Un matin bouquin

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Un matin bouquin episodes

  • Pour les amateurs de cosy mystery

    La librairie des chats noirs, Piergiorgio Pulixi (Gallmeister Toteem, Octobre 2025)

    Piergiorgio Pulixi est une figure récente du roman noir italien, notamment avec Le chant des innocents, considéré comme son chef-d'oeuvre. Mais il s'essaie aussi avec succès au polar un peu plus soft avec cette série dont c'est le premier tome.

    Nous sommes à Cagliari, en Sardaigne, en compagnie de Marzio Montecristo, librairie qui n'aime pas ses clients, mais qui est heureusement épaulé dans la tenue de sa boutique par Patricia, plus avenante que lui. Cette librairie accueille aussi un club de lecture, qui va devenir un vivier d'enquêteurs pour retrouver un tueur sadique qui sévit dans les parages, selon un rituel particulièrement malsain : il réunit trois membres d'une même famille, et l'un deux doit prendre une terrible décision, en une minute, qui survivra, et qui mourra des deux autres.

    C'est donc un récit hybride, en cela qu'il y a un tueur en série, et de la violence, cependant c'est quand même l'esprit "cosy" qui l'emporte : Marzio par exemple a un crush pour la charmante policière qui va lui confier l'enquête, les protagonistes sont sympathiques, il y a des références littéraires (et policières comme de bien entendu) bienvenues, et deux chats, Poirot et Miss Marple, se sont invités dans la librairie et sont les deux stars de la jolie couverture.

    Convenu (comme il se doit dans un cosy mystery), mais malin et nerveux, il m' a donné envie de lire la suite.


    Bonjour Jeeves, P.G. Wodehouse (10/18, 2002)

    Wodehouse est un de mes auteurs anglais préférés, qui ne me déçoit jamais !

    Son humour est raffiné et intemporel, ses dialogues pleins d'esprit. Chez lui, l'intrigue est anecdotique, avec quand même de réjouissants malentendus et quiproquos, les enjeux restent légers et le dénouement toujours heureux. Et c'est cette formule narrative constamment répétée qui fait tout le charme de la série.

    Bertram Wooster est un jeune gentleman anglais absolument sympathique et qui a une capacité à se fourrer dans des imbroglios impossibles, heureusement systématiquement récupéré par son valet Jeeves, brillant et toujours imperturbable. Dans cet opus, le suspense tourne autour du vol (ou pas!) d'un pot à crème ancien, chez des hôtes bien sous tous rapports. C'est tordant, et mine de rien, même si la satire est bienveillante et réconfortante, il critique gentiment l'oisiveté de la haute société anglaise des années 30. De même, Wodehouse est discrètement féministe, les personnages féminins étant chez lui particulièrement décidés, avec beaucoup de caractère.

    Bref, c'est un petit bonheur de lecture, une comédie de moeurs délicieuse à la prose millimétrée, et qui fait toujours mouche !


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    12 min
  • Pile à lire d'été 6 (fin)

    Présentation des livres de développement perso / pratique, lectures à venir :

    • Apprendre vite et bien, Barbara Oakley, Olaj Schewe
    • Boostez votre mémoire, Jean-Yves Ponce
    • Comment développer une mémoire extraordinaire, Dominic O'Brien
    • Votre temps est infini, Fabien Olicard
    • Les quatre saisons de la bonne humeur; Michel Lejoyeux

    Essais :

    • La simulation, Loïc Hecht
    • La littérature sans estomac, Pierre Jourde
    • La vie matérielle, Marguerite Duras
    • Sortir de la maison hantée, Pauline Chanu
    • Les princesses ont toujours raison, Fabrice Midal


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    17 min
  • Pile à lire d'été 5

    Suite de la présentation de ma pile à lire estivale

    Lectures littérature étrangère (hors anglo-saxonnes)

    • Patria, Fernando Aramburu
    • Le fusil de chasse, Yasishi Inoué
    • Des animaux difficiles, Rosa Montero
    • E.E., OLga Tokarczuk
    • Epépé, Ferenc Karinthy

    Nouvelles et courts récits :

    • Les guérisons miraculeuses du docteur Aira, Cesar Aira
    • Tigre, Janis Jonevs
    • Mexico Médée, Dahlia de la Cerda
    • Lettres, Madame de Sévigné
    • La bagarre, Lauren Groff

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    14 min
  • Pile à lire d'été 4

    Suite de la présentation de ma pile à lire estivale

    Lectures anglo-saxonnes, fin :

    Bonjour Jeeves, P.G. Wodehouse

    Lectures étrangères :

    • La sorcière à la jambe d'os, Zelimir Peris
    • Les grues volent vers le Sud, Lisa Ridzen
    • La guerre et la paix, Leon Tolstoï
    • Les miettes, Lucas Barfuss
    • Imaginer la pluie, Santiago Pajares

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    11 min
  • Pile à lire d'été 3

    Les romans anglo-saxons de ma PAL :

    • Retenir les bêtes, Manus Mills
    • Pièce montée, Margaret Kennedy
    • La pommeraie, Peter Heller
    • Silo, 5 tomes, Hugh Howey
    • Le calamity club, Kathryn Stockett
    • Pirate de lumière, Lily Brook-Dalton
    • Vera dans son monde, Gary Shteyngart
    • Hamish Macbeth tome 1 : Qui prend la mouche, MCBeaton
    • Mon refuge et mon orage, Arundhati Roy


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    12 min
  • Pile à lire d'été 2

    Je continue la présentation de ma PAL avec les titres français suivants :

    -Première amoure, Emmanuelle Richard

    -D'autres printemps, Virginie Grimaldi

    -Voltiges, Valérie Tong Cuong

    -Mon vrai nom est Elisabeth, Adèle Yon

    -Un unique lueur, Fred Vargas

    -Sicario bébé, Fanny Taillandier

    -Très brève théorie de l'enfer, Jérôme Ferrari


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    13 min
  • Pile à lire d'été 1

    Présentation des grands principes qui régissent (actuellement!) ma pile à lire, et j'y dévoile quelques titres français que je suis heureuse de découvrir cet été :

    • Laissez-moi, Marcelle Sauvageot
    • La horde du contrevent, Alain Damasio
    • Les enténébrés, Sarah Chiche


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    13 min
  • Eric Vuillard, un romancier à part

    Découvert avec L'ordre du jour, qui avait eu le Goncourt en 2017. Met à l'ordre du jour la compromission des grands industriels allemands avec le nazisme, qui avaient financé Hitler plutôt qu'avoir la crainte de voir les communistes à leur porte. Le style de Vuillard est assez unique, arrivant à réveiller un nous une colère comme celle qui bruisse de ses pages, avec en même temps une belle empathie pour tous les perdants du système. Le style de Vuillard convoque en nous des émotions très fortes, de la belle colère, une colère empathique, qu'on partage avec lui, tout en étant dans beaucoup de méticulosité dans le choix des mots, dans un registre de vocabulaire assez soutenu, mais qui ne gêne jamais en rien la lecture. Il arrive aussi à nous faire partager les peines des dominés, il est sans conteste du côté des perdants de l'histoire.

    L'arrière-plan politique chez lui est extrêmement cohérent chez lui, certains critiques disent de lui qu'il écrit tout le temps le même roman, sous une forme constamment renouvelée. Il est vrai que le fonds reste souvent le même : il arrive toujours à mettre à jour les mécanismes de domination, il accole tout le temps les idéologies et les intérêts économiques, qui vont de pair, et qui écrivent l'histoire. Son grand ennemi est le Capitalisme avec un grand C. Pour vous dire son parti-pris, son premier roman s'appelle Le chasseur, et était narré du point de vue du gibier.


    Ici il parle de Billy the Kid, et c'est une photo qui a réveillé son envie de roman, ce qui donne une idée de sa méthode. Les thématiques sont récurrentes (guerre, prises de territoire, conquêtes, batailles), mais son point de départ ce sont des photos, des faits historiques qui l'intriguent, et sont des impulsions à l'écriture. Par exemple, il ne cherche jamais à terminer un roman, il brode à partir de ce qui l'a interpelé, il en compose une variation très personnelle, en fouillant les recoins de l'histoire si besoin. Il a donc plein de romans en cours, qu''il ne cherche pas à terminer.

    Pour Les orphelins, il s'est retrouvé un peu embêté, puisqu'il est parti d'une photo (la couverture qui représente un de ses comparses, Jesse Evans - publication Actes Sud), dont l'insolence dans le regard l'a apostrophé, avec cette jeune femme derrière lui qui tient un revolver, ce qui est assez inhabituel. En creusant autour de cette photographie est apparu le mythe de Billy the Kid, mais au final, il s'est rendu compte qu'on ne sait rien de lui, hormis ce qu'en a raconté Pat Garrett, qui est son assassin. Son nom, ses date et lieu de naissance, rien n'est sûr. Eric Vuillard dit qu'il a essayé de débarrasser la fiction de son narrateur encombrant, reprenant les jolis mots de Kafka : "Il faut écrire hors du sang des assassins.", ce qui est très approprié pour parler de sa veine littéraire à lui.

    Mais ce faisant, en voulant alléger les épaules de Billy de cette légende, il a eu l'impression que le livre lui échappait. I l'a laissé reposer un temps, en y revenant parfois, et au fur et à mesure, il s'est rendu compte que c'était ce vide qui le rendait attachant, touchant, en en faisant un jeune homme comme les autres. Et au final au lieur d'essayer de fictionner, d'en rajouter, pour épaissir la narration, il a finalement énormément élagué, et finalement en a fait un garçon vacher qui était à la solde de patrons bine plus forts que lui.

    Qui étaient les patrons de Billy the Kid ? Des grands propriétaires terriens qui ont participé à la formation d'immenses territoires monopolisés dans cet Ouest sauvage, à la toute fin de la conquête de l'Ouest, et finalement, c'est aussi là-dessus que s'est fondée la démocratie américaine, qui s'est faite au détriment des Indiens, des Mexicains, donnant presque l'impression que les Etats-Unis avaient délégué la dernière phase de la conquête de l'Ouest à des desperados comme Billy the Kid, qui arrivaient, faisaient le vide, qui permettait aux propriétaires d'asseoir leur domination.

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    10 min
  • De parfaits romans de plage, par trois autrices talentueuses

    Ces 3 autrices se distinguent par leur ironie, et la finesse de leurs observations psychologiques. Les éditions de la Table Ronde font un merveilleux travail de redécouverte, alors qu'elles ont été jusque là injustement oubliées.


    ELIZABETH JANE HOWARD (1923-2014)

    Titres parus

    Une saison à Hydra 2019

    La saga des Cazalet

    1. Etés anglais 2020
    2. A rude épreuve 2020
    3. Confusion 2021
    4. Nouveau départ 2021
    5. La fin d'une ère 2022

    La longue vue 2024

    A petit feu 2025

    J'ai lu les deux premiers tomes de la saga des Cazalet et j'ai beaucoup aimé ces chroniques familiales qui nous parlent mariages, deuils, naissances. La vie quotidienne (et les enfants!) sont particulièrement bien croqués. On s'immerge avec bonheur dans cette Angleterre profonde, au charme désuet, rendue avec humour et délicatesse. Cela a été un des succès de l'été 2020, puisque le tirage, prévu initialement à 5000 exemplaires, a finalement dépassé les 160 000 unités vendues, pour le grand format !


    MOLLY KEANE (1904-1996)

    Titres parus :

    Un beau mariage 1997

    Et la vague les emporta 1999

    L'amour sans larmes 2013

    Fragiles serments 2013

    La chasse aux trésors 2014

    Les Saint-Charles 2014

    La revenante 2017

    J'ai découvert Molly Keane grâce à La chasse aux trésors, que j'avais trouvé drôle et irrévérencieux au possible. Nous sommes en compagnie de la gentry anglo-irlandaise désargentée du début du 20ème siècle, qui possède de magnifiques domaines mais peine à les entretenir. Il faut dire que Molly Keane est née dans ce milieu, elle a été éduquée principalement par des gouvernantes, et connait intimement ce monde des grandes propriétés rurales, des chasses à courre, des codes sociaux et des hiérarchies de classe, qui sont la matière première de son oeuvre.

    Cette famille qui tire le diable par la queue avec panache développe en son sein une réjouissante guerre des générations, les jeunes soucieux de l'avenir et désireux de renflouer les caisses, et les vieux qui ne veulent rien abdiquer de leur ancien train de vie, façon "après moi le déluge". Elle a aussi la dent dure contre ces nouveaux riches snobs qui jouent aux fermiers le temps de leurs vacances. Cela donne un roman loufoque, une satire sociale aussi tendre que cruelle pour cette vieille noblesse irlandaise sur le déclin.

    J'ai terminé ces derniers jours Et la vague les emporta, dont voici le début de la 4ème de couverture : Lady Charlotte règne en despote sur le domaine de Garonlea. Son mari, ses 4 filles et son fils lui obéissent au doigt et à l'oeil. Quand ce dernier décide de prendre pour épouse la merveilleuse Cynthia, belle, drôle et redoutablement intelligente, Lady Charlotte sent le vent tourner. A juste titre. Ici c'est donc une guerre entre belle-mère et belle-fille, qui parle aussi des ravages du temps (d'où le titre). On y retrouve son mélange unique d'humour noir, de satire sociale, d'observation psychologique, et de mélancolie liée à la disparition d'un monde. La nostalgie est particulièrement prégnante dans cet opus.


    MARGARET KENNEDY (1896-1967)

    Le festin 2022

    Divorce à l'anglaise 2023

    Pièce montée 2026

    Je l'ai découverte grâce au Festin, qui est une véritable pépite, j'ai fermé le livre complètement bluffée. Dès le début, on sait qu'un drame va arriver : une falaise s'est écroulée, qui a enseveli un hôtel et ses occupants, et on sait que certains ont pu échapper au désastre. C'est un manoir reconverti en pension de famille, et le roman est un compte à rebours avant l'effondrement 7 jours pour autant de chapitres. On y découvre les personnages, leurs relations, leur passé, leurs rivalités et leurs faiblesses. A l'origine de ce roman il y a un défi amical, selon lequel elle devait écrire une nouvelle où chacun des protagonistes incarnerait un des 7 péchés capitaux, et elle va le façonner, en un roman composé de 7 chapitres, jours, péchés, personnages. En filigrane, tout au long de la lecture, on se demande qui va mourir, et cela fonctionne à plein. Une merveille de lecture que cette comédie de moeurs extrêmement bien construite !




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    17 min
  • Des nouvelles tordantes, cocasses... et absolument désespérées

    Correction automatique, Etgar Keret - Avril 2025, éditions de l'Olivier (208 p.)

    33 nouvelles parfois courtes (3,4 pages), parfois plus longues mais toujours une histoire est contée, un univers créé, une réflexion lancée. C'est très réussi, caustique et emballant !

    Il dit qu'il écrit pour ne pas devenir fou, et en représailles, il produit des histoires folles.

    Son terreau, ce sont nos préoccupations quotidiennes, nos fantasmes quant aux évolutions technologiques. Il jour de tout cela, le secoue, et le transforme en des situations complètement extravagantes, qui pourraient s'apparenter à de la science-fiction, mais n'est sont, ici la science fiction est un vecteur de l'humour, qui prime.

    On se retrouve donc plongé dans des scenarii parfois futuristes et toujours complètement loufoques, fantaisistes, dont on ne sait pas bien si on doit en rire ou en pleurer.

    Ce qu'il cherche à illustrer, c'est l'ultralibéralisation qui pénètre toutes les fibres de notre être, jusqu'à notre inconscient.

    Voici ce qu'il dit dans une interview au magazine Elle :

    "C'est comme si je prenais la nature humaine, et que je la faisais bouillir, que je l'écrasais, que je lui tapais sur la tête avec un marteau, non pas que quelque chose de meilleur peut en sortir, mais que l'humanité peut subsister."

    Pour me contacter : [email protected]

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    11 min

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Bienvenue dans ma bibliothèque ! Je m'appelle Laurence et je partage ici ma passion pour les livres, toutes littératures confondues. Pour moi, peu importent les étiquettes ou les genres : seule la…