Un Héraut dans le net

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Un Héraut dans le net episodes

  • Question #35 – Qu’est-ce que l’alliance de grâce?

    Réponse: L’alliance de grâce est le moyen par lequel Dieu a accordé la vie éternelle aux hommes après la chute. Elle réunit tous les élus de tous les temps. ~ Hébreux 9.15

    Le but du chapitre 7 est de présenter l’alliance de grâce. Le paragraphe 1, qui sert d’introduction, utilise l’alliance des œuvres afin de nous rappeler ce qui devait être accompli pour que nous puissions recevoir la vie éternelle par l’alliance de grâce. Une fois l’alliance des œuvres transgressée, il ne restait plus aucune bénédiction que l’homme pouvait recevoir de celle-ci, mais uniquement la mort. Cependant, l’homme a quand même obtenu la vie éternelle (Tt 1.2) ; le paragraphe 2 explique comment :

    (Par. 2) Bien plus, puisque l’homme s’est placé sous la malédiction de la loi par sa chute, il a plu au Seigneur de faire une alliance de grâce, dans laquelle il offre gratuitement aux pécheurs la vie et le salut par Jésus-Christ, requérant d’eux la foi en lui pour être sauvés. Il y promet en outre de donner son Esprit Saint à tous ceux qui sont destinés à la vie éternelle, pour les rendre désireux et capables de croire.

    L’alliance de grâce est simplement le salut en Jésus-Christ ; la vie éternelle gratuite par l’Évangile. Nous l’appelons alliance de grâce puisque ce salut est donné sous la forme d’une alliance qui procède exclusivement de la grâce inconditionnelle de Dieu. Tous les hommes sont sous l’alliance des œuvres en Adam, mais seuls les élus deviennent membres de l’alliance de grâce.

    L’expression « alliance de grâce », bien qu’on ne la retrouve pas dans la Bible, est utile pour parler du salut en Jésus-Christ avant son incarnation. De toute évidence, certains hommes furent sauvés et reçurent la vie éternelle avant que leur péché ne soit expié par le Christ (Gn 15.6 ; Ps 32.1 ; Ac 15.11 ; Rm 3.25). Puisque la grâce du salut fut accomplie au moyen d’une alliance, n’est-il pas convenable de parler de l’alliance de grâce pour désigner le moyen par lequel les hommes ont obtenu la vie éternelle après la chute? Les Écritures associent directement à Jésus-Christ le salut des croyants ayant vécu avant son incarnation :

    Et c’est pour cela qu’il est le médiateur d’une nouvelle alliance, afin que, la mort étant intervenue pour le rachat des transgressions commises sous la première alliance, ceux qui ont été appelés reçoivent l’héritage éternel qui leur a été promis. (Hé 9.15)

    Non seulement ce verset affirme-t-il que la rédemption accomplie par Christ sous la Nouvelle Alliance rachète les transgressions commises avant lui sous l’alliance des œuvres (la première alliance), mais encore que les saints de l’Ancien Testament reçurent comme nous les bénéfices du salut en Jésus-Christ (l’héritage éternel). Cela est incontestable par la conjugaison au participe parfait de ceux qui sont désignés comme « les ayants été appelés ». Ceux-ci (les ayants été appelés) sont les héritiers de la vie éternelle, ils sont appelés par Dieu depuis que la première alliance fut transgressée, ils continuent d’être appelés et continueront de l’être jusqu’à ce que leur nombre soit complet. Tous ceux qui ont été appelés par Dieu et qui ont répondu par la foi, sont dans l’alliance de grâce et reçoivent l’héritage éternel promis.

    Maintenant que nous avons brièvement présenté en quoi consiste l’alliance de grâce, il est de la plus haute importance de la distinguer de l’alliance des œuvres. La distinction entre ces deux alliances est à la base de la distinction entre la Loi et l’Évangile. L’alliance des œuvres, bien qu’elle vienne de la condescendance/grâce divine, est de nature conditionnelle. L’alliance de grâce, quant à elle, est entièrement inconditionnelle. La nature de ces deux alliances est aussi distincte que le sont les œuvres et la grâce (Rm 11.6). La question n’est pas de savoir si les croyants sont tenus d’obéir à la Loi, ils le sont (Jn 15.9-10), mais de savoir si l’alliance de grâce est conditionnelle ou inconditionnelle. D’après l’Écriture, cette alliance est entièrement inconditionnelle : « C’est pourquoi les héritiers le sont par la foi, pour que ce soit par grâce » (Rm 4.16). La foi n’est pas la condition, mais le moyen d’entrer dans l’alliance, elle ne vient pas de l’homme, mais de la grâce de Dieu en Christ (Ep 2.8) et la vie éternelle est entièrement gratuite (Rm 6.23). Toute idée de condition ou de mérite vient compromettre l’Évangile de la grâce (Ga 5.4).

    Bien qu’il puisse sembler assez simple de distinguer entre l’alliance des œuvres en Adam et l’alliance de grâce en Christ, les principes de l’une et l’autre sont souvent confondus. Une des raisons pour cette confusion vient de la façon que l’on explique parfois le rapport entre l’alliance de grâce et les alliances de l’Ancien Testament (abrahamique, mosaïque et davidique). Les réformés qui précédèrent les baptistes avaient jusqu’alors identifié toutes ces alliances comme étant des administrations de l’alliance de grâce. Nous avons vu que l’Ancienne Alliance était de nature conditionnelle (Gn 18.19 ; Ex 19.5 ; Dt 7.12, 27.26) ; en la présentant comme une administration de l’alliance de grâce, nous risquons de choir dans une grâce conditionnelle. C’est ainsi que l’Église, au cours de son histoire, a souvent amalgamé la grâce imméritée et les œuvres méritoires dans le salut. Les baptistes rejetèrent de leur confession de foi l’idée que l’alliance de grâce fut administrée par les alliances de l’Ancien Testament. Ainsi, ils évitèrent toute confusion entre la Loi et l’Évangile.

    De plus, en voyant l’Ancienne Alliance comme une administration de l’alliance de grâce, les théologiens réformés justifiaient aisément le baptême des bébés. En enseignant que l’Ancienne Alliance est l’alliance de grâce, ils pouvaient déclarer que les enfants du peuple de Dieu sont également dans l’alliance de grâce par la naissance naturelle (Gn 17.7). Comme les enfants devaient recevoir le signe de l’alliance à la naissance (Gn 17.10), ils doivent le recevoir de même sous « la nouvelle administration de l’alliance de grâce ». Le signe étant dorénavant le baptême, c’est pourquoi les réformés pédobaptistes baptisent les enfants des croyants.

    Par contre, si l’alliance faite avec Abraham n’était pas l’alliance de grâce, mais une autre alliance, comme le pensaient les baptistes, alors ce n’est pas la naissance naturelle, mais la nouvelle naissance qui permet d’entrer dans l’alliance de grâce (Jn 1.12-13). C’est pourquoi le signe de l’alliance (le baptême) doit être réservé uniquement à ceux qui professent la foi. La prochaine question expliquera davantage la compréhension baptiste de l’alliance de grâce en montrant comment elle fut révélée dans l’histoire de la rédemption.

    1082 mots

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    Première publication le 17 février 2016 @ 21 h 50 min

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  • Levi Loewen – La lumière du monde : de l’Exode à l’Incarnation – Jean 8.12

    Jean 8.12

    Description : Dans l’obscurité de la nuit, même la plus petite lumière brille avec éclat. Christ est la lumière qui est venue dans le monde, non seulement pour l’éclairer, mais pour en exposer les ténèbres. Il est celui qui conduit son peuple à travers un monde encore marqué par l’ombre, le transformant afin qu’il reflète sa lumière. Par cette lumière reflétée, le monde est appelé à connaître la véritable source de la vie elle-même. Ne continuez pas à marcher dans les ténèbres, mais entrez dans la lumière du Christ.

    Plan :

    1. La lumière qui est venue dans le monde (Jean 8.12a)

    2. La lumière qui conduit son peuple (Jean 8.12b)

    3. La lumière qui transforme son peuple (Jean 8.12c)

    Lectures complémentaires: Exode 13, Jean 12.34-36

    Prédicateur : Levi Loewen

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  • Question #36 – Comment l’alliance de grâce fut-elle révélée dans l’histoire de la rédemption?

    Réponse: L’alliance de grâce fut d’abord révélée sous la forme d’une promesse pendant l’Ancienne Alliance, puis elle fut conclue dans le sang de la Nouvelle Alliance en Christ. ~ 1 Pierre 1.10-11

    Au paragraphe 1 nous avons présenté  l’alliance des œuvres. Au paragraphe 2 nous avons présenté  l’alliance de grâce et l’avons distingué de l’alliance des œuvres. Au paragraphe 3 nous verrons comment les baptistes avaient une compréhension particulière et distincte de l’alliance de grâce. Ce qui est absent de leur confession de foi est très significatif, car la Confession baptiste de 1689 a rejeté la conception d’une alliance de grâce administrée par l’Ancienne Alliance telle qu’on la retrouvait chez les autres réformés. Voici comment les baptistes envisageaient la révélation de l’alliance de grâce dans l’histoire de la rédemption :

    (Par. 3) Cette alliance est révélée dans l’évangile. Tout d’abord à Adam, dans la promesse du salut par la postérité de la femme, et par la suite, progressivement, jusqu’à sa révélation complète dans le Nouveau Testament.

    Au lieu de parler de l’administration de l’alliance de grâce, la confession parle de sa révélation. Cette distinction peut sembler banale, mais à la lumière des traités de l’époque sur les alliances, on peut difficilement exagérer son importance. Le mot administration réfère à une approche complètement différente pour présenter l’alliance de grâce, une approche que la confession a consciemment rejetée et qui constitue le point de rupture avec la théologie réformée pédobaptiste. Ces derniers distinguaient entre l’alliance et son administration. Ainsi, être dans l’administration visible de l’alliance de grâce (faire partie du peuple visible de Dieu), ne signifiait pas de facto être dans l’alliance de grâce (être sauvé). Cette distinction justifiait l’idée que le peuple de Dieu est composé à la fois de personnes régénérées et non régénérées et que l’on peut y entrer par la nouvelle naissance et par la naissance naturelle. Cette conception reposait sur l’idée que l’Ancienne Alliance administrait l’alliance de grâce et contenait un seul peuple de Dieu formé des enfants physiques et spirituels d’Abraham (Rm 9.6-8).

    Cette conception de l’alliance de grâce est absente de la Confession de 1689. Celle-ci parle plutôt de la révélation progressive de l’alliance de grâce. Cette révélation fut d’abord sous la forme d’une promesse avant d’être sous la forme d’une alliance (Tt 1.2). Lorsque la promesse fut accomplie, l’alliance de grâce fut pleinement révélée et elle prit la forme d’une alliance : la Nouvelle Alliance. Les baptistes concevaient donc l’alliance de grâce dans l’histoire de la rédemption de la manière suivante : annoncée dans l’A.T./accomplie dans le N.T. ; partiellement révélée au temps de la Loi/pleinement révélée au temps de l’Évangile ; une promesse future/une alliance conclue dans le sang.

    Être un descendant d’Abraham ne donnait aucun statut dans l’alliance de grâce (Lc 3.8), mais uniquement dans l’alliance de la circoncision (Ac 7.8). L’alliance de la circoncision c’est l’Ancienne Alliance, une alliance d’œuvres et non de grâce (Ga 5.3 ; Rm 2.25). Pourquoi cette alliance fut-elle donnée à Abraham et ses descendants si elle n’était pas l’alliance de grâce? Elle fut été donnée pour conduire à Christ en mettant le péché en évidence par la Loi et en gardant la postérité d’Abraham jusqu’au Fils promis (Ga 3.19, 22-25). De plus, la circoncision montrait symboliquement ce que la postérité d’Abraham devait faire (accomplir toute justice) afin d’obtenir ce qui était promis (la bénédiction pour toutes les nations) (Gn 18.18-19). Le peuple d’Israël symbolisait l’Israël Fils à venir en qui toutes les nations seraient bénies (Mt 2.15).

    Où était l’alliance de grâce durant ce temps? Elle était une promesse révélée au travers des alliances, mais distincte de celles-ci. L’apôtre Paul parle des « alliances de la promesse » (Ep 2.12). Les alliances de l’Ancien Testament étaient au service de la promesse, mais n’étaient pas la promesse. La promesse c’était l’Évangile avant son accomplissement. Elle fut révélée tout d’abord à Adam, dans la promesse du salut par la postérité de la femme (Gn 3.15). Dieu n’a pas établi une alliance avec Adam, mais lui a révélé une promesse. De même, la promesse que Dieu fit à Abraham était distincte de l’alliance de la circoncision qu’il établit avec lui (Ga 3.18). Cependant, jusqu’à ce que la Postérité vienne, la promesse était sous la garde de l’Ancienne Alliance (Ga 3.23) et c’est au travers de celle-ci que Dieu révéla l’alliance de grâce progressivement, comme l’affirme la confession de foi.

    Durant toute la période de l’Ancien Testament, l’alliance de grâce fut révélée au travers des ombres et des types qui annonçaient la venue du Christ (Col 2.17 ; Hé 8.5, 10.1). Ceux qui eurent la foi comme Abraham, c’est-à-dire une foi à salut par le Saint-Esprit, virent les réalités célestes au-delà des ombres terrestres (Hé 11.13-16 ; Jn 8.56), tandis que les autres s’attachèrent à la gloire passagère de l’Ancienne Alliance (2 Co 3.7) en demeurant endurcis et incrédules et ils moururent dans leur péché (Rm 11.7-10 ; Jn 6.58).

    Les patriarches, Moïse, David, les prophètes et beaucoup d’autres croyants parmi le peuple furent sauvés en ayant la foi en Christ par les promesses de YHWH. Ces promesses étaient l’Évangile, l’alliance de grâce révélée progressivement depuis la chute de l’homme (Lc 24.27 ; 1 P 1.10-11). L’Ancienne Alliance n’était pas proprement l’alliance de grâce, en faire partie ne sauvait pas. Mais au travers de l’Ancienne Alliance, Dieu révéla l’alliance de grâce et par celle-ci il donna la vie à tous ses élus qu’il régénéra par son Esprit et qu’il justifia par la foi. Depuis le commencement donc, seuls les croyants font partie de l’alliance de grâce et personne n’y est entré sans la foi. La génération naturelle n’a jamais été un moyen pour entrer dans le royaume de Dieu (l’alliance de grâce), pas plus au temps de l’Ancienne qu’au temps de la Nouvelle Alliance (Jn 3.3-6).

    L’arrivée dans le Nouveau Testament marque la révélation complète de l’alliance de grâce. Pour soutenir cette assertion, la confession s’appuie sur Hébreux 1.1-2 :

    Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé à nos pères par les prophètes, 2 Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils; il l’a établi héritier de toutes choses; par lui il a aussi créé l’univers.

    La révélation antécédente à l’incarnation du Fils était incomplète ; sa venue amena l’alliance de grâce à sa complétude et mit le mot final à la révélation de Dieu. Cette révélation complète s’est faite par l’accomplissement de la Promesse. Dorénavant, les croyants obtinrent plus qu’un serment divin (Hé 6.17), ils obtinrent une alliance scellée dans le sang du Christ (Hé 8.6). L’implication est la suivante : l’alliance de grâce est en réalité la Nouvelle Alliance. Tous ceux qui furent sauvés dans l’histoire le furent par la Nouvelle Alliance (Hé 9.15). Ce sont uniquement les bénédictions de cette alliance qui procurent la vie éternelle, car elle fut établie sur de meilleures promesses et des promesses différentes que celles offertes par l’Ancienne Alliance. Jadis, la Nouvelle Alliance n’était pas visible, elle n’était pas encore une alliance, mais était une promesse. Maintenant elle est visible, son Roi et Médiateur a paru (2 Tm 1.10 ; Hé 9.26), son peuple est réuni en un seul corps (Jn 11.52) et ses ordonnances visibles sont efficacement en place dans son Église (Ep 4.16).

    Dans la prochaine question, nous examinerons ce que Christ devait accomplir pour que l’alliance de grâce soit efficace. Nous verrons l’alliance éternelle de rédemption entre le Père et le Fils pour la rédemption des élus.

    1225 mots

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    Description: Une série de théologie systématique à partir de la Confession de foi baptiste de Londres de 1689 – Liste des questions étudiées
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    Première publication le 2 mars 2016 @ 20 h 39 min

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    31 min
  • Question #37 – Qu’est-ce que l’alliance éternelle de rédemption?

    Réponse: Cette alliance fut conclue entre le Père et le Fils avant la fondation du monde concernant la rédemption des élus par le Christ. ~ Jean 6.38-39

    Jusqu’à présent, nous avons examiné ce qu’est l’alliance des œuvres, nous avons expliqué le fonctionnement de son principe de mérite, ensuite nous avons présenté l’alliance de grâce et avons démontré comment elle fut révélée progressivement dans l’histoire de la rédemption. Notre dernière étude nous permettra de comprendre un peu mieux la relation entre l’alliance des œuvres et l’alliance de grâce en présentant l’alliance éternelle de rédemption. Cela fait beaucoup d’alliances… mais nous tenterons maintenant de saisir le panorama complet de la rédemption. Une dernière question nous aidera à voir tout le paysage : Qu’est-ce que l’alliance éternelle de rédemption? La dernière partie du paragraphe 3 répond à cette question. Relisons ce paragraphe en entier :

    (Par. 3) Cette alliance est révélée dans l’évangile. Tout d’abord à Adam, dans la promesse du salut par la postérité de la femme, et par la suite, progressivement, jusqu’à sa révélation complète dans le Nouveau Testament. Elle est fondée dans l’alliance‑transaction éternelle entre le Père et le Fils concernant la rédemption des élus. Ce n’est que par la grâce de cette alliance que tout membre de la postérité d’Adam déchu a jamais été sauvé, et a obtenu la vie et la bienheureuse immortalité, puisque maintenant l’homme est complètement incapable d’être accepté par Dieu dans les conditions qui étaient valables pour Adam dans son état d’innocence.

    L’alliance de grâce est la manifestation dans l’espace et dans le temps du plan éternel de rédemption. Ce plan de rédemption est appelé l’alliance‑transaction éternelle entre le Père et le Fils concernant la rédemption des élus. De toute éternité, il existe une alliance entre le Père et le Fils pour accomplir l’alliance de grâce afin de donner la vie éternelle aux élus (2 Tm 1.9-10). Cette alliance éternelle de rédemption est révélée dans la Bible par la doctrine de l’élection (Ep 1.3-5). Elle est également révélée par la mission que Christ a reçue de son Père et dont l’origine est éternelle (Jn 6.38-39 ; 1 P 1.20). En présentant le Christ comme « l’Agneau qui a été immolé dès la fondation du monde » (Ap 13.8), l’apôtre Jean nous permet de comprendre que la rédemption des croyants par la mort de Jésus repose sur une intention éternelle en Dieu. C’est ce que nous appelons l’alliance éternelle de rédemption.

    Quels étaient donc les termes de cette alliance entre le Père et le Fils? Le Fils devait prendre une nature humaine et paraître dans le monde comme un homme véritable né sous la Loi (Ph 2.7 ; Ga 4.4). Il devait mener une vie sans péché en obéissant parfaitement à la volonté de Dieu exprimée dans la Loi morale et également dans tout ce que le Père exigerait de lui en plus (Mt 5.17, 26.42 ; Jn 8.29). Il devait devenir le représentant sacrificiel de tous les croyants et subir la malédiction de la Loi (la mort) à leur place en mourant sur la croix (Ga 3.13 ; Ph 2.8 ; Hé 2.14-17). En échange, le Père devait lui donner la vie en le ressuscitant d’entre les morts, l’élever à sa droite en lui soumettant toutes choses et lui donner un peuple à son service, héritier avec lui de la vie éternelle (Ac 2.24 ; Ph 2.9-11 ; Tt 2.14). Telle est l’alliance éternelle de rédemption entre le Père et le Fils.

    Le Fils n’aurait-il pas pu accomplir cette mission dès que le premier Adam transgressa l’alliance des œuvres et entraina tous les hommes sous la condamnation de la Loi? Rien n’est impossible à Dieu, mais ce n’est pas ainsi qu’il lui plut de mettre à l’œuvre son plan de rédemption. L’Écriture déclare que ce plan arriva uniquement « lorsque les temps furent accomplis » (Ep 1.10 ; Ga 4.4). Nous devons comprendre que toute la période précédant l’incarnation a non seulement servi à mettre en place le contexte historique qui permit au Fils d’exécuter la rédemption, mais aussi à fournir la trame de fond qui nous permet de comprendre la rédemption. Comment pourrions-nous comprendre l’alliance des œuvres que le Fils devait accomplir sans l’Ancienne Alliance pour en dévoiler le sens? Comment saisir la mort expiatoire du Christ sans le système sacrificiel de l’Ancien Testament? Comment contempler notre Rédemption éternelle sans sa préfiguration dans l’histoire de la rédemption? Tout cela, « c’était l’ombre des choses à venir, mais le corps est en Christ. » (Col 2.17). L’Ancien Testament révélait Jésus-Christ et son œuvre (Jn 5.39) de manière à nous permettre de contempler la grandeur et la profondeur de l’amour de Dieu révélé en Christ une fois l’alliance accomplie (Ep 3.1-21).

    De même que nous comprenons qui est Adam à la lumière de « Celui qui devait venir » (Rm 5.14), nous comprenons l’ensemble des Écritures de l’Ancien Testament à la lumière de leur accomplissement en Christ (Lc 24.27). C’est donc aussi en ce sens que « Christ est la fin de la Loi » (Rm 10.4) pour ceux qui croient : il est le telos (le but) vers lequel la Loi pointe. L’alliance de rédemption accomplie par Jésus nous permet de comprendre l’Ancien Testament qui nous permet en retour de contempler la gloire divine révélée dans la Nouvelle Alliance de la Genèse à l’Apocalypse (2 Co 3.14-18). La Nouvelle Alliance est la manifestation concrète des réalités célestes dans le monde visible. La Nouvelle Alliance est l’alliance éternelle de rédemption et l’alliance de grâce, car elle seule apporte les biens célestes et éternels (Hé 9.15).

    La confession termine cette section en déclarant que « ce n’est que par la grâce de cette alliance que tout membre de la postérité d’Adam déchu a jamais été sauvé, et a obtenu la vie et la bienheureuse immortalité ». Ainsi, de tout temps, tous ceux qui furent sauvés furent sauvés par la grâce offerte dans la Nouvelle Alliance en Jésus-Christ. Avant qu’elle ne soit établie sous la forme d’une alliance conclue dans le sang (Hé 13.20), elle fut révélée sous la forme d’une promesse garantie par la Parole de Dieu (Hé 6.17). Cette alliance de grâce révélée et conclue dans l’histoire est fondée sur l’alliance éternelle entre le Père et le Fils pour la rédemption des élus. Elle est la source exclusive du salut selon ce que déclare l’Écriture : « Il n’y a de salut en aucun autre ; car il n’y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés. » (Ac 4.12).

    1074 mots

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    Description: Une série de théologie systématique à partir de la Confession de foi baptiste de Londres de 1689 – Liste des questions étudiées
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    Première publication le 8 mars 2016 @ 14 h 03 min

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    27 min
  • Ce que l’argent ne peut acheter – Psaume 49

    Psaume 49.1-21

    RÉSUMÉ: Ce psaume vient compléter le trésor des fils de Koré en révélant ce que la sagesse humaine ne peut comprendre ni la richesse acheter : la délivrance de la mort. Le psalmiste expose l’illusion mortelle des richesses, montre l’impossibilité pour l’homme de se racheter lui-même et proclame que Dieu seul peut payer la rançon qui mène à la vie éternelle.

    PLAN:

    1. Riches et pauvres, écoutez! (v.1-5)
    2. L’argent ne peut payer votre rançon (v.6-14)
    3. Dieu seul paie ma rançon (v.15-16)
    4. Mais la gloire des hommes périra (v.17-21)

    QUESTIONS:

    1. Qu’est-ce que l’introduction du psaume 49 contient?
    2. Quelle réalité les versets 6 et 7 présentent-ils?
    3. En quoi consiste la rançon à payer?
    4. Quelles vérités contiennent les versets 15 et 16?
    5. À qui s’adresse la dernière section du psaume (v.17-21) et que dit-elle?
    6. Qu’est-ce que le refrain du Psaume 49 enseigne?

    Lectures complémentaires: Luc 12.13-40 ; 1 Pierre 1.18-25

    Notes PDF: https://prechelaparole.sermon.net/pdf/22472714

    PDF Série Psaumes: https://prechelaparole.sermon.net/pdf/22207057

    Prédicateur : Pascal Denault

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    Série sur les Psaumes

    Exposition du livre des Psaumes de manière suivie (2023-2025) – Liste des autres titres et URL
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  • Question #42 – Pourquoi Dieu s’est-il fait homme?

    Réponse: Seul le Dieu-homme peut être un parfait Médiateur en agissant par ses deux natures distinctes. ~ 1 Timothée 2.5 ; Hébreux 9.14

    Jusqu’à maintenant, concernant la personne du Médiateur, nous avons vu qu’il y un seul Christ vrai Dieu et vrai homme ; existant en deux natures unies, mais sans mélange ; distinctes, mais inséparables. À présent nous verrons le lien essentiel entre la personne et l’œuvre du Christ. Les chrétiens croient non seulement que leur Sauveur est unique en tant que Dieu-homme, mais encore qu’aucun autre que lui ne pouvait être le Médiateur. Autrement dit, seul un Médiateur parfaitement Dieu et parfaitement homme pouvait nous sauver : un ange n’aurait pas pu, un homme parfait n’aurait pas pu, seul le Dieu-homme le pouvait. Les deux prochains paragraphes lient directement l’œuvre et la personne du Christ.

    (Par. 4) Le Seigneur Jésus a entrepris cet office de tout cœur ; pour le mener à bien, il est venu sous la loi, et l’a accomplie parfaitement et il a subi à notre place le châtiment que nous aurions dû porter et souffrir, étant devenu péché et malédiction pour nous. Il a enduré en son âme les tourments les plus cruels et en son corps les souffrances les plus douloureuses ; il a été crucifié, il est mort et il est demeuré dans cet état sans, cependant, connaître la corruption. Le troisième jour, il est ressuscité d’entre les morts, avec le même corps dans lequel il a souffert, avec lequel il est aussi monté au ciel, et là il siège à la droite de son Père faisant intercession. Il reviendra à la fin du monde pour juger les hommes et les anges.

    (Par. 5) Par sa parfaite obéissance et le sacrifice de lui‑même qu’il a offert à Dieu une fois pour toutes par l’Esprit éternel, le Seigneur Jésus a pleinement satisfait la justice de Dieu, et a acquis la réconciliation et un héritage éternel dans le Royaume des Cieux pour tous ceux que le Père lui a donnés.

    Le paragraphe 4 décrit son œuvre de médiation et la substitution pénale qui en est le cœur tandis que le paragraphe 5 explique l’effet de cette œuvre et la raison de son efficacité. Dans la précédente étude, nous avons souligné l’importance de distinguer les deux natures du Christ en particulier dans l’événement de la croix : c’est dans sa nature humaine que le Christ a été puni et mis à mort. Dans la présente étude, nous soulignerons l’angle complémentaire de cette vérité : l’expiation des péchés fut accomplie dans la nature humaine unie à la nature divine sans quoi elle n’aurait pas été possible. C’est lorsqu’on considère son œuvre que l’on comprend la nécessité de sa personne unique.

    Cur Deus homo? Pourquoi Dieu s’est-il fait homme? Cette question était le titre de l’ouvrage d’Anselme de Canterbury qu’il publia en 1098. Le théologien y explique que seul le Dieu-homme pouvait accomplir l’expiation des péchés des hommes. Il devait être un homme parce que le péché fut commis par l’homme et devait être puni sur l’homme (Ez 18.20). Cependant, la valeur de la vie d’un homme, même sans péché, n’aurait pas suffi à satisfaire la colère éternelle de Dieu puisque la révolte de l’homme fini est d’une gravité infinie. C’est pour cette raison que le châtiment des pécheurs sera sans fin, c’est-à-dire infini (Es 66.24 ; 2 Th 1.9 ; Ap 20.10).

    La personne offerte en sacrifice d’expiation devait donc avoir une valeur égale à la faute : une valeur infinie. Aucun homme n’avait cette valeur à l’exception de l’Homme-Dieu. L’Épître aux Hébreux, en particulier, nous révèle que la mort du Christ avait une valeur infinie parce que sa personne avait une valeur infinie (Hé 2.10-18, 9.14). Nous voici donc à la jonction de la personne et de l’œuvre du Christ ; la seule personne qui pouvait expier le péché en portant la colère de divine sur la croix (Es 53.4-6 ; Hé 9.28 ; 1 P 2.24). Peut-on exprimer cette magnifique vérité mieux que ne le fait le Catéchisme de Heidelberg aux questions 16 et 17?

    Q.16: Pourquoi doit-il être un vrai homme et qui soit juste?

    Parce que la justice de Dieu exige (Rm 5.12, 15) que la nature humaine, qui a péché, paie pour le péché ; mais un homme qui serait lui-même pécheur ne pourrait pas payer pour les autres (1 P 3.18 ; Es 53.3-5, 10-11).

    Q.17: Pourquoi doit-il être en même temps vrai Dieu?

    Pour que, par la puissance de sa divinité (Es 53.8 ; Ac 2.24 ; 1 P 3.18), il puisse supporter le poids de la colère de Dieu dans son humanité, et nous acquérir (Jn 3.16 ; Ac 20.28) et nous rendre la justice et la vie (Jn 1.4).

    En tant que souverain sacrificateur, le Christ représentait tout son peuple comme lorsque cela fut préfiguré par Aaron (Ex 28.29-30). C’est en vertu de la représentation fédérale que la mort d’un seul homme pu compter pour beaucoup d’hommes (Rm 5.17-19). Mais c’est en vertu de la valeur infinie de cette mort que le péché fut expié une fois pour toutes sans que le Christ ne doive souffrir infiniment (Rm 3.25, 6.9-10 ; Hé 9.26, 10.10, 14). Tandis que ceux qui se privent de sa mort se réservent un châtiment sans fin, car il leur sera impossible de satisfaire la colère de Dieu (Jn 3.36).

    Ajoutons, en terminant, que les deux natures du Christ n’ont pas cessé après son ascension. Il demeure « le Fils de l’homme qui est dans le ciel » (Jn 3.13) qui vit éternellement pour « sauver parfaitement ceux qui s’approchent de Dieu par lui » (Hé 7.25). Parce qu’il est homme et qu’il a souffert, il est, en ce moment même, un souverain sacrificateur compatissant et miséricordieux par lequel nous pouvons nous approcher du trône céleste (Hé 4.14-16). Précisons cependant qu’en ce moment nous connaissons personnellement Jésus-Christ en vertu des propriétés de sa nature divine qui lui permet d’être omniscient et omniprésent. Paul déclare (2 Co 5.16) : « (…) si nous avons connu Christ selon la chair, maintenant nous ne le connaissons plus de cette manière. » Cela ne signifie pas que Jésus n’est plus un homme, mais que pendant notre séjour sur terre, il n’est plus présent par sa nature humaine. Il est bel et bien présent avec nous, mais en vertu de sa nature divine (Mt 28.20 ; 1 Co 10.16). Notre espérance est de le rejoindre également dans son humanité glorifiée : à son retour ou à notre mort (Jn 14.3 ; Ac 1.11 ; Ph 1.23).

    1049 mots

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  • Admirez Sion, la cité du grand Roi – Psaume 48

    Psaume 48

    Admirez Sion, la cité du grand Roi – Psaume 48

    RÉSUMÉ: Le Psaume 48 prolonge la vision du grand Roi en nous invitant à contempler sa cité. La Jérusalem terrestre, où Dieu demeurait sous l’ancienne alliance, n’était qu’un éclat anticipé de la Jérusalem céleste. Le psalmiste nous fait admirer Sion pour nous faire désirer la cité éternelle qui ne peut être ébranlée.

    PLAN:

    1. La gloire de Sion (v.2-4)
    2. Les ennemis de Sion (v.5-8)
    3. Les habitants de Sion (v.9-12)
    4. La contemplation de Sion (v.13-15)

    QUESTIONS:

    1. Quel est le lien de ce psaume avec les précédents (Ps 45-47)
    2. Qu’est-ce qui rendait Sion unique?
    3. En quoi consiste la théologie polémique du verset 3?
    4. Qui sont les ennemis de Sion?
    5. Qui sont les habitants de Sion et que proclament-ils?
    6. Qu’est-ce que la contemplation de Sion nous apporte?
    7. Quelles applications pouvons-nous faire de ce psaume?

    Lectures complémentaires: Apocalypse 21

    Notes PDF: https://prechelaparole.sermon.net/pdf/22472714

    PDF Série Psaumes: https://prechelaparole.sermon.net/pdf/22207057

    Prédicateur : Pascal Denault

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  • Question #41 – Comment Jésus peut-il exister comme Dieu et homme en même temps?

    Réponse: Chacune des deux natures du Christ communique ce qui lui est propre sans qu’il n’y ait de confusion ou de division entre elles puisqu’elles sont unies en un seul Christ Dieu-homme. ~ Jean 3.13 ; Actes 20.28

    Jésus est la seule personne qui puisse exercer parfaitement la médiation entre Dieu et les hommes, non seulement parce qu’il n’y a aucun autre médiateur, mais parce qu’il ne pourrait y en avoir aucun autre (Ac 4.12 ; 1 Tm 2.5). C’est en vertu de ses deux natures qu’il est le parfait Médiateur. Sans l’union hypostatique du Christ, il n’y aurait pas de médiation possible entre Dieu et les hommes. Le paragraphe 3 commence en déclarant que par ses deux natures la personne du Fils est l’unique Médiateur, puis il poursuit en décrivant ce parfait Médiateur.

    (Par. 3) Le Seigneur Jésus, en sa nature humaine ainsi unie à sa nature divine en la personne du Fils, a été sanctifié et oint du Saint-Esprit au-delà de toute mesure.  Il possède en lui-même tous les trésors de la sagesse et de la connaissance. Il a plu à Dieu de faire habiter en lui toute plénitude, afin qu’étant saint, innocent, immaculé et plein de grâce et de vérité il puisse être parfaitement équipé pour accomplir l’office de Médiateur et en être le garant. Cet office, Jésus ne se l’est pas arrogé, mais c’est son Père qui l’y a appelé et qui a aussi mis entre ses mains tout pouvoir et tout jugement et lui a donné l’ordre de le mener à bien.

    Il est crucial de toujours distinguer les deux natures du Christ sans jamais les séparer. Il s’agit de la seule façon d’expliquer plusieurs passages bibliques. Par exemple, comment Jésus a-t-il pu souffrir et être tenté (Hé 2.18) ou avoir faim et soif (Mt 21.18 ; Jn 19.28) ou encore ignorer et apprendre quelque chose (Mt 24.36)? Dieu ne peut ni souffrir ni être tenté (Jb 35.6-8), il n’a aucun besoin (Ac 17.25) et il sait tout (Hé 4.13)? Le Christ feignait-il d’être tenté ou d’ignorer ou Dieu a-t-il réellement souffert et appris quelque chose qu’il ignorait?

    Certains ont utilisé ces exemples pour prouver que le Fils n’est pas pleinement Dieu ou qu’il est d’une divinité inférieure au Père… D’autres ont expliqué ces difficultés en disant que pendant l’incarnation le Fils ne jouissait pas pleinement de ses attributs divins ou qu’ils furent en quelque sorte modifiés par la nature humaine. Cette deuxième erreur est beaucoup plus commune parmi les chrétiens, mais elle ne correspond pas à l’orthodoxie chrétienne historique. En effet, affirmer que le Fils a eu pour un temps une divinité sans tous ses attributs c’est faire de la divinité quelque chose dont on peut enlever des parties alors qu’il n’y a rien en Dieu qui ne soit pas Dieu. Il est impossible que Dieu cesse momentanément d’être omniscient ou omniprésent puisqu’il ne possède pas ses attributs comme des additions à sa personne, mais il est ses attributs. Tout ce que Dieu est est l’essence de Dieu (Ex 3.14), rien ne peut lui être enlevé qui ne soit lui-même et il ne peut cesser d’être lui-même (1 Tm 1.17).

    Alors, comment peut-on affirmer que le Fils, sans jamais rien perdre de sa divinité, a néanmoins appris, a souffert et est mort? La réponse à cette question est la comunicatio idiomatum des deux natures du Christ. Le paragraphe 7 décrit magnifiquement ce profond mystère :

    (Par. 7) Dans son œuvre de médiation, Christ a agi selon ses deux natures, faisant par chacune d’elles ce qui lui est propre. Cependant, en raison de l’unité de la personne, ce qui revient en propre à une nature, est parfois attribué par l’Écriture à la personne dénommée par l’autre nature.

    Nous ne pouvons absolument pas saisir à quoi ressemble la réalité d’une personne qui possède simultanément deux natures sans confusion. Tout ce qui est vrai de la nature humaine doit être affirmée et maintenu à propos de Christ en même temps que tout ce qui est vrai de la nature divine. Ceci implique que dans la même personne il y a deux connaissances : l’omniscience et la connaissance apprise. Sa connaissance humaine ne savait pas tout ce que sa connaissance divine savait. D’un côté le Fils ignorait (Mt 24.36), tout en sachant tout (Jn 21.17). Il n’y a pas de contradiction, mais une union hypostatique entre la nature humaine et divine. Le Fils était présent dans un corps soumis à la finitude et aux lois naturelles (Ga 4.4) tout en étant omniprésent avec une conscience infinie et soumettant la nature à son pouvoir (Mt 8.25-27 ; Jn 1.48-50). De plus, sa nature divine, avec l’onction du Saint-Esprit sur sa nature humaine, soutenait, instruisait et agissait dans sa nature humaine (Lc 4.1 ; 10.21 ; Jn 15.15).

    En Jésus il y a donc deux natures qui ont chacune leurs propres connaissance, conscience, capacité et volonté ; mais il n’y a qu’une seule personne. Il n’y a pas un mélange entre la nature humaine et divine pour former une troisième nature divine et humaine (monophysisme). Il n’y a pas une séparation entre la nature humaine de sorte qu’il y aurait une personne humaine et une personne divine dans le Christ (sabellianisme). Il y a deux natures distinctes et unies en une seule personne (unio personalis). Chacune de ces natures communique ses « idiomes » (ce qui lui est propre) à l’unique personne qu’est le Christ ; c’est ce que nous appelons la communicatio idiomatum. La confession exprime ceci en disant : « Christ a agi selon ses deux natures, faisant par chacune d’elles ce qui lui est propre. »

    La confession apporte immédiatement une précision concernant la façon d’envisager la communicatio idiomatum. « Cependant, en raison de l’unité de la personne, ce qui revient en propre à une nature, est parfois attribué par l’Écriture à la personne dénommée par l’autre nature. » Par exemple, l’Écriture attribue du sang à Dieu (Ac 20.28). Le sang en question appartenait en propre à la nature humaine du Christ puisque la nature divine est incorporelle. Mais comme la personne du Christ est Dieu, nous pouvons parler du « sang de Dieu ». Inversement, l’Écriture parle de la nature humaine du Christ comme si elle était descendue du ciel (Jn 3.13), mais puisque la personne divine qui est descendue du ciel est un homme, nous pouvons parler de Celui qui est venu comme étant le « Fils de l’homme qui est dans le ciel ».

    Ces distinctions sont de la plus haute importance, surtout lorsqu’on considère l’événement central de la médiation du Christ : la croix. La personne du Christ est morte en croix, mais il est impossible que la nature divine ait souffert et soit morte. L’Écriture déclare que c’est spécifiquement la nature humaine du Christ qui est morte sous la colère de Dieu : « ayant été mis à mort dans à la chair » (1 P 3.18 ; 4.1). C’est l’homme qui devait être puni et non Dieu, mais c’est Dieu qui a pris le châtiment en devenant homme (Hé 2.10-18).

    La distinction entre les deux natures de Jésus fut appliquée spécifiquement dans le Symbole de Chalcédoine de 451 afin d’affirmer l’impassibilité et l’immortalité divines tout en maintenant la souffrance et la mort de la personne du Christ :

    [Le concile] s’oppose en effet à ceux qui tentent de diviser le mystère de l’économie en une dualité de fils ; il repousse loin de l’assemblée des prêtres ceux qui osent dire passible la divinité du Fils unique ; il s’élève contre ceux qui imaginent, à propos des deux natures du Christ, un mélange ou une confusion ; il chasse ceux qui disent dans leur délire que la forme d’esclave que le Christ a reçue pour lui de nous est céleste ou de quelque autre substance ; et il anathémise ceux qui inventent la fable de deux natures du Seigneur avant l’union, mais n’en imaginent plus qu’une seule après l’union.

    Le Christ a souffert et est mort à la croix sans que Dieu ne soit maudit, sans qu’il ne devienne passible et mortel et sans que la périchorèse de la Trinité ne soit brisée. C’est le Christ homme qui a souffert et qui est mort à notre place (1 Tm 2.5), car « Dieu a condamné le péché dans la chair » (Rm 8.3). Le péché est entré dans le monde par un homme et c’est aussi par un homme qu’il fut expié (Rm 5.12 ; 1 Co 15.21). Il est vrai que Dieu est allé à la croix pour réconcilier le monde avec lui-même, mais cela fut dans la personne du Christ (2 Co 5.19). Ce ne fut pas la nature divine qui fut maudite et il est erroné d’imaginer que Dieu ait pu mourir (1 Tm 1.17).

    1428 mots

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    Première publication le 5 octobre 2016 @ 20 h 55 min

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    29 min
  • Le Roi qui a vaincu tous les peuples – Psaume 47

    Psaume 47

    RÉSUMÉ: Le psaume 47 chante le triomphe de l’Éternel sur toutes les nations. C’est par le règne messianique que Dieu accomplit cette conquête. Ce psaume prophétise l’ascension de Jésus et l’entrée dans son règne universel. Les nations sont invitées à faire partie du cortège d’honneur qui acclame ce Roi divin.

    PLAN:

    1. Les peuples vaincus sont conviés (v.1-5)
    2. Les peuples vaincus chantent (v.6-8)
    3. Les peuples vaincus sont au Dieu d’Abraham (v.9-10)

    QUESTIONS:

    1. Pour quelles raisons les peuples sont-ils invités à acclamer Dieu?
    2. Comment comprendre cette déclaration: « Il nous assujettit des peuples, il met des nations sous nos pieds »?
    3. À quoi correspond la montée de Dieu au verset 6?
    4. Quelle réponse est-elle demandée au cortège d’honneur?
    5. D’après ce psaume, quelle est la place des païens dans le plan de Dieu?
    6. Quelles applications pouvons-nous faire de ce psaume?

    Lectures complémentaires: Psaume 68 ; Éphésiens 1.18-23

    Prédicateur : Pascal Denault

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    0 min
  • Questions #104 – Qu’est-ce qu’un divorce légitime devant Dieu?

    Question: Qu’est-ce qu’un divorce légitime devant Dieu?

    Réponse: Le divorce résulte nécessairement du péché et n’est jamais une bonne chose en soi. Cependant, l’adultère et l’abandon de foyer peuvent justifier le divorce et le remariage devant Dieu. ~ Matthieu 19.9 ; 1 Corinthiens 7.15

    Lisez l’introduction à cette doctrine ici

     

    À la lumière de l’antipathie divine envers le divorce (Mal 2.16), n’est-il pas erroné de parler de divorce légitime devant Dieu? Par « légitime » il ne faut pas comprendre que le divorce puisse être une bonne chose moralement. Le divorce résulte toujours du péché et il n’est légitime que comme un mal parfois nécessaire. Le divorce sépare ce que Dieu a uni et nous devons comprendre les paramètres bibliques qui encadrent cette procédure plutôt que de cautionner les mœurs sociales erronées, qu’elles soient anciennes ou modernes.

    (Par. 1) Le mariage est contracté entre un seul homme et une seule femme ; aussi, il n’est pas permis qu’un homme ait plus d’une femme ou qu’une femme ait plus d’un mari à la fois.

    Certains suggèrent que si la confession de foi n’a pas retenu les deux paragraphes traitant du divorce dans la Confession de Westminster, ce serait parce que les baptistes auraient rejeté toute notion d’un divorce légitime devant Dieu. Ces paragraphes n’ont pas été retenus initialement, car le Parlement de Westminster n’était pas en accord quant au rôle du gouvernement civil sur cette question et parce qu’il lui sembla plus sûr de s’en tenir à une affirmation positive du mariage sans se prononcer sur le divorce et le remariage. Cependant, ni les congrégationalistes ni les baptistes n’ont rejeté de manière absolue toute idée de divorce et de remariage légitimes et ont préféré laisser cohabiter différents points de vue sur ces sujets.

    Le dernier énoncé du paragraphe 1 implique qu’un mariage peut être dissout : « il n’est pas permis qu’un homme ait plus d’une femme ou qu’une femme ait plus d’un mari à la fois ». Ainsi, il est permis d’avoir des mariages successifs. La question implicite est de savoir ce qui dissout le mariage. L’Écriture déclare que la mort dissout le mariage et permet le remariage :

    Ainsi, une femme mariée est liée par la loi à son mari tant qu’il est vivant ; mais si le mari meurt, elle est dégagée de la loi qui la liait à son mari. Si donc, du vivant de son mari, elle devient la femme d’un autre homme, elle sera appelée adultère ; mais si le mari meurt, elle est affranchie de la loi, de sorte qu’elle n’est point adultère en devenant la femme d’un autre. (Rm 7.2-3)

    Le mariage est une alliance indissoluble jusqu’à la mort d’un des époux. Ainsi, lorsque les époux divorcent, il ne leur est pas permis de remarier une autre personne, autrement ils commettraient un adultère puisque l’alliance est toujours valide. C’est précisément ce que Jésus enseigne en Matthieu 5.31-32, 19.9, en Marc 10.11-12 et en Luc 16.18. Le divorce à lui seul ne dissout donc point l’alliance du mariage et ne permet pas le remariage.

    Comment faut-il comprendre la permission de divorce qui a été accordée aux hommes en Deutéronome 24.1-4? Certains affirment qu’il s’agissait d’une permission temporaire accordée par Moïse, mais retirée par Jésus. Il semble plutôt que Jésus explique en quoi consiste le divorce et ce qu’il permet (ou ne permet pas), mais non pas qu’il abolisse cette disposition (Mt 19.8) : « Il leur répondit: C’est à cause de la dureté de votre cœur que Moïse vous a permis de répudier vos femmes; au commencement, il n’en était pas ainsi. » Nous retrouvons le même enseignement en Marc 10.5. Le divorce n’est pas une autorisation à se remarier, mais uniquement une permission de se séparer. Jésus donne la raison de cette permission : la dureté du cœur humain depuis l’entrée du péché dans le monde. Mais malgré l’apparition du péché et de ses conséquences, la normativité créationnelle du mariage subsiste.

    Le mariage est difficile et souffrant (Gn 3.16 ; 1 Co 7.28). Pour cette raison, certains finiront par répudier leur mariage, mais ils ne pourront pas le faire de manière précipitée. Dieu a autorisé une procédure formelle de divorce pour freiner les époux avant qu’ils décident de renoncer à leurs obligations mutuelles (Dt 24.1-4). De plus, ils doivent savoir que le divorce ne leur permettra pas de se remarier puisque l’alliance ne sera pas complètement dissoute par le divorce, mais uniquement par la mort. Ainsi, le divorce autorise l’abandon de la vie commune, mais oblige les époux séparés à demeurer dans l’état de célibat. Telle est l’application faite par l’apôtre à propos du divorce :

    À ceux qui sont mariés, j’ordonne, non pas moi, mais le Seigneur, que la femme ne se sépare point de son mari (si elle est séparée, qu’elle demeure sans se marier ou qu’elle se réconcilie avec son mari), et que le mari ne répudie point sa femme. (1 Co 7.10-11)

    Jésus affirme cependant deux fois une clause d’exception à cette règle : « Mais je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour infidélité, et qui en épouse une autre, commet un adultère. » (Mt 19.9, 5.32). L’adultère d’un des époux permet de divorcer et d’épouser légitimement une autre personne. L’apôtre Paul ajoute une deuxième exception à cette clause : « Si le non-croyant se sépare, qu’il se sépare ; le frère ou la sœur ne sont pas liés dans ces cas-là. » (1 Co 7.15). L’abandon du mariage par un infidèle délie entièrement le fidèle de toute obligation et permet son remariage.

    Cela étant dit, il ne faut pas envisager l’adultère ou l’abandon comme s’ils causaient ipso facto la dissolution du mariage ; ils n’offrent que la possibilité de le faire légitimement. Permission et actualisation ne sont pas la même chose. Un mariage peut donc être préservé après un adultère ou un abandon momentané. Le pardon et la réconciliation sont possibles et devraient être considérés avant d’envisager le divorce, en particulier pour un chrétien (Mt 6.14-15 ; Jn 8.11 ; 1 Co 7.11). En revanche, nous ne devons pas, par excès de piété, interdire aux chrétiens ce que Christ leur a permis.

    La grâce et la sagesse de Dieu sont donc absolument nécessaires pour accompagner et conseiller les chrétiens qui se retrouvent dans ces situations parfois complexes et toujours difficiles. « [L]es personnes concernées ne doivent pas être abandonnées à leurs propres volonté et jugement », comme le dit la Confession de Westminster (24.6). Ainsi, ce n’est pas à tout un chacun de déterminer la légitimité de sa situation et de ses actes, mais ceci appartient au tribunal de l’Église (1 Co 5.12). Bien qu’une Église doive faire plus que de prodiguer des conseils et des verdicts, elle ne doit cependant pas faire moins. Et elle doit également offrir l’assistance, le soutien et la protection nécessaires à ceux qui se trouvent aux prises dans des conflits matrimoniaux.

    1129 mots

     

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    Première publication le 29 novembre 2023 @ 2 h 00 min

    22 min

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