Un Héraut dans le net

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  • Brise-leur les dents, O Dieu! – Psaume 58

    Psaume 58.1-12

    RÉSUMÉ: Le psaume 58 emploie des imprécations fortes qui froissent nos sensibilités modernes. Derrière ce langage violent, se trouve un amour ardent pour la justice de Dieu qui est le thème de ce psaume. Probablement écrit à l’intention des personnes qui soutenaient tacitement Saül lorsqu’il persécutait David, ce chant nous fait non seulement réfléchir sur la condition humaine, mais sur notre propre intégrité. Face à toutes les injustices, il nous rappelle une certitude: il y a un Dieu juste qui juge toute la terre.

    PLAN:

    1    Transgresser la justice (v.2-6)
    2    Prier pour la justice (v.7-10)
    3    Exulter devant la justice (v.11-12)

    QUESTIONS:

    1. Quel est le contexte du Psaume 58?
    2. En quoi le silence peut-il être un péché?
    3. Comment David décrit-il la dépravation de ses ennemis?
    4. Que contient la prière de David pour la justice?
    5. Comment expliquer la violence du verset 11?
    6. Quel est le double constat des fils de l’homme?
    7. Lectures complémentaires:

      •    Convocation — Jean 8.30-59
      •    Réponse — Apocalypse 19.1-5

       

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    8. Que fait le baptême?

      Question: Que fait le baptême?

      Réponse: Lorsqu’il est reçu avec foi, le baptême communique la grâce de Dieu non en produisant celle-ci, mais en conférant l’assurance qui découle de l’union à Christ. ~ Colossiens 2.12

      Lisez l’introduction à cette doctrine ici

       

      L’Écriture déclare que le baptême sauve (cf. 1 P 3.21). Mais le même passage affirme que le baptême ne purifie pas. Comment faut-il comprendre l’efficacité baptismale à la lumière des Écritures et comment fut-il compris par les chrétiens historiquement? Il n’existe pas une compréhension universelle de la signification du baptême, mais voici celle qui est mise de l’avant dans la confession de foi baptiste de 1689 :

      (Par. 1) Le baptême est une ordonnance du Nouveau Testament instituée par le Seigneur Jésus, de sorte qu’il représente pour le baptisé un signe de communion avec Christ dans sa mort et sa résurrection, de son insertion en lui, de la rémission des péchés et de l’offrande de sa propre personne à Dieu, par Jésus-Christ, pour vivre et marcher en nouveauté de vie.

      Les baptistes considèrent que lorsque la Bible emploie un langage salvifique fort en lien avec le baptême (Tt 3.5 ; 1 P 3.21), il s’agit d’un langage sacramentel par lequel l’Écriture attribue au signe la chose signifiée. Autrement dit, ce n’est pas le baptême qui sauve, mais la mort et la résurrection de Christ représentées par le baptême (Rm 6.3-4). Ce langage salvifique doit être interprété à la lumière des autres données bibliques qui attestent que le salut peut être reçu sans le baptême (Lc 23.43 ; Rm 4.10-11) et que le salut peut être absent en dépit du baptême (Ac 8.13, 20-23 ; Mt 7.21-23).

      Cependant, le rejet du sacramentalisme ne devrait pas nous conduire vers un strict symbolisme comme si le baptême n’était qu’un rituel sans plus. Le baptême et la cène sont plus que des symboles, ils sont des moyens de grâce, à l’image de la prédication, qui en est le moyen par excellence et qui doit être accueillie avant les sacrements (Ac 2.41 ; 1 Co 1.17, 21).

      Le baptême est premièrement un moyen de grâce pour le baptisé lui-même. Il ne s’agit pas uniquement d’un témoignage de sa foi en Christ, mais surtout d’un témoignage de la grâce de Dieu envers lui. Le baptême n’est pas non plus en premier lieu quelque chose que le baptisé fait, mais quelque chose qu’il reçoit passivement. Que reçoit-il exactement? Il reçoit un signe visible de son salut en Christ. La confession n’utilise pas le mot « sceau » pour désigner le baptême ou la cène, bien que la théologie réformée présente généralement les sacrements comme des sceaux de l’alliance de grâce. Cependant l’Écriture n’emploie pas cette terminologie pour parler du baptême. Elle affirme plutôt que c’est l’Esprit-Saint qui scelle et garantit le salut dans le croyant (Ép 1.13-14). Le baptême ne garantit pas le salut de façon infaillible, mais il communique l’infaillible assurance de foi à celui qui le reçoit. Il le fait par une quadruple signification.

      Le baptême est un signe de notre communion avec Christ dans sa mort et sa résurrection. Le baptême est plus que les diverses ablutions qui symbolisaient la purification en général (Hé 9.9-10). Il s’agit d’un ensevelissement baptismal lié spécifiquement à la mort et la résurrection de Christ (Rm 6.3-5, Col 2.12). Le baptême déclare au croyant qu’il a été uni à Jésus dans son œuvre de rédemption et que tout ce qui a été accompli dans le Sauveur lui est imputé. Entendre la Parole de Dieu déclarer cette réalité à nos âmes est une véritable bénédiction ; recevoir le signe visible de cette réalité sur notre corps est une confirmation de la même bénédiction. Il ne s’agit pas de deux grâces différentes, mais de la même grâce de l’Évangile communiquée en parole et en signe.

      Le baptême est un signe de notre insertion en Christ. Le baptême n’est pas uniquement un signe de notre union à un événement passé (la mort et la résurrection de Christ), mais aussi de notre union présente à Christ. Le Nouveau Testament, et en particulier les épîtres, présentent la vie chrétienne comme une union spirituelle au Christ exalté dans la gloire céleste (Ga 2.20 ; Ép 2.6 ; Col 3.3-4). Le baptême est la marque visible de cette insertion spirituelle en lui : « vous tous, qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ » (Ga 3.27). Ainsi, le baptême n’est pas uniquement un point de rupture avec la vie passée sans Christ, mais le point d’union de la vie nouvelle en Christ.

      Le baptême est un signe de la rémission de nos péchés. Sans la rémission des péchés, il ne pourrait y avoir de vie nouvelle. Le baptême est le signe par excellence du pardon des péchés : « Jean parut, baptisant dans le désert, et prêchant le baptême de repentance, pour le pardon des péchés. » (Mc 1.4). C’est également ce qu’atteste le livre des Actes en rapportant la conversion de Paul : « Et maintenant, pourquoi tardes-tu? Lève-toi, sois baptisé, et lavé de tes péchés, en invoquant le nom du Seigneur. » (Ac 22.16). Le baptême n’opère pas lui-même ce lavement, mais le pécheur est purifié de son péché en invoquant le nom du Seigneur (Rm 10.13). C’est pourquoi le baptême devrait être réservé à ceux qui invoquent le nom du Seigneur puisqu’il est, dans sa signification même, lié à l’invocation du nom du Seigneur.

      Le baptême est un signe de l’offrande de notre propre personne à Dieu par Jésus-Christ, pour vivre et marcher en nouveauté de vie. Le baptême n’est pas à sens unique. S’il est d’abord une grâce reçue, il est aussi la foi professée et un engagement solennel. La profession de foi formelle des saints c’est leur baptême (Mc 16.16 ; 1 Tm 6.12). Selon cette perspective, séparer baptême et profession de foi c’est séparer ce que Dieu a uni. Ces deux doivent être concomitants et aucun baptême ne doit être administré à quelqu’un sans qu’il ne s’engage corps et âme envers Dieu (1 P 3.21). Tous les baptisés sont tenus de vivre en nouveauté de vie en Christ (Rm 6.4). Ce rite d’alliance est extrêmement solennel ; il affirme positivement comme une réalité présente tout ce que le baptême symbolise.

      1030 mots

       

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    9. Dans la caverne jusqu’à l’aurore – Psaume 57

      Psaume 57.1-12

      RÉSUMÉ: Les saints doivent souvent se réfugier dans des cavernes (Hé 11.38) jusqu’au matin de leur délivrance. Dans ces refuges, Dieu préserve leur foi et prépare leur triomphe. Le Psaume 57 nous montre comment le Messie lui-même (et nous en lui) a subi l’hostilité du monde et en a triomphé au matin de sa résurrection.

      PLAN:

      1    Dans la caverne (v.2-6)
      2    Dans la gloire (v.7-12)

      QUESTIONS:

      1. Comment les chrétiens sont-ils des hommes des cavernes?
      2. Qu’est-ce que la suscription nous apprend sur le Psaume 57?
      3. Quel est le refuge de David?
      4. Comment peut-on comparer la caverne et la croix?
      5. Qu’arrive-t-il avec les pièges des adversaires?
      6. Comment la fin du psaume anticipe-t-elle la résurrection?
      7. Comment la conclusion concerne-t-elle la mission universelle?
      8. Lectures complémentaires:

        •    Convocation: Hébreux 11.23-12.3
        •    Réponse: Psaume 108.1-7

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      9. L’Agneau immolé depuis la fondation du monde – Apocalypse 13.8

        Apocalypse 13.8

        RÉSUMÉ: Ce verset de l’Apocalypse présente la rédemption sous l’angle d’un décret éternel qui précède la création et qui a été révélé tout au long de l’histoire depuis le commencement du monde. Nous examinerons ce plan en détail en nous arrêtant sur trois expressions clés de ce passage.

        PLAN:

        1    Le livre de vie

        2    L’Agneau immolé

        3    Depuis la fondation du monde

        QUESTIONS:

        1    Qui est inscrit dans le livre de vie et pourquoi sont-ils inscrits?

        2    Quelle est l’origine de l’agneau immolé?

        3    Pourquoi Jésus est-il appelé l’Agneau de Dieu?

        4    Comment peut-on avoir part à l’aspersion de son sang?

        5    À quoi se rapporte l’expression « depuis la fondation du monde »?

        6    Comment Christ a-t-il été immolé depuis la fondation du monde?

        7    Que procure la mort de Christ?

        Lectures complémentaires:

        •    Convocation: Exode 12.1-28

        •    Réponse: Hébreux 10.1-18

        Prédicateur : Pascal Denault

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      10. Keven Bissonnette – Ehud, fils de Guéra – Juges 3.12-30

        Juges 3.12-30

        RÉSUMÉ: Les enfants d’Israël firent encore ce qui déplaît à l’Éternel et l’Éternel fortifia Eglon, roi de Moab, contre Israël. » Dans ce passage, nous verrons le « cycle des juges », c’est-à-dire : Oublie, Abandon, Oppression, Repentance, Délivrance. Une histoire dans laquelle le peuple de l’Éternel oublie et abandonne les voies de Dieu. Un récit où l’Éternel châtie son peuple pour le ramener à lui, entend les cris de son peuple, leur suscite un libérateur et se moque ouvertement des idoles.

        PLAN:
        1. Ce que Dieu dit dans ce récit
        2. Le personnage d’Ehud
        3. Qu’est-ce que ça change pour moi, aujourd’hui ?
        Lectures complémentaires:
        – Convocation: Juges 2
        – Réponse: Hébreux 4
        Prédicateur : Keven Bissonnette

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      11. Qui peut administrer les sacrements?

        Question: Qui peut administrer les sacrements?

        Réponse: Puisque les ordonnances appartiennent à l’Église, celle-ci doit confier leur administration à des hommes fidèles, capables d’en expliquer le sens et les grâces que Dieu confère aux croyants par leur moyen lorsqu’elles sont reçues avec foi. ~ 1 Corinthiens 4.1

        Lisez l’introduction à cette doctrine ici

         

        Dans l’Église des Corinthiens, il y avait un tel désordre autour de la Table du Seigneur (1 Co 11.17-22), qu’on ne pouvait plus considérer ce qui s’y faisait comme étant le Repas du Seigneur (1 Co 11.20). Chacun mangeait et buvait à sa guise, et l’ordonnance n’était pas observée telle que le Seigneur l’avait confiée à son Église. Un tel désordre entraîna le jugement de Dieu sur les Corinthiens (1 Co 11.27-32). L’administration des sacrements n’est pas une question secondaire, car les ordonnances du Seigneur sont saintes.

        (Par. 2) Ces deux ordonnances doivent être administrées seulement par ceux qui sont qualifiés et appelés à cette tâche selon le mandat de Christ.

        À mesure que le sacramentalisme s’est développé dans l’histoire de l’Église, le sacerdotalisme lui a nécessairement emboîté le pas. Ainsi, le ministère prophétique de la Parole a progressivement été remplacé par le ministère sacerdotal de la prêtrise. Nul ne pouvait alors administrer les grâces sacramentelles à moins d’avoir été ordonné dans le sacerdoce, à l’image du sacerdoce de l’ancienne alliance (Hé 5.4), selon la logique sacerdotale qui s’est développée dans l’Église médiévale.

        La Réforme protestante a rejeté le modèle sacerdotal du ministère afin de restituer le modèle prophétique : le pasteur est avant tout un ministre de la Parole, car la grâce de Dieu se reçoit par la foi seule et la foi vient de la Parole de Christ (Rm 10.17). Ainsi, les sacrements doivent toujours être accompagnés de la Parole de Dieu reçue avec foi. Comme les sacrements sont des paroles visibles, leur administration appartient aux ministres de la Parole.

        Cela étant dit, il ne faut pas penser que les ordonnances appartiennent aux ministres eux-mêmes ou au clergé. Elles appartiennent à l’Église locale. Cette conviction était très forte dans les congrégations baptistes au 17e siècle où l’on résistait au cléricalisme anglican qui interdisait aux groupes non-conformistes de prêcher et de pratiquer les ordonnances sous peine d’emprisonnement. La confession de 1689 maintient qu’à chaque Église « le Seigneur a donné tout pouvoir et toute autorité qui sont en quelque manière nécessaires pour mettre à exécution l’ordre dans le culte et la discipline, qu’il a institués pour qu’ils soient observés » (26.7). Cela inclut nécessairement l’administration des sacrements.

        Lorsque la confession ajoute que les « ordonnances doivent être administrées seulement par ceux qui sont qualifiés et appelés à cette tâche » (28.2), il s’agit de l’appel local fait par l’Église. Ainsi, une congrégation établit ses propres ministres pour lui administrer la Parole et les sacrements : « Les dirigeants nommés par le Christ sont choisis et désignés par l’église (appelée et rassemblée), pour l’administration des ordonnances » (26.8).

        L’un des textes bibliques que la confession met de l’avant pour justifier la restriction ministérielle des ordonnances est celui-ci : « Ainsi, qu’on nous regarde comme des serviteurs de Christ, et des dispensateurs des mystères de Dieu. » (1 Co 4.1). C’est l’expression « dispensateurs des mystères de Dieu » qu’il faut examiner. Le mot dispensateur (oikonomos) est composé de deux mots grecs : oikia (maison) et nomos (loi). Il s’agit donc d’un intendant qui est chargé d’administrer les biens de son maître selon les ordres de celui-ci. Dans le cas des serviteurs de Dieu, ils doivent administrer les mystères de Dieu. Dans ce contexte, le mot grec musterion inclut les ordonnances d’institution positive qui sont contenues dans la nouvelle alliance. Autrement dit, les mystères sont les trésors qui sont cachés en Christ et qui doivent être administrés à son peuple (cf. Rm 16.25-26, Col 2.3).

        Ce trésor est administré par les intendants du Seigneur, premièrement par le ministère de la Parole et ensuite par les sacrements, paroles visibles. Les sacrements sont appliqués en continuité à la proclamation de l’Évangile (Ac 2.38, 1 Co 11.26). Ainsi, ceux qui administrent les sacrements doivent être en mesure d’expliquer comment l’Évangile est relié à ces ordonnances visibles. Ce n’est donc pas n’importe quel disciple qui est appelé à faire cela, mais ceux qui en ont reçu la charge. Les dispensateurs par excellence sont les anciens de l’Église locale, qui sont aussi appelés oikonomos de Dieu (cf. Tt 1.7).

        Que faire s’il n’y a pas d’officier dans une Église? La logique du ministère de la Parole s’applique également à l’administration des sacrements. Bien que la tâche de la prédication incombe aux pasteurs des Églises, elle « ne leur est pas confinée, de façon telle que d’autres, également doués et préparés dans ce but par le Saint-Esprit, comme aussi approuvés et appelés par l’église, ne puissent et ne doivent y vaquer » (26.11). Puisque les ordonnances sont inséparablement liées au ministère de la Parole et que l’Église peut mandater des frères non-ordonnés à prêcher l’Écriture sainte, ne peut-elle pas également leur confier l’administration des sacrements? Cette situation est envisageable en particulier lorsqu’il n’y a pas d’officiers disponibles pour le faire ou encore pour assister les officiers dans cette charge. Une Église sans officiers peut également demander à des pasteurs d’autres Églises d’administrer les ordonnances en lien avec le ministère de la Parole. Une chose est certaine, aucune congrégation ne doit se priver des mystères de Dieu qui lui appartiennent en Christ.

        Qu’en est-il des ordonnances qui n’ont pas été administrées convenablement? Par exemple, un baptême pratiqué à la maison dans la baignoire par un simple disciple est-il valide? De façon générale dans le christianisme, on affirme que la validité des sacrements ne dépend pas de celui qui les administre, même s’ils doivent normalement être administrés par un ministre de l’Évangile. Chez les baptistes, cependant, on considère que la réception d’une ordonnance est plus déterminante que son administration : pour être reconnue comme valide, elle doit donc avoir été reçue avec profession de foi. De plus, comme le contexte normatif pour recevoir les sacrements est celui de l’Église, un baptême privé devrait normalement être entériné par l’Église avant d’être reconnu comme valide. Il en est de même des autres situations de baptêmes irréguliers qui se présentent à une Église locale (les baptêmes par aspersion, avant la conversion, dans un milieu doctrinalement confus ou problématique, etc.). Chacune doit être examinée afin d’en déterminer la validité en respectant à la fois les consciences et la Parole de Dieu.

        1082 mots

         

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      12. Qu’est-ce qu’une ordonnance d’institution positive?

        Question: Qu’est-ce qu’une ordonnance d’institution positive?

        Réponse: Il s’agit des ordonnances que Dieu requiert spécifiquement de son peuple. Dans la nouvelle alliance, le Seigneur a institué deux ordonnances particulières : le baptême et la cène. ~ Matthieu 28.19-20

        Lisez l’introduction à cette doctrine ici

         

        La distinction entre loi naturelle et positive est nécessaire pour bien comprendre certaines portions de la confession de foi (p. ex. : 1.6 ; 19.1, 2 ; 22.7). On retrouve à nouveau ce concept dans le premier paragraphe du chapitre 28 pour définir la nature des sacrements :

        (Par. 1) Le baptême et la sainte cène sont des ordonnances d’institution positive et souveraine prescrites par le Seigneur Jésus, le seul législateur, qui doivent être perpétuées dans l’Église jusqu’à la fin du monde.

        Les sacrements ne viennent pas de la loi naturelle, mais sont des ordonnances positives. La loi naturelle découle de l’ordre moral inscrit par Dieu dans la création et accessible à tous par la révélation générale. Une ordonnance positive est une institution spécifique de Dieu, connue uniquement par une révélation spéciale et non par la nature. Adam avait la loi morale écrite sur son cœur ainsi qu’un commandement positif révélé uniquement par la Parole de Dieu (cf. 19.1).

        D’entrée de jeu, cette distinction implique que les sacrements n’ont pas une application universelle, mais une application limitée et conditionnelle. En effet, la loi naturelle s’applique de façon universelle à tous les hommes tandis qu’une ordonnance positive ne s’applique que dans un cadre spécifique aux hommes concernés. Tous les hommes sont liés par la loi morale de Dieu révélée dans la nature et l’Écriture (Rm 2.14), mais seuls les descendants d’Abraham étaient liés par la circoncision qui était une loi positive (Gn 17.9-14 ; Rm 2.26-27). La loi morale ne peut jamais changer ni être abrogée, mais une loi positive peut cependant changer ou prendre fin (cf. 1 Co 7.19).

        Ensuite la confession emploie un langage royal pour indiquer la provenance de ces « ordonnances d’institution positive et souveraine prescrites par le Seigneur Jésus, le seul législateur ». Ces affirmations ont différents buts. Tout d’abord de rappeler que l’Église n’a l’autorité ni d’instituer des ordonnances ni le pouvoir de les redéfinir. Le devoir de l’Église est d’observer les ordonnances exactement comme elles lui ont été prescrites par le Seigneur, le souverain législateur. L’enjeu entourant le débat sacramentel n’est pas une question de préférence personnelle, mais de fidélité envers le Seigneur de l’Église.

        Deuxièmement, en déclarant que ces ordonnances ont été instituées par Jésus lui-même (Mt 26.26-28, 28.19), la confession signifie que les sacrements doivent être régulés par la nouvelle alliance et non par l’ancienne. En cela, les baptistes n’adoptent pas le point de vue exprimé par la Confession de Westminster (27.5) voulant qu’il y ait une même substance spirituelle entre les sacrements de l’Ancien et du Nouveau Testament présentés sous une forme différente. Qu’il y ait une relation typologique entre les ordonnances des deux alliances est une évidence (1 Co 10.1-4), mais cette relation analogique n’implique pas nécessairement que les ordonnances aient la même substance (Col 2.17 ; Hé 10.1).

        Cet argument de la priorité néotestamentaire fut central dans la défense du credobaptême au 17e siècle. Le baptême est une ordonnance de la nouvelle alliance; il doit conséquemment être défini par le Nouveau Testament. Nous ne pouvons pas utiliser les paramètres qui s’appliquaient à la circoncision pour définir ceux qui s’appliquent au baptême. Nous reviendrons sur les conditions d’admission au baptême dans l’exposition du prochain chapitre, mais pour l’instant il suffit de comprendre que le but du chapitre 28, paragraphe 1, est de rétablir les sacrements sur le fondement propre de la nouvelle alliance.

        Terminons avec deux remarques supplémentaires concernant le lieu et la durée des ordonnances qui « doivent être perpétuées dans l’Église jusqu’à la fin du monde ». La première remarque est que les ordonnances ont été données à l’Église et non aux chrétiens individuellement. C’est dans le contexte de l’Église qu’il faut administrer le baptême et le repas du Seigneur (1 Co 10.17, 12.13). Les baptêmes privés ou séparés du contexte ecclésial sont problématiques, car ils séparent ce que Dieu a joint : l’Église et les sacrements. La cène ne doit pas être célébrée simplement entre chrétiens, mais « lorsque vous vous réunissez » (1 Co 11.20), c’est-à-dire lorsque l’Église est réunie pour rendre un culte au Seigneur.

        La dernière remarque concerne la durée des ordonnances. Puisque des ordonnances positives peuvent être abrogées, comme le furent celles de l’ancienne alliance qui était passagère (2 Co 3.11), il est important de rappeler qu’en instituant ces ordonnances, le Seigneur Jésus a précisé qu’elles demeureraient en place jusqu’à son retour (Mt 26.29, 28.20 ; 1 Co 11.26). Ainsi, les ordonnances de la nouvelle alliance accompagnent la phase finale du plan de rédemption et ne doivent jamais être négligées ou abrogées par les hommes. Le baptême et le repas du Seigneur nous font regarder en arrière à la croix de Christ, en haut vers son règne présent, et en avant vers son retour glorieux.

        830 mots

         

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      13. Levi Loewen – Pourquoi l’Église doit connaître Christ – Colossiens 1.1-2

        Colossiens 1.1-2

        Description : Qu’est-ce qui rend une église le plus vulnérable à l’erreur et à la ruine? Comment l’église doit-elle être gardée contre l’infiltration de l’hérésie? Dans Colossiens, Paul nous donne le remède en plaçant devant nous Christ dans toute la plénitude de sa suprématie et de sa prééminence. Une connaissance profonde de la personne et de l’œuvre de Christ est essentielle à la vie chrétienne, parce qu’elle garde l’église contre tout rival de Christ et contre tout ajout à son œuvre salvatrice. Les mêmes dangers qui troublaient les Colossiens demeurent encore parmi nous.

        Lectures complémentaires: Hébreux 1.1-2.4

        Prédicateur : Levi Loewen

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      14. Comment les saints entretiennent-ils la communion entre eux?

        Question: Comment les saints entretiennent-ils la communion entre eux?

        Réponse: Les saints doivent maintenir leur communion par le culte offert à Dieu, l’exercice des dons spirituels et les devoirs d’entraide mutuels. Toutes ces obligations sont pratiquées en respectant l’ordre particulier établi par Dieu. ~ Galates 6.10

        Lisez l’introduction à cette doctrine ici

         

        L’Église est plus qu’un lieu de culte, c’est une communauté vivante unie dans l’amour (Ép 4.16). La communion des saints inclut des devoirs réciproques des croyants entre eux. Le deuxième paragraphe a pour but de décrire ces devoirs fraternels, mais également de délimiter ces obligations à l’intérieur d’un ordre de priorité et en affirmant le droit de propriété personnelle.

        (Par. 2) Les saints, par profession, sont tenus de maintenir une sainte communauté, une communion dans le culte rendu à Dieu, ainsi que d’accomplir tout autre service spirituel qui peut contribuer à l’édification mutuelle et à l’entraide dans les choses extérieures selon les capacités et les besoins de chacun. Cette communion doit être exercée particulièrement dans la situation où ils se trouvent, dans la famille et dans l’église ; cependant, pour autant que Dieu en donne occasion, elle doit être étendue à tous les frères en la foi, c’est-à-dire à tous ceux qui, en tout lieu, en appellent au nom du Seigneur Jésus. Néanmoins, la communion fraternelle des saints n’ôte ni ne réduit les titres et droits de propriété que chaque homme a sur ses biens et possessions.

        Les devoirs par lesquels les saints maintiennent la communion sont présentés en trois catégories. La première est le culte rendu à Dieu. Il est important de réaliser qu’en rendant un culte à Dieu, nous sommes non seulement en communion avec Lui, mais les uns avec les autres. Cela est évident dans plusieurs passages de l’Écriture, comme Colossiens 3.16 : « Que la parole de Christ demeure en vous dans toute sa richesse; instruisez-vous et exhortez-vous les uns les autres en toute sagesse, par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels, chantant à Dieu dans vos cœurs en vertu de la grâce. »

        Le culte dominical est le moyen par excellence pour entretenir la communion des saints. L’Écriture nous met sévèrement en garde contre la négligence du rassemblement des saints, car l’abandon du culte ecclésial peut conduire à l’apostasie et à la perdition :

        24 Veillons les uns sur les autres, pour nous exciter à l’amour et aux bonnes œuvres. 25 N’abandonnons pas notre assemblée, comme c’est la coutume de quelques-uns; mais exhortons-nous réciproquement, et cela d’autant plus que vous voyez s’approcher le jour. 26 Car, si nous péchons volontairement après avoir reçu la connaissance de la vérité, il ne reste plus de sacrifice pour les péchés, 27 mais une attente terrible du jugement et l’ardeur d’un feu qui dévorera les rebelles. (Hébreux 10.24-27)

        La deuxième catégorie de devoirs consiste en tout autre service spirituel qui peut contribuer à l’édification mutuelle. L’édification spirituelle des croyants ne se fait pas exclusivement dans le culte dominical même s’il s’agit de la base. Les saints s’édifient les uns les autres lorsque chacun met « au service des autres le don qu’il a reçu » (1 Pi 4.10). Ce service mutuel est ce que Martin Luther appelait le sacerdoce universel des croyants. Chacun est un prêtre (1 Pi 2.9) qui dispense la grâce divine au profit des autres croyants (1 Pi 4.9-11).

        La troisième catégorie est l’entraide dans les choses extérieures selon les capacités et les besoins de chacun. La communion des saints ne se limite pas à l’édification spirituelle, mais inclut le partage de nos ressources, notre temps et nos biens avec les frères et sœurs en la foi. Ce devoir s’applique tout particulièrement envers les chrétiens les plus en besoin. Jésus a donné ce commandement à ses disciples : « Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n’en a point, et que celui qui a de quoi manger agisse de même. » (Luc 3.11).

        Paul rappelle que pour accomplir la loi de Christ nous devons porter « les fardeaux les uns des autres » (Ga 6.2). Cela implique non seulement une assistance matérielle, mais également un soutien moral qui consiste à se réjouir avec ceux qui se réjouissent et à pleurer avec ceux qui pleurent (Rm 12.15). Ainsi, la communion des saints est une vie de partage au travers de laquelle les saints partagent leurs joies et leurs peines et s’entraide mutuellement. Une vie d’Église qui ne ressemble aucunement à cela ne correspond pas à ce que doit être la vraie communion.

        Maintenant, envers qui ces devoirs doivent-ils être pratiqués ? L’apôtre Paul déclare en Galates 6.10 : « Ainsi donc, pendant que nous en avons l’occasion, pratiquons le bien envers tous, et surtout envers les frères en la foi. » Le chrétien doit pratiquer le bien envers tous, mais en suivant un ordre particulier. Bien que nous devions aimer tous nos prochains, ils ne se présentent pas à nous dans le même ordre. Dans la deuxième partie du paragraphe 2, la confession délimite les devoirs des saints de deux façons. D’abord en établissant un ordre de priorité dans lequel nous devons exercer nos obligations. Ensuite en affirmant le droit de propriété privée. Regardons ces deux limites qui encadrent la communion des saints.

        « Cette communion doit être exercée particulièrement dans la situation où ils se trouvent. » Cette phrase signifie que nous n’avons pas le même devoir envers des chrétiens qui vivent à l’autre bout du monde qu’envers ceux qui sont plus près de nous. Nous devons bien sûr prier pour les saints à l’autre bout du monde et parfois les soutenir financièrement (Ac 11.29-30 ; Rm 15.26-27), mais nous avons un plus grand devoir encore envers les saints de notre propre Église. La même délimitation est exprimée par la première phrase de ce paragraphe : « Les saints, par profession, sont tenus de maintenir une sainte communauté ». La communauté des saints est délimitée par une profession de foi. La communion ne se fait donc pas sur une base informelle avec n’importe qui prétendant être disciple de Jésus, mais uniquement avec ceux dont la profession de foi est reconnue.

        Les obligations que nous avons envers les autres croyants ne viennent aucunement de nos affinités interpersonnelles, mais de notre appartenance mutuelle à la même foi. Tous ceux qui sont liés par profession sont en communion entre eux. Néanmoins, il y a un ordre de priorité à respecter à l’intérieur de cette communauté et qui se décline en respectant deux sphères précises : la famille et l’Église. L’apôtre Paul montre comment ces sphères doivent s’articuler dans l’exercice de nos obligations chrétiennes :

        4 Si une veuve a des enfants ou des petits-enfants, qu’ils apprennent avant tout à exercer la piété envers leur propre famille, et à rendre à leurs parents ce qu’ils ont reçu d’eux; car cela est agréable à Dieu. […] 8 Si quelqu’un n’a pas soin des siens, et principalement de ceux de sa famille, il a renié la foi, et il est pire qu’un infidèle. (1 Timothée 5.4, 8)

        Dans l’Église, les obligations envers l’ordre naturel de la famille doivent être maintenues : les devoirs entre les époux, les parents et les enfants, la famille élargie. Mais l’ordre spirituel vient aussi avec des obligations envers les saints. D’abord envers les membres de l’Église locale, ensuite envers les membres des « Églises qui jouissent de communion entre elles » (26.15), et ainsi de suite jusqu’à « tous ceux qui, en tout lieu, en appellent au nom du Seigneur Jésus ».

        Après avoir établi cet ordre au sein de la communion des saints, la confession ajoute : « la communion fraternelle des saints n’ôte ni ne réduit les titres et droits de propriété que chaque homme a sur ses biens et possessions ». Certaines communautés anabaptistes niaient le droit de propriété privée et privilégiaient la possession commune des biens. Puisque les premiers baptistes furent accusés de promouvoir un collectivisme similaire, ils inclurent cette affirmation dans leur deuxième confession de foi. Cette inclusion fut délibérée puisque la Déclaration de Savoie n’a pas retenu cette affirmation à propos du droit à la propriété personnelle. Ainsi, la générosité au sein du peuple de Dieu, doit être volontaire et non contrainte (2 Co 9.7) et personne ne doit vivre aux dépens des autres (Ép 4.28 ; 2 Th 3.6-12).

        1364 mots

         

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      15. Les larmes précieuses recueillies par Dieu – Psaume 56

        Psaume 56.1-14

        RÉSUMÉ: Dans ce psaume de David, nous entendons la voix du Messie implorant le secours de Dieu face aux hommes qui cherchent à lui ôter la vie. Ses larmes deviennent les nôtres, et nos larmes deviennent les siennes. Dieu ne se contente pas d’entendre les prières de ses enfants, il conserve précieusement les larmes qui les accompagnent.

        PLAN:

        1    Aie pitié de moi, ô Dieu! (v.1-5)
        2    Recueille mes larmes dans ton outre (v.6-12)
        3    Tu as délivré mon âme de la mort (v.13-14)

        QUESTIONS:

        1    Comment la suscription (v.1) nous aide-t-elle à comprendre ce psaume?
        2    Quelle est la relation entre la peur et la foi?
        3    Dans ce psaume, que peuvent faire les hommes et que peut faire Dieu?
        4    Pourquoi nos larmes sont-elles précieuses devant Dieu?
        5    Qu’est-ce que David répète dans le refrain comme clé de l’assurance?
        6    Comment la fin de ce psaume se rapporte-t-elle à David, à Christ et à nous?

        Lectures complémentaires:

        •    Convocation: 1 Samuel 21.1-22.5
        •    Réponse: Hébreux 5.7-10, 12.1-3

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