Un matin bouquin

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Un matin bouquin episodes

  • Notes de lecture 3 : Apprendre vite et bien, Barbara Oakley, Olav Scheve

    Les auteurs nous livrent divers outils mnémotechniques ;


    • les acronymes : pour retenir les 3 principaux philosophes grecs, Socrate, Platon, Aristote, on forme l'acronyme SPA, issu des premières lettres de leur nom
    • les phrases, sur le même principe, on forme une phrase pour retenir les planètes du système solaire : Mon vieux toutou Médor joue sur un nuage, pour Mercure, vénus, Terre, Mars, etc.
    • Il ne faut pas non plus oublier que le cerveau a une excellente mémoire visuelle, la moitié du cortex humain est impliquée dans le processus visuel, tandis que moins de 10 pcent est auditif. Donc même celles et ceux qui ne pensent pas être des visuels le sont. Il s'agit donc de créer un image qui représente le concept que l'on essaie de retenir, et plus l'image est loufoque, plus elle restera gravée dans la mémoire. Ils évoquent alors le palais de mémoire, que j'évoquerai plus tard, à partir de notes d'un autre livre de vie pratique qui le détaille de façon plus complète, et qui explique aussi plus avant comment convoquer une image à partir d'un concept, qui paraît assez contre-intuitif.
    • Métaphores : j'ai utilisé plusieurs métaphores, par exemple le drone pour le mode diffus, car elles sont un excellent moyen de simplifier et de saisir l'essence du sujet.


    Comment développer son intuition et la réflexion rapide ?

    En puisant dans le mystérieux et puissant système d'apprentissage procédural (vs déclaratif)

    Le mode déclaratif est très en lien avec la mémoire de travail (on peut déclarer ce que l'on apprend par a + b), la plupart des méthodes de mémorisation déjà évoquées font appel à la mémoire déclarative.

    Le système procédural lui est une sorte de boîte noire, on ne peut voir ce qu'il s'y passe à l'intérieur, il est impliqué quand par exemple un tout jeune enfant apprend sa langue maternelle, lors d'un service au tennis (on a intériorisé comment faire sans plus réfléchir).

    Ces deux modes travaillent de concert dans la plupart des apprentissages.

    Pour développer son intuition, il faut donc décomposer les étapes du problème ou de l'apprentissage, jusqu'à les maîtriser et développer une certaine intuition pour résoudre le problème.


    Comment acquérir plus d'autodiscipline ?

    • faciliter les choix difficiles par exemple préparer son sac pour la séance de piscine, préparer son bureau pour le lendemain (laisser l'espace pour le lendemain, le livre ouvert à la bonne page, avec le stylo et tout ce dont on a besoin)
    • éliminer les tentations et les distractions
    • changer ses habitudes : c'est dans ce mode pilote automatique que se trouve toute la puissance de l'habitude, il s'agit d'ancrer les actions dans une routine qui ne demande pas d'efforts (personne ne râle quand il s'agit de se brosser les dents). Ancrer une habitude prend environ 2 mois.
    • savoir où et quand se réalisent les tâches, à planifier dans son agenda
    • ne pas oublier de se ressources, les pauses sont primordiales
    • intégrer d'autres personnes, qui doivent être au courant des deadlines qu'on s'est fixées : mettre d'autres personnes dans la boucle peut être motivant

    Et surtout ne pas oublier que l'auto-discipline n'est pas une émanation de notre tempérament, mais une ressource limitée, très dependante de la motivation


    Comment renforcer sa motivation ?

    Elle peut être créée, renforcée, maintenue par des techniques intelligentes :

    • l'intérêt : trouver ce que l'on peut en tirer, dresser une liste de tous les avantages auxquels on peut penser, ou tout simplement se récompenser quand on a réalisé une partie de la tâche
    • la maîtrise : on prend du plaisir à ressentir ses progrès, si la tâche est trop ardue, elle frustre, si elle est trop facile, elle ennuie. il faut trouver le juste dosage de difficulté.

    Il est important de se fixer des objectifs :

    • à long terme : doit provoquer de l'enthousiasme et un sentiment agréable quand on y pense. Garder une photo ou un objet physique le représentant. Ce symbole sert de rappel pour inciter à persévérer
    • jalons : ils représentent une étape sur le chemin
    • de processus

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    13 min
  • Notes de lecture 2 : Apprendre vite et bien, Barbara Oakley, Olav Scheve

    Suite des mes notes Apprendre vite et bien, Barbara Oakley, Olav Shewe


    Pour mieux apprendre et mieux retenir, il est important d'étudier activement, pas passivement, et pour ce faire, il faut mettre la récupération au coeur de l'apprentissage : il s'agit de s'éloigner du texte à apprendre, et face à une page blanche, ou à l'oral, de voir si on parvient à extraire les informations de sa propre mémoire. C'est assez contre-intuitif car on nous a appris à faire des fiches, à les stabiloter, à la lire et relire jusqu'à les connaître. Lors de ces relectures, le cerveau croit qu'il sait, alors qu'il ne sait pas.

    Alors que curieusement, la meilleure façon de stocker une information est d'essayer de l'extraire de sa mémoire, au lieu de simplement regarder la réponse. Cela nous permet d'avoir un feedback qui indique ce que l'on connait bien, et ce que l'on doit retravailler.


    Il faut aussi savoir qu'assimiler de nouvelles connaissances consolide ce que l'on a déjà appris, autrement dit, quand on crée de nouvelles connexions, on sollicite aussi les anciennes. Les ensembles neuronaux de liens doivent se connecter à autant d'autres ensembles que possible afin de construire une solide architecture neuronale.


    Les auteurs nous livrent ensuite quelques conseils basiques :

    • faire du sport permet de sécréter une protéine qui favorise l'apparition d'épines sur les neurones, favorisnat le connexion entre neurones
    • ils mettent aussi en avant l'importance du sommeil : pendant la journée, le cerveau qui travaille dur produit des toxines et c'est pendant le sommeil que le nettoyage a lieu. La sieste également semble favoriser l'apprentissage, à conseiller à celles et ceux qui peuvent en faire.

    Pour favoriser le sommeil, il peut être aussi intéressant de prendre quelques minutes pour faire une to-do list afin de se vider la tête et aborder la nuit plus sereinement. Et bien sûr éviter la lumière des téléphones portables, ordinateurs ou écrans de télévision.

    • espacer les séances d'apprentissage : réviser 10h en une seule journée est bien moins efficace que 10h d'apprentissage répartis sur 10 jours.


    Ils nous expliquent ensuite ce que sont la mémoire de travail, et la mémoire à long terme.

    Les auteurs de prouesse mentale possèdent généralement une mémoire de travail très efficiente : c'est l'espace mental temporaire où l'on peut déposer et manipuler les informations, c'est elle que l'in utilise pour résoudre les problèmes, comprendre le sens de ce que l'on lit par exemple.

    Il faut imaginer la mémoire de travail comme une pieuvre, qui n'a qu'un nombre limité de bras, tandis que la mémoire à long terme est quasi illimitée. Et les ensembles de liens dans la mémoire à long terme renforcent la mémoire de travail, puisque chacun des bras de la pieuvre peut attraper un ensemble de liens déjà assimilés.

    Ainsi, afin que la pieuvre ne souffre pas de surcharge cognitive à recevoir trop d'informations, il convient de décomposer l'information , pour la recomposer, et la faire assimilier par la mémoire de travail. Il suffit ensuite à la mémoire de travail de convoquer cette notion assimilée depuis la mémoire à long terme, pour tout dérouler.

    Il y a d'autres façons de libérer la mémoire de travail, comme la to-do list dont nous avons déjà parlé.



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    9 min
  • Notes de lecture 1 : Apprendre vite et bien, Barbara Oakley, Olav Schewe

    Le livre pratique nous livre des techniques pour apprendre plus efficacement.


    Ils nous parlent d'abord de la technique Pomodoro, que j'ai déjà expérimentée, et que je valide. Elle m'a aidé à lutter contre la procrastination. Elle est très simple, et ce sont en général les méthodes les plus simples qui sont plus les plus efficaces.

    Il suffit de :

    • s'isoler
    • régler un minuteur sur 25 minutes(il existe aussi des applications sur smartphone qui font minuteur)
    • étudier aussi intensément que possible pendant ce temps
    • faire une pause de 5 minutes en se récompensant (en se faisant une boisson chaude, en bougeant son corps par exemple)

    Cette méthode est adaptable quant à la durée des sessions de travail et de pause, mais il ne faut pas aller en deça de 25 minutes (il faut savoir que le fait de penser à quelque chose que l'on n'a pas envie de faire conduit à une douleur au cerveau. Cette douleur diminue après 20 minutes de concentration sur une activité.

    En quoi cette méthode est-elle intéressante ?

    • les périodes intenses et brèves de concentration profonde entraînent le cerveau à se concentrer
    • il est plus facile de s'engager à plusieurs reprises dans de brèves périodes d'étude (cela est transposable à toute tâche de la vie quotidienne)
    • on se concentre sur le processus plutôt que sur l'objectif ou le résultat, et à long terme, avois mis en place un solide processus est bien plus important que n'importe quelle séance

    Effectivement de mon côté j'ai adapté la technique Pomodoro et elle a intégré mon quotidien : dès que je me retrouve confrontée à une tâche que je n'ai pas envie de faire, j'envoie le signal à mon cerveau qu'il est autorisé à s'arrêter au bout de 25 minutes. De ce fait je me mets au travail plus facilement, et généralement je poursuis la tâche jusqu'à la finir.


    Les auteurs mettent aussi en garde contre le multitasking, on se croit plus productif à mener plusieurs tâches à la fois, et c'est exactement le contraire qui se passe. Dès que l'on s'attelle à une tâche, on active des informations stockées dans notre cerveau liées à cette tâche. Quand on porte son attention sur une nouvelle tâche, on active un ensemble d'informations différent. Mais il reste ce qu'on appelle un résidu d'attention, c'est à dire un reste d'attention lié à la première tâche, et l'attention n'est pas totalement portée sur la nouvelle tâche. Et la performance cognitive chute.

    Pour être efficace, il faut que la tâche soit terminée dans notre tête.


    Il y a une exception à cette règle : quand nous sommes confrontés à un problème qui nous semble insoluble, ou quand nous souhaitons faire preuve de créativité.

    Dans ce cas, il peut être intéressant de faire travailler son cerveau en mode diffus plutôt qu'en mode concentré. Le cerveau va continuer de travailler en sous-main, sans que l'on s'en rende compte. Les deux auteurs utilisent deux métaphores assez parlantes pour nous expliquer ces deux modes :

    • pour le mode concentré, quand on réfléchit intensément à un problème : il faut voir le cerveau comme un labyrinthe dans lequel des concepts assimilés ont formé des chemins, et les pensées se déplacent le long de ces chemins préalablement établis
    • pour le mode diffus, il faut l'imaginer comme un drone qui survole rapidement les différentes zone du cerveau, permettant de créer des liens entre des zones qui ne sont habituellement pas connectées entre elles. Ce drone permet de percer de nouveaux chemins de capacité et de compréhension.

    Et une fois que le mode diffus a fait ce travail, le mode concentré vient à la rescousse pour consolider et renforcer ces nouvelles idées.

    La technique Hard start utilise cette méthode, alternant les deux modes pour le meilleur. Elle conseille de commencer par le problème le plus difficile, puis de passer à un autre problème plus facile dès que l'on est coincé, puis retourner au problème le plus difficile.


    Les auteurs font ensuite un point sur le fonctionnement du cerveau, qui abrite 86 milliards de neurones, de quoi assurer suffisamment d'espace pour apprendre


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    12 min
  • Place à la science-fiction

    Silo, Hugh Howey

    J'ai découvert cette trilogie grâce à mon compagnon, qui est en train de regarder sur Apple TV son adaptation en série. Elle a paru au début des années 2010, et revient grâce à elle au goût du jour. C'est un pur thriller apocalyptique, c'est à dire que le suspense est entretenu de main de maître : secrets, interdits, rebondissements nous font tourner les pages, et on veut savoir !

    Voici l'univers dans lequel on évolue, sans divulgâcher (l'auteur nous y fait entrer de façon très immersive et efficace) : nous sommes dans un silo souterrain de 144 étages pour se protéger des conditions de vie mortelles à la surface de la terre.

    Une hiérarchie très rigide a été mise en place, ceux tout en bas, physiquement, sont aussi tout en bas de l'échelle sociale. On trouve tout en haut les dirigeants, sheriff, maire, qui depuis la cafeteria ont une vue sur la terre et les collines dévastées au dehors.

    En plus du suspense, il y a une réflexion politique (très légère, n'y allez pas pour cela, c'est le récit qui induit ça) : pour maintenir le système, on contrôle l'information, on joue sur les peurs collectives, on installe une hiérarchie sociale, et on voit bien comment une population arrive à accepter un système oppressif pour peu que le voisin fasse de même. Et ce qui semblait réconfortant (le bunker qui protège) devient peu à peu oppressant (claustrophobes s'abstenir !). Les personnages principaux vont peu à peu douter de ce système, le questionner, à leurs dépens, ou pas ! Juliette est la figure de proue de cette révolte, et est très agréable à suivre : son côté technicienne, pragmatique, obstiné sont attachants, elle cherche à comprendre. Mais c'est de la technique facile, surtout pas de la hard science fiction, mais un très bon thriller post-apocalyptique, et vrai page-turner. Je recommande !


    Vera dans son monde, Gary Shteyngart

    Ici, pas d'univers futuriste ou apocalyptique spectaculaire, juste un monde légèrement dystopique, pas loin de notre réalité actuelle. C'est un roman écrit en réaction au retour au pouvoir de Trump, donc certains critiques l'ont trouvé un peu léger, et je suis d'accord avec eux. Il s'articule sur deux scènes seulement, familiales, mais dans les yeux de Vera (le roman est à la première personne), une loi à venir qui favorise les Américains de souche prend bien moins de place que les disputes de ses parents.

    Une famille se désagrège, tandis que la démocratie se fragilise, tout est au même niveau, et l'anxiété de Vera est touchante, on retrouve à travers elle l'ironie et la tendresse coutumières à Gary Shteyngart.

    Vera est le point fort du roman : elle nous parle de Kaspie, l'échiquier électronique avec lequel elle joue ; Stella, la voiture autonome (nous en sommes à un point où les objets du quotidien sont boostés à l'IA, et surtout des relations dysfonctionnelles dans sa famille, qu'elle subit.

    Toutefois, si vous souhaitez découvrir la plume de Gary Shteyngart, je vous conseille Lake success, bien meilleur à mon sens.


    Des animaux difficiles, Rosa Montero

    Autre autrice que j'affectionne particulièrement, et que j'ai abandonnée en cours de route, faute de retrouver ce que j'aime habituellement chez elle : ici, l'enquête a pris le pas sur la dimension psychologique des personnages.

    On y retrouve Bruna Husky, réplicante et détective, pour un quatrième tome.

    Je ne suis pas sûre de continuer, ayant fait l'impasse sur cet opus. Toutefois, je souligne la grande qualité narrative de Rosa Montero, les trois premiers tomes sont à mettre entre toutes les mains et pas seulement celles des amateurs de SF.

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    10 min
  • Ces autrices méritent-elles leur succès ?

    Deux autrices dont le roman paru récemment est un succès :


    Le Calamity club, Kathryn Stockett

    C'est un gros coup de coeur, je découvrais la plume de l'autrice, qui n'avait rien publié depuis plus de 15 ans, sans doute paralysée par le succès de La couleur des sentiments, vendu à des millions d'exemplaires en 2009 partout dans le monde, une véritable success story éditoriale. Elle avait été retoquée par tous les éditeurs avant de finalement parvenir à faire paraître son livre, qui va devenir un best-seller mondial.

    Elle revient ici avec une histoire de sororité très réussie. Ici les femmes sont fortes, libres et courageuses, et prennent leur destin en main, d'une façon qui est pour le moins originale. Meg et Birdie parlent, en une alternance de chapitres, à la première personne, ce sont elles les narratrices, et impriment leur forte personnalité à chaque page.

    Au tout début du roman (nous sommes comme dans La couleur des sentiments dans l'état du Mississipi, en 1933, la Grande Dépression est passée par là) Birdie est dépêchée par sa mère pour aller demander de l'aide à sa soeur qui a fait un beau mariage. Meg, elle, devient orpheline (sa mère est partie un matin et n'est jamais revenue) et est envoyée dans un pensionnat avec une directrice sadique.

    Nous découvrons l'intrigue au fur et à mesure, avec elles, à espérer que leur situation s'améliore.

    Rien ne les relie au début, mais leur trajectoire va finalement se rejoindre au cours du récit. Ce sont deux héroïnes très attachantes, qui ont un regard tout à la fois acéré et empathique. Il y a beaucoup d'humour aussi, ce qui n'empêche pas l'émotion et de la mélancolie. Un bonheur de lecture, un excellent roman détente !


    Une unique lueur, Fred Vargas

    Cela faisait un moment que je n'avais pas lu de romans de Fred Vargas, les derniers en date (Quand sort la recluse, Sur la dalle) n'avaient pas reçu un bon accueil critique, qui parlaient d'ennui et de confusion, ce qui m'avait un peu découragée. Cet opus, 13ème aventure du commissaire Adamsberg, marquait, parait-il, un regain de vitalité.

    Je ne suis malheureusement pas d'accord, je n'ai pas trouvé qu'il était du niveau des premiers Vargas, comme Pars vite et reviens tard, qui avaient fait sa réputation d'autrice.

    Ce que j'ai eu plaisir à retrouver, c'est la façon toujours aussi unique et ésotérique qu'a Adamsberg de résoudre ses enquêtes. Ici, des jeunes femmes incroyablement belles sont retrouvées mortes, dans une mise en scène travaillée. Et pour démasquer le tueur, il faudra cette fois réviser ses classiques, de Nerval le poète maudit aux vieux films hollywoodiens. Son enquête tordue et érudite, comme habituellement, m'a poussé à tourner les pages et à aller au bout du livre.

    Ce qui m'a déçu est tout ce qui n'est pas Adamsberg. Il est entouré d'une équipe aux petits oignons, qui cette fois-ci n'a pas été mise en valeur. J'avais aussi le souvenir dans les premiers romans de dialogues amusants entre eux, que je n'ai pas retrouvés ici.

    Bref, un roman policier que j'ai quand même trouvé relativement agréable, sans plus.


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    11 min
  • Deux romans français parus ce début d'année

    Deux romans qui ont fait l'actualité de la rentrée littéraire d'hiver 2026 :


    Très brève théorie de l'enfer, Jérôme Ferrari

    C'est un roman qui met en perspective la vie d'immigrés et d'expatriés, et leurs difficultés rencontrées sur place. Il est librement inspiré des années d'enseignement de l'auteur dans le lycée français d'Abu Dhabi.

    Le narrateur vit donc à Abu Dhabi, avec sa femme et sa fille, pour laquelle il engage une nounou srilankaise. La situation entre eux est de fait inégalitaire, malgré leur bonne volonté à tous, générant de la culpabilité chez lui pour qui l'expatriation est un choix, et leur nounou, qui elle subit son immigration, laissant derrière elle sa famille .

    On retrouve la qualité d'écriture habituelle de Jérôme Ferrari, parfois ironique, parfois moraliste, toujours incisive.

    Le talent est évident, repéré depuis des dizaines d'années en France, il est même considéré par un des critiques du Masque et la plume comme un de nos auteurs potentiellement nobélisable, c'est dire ! (même si cela ne risque pas d'arriver, avec Le Clezio, Modiano et Ernaux déjà consacrés). Il a un style assez unique effectivement, qui est à la fois lyrique, et très précis. Et c'est un ancien professeur de philosophie, et cela se ressent aussidans son écriture.

    Le début est très réussi, avec cet homme (lui), perdu au milieu des buildings, par une chaleur accablante.

    Par contre, j'ai eu une sensation désagréable plusieurs fois à la lecture du roman, comme s'il avait écrit ce roman pour faire passer des messages à quelqu'un, ou se dédouaner, d'habitude je n'ai aucun souci quand un auteur mélange vraie vie et fiction, je trouve même cela plutôt ludique, mais ici cela n'a pas été le cas.


    Première amoure, Emmanuelle Richard

    Tout d'abord, le titre féminise le mot amour, sans que que je trouve pourquoi : j'ai supposé que l'autrice appelant de se voeux un amour décpnstruit, elle a décidé d'exploser les genres, au moins dans le titre de son roman

    Il ne faut pas aller vers ce roman si on cherche une histoire d'amour classique, ici nous sommes dans l'analyse du sentiment amoureux, son récit est à moitié une autofiction, à moitié un essai, très ancré dans l'époque (elle aussi intègre les messages numériques), c'est très cérébral, y compris quand elle parle de désir. Elle interroge aussi les attentes, les rapports de pouvoir, la possibilité d'un amour égalitaire.

    C'est très cérébral, et pour ma part, j'ai lu le roman "de loin", je n'ai pas réussi à y entrer pleinement, malgré (ou à cause de?) l'analyste intellectuelle aiguisée.




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    9 min
  • Deux auteurs classiques : l'un du 19ème, l'autre contemporain

    L'idiot, Fedor Dostoïevski

    C'est malheureusement une lecture mitigée, alors que j'y allais persuadée d adorer (comme cela avait été le cas dans mes jeunes années pour Les frères Karamazov). Tant pis ! J'ai ressenti ma lecture comme un torrent de mots, de personnages, de situations, de noms russes à rallonge (j'y ai remédié en donnant à chacun un surnom), qui parfois ont pu me faire suffoquer, avec des personnages que j'ai jugé outrés. J'ai eu l'impression de me retrouver face à une pièce de théâtre grand-guignolesque. La fin est à l'image de tout le roman : on avance vers une tragédie grecque, les passions s'intensifient, les choix deviennent impossibles, et on s'achemine intranquillement vers le pire.

    Dostoïevski décrit en détail le physique des personnages, leurs attitudes, tout cela en lien avec leur caractère, leur conscience, qu'il met à nu.

    Par contre le prince Mychkine, l'"idiot" du roman, m'a émue : au début du roman, il revient en Russie après des années passées dans un sanatorium en Suisse, il est pauvre, fragile, sans défense, et surtout d'une innocence radicale, avec une capacité à voir la beauté et la souffrance là où les autres ne voient que le calcul et la honte.

    Psychologiquement, il est un paradoxe : il est à la fois très naïf et en même temps d'une lucidité bouleversante. Et surtout d'une franchise désarmante, qui ne juge jamais, même si les autres la trouvent suspecte. Deux autres personnages sont très présents : Rogojine, qui estun epu comme le frère sombre du prince Mychkine, et Nastasia Filippovna, qui est le centre de gravité du roman. Mychkine essaie de sauver tout le monde, mais sa bonté est dangereuse, dans ce monde corrompu, et la fin tragique.

    Bizarrement, ce qui est souvent reproché à ce roman, ce sont les digressions philosophiques, et personnellement c'est ce que j'ai le plus goûté, m'offrant une respiration bienvenue face à l'intrigue torrentielle, à laquelle, sinon, on n'échappe pas.


    La horde du contrevent (2004), Alain Damasio

    Une autre lecture de classique (ou en passe de le devenir, grâce à la secte des "adorateurs" de Damasio, qui ne cesse de grandir chaque année), cette fois-ci de science-fiction, et au-delà ! Il le mérite, ses qualités sont évidentes, le fait que j'aie abandonné passées les 150 pages s'explique plus par mes limites personnelles que par la très grande qualité du roman, bien réelle.

    La forme de narration est très originale, polyphonique : paragraphe après paragraphe, l'histoire est racontée tour à tour par tous les membres de la horde, et chacun des paragraphes commence par un signe typographique qui indique immédiatement qui parle. Chacun possède son propre vocabulaire, son rythme, sa sensibilité et sa manière de percevoir le monde, et c'est un véritable tour de force littéraire. Le lecteur n'a jamais une vision objective de la réalité (si tant est que cela soit possible), il doit reconstituer la réalité du récit à partir des témoignages parfois complémentaires, parfois contradictoires.

    L'histoire aussi est assez démente : c'est un monde dans lequel le vent, permanent, souffle à une puissance extraordinaire. Depuis des siècles, des expéditions appelées des hordes sont entraînées pour accomplir une mission impossible : remonter le vent à la source, l'Extrême-Amont, afin de découvrir l'origine de ce phénomène. Nous en sommes à la 34ème expédition, les autres ayant toutes échoué.

    Ma difficulté personnelle face à cette lecture a été mon manque de sens pratique, je ne comprenais absolument rien des stratégies et formations mises en place par la horde pour lutter et avancer contre le vent, et cela m'a fatiguée, et fait me sentir bête, aussi j'ai abandonné aux alentours de la 150ème page, considérant que la littérature, c'est avant tout du plaisir ! Mais rien à voir avec la grande qualité intrinsèque du roman, évidente.

    Je compte bien continuer avec La zone du dehors, ayant déjà lu Les furtifs, paru à la fin de années 2000 et que j'avais a-do-ré !








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    15 min
  • La vie de Dostoïevski, une succession d’épreuves en tous genres 2

    Nous avons laissé Dostoïevski en plus que fâcheuse position, mis en joue, prêt à être exécuté. Alors arrive en urgence un coursier, délivrant un message : la peine est commuée en années de bagne. C'est en fait un simulacre d'exécution imaginé par le tsar, destiné à dissuader à l'avenir les apprentis révolutionnaires de recommencer.

    On peut imaginer à ce moment là qu'il va éprouver une pulsion de vie incroyable, et qu'il a dû encore plus plonger dans la spiritualité.

    Il va ensuite passer 4 ans au bagne, en Sibérie, il y sera un tout petit peu préservé par rapport aux autres condamnés, en tant qu'écrivain reconnu. Il va y fréquenter des criminels, et va pouvoir y parfaire sa déjà excellente connaissance de l'âme humaine.

    En 1854 enfin, sa situation s'adoucit, il est affecté à une caserne, et il a le droit de vivre en ville.

    Et enfin, à l'issue de ces années éprouvantes, il retrouve ses privilèges liés à sa noblesse, et le droit de publier librement. Il peut aussi commencer à envisager une vie de famille. Il tombe amoureux de Maria Dimitrievna, mais elle va beaucoup hésiter avant de dire oui à sa demande en mariage, ayant beaucoup de prétendants. Ils se marient finalement en 1857.

    Il va une dernière fois passer quelques jours en prison en 1859, en tant que rédacteur en chef d'un journal, suite à un article publié mentionnant une anecdote diplomatique sans l'aval du tsar. Mais ce sera sans commune mesure avec les emprisonnements passés, il a le choix de la période, et la prison est proche de son domicile.

    C'est dans ces années-là (1862) qu'il entreprend un voyage en Europe, et qu'il va contracter le démon du jeu. A partir de ce moment, il va constamment vivre criblé de dettes.

    Même s'ils s'aiment, la relation entre Fedor et Maria est conflictuelle, elle découvre notamment la violence des crises épileptiques de son mari.

    Pour ce qui est de leur situation financière, il brade ses écrits car il est acculé financièrement, et les publie plutôt en feuilletons dans des journaux, plutôt que d'un seul tenant, car cela lui assure un revenu régulier.

    En 1866, il en est à un stade où il est menacé de prison pour dettes, il joue alors son va-tout, et s'engage auprès de ses éditeurs à produire un roman en un mois, sans quoi il perdra tous les droits d'auteur de ses précédents romans. Sur les conseils d'un ami, il va embaucher une sténographe de 20 ans, Anna Snitkina, et à deux deux, ils vont respecter les délais : Le joueur est livré à temps.

    Maria étant morte, et les deux amoureux, ils vont se marier en 1967, et elle sera toute sa vie un soutien pour son génie de mari. Cela n'empêche pas les épreuves, terribles, ils vont avoir 4 enfants, et ils vont perdre Sofia, décédée quelques mois après sa naissance, et Alexeï, suite à une crise d'épilepsie de 13h.

    Les soucis financiers perdurent, du fait de sa toujours très problématique addition au jeu. Cela continuera jusqu'au jour où il se voit miser y compris l'argent du train que Anna lui avait envoyé pour rentrer. A compter de ce jour, il sera calmé.

    Anna de son côté gère drastiquement l'argent du ménage, les sauve de la faillite de nombreuses fois, et elle lui suggère de s'auto-publier, plutôt que de se contenter des sommes ridicules consenties par les éditeurs. C'est elle qui va acheter le papier, contacter les éditeurs, s'occuper de reliure, etc. C'est un pari risqué, qu'ils réussissent là encore.

    Dostoïevski va connaître alors (et enfin!) une vie plus douce, il est un écrivain désormais plus que connu, participe pleinement à la vie intellectuelle de son pays, compte de nombreux admirateurs.

    Il meurt à 59 ans le 9 février 1881, un deuil national est décrété.




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    12 min
  • La vie de DostoÏevski, une succession d’épreuves en tous genres 1

    Dostoïevski est né le 11 novembre 1821 à Moscou, dans une famille de la petite noblesse russe. 

    Son père est un médecin militaire, dur et intransigeant, alcoolique, mais très investi dans l’éducation de ses enfants, qu’il envoie dans les meilleures écoles de gémie militaire à Saint-Pétersbourg.

    Sa mère est douce et aimante, très dévote (ce sont des orthodoxes chrétiens), ce qui contrebalance le caractère difficile du père. 

    Elle meurt malheureusement à ses 16 ans, et c’est une épreuve très douloureuse pour Dostoïevski qui était dans un lien fort et intime avec elle, ses conversations en attestent. 

    C’est ensuite  au tour du père de décéder 2 ans plus tard, dans des circonstances très troubles : il se dit que ce serait ses propres moujiks qui l’auraient assassiné, mécontents du traitement qu’il leur réservait. L’Etat n’aurait pas voulu condamner et emprisonner ces paysans, qui n’auraient plus pu entretenir et faire fructifier ces terres dont il est aussi le propriétaire. 


     Dostoïevski va continuer ses études, mais ses résultats sont assez moyens, sauf pour ce qui concerne les études littéraires. Idéaliste, il peine à s’intégrer, rejetant le matérialisme et le carriérisme  de ses camarades. 

    Il commence alors à écrire, et son génie est repéré très tôt, quand il écrit son premier roman Les pauvres gens, qui lui ouvre les portes des milieux mondains de la bourgeoisie russe. Il les intègre avec beaucoup de maladresse, et est très vité moqué pour son manque de tenue et son air constamment abattu. A-t-il voulu jouer maladroitement  les écrivains maudits ? Toujours est-il que ses prochains romans ne trouvent plus trop de lecteurs. 

    Dostoïevski est très susceptible et a été blessé par ce rejet, et la greffe n’ayant pas pris avec le milieu littéraire de l’époque, il se rapproche de cercles intellectuels et révolutionnaires qui vont mettre en question l’autoritarisme du régime tsariste. 

    Le tsar va y mettre fin de terrible façon : considérant ces activités comme subversives, il va les emprisonner et condamner Dostoïevski à mort, avec quelques autres membres du cercle. 

    Et c'est ainsi que par un petit matin de décembre, dans un froid glacial, sous la neige, ils sont menés sur une place de Saint-Peterbourg pour y être fusillés, devant quelques milliers de curieux. Il sont séparés par groupe de trois, Dostoïevski est dans le premier, on les met devant un poteau, et ils sont mis en joue…


    La suite au prochain épisode !



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  • L'un arrive, l'autre s'en va : littérature anglosaxonne, deux recueils maîtrisés

    Deux auteurs, l'un anglais, l'autre américain, dans des dynamiques différentes (l'un arrive, l'autre quitte la scène littéraire), mais avec deux points communs : le talent, même si personnellement je suis restée en dehors (tout en admirant le savoir-faire ) et la mélancolie, et là je souscris !


    Départ(s), Julian Barnes (Stock, La cosmopolite)

    Julian Barnes vient de fêter ses 80 ans, il est malade (une leucémie gérable mais incurable, c'est à dire qu'il ne mourra pas de son cancer du sang, mais avec), et il veut clore son oeuvre en beauté, et en pleine possession de ses moyens. Départ(s) sera son dernier opus (annoncé du moins), sa 15ème et ultime oeuvre de fiction.

    C'est ma première entrée dans son oeuvre, alléchée par les critiques du Masque et la plume, qui étaient quasi unanimement d'accord pour dire que le récit était intelligent, et émouvant, et l'unanimité au Masque est suffisamment rare pour que cela me mette la puce à l'oreille.

    J'y suis allée, et je me suis trouvée face à un texte pudique et stoïque, sans trop de trame romanesque, hormis celle de son couple d'amis pour lesquels il a joué les entremetteurs. Le texte est avant tout composé de digressions autobiographiques, philosophiques, à l'image du tout début du roman : au petit-déjeuner avec son journal ,il tombe sur un article scientifique : suite à une hémorragie cérébrale, un homme découvre que le goût d'une tarte aux pommes déclenche le(s) souvenir(s) de toutes les tartes aux pommes qu'il a mangées. Ils lui reviennent en tête de façon chronologique et en succession rapide, comme en cascade. A partir de là Julian Barnes fait des digressions autour de la mémoire, de la madeleine de Proust, etc. etc. Et le reste est à l'avenant.

    C'est très stoïque, lui qui a passé toute sa vie à penser à la mort avoue qu'il n'est absolument pas prêt à l'affronter au quasi terme de sa vie, et l'humour british qu'il met en oeuvre n'est qu'une façon d'essayer de l'apprivoiser. La dimension testamentaire est là, dans la fin surtout, très belle et émouvante.

    Les critiques parlent de révérence littéraire magistrale, mêlant gravité, profondeur philosophique et élégance spirituelle. Je souscris de loin, n'ayant pas encore eu le plaisir de lire ses autres romans.


    La forme et la couleur des sons, Ben Shattuck (Albin Michel, Terres d'Amérique)

    Nous sommes dans un recueil de 12 nouvelles à la construction très maîtrisée, reliées entre elles selon le principe du hook-and-chain, une forme poétique et musicale où chaque récit fait écho au précédent par un objet, un personnage, un lien ou un souvenir.

    J'ai personnellement capté quelques-unes de ces correspondances, sans doute pas toutes, et ça n'est pas grave. Il est justement beaucoup question de mémoire, de perte, de transmission, d'objets que l'on laisse derrière soi, d'amour bien sûr, des thèmes universels qui nous traversent tous. Il faut une certaine disponibilité intellectuelle pour appréhender au mieux tout cela.

    Il y a une unité de lieu, à savoir la Nouvelle-Angleterre (avec des états comme le Maine, le New-Hampshire, l'île de Nantucket, dans le Massachussets), mais on visite par contre plusieurs époques. Personnellement j'ai parfois, quand possible, appréhendé le livre comme un tableau qui se compose au fil et à mesure, la forme s'y prêtait, mais n'étant pas une grand visuelle, ça ne l'a pas trop fait pour moi. Mais cela ne concerne que moi


    C'est surtout la mélancolie surtout qui relie ces deux recueils, et pour le coup j'en ai perçu la beauté ! A conseiller aux amateurs/trices d'une écriture "classique" et pudique.




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