Un matin bouquin

Un matin bouquin

Download on the App Store

Un matin bouquin episodes

  • Pile à lire d'automne 2

    Titre français déjà présenté / dans ma pile à lire :

    • Mon vrai nom est Elisabeth, Adèle Yon


    Nouveaux entrants littérature française / Pile à lire d'automne :

    • L'odyssée de l'Odyssée : tout ce que vous avez voulu savoir sur les aventures d'Ulysse sans avoir jamais lu Homère, Christophe Ono-di-Biot
    • Le mystère Sherlock, Jean-Marc Errre
    • Heureux comme jamais, Guillaume Chamanadjian
    • Pas dormir, Marie Darrieussecq
    • Dans la jungle, Ademine Dieudonné
    • Transylvania, Nicolas Beuglet
    • Raconter la nuit, François Emmanuel
    • Un roi sans divertissement, Jean Giono


    Titres étrangers restant de ma pile à lire d'été :


    • Imaginer la pluie, SantiagoPajares
    • La guerre et la paix, Léon Tolstoï
    • Les miettes, Lukas Barfuss
    • Le fusil de chasse, Yasushi Inoué
    • E.E., Olga Tokarczuk
    • Epépé, Ferenc Karinthy
    • La sorcière à la jambe d'os, Zelimir Peris

    Pas de titres rajoutés

    Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    9 min
  • Pile à lire d'automne 1

    Titres déjà présentés lors de la pile à lire d'été :

    Vie pratique :

    • Votre temps est infini, Fabien Olicard
    • Boostez vote mémoire, Jean-Yves Ponce
    • Les 4 saisons de la bonne humeur, Michel Lejoyeux
    • Comment développer une mémoire extraordinaire, Dominic O'Brien

    Essais :

    • La simulation, Loïc Hecht
    • La littérature sans estomac, Pierre Jourde
    • La vie matérielle : Marguerite Duras parle à Jérôme Beaujour
    • Les princesses ont toujours raison, Fabrice Midal

    Romans anglosaxons :

    • Hamish Macbeth, tome 1 : qui prend la mouche, M.C. Beaton*
    • Pièce montée, Margaret Kennedy
    • Retenir les bêtes, Magnus Mill
    • La pommeraie, Peter Heller
    • Pirate de lumière, Lily Brooks-Dalton
    • Mon refuge et mon orage, Arundhati Roy


    Nouveaux titres entrant dans ma pile à lire :

    • Si Beale Street pouvait parler, James Baldwin
    • Le chat a tout vu, Dolores Hitchens
    • L'invitée, Emma Cline
    • La brillante destinée d 'Elisabeth Zott, Bonnie Garnus
    • Le bleu est la couleur la plus rare, Sarah Schmidt
    • L'hôtel Nantucket, Elin Hilderbrand
    • Trente ans et des poussières, Jay McInerney
    • Les frères Holt, Marcia Davenport
    • Terremer, Ursula Le Guin

    Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    12 min
  • Bilan de mes lectures 3

    Je termine le bilan de mes lectures par mes coups de coeur.

    Notés 18/20

    • Bonjour Jeeves, P. G. Wodehouse : Wodehouse continue de mes charmer avec les aventures de Bertram Wooster, cette fois-ci missionné par sa tante qui lui demande de récupérer coûte que coûte un pot à crème qu'elle a repéré, sans quoi elle cessera de l'inviter à sa table, ce qui est un drame pour Bertie qui adore son cuisinier. De mauvais gré, il accepte la mission, pour notre plus grand bonheur !
    • Les grues volent vers le Sud, Lisa Ridzen : malgré la thématique difficile, c'est un livre qui fait du bien et dont on ressort apaisé. Bo a 89 ans et va bientôt mourir, on entre de plain-pied dans sa fin de vie, avec ses proches, l'équipe de soignants autour de lui, qui parfois l'infantilisent, même s'ils sont pétris de bonnes intentions. Le cahier des transmissions est une jolie trouvaille, qui apporte un point de vue différent de celui de Bo. Un roman simple, émouvant, qui a remporté un beau succès mérité en Suède et ailleurs.

    Notés 19/20

    • Le calamity club, Kathryn Stockett : On est en compagnie de deux héroïnes solaires et attachantes, dont on suit les pas avec bonheur. L'arrière-plan historique aussi est intéressant, l'Amérique de la Grande Dépression. Enfin, l'autrice sait très bien parler de sororité, mise en scène de façon réjouissante.
    • Patria, Fernando Aramburu : l'auteur nous fait comprendre ce que l'ETA a fait aux familles, aux villages, à la société toute entière. Il fait parler alternativement tous les membres de deux familles, autrefois proches, et que l'ETA a divisées. Un beau roman très intelligent et empathique.


    Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    11 min
  • Bilan de mes lectures 2


    Je continue dans cet épisode le bilan des lectures présentées dans le cadre de ce podcast.

    Notés 16/20


    • La saga des Florio, de Stefania Auci : une bonne saga, je retrouvais les personnages et leur univers avec plaisir (Sicile du 19ème siècle, les pages se tournaient avec fluidité, de la belle ouvrage
    • L'idiot, Fedor Dstoievski : une littérature un peu trop torrentielle à mon goût, des mots, des situations, des noms se sont déversés sur moi, me donnant l'impression d'arriver à saturation. Mais je me suis attachée au prince Mychkine, le meilleur d'entre tous, tellement gentil qu'il en devenait suspect aux yeux des autres, c'est très triste.
    • Départ(s), Julian Barnes : il m'a manqué une trame romanesque pour apprécier, ici il y avait trop de considérations diverses et variées, sans véritable colonne vertébrale. Cependant, quand il fait ses adieux, c'est beau et émouvant.
    • Très brève théorie de l'enfer, Jérôme Ferrari : il a indéniablement une belle écriture, et l'ouverture de son roman est brillante, mais j'ai été gênée aux entournures avec parfois l'impression qu'il se sert de son roman pour faire passer des messages, de façon totalement transparente bien sûr, à part pour lui et la personne concernée, mais quoi qu'il en soit je n'apprécie pas, sauf à l'écrire.
    • La forme et la couleur des sons, Ben Shattuck : ce nouvelliste a un grand talent, ses descriptions ont fait naître en moi des tableaux, mais que j'ai lu/regardé de l'extérieur, un peu à distance.
    • Vera dans son monde, Gary Shteyngart : c'est un auteur que j'aime beaucoup, mais ici il a écrit un peu en réaction à l'actualité suite à l'accession de Trump au pouvoir, aussi le roman est moins étoffé que précédemment. Vera est le point fort de ce roman, on voit le monde au travers de son regard et c'est rafraichissant.
    • D'autres printemps, Virginie Grimaldi : un roman de détente agréable, avec des pointes d'humour bienvenue. Cependant les ficelles sont parfois un peu grosses.
    • La librairie des chats noirs, Piergiorgio Pulixi : un cosy mystery plaisant, avec comme pour le Virginie Grimaldi des ficelles un peu grosses, mais c'est inhérent au genre.

    Notés 17/20


    • Correction automatique, Etkar Keret : des nouvelles désespérées mais surtout pas désespérantes, c'est parfois tellement noir que l'on arrive à en rire : il met ses personnages dans le situations les plus intenables possibles, pour notre plus grand bonheur, car telle est la nature humaine !
    • Et la vague les emporta, Molly Keane : j'avais adoré Chasse au trésor, qui met en scène une gentry irlandaise désargentée du début du 20ème siècle. Ici c'est une guerre entre une belle-mère et sa belle-fille qui est racontée, et c'est réjouissant.
    • Apprendre vite et bien, Barbara Oakley et Olav Schewe : bon livre pratique qui donne de bons conseils, et explique avec pédagogie quelques grands principes du fonctionnement du cerveau.
    • Les orphelins, Eric Vuillard : un écrivain d'exception, tant par sa démarche que par la qualité de se plume. Il y a dans ses pages une belle colère, de celle qui fait du bien, et changer les points de vue. Dans chacun de ses livres, il nous explique brillamment ce que le capitalisme fait à l'Histoire.
    • Silo, Hugh Howey : un très bon thriller post-apocalyptique qui se lit très bien, et on s'attache aux pas de l'héroïne avec plaisir.
    • La bagarre, Lauren Groff : la plume est efficace et nuancée, au service d'intrigues qui marquent l'esprit. Pour l'une d'entre elles, je suis sortie les larmes aux yeux.
    • Les enténébrés, Sarah Chiche : Petite décception par rapport à Aimer, qui vait une narration plus classique. Cependant, la qualité reste là, elle questionne les générations, elle questionne l'histoire, elle questionne la société, toujours de brillante façon.
    • Sicario bébé, Fanny Taillandier : elle fait parler de façon soutenue deux jeunes de la cité, Djen, enceinte et Blaise, qui s'aiment d'amour tendre. Blaise va-t-il devenir un tueur à gages pour subvenir aux besoins de sa future famille ? C'est tendu et rythmé comme un polar.

    Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    15 min
  • Bilan de mes lectures 1

    Je fais le bilan de mes lectures, en leur attribuant une note (sauf pour les livres abandonnés). Je vais crescendo, de la plus mauvaise à la meilleure note.

    Abandons :

    • La Sicile, baroque et rebelle (collection L'âme des peuples), Richard Heuzé : trop de lieux, de bâtiments, de personnages inconnus, il faut déjà être très familier de la Sicile pour apprécier la lecture
    • Le guépard, Giuseppe Tomasi di Lampedusa : j'ai voulu prolonger mon incursion dans la Sicile du 19ème siècle via ce classique, à la sortie de la sage des Florio, de Stefania Auci, cela ne l'a pas fait, tant pis !
    • Lettres de Madame de Sévigné : là encore, il me manquait le contexte historique pour suivre au mieux cette correspondance.
    • Le secret des secrets : mon premier Dan Brown, avec à mon sens un peu trop de défauts pour continuer dans la lecture, à savoir trop de rebondissements, et des personnages stéréotypés.
    • La horde du contrevent, Alain Damasio : j'ai persévéré, comme on me l'avait conseillé, et je commençais à apprécier les relations entre les personnages (ce qui fait le sel de l'histoire pour moi), par contre je ne comprenais toujours absolument rien aux stratégies mises en place pour avancer face au vent, ce qui constitue le gros de l'histoire, donc l'ai arrêté avant de trop m'énerver sur mon manque de sens pratique. C'est un roman que j'ai été très malheureuse d'abandonner, tant j'avais aimé Les furtifs.
    • Des animaux difficiles, Rosa Montero : même remarque que pour les furtifs, c'est une autrice que j'adore, sa science fiction est généralement très psychologique, mais ici il m'a semblé que l'intrigue a pris le pas sur le reste (Bruna Husky qui interagit avec son entourage).

    Note 12/20

    • Lait et miel, Rupi Kaur : elle est d'origine indienne, et écrit depuis le Canada : sa poésie est trop simpliste à mon sens, mais je tempère mon avis du fait que j'ai lu la version française, me disant qu'il y a peut-être eu des nuances compliquées à traduire en français.

    Note 14/20

    • Voltiges, Valérie Tong Cuong : j'ai apprécié les deux tiers du roman, retrouvant avec plaisir sa plume sensible qui sait si bien faire parler ses personnages, j'ai par contre été très déçue par les rebondissements finaux que je n'ai pas trouvé plausibles du tout.
    • Laissez-moi, Marcelle Sauvageot : j'ai compris et validé sa démarche personnelle, qui a besoin d'analyser pour prendre du recul par rapport à l'homme qui l'a quittée. Mais à mon avis son texte n'atteint pas de dimension universelle, aussi je n'ai personnellement pas perçu l'intérêt qu'il y avait à le publier. Toutefois le texte garde un caractère émouvant, Marcelle Sauvageot est morte de tuberculose un an après la publication de ce texte.

    Note 15/20 :

    • Une unique lueur, Fred Vargas : j'ai apprécié de retrouver Adamsberg et sa façon très ésotérique de régler ses enquêtes, mais cette fois-ci son équipe charmante et atypique n'a pas assez été mise en valeur. Plus généralement, je n'ai pas retrouvé la magie des premiers tomes.
    • Première amoure, Emmanuelle Richard : j'avais remarqué sa plume dans Désintégration, ici elle continue d'écrire de belle façon mais ici elle parle d'amour de façon un peu trop désincarnée à mon goût.

    Je m'arrête là, le meilleur de mes lectures à venir !

    Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    10 min
  • Où il est question de criminalité (mais ce ne sont pas des romans noirs ou policiers !)

    Patria, Fernando Aramburu

    J'ai eu un coup de coeur pour ce pavé de plus de 600 pages (624 exactement) qui se lit très vite et très bien. Il ne faut pas le laisser intimider par le nombre de pages, la lecture est toujours rythmée, cadencée par des chapitres courts et addictifs (il y en a plus de 125). A aucun moment on n'éprouve de coup de mou, comme cela peut être le cas avec de très long romans.

    On a dit de lui que c'était le guerre et paix basque (je n'ai pas encore lu le Guerre et paix de Tolstoï, mais je vais y venir rapidement car il est dans ma pile à lire, je pourrai ainsi comparer). Ici nous sommes dans un petit village pas loin de San Sebastien, et Fernando Aramburu montre brillamment comment la guerre entre l'ETA et le pouvoir espagnol a fini par contaminer la société dans son ensemble (y compris l'intimité des familles). Ne vous attendez pas à un roman politique, tout va nous être raconté au travers de deux familles que nous allons suivre tout du long, façon roman choral, on passe d'un membre de la famille à un autre, aucun n'est oublié, et ils nous relatent chacun à sa façon une réalité complexe.

    Au tout début du roman, c'est Bittori qui débarque dans son village natal, qu'elle avait dû quitter, tandis que L'ETA annonce la fin définitive de la lutte armée (nous sommes dans les années 2010). Que cherche-elle ? On n'en dira pas plus, au lecteur de découvrir l'intrigue grâce aux nombreux flashbacks et personnages. Ca n'est jamais manichéen, il n'y a pas de bien ou de mal, tout le monde d'une façon ou d'une autre a été une victime. Les critiques eux aussi mettent en avant la dimension humaine : Fernando Ararburu ne se contente pas de raconter le conflit politique, il montre comment il détruit les amitiés, les familles, et les individus.

    Nous sommes en compagnie de taiseux et taiseuses pour la plupart, aussi quand l'émotion affleure, elle touche en plein coeur. Deuil, culpabilité, haine, silence, possibilité du pardon, tout cela est exprimé avec une économie de moyens très émouvante.

    Ce roman a été un phénomène de librairie à sa sortie en 2016 en Espagne, vendu à 700 000 exemplaires, et a fait l'objet d'une adaptation par HBO.


    Sicario bébé, Fany Taillandier

    Il est ici aussi question de criminalité, mais plutôt celle des jeunes des cités.

    En exergue de son premier chapitre, Fanny Taillandier retranscrit un extrait de l'Office central de lutte contre le crime organisé (datant de 2023) : "Ces deux dernières ont vu l'emploi croissant de très jeunes tueurs, inexpérimentés, et quasi inconnus auparavant des autorités. Pour la première fois aussi, toute la France est concernée, y compris les villes moyennes - voire petites - et les zones rurales, pas seulement les régions touchées traditionnellement par le trafic."

    Djen et Blaise s'aiment d'amour tendre, ils se connaissent depuis le collège et sont toujours amoureux fous. Djen tombe enceinte, Blaise se rêve en daron responsable, et refuse absolument que Djen se déclare mère isolée, ce qui lui permettrait de toucher une petite pension, et d'être accueillie dans un foyer. Il essaie d'abord de trouver une solution, un emploi, mais la précarité insiste. Jusqu'à ce qu'un ami lui propose un contrat : Blaise sera le conducteur, et lui l'exécuteur, 50 000 euros donc, contre la mort d'un homme...

    Il y a une véritable efficacité narrative, le récit est tendu, rythmé, et on veut absolument savoir s'ils vont aller au bout de leur plan foireux. Les deux sont attachants, on leur veut du bien, le récit est narré soit par elle, soit par lui. Il a été reproché à l'autrice d'utiliser une langue trop soutenue, qui ne reflète pas la réalité des quartiers. Pour ma part, cela ne m'a aucunement gênée, bien au contraire.

    Pour terminer, je rejoins les critiques disant que Fanny Taillandier conjugue la mécanique du thriller à la finesse d'une sociologue. Je souscris, c'est un très bon roman, socialement engagé, décrivant combien l'absence d'horizon peut pousser des adolescents vers la violence.

    Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    11 min
  • 2 autrices françaises repérées : l'une confirme, l'autre déçoit
    Voltiges, Valérie Tong Cuong

    C'est une autrice dont j'avais lu Un tesson d'éternité, dont j'avais trouvé la plume sensible et l'intrigue efficace. Même si elle n'est pas étiquetée comme telle, elle peut tout à fait plaire aux amatrices/eurs de thrillers psychologiques et domestiques. Dans ce roman-ci, j'ai été très déçue par la fin, et les retournements de situation en général, que je n'ai pas du tout trouvés plausibles. J'ai cependant lu avec plaisir les deux tiers du roman, retrouvant avec bonheur les thématiques qui lui sont chères : analyse des relations familiales, tension psychologique qui va croissant. Mais elle m'a complètement perdue sur la fin, j'ai trouvé ses rebondissements très artificiels. je suis allée au bout cependant, car sa plume reste fluide et agréable/


    Les enténébrés, Sarah Chiche

    C'est aussi une autrice que j'avais découverte précédemment avec Aimer, son tout dernier roman publié il y a peu. Comme dans celui-ci, elle excelle à mêler passion amoureuse, histoire familiale, guerres et violences sociales : comment aimer dans un monde qui semble aller vers la catastrophe ? Elle fait cela très bien, de façon plus classique dans Aimer, où la narration est plus classique et plus fluide (même si elle explose avec brio tous les codes de la romance). Dans Les enténébrés (c'est à mon sens un très beau titre), elle entrelace plein de genres : enquête historique, journal de bord, correspondance, parfois sans ponctuation avec des mots qui déferlent et que l'on arrive pas à attribuer sans relecture. Elle mêle aussi les époques, de la fin du 19ème siècle à de nos jours. Mais au final tout est parfaitement maîtrisé.

    Voici le point du départ du roman : Sarah, une quarantaine d'année, est psychologue et journaliste, vit à Paris avec Paul, un intellectuel, et sa fille. Elle se rend à Vienne pour un reportage sur les camps de réfugiés et y rencontre Richard, un violoncelliste renommé qui va devenir son amant.

    Les critiques parlent d'un roman puissant et salvateur (je suis d'accord, écrivant, elle soigne, et nous soigne, car elle atteint l'universel) traversé de musique et de lumière. Effectivement les thématiques peuvent sont très sombres : catastrophes thématiques, folie, violences familiales, transmission du maheure d'une génération à l'autre, exterminations, migrations, guerres, mais émergent de cette noirceur quelques beaux moments. Certains parlent d'une cavalcade hallucinée où la structure en puzzle finit par rayonner

    Il faut préciser qu'il y a des scènes et des moments très crus, qui ne m'ont personnellement pas gênée, mais qui peuvent être malaisants pour certains lecteurs.

    Un roman que je recommande, avec un tout petit bémol concernant la difficulté que j'ai eue à lire son roman de façon fluide.


    Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    9 min
  • Format court 2

    Lait et miel, Rupi Kaur

    Rupi Kaur est un véritable phénomène culturel : publié en 2014, plus de 10 ans après le recueil a dépassé 11 millions d'exemplaires vendus et a été traduit en, 43 langues. Elle est devenue la figure emblamatique de ce que l'on appelle l'instapoésie, car elle s'est d'abord faite connaître en publiant sur les réseaux sociaux. Et elle a transformé la manière dont une génération rencontre la poésie. Son style est très reconnaissable :

    • vers extrêmement courts
    • absence presque totale de ponctuation
    • beaucoup d'espaces blancs
    • petits dessins au trait
    • vocabulaire très simple
    • thèmes universels et très généraux qui permettent à chacun de s'identifier
    • phrases conçues pour être isolées, photographiées, partagées et immédiatement comprises

    Là où la poésie traditionnelle demande au lecteur de s'arrêter et d'interpréter (le lecteur se demande que signifie le poème), les poèmes de Rupi Kaur sont immédiatement compréhensibles (le lecteur se dit immédiatement que c'est exactement ce qu'il ressent).

    En résumé, les poèmes de Rupi Kaur sont : lus en quelques secondes, compris immédiatement, associés à sa propre expérience, partagés avec quelqu'un sur les réseaux. Il provoquent un reconnaissance émotionnelle instantanée.

    J'ai personnellement trouvé ces poèmes trop simplistes, et l'autrice a de nombreux détracteurs, qui disent que beaucoup de ses textes ressemblent davantage à des phrases inspirantes, ou des pensées de développement personnel mises à la ligne qu'a de véritables poèmes. Les retours à la ligne donnent artificiellement une apparence poétique à des textes qui pourraient être écrits en prose.

    Mais les amateurs apprécient sa poésie très accessible, directe et immédiatement émotionnelle. Toujours est-il qu'elle a réussi à faire passer la poésie du livre vers le fil d'actualité, du recueil vers l'écran de téléphone. Et ce recueil est très vite lu, vous pouvez ainsi sans trop de difficulté le lire et vous faire votre avis !


    La bagarre, Lauren Groff

    Lauren Groff arrive en quelques pages à installer un personnage, une histoire, une atmosphère, et ce de façon magistrale. C'est très intense, parfois émotionnellement éprouvant, car elle met plutôt en scène des hommes et des femmes malmenés par l'existence, qui tentent en tous les cas de relever la tête, mais il y a souvent en eux une tension entre leur aspirations individuelles, et les contraintes sociales ou familiales. Comme moi, et c'est sans doute pour cela que je l'apprécie autant, elle s'intéresse à la frontière poreuse entre le bien et le mal. Elle écrit de différentes époques, de divers coins des Etat-Unis, de toutes les classes sociales, avec un vrai sens de la scène, du travelling et du cadrage, et souvent ses histoires nous prennent à la gorge.

    Il faut toutefois savoir qu'elle aime laisser ses personnages en suspens, sans apporter de résolution définitive, et cela peut frustrer si on n'aime pas les fins ouvertes Moi j'aime beaucoup les fins ouvertes quand cela est bien mené, j'ai même trouvé que cela apportait un plus au récit, même sila lecture est éprouvate parfois.


    Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    12 min
  • Format court 1



    Laissez-moi, Marcelle Sauvageot

    Un très court texte hybride, qui fait moins de 100 pages (98 pages exactement) : c'est une lettre à l'homme qui l'a abandonnée, dont on ne sait pas si elle lui est adressée véritablement, ou si cela relève plutôt du journal intime, pour dépasser ce grand malheur. Elle y parvient, s'auto-analysant de façon constructive et intelligente, d'ailleurs le texte se termine par Laissez-moi, qui refuse sa proposition d'amitié. Une fois ceci dit, si je comprends sa démarche intime, je ne comprends pas l'intérêt qu'il y a à l'éditer, ni l'accueil que son texte a reçu.

    Publié une première fois en 1933, salué par Claudel, Chardonne, Clara Malraux, encensé de toutes parts, il a ensuite été oublié de longues décennies avant d'être réédité en 2004 par Phébus : ils saluent cette lettre qui est un cri de douleur et de souffrance, en même temps qu'elle clame son amour de la vie. Ils saluent la force d'âme d'une femme qui cherche à comprendre ce qui lui arrive, et ce faisant, s'émancipe.

    Marcelle Sauvageot est née en 1900 et morte en 1934, la jeune femme du récit entre dans un sanatorium, c'est dans sa dimension largement autobiographique est émouvant à mon sensithyrambiques


    Les guérisons miraculeuses du docteur Aira, Cesar Aira

    Cesar Aira est considéré comme le meilleur auteur argentin vivant. C'est ici une sélection de 7 courts romans, 7 pour fêter ses 77 ans (il en a écrit plus d'une centaine !)

    J'ai pour ma part abandonné à la troisième novelita, Ce que j'ai ri, ayant l'impression d'abord d'être face à un exercice de style plus qu'une histoire, mais cela n'engage que moi. C'est à l'issue d'une émission que France Culture (Les midis de Culture), dans laquelle étaient dithyrambiques que j'ai eu envie de le découvrir, chaque novelita déployant tout un monde, et je suis d'accord. Il y a un plaisir de conter, une énergie à écrire, que j'ai vue/lue, mais qui n'a pas été communicative de mon côté.


    Lettres choisies de Madame de Sévigné

    Je les ai abandonnées elle aussi (décidément le format court ne me réussit pas!), non pas parce qu'elles étaient mauvaises, mais tout simplement parce que je n'étais pas assez calée en histoire, et qu'il me manquait le contexte pour vraiment les apprécier.

    Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    11 min
  • Deux romans écrits pour émouvoir

    D'autres printemps, Virginie Grimaldi

    Virginie Grimaldi est née en 1977 à Bordeaux. Depuis toute petite elle a l'écriture chevillée au corps, accompagnée par les carnets de poèmes de sa grand-mère. En 2009, elle lance un blog qu'elle baptiser Femme sweet femme où elle raconte son quotidien avec humour sous le pseudonyme de Djinn. N'ayant fait aucune école d'écriture, et n'ayan aucune relation dans l'édition, c'est là qu'elle façonne sa plume, et se crée un début de public fidèle. En 2014 elle obtient une récompense pour une de ses nouvelles, et en 2015 elle publie son premier roman : Le premier jour du reste de ma vie qui s'impose comme un best-seller.

    Et ça n'est que le début de l'histoire. Année après année, publication après publication, elle devient l'autrice française la plus vendue, jusqu'à atteindre plus d'un million d'exemplaires vendus en 2005.

    J'ai lu D'autres printemps, publié en 2026, j'ai trouvé sa lecture agréable mais sans plus. On sent qu'elle cherche à nous émouvoir, et parfois les ficelles sont un peu grosses. Mais elle a effectivement le talent de savoir mêler humour et émotion au sein d'une même page. Ce sont les relations familiales qui l'inspirent, et ici nous sommes en compagnie de Flora, qui se rend en urgence au chevet de sa grand-mère victime d'un AVC, contre l'avis de son employeur. Arrivée là-bas, celle-ci la supplie de l'emmener en Toscane. Flora hésite, puis cède, et les deux fuguent, sans rien en dire au reste de la famille, qui de toute façon n'aurait pas approuvé, direction l'Italie. Leur escapade italienne est mignonne, et va réveiller les fantômes du passé.

    Si vous voulez passer un agréable moment, ce roman est parfait et rédigé pour cela.


    Les grues volent vers le Sud, Lisa Ridzen, Ed. La peuplade

    Ce roman est un immense succès en Suède, les ventes s'expriment en centaines de milliers d'exemplaires, ce qui pour la Suède, bien moins peuplée que la France, est un exploit. Les ventes sont l'équivalent de 3 "gros" Goncourt français. Et il a reçu aussi un bel accueil à l'international, dans les meilleures ventes au Royaume-Uni, en Allemagne, au Danemark et même aux Etats-Unis, où, chose rare pour un roman étranger, il a dépassé les 100000 exemplaires.

    De mon côté, c'est un coup de coeur, effectivement l'émotion affleure à chaque coin de page, sans jamais trop en faire. Il y est là aussi question d'une personne âgée : Bo est un très vieux monsieur de 89 ans, qui habite seul avec son chien Sixten, et il reçoit toutes sortes de visites : Hans, son fils, parfois sa petite-fille, et les aide-soignantes qui viennent le visiter plusieurs fois par jour.

    C'est très bien conté, du point de vue de Bo qui parle à la première personne, il parle aussi beaucoup à sa femme, "partie" (je n'en dirai pas plus !), en lui disant tu, et comme c'est un vieux monsieur qui dort et rêve beaucoup (il affectionne particulièrement ses rêves, qui le transportent dans le passé, et sont le seul endroit où il garde un peu d'autonomie), il mélange dans sa narration rêves et réalité. C'est très joli et émouvant.

    Par ailleurs, Lisa Ridzen est doctorante en sociologie



    Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    10 min

About Un matin bouquin

From the publisher's feed

Bienvenue dans ma bibliothèque ! Je m'appelle Laurence et je partage ici ma passion pour les livres, toutes littératures confondues. Pour moi, peu importent les étiquettes ou les genres : seule la…