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Or


Réponse: Dans l’unique personne du Christ sont inséparablement unies la nature divine et la nature humaine sans mélange ni confusion faisant de lui le parfait Médiateur entre Dieu et les hommes. ~ Romains 9.5
En affirmant l’engendrement éternel du Fils, les chrétiens confessent sa pleine divinité. Cependant, il y a un risque de commettre l’erreur inverse en ne confessant pas sa pleine humanité. Déjà au temps du Nouveau Testament cette hérésie circulait et elle fut condamnée par les apôtres : « Car plusieurs séducteurs sont entrés dans le monde, qui ne confessent point que Jésus-Christ est venu en chair. Celui qui est tel, c’est le séducteur et l’antéchrist. » (2 Jn 7). Jean dénonce ce qui semble avoir été une forme primitive de docétisme : l’idée que le corps du Logos n’était pas réel, mais une simple apparence puisque la matière étant mauvaise, Dieu, qui est pur esprit, n’aurait pas pu s’unir à une chair réelle. L’insistance biblique sur la réalité de l’incarnation (in carne = dans la chair), la réalité de sa naissance (Mt 1.1, 18 ; Ga 4.4), la réalité de sa mort (Jn 19.33-35 ; 1 P 3.18), la réalité de son sang (Ac 20.28 ; Rm 3.25, 5.9 ; Ep 1.7), et la réalité de sa résurrection corporelle (1 Co 15), rendent impossible une telle lecture de la manifestation de Dieu en chair (Jn 1.14 ; Col 2.9 ; 1 Tm 3.16 ; 1 Jn 4.2).
C’est pourquoi, après avoir affirmé la pleine divinité du Fils, la confession enchaîne dans le même paragraphe et la même phrase en affirmant sa pleine humanité :
(Par. 2) Le Fils de Dieu, deuxième personne de la Sainte Trinité, étant vrai Dieu éternel, le rayonnement de la gloire du Père, de même substance et égal à celui qui a fait le monde, qui soutient et gouverne tout ce qu’il a fait, a, quand les temps furent accomplis, assumé la nature humaine avec toutes ses caractéristiques essentielles et les faiblesses communes, mais, cependant, sans le péché. Il a été conçu par le Saint-Esprit dans le sein de la Vierge Marie, l’Esprit Saint venant sur elle, et la puissance du Dieu Très haut la couvrant comme une ombre. Ainsi il est né d’une femme, de la tribu de Juda, de la descendance d’Abraham et de David selon les Écritures, de sorte que deux natures complètes, parfaites et distinctes ont été inséparablement unies en une seule personne, sans changement ni mélange ou confusion. Cette personne est vrai Dieu et vrai homme, et cependant un seul Christ, l’unique médiateur entre Dieu et les hommes.
Le paragraphe 2 conclut en affirmant l’union hypostatique du Christ : c’est-à-dire l’union de la nature humaine et divine sans changement ni mélange ou confusion en une seule personne (hypostase = personne). Cette doctrine est parfois appelée l’union personnelle : en une seule personne sont inséparablement unies deux natures distinctes et parfaites. Pour bien comprendre la pertinence de cette vérité biblique, examinons ce qui se produisit dans l’Église chrétienne après le Concile de Nicée de 325.
Nous avons vu comment le Symbole de Nicée réfuta l’arianisme en confessant la pleine divinité du Fils éternel de Dieu. Après Nicée la relation entre les deux natures du Fils fut en jeu : comment pouvait-il être Dieu et homme à la fois? Pour Nestorius (381-451), la réponse à cette question était simple ; selon lui en Jésus-Christ résidait deux personnes : le Dieu éternel et le médiateur humain. Cette doctrine fut condamnée comme une hérésie lors du Concile d’Éphèse de 431 ; ce qui n’empêcha pas le nestorianisme de se répandre dans beaucoup d’Églises d’Orient (Marco Polo (1254-1324) rencontra principalement cette forme de christianisme dans son voyage jusqu’en Chine).
Un des plus farouches adversaires du nestorianisme fut Eutychès (378-454) qui, pour réfuter la double personnalité du Christ, insista tellement sur l’union de ses deux natures qu’il finit par les confondre en une seule nature dans laquelle la nature humaine était absorbée par la nature divine. La doctrine d’Eutychès était une forme de monophysisme (mono = un + phusis = nature) qui affirmait que Jésus était un mélange divin et humain. Cette nouvelle hérésie provoqua le Concile de Chalcédoine en 451. Ce concile affirma de manière définitive la façon d’exprimer la relation entre les deux natures du Christ en demeurant dans les balises scripturaires et en rejetant toute forme de spéculation quant à la double nature. Ce concile eut recours à la doctrine de l’union hypostatique pour établir l’orthodoxie chrétienne :
Suivant donc les saints pères, nous enseignons unanimement que nous confessons un seul et même Fils, notre Seigneur Jésus-Christ, le même parfait en divinité, et le même parfait en humanité, le même vraiment Dieu et vraiment homme (composé) d’une âme raisonnable et d’un corps, consubstantiel au Père selon la divinité et le même consubstantiel à nous selon l’humanité, en tout semblable à nous sauf le péché, avant les siècles engendré du Père selon la divinité, et aux derniers jours le même (engendré) pour nous et notre salut de la Vierge Marie, Mère de Dieu selon l’humanité,
Un seul et même Christ, Fils, Seigneur, l’unique engendré, reconnu en deux natures, sans confusion, sans changement, sans division et sans séparation, la différence des natures n’étant nullement supprimée à cause de l’union, la propriété de l’une et l’autre nature étant bien plutôt gardée et concourant à une seule personne et une seule hypostase, un Christ ne se fractionnant ni se divisant en deux personnes, mais un seul et même Fils, unique engendré, Dieu Verbe, Seigneur Jésus Christ, selon que depuis longtemps les prophètes l’ont enseigné de lui, que Jésus Christ lui-même nous l’a enseigné, et que le Symbole des pères nous l’a transmis
Le concile réfuta à la fois le nestorianisme en affirmant un seul et même Christ sans division ni séparation et il réfuta le monophysisme en affirmant deux natures sans confusion ni changement. Le concile affirma l’union de la nature divine et la nature humaine en une seule personne : l’union hypostatique du Christ. Il peut être utile de comparer ce concept avec la Trinité. En Dieu on retrouve une seule nature divine (essence) et trois personnes (hypostases), en Christ on retrouve deux natures et une seule personne (union hypostatique).
Comment une même personne est à la fois Dieu et homme est un mystère que nous affirmons sans le comprendre pleinement. Cela est sans contredit le grand mystère de la piété : Dieu manifesté en chair (1 Tm 3.16). Cependant, il s’agit certainement d’une vérité que l’Écriture enseigne lorsqu’elle déclare que le Christ est Dieu béni éternellement au-dessus de tout, tout en étant issu du peuple juif, selon la chair (Rm 9.5). Jésus est le Médiateur theanthropos, le Dieu homme : égal et consubstantiel au Père quant à la divinité (Ph 2.6), égal et consubstantiel aux hommes quant à l’humanité à l’exception du péché (Rm 8.3).
L’union hypostatique nous permet d’affirmer que Jésus, quant à son humanité, n’était pas un surhomme, il n’était pas un homme mi-dieu. Jésus, quant à son humanité, était un homme ordinaire comme nous, la confession va jusqu’à dire qu’il a : « assumé la nature humaine avec toutes ses caractéristiques essentielles et les faiblesses communes, mais, cependant, sans le péché ». Avant sa résurrection dans la chair, Jésus partageait la nature humaine déchue (mais non pas dépravée). Sa nature humaine n’était pas homoiousios (d’une nature semblable), mais homoousios (de même nature) à la nôtre sauf pour le péché. Autrement dit, avant la résurrection, Christ avait une chair faible, corruptible et mortelle. Mais par son obéissance il a obtenu, à la résurrection, une chair pleine de force, incorruptible et immortelle (1 Co 15.43, 53). Les caractéristiques de la nature humaine du Christ avant sa résurrection n’étaient pas celles d’Adam avant la chute, mais celles d’Adam après la chute, le péché en moins.
C’est donc dire l’abaissement auquel le Fils éternel a consenti en paraissant « comme un simple homme » et en s’humiliant « jusqu’à la mort de la croix » (Ph 2.7-8). Mais le Médiateur, ayant accompli sa mission, éleva la nature humaine à la condition glorieuse à laquelle Dieu l’avait destinée (1 Co 15.24-28 ; Ph 2.9-11). Jésus-Christ homme existe présentement dans cette condition majestueuse et glorieuse, il est, en tant qu’homme (1 Tm 2.5), Seigneur et Roi sur toutes les œuvres de Dieu.
1348 mots
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Première publication le 28 septembre 2016 @ 21 h 08 min
Matthieu 13.3-9, 18-23
RÉSUMÉ: À première vue, la Parabole du semeur semble être un échec, après tout trois des quatre semences ne résultent en aucun fruit. Est-ce que cela signifie que l’Évangile est faible? Devrions-nous adapter le message pour aujourd’hui afin d’obtenir de meilleurs résultats? La réponse de Jésus est un NON retentissant, le problème n’est pas la semence, mais le cœur humain.
Plan :
Lectures complémentaires: Matthieu 10.5-28, 11.1,16-17,25-30, 12.15-27, 46-13.2
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Question: Qu’est-ce qu’un mariage légitime devant Dieu?
Réponse: Le mariage légitime est celui que Dieu a institué au commencement comme alliance entre un homme et une femme pour la vie. ~ Genèse 2.24
Lisez l’introduction à cette doctrine ici
Depuis l’entrée du péché dans le monde, l’intégrité du mariage est menacée. Chaque culture vient avec ses propres déviations de l’ordre établi au commencement. Notre contexte moderne est le théâtre d’une grande confusion en ce qui a trait au mariage et à la sexualité. Les énoncés de la confession de foi sont en quelque sorte un antidote utile pour chaque époque puisqu’ils affirment avec simplicité l’ordonnance biblique du mariage tel qu’il a été institué au commencement.
(Par. 1) Le mariage est contracté entre un seul homme et une seule femme ; aussi, il n’est pas permis qu’un homme ait plus d’une femme ou qu’une femme ait plus d’un mari à la fois.
Le premier paragraphe du chapitre sur le mariage introduit une définition toute simple du mariage. Cette définition repose principalement sur l’institution de cette ordonnance lors de la création avant que le péché n’entre dans le monde. Nous verrons certains des impacts que le péché a eus sur le mariage, mais pour l’instant, examinons l’idéal créationnel de cette ordonnance. Le texte de base pour définir le mariage est Genèse 2.24 : « C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair. »
Sur la base de ce texte, la confession présente la norme du mariage légitime comme étant une alliance hétérosexuelle et monogame. Toute définition du mariage qui ne respecte pas ces deux critères fondamentaux est nécessairement illégitime, peu importe de quelle autorité elle procède. Toute forme de vie conjugale ou de pratique sexuelle qui n’est pas un mariage selon les termes établis par Dieu est également illégitime, peu importe la sincérité des personnes qui y sont impliquées.
Cela étant affirmé, la pratique de la polygamie dans l’Ancien Testament ne contredit-elle pas les principes bibliques du mariage légitime? Certaines précisions doivent être apportées à propos de la polygamie dans l’Écriture. Premièrement, nulle part l’Écriture n’approuve cette pratique qui était contraire à l’ordre établi par le Créateur. Il est vrai que Dieu n’a pas rejeté ses serviteurs qui ont pratiqué ce péché, tout comme il a été patient envers eux pour d’autres péchés. Cependant, la polygamie est dorénavant interdite à ses serviteurs (1 Tm 3.2 ; Tt 1.6). Cette exigence devrait prévaloir non seulement pour les ministres dans l’Église, mais pour tout disciple sous la Nouvelle Alliance depuis que Christ a restauré l’idéal créationnel du mariage (Mt 19.4-5).
Deuxièmement, la polygamie n’était pas une pratique répandue au sein du peuple d’Israël. On la retrouve chez les patriarches et parmi plusieurs rois de la nation, mais nous ne la retrouvons pas généralement chez les israélites ordinaires ; le cas d’Elkana (1 S 1.2) semble être l’exception et non la norme. Troisièmement, la loi sur la polygamie n’avait pas pour but de promouvoir ou d’autoriser cette pratique, mais de la restreindre et de l’encadrer (Dt 21.15-17 ; Ex 21.10-11). De la même façon que la permission du divorce (Dt 24.1) n’avait pas pour but de légitimer quelque chose que Dieu abhorrait (Mal 2.16), mais d’encadrer et de réfréner une telle pratique ; la loi sur la polygamie devait protéger les femmes qui en seraient victimes. Quatrièmement, l’Écriture désapprouve explicitement la polygamie sous ses différentes formes (Ex 20.14 ; Lv 18.18 ; Dt 17.17 ; Né 13.26) et promeut constamment la monogamie (Gn 2.24 ; Pr 5 ; Mt 19.4-6 ; 1 Co 7.2).
Revenons au mariage légitime devant Dieu. Il ne suffit pas d’une union monogame et hétérosexuelle pour constituer un mariage. Le concubinage n’est donc pas un mariage ni un état légitime devant Dieu (Jn 4.18). Puisque le mariage est une alliance (Mal 2.14), il est nécessaire de définir quels sont les éléments constitutifs de cette alliance. La reconnaissance publique du mariage varie d’une culture à une autre, mais elle comporte généralement deux éléments qui font partie de l’ordonnance créationnelle du mariage : (1) des vœux solennels et (2) l’union des époux. Ces deux éléments sont requis pour la ratification de l’alliance maritale.
L’homme (Gn 2.23), conjointement au Créateur (Gn 2.24 ; Mt 19.4-5), prononce des paroles sacrées (solemnia verbia) par lesquelles une alliance est contractée entre les époux. Ces paroles d’alliance sont suivies de l’union des époux dans l’acte sexuel et la vie à deux comme faisant un (Gn 2.24 ; Mt 19.6). L’union sexuelle (copula carnalis) entre le mari et la femme est en quelque sorte une réaffirmation de l’alliance conjugale des époux (1 Co 7.3-4). Ainsi, comme dans les autres alliances bibliques, on retrouve dans l’alliance du mariage une stipulation verbale et un acte de consommation.
Maintenant, que faire lorsque des croyants se retrouvent dans une relation ou une union illégitime? Les pratiques pastorales varieront en fonction de chaque situation, mais l’objectif est toujours de restaurer autant que possible le cadre légitime fixé par Dieu. Sachant combien le péché peut détruire ou complexifier les choses, il faudra parfois beaucoup de courage, de sagesse et de grâce pour discerner la bonne chose à faire et le compromis acceptable lorsque l’idéal originel n’est plus possible. L’Église est appelée non pas à fermer les yeux sur ces situations, si difficiles soient-elles, mais à les examiner et à les juger à la lumière de la Parole de Dieu (1 Co 5.9-12).
900 mots
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Première publication le 22 novembre 2023 @ 2 h 05 min
Ex 3.12-15
RÉSUMÉ: Au moment le plus sombre de l’histoire du peuple d’Israël, lorsqu’ils crièrent à leur Dieu afin qu’Il accomplisse les promesses qu’Il leur avait faites, le Seigneur répondit en déclarant que la solution à leur détresse se trouvait dans cette vérité simple : Il est. La révélation de Dieu comme le grand « Je suis » montre que l’être de Dieu est le fondement de Sa fidélité alliancielle et la raison pour laquelle nous pouvons Lui faire confiance en toutes choses.
Plan :
1. Le Dieu qui n’a besoin de rien garantit son alliance
Lectures complémentaires: Gen 15, Heb 6.13-20
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Réponse: Non, Jésus n’exerce sa médiation qu’envers les élus ~ Jean 17.9
Beaucoup de lecteurs de la Bible conçoivent que seuls les chrétiens sont au bénéfice de la rédemption accomplie par le Christ puisque la foi en lui est nécessaire pour obtenir la faveur de Dieu (Rm 3.25-26). Cependant plusieurs ils envisagent erronément que leur foi est la cause de l’exclusivité de la médiation de Christ pour eux alors que c’est plutôt l’inverse qui est vrai : s’ils ont la foi en lui c’est parce qu’il est leur Médiateur et qu’il n’est pas le Médiateur d’autres hommes qui le rejettent (Jn 10.26). Examinons comment le paragraphe 8 de notre confession de foi conçoit cette question :
(Par. 8) Christ applique et communique certainement et efficacement la rédemption éternelle à tous ceux pour qui il l’a acquise. Il intercède pour eux, les unit à lui par son Esprit, leur révèle dans et par la Parole le mystère du salut et les persuade de croire et d’obéir. Il gouverne leurs cœurs par sa Parole et son Esprit, et triomphe de tous leurs ennemis par sa toute puissance et sa sagesse selon les moyens et les voies les plus appropriés à son plan merveilleux et insondable. Il le fait par sa grâce libre et absolue, et non en raison d’une quelconque condition qu’il aurait vue d’avance en eux pour le mériter.
Ce paragraphe exprime ce que l’on appelle la rédemption particulière : « Christ applique et communique certainement et efficacement la rédemption éternelle à tous ceux pour qui il l’a acquise. » Cette affirmation sous-entend que Christ n’a pas acquis la rédemption pour tous, mais uniquement pour les élus. C’est exactement ce que la confession enseigne! Il y a deux façons d’envisager l’œuvre de médiation de Jésus : ou bien elle est potentiellement efficace, ou bien elle est actuellement efficace. Nous optons pour le deuxième choix.
L’adverbe « actuellement », qui qualifie l’efficacité de la médiation de Christ, n’est pas utilisé dans un sens temporel qui signifierait « présentement ». Bien entendu la médiation du Christ se poursuit présentement, sans quoi il ne pourrait y avoir de salut (Hé 7.25). Mais le mot « actuellement » signifie que sa médiation est efficace d’elle-même ; elle n’attend pas après la foi de l’homme pour être actualisée, mais parce qu’elle est actuelle elle cause la foi de l’homme. La foi à salut est donc un don de Dieu (Ep 2.8), acquise par l’œuvre du Médiateur (Ep 1.7-9 ; 2 P 1.3), appliquée par l’Esprit saint aux élus (Ac 11.18 ; 1 Co 12.9 ; Ep 1.13). N’est-ce pas Jésus qui délivre l’homme de son incrédulité (Mc 9.24)?
Cette conception de la Médiation est manifeste dans l’Écriture : Jésus vient racheter exclusivement ceux que le Père lui a donnés. Il ne vient pas rendre tous les hommes rachetables, mais il vient accomplir efficacement la rédemption des élus. Par exemple, le Seigneur déclare (Jn 6.37) : « Tous ceux que le Père me donne viendront à moi, et je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi ». Ici Jésus désigne spécifiquement ceux qui viennent à lui comme étant ceux que son Père lui a donnés. Quelques versets plus loin, il les désigne exclusivement en disant (v. 44) : « Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire ». D’un côté tous ceux qui sont à Christ viendront à lui, de l’autre côté seuls ceux qui sont à Christ peuvent venir à lui. Sans la médiation de Jésus, l’homme ne peut d’aucune façon venir à Dieu (Jn 14.6) ; et sa médiation est réservée aux élus seulement (Hé 10.21).
Cela est d’autant plus évident lorsque nous considérons la prière sacerdotale du Christ : la prière que Jésus offrit comme grand-prêtre avant d’aller accomplir son sacrifice à la croix (Jn 17.1-5 ; Ex 28.29-30). Jésus intercède d’abord pour ceux qui ont cru (Jn 17.6) : « J’ai fait connaître ton nom aux hommes que tu m’as donnés du milieu du monde. Ils étaient à toi, et tu me les as donnés ; et ils ont gardé ta parole. » Plus loin il prie pour ceux qui croiront (v. 20) : « Ce n’est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole. » Et finalement il n’intercède pas pour le monde (v. 9) : « C’est pour eux que je prie. Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m’as donnés, parce qu’ils sont à toi ». L’expression « le monde » se réfère souvent à tous ceux pour lesquels Christ a donné sa vie, juifs et non-juifs (Jn 3.16 ; 1 Jn 2.2), mais parfois elle se réfère à ceux qui demeurent rebelles et pour lesquels Christ n’a pas donné sa vie (Jn 15.18-19, 17.9 ; 1 Jn 5.19).
Une dernière question demeure en suspens : Pourquoi Jésus est-il le Médiateur de certains hommes exclusivement? La confession termine sa présentation de la rédemption particulière en répondant à cette question : « Il le fait par sa grâce libre et absolue, et non en raison d’une quelconque condition qu’il aurait vue d’avance en eux pour le mériter. » La rédemption particulière est basée sur l’élection inconditionnelle. L’Écriture attribue à la foi et à l’incrédulité le salut des uns et la perdition des autres (Jn 3.36) et elle attribue la foi à l’élection de la grâce (Rm 11.6-7).
Pourquoi suis-je sauvé? Parce que j’ai cru en Jésus-Christ qui m’a été annoncé par l’Évangile (Rm 10.13-17). Pourquoi ai-je cru en Jésus-Christ comme mon Sauveur? Parce que j’étais sa brebis et que ses brebis le suivent lorsqu’elles entendent sa voix (Jn 10.27). Pourquoi étais-je de ses brebis? Parce que le Père m’a donné à son Fils avant la fondation du monde (Ep 1.4-5). Cet ordo salutis est présenté tel quel dans l’Épître aux Romains (8.30) : « Ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés ; et ceux qu’il a appelés, il les a aussi justifiés ; et ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés. » Jésus-Christ est donc le Médiateur des élus seulement et sa médiation efficace assure leur salut et leur préservation jusqu’à leur résurrection finale et leur glorification (Jn 6.39).
996 mots
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Première publication le 2 novembre 2016 @ 20 h 35 min
Réponse: Christ exerce sa médiation sans intermédiaire et il le fait en tant que Prophète, Prêtre et Roi afin de de nous sauver de notre ignorance, de notre corruption et de notre faiblesse. ~ Hébreux 1.2-3
Dans le paganisme gréco-romain, il existait une pléthore de dieux auxquels les hommes s’adressaient pour tous leurs besoins. Augustin, dans son ouvrage intitulé La cité de Dieu, fait ressortir le caractère grotesque de ce panthéon et lui oppose le Dieu unique de la Bible et son seul Médiateur Jésus-Christ. Ironiquement, le christianisme a fini par adopter cette tendance romaine à reconnaître plusieurs intermédiaires en plus du Christ : la vierge et une foule d’autres saints que l’on devait prier et par lesquels on pouvait être exaucé.
Officiellement, l’Église catholique romaine enseigne qu’il n’y a qu’un seul Médiateur, Jésus-Christ. Cependant elle considère que son unique médiation passe par plusieurs canaux (les saints) qui ne sont pas tellement différents des charismes sur terre par lesquels Christ bénit son Église (Ep 4.11-12). Cette conception de la médiation de Christ au travers des saints a été rejetée par les protestants.
(Par. 9) Cet office de Médiateur entre Dieu et les hommes n’appartient qu’à Christ, qui est le Prophète, le Prêtre et le Roi de l’Église de Dieu. Il ne peut pas, en totalité ou en partie, être transféré de lui à qui que ce soit d’autre.
Par cette affirmation, non seulement rejetons-nous les intermédiaires célestes (la vierge et les autres saints), mais nous récusons également tout autre prêtre que Jésus. Pour être en communion avec Dieu, les croyants doivent en appeler directement au Christ. Ses ministres sur terre peuvent être des canaux qu’il utilise pour bénir son Église, mais ils ne sont d’aucune façon des intermédiaires puisque tous les enfants de Dieu ont directement accès au seul Médiateur et par Lui à Dieu (1 Tm 2.5 ; Hé 7.25, 10.21-22).
La confession identifie trois offices par lesquels Jésus exerce sa médiation : l’office prophétique, l’office sacerdotal et l’office royal. Ces trois offices trouvent leur origine dans l’Ancien Testament chez le peuple d’Israël qui préfigurait le Messie par ces offices. Le peuple sous l’Ancienne Alliance était en quelque sorte à la merci de ses prophètes, de ses sacrificateurs et de ses rois. Lorsque ceux-ci mouraient ou étaient infidèles, le peuple en souffrait souvent les conséquences (Dt 34.10 ; Hé 7.23 ; 2 S 24.10-12). Mais Israël attendait le dernier Prophète (Ac 3.22-23 ; Hé 1.2), le Sacrificateur qui subsiste éternellement (Hé 7.3, 24) et le Roi dont le règne n’aura point de fin (Lc 1.32-33).
Jésus est donc l’Israël Fils de Dieu (Mt 2.15) qui devait non seulement occuper ces offices, mais les accomplir. Ceci ressort dans les évangiles synoptiques qui identifient Christ avec Israël par son baptême et sa tentation de 40 jours au désert. Dans les trois tentations, chacun des offices est représenté : Jésus est le Prophète fidèle qui vit de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. Il est le Sacrificateur fidèle jusqu’à la mort (Ps 91.11-16). Et il est le Roi fidèle qui ne se prosterna que devant Dieu pour recevoir son royaume. Jésus a triomphé partout où Israël a échoué. Il est le parfait Médiateur Prophète, Prêtre et Roi du peuple de Dieu et il est pleinement suffisant pour assurer notre salut (Hé 12.2 ; 2 P 1.3).
La confession ajoute un dernier paragraphe qui explique pourquoi nous avons besoin de chacun des trois offices de Jésus.
(Par. 10) Le nombre et l’ordre de ces offices est nécessaire : à cause de notre ignorance, nous avons besoin de son ministère prophétique, à cause de notre aliénation de Dieu, et de l’imperfection de ce qu’il y a de mieux dans notre service, nous avons besoin que son office sacerdotal nous réconcilie et nous rende acceptables à Dieu ; à cause de notre aversion et de notre incapacité totale à retourner à Dieu, en vue de la délivrance de nos adversaires spirituels et de la sécurité qui en résulte, nous avons besoin que son office royal nous convainque, nous assujettisse, nous attire, nous soutienne, nous délivre et nous garde en vue de son Royaume céleste.
C’est d’abord notre endurcissement contre la vérité qui nous rend étrangers et ennemis de Dieu (Ep 4.18) et c’est le Christ qui nous délivre de cette aliénation et nous conduit dans la vérité (Ep 4.20-24). Ensuite, tout ce qui déplaît à Dieu en nous par la corruption du péché, il l’a définitivement expié en nous purifiant par son sang (Hé 10.10). Finalement, Christ nous délivre de toute puissance ennemie et nous affranchis complètement afin que nous puissions appartenir à Dieu seul (Hé 2.14-15).
Jésus est donc le Prophète qui nous sauve de notre ignorance, le Prêtre qui nous sauve de notre corruption et le Roi qui nous secoure dans notre faiblesse et nous sauve de nos ennemis. Il nous a secourus lui-même par son œuvre sur la terre et il continue sans cesse de nous secourir par son Esprit et sont intercession comme Médiateur (Ac 2.33 ; Rm 8.34).
838 mots
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Première publication le 9 novembre 2016 @ 20 h 28 min
Psaume 46
RÉSUMÉ: Après le roi messianique du Psaume 45, qui règne dans la justice et la gloire, le Psaume 46 célèbre la cité qu’il établit : une cité invincible, habitée par Dieu lui-même. Ce cantique de confiance a d’abord retenti dans le contexte historique de l’invasion assyrienne sous Sanchérib, lorsque Jérusalem fut miraculeusement délivrée sous le règne d’Ézéchias (És 36–37 ; 2 Ch 32). Mais il annonce aussi la cité nouvelle et éternelle que le Messie fera descendre du ciel (Ap 21.2). À travers ce psaume, nous contemplons la sécurité absolue du peuple de Dieu, fondée sur la présence du Roi au milieu de sa ville.
PLAN:
QUESTIONS:
Lectures complémentaires: Ésaïe 36.1-37.7 (avant) ; 2 Chroniques 32.20–23 (après)
Prédicateur : Pascal Denault
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Série sur les Psaumes
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Réponse: Oui, Dieu a donné à l’homme une volonté qui s’exerce librement sans être déterminée par quoi que ce soit d’autre parmi les choses créées. ~ Deutéronome 30.19
Il existe une idée reçue voulant que le calvinisme exclue le libre arbitre de l’homme. Cette fausse conception est même défendue par certains chrétiens calvinistes qui pensent peut-être que la souveraineté de Dieu, la dépravation totale de l’homme et la grâce irrésistible excluent nécessairement le libre arbitre de l’homme. Ce n’est pas la conception que nous retrouvons dans la confession de foi.
(Par. 1) Dieu a doté la volonté de l’homme d’une liberté naturelle et d’une capacité d’agir par choix, qui n’est ni contrainte, ni déterminée par une quelconque nécessité de la nature, au bien ou au mal.
Le chapitre 9 fonctionne un peu comme la table des matières des doctrines concernant l’homme et de ses différents états suivant le triple motif : création, chute, rédemption. Le paragraphe 1 définit la liberté naturelle de l’homme. Les quatre paragraphes suivants présentent cette liberté à différents stades de l’existence de l’homme : l’état d’innocence (par. 2), l’état de péché (par. 3), l’état de grâce (par. 4) et l’état de gloire (par. 5). Ces quatre états par lesquels l’homme passe sont présentés en détail aux chapitres 4, 6, 9-20.
Dès que l’on parle de libre arbitre ou, dans le langage de la confession, de « liberté naturelle », il faut répondre à la question : libre de quoi? Le mot arbitre vient du latin arbitrium qui signifie choix, décision, jugement. De quoi la volonté est-elle libre ou par quoi n’est-elle pas déterminée? Réponse : elle « n’est ni contrainte, ni déterminée par une quelconque nécessité de la nature, au bien ou au mal ». L’Écriture, tout en enseignant le déterminisme divin, rejette le fatalisme. Examinons cette assertion d’un peu plus près.
Beaucoup de philosophes modernes croient au déterminisme naturel, rejettent le libre arbitre et affirment que la volonté humaine est déterminée par des causes matérielles, environnementales et même chimiques. Ce béhaviorisme évacue complètement la responsabilité humaine réduisant le caractère de l’homme à l’état de son cerveau et faisant du libre arbitre, une simple impression subjective. Plusieurs croyances religieuses et philosophies païennes partagent une conception similaire de la réalité où la liberté est emprisonnée dans le destin et où la volonté est captive du fatalisme. Ce sont précisément ces notions qui sont niées par le premier paragraphe. L’Écriture enseigne que « Dieu a doté la volonté de l’homme d’une liberté naturelle et d’une capacité d’agir par choix ».
Nous ne nions pas qu’il existe des facteurs extérieurs à la volonté humaine qui influencent celle-ci dans ses choix, cependant ces influences n’annulent pas la liberté et ne déterminent pas la volonté, car en soi elle est libre. L’homme exerce réellement sa volonté, car Dieu lui a donné le pouvoir de vouloir et de choisir librement. L’homme peut faire ce qu’il veut, plus encore : l’homme fait ce qu’il veut ; même lorsqu’il ne veut pas faire ce qu’il fait (Rm 7.15-16). Une influence quelconque sur la volonté n’annule aucunement la responsabilité de celle-ci (Hé 12.4) et la captivité de l’homme à la corruption n’exclut pas la volonté dans le processus du péché (Jc 1.13-15).
Le libre arbitre est la base morale de la responsabilité humaine. Sans une volonté libre, l’homme ne peut pas être moralement imputable. C’est ainsi que Dieu envisage l’être humain vis-à-vis de sa Loi : un être doté de la capacité spirituelle de choisir le bien ou le mal :
J’en prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre : j’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité. (Dt 30.19)
Nous verrons de quelle façon le paragraphe 3 concilie le libre arbitre avec la dépravation totale de l’homme, mais notons pour l’instant qu’aucun facteur atténuant ne peut anéantir la responsabilité de l’homme. Celle-ci peut varier d’une personne à l’autre (Lc 12.47-48), cependant aucun ne possède l’impunité devant Dieu (Rm 1.20, 3.19). C’est sur cette base que l’Éternel déclare (Ez 18.20) : « L’âme qui pèche, c’est celle qui mourra. Le fils ne portera pas l’iniquité de son père, et le père ne portera pas l’iniquité de son fils. La justice du juste sera sur lui, et la méchanceté du méchant sera sur lui. » Tout le système judiciaire en Occident fut fondé sur cette notion de la responsabilité morale de l’homme qui nécessite « une liberté naturelle et une capacité d’agir par choix ».
Mais l’Écriture n’enseigne-t-elle pas le déterminisme divin? N’avons-nous pas vu, au chapitre 3, que « de toute éternité, selon le conseil très sage et très saint de sa volonté, Dieu a décrété en lui même, librement et immuablement, tout ce qui arrive », incluant les décisions de l’homme? Comment donc celles-ci peuvent-elles être libres? Et pourquoi Dieu tient-il qui que ce soit responsable, « car qui est-ce qui résiste à sa volonté » (Rm 9.19)?
Le déterminisme divin que nous confessons est radicalement différent du déterminisme de la nature cru par les philosophes. Car le décret de Dieu se produit « sans faire violence à la volonté de sa créature, et sans que la liberté, la contingence ou les causes secondes soient exclues mais qu’elles soient plutôt établies » (1689, 3.1). Toutes choses se produisent suivant la cause première qui est la volonté de Dieu, cependant « Dieu leur ordonne de se produire selon la nature des causes secondes, que ce soit nécessairement, librement ou de façon contingente » (1689, 5.2). Ainsi, seul le déterminisme divin est compatible avec la liberté de la nature et la responsabilité de l’homme. Ce compatibilisme appartient à l’incompréhensibilité divine (Rm 11.33) et fournit le fondement existentiel nécessaire pour l’exercice d’un vrai libre arbitre : l’homme exerce librement sa volonté parce que Dieu l’a décrété ainsi! Le libre arbitre n’est pas une illusion subjective, mais une réalité objective faisant de l’homme une créature morale, libre et responsable. Chacun rendra donc compte à Dieu pour lui-même (Rm 14.12).
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Première publication le 7 décembre 2016 @ 21 h 15 min
Réponse: Pour qu’une personne puisse être convertie à Dieu elle doit être efficacement appelée à Lui par le Saint-Esprit au moyen de la Parole de Dieu. ~ 1 Thessaloniciens 1.5,9
Il y a différentes façons d’expliquer la conversion. Généralement, lorsqu’une personne raconte sa conversion, elle donne un témoignage personnel qui relate les circonstances qui l’ont amenée à la repentance et la foi envers Dieu. Bien que la plupart des témoignages attribuent la conversion à l’intervention de Dieu, c’est souvent le côté humain de la conversion qui est présenté. Cependant, une conversion qui n’a que le côté humain ne vient pas d’une intervention divine. Dans cette étude, nous expliquerons en termes théologiques le côté divin de la conversion.
(Par. 1) Ceux que Dieu a prédestinés à la vie, il lui plaît, au temps que lui seul a fixé, de les appeler efficacement, par sa Parole et son Esprit, hors de l’état de péché et de mort dans lequel ils sont par nature, à la grâce et au salut par Jésus-Christ. Il éclaire spirituellement leur intelligence et leur donne de comprendre à salut les vérités divines. Il enlève leur cœur de pierre, pour leur donner un cœur de chair ; il renouvelle leur volonté, et par son pouvoir tout‑puissant, les oriente vers ce qui est bien, et les attire efficacement à Jésus-Christ. C’est cependant très librement qu’ils viennent, Dieu produisant leur vouloir par sa grâce.
La vraie conversion au vrai Dieu est un monergisme divin : elle est l’œuvre de Dieu seul. L’homme est le sujet de la conversion, mais il n’est pas l’agent de celle-ci. Le texte de la 1689 commence par identifier ceux qui sont convertis par Dieu comme étant « ceux que Dieu a prédestinés à la vie », puis elle ajoute que la conversion d’un pécheur se produit « au temps que lui seul a fixé ». Chaque conversion authentique n’est donc pas un simple récit humain d’une expérience religieuse personnelle, mais raconte comment Dieu lui-même appelle ses enfants. La conversion de Paul (Ac 9.3-9) et celle de Timothée (2 Tm 1.5, 3.15) sont très différentes l’une de l’autre ; mais chacune est fondée sur l’élection inconditionnelle et la vocation divine (Ga 1.15 ; 2 Tm 1.9).
La confession décrit la conversion en termes d’appel de Dieu. Cette terminologie correspond à celle de la Bible qui utilise le concept de la vocation efficace de Dieu (Rm 4.17) pour expliquer la conversion des pécheurs. Il y a deux appels qui vont de pair, mais qu’il faut distinguer. L’appel externe et universel (vocatio generalis) et l’appel interne et efficace (vocatio specialis). L’appel externe, s’il est seul, est inefficace pour convertir une âme rebelle, il lui faut l’efficacité de l’appel interne. Cependant, l’appel interne ne peut pas avoir lieu sans l’appel externe : « Comment donc invoqueront-ils celui en qui ils n’ont pas cru? Et comment croiront-ils en celui dont ils n’ont pas entendu parler? Et comment en entendront-ils parler, s’il n’y a personne qui prêche? » (Rm 10.14). Qu’arrive-t-il aux enfants mourants en bas âge ou aux personnes mentalement incapables de recevoir l’appel externe? Peuvent-elles néanmoins bénéficier de l’appel efficace? Nous répondrons à cette question lorsque nous examinerons le paragraphe 3.
L’appel externe vient de la vérité révélée par la Parole de Dieu. Dieu appelle tous les hommes au salut et les invite à se repentir de leurs péchés et à croire l’Évangile (Mt 28.19 ; Ac 17.30 ; Rm 2.4 ; 1 Tm 2.4). Cet appel correspond à la volonté préceptive de Dieu et est absolument nécessaire à la conversion, autrement Dieu demeurerait inconnu (Ac 17.23ss.). L’appel interne procède de l’appel externe lorsque le Saint-Esprit appelle efficacement des pécheurs par la Parole de Dieu (1 Th 1.5, 2.13 ; 1 P 1.23). Cet appel correspond à la volonté décrétive de Dieu et marque le moment de la conversion (Rm 8.30). Pour qu’une conversion soit authentique, il faut ces deux appels : par l’Évangile et par le Saint-Esprit. Entendre l’Évangile seulement ne sauve pas, faire une expérience mystique seulement ne sauve pas ; être appelé efficacement par Dieu au moyen de l’Évangile voilà comment se produit la vraie conversion.
Partout où l’Écriture nous rapporte des conversions, nous voyons ces deux appels à l’œuvre. Lorsque Paul prêche à Icone, plusieurs entendent l’appel général de Dieu et rejettent l’Évangile, par contre « tous ceux qui étaient destinés à la vie éternelle crurent » (Ac 13.48). Un peu plus loin dans le livre des Actes, Lydie, la marchande de pourpre, a non seulement entendu la bonne nouvelle de la grâce de Dieu, mais « le Seigneur lui ouvrit le cœur, pour qu’elle fût attentive à ce que disait Paul » (Ac 16.14) ; c’est pourquoi elle fut convertie. Encore un peu plus loin, alors que l’apôtre appelait les Athéniens à la repentance et leur faisait entendre l’appel général de Dieu, « les uns se moquèrent, et les autres dirent : Nous t’entendrons là-dessus une autre fois. […] Quelques-uns néanmoins s’attachèrent à lui et crurent » (Ac 17.32,34). Les premiers ne reçurent que l’appel général, tandis que les seconds reçurent également l’appel efficace, voilà comment s’explique la différence entre leurs réponses respectives. C’est la grâce seule qui fait la différence entre les convertis et les inconvertis.
La distinction entre l’appel externe et général et l’appel interne et efficace est de la plus haute importance. D’une part, l’appel externe nous indique quel est notre devoir comme ambassadeurs de Dieu dans le monde : appeler tous les hommes à être réconciliés avec Dieu (2 Co 5.19-20 ; Ep 6.19-20). D’autre part, l’appel interne nous rappelle que nous n’avons pas besoin de forcer la conversion de quiconque en risquant de produire des conversions artificielles, mais il suffit de proclamer l’Évangile pour que Dieu sauve son peuple (1 Co 1.21, 3.6-7 ; 2 Co 2.15-17).
Une conversion authentique produira un changement à trois niveaux : la pensée, le cœur et la volonté. La régénération opérée par le Saint-Esprit agit simultanément sur ces trois dimensions de l’être et poursuit ensuite leur transformation par la sanctification. Voici comment la confession de foi décrit la transformation initiale de chacune de ces parties. « Il éclaire spirituellement leur intelligence et leur donne de comprendre à salut les vérités divines. » Depuis la chute, l’intelligence de l’homme est naturellement opposée à la connaissance de Dieu et l’empêche de connaître la vérité (Rm 1.18 ; 1 Co 2.14 ; Ep 4.18). La conversion produit un changement de la pensée afin de conformer celle-ci à la vérité (Es 55.7-11 ; Ac 26.18 ; Ep 4.20-24). La confession reprend ensuite le langage biblique d’Ézéchiel 36.26 pour décrire la conversion du cœur : « Il enlève leur cœur de pierre, pour leur donner un cœur de chair ». Ce changement des affections du cœur est aussi présenté comme une circoncision spirituelle (Rm 2.29, 8.5-6). Enfin, la confession déclare que Dieu « renouvelle leur volonté, et par son pouvoir tout‑puissant, les oriente vers ce qui est bien, et les attire efficacement à Jésus-Christ ». Une volonté régénérée, comme nous l’avons vu au chapitre précédent, est un don de la grâce de Dieu (Ph 2.13).
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Première publication le 8 février 2017 @ 20 h 48 min
Psaume 45.1-18
RÉSUMÉ: Composé à l’occasion du mariage d’un roi davidique avec une princesse étrangère, le Psaume 45 célèbre la beauté du roi et la gloire de son épouse. Mais l’auteur de l’épître aux Hébreux nous enseigne qu’il parle, en réalité, du Christ et de son Épouse. Ce cantique nuptial nous conduit ainsi des noces royales de Sion jusqu’aux noces éternelles de l’Agneau.
PLAN:
QUESTIONS:
Lectures complémentaires: Hébreux 1 ; Apocalypse 19.6-16 ; Cantique 2.8-14
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