ps 8.6), car il usurpa ainsi le pouvoir sur le monde créé par Dieu (Lc 4.6 ; Ep 2.2 ; Hé 2.5-16). Pour parvenir à l’homme, Satan séduisit la femme (2 Tm 2.14) et brisa ainsi l’harmonie entre eux et Dieu (Gn 3.12).

    Il ne faudrait pas cependant considérer l’homme comme une simple victime de la séduction de Satan. Adam, « sans contrainte sur lui, transgressa volontairement la loi de leur création et le commandement qui leur avait été donné en mangeant du fruit défendu. » À la suite de l’Écriture sainte, la Confession affirme la pleine responsabilité morale de l’homme vis-à-vis du péché. La révolte de l’homme contre Dieu n’est pas petite, surtout lorsque nous considérons qui est Dieu (cf. le chapitre 2 de la Confession) et la distance entre Lui et l’être de poussière qui a voulu se faire Dieu (Gn 3.5).

    Pourquoi l’Éternel n’est-il pas intervenu pour empêcher l’homme de transgresser l’alliance faite entre lui et Dieu? « Il a plu à Dieu de permettre cette chute, dans son conseil sage et saint, puisqu’il avait déterminé de l’utiliser pour manifester sa gloire. » Les prochains chapitres de la Confession prouveront cette affirmation en présentant les doctrines du salut et de la rédemption.

    L’alliance des œuvres est hautement importante pour au moins deux raisons. Sans elle, il est impossible de comprendre bibliquement la chute et ses conséquences pour l’humanité (comme nous le verrons en exposant les paragraphes 2-5 du présent chapitre). L’alliance des œuvres fournit le cadre légal qui nous permet de comprendre ce qu’est le péché et ce qu’il implique pour toute la création. Toute interprétation du mal qui n’est pas fondée sur une compréhension biblique de l’alliance des œuvres est erronée. Deuxièmement, la doctrine de l’alliance des œuvres est absolument essentielle pour pouvoir comprendre la rédemption. Cette alliance démontre ce qui devait être accompli par l’homme pour atteindre la vie éternelle : une parfaite obéissance à Dieu sans la moindre transgression. Seulement, après la chute, cette parfaite obéissance ne pouvait pas éviter la punition de la mort puisque le péché étant entré dans le monde Dieu se devait de le punir. C’est pourquoi le second Adam s’est rendu « obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix » (Ph 2.8).

    1055 mots

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    Description: Une série de théologie systématique à partir de la Confession de foi baptiste de Londres de 1689 – Liste des questions étudiées
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    Première publication le 7 janvier 2016 @ 10 h 31 min

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    32 min
  • Le pécheur brisé et renouvelé – Psaume 51

    Psaume 51

    RÉSUMÉ: La vraie connaissance de soi commence avec la découverte de l’horreur de son propre péché. Lorsque Dieu produit cette conviction dans un pécheur, il se repent amèrement et implore la miséricorde divine. La vraie repentance est une oeuvre de la grâce et une manifestation de la nature nouvelle que Dieu crée en l’homme. Le Psaume 51 est une éloquente expression de cette transformation.

    PLAN:

    1. La vraie repentance (v.1-7)
    2. La grâce agissante (v.8-14)
    3. L’Église bâtie (v.15-21)

    QUESTIONS:

    1. Comment diviser le psaume 51?
    2. Pourquoi David fut-il réceptif au message du prophète Nathan?
    3. Comment un pécheur doit-il reconnaître son péché?
    4. Pourquoi David dit-il avoir péché contre Dieu seul?
    5. Pourquoi David dit-il avoir été conçu dans l’iniquité?
    6. À quoi aspire le pécheur régénéré?
    7. En quoi consistent la joie et l’assurance décrites par David?
    8. Que décrit la prière : crée en moi un cœur pur?
    9. Pourquoi David avait-il la crainte de perdre l’Esprit saint?
    10. Quel est le lien de la dernière section avec la repentance de David?
    11. Qu’avez-vous appris ou aimé dans ce message?

    Lectures complémentaires: 2 Samuel 12.1-14 (intro) ; 2 Corinthiens 7.8-11 (prière)

    Notes PDF: https://prechelaparole.sermon.net/pdf/22483875

    PDF Série Psaumes: https://prechelaparole.sermon.net/pdf/22207057

    Prédicateur : Pascal Denault

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    0 min
  • Question #30 – Les croyants sont-ils plus bénis par la providence que les autres hommes?

    Réponse: Tous les hommes reçoivent les biens et les maux de la providence de Dieu, mais seuls les croyants sont toujours bénis. ~ 2 Corinthiens 4.16-18

    Terminons notre étude sur la providence de Dieu avec une dernière question : Dieu bénit-il davantage les croyants? Nous ne pouvons pas répondre par un simple « oui » ou un simple « non » à cette question puisque la réponse peut être oui et non, si l’on définit bien cette question. Il y a un sens où la providence atteint également tous les hommes, « car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes » (Mt 5.45).

    Les aspects agréables de la providence comme les aspects désagréables atteignent sans discrimination tous les hommes : la santé comme la maladie, la richesse comme la pauvreté, le bien-être comme la souffrance, le succès comme l’échec, les bonnes circonstances comme l’infortune. Toutes ces choses arrivent aux hommes par la providence de Dieu et par des causes secondes réelles : l’endroit où l’on naît, l’éducation que l’on reçoit, les choix que l’on fait, le hasard, les talents, etc. À première vue, il ne semble y avoir aucune différence entre les enfants de Dieu et les autres hommes concernant la providence divine : nous retrouvons des fortunés et des infortunés des deux côtés. Cependant, notre confession de foi affirme ceci :

    (Par. 7) De même que la providence de Dieu s’étend en général à toutes les créatures, elle prend soin de l’Église de Dieu de manière très spéciale, et ordonne toutes choses pour son bien.

    Les auteurs de la confession de foi citent 1 Timothée 4.10 comme preuve à l’appui : « nous mettons notre espérance dans le Dieu vivant, qui est le Sauveur de tous les hommes, principalement des croyants ». Dans ce passage le mot « Sauveur » est employé dans le sens providentiel du terme : pourvoyeur, protecteur, bienfaiteur, etc. Paul déclare que Dieu prend soin de tous les hommes, particulièrement, spécialement, principalement des croyants.

    Vu de l’extérieur, il peut sembler n’y avoir aucune différence entre les circonstances du croyant et celles du non-croyant : ils occupent les mêmes places, éprouvent les mêmes souffrances, vivent les mêmes circonstances. Il y a cependant une différence fondamentale qui s’explique par le fait que la providence générale de Dieu est au service des héritiers du salut, sa grâce commune est au service de sa grâce particulière. Autrement dit, bien que les croyants et les non-croyants habitent la sphère commune de la providence de Dieu, ils ne l’habitent pas aux mêmes fins.

    Tous les soins providentiels actuels doivent être considérés dans une perspective d’éternité. Lorsqu’on considère cette perspective, il y a toute la différence au monde entre les croyants et les autres hommes par rapport à la providence. Ainsi, la souffrance du croyant doit être interprétée de cette manière :

    16 C’est pourquoi nous ne perdons pas courage. Et lors même que notre homme extérieur se détruit, notre homme intérieur se renouvelle de jour en jour. 17 Car nos légères afflictions du moment présent produisent pour nous, au-delà de toute mesure, un poids éternel de gloire, 18 parce que nous regardons, non point aux choses visibles, mais à celles qui sont invisibles ; car les choses visibles sont passagères, et les invisibles sont éternelles. (2 Co 4.16-18)

    La souffrance du non-croyant ne peut pas être vue de la même manière. Elle est un signe annonciateur d’une plus grande souffrance encore et elle est une invitation à la repentance (Lc 13.1-5). Plusieurs dans la souffrance crient à Dieu et se repentent, mais d’autres s’endurcissent et aggrave ainsi leur culpabilité :

    4 M’éprises-tu les richesses de sa bonté, de sa patience et de sa longanimité, ne reconnaissant pas que la bonté de Dieu te pousse à la repentance? 5 Mais, par ton endurcissement et par ton cœur impénitent, tu t’amasses un trésor de colère pour le jour de la colère et de la manifestation du juste jugement de Dieu. (Rm 2.4-5)

    Pour le croyant, l’épreuve produit la dépendance envers Dieu (2 Co 12.9-10), la sainteté (Hé 12.10) et la patience (Jc 1.2-3). C’est pourquoi il doit rendre grâce pour ses épreuves (1 Th 5.18) et reconnaître que même si tout ne va pas bien, tout concoure à son bien (Rm 8.28), car la souffrance fait partie des soins de Dieu qui démontrent son amour paternel (Hé 12.6-8). Pour le non-croyant, la colère de Dieu se révèle du ciel (Rm 1.18) par des jugements temporels qui annoncent un jugement éternel pour ceux qui refusent de se repentir (Ap 9.20-21, 16.1-11).

    De même, les bénédictions que la providence a en réserve ne signifient pas la même chose pour les croyants et les non-croyants. Les saints peuvent jouir le cœur en paix de tout ce que la main de Dieu leur donne (1 Tm 6.17). Ils doivent apprendre à lui demander leur nécessaire que Dieu se plaît à accorder comme un Père à ses enfants (Mt 6.11, 7.11). Les bienfaits de leur Père ne les conduisent pas à l’amour des biens de ce monde (1 Jn 2.15-16), mais au contentement (1 Tm 6.6-10). De l’autre côté, les bienfaits immérités que Dieu répand sur les non-croyants (Ac 14.16-17) les laissent sans excuses pour leur absence de gratitude : « Ils sont donc inexcusables, puisque ayant connu Dieu, ils ne l’ont point glorifié comme Dieu, et ne lui ont point rendu grâces » (Rm 1.20-21). La bénédiction de la prospérité matérielle tant recherchée par les hommes devient une malédiction pour ceux qui sont en dehors de l’alliance de grâce :

    3 Je portais envie aux insensés, en voyant le bonheur des méchants. 4 Rien ne les tourmente jusqu’à leur mort, et leur corps est chargé d’embonpoint ; 5 ils n’ont aucune part aux souffrances humaines, ils ne sont point frappés comme le reste des hommes. (…) 12 Ainsi sont les méchants : toujours heureux, ils accroissent leurs richesses. 13 C’est donc en vain que j’ai purifié mon cœur, et que j’ai lavé mes mains dans l’innocence (…) 16 Quand j’ai réfléchi là-dessus pour m’éclairer, la difficulté fut grande à mes yeux, 17 jusqu’à ce que j’eusse pénétré dans les sanctuaires de Dieu, et que j’eusse pris garde au sort final des méchants. 18 Oui, tu les places sur des voies glissantes, tu les fais tomber et les mets en ruines. 19 Eh quoi! En un instant les voilà détruits! Ils sont enlevés, anéantis par une fin soudaine! (Ps 73.3-19)

    Asaph, qui écrit ce psaume, entretenait une fausse perspective de la providence jusqu’à ce qu’il entra dans la maison de Dieu et qu’il commença à réfléchir bibliquement et dans une perspective d’éternité. C’est dans cette perspective que les chrétiens doivent apprendre à regarder la vie présente. Ils verront alors que la même providence signifie deux choses différentes pour ceux qui ont la vie éternelle et ceux sur qui la colère de Dieu demeure (Jn 3.36). Les croyants sont donc toujours bénis par la providence de Dieu, peu importe les circonstances de leur vie. Heureux qui comprend cette vérité!

    1150 mots

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    Première publication le 25 novembre 2015 @ 21 h 05 min

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    26 min
  • Question #32 – Qu’est-ce que le péché originel et comment est-il transmis aux hommes?

    Réponse: Le péché originel est le premier péché d’Adam par lequel la mort entra dans le monde. Il est transmis aux hommes par imputation et par génération naturelle. ~ Romains 5.12

     

    La conséquence pour avoir transgressé l’alliance des œuvres ne fut pas uniquement le fait de ne pas atteindre la vie éternelle (Gn 3.22), mais la mort (Gn 2.17). La révélation biblique post-lapsaire révèle en quoi consiste cette conséquence mortelle. Voici comment la Confession de foi la décrit :

    (Par. 2) Par ce péché, nos premiers parents ont perdu leur justice originelle et leur communion avec Dieu, et nous en eux ; de ce fait, la mort est venue sur tous:  tous sont devenus morts dans le péché, et entièrement souillés, dans toutes les facultés et les parties de leur âme et de leur corps.

    Par ce péché originel, la mort est entrée dans le monde (Rm 5.12). Ce que signifie la mort peut être expliqué avec trois mots : séparation, corruption et condamnation. Lorsque l’Écriture affirme que les hommes vivants sont morts (Mt 8.22 ; Ep 2.1), c’est ce qu’elle veut dire. La mort n’est pas premièrement physique, mais spirituelle. Ainsi, Adam et Ève, par leur désobéissance, perdirent « leur communion avec Dieu » ; ils furent séparés. Avant la chute, Dieu marchait avec l’homme dans le jardin (Gn 3.8), mais lorsque l’homme devint pécheur, il fut séparé d’avec Dieu (Gn 3.24 ; Es 59.2).

    La mort commença immédiatement à faire ses ravages par la corruption « dans toutes les facultés et les parties de leur âme et de leur corps ». La corruption actuelle, bien qu’elle englobe l’homme en entier, n’est pas absolue ; mais elle le deviendra à la seconde mort (Ap 20.6, 21.8). Autrement dit, Dieu restreint la dégénérescence de la mort dans le temps présent afin d’exécuter son plan de rédemption. Néanmoins, la corruption est telle que nos corps sont mortellement affectés et souffrent à cause du péché (Rm 8.10). La création entière subit lourdement les effets de la corruption (Rm 8.20-22). Cependant, la corruption la plus grave est celle de l’âme puisque l’homme est moralement responsable ; il devient ainsi coupable. En effet, l’âme de l’homme, sa pensée, ses affections et sa volonté sont corrompues. Ainsi, le premier enfant de l’humanité révèle sa corruption diabolique en tuant son frère (1 Jn 3.12-16). Peu de temps après « L’Éternel vit que la méchanceté des hommes était grande sur la terre, et que toutes les pensées de leur cœur se portaient chaque jour uniquement vers le mal. » (Gn 6.5). Cet état de corruption est décrit par des dizaines de passages dans l’Écriture dont voici certains des plus importants : Jr 17.9 ; Mt 15.19-20 ; Rm 3.9-18 ; Ep 4.17-19. À cause de la corruption du péché, l’homme est radicalement incapable d’obéir à Dieu et de lui plaire de quelque façon (Rm 8.7 ; Es 64.5).

    Cette corruption engendre la condamnation. La mort, en plus d’être une puissance dévastatrice, est un jugement pénal (Rm 6.23). Les hommes ont « perdu leur justice originelle ». Les pécheurs sont sous la colère de Dieu, c’est-à-dire sous son verdict de condamnation et sa malédiction (Jn 3.36 ; Jr 44.22). La condamnation ultime aura lieu au jugement dernier et consistera en une ruine éternelle loin de Dieu (2 Th 1.6-9).

    Mais pourquoi la mort a-t-elle régné sur tous les hommes sans qu’ils n’aient commis une transgression semblable à celle d’Adam (Rm 5.14)? Autrement dit, pourquoi tous les hommes subissent-ils les conséquences de la chute d’Adam? Les paragraphes 3 et 4 répondent à cette question en présentant les raisons bibliques qui expliquent l’universalité du péché et de ses conséquences.

    (Par. 3) Puisqu’ils étaient la souche du genre humain, et, par le vouloir de Dieu, ils représentaient toute l’humanité, la culpabilité du péché a donc été imputée, et la nature corrompue a été transmise par eux à toute leur postérité par le processus normal de la génération. Leurs descendants sont maintenant conçus dans le péché et sont, par nature, des enfants de colère, des serviteurs du péché, assujettis à la mort et à toutes sortes de misères spirituelles, temporelles et éternelles, à moins que le Seigneur Jésus ne les libère.

    Deux liens unissent chaque être humain à Adam : un lien légal et un lien organique. Examinons-les dans cet ordre. Dans l’alliance des œuvres, Adam n’agissait pas à titre personnel seulement, mais en tant que représentant de tous ses descendants. Ainsi, s’il avait obtenu la vie éternelle, toute l’humanité aurait joui avec lui de l’incorruptibilité et de l’immortalité. Mais puisqu’il était le représentant légal de tous les hommes, sa faute fut imputée à tous les hommes (Rm 5.18-19). C’est pour cela que « tous meurent en Adam » (1 Co 15.22) parce que tous ont déjà péché en lui et sont privés de la gloire de Dieu (Rm 3.23).

    Cependant, le péché d’Adam n’est pas transmis uniquement de manière légale par imputation, mais également de manière organique « par le processus normal de la génération ». Ainsi, tous les hommes naissent corrompus par le péché puisqu’Adam et Ève « étaient la souche du genre humain ». En procréant, nous ne transmettons pas uniquement les facultés propres à la nature humaine, mais également la corruption de cette nature. C’est pour cela que David s’écrie : « je suis né dans l’iniquité, et ma mère m’a conçu dans le péché » (Ps 51.7). Ce qui est né du péché est péché (Jn 3.6 ; Tt 1.15). C’est pourquoi le Sauveur ne devait pas provenir de la même souche tout en revêtant une chair semblable (1 Co 15.47-48 ; Rm 8.3).

    N’est-ce pas radicalement injuste que le péché originel ait autant de conséquences pour l’humanité? Cela est au moins aussi injuste que le fait d’obtenir la vie éternelle par l’obéissance de Jésus, et cela même après plusieurs offenses (Rm 5.16). Voici comment la confession poursuit en démontrant davantage le lien entre le péché d’Adam et le nôtre :

    (Par. 4) De cette corruption originelle par laquelle nous sommes complètement infectés, incapables et ennemis de tout bien et entièrement portés à toute sorte de mal, proviennent toutes les transgressions actuelles.

    Ce n’est donc pas uniquement la corruption originelle, mais encore les transgressions actuelles qui sont responsables de la perdition de l’homme. Les hommes sont inexcusables devant Dieu (Rm 1.21). La misère de l’homme est telle qu’il ne peut absolument pas se sauver lui-même de son péché et des effets qu’il produit (Jr 13.23 ; Jn 8.34 ; Tt 3.3). Le plus grand besoin de chaque homme est d’être affranchi par le Fils (Jn 8.36).

    1053 mots

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    Première publication le 14 janvier 2016 @ 8 h 59 min

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    29 min
  • S’approcher du feu dévorant – Psaume 50

    Psaume 50

    RÉSUMÉ: Le Psaume 50 révèle le Dieu qui se manifeste dans le feu pour juger la voie de ceux qui s’approchent de lui. Ce psaume nous apprend non seulement quelle sorte d’adoration Dieu veut, mais surtout quels adorateurs il recherche.

    PLAN:

    1. Une convocation solennelle (v.1-6)
    2. L’adoration que Dieu veut (v.7-15)
    3. L’adorateur que Dieu recherche (v.15-23)

    QUESTIONS:

    1. Que sait-on sur Asaph?
    2. Dans ce psaume, qui convoque qui et pourquoi?
    3. Qu’est-ce que le formalisme religieux?
    4. Qu’est-ce que la domestication du divin?
    5. Quel sacrifice plaît à Dieu?
    6. Comment raisonne le méchant qui est religieux?
    7. Qu’est-ce que Dieu attend du méchant?

    Lectures complémentaires: Ésaïe 1.10-31 (intro) ; 1 Corinthiens 1.26-31 (Cène)

    Notes PDF: https://prechelaparole.sermon.net/pdf/22481494

    PDF Série Psaumes: https://prechelaparole.sermon.net/pdf/22207057

    Prédicateur : Pascal Denault

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    0 min
  • Question #33 – Quelle est la différence entre le péché du chrétien et celui du non-chrétien?

    Réponse: Concernant la gravité et la culpabilité il n’y a pas de différence, cependant le péché du chrétien est pardonné et mortifié. ~ 1 Jean 1.9 – Romains 8.13

    Dans la dernière étude, nous avons vu la gravité et l’universalité du péché. Il n’y a rien que l’homme puisse faire pour empêcher sa corruption et sa condamnation. Seul Dieu peut sauver l’homme de son péché. Mais qu’en est-il donc de la condition pécheresse de ceux qui ont été sauvés par Dieu? Le dernier paragraphe du présent chapitre répond à cette question en présentant le péché dans la vie du chrétien.

    (Par. 5) La corruption de la nature demeure, pendant cette vie sur terre, en ceux qui sont régénérés. Bien que le croyant en ait reçu le pardon en Christ, et qu’elle soit mortifiée, cette corruption, ainsi que les actions qui en procèdent, est vraiment et au sens propre péché.

    La première chose qui doit être soulignée est ce que l’on appelle le péché rémanent. Lorsque l’Écriture déclare : « Non, il n’y a sur la terre point d’homme juste qui fasse le bien et qui ne pèche jamais » (Ec 7.20), elle inclut également les hommes qui sont régénérés. En ajoutant que le péché du croyant « est vraiment et au sens propre péché », la confession refuse la distinction que l’on retrouve dans le catholicisme romain entre les péchés véniels et les péchés mortels. Tout péché est une transgression de la Loi de Dieu (1 Jn 3.4) et mérite la mort (Rm 6.23). Par contre, en déclarant que tous les péchés sont mortels et dignes du châtiment éternel, la confession ne nie pas la gradation de culpabilité et de châtiment pour le péché (Lc 12.47-48). Les péchés des chrétiens ne sont donc pas moins graves que ceux des non-croyants ; ils sont même souvent plus graves en raison de la connaissance que nous avons de la Parole de vérité. Le péché rémanent n’est pas simplement une doctrine, mais une tragédie sur laquelle nous pleurons (Mt 5.4 ; Rm 7.24 ; Hé 12.1).

    Ainsi, un chrétien n’est pas caractérisé par l’absence du péché, mais par la confession continuelle de ses péchés. Telle est la différence fondamentale entre le pécheur chrétien et le pécheur non-chrétien.

    8 Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n’est point en nous. 9 Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité. 10 Si nous disons que nous n’avons pas péché, nous le faisons menteur, et sa parole n’est point en nous. (1 Jn 1.8-10)

    Le non-croyant ne voit pas son péché devant Dieu, il ne le confesse pas de manière à s’en repentir ; il demeure donc dans sa culpabilité et sa corruption. Parce qu’il voit son état de pécheur devant Dieu, le chrétien confesse constamment ses péchés et est pardonné. La plus grande différence entre le péché du chrétien et celui du non-chrétien n’est pas premièrement la fréquence ni la gravité, mais le pardon qui est en Christ : seuls les péchés des chrétiens sont pardonnés.

    Est-ce là toute la différence? Ne devrait-on pas également voir une différence au niveau de la fréquence et de la gravité des péchés entre les deux? En effet, la confession ne parle pas uniquement du pardon du péché, mais aussi de sa mortification. Il est important de comprendre comment cette mortification s’opère par l’œuvre de l’Esprit en nous. Ce qui est nouveau dans les croyants ce n’est pas la fin de la corruption, mais l’arrivée d’une nouvelle nature en Jésus-Christ par la régénération du Saint-Esprit. Le chrétien est un homme nouveau… mais il y a encore en lui le vieil homme du péché (Ep 4.20-24 ; Col 3.9-10). Le chrétien, « pendant cette vie sur terre », vit donc une existence dichotomique entre la tendance charnelle du péché et la nouvelle nature selon l’Esprit :

    16 Je dis donc : Marchez selon l’Esprit, et vous n’accomplirez pas les désirs de la chair. 17 Car la chair a des désirs contraires à ceux de l’Esprit, et l’Esprit en a de contraires à ceux de la chair ; ils sont opposés entre eux, afin que vous ne fassiez point ce que vous voudriez. (Ga 5.16-17)

    Avant d’être régénéré, le pécheur n’a que la corruption de sa nature pour agir dans ses membres, sa pensée et sa volonté. Une fois régénéré, le pécheur voit une nouvelle puissance apparaître en lui, elle lui fait haïr le péché et le rend capable d’aimer Dieu et de lui obéir. Seulement, parce qu’il a encore le péché en lui, il ne peut le faire parfaitement. C’est pourquoi « nous soupirons en nous-mêmes, en attendant l’adoption, la rédemption de notre corps » (Rm 8.23). Dans l’attente de l’incorruptibilité promise (1 Co 15.52), voici à quoi ressemble le chrétien face à son péché :

    18 Ce qui est bon, je le sais, n’habite pas en moi, c’est-à-dire dans ma chair : j’ai la volonté, mais non le pouvoir de faire le bien. 19 Car je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas. 20 Et si je fais ce que je ne veux pas, ce n’est plus moi qui le fais, c’est le péché qui habite en moi. 21 Je trouve donc en moi cette loi : quand je veux faire le bien, le mal est attaché à moi. 22 Car je prends plaisir à la loi de Dieu, selon l’homme intérieur ; 23 mais je vois dans mes membres une autre loi, qui lutte contre la loi de mon entendement, et qui me rend captif de la loi du péché, qui est dans mes membres. 24 Misérable que je suis! Qui me délivrera du corps de cette mort?… 25 Grâces soient rendues à Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur!… Ainsi donc, moi-même, je suis par l’entendement esclave de la loi de Dieu, et je suis par la chair esclave de la loi du péché. (Rm 7.18-25)

    Ce passage ne décrit pas la victoire du péché dans la vie du chrétien, mais la mortification de la chair par le Saint-Esprit (Rm 8.12-13 ; Col 3.5). Cette mortification ne s’opère pas sans difficulté et sans échecs momentanés, mais par la grâce de Dieu le chrétien voit des progrès réels dans son obéissance au Seigneur. Il apprend à réprimer ses impulsions de colère, à résister à ses désirs impurs, à contrôler sa langue, à ne pas tendre l’oreille au mal, à renoncer à lui-même, à vivre dans l’amour, la vérité et la justice de Dieu. Son obéissance est imparfaite, mais cette sanctification par l’Esprit est réellement la mortification de son péché.

    Nous avions décrit la réalité du péché par les mots séparation, condamnation et corruption. Pour le chrétien il faut ajouter les mots adoption, justification et sanctification ou encore réconciliation, pardon et mortification. Ainsi, bien qu’en eux-mêmes il n’y a pas de différence entre les péchés des croyants et ceux des non-croyants ; par la grâce de Dieu il y a un monde de différence!

    1173 mots

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    Description: Une série de théologie systématique à partir de la Confession de foi baptiste de Londres de 1689 – Liste des questions étudiées
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    Première publication le 21 janvier 2016 @ 8 h 58 min

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    23 min
  • Question #49 – Le chrétien est-il libéré des effets du péché contre son libre arbitre?

    Réponse: La régénération affranchit d’ores et déjà les croyants du péché, mais ce n’est qu’à la résurrection finale que leur liberté sera complète et parfaite. ~ Philippiens 3.20-21

     

    Le portrait de la dépravation totale correspond-il également aux enfants de Dieu? Étrangement, d’un côté nous reconnaissons que cette description correspond à notre nature pécheresse et qu’elle n’est pas uniquement un portrait des inconvertis ; mais de l’autre côté, il nous semble que ce tableau ne nous représente pas entièrement puisque nous avons été affranchis de la puissance du péché. Cette ambivalence dichotomique décrit ce que sont les pécheurs régénérés.

    (Par. 4) Quand Dieu convertit un pécheur, et le fait passer dans l’état de grâce, il le libère de son esclavage naturel au péché, et par sa grâce seule, il le rend capable de vouloir et de faire librement ce qui est spirituellement bon. Néanmoins, en raison de la corruption rémanente, il ne veut ni parfaitement ni uniquement ce qui est bien, mais il veut aussi ce qui est mal.

    Assurément, la régénération restaure la liberté qui était affectée par la dépravation, mais elle n’éradique pas totalement la puissance du péché. À notre état dépravé, s’ajoute une nouvelle condition : « l’homme nouveau, créé selon Dieu dans une justice et une sainteté que produit la vérité » (Ep 4.24). La liberté des enfants de Dieu n’est pas un retour à la capacité de ne pas pécher et à ne choisir que le bien, mais il s’agit d’un affranchissement de la captivité à ne choisir que le mal et à rejeter Dieu (Jn 8.34-36).

    Notre liberté ne doit donc pas être définie premièrement en termes de choix ou de libre arbitre, mais en termes de délivrance : « Rendez grâces au Père, qui […] nous a délivrés de la puissance des ténèbres et nous a transportés dans le royaume du Fils de son amour » (Col 1.12-13). Cette liberté est irrésistible, aucune personne affranchie des ténèbres par Dieu ne peut rejeter Dieu. Cependant, une délivrance irrésistible n’est pas une délivrance coercitive. C’est en libérant notre volonté jadis asservie que Dieu nous a convertis à Lui (Ph 2.12-13). La grâce de Dieu nous a rendus capables d’aimer Dieu et sa justice de telle sorte qu’être libre c’est être captif du Seigneur (Rm 6.18,22).

    Néanmoins, en raison de la corruption rémanente, nous ne voulons ni parfaitement ni uniquement ce qui est bien, mais nous voulons aussi ce qui est mal. Cette division entre les désirs de la chair et ceux de l’Esprit chez le chrétien est décrite par l’apôtre Paul en Romains 7 :

    14 Nous savons, en effet, que la loi est spirituelle ; mais moi, je suis charnel, vendu au péché. 15 Car je ne sais pas ce que je fais : je ne fais point ce que je veux, et je fais ce que je hais. 16 Or, si je fais ce que je ne veux pas, je reconnais par là que la loi est bonne. 17 Et maintenant ce n’est plus moi qui le fais, mais c’est le péché qui habite en moi. 18 Ce qui est bon, je le sais, n’habite pas en moi, c’est-à-dire dans ma chair : j’ai la volonté, mais non le pouvoir de faire le bien. 19 Car je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas. 20 Et si je fais ce que je ne veux pas, ce n’est plus moi qui le fais, c’est le péché qui habite en moi.

    Certains considèrent le langage de Paul trop fort pour décrire la condition du chrétien, en particulier l’expression « je suis charnel, vendu au péché ». Il faut cependant considérer que dans ce passage l’apôtre distingue entre sa chair et lui-même. Autrement dit, Paul identifie son vrai moi à l’homme nouveau qui est ressuscité avec Christ et qui prend plaisir dans la Loi de Dieu et il identifie sa nature pécheresse, sa chair, comme étant le vieil homme qui a été crucifié avec Christ (Rm 6.6 ; Ep 4.22) et qui ne doit plus être considéré comme le moi actuel même s’il est encore présent.

    Lorsqu’il dit « si je fais ce que je ne veux pas, ce n’est plus moi qui le fais, c’est le péché qui habite en moi », cela ne signifie pas que Paul ne contrôlait pas sa volonté et qu’il n’était donc plus coupable pour ses péchés actuels. Paul considérait plutôt que sa nouvelle nature en Christ était son identité véritable et que le vieil homme du péché n’était plus qu’un résident temporaire en lui. C’est pour cette raison que, même s’ils pèchent encore, les croyants doivent se regarder « comme morts au péché, et comme vivants pour Dieu en Jésus-Christ » (Rm 6.10).

    Heureusement, cet état entre la liberté de l’Esprit et l’asservissement au péché ne durera pas éternellement. Après avoir constaté son état misérable, l’apôtre conclut sur une note positive d’espérance : « Misérable que je suis! Qui me délivrera du corps de cette mort?… Grâces soient rendues à Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur! » (Rm 7.24-25). C’est aussi sur cette note d’espérance que conclut le chapitre sur le libre arbitre de la confession de foi :

    (Par. 5) C’est seulement dans l’état de gloire que la volonté de l’homme sera rendue parfaitement et immuablement libre en vue du bien seulement.

    La glorification finale ne sera pas un retour à l’état initial, mais l’atteinte de l’objectif initial d’incorruptibilité. Adam était capable de pécher (posse peccare) et capable de ne pas pécher (posse non peccare). La liberté dans l’état d’incorruptibilité sera semblable à celle de Dieu et du Christ glorifié (Ac 2.24-36 ; 1 Co 15.42-49). La liberté de Dieu est souvent définie négativement comme une incapacité de pécher (Ha 1.13 ; 2 Tm 2.13 ; Jc 1.13). Voilà la liberté promise aux enfants de Dieu : l’incapacité de pécher (non posse peccare), l’incorruptibilité éternelle.

    Cet état glorieux sera atteint « en un instant, en un clin d’œil, à la dernière trompette. La trompette sonnera, et les morts ressusciteront incorruptibles, et nous, nous serons changés. » (1 Co 15.52), à la résurrection finale. Cette transformation sera opérée par le Seigneur Jésus-Christ lui-même « qui transformera le corps de notre humiliation, en le rendant semblable au corps de sa gloire, par le pouvoir qu’il a de s’assujettir toutes choses » (Ph 3.21). Alors il n’y aura plus jamais de péché ni aucun effet de la mort (Ap 21.4). La liberté ultime n’est pas le choix entre le péché et l’obéissance, mais l’incapacité de désobéir à Dieu ; une obéissance heureuse et libre. Ceux qui ont été affranchis du péché possèdent déjà cette liberté glorieuse sous la forme d’une espérance qui ne peut tromper (Rm 8.19-30).

    1100 mots

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    Première publication le 18 janvier 2017 @ 20 h 23 min

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  • Martin Labonté – Quand Dieu nous garde humbles – Jacques 1.9-15

    Jacques 1.9-15

    RÉSUMÉ : Parfois le Seigneur met sa main sur nous pour nous garder humbles et nous rappeler que la vie est courte. C’est pourquoi nous devons supporter patiemment les épreuves en visant l’ultime prix de la couronne de vie. Mais soyons vigilants face à nos cœurs qui peuvent mal réagir face aux épreuves, des cœurs qui blâment Dieu pour nos péchés. Comment peut-on bien répondre à tout ceci? Cette étude va nous donner quelques éléments pour nous aider.

    PLAN

    1. Éveillons-nous à la courte durée de cette vie
    2. Gardons les regards sur ce qui est éternel
    3. Reconnaissons nos cœurs pécheurs pour persévérer dans les épreuves

    Lectures complémentaires: Jérémie 9.23-10.16 ; 1 Pierre 1.13-25

    Prédicateur: Martin Labonté

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